‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 75 sur 75 · RS ADR RAT ERA ARE RTE VESTE ETS · texte numérisé non relu

RS ADR RAT ERA ARE RTE VESTE ETS

ils poursuivent sans relâche les ours, les bufles, les cerfs et les autres habitants quadrupèdes ou ailés du désert. Parfois encore on les voit faire des excursions de plus de 300 lieues pour commercer avec les Indiens. Ils habitent dans des cabanes construites d'énormes planches non dégrossies, et qui laissent entre elles de larges intervalles par lesquels s'échappe la fumée de leur foyer ; leur mobilier se composo de troncs d’arbres grossièrement taillés en forme de lits, de tables et de chaises ; enfin leur vêtement consiste uniquement en peaux d’ours et de

buffles. Leur manière de vivre est donc presque identique à celle des ‘

sauvages indigènes. Il y a sans doute parmi ces chasseurs quelques bandits auxquels l’immensité du désert offre un refuge et qui trouvent encore le moyen de commettre avec impunité des actes de déprédation; mais en général cette classe d’aventuriers intrépides se compose d'hommes honnêtes, francs et hospitaliers, dont on n’a rien à redouter. Le Këntucky et le Tennessée, les deux plus anciens des États occidentaux, sont des prolongements à l’ouest de la Virginie et de la Caroline du Nord, et s'étendent de la chaîne de l’Alléghany au Mississipi. Le Tennessée, le plus méridional des deux États, confine à la Géorgie et 4 V’Alabama. Leur territoire est arrosé par le Cumberland et le Tennessée qui vont se joindre à l'Ohio, lequel forme lui-même la limite septentrionale du Kentucky. Le sol est généralement remarquable par sa fertilité : le maïs, le seigle et l’avoine produisent d’abondantes récoltes. Le blé, le chanvre et le tabac sont les principaux objets de la culture dans le Kentucky; dans le Tennessée, ils sont en grande partie supplantés par le coton.Onélève en outreune prodigieuse quantité de bestiaux et de porcs. L'industrie manufacturière a fait des progrès considérables dans les deux États : cele du fer et du coton sont ‘es plus importantes. Leur principal commerce se fait avec les États que baigne le Mississipi. Les habitants sont pleins de vivacité, francs, hospitaliers, et patriotes ardents, Sous le rapport de l'instruction, ils se rapprochent davantage des habitants des républiques de la Nouvelle-Angleterre que de ceux des États du sud. Les établissements d'instruction publique sont nombreux et - convenablement dotés. Malheureusement l'existence de plus de 300,000 noirs, est une tache indélébile pour le caractère moral de la population blanche du Teannessée et du Kentucky.

Les deux principales villes du Kentucky sont Louisville et Lexington,

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La première doit son importance à sa situatian. Elle est bâtie sur la rive gauche de l'Ohio, immédiatement au-dessous des grands rapides qui interrompent la navigation de cette rivière. Depuis l'établissement de la navigation à vapeur, le mouvement commercial sur les fleuves de l'ouest a pris un développement prodigieux ; ces fleuves, en effet, sont incessamment sillonnés par quatre à cinq cents paquebots, et Louisville, qui se trouvait à 95 jours de la Nouvelle-Orléans, n’est plus actuellement qu’à 10 jours de l'embouchure du Mississipi. La prospérité et la populae

tion de Louisville se sont accrues en raison de ce changement : anjonr-

d’hui elle renferme au moins 20,000 habitants. Lexington n’a pas plus de 8 à 9 mille âmes ; mais c’est une jolie ville qui possède quelques b'aux édifices et une Université renommée. Celle-ci porte le nom d’Université de Transylvanie. Frankfort, sur le Kentucky, ne mérite d'être nommée que parce qu’elle est lesiége du gouvernement. Sa population est évaluée à 3,000 âmes. Nashville est la capitale et l1 seule ville intéressante du Tennessée. Elle est située sur le Cumberland, et doit sa prospérité à son commerce. Sa population est d’environ 10,000 habitants.

L'État de l'Ohio est le plus peuplé de tous ceux que renferme le territoire de l'Ouest. Cet État, qui est borné au nord par le lac Erié , à l’est par la Pensylvanie, au sud par la Virginie et le Kentucky, doit ses rapides progrès à l’extrème fertilité de son sol et à son excellente situation pour le commerce. L'Ohio, qui lui donne son nom, est un des plus beaux fleuves du bassin Missouri-Mississipien. Il est aussi large que le Danube, et reçoit quatre grands tributaires tous d'une navigation sûre et facile. Le sol d’une partie de cet État est un véritable humus végétal produit par les couches épaisses de feuilles dont la terre se rhargoait depuis des siècles : aussi, sa fécondité est-elle extraordinaire. On a vu une surface de 80 acres seulement rendre la quantité énorme de 4,500 bushels ou 1,635 hec.ulitres de grains. Les terres de l'Ohio vroduent dans la perfection le blé, le seigle rt surtout le maïs; dans qu'lques endroits on cultive le tabac et le coton. Aucune partie de l'Amérique ne peut être comparée a celle-ci pour la force végétative des forêts. Le platane y parvient quelquefois à 40 pieds de circonférence et au delà. Les tulipiers y deviennent également très-gros. Les autres arbres des forêts sont le hêtre, le magnolier, le micocoulier, l’acacia, l'érable rouge, l’érable à sucre, le peuplier noir et plusieurs espèces de noyers. Les eaux limpides de l'Ohio

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sont ombragées de saules que surmontent des érables et des frênes, dominés à leur tour par des tulipiers et des platanes. On y trouve en abondance une espèce de moulette, dont la nacre est fort épaisse et trèsbelle.

Ur ancien peuple, civilisé et belliqueux, a dû habiter ces régions dans un temps antérieur à l'histoire. Eu effet, on y a découvert en plusieurs endroits des camps retranchés ou plutôt des forts, des restes de forges, et des ruines de villes construites en pierre et sur un plan régulier. Du milieu de ces vicux amas on voit s'élever des arbres dont la grosseur atteste leur âge de plusieurs siècles. Malheureusement nous ignorerons toujours à quel peuple, à quelle race d'hommes sont dus ces monuments curieux. Les habitants actuels de l'Ohio se distinguent par les mêmes qualités que les Kentuckiens; mais 1ls sont encore plus actifs et plus éclairés. Cette supériorité tient uniquement à ce que l'Etat de l'Ohio repousse l'esclavage, cette institution démoralisatrice pour le blanc, non moins que pour le noir. L'industrie est fort développée. Les usines pour la préparation du fer et les manufactures de coton tiennent ie premier rang. Le commerce est singulièrement actif, soit par la voie de l’Ohio, soit par celle du lac Erié. On exporte une quantité énorme de produits agricoles, et les importations sont naturellement en proportion des exportations.

La ville la plus importante est Cincinnati, située sur la rive droite de l'Ohio, à l'extrémité sud-est de l'Etat. La rapidité de son accroissement tient du prodige. En 1810, on n’y complait encore que 2,540 habitants; en 1824, il y en avait déjà 12,016; en 1826, leur nombre montait à 16,230, et à 24,831 en 1830. Aujourd’hui le chiflre est à peu près doublé. Ce développeinent n’est pas seulement dù à l'excellente position de la ville, pour le commerce; il est dù aussi aux progres rapides qu’a faits l'industrie. Cincinnati possède en eflel des manufactures de coton, des fabriques de draps, de savons, de chandelles, des bras.eries, des raffineries de sucre, des fonderies de caractères d'imprimerie, des manufactures de quincaillerie, etc. On y construit encore une grande quantité de machines et de bateaux à vapeu:. Elle est en outre le siége de plusieurs établissements d'instruction publique, et l'imprimerie y est trés-active. Columbia, capitale de l'Elat, est encore un exemple de ls maniere dont se créent les villes dans l'Amérique du Nord.Elle n'avait

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AMERIQUE. 419 en1830, que 2,400 habitants; actuellement ce nombre est décuplé. I n’est pas besoin de dire que sa population est remarquable par son activité dans l’industrie et le commerce. Cette ville est bâtie sur le Scioto, l’un des affluents de l'Ohio. Après ces deux villes, nous nommerons encore Zanesville, Lançaster et Chillicothe, qui s’accroissent aussi chaque jour, malgré leur situation peu salubre; mais, suivant l'observation de Birkbeek, le profit, voilà l'alpha et l’oméga des fondateurs des cités américaines. Tant pis pour ceux qu’emportent les fièvres pernicieuses.

À l’ouest de l'Ohio s'étend l'Etat d’Indiana, remarquable par la douceur de son climat et la fertilité de son sol. Il produit en abondance du blé, du maïs, du seigle, de l’avoine, du chanvre, du tabac. C’cet un Elat exclusivement agricole, qui doit son rapide développement à l'émigration. Tous les établissements primitifs de ce pays sont dus à des Français du Canada, dont les descendants se distinguent encore par ‘eur gaité et leur insouciance. Des Suisses du pays de Vaud ont fondé sur les bords de l'Ohio une colonie appelée Nouvelle-Suisse. Le village central se nomme Vevay. Ces industrieux colons ont planté des vignes qui déjà leur ont donné deux espèces de vin, l’un comparable au Bordeaux, l'autre au Madère. La capitale, Indianopolis, Vincennes, fondée par des Français, Corydure et Madison, ne sont encore que des villages. La population d'Iudianopolis n’est guère que de 2,000 âmes. New-Albany, avec 4,000 habitants, est la ville la plus peuplée de l’État. Elle possède plusieurs usines, et on y construit des bateaux à vapeur. L'endroit le plus remarquable est Harmony, sur le Wabash, qui a été longtemps occupé par un corps de sectaires qui vivaient en commun sous la direction d’un enthousiaste nommé Rapp. Ils étaient soumis de la façon la plus rigoureuse à la loi du célibat, loi particulièrement absurde dans un pays qui ne demande que l'accroissement de sa population. Rapp vendit ensuite son élablissement au célèbre Robert Owen, qui essaya d’y réalise ses théories socialistes, mais dont les efloris ne furent pas couronnés de succès.

L’Illinois est situé à l’ouest de l'Indiana dont il est séparé par le Wabash ; son territoire s’étend jusqu'au Mississipi et, au uord, il touche au lac Michigan. La rivière, qui lui doune son nom, est navigable pour les bateaux à vapeur sur une longueur de 140 lieues, et reçoit le Kaskaskia qui a de 400 à 130 lieues de long. L’Illinois est décrit comme l’un des

meilleurs pays du monde ; les deux tiers de sa surface se composent de belles et fertiles prairies variées par des forêts magnifiques. Il renferme des mines de plomb d’une richesse extraordinaire, qui, en 1830, donnaient déjà plus de 8 millions de livres. Vandalia, avec 2,000 habitants, est la ville la plus considérable de l'État. Shawance-Town est importante par les salines qu’on y exploite. La petite ville de Springfield est le siège du gouvernement.

Le Michigan occupe la presqu'île formée par les lacs Michigan, Huron, Saint-Clair et Erdé. Il possède un territoire fertile , quoique le climat y soit froid. Il est en outre avantageusement situé pour le commerce. La ville principale de l’Etat est Détroit, sur la rivière de ce nom. Elle est défendue par un fort, et renferme un arsenal, un entrepôt d'artillerie et de belles casernes. Un village du nom de Lansing a le rang de capitale. Citons encore la petite ville de Michillimackinac, dans l’île ainsi nommée. Elle est défendue par deux forts bâtis sur des rochers escarpés. Elle commande, par sa situation, la communication du lac Michigau avec le lac Hurén. Enfin , elle est, pendant l'été, le rendez-vous d’un grand nombre d’Indiens et le centre d’un commerce considérable de fourrures.

Deux États de nouvelle formation , le Wisconsin et l'Iowa, ainsi nommés des rivières qui les arrosent, s'étendent à l’ouest du lac Michigan et de l'Etat d’Illinois. Le premier est borné au nord par le lac Supérieur; le second est situé tout entier à l’ouest du Mississipi. Le vaste espace qui s'étend entre les possessions anglaises du nord, l’Iowa et le fleuve du Missouri, a été organisé en territoire, en 1849, sous le titre de Minesota. Le climat de la partie nord de la région occupée par ces trois divisions territoriales est sévère ; mais celui de l’Iowa est semblable a celui de la Pensylvanie. Le sol est inégalement fertile ; mais une grande partie se compose de terres d’alluvion très-productives. Diverses tribus indiennes errent encore dans le Wisconsin et l'Iowa, et elles sont à peu près maîtresses du territoire de Minesota. hi n'existe, à proprement parler, point de ville dans cette contrée où l’agriculture est l’unique industrie. Les villages de Madison, d’Iowa et de Saint-Paul portent le titre de capitales du Wisconsin , de l’Iowa et du Minesota.

Lescendons maintenant vers l'embouchure du fleuve par lequel s’écoulent toutes les eaux de l'immense bassin de l'Ouest. Sur la rive

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La Louisiane, située à l’est du Mississipi, embrasse tout le delta du fleuve, qui a environ 70 lieues de longueur sur 400 de largeur. Ce delta, composé d’un terrain léger, limoneux ou sablonneux, sans pierres ni roches quelconques, est en beaucoup d'endroits d’un niveau inférieur à celui de la rivière, dont une faible digue ou levée en terre, haute de 4 à six pieds, le sépare. Les nombreux canaux qué le fleuve se creuse à travers un terrain couvert de mille arbustes, varient d'année en année, et forment un labyrinthe d'eau et de bosquets qu'aucune carte ne saurait retracer. Mais au milieu de ces bayouæ, le bras d’Iberville à l’est, le grand bras de la Nouvelle-Orléans au milieu, avec l’embranchement de Barataria au sud, enfin le bras de Tchafalaya et de la Fourche, à l’est, paraissent aujourd’hui avoir acquis une existence invariable. Les lacs de Ponchartrain, de Borgne, de Barataria et beaucoup d’autres dont l'eau est à moitié douce et à moitié salée, sont renfermés dans co delta, où, vers 1820, une compagnie de flibustiers, sous les ordres d’un M. Lafitte, s'était établie dans une telle position que, toujours poursuivie et toujours introuvable, elle fondait quand elle voulait sur sa proie et échappait à toutes les recherches de ses ennamis, Il paraît, d'après un travail fait en 4828, qu'il existait alors dans la Louisiane 5 millions d’acres de terres rendues improductives par les inondations, Cependant, il renferme une \asie étendue de terres d’alluvion très-furtiles, où l’on élève une multitude de bestiaux et où l’ou cultive avec succès la cuune à sucre, le

422 CHAPITRE QUATRIIÈME.

riz et le coton. On évalue à 250 millions de francs le capitf\ placé dans les plantations de sucre.

La Nouvelle-Orléans, destinée à devenir prochainement l’Alexandrie de cette autre Égypte, le Canopus de cet autre Nil, voit s'accroître rapidement le nombre de ses habitants, l'étendue de son commerce, ia splendeur et l'élégance de ses maisons et de ses édifices, Elle est situéc sur la branche principale du Mississipi, à 30 lieues au-dessus de son embouchure. Ses rues sont larges et régulières : elle renferme plusieurs beaux édifices et une population d'environ 80,000 Ames, Un tiers environ des habitants sont d’origine française et parlent leur languc maternelle. Aussi les mœurs y sont-elles bien différentes de celles des autres villes américaines : tous les plaisirs y sont recherchés avec avidité. L'activité commerciale de la Nouvelle-Orléans est prodigicuse; celle de la ville seule de New-York est supérieure, Cette ville est en outre importante par les fortifications qui défendent ses approches du côté de la mer, et en font la place la plus forte des États-Unis, Malheureusement, la situation de cette grande cité l’expose au terrible fléau de la fièvre jaune qui y exerce presque périodiquement d’épouvantables ravages. Les invasions de cette maladie sont devenues cependant un peu moins fréquentes, depuis qu'on s’est occupé de défricher les marais environnants. Les autres villes de la Louisiane sont fort peu de chose, surtout quand on les compare à la Nouvelle-Orléans. Bdton Rouge, la capitale, n’a que 5,000 habitants, Natchitoches et Donaldsonville, environ 2,000.

L'Etat d'Arkansas, au nord de la Louisiane et à l’ouest du fleuve du Mississipi, a pris son nom de la belle rivière qui traverse son territoire de l’ouest à l’est. Les terres qui avoisinent le cours inférieur de l'Arkansas, sont marécageuses et l’air y est malsain; mais plus haut et dans l’ouest de ce territoire, le sol est plus favorable, et se couvre de magnifiques pâturages. Le blé, le maïs et surlout le coton, forment les principaux objets de la culture. De nombreuses eaux thermales qui existent dans cet Etat seront un jour une source de richesses pour les habitants. La population est encore fort disséminée, aussi ne rencontre-t-on que de rares et petites bourgades. L'une d'elles, appelée Arkopolis, ou Little-Rock, est le siége du gouvernement. Elle est située sur la rive droite de l’Arkansas, et renferme environ 1,200 habitants. L'Etat du Missouri confine au sud à l'Arkansas, au nord à l’Iowa, à

pitt placé dans 1 l’est du fleuve du Mississiph Le Missouri, qui lui donne son nom, le traverse de l’ouest à l’est sur une longueur d'environ 75 lieues. Le sol est fertile, surtout sur les bords des fleuves. L'absence de bois et de pierres est un inconvénient considérable pour les colons qui vien= nent s'établir sur ce territoire. La partie méridionale abonde en richesses minérales ; on y exploite, entre autres, une mine de plomb qui, déjà en 1830, a donné 7 millions de livres pesant de ce métal. Les établissements fondés jusqu'à ce jour dans le Missouri sont fort peu importants. Saint-Louis, qui fut créée par les Français afin de faire le commerce avec les Indiens, est la ville la plus considérable, quoique sa population ue dépasse guère 8,000 âmes. Elle est bâtie dans un territoire très-fertile, un peu au-dessous de la jonction du Missouri avec le Mississipi. Immédiatement au-dessus du confluent des deux fleuves, on trouve Saint-Charles avec 1,500 habitants. Jefferson, la capitale, située au confluent de l'Osage et du Missouri, n’est pas plus peuplée. On construit des barques à Herculanum, sur le Mississipi. Sainte-Geneviève est un village, dont les habitants cultivent en commun un champ de 700 acres : on y apporte de l'intérieur une grande quantité de plomb. Francklin, sur la rive gauche du Missouri, est la seconde ville de l’État; sa population s’élevant à 3,000 âmes.

A l’ouest des territoires organisés en États que nous venons de décrire, et qui, d’ailleurs, sont bien loin d’être peuplés autant que le permettent leur fertilité et leurs ressources naturelles, il reste un immense espace qui s'étend jusqu'aux Montagnes-Rocheuses et qui est seulement occupé par des tribus indigènes et par quelques rares pionniers américains. Mais, à voir la rapidité avec laquelle la race anglo-américaine envahit de proche en proche toutes les régions que forme le magnifique empire de la Confédération, on peut être assuré que, d’ici à peu d’années, des États nouveaux s'organiseront sur les bords du Missouri supérieur et sur ceux des grandes rivières qui descendent des Montagnes Rocheuses pour se jeter dans ce fleuve. Des villes s’élèveront, comine parenchantement, daus ces solitudes où, à cette heure, vivent, avec les animaux sauvages, quelques horces d'Indiens vagabonds. La vaste ré-

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fiques forêt:. Les vallées des fleuves sont, en général, composées d'une terre d’alluvion fertile, qui n’attend que la main d° l'homme pou se couvrir de riches moissons. On cite de grands districts dont le sol est comparable, pour sa fécondité, à celui du Kentucky. Des prairies immenses peuvent nourrir une multitude inoule de bestiaux. LC bois manque en général dans ces immenses savanes ; mais les forêts des Montagnes-Rocheuses peuvent en fournir en abondance, et le transport en est on ne peut plus facile, grâce aux nombreux cours d'eau qui descendent de cette chaîne. Cependant :! existe aussi dans ce heau territoire deux déserts étendus : l'un au su, traversé par la rivière Rouge et l’Arkansas, est couvert d’effsi sc: aces salines, et la plupart des sources que l’on y rencuntre sont salées, comme le sont, d’ailleurs, ies eaux des deux rivières que nous venons de nommer; l’autre, situé entre la riviere Platte et le Missouri, se compose de sables mouvants, et présente, au centre de l'Amérique, un vaste pays aussi stérile que le Sahara africain.

Le tableau merveilleux de la civilisation anglo-américainr ne doit pas nous faire oublier les races indigènes, possesseurs primitifs de ces magnifiques contrées. Nous avons déjà parlé des restes de la tribu des Penobscot qui habite dns le Maine, de ceux des Cherokis qui vivent dans la Géorgie, et ont adopté les lois et les mœurs de la civilisation. Il nous reste à parler des tribus qui se trouvent disséminées dans les difiérentes parties de l’Union. Dans la partie occidentale de PÉtat de New-York, on rencontre les débris des cinq nations qui formaient autrefois la ligue iroquoise. Les Onérdas, les Onondagas et les Sénékas, résident dans le voisinage des lacs dont ils portent le nom. Il ne reste plus dans le New-York qu'une seule famille de la puissante tribu des Mohawks. Le nombre de ces Indiens ne dépasse guère 4,000.

C'était sur les bords du Tombeckbée, dans l’Alabama, que demeurait naguère la tribu des Chactas où Tétes-Plates, devenue si célèbre par la touchante fiction d’Atala et les brillantes peintures de Chateaubriand. De tous les indigènes, ce sont les plus rapprochés des Européens par leurs idées morales. Placés dans un canton fertile, au sein de forêts majestueuses, de buissons odorants et de savanes abondantes en gibier et en pâturages, ils menaient une vie douce et tranquille dans leurs maison: commodes, bâties à l'ombre d’orangers, de ccrisiers et de pru-

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AMÉRIQUE. 495 niers. Quelques-unes de leurs femmes paraîtraient belles et piquantes, même en Europe où l’on admirerait la vivacité de leurs yeux. Leur culte paraît tenir du culte du soleil, établi chez les Natchez. Le nombre de ces Indiens a été évalué à environ 15,000 âmes : ils ont été forcés d’émigrer à l’ouest du Mississipi./Quelques milliers de Séminoles habitent encore la péninsule florihenne ; mais ils ne tarderont pas d’être forcés de vendre leurs terres au gouvernement, et de se retirer devant une co lonisation envahissante. Les Criks, appelés par les Français Huscogulges, occupent quelques fertiles vallées dans lAlabama et l2 Géorgie, où ils vivent dans de riants villages. Ils ont fait de grands progrès dans la civilisation et ont institué des écoles pour l'instruction de leurs enfants, Les Tchikkasahs demeurent dans la partie septentrionale de l'État du Mississipi. Réunis dans de gros villages, ils vivent du produit de leur agriculture. Ces tribus, ainsi que quelques autres dent il ne reste que de faibles débris, forment ce que l'on appelle la famille floridienne. Elles présentent à peu pres un total de 44,000 individus.

Les Shawanées, les Illinois et les Pottawatamies, tribus indigènes de Pndiana et de l’fllinois, ne peuvent se déterininer à une vie sédentaire et agricole. Il y a environ 35 ans, un prophète qui prétendait avoir vu la Divinité lui apparaître, essaya de les réunir en une confédération militaire. Quelques rapports lui donnent le nom de Skenadaryo, et lui attribuent la doctrine politique et morale la plus élevée; mais selon d’autres relations, où il est nommé Maygouis, ce prophète n’était qu’un ennemi iraplacable des Anglo-Américains, qui voulait empêcher ses compatrivtes de vendre leurs terres au gouvernement, et en même temps de les mettre en culture pour leur propre compte. Après avoir livré aux généraux américains plusieurs combats opiniâtres, il finit par succomber et par tomber au pouvoir de ses ennemis. £a population de ces tribus s'élève à 12,000 âmes env..on.

Les tribus qui s'étendent sur le cours supérieur du Mississipi, depuis Saint-Louis jusqu'aux sources du fleuve, sont bien plus considérables. Nous allons les parcourir à la suite du major Pike, dont la relation nous servira de guide.

La puissante nation des Sioux est la terreur de toutes les peuplades sauvages, depuis Le pays des Indiens-Serpents et la riviere du Corbeau au nord, jusqu'au confluent du Missouri et du Mississipi. Elle se divise

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en plusieurs tribus. Les Hinoa-Kantongs, ou gens du Lac, s'étendent de la prairi: des Chiens à la prairie des Français. Îls passent pour les plus braves et les plus civilisés de tous les Sicux. Eux seuls font usage de canots. Ils construisent des cabanes de troncs d'arbres et s’adonnent à la culture de la terre; mais, quoiqu'ils récoltent un peu de maïs et de fèves, l’avoine sauvage leur sert principalement en guise de pain. La tribu des Waspetongs, ou gens de Feuilies, est dans le pays compris ente la prairie des Français et la rivisre Saint-Pierre. Les Sassitengs chassent sur le Mississipi depuis la rivière Saint-Pierre jusqu'à celle du Corbeau. La tribu vagabonde des Yanetongs vit indépendante dans les vastes solitudes qui s'étendent entre la rivière Rouge et le ilissouri ; elle s'y confond en quelque sorte avec celle des Titen: «lispersés sur les deux rives du Missouri, depuis la rivière du Chien jusqu'au pays des Mahas et des Minetares. Le bison fournit à ecs tribus l4 nourriture, le vêtement 2! l'habitation, ainsi que les selles et les brides de leurs che.vaux, dont elles possé cut des troupeaux innombrables. La tribu des Waschpecontes, la plus petite de ‘outcs, fait la chasse vers les sources de la rivière des Moines. &lle juu'nit aux Yanetongs et aux Titons le peu de fer dont ils ont besoin.

Les Sioux sont les plus belliqueux et les plus indépendants des ndiens établis sur le territoire des Etats-Unis : la guerre est leur passion dominante. Ils savent faire des retranchements en terre pour y mettre leur: femmes et leurs enfants à l’abri des flèches et des balles, lorsqu'ils redoutent une attaque subite de l’ennemi. Du reste, les marchands anglo-américains voyagent parmi eux en toute sûrelé, en ayant soin cependant de ne pas blesser le point d'honneur de ces sauvages. Les objets qu'ils vendent aux Américains sont des peaux de tigres, de daims, d’élans, de castors, de loutres, de martres, de renards blancs, noirs et gris, de rats musqués et de ratons. Leurs pommettes saillantes, l’ensemble de leurs traits, leur prononciation gutturale, leurs mœurs et leurs traditions portent à croire qu’ils ont émigré de la partie nord-ouest de PAmérique. Ils écrivent en hiéroglyphes comme les Mexicains.

Les Chipeouays ou Chippaways habitent à l’ouest et au sud du lac Supérieur, sur les lacs de Sable, Sangsue, des Pluies et Rouge, ainsi qu'aux sources des rivières Chipeouay, Sainte-Croix, Rouge, Mississipi et Corbeau. Ils se divisent en plusieurs tribus. Ceux qui résident sur les

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sud du lac Sut Rouge, ainsi ouge, Mississipi résident sur les

sacs de Sable et Sangsue sont désignés sous le nom de saureurs; mais ceux qui habitent sur les rivières Chipeouay et Sainte-Croix, s’appellent les Folle-Avoine-Sauteurs. Les Cries occupent les bords du lac Rouge; les Oloways, lacôtenord-ouest du lac Michigan. Les Muscononges, sur les bords de la rivière Rouge, près du lac Winnipeg, par conséquent hors du territoire de l'Union, forment la liaison entre les Chipcouays des États- Unis et ceux qui habitent dans les possessions anglaises ‘le l'Amérique boréale. Pendant deux siècles, les Chipeouays et les Sioux se sont faitune guerre acharnée jusqu’en 1805, où le major Pike les réroncilia. Les premiers ont plus de douceur dans le caractère et de doalité que les seconds, plus de résolution et de sang-froid dans les combats. Ils onten outre l’avantage de posséder tous des armes à feu, tandis que la moitié des Sioux n’est armée que de flèches. Les Chipeouays ont un penchant indicible pour les liqueurs fortes que les marchands entretiennent avec soin, afin d'obtenir leurs fourrures à plus vil prix. Des hiéroglyphes sculptés en bois de pin ou de cèdre, remplacent chez eux, comme chez les Sioux, le langage écrit.

Les beaux traits des Ménomènes, que les Français appellent Folle-Avoine, ont charmé tous les voyageurs. Leur physionomie respire à la fois la douceur et une noble indépendance, ils ont le teint plus clair que celui des autres indigènes, des yeux grands et expressifs, de belles dents, la stature moyenne et proportionnée, la taille hien prise, beaucoup d’intelligence, et des mœurs patriarcales. [ls demeurent sous des huttes fort spacicuses et construites avec des nattes de jonc, à la manière des Illinois ; ils cuvrhent sur des peaux d'ours et d’autres bêtes qu'ils ont tués à la chasse. Le sirop d'érable forme leur boisson aux repas. Quoique peu nombreux, ils sont respectés de leurs voisins, notamment des Sioux et des Chipeouays. Les limites incertaines de leur terrain de chasse s'étendent jusqu'au Mississipi ; mais leurs villages sont situés sur la rivière Ménomène et sur la baie Verte, golfe du lac Michigan. Ils parlent entre eux un langage particulier qu'aucun blanc n’a jamais pu apprendre, mais tous comprennent l’algonquin.

Le Winebagos, Ouinebaïges ou Puants, résident sur les rivières Wisconsin, des Rochers, des Renards et sur la baie Verte. Ils parlent le même langage que les Ottos de la rivière Platte. Ils passent pour braves ; mais leur valeur tient de la férocité. Les Ottogamis, ou Renards, habitent

sur le Mississipi. Ils vivent dans une alliance étroite avec les Sakis et s’adonnentà la culture des grains, et surtout du maïs, dont ils peuvent vendre plusieurs centaines de boisseaux par an. Éloignés de leurs vil. lages, ils se logent comme les Sakis, les Ménoménes et les Winebagos, dans des cabanes de forme elliptique, couvertes de nattes de jonc. Les Sakis ou Saques sont établis sur le Mississipi, au-dessus de Saint-Louis. Is récoltent une quantité considérable de féves, de melons et de maïs, Le fameux Ponthiak, ennemi mortel des Anglais ct l’un des hommes les plus remarquables qui se soient produits parmi les indigènes de l’Amérique, appartenait à une tribu de Sakis. Les Ayonas demeurent sur la rivière des Moines et d’Ayona. Moins civilisés ct moins dépravés que les autres, ils cultivent un peu de maïs et poussent leurs chasses jusqu'à l’ouest du Missouri.

Les deux rives du Missouri ne sont habitées que par de petites tribus isolées d’Indiens. Malgré la fertilité du sol de cette contrée, il n’y a peutêtre pas sur la terre de pays où il y ait moins d'habitants. La population paraît diminuer par les ravages de la petite vérole et par les effets des liqueurs spiritueuses, ainsi que l’ont constaté Lewis et Clarke dans leur expédition à la recherche des sources du Missouri. Cependant une des premières nations indiennes que ces voyageurs rencontrèrent, ne faisait point usage de liqueurs spiritueuses et refusa d’en goûter. C'étaient les Ricaras, hommes forts et bien proportionnés, qui avaient dans trois villages une population de 450 individus. Quoique pauvres, ils étaient bons et généreux, et ne mendiaient pas comme les Sioux ; néanmoins ils acceptaient avec reconnaissance ce qu’on leur offrait. Leurs femmes étaient gentilles et gaies, malgré les travaux domestiques qui pesaient sur elles, comme chez la plupart des sauvages. A l’exception de la chasse, elles avaient à pourvoir à toute la subsistance de la famille. Elles ne sont pas plus avares de leurs faveurs que les femmes des Sioux; seulement les maris exigent qu’on demande leur consentement.

Les Mandanes, autre tribu, habitent les bords du Missouri, au delà des Ricaras. Ce peuple croit à un grand esprit qui préside à ses destinées, el qui possède en même temps l’art de guérir ; car chez ce peuple, grand espritet grand médecin sont synonymes, le dernier étant un nom qu'ils appliqueut généralement à tout ce qu'ils ne comprennent pas. Chacun se choisit un objet de dévotion, qu'il appelle la Médecine,

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AMÉRIQUE, 429 C’est ou quelque être invisible, ou plus souvent quelque animal qui devient son protecteur et son médiateur auprès du grand esprit, et il n’y a rien qu'on néglige pour le rendre propice. « J'étais, il n’y a pas longtemps, possesseur de dix-sept chevaux, dit un Maniane aux Américains, mais je les aitous sacrifiés à ma médecine , et je suis maintenant pauvre. s Il avait, en effet, conduit tous ses chevaux dans la plaine, et là il leur avait donné la liberté, en les abandonnant à sa médecine. L'idée d'associcr tout pouvoir inconnu a celui d’une médecine, le plus frappant à leurs yeux, paraît être générale parmi les tribus indiennes de cette partie de l'Amérique. Les Mandanes croient à une existence future, et celte croyance se lie à la tradition de leur origine. Pour passer le temps durant l'hiver, ces Indiens ont leurs amusements comme les nations les plus civilisées : la danse est de ce nombre ; mais ce n’est pas une danse très-gracieuse. Celle qu’ils appellent la danse des buffles est un amusement si dégoûtant, que les auteurs de la relation n’ont osé le décrire qu’en latin. Une autre danse, appelée la danse de la médecine, est moins indécente ; mais elle n’en est pas plus agréable.

Les Indiens Schoschonies forment une tribu de la nation dite Indiens. Serpents, dénomination vague sous laquelle on comprend tous les habitants de la partie méridiouale des Montagnes-Rocheuses, ainsi que des plaines qui s'étendent des deux côtés. Les Schoschonies, dont le nombre ne dépasse pas 600 ndividus, vivaient autrefois dans les plaines du Missouri; mais les Pawkies, ou Indiens voleurs, les ont chassés dans les montagnes, d’où ils ne sortent plus qu’à la dérobée pour visiter la terre de leurs ancêtres. Depuis le milieu de mai jusqu'au commencement de septembre, ils habitent auprès des eaux de la Columbia, où ils se regardent comme à l'abri des attaques des Pawkies. Alors, comme le saumon, leur principal aliment, disparaît au commencement de l'automne, ils sont contraints à chercher leur subsistance sur les bords du Missouri; mais ils n’avancent de ce côté qu'avec beaucoup de précaution. Après avoir chassé au buffle l'hiver, le retour de la belle saison les ramène aux bords de la Columbia. Dans cet état nomade et précaire, ils éprouvent des besoins extrêmes. Il se passe souvent des semaines entières sans qu’ils trouvent d’autre nourriture qu’un peu de poisson et des racines. Cependant ces privations ne sont pas capables d’abattre leur courage ou de diminuer leur bonne humeur. Cette tribu a de la dignité

dans son état de détresse. Francs et communicatifs, ils mettent de la

candeur dans les partages, et ne sont nullement enclins au vol ou à la

fraude. Tout en partageant avec leurs hôtes ce qu'ils possèdent, ils so

gardent bien de demander la moindre chose. Les Schoschonies aiment Les habits somptueux ; ils recherchent les amusements, surtout les jeux de hasard, et, comme d'autres Indiens, ils se vantent de leurs exploits guerriers vrais ou faux. Chaque individu est son propre maître, et la seule gène imposée à sa conduite, c’est l'avis d’un chef qui exerce sur les opinions de la tribu une autorité de persuasion. L'homme a la propriété absolue de ses femmes et de ses filles, dont cependant on ne frappe jamais les enfants, crainte d'affaiblir l'indépendance de leur esprit. La polygamie est commune chez ce peuple; mais les femmes qui appartiennent au même homme, ne sont pas généralement des sœurs, comme chez les Mandanes. Les Schoschonies entretiennent un grand nombre de chevaux. Ces animaux sont généralement d’une belle taille, vigoureux, endurcis contre les fatigues et contre la faim. Semblable à l’Arabe, l’Indien a un ou deux chevaux attachés jour et nuit à un pieu auprès de sa cabane, afin d'être toujours prêt à agir. On dit que cette race de chevaux vient originairement des Espagnols ; mais les Indiens en élèvent maintenant eux-mêmes.

Dans l'immense contrée qui forme le partie méridionale de la région de l’ouest, il existe plusieurs tribus plus ou moins indépendantes, dont nous ne dirons que quelques mots. L’analogie de langage, de mœurs et de coutumes entre les Osages, les Kansas, les Missouris, les Mahas etles Ottos, indiquent une origine commune. Tous paraissent avoir émigré des pays du nord-ouest, et s'être séparés par le besoin de pourvoir à leur subsistance, en poursuivant le gibier dans des contrées lointaines et moins peuplées. Les Mahas ou Omahaws, les Missouris et les Ottos afTectionnent les bords du Missouri. Après avoir beaucoup souffert par les attaques des Sioux, ils ont été finalement presque détruits par les ravages de la petite vérole que les blancs leur ont apportée. Les Mahas surtout étaient jadis un peuple belliqueux et puissant ; mais quand ils virent leur force s'évanouir devant une maladie à laquelle ils ne pouvaient résister, leur terreur fut extrême. Ils brülèrent leurs villages, et

quelques-uns même tuërent leurs femmes et leurs enfants, pour leur éviter une affliction aussi cruelle, et pour les faire passer dans un monde

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AMERIQUE. 431 plus heureux. Les Kansas ct les Ouaouasach, vulgairement appelés Osages, en se portant plus à l’est, se sont trouvés en collision avec les Ayonas, les Sakis, les Pottawatamies, les Shawanées, mème avec les Chikkasas et les Chactas.

Le gouvernement de ces nations forme une espèce d’oligarchie républicaine, présidée par des chefs, la plupart héréditaires, mais qui souvent sont éclipsés par des guerriers illustres. Toute affaire importante est soumise à l'assemblée des guerriers, qui décident à la majorité des voix. Le peuple est divisé en trois elasses. Le gros de la nation se come pose de guerriers ou chasseurs; les jongleurs, qui sont en même temps prêtres et magiciens, ont une grande influence sur les affaires publiques par leurs divinations, leurs sortiléges, et par l'interprétation des rêves. Quoi qu’il en soit, ils se montrent assez bons jongleurs; ils s’enfoncent de larges couteaux dans la gorge en répandant le sang à gros houillons: ils insèrent des bätons aigus dans leur nez, ou ils rejettent par les narines des os qu’ils ont avalés auparavant; d’autres percent leur langue d’un bâton, et se la font couper pour rejoindre ensuite les morceaux, sans qu'il reste aucune trace de l'opération. Les cuisiniers sont au service du public, ou attachés à quelque personnage marquant : ce sont quelquefois d’anciens guerriers qui, se trouvant affaiblis par l'âge ou accablés d’infirmités, et ayant perdu toute leur famille, se voient obligés d’embrasser cette profession. Chargés en même temps des fonctions de crieurs publics, ils convoquent les chefs aux conseils ou aux festins. Les mets ordinaires des Osages sont des épis verts de mals préparés avec de la graisse de bison, des citrouilles bouillies et des viandes. Ils sont hospitaliers par ostentation. Lorsqu'un Américain des Etats-Unis entre dans un village, l’usage veut qu'il se présente d’abord à la cabane du chef, qui lui sert un repas où son hôle mange le premier, à la manière des anciens patriarches. Ensuite tous les personnages les plus importants du village invitent l'étranger, et ce serait leur faire une grande insulte que de ne point obir à l'appel : en sorte que, dans une après-dinée, on peut recevoir douze ou quinze invitations. C’est le cuisinier qui les fait en criant : « Venez et mangez, un tel donne un festin : venez et jouissez de sa libéralité. » Les cabanes dans les villages sont dressées sans ordre et quelquefois si rapprochées qu’elles obstruent le passage. Pour surcroît d’embarras, les chevaux parquent

la nuit dans le village, lorsqu'on a licu de craindre que l'ennemi ne rôde dans les environs. Du reste, leurs habitations sont fraîches et trèspropres.

Les Kansas, sur la rivière de leur nom, quoique beaucoup moins nombreux que les Osages, sont plus redoutables par leur courage, et font quelquefois trembler jusqu'aux Panis. Du reste, ils reconnaissent, comme les Osages, la protection des Etats-Unis.

Les Li-Panis , autrefois établis près de la mer, errent depuis le Rio- Grande jusque dans l’intérieur du Texas, et vivent en paix avec les Espagnols; mais ils font la guerre aux Tetans et aux Apaches. Es ont les cheveux blonds, et sont généralement de beaux hommes, formant environ 800 guerriers, divisés en trois bandes. Ils donnent la chasse aux chevaux sauvages, et les domptent pour les vendre ensuite aux Espagnols. La lance, l’arc et les flèches sont leurs seules armes.

Les Panis ou Pawnees, appelés Padoucas par les Espagnols, forment une nation nombreuse, disséminée sur les bords des rivières Platte et Kansas, et divisée en trois branches principales, les grands Panis, les Panis républicains, et les Panis loups, qui, queiquelois, se font la guerre. Is ont la stature haute et élancée, les os des joues fort proéminents, et la prononciation gutturale. Leur langage a plus de rapport avec celui des Sioux qu'avec l’idiome des Osages. Leur gouvernement a la forme d’une aristocratie héréditaire, comme chez les Osages ; mais ils sont moins policés. La chasse du bison, qui abonde dans leur territoire, ne les empêche pas de s'appliquer à la culture des champs, ni de penser à l'avenir, en faisant des provisions pour l'hiver. Ils coupent les citrouilles en tranches fort minces, qu’ils font sécher au soleil, afin d’avoir de quoi douner à leur soupe quelque consistance pendant toute l’année. Ils ont des troupeaux d'excellents chevaux, dont ils prennent le plus grand soin; cependant ils font la guerre à pied, en cherchant des positions où ils puisseni se servir avec avantage de leurs armes à feu. Leurs maisons sont de forme ronde, avec une saillie vers la porte. Chaque membre de la famille a sa chambre particuliere. Les Pawnees aiment les jeux d’exercice, auxquels ils se livrent sur des places publiques de 7 à 800 pieds de long, préparées exprès de chaque côlé du

village.

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de l’Arkansas et près du Rio del Norte, étendent leurs courses vers le sud jusqu’à la basse rivière Rouge ; vers l'est, au territoire des Panis et des Osages ; vers le nord, dans les pays occupés par les Yutas, les Kia. ways et d’autres nations encore peu connues; et vers l’ouest, elles ne se bornent pas toujours aux frontières du Nouveau-Mexique. Les Espagnols les désignent sous le nom de Comanches où Cumanches. Les Jetans sont armés d’arcs, de flèches, de lances, de frondes, de boucliers, et sont très-bons cavaliers. Souvent ils ont appris aux Espagnols à trembler devant eux, en laissant des traces effrayantes de leurs excursions,

Les Kiaways et les Yutas parlent la même langue que les Jetans ; mais ils sont :ouvent en guerre avec eux, ainsi qu'avec les Panis et les Sioux, quelquefois même avec les Espagnols, [ls sont armés d'ares, de flèches, de lances, et font la chasse au bison, Cette tribu, que l’on évalue à 1,000 guerriers, erre autour des sources de la rivière Platte. Les Yutas, plus nombreux et un peu plus policés, à cause de leurs liaisons avec les Espagnols, fréquentent les sources du Rio del Norte,

Les Tancards comptent 600 guerriers, et parcourent les bords de la rivière Rouge en poursuivant les bisons et los chovaux sauvages. Ils sont presque tous grands et beaux.

Nous avons parlé du territoire de l’Orégon en décrivant la région du nord-ouest de l'Amérique. Maintenant il ne nous reste plus à visiter que trois provinces qui naguère faisaient partie de la confédération mexicaine, mais qui aujourd'hui sont incorporées à l’Union anglo-américaine : ce sout le Texas, le Nouveau-Mexique et lu Californie.

Le Texas qui, depuis 1845, a été admis avec le titre d'Etat dans la confédération des Etats-Unis, confine, à l'est, à la Louisiane, dont il est séparé par la rivière Sabine, et au nord, au territoire dit de l'Ouest, dont il est séparé par la rivière Rouge, Du coûté de l'ouest, il s’étend jusqu’au Rio del Norte, et au sud, il est baigné par les eaux du golfe du Mexique. Cette contrée est arrosée par un grand nombre de cours d’eau importants. Elle présente une surfacu oxtrômement variée, des plaines sur les bords de la mer, et plus loin des montagnes de médiocre élévation qu’entrecoupent de belles vallées, Le climat y est admirable. Le sol est généralement fertile et couvert d'une végétation magnifique. Selon les hauteurs et les expositions, il peut produire les fruits de la

zoue tempérée et de la zone tropicale. Les montigues recelent de l'or, v'!.

de l'argent, du fer et du plomb. Le sel se trouve cu abondance dans plu sieurs localités; dans d’autres on a découvert de riches mines de houille, En uu mot, le Texas à été particulièrement favorisé par la nature, et, entre les mains de l’énergique race anglo-américaine, qui s’y porte avec ardeur, il est destiné à devenir un des pays les plus prospères de l'univers. Malheureusement la côte est bordée de lagunes en général peu profondes, qui sont un obstacle pour la navigation. Les ports ne peuvent admettre que des navires d’un faible courant. Les villes de cet Etat n’ont pas encore acquis une grande importance, Les plus considérables sont San-Antonio de Bexar, Matagorda, située à l'embouchure du Colorado, San-Felipe de Austin sur les bords du Brasos, et Houston sur ceux du Rio-Trinidad. Cette dernière ville renferme 6 à 7,000 habitants. Austin, qui a le titre de capitale de l'Etat, a une population d’environ 10,000 âmes.

Le Nouveau-Mexique, qui, ainsi que la Californie, a élé cédé aux Etats- Uais par le traité de 14848, mais qui n’a encore que ie titre de territoire, est une vaste région qui cst bornée, au nord et à l’est, par le territoire américain de l'Ouest, au sud-est par le Texas, au sud par la province mexicaine de Chihuahua, à Pouest par uue chulue de montagnes qui ! forme la continuation méridiouale des Montagues-Rocheuses et qui le | sépare de la Nouvelle-Californie, Le climat du Nouveau-Mexique est sain, mais il est froid ; ce que l’on doit attribuer à son élévation. Le sol est souvent stérile. La partie la plus fertile est la vallée du Rio del Norte. | il y vient abondamment du blé, du maïs et des fruits délicats, particulièrement des raisins. Les environs de Passo del Norte produisent les vins les plus généreux. Les montagnes sont couvertes de pins, d’érables et de chênes. Les animaux féroces y sont eu grand nombre : ou y voit aussi des moutons sauvages et surtout des élans ou plutôt des cerfs de | la taille d’un mulet, dont les cornes sout extrémernent longues. IL paraît que les montagnes à l’ouest du Rio del Norte contiennent de Pétain. ll y a plusieurs sources thermales. Des rivières salées indiquent de riches dépôts de sel germe. La population est eucore peu nombreuse, car elle ne dépasse guère 60,000 âmes, et les villes sont peu considérables. Santa-Fé, la capitale, a 4,000 habitants, Elle est située à peu de distance du Rio del Norte. Albuquerque, sur lu rive gauche du fleuve, cn à 6,090. La ville la plus peuplée est Taos, au nord de Santa-Fé : on

AMÉRIQUE. 435 lui accorde 9,000 habitants. Le reste de la population du Nouveau- Mexique se compose de pauvres colons, dont les hameaux épars sont souvent ravagés par les puissantes tribus indiennes qui environnent ou qui parcourent la province. Il faut qu’ils soient toujours prêts au combat, et ils ne peuvent voyager: qu’à cheval, par caravanes et les armes

à la main. La plus redoutable, parmi ces tribus indigènes, est celle des Apaches ou Apachés.

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Les Apaches habitaient originairement la plus grande partie du Nouveau-Mexique. C’est encore une nation guerrière et industrieuse. Ces implacables ennemis des Espagnols infestent toute la limite orientale de ce pays, depuis les montagnes Noires jusqu’aux confins de Cohahuila, en tenant les habitants de plusieurs provinces dans un état perpétuel d’alarmes. On n’a jamais eu que de courtes trêves avec eux, et quoique leur nombre ait été considérablement diminué par les guerres et par de fréquentes famines, on est oblige de tenir continuellement sur pied deux mille dragons pour escorter les caravanes, protéger les villages, et repousser leurs attaques toujours renouvelées. Au premier abord, les Espagnols avaient essayé de réduire en esclavage ceux que le sort des armes faisait tomber entre leurs mains; mais, les voyant surmonter habituellement tous les obstacles pour retourner dans leurs chères montagnes, ils prirent le parti d'envoyer ces prisonniers à l’île de Cuba, où le changement de climat ne tardait pas à les faire périr. Les Apaches n'en furent pas plutôt insiruits, qu'ils refusèrent de donner ou de recevoir quartier. Dés lors on n’a pu parvenir à faire 1 risonniers que ceux qu’on surprenait endormis ou qui avaient été mis hors de combat.

Les flèches des Apaches ont trois pieds de long ; elles sont faites avec un roseau,dans lequel on enfonce un morceau de bois dur et long d’un pied, dont la pointe est de fer, d’os ou de pierre. Els lancent cette arme avec tant de vigueur, qu'à trois cents pas de distance ils peuvent percer un homme. Quand on veut arracher la flèche de lu blessure, le bois se détache, et la poinie reste dans le corps. Leur seconde arme offensive est une lance de quinze pieds de long. Lorsqu'ils chargent l'ennemi, ils la tiennent des deux mains par-dessus leur tête, ct dirigent leur cheval en le pressant des genoux. Plusieurs d’entre eux sont armés de fusils conquis, ainsi que leurs munitions, sur les Espaguols, qui ue leur

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Les Kérès, qui forment à présent la population de San-Domingo, de San-Felipe et de San-Diaz, étaient l’une des plus puissantes des vingtquatre anciennes tribus qui occupaient jadis le Nouveau-Mexique. Ils ont la stature haute, la figure pleine, l'humeur douce et docile. Ils sont les vassaux ou, peur mieux dire, les esclaves du gouvernement, qui leur impose diverses corvées, telles que de porter des fardeaux, de conduire des mulets, ou bien on les assujettit au service militaire, où ils sont traités avec toute la barbarie doni uw blanc peut être capable.

La vaste région désignée sous le nom de Aaute-Californie ou de Nouvelle-Californie, pour la distinguer de la péninsule qui a d’abord reçu ce nom, s'étend du sud au nord, depuis le 32 de latitude jusqu’au 42°, c'est-à-dire depuis le Rio Gila jusqu'au territoire de l’Orégon. De ouest à l’est, elle s'étend depuis la côte de l'océan Pacifique jusqu'aux :ontières ouest au Nouveau-Mexique. Elle a donc 200 lieues du sud au nord et à peu près autant de l’est à l’ouest. Elle se divise en deux parties : Californie orientale, qui est comprise entre les Montagnes-Ro@euses à l'est, la Sierra-Nevada à l’ouest et la Californie occidestrle, qe va de cette dernière chaîne à la côte.

La Californie occidentale est la seule partie de cette grande comtrée qui soit encore bien connue. Sous un ciei souvent bruincux et lmmide, mis extrèmement doux, ce pays pittoresque présente de toutes parts des forêts magnifiques et des savaues verdoyantes où paissent des troupes nombreuses de cerfs gigantesques. Le sol a reçu avec facilité diverses cultures européenues : la vigne, l'olivier, le froment y prospèrent. Dans plusieurs parties, ia canne à sucre, l'indigotier, le bananier et le cocutier ont été cultivés avec succès.

Les premiers établissements furent fondés par les Espagnols en 1769. Ces établissements, dirigés par des missionvaires franciscains et jésuites, ovsient pour obiet d’initier par Pagricnltnre les tribus ‘ndieunes à la

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AMÉPIOUE. 497 vie civilisée. Nagnère, on ne trouvait, dans tout ce pays, qu’une vinglaine de villages, dont la population variait de 500 à 1,500 âmes, et qui étaient tous situés sur Ia côte. Deux d’entre eux, les plus importants, portaient le nom de ville : c’étaient Monterey et San-Francisco. Au comméncement de 1848, lä population totale de la Californie ne dépassait pas 20,000 âmes, dont 12,000 Indiens convertis ; aujourd'hui elle s’élève assurément à plus de 200,000 âmes. Tout le monde sait à quelle circonstance ce beau pays doit sa célébrité et sa nouvelle population. La découverte de lavages aurifères d’une richesse extrême, qui date de 1848 seulement, a fait précipiter sur la Californie une multitude de travailleurs infatigables et de spéculateurs avides. La beauté du climat et la fertilité du sol de cette vaste contrée n’aurait appelé que peu à peu les colons américains, tandis que la fureur de l’or a attiré en un instant des aventuriers de tous les pays du globe. Pour ne citer qu’un exemple de cet entraînement fabuleux, nous dirons que, du 12 au 45 avril 14850, le nombre des passagers ou émigrants, débarqués à San. Francisco, était de 62,393, dont 50,671 Américains, et 11,652 étrangers.

La plus grande partie de ces émigrants se sont immédiatement transportés dans les placers, pour extraire l'or que roulent presque tous les cours d’eau qui descendent des montagnes. Beaucoup ont péri de misère ou de maladie. Les plus intelligents et assurément les plus prudents se sont bornés à spécnler sur les besoins des chercheurs d'or; enfin d’autres, plus prévoyents encore, se sont livrés à l’agriculture et à l'industrie, car la masse toujours croissante des étrangers assure un débouché certain et un prix exirêmement élevé à tous leurs produits. C'est ainsi que Monterey et surtout San-Francisco ont pris un développement prodigieux. Celle-ci, grâce à sa magnifique position à l'entrée d’une baie où sc déchargent les deux rivières les plus considérables de la Californie occidentale, le Sacramento et le San-Joaquin, grice à son port aussi vaste que sûr, qui nourrait contenir au besoin toutes les flottes réunies du monde et que Vancouver regardait cnmme le plus beau port du globe, est devenue unc ville de plus de 30,000 âmes, et le centre d’un commerce des plus actifs. Malheureusement les maisons ont pour la plupart construites en bois, soit pour plus d'économie, soit tour plus de rapidité, et la ville a déjà été ravagée par plusieurs

incendies terribles. Le commerce de San-Francisco est un commerce tout d'importation ; l’or est à peu près le seul objet d'exportation; il est vrai qu'il a déjà été exporté pour près d’un milliard de ce mélal précieux.

Les indigènes de la Californie orientale paraissent former un grand nombre de tribus entièrement différentes de langage. Les Matalans, les Salsens, les Quirotes, qui habitaient près la baie de San-Francisco, les Rumsens et les Escelens, près de Monterey, sont les plus connus de ces Indiens.

La contrée qui constitue la Californie orientale n’est encore connue que par les pieuses tentatives de quelques missionnaires. Dans le xvire siècle, es indiens Nabajoa et Moquis étaient soumis aux missionnaires : une insurrection générale, en 1680, se termina par le massacre de ces apôtre” «le Ja civilisation. Dans la dernière moitié du xvre siècle, le

* Escalante à pénétré sur deux grands lacs qui paraissent avoir leur -csalement sur la côte de la Nouvelle-Californie. L'un d’eux a les eaux salées. out ce pays paraît être un plateau assez élevé. Unc rivière prend son nom de petites pyramides de soufre dont ses bords sont couverts. Le Rio Colorado traverse des pays fertiles, et en partie cultivés par des Indiens industrieux. Les Raguapiti, les Yutas et les Yabipaï, mais surtout les Moqus, jouissent d’une sorte de civilisation. Ces derniers demeurent sur la rivière Yaquesilla, qui se jette dans le Colorado. Le père Garcès trouva dans leur pays une ville très-régulièrement construite, ayant des maisons à plusieurs ‘tages et de grandes places publiques. C'est cette région qui forme le grand bassin de la Californie supérieure qui a été organisé, en 1850, sous le nom de territoire d’Utah, appelé aussi territoire de Déseret. Sa population est évaluée à 95,000 âmes environ. Tous les habitants blancs appartiennent à lextravagante secte des Mormons qui, repoussée de tous les Etats de l’Union, est venue chercher un refuge à l’oues: des Montagnes- rocheuses et au sud du territoire de l'Orégon. Les Mormons, entre autres excentricités, sont couvaincus de pratiquer la polygamie.

Plus au sud, les bords du Rio Gila ont offert au même père Garcès les ruines d'une grande ville, au milieu de laquelle était une espece de château fort très-exactement orienté selon les quatre points ordinaires. Les Indiens, voisins de ces ruines mémorables, vivent dans des villages

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AMERIQUE. 439 populeux, et cultivent le maïs, le coton et les citrouilles. Ces traces d’une ancienne civilisation coïncident avec les traditions des Mexicains, selon lesquelles leurs ancêtres se scraient arrêtés à plusieurs reprises dans ces contrées, après leur sortie du pays d’Aztlan. La première station fut aux bords du lac Teguaya; la seconde, sur les bords du fleuve Gila; la troisième, dans la province de Chihuabua, près de l’ancien presidio de Yanos, où il y a aussi des édifices en ruine appelés Casas grandes par les Espagnols.

SECT. 3°. — Tableau politique et moral des États-Unis.

Peut-être s’attend-on à nous voir esquisser ici la situation morale ct politique de cette fédération d'Etats, et discuter ou concilier les opinions contraires que plusieurs écrivains distingués ont émises sur le caractère, les ressources et l’avenir des Anglo-Américains; mais celte tâche nous ménerait trop loin. Bornons-nous à quelques traits. Cette trentaine de républiques se gouvernant chacune par ses autorités locales, pour tout ce qui regarde les relations civiles et municipales, mais sujettes à uue autorité centrale pour tout ce qui concerne la défense commune, la politique extérieure et les douanes ; ce congrès, divisé en deux chambres qui partagent le pouvoir législatif, mais qui n'offrent entre elles aucun contre-poids naturel, puisqu'elles se composent également l’une et l’autre de représentants élus et inamovibles ; ce président, sans éclat, sans revenus, n'ayant sur tous les points, la nomination aux offices exceptée, qu’un pouvoir partagé et dépendant, chargé de conclure avec les puissances étrangères des traités qui ont besoin d’être ratifiés par les deux tiers du sénat ; tout cet assemblage si compliqué de rouages si faibles, semble une anomalie politique à nos hommes d'Etat européens accoutumés à raisonner sur la balance des intérêts stables et permanents qui naissent d’une royauté héréditaire, d’une aristocratie de naissance et de propriété. Le gouvernement général des États-Unis est en effet une machine très-imparfaile ; c’est un résultat de circonstances fortuites, et non pas l'application d’une conception systématique. Malgré les imperfections que la théorie peut y signaler, cette machine, et c’est là le point important, fonctionne convenablement. Les Américains des Etats-Unis ont &’uilleurs hérité de Icurs ancètres européens, avec leurs

mœurs et leurs usages, ce respect de la tradition et de la loi qui caractirise la race anglo-saxonne, L'Union américaine a, en outre, avec la Grande-Bretagne, qui est la mère-patrie, deux différences considérables. Elle n'a ni aristocratie héréditaire, ni religion de l'État, ni mème de culte salarié par le gouvernement. Ceci est encore un résultat des circonstances historiques qui ont présidé à la fondation des colonies américaines,

L'organisation des républiques qui forment l'Union, les progrès que la Confédération se propose d'accomplir, l'avenir merveilleux qu’elle croit pouvoir se promettre, ont été l’objet d’études nombreuses et d'ouvrages fort remarquables de la part des pnhlicistes de la veille Europe. Il en résulte que les rapports et le mécanisme du gouvernement et de la société des États-Unis sont mieux connus chez nous que ne le sont l’organisation politique ct les mœurs des nations qui nous envirounent immédiatement. Le vice le plus grave que nous aient signalé les écrivains éminents qui ont observé les Etats-Unis, c'est l’existence de l'esclavage et le préjugé odieux qui frappe les hommes de couleur, même libres. On voit là généralement une cause, sinon de dissolution, du moins de séparation pour la grande Confédération. Nous appelons de tous nos vœux le moment où la terre républicaine par excellence svra aussi pour les hommes de toute race et de toute couleur la terre de la liberté ; néani::0ins nous ne partageons pas les appréhensions géuéralement entretennes à ce sujet. L’esclavage disparaîtra en Amérique, lorsque l'énergique population blanche du nord aura encore jeté de nouveaux essrims d’émigrants dans les Etats du sud où règne une loi aussi contraire à toute idée de religion et d'humanité ; il disparaîtra, parce que le travail libre est plus productif que le travail esclave, parce que les propriétaires de noirs se trouveront incapables de soutenir la concurrence des travailleurs blancs libres.

Les Etatc-Unis n'ont, en réalité, aucun voisin qui soit redoutable pour eux; aussi sont-ils dispensés d'entretenir à grands frais une armée permanente nombreuse, comme le font toutes les puissances européennes. L'armée permanente ne se compose que de 9,000 hommes. À cette heure même, les corps qui composent celte armée si peu proportionnée à la grandeur de l’Union, se trouvent presque tous cantonnés dans le Texas, la Californie et le Nouveau-Mexique, où il y a des tribus indiennes féroces à maintenir. Mais si une puissance européenne

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s’avisait de porter la guerre sur le territoire américain, toute la populuticu serait debout pour repousser l'invasion : la milice, en effet, comvreud tous les citoyens depuis 20 jusqu’à 40 ans.

La marine militaire de la Confédération, en revanche, offre un chiffre respectable. Une grande étendue de côtes à défendre, un immense commerce à protéger dans toutes les mers du globe, expliquent suflisamment le développement donné aux forces navales des États-Unis. En voici le relevé ofliciel : 7 vaisseaux de ligne, l'un de 120, les autres de 74 cauons ; 4 rasé de 54 canons ; 12 frégates de 44 canons; 2 autres de

36; 21 chaloupes de guerre, les unes de 20, les au! e 46 canons ; 5 Lricks de 10 canons; 2 goëlettes de 2 canons [régates à vapeur ; 2 sieamers de première classe; 4 de s , 9, 4,3 et 2 canous; 46 bricks ou vaisseaux de réserve de CutiONnS.

L'industrie a fait des progrès considérables dans plusieurs des Etats de l'Union; dans d'autres, elle est à peu près nulle, et l’agriculture occupe presque tous les bras. Mais dans les États mème où l'activité indus. trielle est Le plus développée, les produits manufacturés ne peuvent entrer en lutte avec les produits similaires des fabriques européennes. Bien plus, ils ne suffiscut pas à la consommatiou intérieure. Le mouvement commercial des Etats-Unis démontre suflisamraent la vérité de cette assertion. Le cominerce américain s'exerce principalement sur les produits agricoles, les matières premières et les objets de consommation, Les principaux sont le coton, le riz, le tabac, le blé et les céréales de toute nature. Il eu résulte que ie commerce des Etats-Unis dépend en graude partie des événements qui se passent en Europe, des chances de gucrre ou de disette. Eu 1847, année de disette, les exportations de céréales s’élevérent à la somme de 68,701,121 dollars (368,925,020 francs), taudis qu’en 1850, elles n’ont pas dépassé 28,051,273 dollars (139,095,336 raucs) ; en 1850, l’exportalion du riz s’est élevée à 2,631,557 dollars (14,131,4ü1 francs). Mais la valeur du coton brut exporté, presque entiè-

rement en Angleterre et en France, atteint un chiffre bien supérieur. Du rantl’anuée 1830,cetteexportationaétéde71,984,616 dollars(386,557,388 fraucs).Le chiffre total des exportations de l'Union s’est élevé, pour 1850, à 191,296,7à0 dollars, et celui de ses imiportalions, à 178,156,318, c’est-à-dire, le premier, à 812.463.386. et Le second à 456,92,027 francs.

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