‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 8 sur 75 · VU · texte numérisé non relu

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geur. Le règne le plus célèbre de l'antique histoire égyptienne est celui du grand Sésostris, que 1 on représente comme ayant subjugué l’Asie, Les monuments sculptés de Thèbes nous retracent encore les triomphes de ce roi, non-seulement sur les Éthiopiens, les Juifs et les Syriens, mais encore sur Les habitants de l’Assyrie, de la Pe-s et de la Bactriane. La Grèce a toujours rec-nnu qu’:lle devait à l'Égypte sa civilisation première. L'an #45 ayant notre ère, Psamménite, le dernier roi indigène , fut renversé par Cambyse , qui vculut même, mais sans succès, ée ‘e ses conquêtes jusque sur l’Éthiopie et les oasis. Sous la dominatit :2rsane, l'Égypte fut le théâtre d’insurrections fréquentes ; Nectanébis et d’autres princes tentèrent de secouer le joug étranger. La haine de la domination persane fit accueillir Alexandre par les Egyptiens comme un libérateur. Ce grand prince paraît avoir compris toute l’importance de cette contrée, surtout au point de vue commercial. Les grands projets du conquérant furent, après le partage de son immense empire, réalisés en partie par la dynastie des Ptolémées qui monta sur le trône l’an 430 avant J.-C. Ces princes intelligents firent de l'Égypte le foyer de la science grecque, et élevèrent leur royaume à un degré de prospérité et de civilisation sans doute supérieur à celui dont il avait joui sous le sceptre de ses Pharuons. Mais la réduction de l'Égypte en province romaine, qui eut lieu l’an 29 de notre ère, fut fatale à ce beau pays, malgré la protection que ses nouveaux maîtres accordèrent à la civilisation et à l’industrie, et quoique Alexandrie continuit d'être le principal centre de la science. La conquête arabe, au vir siècle, fut un malheur irréparable pour l'Égypte, qui fut couverte de ruines et ravagéc de fond en comble. Cependant, les conquérants subirent peu à peu l'influence d’une civilisation supérieure à la leur. Les Sarrasins devinrentune nation policée, et, au siècle de Saladin, les suitans de l'Égypte ge distinguèrent par leur puissance et leur splendeur parmi tous les princes mahométans. Mais un sort fatal était réservé à cette dynastie, Les Mamelucks, race d’esclaves-soldats qu’ils avaient importés de la Géorgie et de la Circassie, se révoltèrent contre leurs maîtres, et leur domination fut pour l'Égypte une période de trouble et de misère. La prise de Constantinople par les Turcs annonça à l'Égypte qu'elle allait bientôt passer sous un autre joug. En effet, en 1516, le sultan Sélim défit les Mamelucks, mit à mort leur sultan, et établit à sa place un

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pacha pour gouverner cette nouvelle province de l'empire ottoman. Cependant les Mamelucks conservèrent plusieurs de leurs priviléges, particulièrement celui de porter des armes ; et, comme ils formaient la plus brave cavalerie de l'empire , ils furent toujours les rivaux et souvent même les maîtres des Turcs. Ainsi l'Égypte, pendant toute cette période, eut cruellement à souffrir, tantôt de l'aristocratie turbulente des Mamelucks, tantôt du sombre despotisme de la Porte. La brillante conquête de l'Égypte par les Français, en 179$, ne produisit pas d'effets permanents pour la prospérité du pays. Toutefois, elle favorisa, par les pertes qu’avaient éprouvées les Mamelucks, le raffermissement de l’autorité de la Porte ottomane. Le pacha, Méhémet-Ali, réussit à exterminer cette race turbulente et avide. Plus tard, il se rendit, du moins u. fait, sinon nominalement, tout à fait indépendant de Constantinople. Son petit-fils et successeur, avec le titre de vice-roi héréditaire, gouverne actuellement l'Égypte, mais seulement comme province de l’empire. En conséquence, il est soumis aux lois émanées de la Sublime Porte, et tout récemment, il vient d’être, nonobstant ses velléités de résistance, obligé d'accepter le Tanzimat, c’est-à-dire de se soumettre à la réforme politique et administrative que le sultan a promulguée dans le but de régénérer l'empire ottoman.

Méhémet-Ali, pendant sa longue domination, a fait les plus énergiques efforts pour rendre à l'Égypte une partie de son ancienne prospérité, et pour y implanter les arts et les sciences de l’Europe civilisée. Qu'il ait fait ces efforts uniquement afin d’accroître ses revenus et d'augmenter sa puissance, cela importe peu; toujours est-il que l’Égypte en a r«cucilli les fruits. De nombreuses écoles ont été créées par Méhémet-Ali. L'école polytechnique, l’école d'administration, l’écote de médecine et l’école vétérinaire méritent d’être placées au premier rang. Les professeurs de ces écoles sont des Européens distingués dans chacune des branches ccientifiques qu'ils sont chargés d’enseigner, ou des indigènes qui ont été élevés en Europe, surtout en France, par les soins et aux frais du pacha. Une imprimerie établie à 3oulak a servi à publier un certain nombre d’ouvrages traduits des langues européennes : la plupart de ces traductions roulent sur la médecine, les sciences militaires, les arts mdustriels; un journal, imprimé en turc et en arabe, est un des moyens de civilisation que Méhémet a

employés, mais qui aurait pu être rendu plus utile. Le contact des Européens et l'influence des arts de l’Europe ont déjà opéré nne modification notable dans les mœurs indigènes. La plus remarquable est la disparition presque complète du fanatisme religieux et de l'intolérance musulmane.

Méhémet-Ali n’a pas travaillé moins activement à l'amélioration physique du pays qu'aux progrès intellectuels de la population. L'agriculture, l’industri?, le commerce ont été simultanément l’objet de ses soins. Le vice-roi a multiplié les plantations de müriers et d’oliviers. Il a introduit la culture du coton. Aujourd'hui, l'Egypte récolte environ 600,000 kilogrammes de soie, et 60,000,000 de coton. J! a donné une nouvelle activité aux fabriques de salpêtre et de sel ammoniac, aux filatures de soies, aux manufactures de soieries et de cotons. I] a introduit la navigation à la vapeur, et favorisé le commerce en assurant la sécurité des grandes routes, ainsi qu’en réprimant avec la plus sévère énergie les hordes vagabondes qui avoisinent la vallée du Nil, et qui, avant lui, intorceptaient à leur gré les communications. En même temps, il a mis le plus grand soin à réparer et à entretenir les canaux, ce double élément de toute prospérité agricole et commerciale pour la contrée qu'il gouverne. Nous devons encore citer au nombre dus établissements dus au génie du pacha réformateur, les fabriques de poudre, les manufactures d'armes, la fonderie de canons, la création du magnifique arsenal d'Alexandrie, et la construction d’une flotte respectable, qui se compose de 10 vaisseaux de ligne, 6 frégates, 5 corveiics et 41 bâtiments d’ordre inférieur.

Nous terminerons ce tableau en jetant un coup d'œil sur les diverses races qui peuplent l'Egypte. Les Coptes, Cophtes ou Qobtthes, quoique le chiffre de leur population ne dépasse pas 200,000 individus , peuvent être regardés comme les véritables propriétmres du pays. Ils sont, par ranport aux Arabes, ce que les Gaulois étaient aux Francs, sous la première race de nos rois. Mais ici, la différence de religion empêcha les vainqueurs et les vaincus de se fondre eu un seul corps de nation. Les Coptes, ou descendants des anciens Egyptens, furent écrasés et presque anéantis. Les connaissances qu'ils avaient cultivées, l'écriture et l’arithmétique, les préscryèrent d’une destruction totale. Selon les témoignages unanimes des voyageurs, les Coptes ont le teint basané, le front

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