ROYAUME DE HONGRIE ET SES ANNEXES
SECT, 1"°. — Description physique généralé de cette région,
La Hongrie réunit autour de l’antique croix de Saint-Étienne diverses nations: le Magyar, accouru sur ses coursiers indomptés des bords du Wolga; le Slovaque et ses frères, descendus des monts Karpathes ou des Alpes Noriques ; le Germain, arrivé en longeant le Danube, et les Valaques, pasteurs des Alpes de Dacie; tous Européens ou semi- Européens, malgré la différeuce pittoresque de leur costume; tous chrétiens, malgré les nuances de leurs rites. La Transylvanie, sœur de la Hongrie, sous ses lois indépendantes, unit à peu près les mêmes éléments civils et religieux. Pourquoi séparerions-nous ces deux masses homogènes ? Il est vrai que la Croatie et la Dalmatie appartiennent à une autre région physique ; mais, en géographie, les divisions usuelles doivent prédominer sur les divisions systématiques, et les petites fractions, créées par l’histoire ou la politique, doivent être annexées aux grandes masses de la manière la plus commode pour la mémoire du lecteur. Voici donc l’ensemble, que nous allons embrasser dans une seule et même description. Les monts Carpathiens ou Karpathes, appelés Krapack en polonais, environnent au nord et à l’est la vaste plaine où le Danube semble s'arrêter au milien de son cours, et qui forme la principale partie de la Hongrie. A l’est de cette plaine, la Transylvanie occupe trois grandes vallées, entre les branches des monts Karpathes. A l’ouest, lEsclavonie s'étend entre la Drave et la Save, plus loin encore, la Croatie s’appuie aux dernières branches des Alpes Juliennes. La Dalmatie descend sur les rivage de l’Adriatique. Telle est la situation générale des provinces, dont nous allons tracer d’abord le tableau
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physique général, ensuite la description topographique et ethnographique.
Les monts Karpathes, dont l’ensemble s'étend sur une ligne demicirculaire de plus de 200 lieues, ne forment pas une véritable chaîne, mais seulement un terrain élevé, parsemé de groupes isolés, hérissé de petites chaînes et terminé au nord-ouest et au sud-est par deux grandes masses de montagnes. La masse du nord-ouest forme les Karpathes proprement dits; la masse du sud-est répond aux Alpes Bastarniques ou Daciques. Les Alpes de la Transylvanie qui se joignent aux Carpathes sans interruption complète, présentent des chaînes bien marquées. Un grand système de montagnes se montre à l'extrémité la plus orientale, où les rivières de Maros, de Küküllô, d’Aluta, de Szamos, de Bisztritz- Moldavique et de Moldava, prennent naissance; mais, formé de plusieurs groupes particuliers, il a plus de largeur que d’élévation. A l'endroit où les trois frontières de la Hongrie, de la Transylvanie et dela Bukowine se rencontrent, une chaîne se détache au no d-ouest de cette grande masse, entre le Szamos oriental et la Theiss ; elle se prolonge à l'oucst par Kapnik, et renferme des sommets élevés, Une grande et puissante chaîne, coupée néanmoins par l’Aiuta, forme les limites de la Transylvanie et de la Valachie. C’est là que sont les sommets les plus vantés, ceux du Butetsch C’est l'extrémité occidentale de cette grande chaîne qui forme les montagnes du Bannat, groupe particulier, dont la masse, médiocrement élevée, est hérissée de rochers escarpés. Elles semblent s’unir par des rochers, qui embarrassent le cours du
. Danube, aux montagnes de la Servie.
Tels sont les sommets dont l’ensemble forme un demi-cercle irrégulier sur les frontières orientalos et méridionales de la Transylvanie. Le milieu de ce pays forme un terrain plus bas, dont les roches presque entièrement arénacées renferment de nombreuses mines de sel, at où les rivières roulent de l’or. Ce plateau, traversé par quelques petits chaînons, se maintient à une élévation considérable au-dessus de la bisse Hongrie, et se relève mème vers l’ouest en des montagnes qui forment deux massifs particuliers ; le premier compos entre le bras occidental än Szarnos, les sources de la Kraszna, du Bereltyù et de Kœæræslapide, le deuxième entre le Maros au sud l’Aranyos au nord, et nour-
rit les sources du Kæœrœs Blanc.
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Nous devons encore remarquer deux chaînes de montagnes qui, du côté occidental, entrent dans la Hongrie. Ce sont des branches des Alpes Styriennes. La première, allant du sud-est au nord-est, forme les mont;
Bakony au nord du lac Balaton, et se termine par le monts Pilicz vers R
Gran; l’autre suit le cours de la Drave vers le sud-est, et, s’étant pres. que effacée dans la plaine de l’Esclavonie, se relève dans la Syrmi pour former les pittoresques collines de Fruska-Gora. Les Alpes Julien. nes, qui “ommencent dans la Carniole, se continuent entre la Croatie et la Dalmatie hongroise vers la Dalmatie vénitienne, où elies joignent la chaîne albano-dalmate, branche du système du ment Hémus. La Hongrie renferme deux des plus grandes plaines de l’Europe; l'une, longue de 40 lieues et large de 25, embrasse la partie de la Hongrie occidentale bornée par les montagnes de l'Autriche à l’ouest, cel. les du comitat de Neutra au nord et le Bakony au suc-ect. L'autre, lon. gue de 120 lieues et large de 80, forme la basse Hongrie dans le sens physique, et présente en grande partie un désert salin et sablonnew terminé vers le Danube et la Theiss par d'immenses marais. On prétend que le niveau de la plaine basse est de 110 mètres au-dessus du niveau dela mer, et que celui de la plaine supérieure n’a que dix mètre: de plus ; mais elle s’élève en grande partie par des pentes insensible: vers les hauts pays qui la circonscrivent; elle n'éprouve pas non plus les brûlantes chaleurs de la grande plaine. Celle-ci est une Afrique européenne. Un horizon sans limites fatigue l’œil du voyageur. Le mr
rage le tourmente d'illusions perfides, et souvent le brouillard mal-R sain, enveloppant toute celte scène d’un voile épais, lui dérobe les in-
dices de la route et l’environne d’une solitude absolue.
Il existe en Hongrie deux lacs d’une très-grande étendue, le lac Bal ton et le lac de Neusiedel. Le premier est situé entre les comitats de
Szala et de Schümegh. Sa plus grande étendue est d'environ 46 lieues du sud-ouest au nord-est; sa plus grande largeur de 3 lieues; mais il est des points où il ne présente guère que 354 de lieue. Ce lac, dont la superficie est évaluée, en y comprenant à la vérité les maraæs environnans, à 66 lieues carrées est principalement alimenté par à rivière de Szala : la quantité d’eau qu’il reçoit paraît bien peu volumineuse relativement à sa sur’ace, qui doit fournir à une évaporation extrème ment considérable.
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EURCPE : HONGRIE, 499
Le lac de Neusiedel se trouve entre le comitat d'OŒdenburg et celui de Wieselburg. Sa plus grande dimension est du nord au sud, et peut avoir envivon 8 lieues et demie; sa largeur vers ses deux extrémités est d'onviron 2 lieues et demie, mais il se rétrécit au milieu. Il communique À sa partie méridionale avec des marais considérables qui s'étendent à l'est, et qui, après la réunion de plusieurs ruisseaux, finissent par s'6couler dans la rivière de Raab. Il paraît encore ici que l'évaporation à la surface du lac ct des marais voisins doit à peu près compenser le volume des eaux qui viennent s’y rendre par divers ruisseaux, Les eaux du lac de Neusiedel sont purgatives, et tiennent en dissolution du sulfate de soude.
Les autres grands lacs se confondent avec les marais qui les entourent; tel est, par exemple le lac de Palics, près de Thérésienstadt, qui a, dit-on, jusqu'à 12 metres de profondeur, et dont le fond dur et solida est une couche de soude carbonatée. Plusieurs lacs, qui sont indiqués surles cartes au milieu de la plaine, ne sont que des flaques d’eau, qui
le plus s« : :: sont à sec pendant les chaleurs de Pété, Les m':.… sont extrêmement étendus dans la Hongrie, et particullà-
rement au milieu de la grande plaine, sur les bords de la Theiss et du Danube, ainsi que dans les larges vallées où coulent la Drave at la Save, On évalue la surface du terrain envahi par les marais à 300 lieues car rées, ce qui pourrait bien être au-dessous de la réalité. De plus, comme les rives de plusieurs rivières sont extrêmement basses, il arrive souvent, après les débordements, que certaines parties des pays de plaine conservent pendant longtemps, même pour toujours, des caux crou pissantes. Les Hongrois éclairés s'occupent sérieusement de diminuer les marais de leur pays, se serait non-seulement le moyen de rendre à la culture une immense quantité de terrains, mais encore de mettre leg habitants à l'abri des miasmes putrides auxquels ils se trouvent exposés dans tant de lieux différents où règnent le scorbut et les flèvres in termittentes. Quoique ces influences malignes s'étendent sur un terrain d'environ 300 lieucs carrées, ilreste encore plus de 45,000 lieues carrées dans les Etats hongrois où le climat n’est pas plus insaiubre qu'en France ou en Allemagne.
Les fleuves appellent encore notre attention. Le Danube (Duna, hong), entre dans la Hongrie, à l'instant où il reçoit à sa gauche la rivière de
March ou Morava. Il présente au-dessous de Presbourg un grand nombre d'îles. et se pariage bientôt en trois bras principaux, dont le plu considérable se dirige à l’est-sud-est. Les deux autres, aprés avoir for. mé d° x grandes îles, se réunissent au bras principal ; l'un au-dessous de} après avoir reçu du sud les rivières de la Laïta et de Raub: Pa” à Komor», après avoir reçu la rivière de Vag, qui, dans un eoura de 36 milles, forme plus de cent tourbillons. À partir de Raab, le fleu. ve coule à l’est, et son ours semble se resserrer à l’approche deg mon. tagnes entre lesquelles il passe au-dessons de Gran, après avoir recu à sa gauche les eaux des rivières de Gran et d’Ipoly. Après quelques si. nuosités entre les rochers, il atteint la petite ville de Waizen, où teut à coup il se détourne au sud, en longeant le pied des collines de Saint- Audré et de Bude. A peine le Danuñe est-il entré dans les plaines de la Hongrie, qu’il commence de nouveau à s'étendre et à former des îles considérables ; ses bords deviennent extrêmement marécageux, sur. tout dans la partie méridionale du comitat de Pesth, et dans les comltats de Bacs et de Tolna, vers l'embouchure de la Drave, qu'il reçoit À droite. Sa direction au sud se continue jusqu'aux iimites de l'Egelavo nie, puis il reprend son cours vers l’orient, et se détourne encore au sud-est pendant quelque temps, reçoit la Theiss, puis la Save à Belgrade, la Témes à Pancsova, et roule alors ses eaux plus rapides au pied des montagnes de la Servie. Bientôt son lit se resserre, et ses flots impétueux se pressent ; il s'échappe entre les montagnes du Bannat et celle de la Servie par des gorges très-profondes, qu’il semblerait lui-même avoir creusées. Enfin à Neu-Orsova, il sort des Etats hongrois, et plus tard, ayant franchi les digues qui semblaient s’opposer à son passage, il sé. tend de nouveau dans les vastes plaines de la Valachie et de la Moldavie, où ses eaux s'unissent enfin à la m. . Noire.
La Theiss (Tisza, hong.) est, après le Danube, la rivière la plus considérable des États hongrois. Elle prend sa source à l’extrême limite du Marmaros et de la Bukowine, traverse les vastes marais des comitats de Szathmar et de Szaboltsch et, après un circuit considérable, tourne tout à fait au sud dans les vastes plaines de la Hongrie, à travers lesquelles elle coule jusqu'au Danube, où elle se jette entre Semlin et Peterwar dein. Cette rivière reçoit dans son cours toutes les eaux de la Transylvanie, et la plus grande partie de celles des montagnes septontrionu=
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les de la Hongrie. Parmi celles que la Tneiss reçoit de Transvlvanie, nous remarquerons d’abord le Szamos, et ensuite le 'æræs, dont ont distingue trais branches sous les noms de Kæræs rapide, de Kærœæs noir et de Kœærœs otanc; il résulte de leur réunion une rivière assez iorte, qui va porter à la Theïiss, vis-à-vis de Czongrad, la plus grande partie des eaux rassemblées sur les pentes occidentales des premières montagnes de Transylvanie. Tout le terrain que traversent les trois Kærœs en Hongrie, est extrêmement marécageux. Le Maros (Mureschul, en valaque), qui est encore une des grandes rivières de Hongrie, prend sa source au fond de la Transylvanie, dans les hautes montagnes du siège de Csik ; elle reçoit l’Aranyos, venant par un circuit des montagnes occiden’'ales de la Transylvanie, ct les deux Æukullo (Kuckel, all.; Tœrnava. en valaque), qui prennent au contraire leurs sources dans les parties orienta= les de la principauté. Le Maros aboutit à la Theiss, vis-à-vis Szegedin. Parmi les rivières que la Theiss reçoit des montagnes du nord de la Hongrie, on distingue le Bodrog, qui lui apporte, au-dessous de Tokay, toutes les eaux des comitats de Zemplin, de Unghvar et de Béregh. Le Hernath, qui, prenant sa source dans le comitat de Zips, reçoit par la Tarczal les eaux du comitat de Saros, et par le Sajo toutes celles des environs de Gœmor et Torna.
C’est ainsi qu’au milieu des plaines de la Hongrie, la Theiss roule une masse d’eau considérable, et la jonction du Maros, près Szegedin, n’a pas moins de 600 pieds de large. Les Hongrois disent qu'il y a dans la Theiss autant de poissons que d’eau. Comme la Theiss, le Maros, le Kœ-
: rs, le Szamos, le Bodrog, sont navigables dans une grande partie de
leurs cours, on devait s’attendre à les voir animés par un commerce actif, mais les rives trop basses, et bordées de marais impraticables, empêchent souvent la communication d’un endroit à l’autre. On ne remonte pas la Theiss au-dessus de Szegedin, quoiqu’elle porte bateau à &igeth, et cette rivière ne sert guère que de communication avec l’intérieur de la Transylvanie, au moyen du Maros, qui est navigable jusqu’à Karlsburg. Une plaine basse, mais solide, sépare la Theiss du Danube, elle est cnupée par le canal François, long de 14 milles allemands, et navigué par #,200 bateaux.
La Save (Szava, en slav.), qui forme en partie la limite méridionale des Etats hongrois, vient des montagnes de la Carniole, à travers la Sty-
rie, et entre dans la Hongrie près de Zagrab ; elle reçoit la Kulpa, l'Un.
na, 10 Yerbus, la Bosna etla Drina; sa pente est peu considér: "à, aussi
débordest-elle fréquemment et cor vre-t-elle 1lors toutes les phaines bas.
ses qui l’avoisinent, où elle laisse souvent des eaux stagnantes pendant
la plus grande partie de l’année. On l’a encaiss“e par des digues dans
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vaux sc: portés par la violence des eaux. Cette rivière, qui est navi. gable daus la plus grande partic de son cours, est la voie ordinaire de
l'exportation des grains et des tabacs dans la Dalmatie et l'Italie. Los bateaux remontent jusqu’à Sziszeck, d’où ils se dirigent par la Kulpa, jusqu’à Carlstadt ; de là, les chargements sont transportés jar terre.
La Drave, qui, sous le nom primitif de Drage, prend sa source dans le Tyrol, se porte directement au sud-est, pour se jeter dans le Danube au-dessous d’Eszeck. Elle forme la limite naturelle entre la Hongrie et les deux provinces de Croatie et d’Esclavonic. La principale rivière qu’elle reçoit est la Mur, venant de la Styrie. À partir de Legrad, le cours de la Drave se ralentit, et, arrivée dans l’Esclavonie, où sa pente est encore moins considérable, cette rivière se répand fréquemment dans les terres, et y laisse beaucoup d’eaux stagnantes, surtout vers son embouchure.
Une seule petite rivière refuse au Danube le tribut de ses eaux; c’est lc Poprad, qui prend sa source au pied méridionei des montagnes de Tatra, dans le comitat de Zips; elle tourne subitement au nord pour se jeter dans la Dunajec, dont les sources se trouvent en Gallicie sur la pente septentrionale du Tatra, et qui va bientôt elle-même grossir la Vistule,
L’Aluta se distingue aussi par un cours singulier ; née dans les montagues orientales de la Transylvanie, elle traverse du nord au sud une vallée alpine, revient sur elle-même au nord, vers les limites du district de Kronstadt, coule ensuite à l’ouest, et enfin, arrivée dans le district d'Hermanstadt, se courbe subitement au sud pour s'échapper au passage de la Tour Rouge, traverser la Valachie, et se Jeter dans le Danube.
Le climat de la Hongrie varie surtout d’après l'élévation du sol. Le Tatra, l’un des principaux groupes des Karpathes, garde seul des nciges
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: ralement de 600 à 900 pieds au-dessus du niveau de la mer Noire; elles
fonnent comme le rivage verdoyant d’un golfe de plaines. Les monta-
| gnes qui séparent la Transylvanie des plaines de la basse Hongrie tempèrent considérablement l’air de toute cette province, dont le mi-
lieu ne produit que des vins aigrelets, quoique le niveau ne soit que de 666 pieds à Mediasch, au-dessus de la mer Noire, et quoique la latitu=
… de soit de 2 degrés plus méridionale que Tokay.
La plaine supérieure, garantie, par la petite chaîne boisée des monts Bakony, contre les chaleurs excessives, jouit d’une température heureuse, et ses coteaux parsemés de vignobles sont un pays de santé comme de plaisir. Cependant les grandes îles du Danube, entre Presbourg et
Ë Komorn, ainsi que le vaste marais de Hansag à l’est du lac Fer‘o, se cou.
». vrent de brouillards nuisibles au blé. La plaine inférieure, ou la Hongrie
| centrale et basse, présente des caractères climatériques tout à fait diffé-
à rents : chaïeur brûlante dans le ‘our, froid humide pendant la nuit,
} ue saurait être niée, ct elle tient à des causes trop puissantes pour être
\ exhalaiscns des terrains nitreux , exhalaisons d’eaux putrides, brouillards comme sur un vaste lac; telles sont les qualités dominantes de ce | climat,
On a beaucoup exagéré l’insalubrité de ces régions basses, mais elle
facilement diminuée. C’est sans doute en partie à l’incurie des habitants qu’il faut attribuer les épizooties et les maladies endémiques si fréquen. tes dans les parties basses de la Hongrie. Des eaux stagnantes y exhalent pendant les fortes chaleurs de l'été les vapeurs les plus méphitiques et les plus nuis bles? Les Hongrois paraissent en souffrir moins que les Allemands etlis Esclavons. D'un autre côté, les eaux salées et nitratécs dans plusieurs vomitats infrtent tellement toutes les sources, qu’onne peut obtenir qu'à force de filtrationus une eau tant soit peu propre aux besoins domestiques. L'usage immodéré des viandes a été considéré par quelques anciens médecins comme la cause de plusieurs maladies fré quentes dans ce pays, particulièrement de celle connue sous le nom de charbon de Hongrie, ainsi que du :corbut; mais les modernes ont prouvé par de nombreuses observations que la classe d’habitants la plus expo. sée à ces maladies est celle des Valaques, qui, conformément aux pré. ceptes de leur religion, passent 238 jours de l’année sans manger de viande ; les femmes surtout, qui vivent d’eau et de légumes, en meurent fréquemment,
Les métaux de toute espèce se trouvent dans les mouts Karpathes; les mines d’or de Schemnitz ct de Kremnitz ont cependant beaucoup perdu de leur ancienne richesse; on n’y trouve aujourd'hui que pu d'or massif, et le quintal de minerai ne centient que deux ou trois dra chmes d’or. Le produit annuel monte de © à 3,000 marcs d'or, et 80à 90,000 marcs d'argent. Les mines de Felsæ et de Nagy-Banya, danse comté de Szathmar, sont assez productives. Mais l’or de Botza , dans le comté de Liptau, qui se trouve mêlé avec l’argent dans du schiste gris, est regardé comme le plus fin de la Hongrie, et en général de toute l’Europe. Toutes les rivières de la Transylvanie charrient de l'or ; mais l’Aranyos est celle qui en porte les plus grandes paillettes. Parmi les 40 mires de ce pays, celle de Nagy-ag offre un minerai singulièrement riche ; il contient depuis 45 jusqu’à 170 onces d'argent au quintal, € 200 à 210 deniers d’or au marc; ainsi, il donne un tiers d’or et deuxtiers d'argent. Malgré cela, ces mines, après avoir commencé par donucr un bénéfice net de 20,000 florins par mois, sont maintenant exploitées à perle. Le lavage d'or dans la Drave, aux confins de la Croatie, deh Hongrie et de la styrie, donne 4,800 marcs par an; dans le comté de Temesch, qui fait partie du Bannat, on retire des rivières 12.000 mars
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