‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 9 sur 75 · STE RES SEE · texte numérisé non relu

STE RES SEE

AFRIQUE : EGYPTE, 53 plat, surmonté de cheveux demi-laineux; les yeux peu ouverts et relevés aux angles ; des joucs haut’; des nez plus courts qu'épatés ; la bouche grande et plate, éloignée du nez et bordée de larges lèvres ; une barbe rare et pauvre ; neu de grâce dans le corps; lés jauimbes arquées et sans mouvement dans le contour; enfin, les doigts des pieds allongés et plats. C'est bien là la race égyptienne antique, telle qu’elle est représentée sur tous les monuments qui couvrent le pays.

Les Coptes parlaient, il n’y a que 8 à 40 siècles, une langue particulière qui est encore usitée dans leur service divin; c’est un reste de l'ancienne langue égyptienne méléc de beaucoup de mots grocs et arabes. Le caractère général de cette langue consiste dans la brièveté des mots, souvent monosyllabiques, dans la simplicité de leurs modifications grammaticales et dans l’habitude d'indiquer les genres et même les cas par des syllabes préfixes. Eile est sans affinité avec les autres langues connues , et semble être le résultat d’une formation spéciale, inventée par la théocratie, afin d'isoler l'Égypte du reste du monde, L’alphabet copte, quoique évidemment modelé sur le grec, renferme quelques traits qui appartiennent aux anciens alphabets ésyptiens. Les Coptes, d’abord attachés au rite de l'Eglise grecque or.entale, ont été entraînés dans la secte d'Eutychès ou des Jacobites, qui confondent les deux natures de Jésus-Christ. [ls passent pour être les plus superstitieux de toutes les sectes chrétiennes existantes. La circoncision est usitée parmi eux comme mesure de propreté et sans motif de religion. Le patriarche d'Alexandrie se vante d'occuper le siége de saint Marc l'évangéliste.

Les savants ont beaucoup disputé sur l'origine de ce nom de Coptes que porte actuellement îa race indigène de l'Égypte. Les uns le font venir de Koptos, ville de la haute Égypte, siége d’un de leurs évêques; d’autres pensent que c’est un mot grec qui signifie circoncis. L'opinion la plus vraisemblable regarde ce nom comme identique avec Ægyptius, qu’on écrivait aussi Ægoptius, et dans lequel la preñmère syiabe est un article. C’est le même nom que celui de Kypt, Kibht et Kebt, usité par les Coptes pour désigner leur pays.

Les Arabes forment l'immense majorité de la population actuelle de l'Égypte. Une physionomie vive et expressive, les yeux enfoncés, toutes les formes anguleuses, la barbe courte et à mèches pointues, les lèvres

minces, ouvertes et laissant voir de belles dents, les bras musculeux, tout le corps plus agile que beau, et plus nerveux que bien conformé, tel est l’Arabe pasteur et civilisé ; mais l’Arabe bédouin ou indépendant a une physionomie plus sauvage ; enfin les Arabes cultivateurs, ou tous ceux qui résident dans le pays, tels que les scheiks ou chefs de villages, les Fellahs ou paysans, les Boufakirs ou mendiants, les manœuvres, plus mêlés, offrent un caractère de tête moins prononcé.

Les Turcs et les Grecs nous présentent les traits que nous avons déjà décrits. Les Juifs ont ici la même physionomie qu’en Europe; les beaux indvidus de cette race, surtout les jeunes, rappellent le caractère de tête que la peinture a consacré à Jésus-Christ. En Égypte, ils s’'adonnent au commerce, comme partout. Méprisés, et sans cesse repoussés sans jamais être chassés, ils disputent aux Coptes, aussi fins, aussi avares ct aussi ramnpants qu'eux, les places dans les douanes et les intendances des riches.

Quelques traits particuliers distinguent les mœurs des Égyptiens de celles des autres Orientaux. Un pays souvent inondé rend précieux l’art de la natation; les enfants l’apprernent en jouant; les jeunes filles même s’y livrent; on les voit nager en troupes d’un village à l’autre avec toute la légèreté des nymphes de la fable. A l'ouverture des canaux, plusieurs nageurs de profession font assaut en public, devant le pacha ; ils exécutent des tours de force surprenants : couchés sur le dos, une tasse de café dans une main, une pipe dans l’autre, les pieds liés par une chaîne en fer, ils descendent la rivière. Les Egyptiens savent très-bien dresser les animaux; le phénomène le plus étonnant en ce genre, c’est la faculté que possèdent certains individus de manier et de gouverner les serpents les plus venimeux. Ces psylles modernes ne le cèdent en rien aux anciens. Ils laissent ces serpents s’entortiller autour de leur corps, ils les gardent dans les plis de leurs chemises, ils les font entrer dans des bouteilles et en sortir; quelquefois ils les déchirent avec les dents et en avalent la chair. On ignore le secret de ces pratiques, fondées sur l’adresse et l'observation, mais que les Orientaux attribuent à la magie.

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