DE TORNA
D'ABAUJVAR: »
DE SAROSCH.
DE ZEMPLIN . .
D'UNGHVAR,. , DE BERFGH, ,
DE MARMAROS
p'Ucorscu . . .
DE SZATNMAR. .
DE SZABOLTSCH, .
DE BIHAR. . ..
DE BEKESOH . . .
DE CSONGRAD, . .
DE CSANAD D'ARAD.
ZavA, 14,000; Vesprim, 9,000 ; Palota, 4,500.
Guns, 5,500 ; Stein-am-Anger et Kormond, 3,000.
KESTHELY, 5,000 ; Szala-Egerszeb, 3,200 ; Csaktrnya, 3,000.
SZIGETHVAR, 3,000 ; Kaposvar, 2,400.
SZEKSZARD, 7,000; Duna-Foldvar, 2,600; Tolna, 2,400.
FUNFKIRCHEN, 9,000 ; Mohacz, 8,000 ; Siclos, 2,000,
Cercle en deçà de la Theise.
ScHMOŒLNITZ, 6,000 ; Leutschau (Ioecse), 5,000 ; Kaesmark, 4,500; Lublau, 2,200 ; Bela, 2,000.
RosENAU, 5,500; Dobschau et Ratko, 4,000 ; Rima- Szeis, 3,500 ; Gomor, 2,000,
ErLaAU, 1,0800 ; Gyongyos, 8,000 ; Hevesch, 2,000.
MiskoLcz, 25,000 ; Saint-Peter, 3,000; Mezo-Kereztos, 9,500 ; Onod, 2,000.
TonNa, 3,000.
KascHAU, 13,000 ; Gonez, 3,000,
EréRiÈs, 8,000 ; Bartfeld et Zeben, 4,000; Nagy-Saros, 2,200.
SAROS-PATAK, 8,000 ; Uj-Hely, 7,000; Tokai, 330004 Zemplin et Tarczal, 2,000
Uncuvar, 5,000,
Munxacz, 6,500 ; Bereghszasz, 4,500.
Cercle au delà de la Thetse.
DE CRASSO. + €
SziceTH, 7,000 ; T'ecso, 2,000.
HuszTx, 4,200 ; Halmi, 1,500.
SZATHMAR, 12,000; Neustadt, 6,000 ; Gross-Szollos, 2,300,
NyiREGHIAZA, 8,000 ; Felso-Banya, 5,000; Nagy-Kallo, 2,000.
DEBRECZIN, 45,000 ; Gross-Wardein, 16,000; Nagir- Bathor, 2,000.
BEkEscH, 12,000; Gyula et Belenyes, 5,000.
SZEGEDIN, 42,000 ; Syarvas, 14,000 ; Csongrad, 1,200,
Maxo, 7,000 ; Vasarhely, 3,000 ; Csanad, 1,500.
ALT-ARAD, 4,000; Boros-Ienu, 3,000.
BuTTviIN ou Boknony, 3,000 ; Oravicza, 2,300; Do gnaczka, 2,000,
EEE
Ds He res Æ s
TEMESVAR, 13,000; Versitz, 6,200; Lippa, 2,600.
GRos:-SAINT-N1KLOS, 3,000 ; Nagy-Bestkerck, 2,000 ; Hatzleld, 2,000.
COMITAT DE TEMESCH.
12,000; Wallaschisch,
— DE TORONTHAL. « © « o
Nous allons commencer notre revue topographique de la Hongrie propre par la partie septentrionale du cercle cis-danubien ; nous passerons ensuite dans le cercle tr'ans-danubien, puis, traversant le fleuve, nous reviendrons dans le premier de ces cercles, pour parcourir sa partie méridionale renfermée entre la Theiss à l'est, et le Danube à l'ouest.
Remarquons d’abord sur les deux rives opposées du Danube les villes de Bude et de Pesth. La première, appelée Ofen par les Allemands, est située sur la rive droite du fleuve. Elle est la capitale du royaume. On y conservait naguère la couronne hongroise qui était regardée par toute lanation comme une espèce de palladinm et qui a disparu pendant la derniere guerre d’insurrection conire l'Autriche. Bude se compose de deux parties; l’une est bâtie sur une colline élevée et entourée de fortifications. C’est dans la ville haute que se trouve le beau palais du palatin ou vice-roi de Hongrie et l’ursenal, les seuls édifices remarquables de Bude. La ville basse s’étend au pied du château et le long du fleuve. Bude a été entre les mains des Turcs depuis 1529 jusqu’en 1686. Les bains chauds construits par ces derniers méritent d'être vus. Bude, malgré le voisinage de Pesth, renferme plusieurs é'ablissements d’instruction publique importants, tels que l’archigymnase, les deux écoles principales et une école de dessin. On ne peut regarder Bude que comme la forteresse de Pesth, avec laquelle elle communique par un pont de bateaux long d’un quart de lieue. Pesth passe pour la plus belle ville du royaume : elle a des rues régulières et larges, bordées de maisons bien bâties et même élégantes. Ses principaux édifices sont la grande caserne, Une gseconde caserne presque aussi magnifique, le nouveau théâtre et le bâtiment de l'université, C’est à Pesth que siégent le tribu nal suprême du royaume et le tribunal d’appel du cercle. Pesih se distingue encore par ses établissements scientifiques et littéraires, par son industrie et par son commerce. Parmi les premiers, nous s1terons les deux gymnases, l’école vétérinaire, celle de chirurgie, la bibliotheque, le musée national, la société des sciences de Hongrie et surtout l’université,
qui est | biblioth primerie
turelle, :
de Bude, Pesth sor marché c tent en c Hongrie, sylvanie, foires, qu de la Hon habitent.
Pesth r ce qui est cité de 8, que la po] à moins d ques lieue pour élire
campait t(
A5 lieu vis l'île fe ville de 1 modèle dé sur la ri ordre ; métropold primat et église méi gieux de semblabl gnésie. C4 grois, Os tenant :
hongrois
Wallaschiech,
tkerck, 2,000 ;
la Hongrie ; Nous [snt le fleuve, parcourir sa e Danube à
1 Danube les Allemands, du royaume.
regardée par aru pendant se compose entourée de au palais du s remarquaetle long du 1squ'en 1680.
re vus. Bude, ements d’inses deux écoles e que comme ir un pont de lus belle ville es de Maisons sont la grande , le nouveau égent le triburele. Pesth se littéraires, par ,Dous va!erons
la bibliothèque,
ut l’université,
EUROPE : HONGRIE, RC qui est l'une des plus richement dotée de l’Europe. Elle possède un bibliothèque de 60,000 volumes, une fonderie de bte une “ primerie, un jardin botanique, des cabinets d'anatomie, d'histoire THE turelle, de physique et un bel observatoire bâti sur Le Bloksberg, pre de Bude, c’est-à-dire sur l’autre rive du Danube. Les ne “ Pesth sont moins importantes que son commerce, car cette vil Mi marché central du royaume, grâce aux nombreuses routes qui la ot: tent en communication non-seulement avec les divers districts do à Hongrie, mais encore avec l'Autriche, la Moravie, la Gallicie, la Trau- Ivan, . Croatie et l'Italie. 11 sy tient chaque année ñ grandes foires, qui présentent la pittoresque réunion de toutes les 0 : . et des pays voisins, ainsi que des différentes races qui les BU RERRrne au moins 70,000 habitants ; mais si l’on considére ce qui est fort naturel, Pesth, Bude qui a 35,000 âmes, et 4lt-Ofen été cité de 8,000 âmes coutiguë à Buile, comme une seule ville, on Es que la population totale e cette capitaie de la Hougrie ne rte pas à moins de 113,000 individus. La fameuse plaine de Aokasch est à dre ques lieues de Pesth. C'était là que la nation hongroise s'assemblait
pour élire ses rois. Quelquefois on y vit 80,000 lentes, sous lesquelles campait toute la noblesse du royaume.
A5 lieues au nord de Pesth, sur la rive gauche du Danube, et visite vis l'île fertile de Saint-André, nous voyons Vacz, en allemand Vaitsen ville de 10,000 âmes, remarquable par sa belle cathédrale, bâlie sur | modèle de celle de Saint-Pierre de Roine, et par son école militaire, Gran sur la rive droite du fleuve, était jadis une place forte de ue ordre; mais son ancien château est en ruines. Elle est encore la métropole ecclésiastique de la Hongrie. Son archevêque à le titre de primat et de chanéelicr du royaume, mais il réside à Preshourg, Son église mérite d'être citée connne un des plus magnifiques éditices relie gieux de tout l'empire d'Autriche. Gran possede des eaux iincious semblables à celles d’Epsom, et on y à établi une manufacture de nn ie Cette ville est riche en noms ; elle s'appelle Æzster om, en hous grois, Osirikom en slavon, et Strigonia en latin officiel. Quoique apparut tenant admiuistrativement au cercle trans-danubien, omorn, un ARE Komarom, doit être menionnée ici, car eile est baie sur la
rive gauche du Danube, au confluent du Vaag et de Ja Neutra avoc fleuve. Elle est surtout importante par ses fortifications, ot déja, en 1279, elle était regardée comme un des boulevards de l'empire, Sa citadelle n’a jamais été prise. Grâce à sa situation, elle est le iigs d’un commerce assez considérable.
Presbourg, en hongrois Posony, est une des plus belles villes del Hongrie, et en & éié ‘a capitale depuis 4536 jusqu'en 4784, Elle e4 située sur la rive gauche du Danube, à 18 licues à l’est de Ta eapitale de V’Autriche. On cite l’église de Saint-Martin, l'hôtel de ville, Ïo palais pri. matial et le théâtre comme ses plus baux édifices, Parmi 804 (fahliuso. ments scientifiques et littéraires, on distingue surtout l'acadénte, aoitn d'université, l'archigymnase, le séminaire luthérien, la bibliothèque publi que, et celle bien plus considérable du comte d’Appony qui est gnle. ment ouverte au public. Le commerce sur le Danube, quelques marie factures et la proximité de Vienne concourent à animer cette ville qui renferme 40,000 habitants. Le château de Presbourg est bâti sur ti col'ine qui domine le fleuve et une plaine immense ; mais il a étébrûlr, et il n’en reste plus que les murailles qui tombent en ruines, La Collins royale mérite d'être remarquée: c’est là que les nouveaux rois, apris leur couronnement, brandissaient l'épée de Saint-Étienne vers les quatre coins du monde, pour indiquer qu'ils défendraient le royaume contre tous ses ennemis.
Au nord-est de Presbourg, nous remarquons Landsitz où Caeklens et Tyrnau, en hongrois Nagy-S:ombath. Le premier est un bourg peu congi. dérable, mais remarquable par le magnifique château appartenant aux comtes Esterhazy. Tyrnau doit sa prospérité à son commerce de vins, Dans les vastes caves de M. de Waltz, on voit un foudre plus considt. rable encore que celui d'Heidelberg. Cette ville renferme un hdtel ds invalides.
Les trois principales villes du district des mines, Schemnitz, Kretnnitz et Neusohl, sont situées dans une contrée montagneuse qui appart tient à la terrasse inférieure des Carpathes. Schemnitz (Selimecz-fhunyu) à dans ses environs les mines d’or et d'argent les plus riches de la Ho grie. La moitié de ses 22.000 habitants est occupée aux travaux des minces, Lu fondation de cette ville remente à l’année 745, La fameuse école des mines qu'y créa Marie-Thérèse paraît, au témoignage de Bone
VA
dant, être
est deux fi d'or et d’a de Neusohl par ses fa grande ma vaux des n rieur de lé pations et nature S01 joyeux, et rence et le comme le s'intéresse leurs serv raines | Dans le distance d d'Étsensta portance ga riine d bus ible. | marquabl la haute :
l'un des p lac, on l'opulent 5,500 àm en hongr lonare fouillant de l'antic Baab, Jonction elle ne l
po-stde
QU'A Avec vo nx, ot déja, de l'empire,
B est le sltga
8 villes déh 4784, Elle cu la capitale de 10 palain pris sos dtnbliesn cadémte, Roi othèque publie qui est dre.
etes matite cette ville qui L bâti sur tite ia étébrile, 168, La Colline UX O8, apros nne vers lex it le royaume
Ju Caeklens et T8 peu Corse partenant aux ierce de vins, plus considé.
un Adtel des
nnitz, Kretnis 86 Qui appart mecz- ane) à +8 de Ja Hot C{ravaux dx . La fameuse uage de Bone
EUROPE : HONGRIE, 15 dant, être bien au-dessous de sa réputation, Kremnitz (Kærmæcz-Banyu) est deux fois moins considérable que Schemnitz. Elle a aussi des mines d'or et d'argent, Elle possède en outre un hôtel des monnaies, Ta ville de Neusohl (Bescztercze-Banya) est importante par ses mines de cuivre et par ses fabriques d'ustensiles. On trouve dans son voisinage une grande manufacture d'armes. Toute la population, qui s’occupe des travaux des mines, quoique laborieuse, sobre et religieuse, présente l’extérieur de la pauvreté et presque de la misère. Le genre de leurs occupations et la rigueur du climat excluent Pélégance des vêtements : la nature sombre et grande qui les environne leur interdit les pensers joyenx, et au milieu de ces trésors qui agitent le monde, leur indifférence et leur frugalité les rendent comme étrangers à la terre. Mais comme leur regard étincelle d'un feu concentré, lorsqu'un voyageur sintéresse à leurs travaux ! comme ils offrent avec enthousiasme leurs services à celui qui veut descendre dans leurs galeries souterraines !
Dans le cercle trans-danubhien, nous remarquons d’abord à peu de distance du bord occidental du lac Neusiedel, les villes d'Œdenbourg et d'Eisenstadt, La première, appelée en hongrois Soprony, doit son importance à ses fabriques, à son commerce en vins et en bestiaux, et à sa riine de houille qui produit annuellement 12,000 tonnes de com=— bus. ible. La seconde, nommée Kis-Martony par les Hongrois, est remarquable par le magnifique château des Esterhazy qui ont établi ici la haute administration de leurs vastes domaines, Au château est joint l'un des plus beaux jardins botaniques de l’Europe. Près de la rive sud du lac, on trouve encore Esterhaz, le Versailies, aujourd’hui délaissé, de l'opulente famille à laquelle i donne son nom. Güns (Koszog), avec 5,500 àmes, est le siége du tribunal d'appel du cercle. Stein-am-Anger, en hongrois Szombathely, a une helle église, an gumnase etun musée où l'on a recueilli les nombreux débris d’antiquités romaines trouvés en fouillant le sol sur lequel elle est bâtie : car elle occupe l'emplacement de l'antique colonie appelée d’abord Saburia, puis Claudia-Augusta,
Raab, en hongrois Gyar, sur la rivière de même nom, près de sa Jonction avec le Danube, était jadis importante par ses fortifications s
elle ne Pest plus aujourd’hui que par ses foires et ses marchés, fille po-stde une académie qui est une espèce de petite université, De ses
456 CHAPITRE VINGTIHÈNE, 16,000 habitants, plus de la moitié occupent les faubourgs de la ville, Dotis (Tata) doit sa prospérité à ses manufactures ct à s°s eaux ther. males qui sont très-fréquentées. Sa population est de 0,096 dines, Celle de Zopa $ éleve à 14,000 : cette dernière ville renferme une belle égls et un beau chéteau apnartenant à la famille Esterhuzy, © y remarque un pymnase catholique et un collége calviniste,
Au centre d’uu district marécegeux,et à environ deux lieues au nor: est du lac Palaton, s'élève Stuhliwerssembourg, en hou;rois Szekes-L'ejervar, et on lalin de chancellerie Alba !yalis, C'est-à-dire Albe Royale, aini
nomiée parce qu'elle à été jadis résidence royale. Pendant Pessac
de cinq siceles, c'est dans cette ville, alors la prenr'ere de la Hongrie, que furent couronués les rois et que furent déposées leurs dépo es mor. telles. Mais depuis le conimencement du dernier siècle, elle a été come plétesenut uôelisée. Plüsieurs anciens édifices, parmi lesquels la cathédrale Lien! le premier rang, attestent son antique splendeur. Sa popue lation est acjourd'hui réduite à 16,000 âmes. Kesthely, sur le bord du ac Balatou, est une petite ville de 5,000 habitants, remarquable par le superbe chdteau du comte Festelilz et pur l'écol» d'agriculture qui y es annexée, Funfkirchen, en hongrois Pecs, est une ville ancienne où l'on voit plusieurs belles églises. Sa cathédrale passe pour la plus ancienne de la Hongrie. Le palais de lévêché renferme une bibliothèque de 20,000 volumes qui est ouverte au publie. Cette ville, qui a 9,000 habitants, est importante par ses marchés de bestiaux etles mines de houille qu'on exploite dans ses environs. Mohacz, sur la rive droite du Danube, a 8,000 âmes, mais ce n’est qu'une réunion de cabanes. Elle est célebre par la grande bataille gagnée par les Turcs en 1526, dans laquelle périrent Louis Il, vingt-huit magnats, cinq cents gentilshommes, sepl évêques et vingt-deux mille soldats.
Il nous faut maintenant franchir le Danube et visiter les villes principales quise trouvent dans la partie méridionale du cercle cis-danubien, c’est-à-dire dans le territoire compris entre la Theiss et le Danube. La première qui se présente à nous est Æeszkemet, dont la population, qu’on j'orte à: 4.000 Âmes, se distingue par son industrie et son activité commerciale, Holeeza, à peu de distance de la rive gauche du Danube, n’est qu'une pelite ville d'euviron 6,000 habitants : mais elle possède une belle sachédrale, un gymnase, un séminaire, un collége de Piaristes et une
D mité du can
* par Neusatz | Danube, et : Sa populatic L d'hui 20.000 » doitce rapid R trenôt centri
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e Royale, aini dant Les cuce Hongrie, que 10. 18$ Mürle a été conne uels la caihéur. Sa popue ur le bord du quable par le ure QUI y esi enne où l'on lus ancienne bliothèque de a 9,000 habies de houille du Danube, le est célèbre lans laquelle ommes, sepl
villes princiis-danubien, Danube. La lation, qu’on ictivité comanube, n’est possede une ristes et une
bibliothèque considérable. Theresienstalt où Theresianopel, appelée par les
À Jlongrois Szabadka, est moins une ville qu’une agglomération de plu- » sieurs villages dont la population réunie approche de 40,000 àmes. Elle : prospère par ses fabriques de draps et de toiles, par ses tannerics, par ses ” manufactures dé savon, ainsi que par ses marchés de bestiaux. Zombor, & avec18,000 âmes, est importante parson commerce que favorise la proxib mité du canal de François, au nord duquel elle est située, Néo-Planta,
om gréco-latin, que les Hongrois rendent par Ui-Videk et les Allemands
: par Neusatz, est celui d’une ville qui est située sur la rive gauche du À Danube, et communique par un pont de bateaux avec Peterwardein. : Sa population, qui n’était, en 1770, que de 4,000 âmes, atteint aujour- & d'hui 20.000 habitants, pour la plupart Serviens et Arméniens. Neusalz L doitce rapide accroissement à son heureuse situation qui en a fait l’en- L tent central du commerce de la Hongrie avec les provinces de la Tur-
quie d'Europe.
Nous allons à cette heure remonter au pied de la chaîne des monts
| Karpathes, et de là nous parcourrons rapidement les pays situés au nord et à l’est de la Theiss, ou les deux cercles connus sous les noins de
cercle Cis-Tibiscain et cercle Trans-Tibiscain. Kæsmart, sur le Poprad, et Leutschau (Læcze), sur YHernath, sont deux
| petites villes de 4,500 âmes environ. La première est importante par ses à fabriques de toiles, et la seconde est fameuse dans la Hongrie par ses
B brasseries d’hydromel. Schmélnits et Rosenau sont un peu plus considé-
ables. On exploite dans leurs environs des mines de cuivre, d'argent, de
D lretc. Bartfeld se recommande par son gymnase et ses eaux minérales
L qui sont tres-fréquentées. Epériès,siége du tribunal d'appel du cercle, est b importante par ses deux gymnases, lun catholique, l’autre lathérien, par L ses fabriques de draps et de toiles, et par la célèbre mine d’opales située à L peu de distance. On loue sa cathédrale et son hôtel de ville. Elle renferme - 8,000 habitants. Unghvar, avec un château fortifié, est l’un des premiers : ctablissements des Hongrois. Munkacz, citadelle plus forte, occupe un
grand rocher porphyrique isolé et presque inaccessible, Elle sert de
prison d’État. La digue épouse du patriote Tékéli défendit cetie citadelte E peudant trois ans contre les Autrichiens, aschau, en hongrois #'assa, à sur la rive droite du Hernath, est florissante par son industrie et son
commerce. Sa belle cathédrale gothique, son joli théâtre, son arsenal, et
158 CHAPITRE VINGTIENE,
son gymnase mérilent d'être mentionnés. Su pojultion scicv: à
15,000 âmes.
Dans le comitat de Torna, le plus petit de la Hongrie, la curiosité vil, gaire admire outre mesure deux cavernes : l'une celle d’Agtelek, à cite de son immeusa éten:lue, de ses nombreux labyrinthes, et de la grande quantité de stalactites qu’elle renferme; l'autre, celle de Szilitze, à can: de l'opposition de sa température avec la température ambiante. En cl, dans la canicule, elle est remplie de glaces, taudis que, pendant l'hiver, les lièvres, les renards et d’autres animaux s’y réfugient à cause deh douceur de satumpérature.Le phénomème se réduit à ceci: la caverne passe que très-lentement d'une température à l’autre, et ne se ressent que très-tard de l'influence des différentes saisons. L'eau qui, pendant l'été, filtre à travers le toit de la caverne y rencontre une température plus froide; elle s’y congèle et y entretient une température fort hasse, Ver l'hiver, la caverne reçoit le vent du sud qui domine alors et qui y intry duit peu à peu un air plus chaud. Alors les glaces fondent et ne se rene placent qu’au comtiencement de l'été, après que les terres gelées à l'en tour pendant le mois de février, ont refroidi l'air intérieur.
Sur les bords du Bodrog, affluent de la Theiss, nous citerons Uj-Heh, avec 7,000 habitants; petite ville curicuse par ses nombreuses collins taillées dans le rocher; Suros-Patak, importante par sa population te 8,000 âmes, par ses fabriques, par sa bibliothèque et surtout par son ce lége calviniste que l’on peut considérer comme une espèce d'université ct que fréquentent pius d’un millier d'étudiants ; et enfin Tokay, au coufluent du Bodrog et de la Theiss, bourg de 3,000 habitants, auquel ses vins ont acquis une célébrité européenne.
Miskolez, sur le Sajo, est la ville la plus peuplée du cercle en deçà de la Theiss, car sa population dépasse 25,000 mes, Elle a deux gymnase, jun pour les catholiques, l'autre pour les réformés, et fait un commerce considérable en blé, vins eteuirs. Parmi ses habitants on comple un eur tain nombre d'Osmanlis. £rlau, en hongrois Eger, sur la riviere de même nom, est une assez jolie ville de 18,000 habitauts, qui renternie plusieurs beaux édilices, tels que la cathédrale, le palais archiépiscopal tt surtout le magnifique batiment de l’université. Elle posséde an lycée avt uue belle biblivthèque et un observatoire. Le voyageur anglais Town:ot, dépité de n’avoir pu goûter, dans son auberge, le fameux vin d'Erlar,
potable, ni b “de laine, en
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EUROPE : HONGRIE, 159 a cru devoir dire beaucoup de mal des habitants : il eût été de meilleure humeur s'il avait diné à Fuorcontrasti, superbe château de l’archevèque d'Erlau, à une lieue de cette ville,
Li Luparcouraut, dans ladirection du nord au sud, le cercle au delà de la
tTheiss, on distingue d’abord Szigeth, ville de 7,000 âmes, qui estl’entrepôt
dosimmenses quantités de sel qu’on extrait des mines de Rhonaszek; à Nayy-Karoly, avec 6,000 habitants et les beaux jardins du comte Karoly;
Nayy-Banya, c’est-à-dire grande mine, appelée par les Allemands Neustadt, importante par ses mines d’or, d'argent, de plomb, par son hôtel des monnaies et par ses eaux minérales ; et Szathmar, ville entoure en partie de murs, qui renferme environ 12,000 habitants.
Dans la contrée fertile, quoiqu'en partie marécageuse, qui s’éteud au nord du Maros, se trouve Debreczin, la ville la plus peuplée après Pesth, et hi plus industrieuse de la Hongrie, quoiqu’elle n'ait ni sources d’eau
potable, ni bois de chauffage, ni matériaux de construction : c’est à ses "manufactures et à son comnüerce qu’elle doit son importance. Des ctoffes
de laine, entre autres des goubas, imitant une peau de mouton ; des zischmes ou bottes à la Hongroise, des tanneries, des têtes de pipe, des savons fort estimés même à Vieune, des poteries; Voilà quelques-uns des produits deson industrie. Is"y tient en outre, tous les trois mois, une Huire considérable. Mais Debreczin mérite plutôt le nom d’un village immense que celui d’une vilie; les maisons, à peu d'exception près, ne Lo. ' que des cabanes n'ayant qu'un seul étage et couvertes de chaumes M n'y a point de pavé;les habitants, quoique riches, n'aiment ni les plaifs ni l’elégance. Cela tient et au rigorisme calviniste et au grand nome dre de manufaclures sédentaires. IL y a ici un collége où une espèce M'université calviniste avec une bibliotheque de 20,000 volumes. La opulation de Debreczin n’est pas inférieure à 45,000 âmes. \ Sur la rive gauche du Koros, on remarque Nagy-Varad, appelée par les Allemands Gross-Wardein, ville de 16,000 àmes, qui est larésidence d’un évèque catholique et d’un évèque grec uni. Sa vieille cathédrale est son plus bel édifice. Elle posséde une académie , qui est une sorte d’univer-
RER ee eu
paie st
ité, et un archigymnase. Elle est en outre importante par ses fortificaions. Les habitants, parmi lesquels on compte beaucoup de Valaques, Millerent complétement de ceux de Debreczin. Ils sont remarquables par Meur gaité et par leur amour pour la musique, la danse et les plaisirs. La
CHAPITRE VINGTIÈME, ville roufrme des eaux thermales trés-fréquentées par les habitants, Szarvas, épalernent sur le Koros, a plus de 44,000 âmes : son école d'in, dustrie pratique mérite d’être mentionnée, Szegedin, au confluent del Theiss et du Maros, est une ville considérable de plus de 30,000 âme, Elle ost importante par ses fortifications ainsi que par son commerce, qui consiste surtout en laine et en tabac, en sel de la Transylvanie etn coton de la Macédoine. Szegedin est la résidence d’un protopapa grec; on y remarque plusieurs séminaires et couvents. Vasarhely est un gris bourg que nous devons citer uniquement à cause de l'importance de a population, qu’on évalue à plus de 25,000 âmes. Alt-Arad, sur la rive droite du Maros, et Neu-Arad, sur la rive opposée, sont importantes, la premiere par ses grands warchés de bestiaux, la seconde par ses fortifications. Temeswar, sur les bords du canal de Béga, est une des plus fortes ete
même tempsuue des plus belles villes du royaume, avec des rues larg et droites, ctdes maisons bâties à Pitalienne, Elle renferme plusieurs éd fices publics remarquables; nous citerons entre autres la cathédrale gotix que, l’éylise grecque, la synagogue, l'hôpital civil et l’hépital militaire, Elk possède un gymnase et une école normale, Enfin elle a quelques manufa. tures et est le siége d’un commerce fort actif, Mais les marais qui l'ex tourent sont plusavantageux à sa défense qu’à la santé de ses habitant, Le chiffre de ces derniers dépasse 143,000. Plus au sud, nous nommeron encore Versitz, ville de 14,000 âmes, importante par ses vins et son come merce.
Avant de quitter la Hongrie proprement dite, nous devons fair remarquer plusieurs districts particuliers situés dans celte région,
Le district militaire des Tchaïkistes est situé entre le Danube, la bas& Theiss et Neusatz. On donne le nom de Tchaïkistes aux Hlyriens destiné à monter la flotte danubienne, laquelle consiste en galères, appelée tchaïkes, et portant de 4 à 12 canons, Ce corps est composé de 41 à 4,200 hommes : leur chef est toujours Illyrien de nation. Le bourg dé Titul renferme les chantiers, l'arsenal, et les maisons pour l'état-major. On y admire les restes d’un retranchement romain, qui s’étendait dé bords du Danube à ceux de la Theiss, et qui probablement servit à cour vrir un établissement semblable à celui des Tchaïkistes. On y a trouvé des proues de vaisseaux, des ancres, des outils de construction, dé monnaies romaines et autres antiquités,
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La Grande Cumanie, en Lougrois Nagy-Kunsag, est située entre Pesth et Debreczin, sur la rivicre Lerettyo; c'est une plaine parfaite, où aboudent le froment, le vin, les melons, les abeilles et les tortues Sur 20 milles carrés, elle nourrit 32 à 33,000 Cumans, la plupart de la religion rélormée. Kardzag, grand bourg de 8,400 habitants, est leur chef-lieu, La Petite Cumanie, où Kis-Kunsag, Située en deux morceaux entre Pesth
et Thérésienstadt, entre le Danube et la Theiss, a deux fois plus d'éten-
duc : sur 47 milles carrés, elle renferme 42,000 habitants, catholiques etréformés, avec Felegy-Haza, bourg de 9,500 habitants. C’est encore une plaine, mais d’une fertilité moyenne; les champs de blé, les vergers, les vignobles, sont cluir-semés parmi d’immeuses pâturages, où l'on reucontre beaucoup de lacs de natron, ou soda, point d’arbres, à peine des broussailles. Les ardeurs de l'été multiplient ici le phénomène du mirage. Les Cumans, tribu tartare, ont joué un grand rôle dans les ue et xui° siècles : originaires peut-être des bords du fleuve Kuma, ils parcouraient, dévastaient ou dominaient les pays entre le Wolga et le
> Danube. Subjuguées en 1237 par les Mongols, leurs nombreuses tribus
| frapperent encore dix et vingt ans plus tard les regards observateurs de
\nités : placées sous l'autorité directe du palatir du royaume, elles ont
Carpiu et de Riibruquis. Réfugiés en Hongrie dès l’an 1086, mais enco= re en plus grand nombre du temps de Gengiskan, ils se mêlèrent dans
1 toutes les dissensions civiles; mais, après avoir adopté les mœurs et la È langue des Hongrois, ils reçurent le baptême en 1410. Ils ont perdu » Lout souvenir même de leur idiome, et le dernier individu qui s’en rapà pelait quelques mois était un bourgcois de Kardzag, mort en 1770. Ceh pendant, des oraisons dominicales conservées en cumanu prouvent que À le tartare ou turc Y dominait.
La lazygie, Où pays des Jasz (en hongrois Jasz-Orszay), se trouve au
à nord-ouest de la Grande Cumanie, et au nord de la Petite; c'est une » plaine fertile en blé, en vin, en pâturages, mais dénuce de bois. lusz-Beà reny, avec 12,000 habitants, mais sans industrie, sans arts et méticrs,
v'est qu’un immense village. Les Jasz sont au nombre de 42,000, sur un territoire de 18 milles carrés, c’est une tribu des Cumans qui servaient
: dans l’avant-garde comme archers, ce qu’exprime leur nom hon-
gr'OÏs.
Les trois wibus cumaniennes jouissent d'un grand nombre d’immu-
Le zi
FIRE PTE leurs tribunaux, leur système d'impôts, et même, à la diète, leur députv] TS tation spéciule.
tésa he mœurs ul] plus sailli
\ où 2 Les Haideuques, qui possèdent aussi quelques priviléges, ne sont qu’un
L ‘ LU DE * * n A L s \ÿ et { 4 corps militaire à part; leurs villages sont situés au nord-est de la Gran. : ; 4 de SUR 07 €. : | on Mer, ds de Cumanie, entre Debreczin et Tokay. allemands
elle dérou opposition n'ayant au mile de pl licienne. L
SECT, 3°, = Tableau physique et moral des Hongrois et des diverses races 7 qui habitent la Hongrie proprement dite.
Vire Les Hongrois, entrés dans le bassin de la Theiss et du Danube par li An à # | plaine où s’élancent les châteaux d’Unghvar et de Munkacz, ont envahi so hi | tout le pays plat, en laissant les contrées montagneuses du nord-ouest camp a RES FTP et du nord aux Slovaques, reste de l’empire de Moravie, et en s’arrêtant, no LE AGE 2 au sud-ouest, au pied des montagnes de la Styric et de la Croatie, oùils BR re Le UE. rencontraient également des tribus slaves, les Wendes et les Croates. —. Le | #: où | C'était leur vie pastorale, et surtout leurs nombreux troupeaux qui les née nur d.. fixaient dans ces grandes plaines ; c'était aussi ce pays ouvert que le: BB véto “\4 de | 1 Pannoniens, les Sarmates, les Huns et les Awares, s'étaient successive. ben Hÿ LE fa ment arraché. La totalité de la nation hongroise, en y comprenant les | Ra "A He à PAR Cumaniens et les Iasz, s'élève aujourd’hui à plus de 4 millions, dont un Fa NEA ' | demi-million en Transylvanie. Elle est toujours inférieure en nombre presque pa Po per. de aux nations slaves réunies, mais supérieure à toute autre race. Ldute qu'il JE APE d.: Les Hongrois sont en général d’une taille moyenne, mais d’une cons nl titution vigoureuse. Les membres très-musculeux, les épaules larges, : | dé la figure carrée, les traits prononcés, sont les signes qui frappent immé us fr diatement l'observateur; bientôt cependant il distingue dans la no-lB Pare NE È à blesse quelques races d’une taille plus svelte et quelquefois plus élan- ee de ee RE , Cée; mais peuple et noblesse, tout Magyar a reçu en partage cet ai pays di ile ie &. ', ‘de fierté qui annonce le sentiment de la force, cette valeur martiale qu Lou semi-al 1 é 27 5 à se plaît aux fatigues de la guerre, cette vivacité un peu rude qui tient Le paye ) fi. VOS des mœurs militaires, et cet enjoment qui caractérise les enfants del sites 1 ‘4 We j nature. Les cheveux brun-clair paraissent communs, mais, selon que Loan de \. “a ques rapports, les cheveux noirs seraient prédominants. Le tempéri- l tation Ha Dre ment sanguin et le tempérament bilieux se partagent la nation. dosdes L'UNION Élcvée dans le système général de la civilisation européenne, mail l
Res. à Sen | pe NT si ae + de tresse d’immenses revenus, attachée par des mariages et par des dis:
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tés à la cour de Vienne, la haute noblesse de Hongrie a pris dans les mœurs allemandes, anglaises et même françaises, ce qu’elles ottrent de plus saillant; elle cherche à briller tour à tour par des fêtes magnifiques et par des établissements patriotiques; elle éclipse les courtisans allemands par sa tournure élégante, par ses folles dépenses, comme elle déroute, ou cherche à dérouter les ministres allemands par son opposition énergique ou du moins bruyante dans les didtes; mais, n'ayant au fond rien à gagner à des changements politiques, elle s’assi mile de plus en plus à l'aristocratie autrichienne et à l’aristocratie gallicienne. La noblesse peu fortunée forme une classe très-diflérente par ses intérêts, ses sentiments et sa manière de vivre; elle aime la vie des champs, autant par nécessité que par goût; elle montre une grande
L ardeur pour sa langue nationale; elle voudrait étendre ct fortifier seg priviléges; le luthéranisme et le calvinisme sont très-répandus dans | cette classe.
Tous les nobles hongrois, riches ou pauvres, se distinguent par des manières franches et hospitalières, par une affabilité cordiale, par une
| conversation aimable ct eujouée. Le grand seigneur, maître d'un revenu de plusieurs millions, et le gentilhomme cultivateur, sous son toit de } chaume, accueillent avec la même bonté l'étranger qui se présente sous : des dehors honnêtes; un voyageur qui saurait parler hongrois pourrait » presque parcourir le pays sans avoir besoin d’auberges. Il faudrait sans doute qu’il n’affectât ni la gravité magistrale des Allemands, ni la hauà teur britannique; qu’il ne s’offensàt pas de la coutume de boire des li- ! queurs dans le même verre, de fumer après table ; qu’il ne sc moquût pas | de quelques bizarreries de la cuisine nationale. Les Autrichiens, pleins | d'antipathie pour les Hongrois, ne connaissent ce peuple que par les au- D berges, qui sont souvent mal fournies, inconvénient naturel dans un à pays où il circule peu de voyageurs aisés. Quelques villes allemandes, jou semi-allemandes, présentent seules des exceptions sous ce rapport.
Le paysan forme la masse du peuple hongrois, etilest loin d’éprouver
\les malbeurs d’une servitude rigoureuse. C’est dans cette race robuste Kqu'un observateur pourrait étudier à fond les traits caractéristiques de Bla nation magyare. Ce qu’on en sait ne touche qu'aux surfaces. Le cos:
ltume du paysan hongrois est celui d’un climat froid et d'une vie de pas-
Ateurs. Un large pautalon couvre le bus du corps, tandis que le haut est
défendu, outre la veste, par une gouba, ou Uissu imilant parfaitement une peau de mouton. Le bonnet de feutre, ou le Kalpak, devenu une partie élégante du costume des cavaliers et même des rois, conserve chez le paysan sa forme tartare ou finnoise. Les bergers du comitat de Schümegh, ou Shümegh, paraissent avoir conservé le type le plus rustique de l'habillement national. Une chemise et des pantalons de toile, bien enduits de graisse, afin d'en prolonger la durée et d’éloigner la ver mine, pendent sur le corps de ces demi-sauvages jusqu’à ce qu’ils en tombent par lambeaux; les pieds sont enveloppés dans des chiffons di toile ; ct un morceau de cuir, assujetti avec des courroies, tient lieu de semelles. Quelques-uns portent le gouba, ou le manteau de laine, d’autres une simple peau de mouton; tous ornent de rubans leur grossier chapeau, tandis que les cheveux, graissés de lard, sont attachés derrière les oreilles avec des nœuds. Une besace est suspendue sur l'épaule par une courroie ornée de boutons de métal ; mais ce qui complete le costume de ces sauvages, c’est la valaska ou la petite hache fixée à un long manche, arme qu’ils savent manier avec une grande adresse, et qui sert quel. quefois à commettre des meurtres. Tels sont encore les Jouhasz, et teis ils figuraient peut-être dans les armées d’Attila.
Les paysans hongrois, fidèles à leurs coutumes de Tartarie, n’entrent presque jamais dans les auberges ; ils passent les nuits au milieu de leurs troupeaux ou dans leurs charrettes, exposés aux injures de Pair; mênt lorsqu'ils sont chez eux, on les voit souvent coucher dans un tas de foin où sur un banc, couverts de quelques peaux ; les pores, qui leur fournissent leur nourriture ordinaire, habitent sous le mêine toit qu'eux, et en sont tout au plus séparés par un grillage. La goutte et la fievre, maladies épidémiques, surlout dans la basse Hongrie, proviennent sax doute autant de la maniere de vivre du peuple que de l’insalubrité de Pair, mais en général le paysan hongrois résiste aux maladies qui enlevent les étrangers.
Le caractère enjoué de la nation se manifeste dans des réunions frè quentes el bruyantes. Les danses du peuple sont de plusieurs sortes; quelques-unes très-fatigantes, d’autres mêlées d’une espèce d'action dramatique ; ces dernières méritent surtout notre attention : 30 on # jeuues filles sont rangées sur deux lignes et se font face à la distance de 42 à .5 toises; les filles de chaque ligne se tiennent toutes par la mail
D dans le Nord
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et agitent changent € les bras de tape sur le L “recs appe analogues :
| ple, deman | amies, que | « Un beau | de bétail ; L Lalangue } goule, tché à général de f
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Hongrois, G |cis, La resse | manifeste e 1 l'usage de m !sif, les copu ajoutées à 1:
[verbe deveni montrée par Ides Ostiaks d Ourals et le conservé bea Hribus finnois
arfaitement devenu une is, conserve \ comitat de le plus rusons de toile, igner la ver-
s chiffons & tient lieu de aine, d’autres grossier cha- :s derrière les aule par une te le costume un long manqui sert quel Jouhasz, et teis
arie, w’entrei milieu de leur e l'air; mênt | 5 un tas de foin qui leur fourhe toit qu'eux, te et la ficvre, rovienuent Sans l'insalubrité de iladies qui enle
s réunions fé usieurs sortes; spèce d'action ation : 30 on Al à la distance dt tes par La mail
EUROPE : HONGRIE. 165 etagitent leurs bras d’après la cadence très-lente d’une chanson. Elles changent de temps en temps de place, les filles d'une ligne passent sous les bras de celles de l'autre, celles-ci leur donnent au passage une bonne tape sur le dos. Les chansons sont à peu près du genre de celles que les Grecs appelaient amoibæa ; elles consistent en des demandes ct réponses analogues à l'état des personnes qui les chantent. Une ligne, par exem-
| E ple, demande à l’autre : «Quel est l’objet de vos soupirs secrets? Mes ce qu'ilsen @
amies, que vous faudrait-il pour être heureuses? » l’autre ligne répond : « Un beau jardin bien garni de fruits; une bonne ferme bien pourvue
À de bétail; un mari jeune et fidèle. »
La langue hongroise est alliée à l’idiome lapon. finnois, permiak, wo-
| goule, tehérémisse, tchouvache et autres, qu’on désigne sous le nom général de famille tchoude, ou finnoise, où ouralienne, dénominations peu D commodes et peu précises, mais qu’on ne peut pas encore remplacer } par une meilleure. Ce fait, déjà deviné par Comenins, Stralenberg et à Fischer, a été mis dans un grand jour par Sainovicz, compagnon de voyage du jésuite Hell, dans son expédition astronomique au cap Nord, b en 1769. Le voyageur hongrois, étonné de comprendre quelques phrases E de l'idiome lapon, étonné de pouvoir se fairecomprendre par eux, étudia | la grammaire lapone du danois Leem, et quelques autres écrits publiés
: dans le Nord : ayant établi avec succès beaucoup de points de compa-
L raison évidents, mais isolés, il proclama « que l’idiome des Hongrois et
» celui des Lapons est le méme, » assertion exagérée, mais qu’un autre Hongrois, Gyarmathy, a réduite à des termes plus modérés et plus pré-
b cis. La ressemblance ne se horne pas senlement aux mots, mais elle se
| manifeste encore dans les formes grammaticales, principalement dans | l'usage de marquer les cas du substantif, les relations du pronom passes- L«if, les copulations et les interrogations par des sufices, ou syllabes bajoutées à la fin. Le verbe étre en lapon est presque identique avec le [verbe devenir en hougrois. La ressemblance des mots a surtout été déimontrée par le rapprochement qu’en a fait Klaproth, avec les dialectes bdes Ostiaks de Beresov, et d’autres peuplades situées enrte les monts Ourals et le fleuve Obi. Ces tribus, qui formaient l’ancienne Jougorie, ont lconservé beaucoup de mots hongrois, qui ne paraissent pas connus aux } ribus finnoises plus civilisées. Les rapports du hongroisavec le ture, con- Asitant dans quelques mots empruntés, nous paraissent infiniment moins
remarquables que les ressemblances grammaticales avec l’arménien, Comment deux langues très-différentes par leurs mots ont-elles ado; té les mêmes formes, surtout ces formes dures ne convenant nullement à la douceur mélodieuse du hongrois? L'ouvrage de Scbleiche sur les langues le l’Europe moderne renferme des détails précieux et d'excel. lentes observations sur la langue magyare. Hermann Ewerbeck, en le traduisant en français, a rendu un véritable service aux amis de la phi. lologie comparée. La langue hongroise mérite encore notre attention sous d’autres points de vue. Harmonieuse, riche, flexible, elle se prête à l'éloquence naturelle de Ia nation qui est fière de la parler; elle posséde aujourd’hui des historiens, des poëtes, des journaux littéraires et savants; c'est le langage usuel de la diète, quoique la politique autrichienne cherche à y maintenir l'empire de la langue latine, qu'une sorte d’équité envers les habitants slavons et allemands avait fait adopter, Les Hongrois nobles, divisés en magnats ou grands dignitaires, en nobles possessionnés, et en armalistes ou gentilshommes sans biens, le clergé dans lequel sont compris les archevêques, évèques, quelques abbés com. À mendataires, et quelques dovens de chapitre, les villes libres royales, les bourgs privilégiés, les tribus des Cumans et des Jazyges, avec quelques autres pet les corporations, voilà ce qui forme constitutionnelle ment la nation hongroise, populus hungaricus, dns le style officiel de h diète. A la nation appartient le droit d’élire un roi en cas d’extinction de la dynastie régnante, le droit de faire des lois d'accord avec le monarque, et celui de s'imposer elle-même dans des diètes qui doivent légalement être réunies tous les trois ans. Le reste des habitants est appelé le peuple des contribuables, « misera contribuens plebs, » et ne
participe à aucun droit politique. Le roi exerce le droit de fuire la p
et la guerre, quoique sous la condition d’enteudre le vœu de la malin; il peut ordonner la levée en masse de la noblesse (insurrectio) ; mais toutes les contributions extraordinaires doivent être légalisées par la diete Le roi fait serment à la constitution et signe le diplôme du roi André, ol protestant toutefois contre l’article qui «autorise les Hongrois à prend
» les armes contre lui dans le cas où il violerait lenvs priviléges. » LAW
rois sont obligés de faire exécuter les décisions des cours judiciaires, dl ne destituer personne sans jugement, de maintenir les limites di
royaume, et de lui faire restituer celles de ses anciennes provinces qui
le sort « royaum aristocr Les di chacune l'une, et par la n les magn députés « quatre or députés s Les div
le noble, l'étendue ne peut a lanobless Tant que cicrs en N en rermbo présente les progrè le privilég de ne payd les places.
L'admi couronne :
héréditaire
ou assemb les ont égal leur: prop remplir u étrangers,
Les pays d’abord êt personne ; etles d’u
l'arménieu, elles ado: té nulement à “he sur ls
x er d'excelrheck, en le is de la phitre attention elle se prêt
: elle possède ‘raires et Salitique autri-
, qu'une sorte , fait adopter.
itaires , En n0iens, le elergi es ahbés com.
libres royales, es, ayec quelstitutionnelle le officiel de h as d’extinction d avec le moqui doivent léhbitants est ap
plebs, » et ne de fuire la pi u de la Bali; ctio); mais tou ces par la diète Lu roi Andre, ti agrois à pren
priviléges. » LAS
s judiciaires, 0 les limites dl
es provinces qui
EUROPE : HONGRIE. 107 le sort des armes leur aurait fait recouvrer. Enfin, la Hongrie est un royaume indépendant et une monarchie tempérée par une ahiéé aristocratique.
Les diètes se composent de deux chambres ou, comme on dit, tables chacune subdivisée en deux ordres; le clergé et les magnats oi ne l'une, et l’autre est réservée aux députés ou nonces des comitats ue par la noblesse, et aux députés des villes libres. Par un ancien abus les magnats absents envoient des députés qui prennent place parmi ii députés des comitats. Les décisions de la diète se prennent en votant par quatre ordres ; mais dans chaque ordre, c'estla majorité qui déslde es députés sont liés par les instructions de ieurs commettants. oi
Les diverses classes de la nation jouissent de divers priviléges ; ainsi PnQRE, comme citoyen de l’État, peut posséder des terres dans tot l'étendue du royaume; le bourgeois, comme citoyen de . sl e ne peut acquérir des biens fonds que dans sa banlieue, Mais les biens É la noblesse retournent à l'État lors de l'extinction de la ligne Rae | Tant que celle-ci existe, elle peut exercer, comme les er Le ciers en Norwége, le droit de revendiquer les biens de famille en “a ex remhoursapt le prix de la vente : institution des peuples du Nonl présente un côté intéressant, mais qui, jointe à d'autres priviléges de les progrès de l’agriculture et la circulation des capitaux. Les nie k le privilége de ne pouvoir étrearrêtés qu’en vertu d’une ne de ne payer aucune contribution ordinaire, et d’être seuls ateG at les places. die
L'administration des comtés est en grande partie indépendante de 1 VRAIS; treize palatins , ou #spans, possèdent leurs dignités n ï dr x héréditaire, et les autres officiers du comté sont {15 par la on : ou assemblée de la province, quiles s&larie de sa propre de ee les ont également leurs administrations municipales, et Farine r leurs propres tribumaux suprêmes. L'indigénat hongrois est UE pe remplir une place quelconque, et c’est la diète qui seule ar les etrangers. ’ js
1 paysans hongrois, descendants des pasteurs nomades, parais ont d'abord être devenus des cultivateurs mercenaires, mais libres FA ne personne ; ils pouvaient quitter les terres d’un seigneur pour ss di F | Ù elles d’un autre ; ce droit ler avait été confirmé par head d | ;
donmances, Mais la servitude personnelle et perpétuelle était connue des Hongrois comme punition infligée aux paysans révoltés, et depuia los grandes rébellions, sous Vladislas, les occasions ne manquérent pas d'. tendre l'application de cette peine et de multiplier le nombre des Koyfs attachés à la gebe, La majeure partie du peuple des campagnes restait pourtant dans l’état de métayers temporaires engagés par éontrat à cul. iiver les terres d'un seigneur, les unes pour son profit immédiat, lea at tres pour leur propre entretien, ne pouvant les quitter qu'en remboure sant les avances faites par le seigneur, ni en être expulsés sans dre eux-mêmes dédommages de leurs dépenses. Mais cette dépendanee qui etait réciproque, et qui, sous un seigneur équitable, assure un bonlieur supérieur à celui des petits cultivateurs de bien d’autres pays, se «ln naturait par les abus résultant des termes vagues dans lesquels lex devoirs mutuels étaient spécifiés, Le travail, qui dans ce systeme rem place le loyer des terres, a été déterminé par un code rural publié par Marie-Thérèse en 4764. La servitude personnelle fut abolie en 4795, dans les endroits où elle existait, par un décret de Joseph If, La divte a généreusement confirmé les mesures qui prot: Sent le paysan dans «a personne et ses jouissances; mais elle n'a pas sanctionné la faculté accordée par Joseph IF à presque tout le monde d'acquérir des terres, encore moins les essais de soumettre toutes les terres à un impôt égal, « Ce sont, dit la noblesse, nos privilèges qui établissent ces différences ; la loi en prive ceux d’entre nons qui sont convafmems de quelque grand crime; quel est done le crime de toute la noblesse # De plis, In Hons grie est un royaume aussi indépendant de l'Autriche, que l'Angleterre l'est du Hanovre; l'empereur n'est rien pour nous, nous ne reconnaiaeotis que notre roi. Joseph IT l'est-11? Il n'a pas été couronné; il n'a pas fait de serment; il est usurpatour. » Tels étaient les murmures que le philosophe-despote entendit retentir autour de son lit de mort, il révoqua ses ordonnances, abolit ses réformes, brisa son édifice, et son ‘dernier soupir fut celui du désespoir. Gependant de profondes réformes sont aujourd’hui indispensables. Le cultivateur pourrait obtenir les droits civils, et être admis à participer à cet intérêt de propriété qui, chez les peuples éclairés, contribue si efficacement à élever la valeur des terres et de leurs produits. La noblesse hongroise ne doit pas ignos rer les abus que ses intendants se permettent envers les paysans, ni les
riLueUrS ( exactions métayers :
Jévation ot ples voisin La liber!
gion catho priviléges :
mioces, et possèdent 7 à 800,00 nuel de 4 à et l'ordina briguent-e!
nés des cor le vin et st que ne voic est très-rép ché partou triste culte parmi les toute Ja rig
des préven que profit Fans cosce, schismatiq grie, a con le ses me ‘6 adopté
près d’eux
Los instif \ge, mais 4 sités, les d SICUSCE, CO tholiques, jusqu'à fai Ve
Leonnue deg & depuia los rent pas d'i hre des sorts 1gnes rôatait ontrat à cul ‘dat, lou aie in rembhoute és sans Ôlre éndance qui un bonlieur pays, #0 (lis lesquels lex vateme rem al publié par olie en 4705, h HE, La divte ysan dans sa né Ja faculté ir dos terres, à impôt égnl, différences ; uelque gratid pla, ln Hone à l'Angleterre "ÉCONDAISRNNS n'a pas fait aures que le “mort, il rés idifiee, et 8on des réformes it obtenir les
propriété qui, ver la valeur doit pas igno= aysans, ni les
rigueurs exercées par les petits officiers de justice villageoise, ni les eçactions arbitraires des employés du gouvernement. En élevant ses métayers à un rang inférieur de sujets libres, elle garantira mieux l’éjévation où ses hibertés la placent elle-même au-dessus de to'is les peus ples voisins.
La liberté des cultes est admise chez cette généreuse nation. La religion catholique est celle de la moitié des habitants; elle jouit de zrands piviléges politiques ; son clergé accupe dans la diète des places déterminces, et s’y est constamment montré attaché à la cour. Les prélats possèdent des revenus considérables. L'archevêché de Gran rapporte 7 à 800,000 francs; parmi les évèques, celui d'Erlau a un revenu anauel de 4 à 500,000 francs; celui de Gross-Wardein tire 200,000 francs, et l'ordinaire est de 60 à 100,000 francs. Aussi les premières familles briguent-elles ces siéges. Un grand nombre d’évêques sont gouverneurs. nés des comtés où ils résident ; d’autres possèdent des monopoles sur le vin et sur le sol, Mais tout cela n’empèche pas que le clergé catholique ne voie avec regret la liberté légale des autres eultes. Le calvinisme est très-répandu parmi la noblesse hongroise ; il est publiquement prêché partout où un nombre suffisant de paroissiens veut entretenir ce triste culte. La croyance luthérienne ne s’est gnère répandue que parmi les mineurs et les artisans allemands ; elle s’est maintenue dans toute la rigueur des idées du xvr° siècle, et son clergé a longtemps gardé des préventions contre ceux qu’il appelle calvinistes. Le clergé catholi-
L que profite de ces divisions, et les plaintes des protestants retentissent
sans eosce, mais sans effet, auprès du gouvernement. L'Église grecque «rhismatique qui avait autrefois beaucoup de sectateurs dans la Honcrie, a constamment perdu du terrain, et a même vu plus d’un tiers le ses membres s’unir à l'Église catholique. Le rit grec-uni a surtout été adopté parmi les Rousniaques et ceux des Valaques qui habitent près d'eux.
Les institutions de la Hongrie ont conservé toute la vigueur du moyen \ge, mais elles en conservent aussi la gênante immobilité. Les universités, les gymmases, les collèges, dans toutes les communions religieuses, conservent les formes et les méthodes surannées, Chez les catholiques, c'est influence d’un clergé trop peu instruit qui va, dit-on,
jusqu'à faire demander au pape, «s'il est permis de se servir d'instru- Ve 92
ments astronomiques, fabriqués en pays hérétique, » Chez les protes tants, c’est la crainte de se voir accusés d'innovations, qui entretient des idées «' consacre des usages condamnés par l'expérience. Cependant la Hongrie participe au mouvement intellectuel qui entraine le reste de l'Europe; l'instruction publique s'étend et se perfectionne, Les nouvelles fondations se multiplient. Il se forme beaucoup de biblio‘hè. ques; et, malgré la dispersion des anciennes collections, un voyageur bibliographe trouverait encore en Hongrie bien des livres curieux. Les
sciences naturelles sont protégées.
L'industrie se ressent de la longue éclipse des lumières, ainsi que de
la contrainte que les corporations imposent aux talents individuels. A l'exception des objets de premiére nécessité, parmi lesquels il faut compter les manteaux de laine, les bottes hongroises, les têtes de pipe et les chapelcts, il n'existe en Hongrie que peu de fabriques, et leurs produits ne sont ni abondants, ni de qualité supérieure; les draps, les verreries, les faïences, se consomment dans l'intérieur, et ne peuvent lutter avec les produits des fabriques autrichiennes. Le savon est excellent; les tanneries seules fournissent à une exploitation considérable; les toiles communes, fabriquées par les bourgeoises dans la haute Hone grie, attestent l'influence du génie allemand; le comté de Zips fabrique pour 6 millions de florins en toiles fines; mais les soicries, si favorisées par le climat, languissent. On estimait récemment à 40,000 les individus vivant des arts ct ‘es métiers; mais ce nombre augmente tous les jours.
Mais si l’industrie n’est encore que dans l'enfance, les produits naturels de la Hongrie, ses hœufs, ses farines, ses vins, ses laines, ses mitaux, lui fournissent la matière d'un commerce lucratif, bien que gèné par diverses circonstances. Les Hongrois n'ont aucun débouché sûr pour leurs deni’es que l'Autriche et les autres pays héréditaires de PAutriche, tels que la Pologne : ur les vins, et l'Italie pour les blés, Les voisins de la Hongrie, en général, ont peu besoin de ses denrées. Le chemin de Trieste est trop difficile et trop long pour la plus grande partie de la Hongrie ; les charrois, les droits et autres dépenses montent presqu’à une somme égale à la valeur des marchandises. La flongrie possède de superbes rivières; malheureusement leur course est contaire à celui de son commerce; il eût fallu, pour que le pays en tirà
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Polonais. Les Hongrois, qui voyaient leurs riches pâturages couverts de troupeaux, leurs caves remplies d’excellent vin, leurs greniers surchar-
gés de blés, sans pouvoir en vendre qu’au prix fait par les Viennois, perdaient toute envie d'améliorer l’économie rurale de leur pays. Malgré toutes les entraves, la Hongrie exporte pour 20 à 24 millions de florins, et n'achète que pour les trois quarts de cette valeur. La taxation intérieure, dépendant légalement de la volonté des états généraux, reste très au-dessous de ce que le génie financier de l'Autriche désirerait en faire; limpôt foncier, qui pèse uniquement sur les paysans, ne dépasse que de peu 5 millions de florins; le droit régalien sur le sel s'élève à 6, et le produit net des douanes à 4; le total des revenus est au-dessus de 0 millions, selon ceux qui ont essayé d’en deviner le secret.
La Hongrie, qui entretient actuellement 46,000 hommes d'infanterie et 17,000 hussards, pourrait au besoin lever 100,000 hommes de bonnes troupes, auxquelles la Transylvanie en joindrait 20,000. De plus, une longue lisière de territoire, depuis la Dalmatie jusqu’à la Bukowine, est organisée comme une espèce de camp perpétuel. On appelle ces districts les confins militaires. Tous les habitants y sont soldats et lahoureurs à la fois; ils possèdent héréditairement les champs qu’ils cultivent et qui sont divisés en terres de famille qui ne jeuvent être partagées. et en terres libres. Chaque maison, où réunion de familles alliées, forme une communauté dont le plus ancien membre, sous le titre de gospodar, exerce un pouvoir patriarcal. Les biens d’une maison, même les troupeaux, sont en commun; les membres individuels ne possèdent que des meubles ct de l'argent ; si une fille entre par mariage
dans une autre maison, elle ne reçoit qu'un trousseau. Tout le monde travaille; le nombre des personnes qui se vouent à l'état ecclésiastique et au commerce, ou plutôt au trafic en détail, est limité par les lois, Qui s'absente sans la permission des gospodars est puni comme déserteur, C’est une nation militaire, pleine de talents, de vivacité, d’enjoûment, peu instruite, peu civilisée et subordonnée à une administration militaire, mais faisant cependant partie du royaume de Hongrie ou de la princi. pauté de Transylvanie. Aussi, décrivons-nous les villes des districts mi. litaires avec celles des provinces dont ils sont des démembrements.
Les Allemands vivent surtout dans les comitats d'Odenbourg, de Wiesenbourg et d’Eisenbourg. Ils y ont introduit leur système d'agriculture, leu, naustrie, et leurs mœurs. Les uns viennent de la Styrieet de l’Autriche, d'autres de la Souabe. Parmi ces derniers, on remarque surtout les habitants allemands de seize villes libres du comitat de Zips. Is jouissent d’une haute réputation de probité et de persévérance, mais ils re. doutent la moindre innovation et retiennent jusqu'aux petites manières de leurs ancêtres ; cependant, après de mères réflexions, les hommes ont adopté la pantalon hongrois, tandis que les femmes conservent rigoureusement la forme de leur bonnet. Leur démarche cest grave, leur conversation cérémonieuse. Partout on travaille et on prie. Les familles sont aussi assidues à l’église qu'aux champs de lin. Les jeunes filles mettent des soins extrêmes à préparer ecs matériaux, dont leurs frères tirent un tissu solide et élégant. Chaque croisée, chaque petit jardin étale des roses, des narcisses, des giroflées et dos œillets, élevés par le soin du beau sexe, qui se pare le dimanche de ces innocents bijoux,
Plusieurs races qui habitent la Hongrie appartiennent à la souche slave. Les Slovaques, ancien sujets du royaume de la Grande-Moravie, forment la très grande russe de la population dans les comitats de Neutra, Trentsin, Thurocz, Arva, Liptav, Sohl, Zips, Bars et Sarosch; ils sant encore fort nombreux dans les comitats de Presbourg, Honth, Neograd, Gomor, Torna, Abaujvar, Zemplin, Gran, Pest et Unghvar. Ils sont plus actifs, plus industrieux que les Hongrois; ils s'étendent successivement, et, de nos jours même, il s'en est établi des colonies dans le pays plat et dans beaucoup d’endraits où il n’en existait pas auparavant. Danstous les lieux où ces Slavons se trouvent établis parmi les Hongrois ou les Allemands, ces derniers cessent bientôt de pros-
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Les Slovaques sont en général d’une assez belle taille, et les habitants des hautes montagnes, nommés Kopaniczares, se distinguent même par des formes gigantesques. Le tempérament sanguin des Slaves leur doune une gaîté, une légereté, une adresse, qui en font le contraste complet des Allemands; mais aussi la volupté les domine, ils n'ont ni la probité des Allemands, ni la fierté des Hongrois, ni la bienveillante hospitalité de l’un et de l’autre. La servitude les a flétris ; leur langue, qui n’est cultivée que depuis peu, leur fournit peu de moyens de civilisation intellect elle; mais leur aptitude pour les mathématiques appliquées, pour les arts mécaniques, pour l’agriculture, les reud des sujets très-utiles ; leur industrie leur donne de l’aisance ; aussi les voiton les jours de fêtes vêtus avec propreté, quelquefois mème avec élégance. Des pantalons de drap, des bottines, un gilet de drap, sans manches, garni de très-gros boutons d'argent, en forme de grelots ciselés et ouvragés à la surface, voilà ce qui compose leur habillement d'été : le gilet ouvert et flottant par-devant laisse voir la chemise, qui est brodée sur la poitrine, et quelquefois mème sur les manches : une ceinture de cuir sert à maintenir les habits autour du corps, et renferme le briquet, l’amadou, la pipe et le sac à tabac: dans l'hiver, une grande pelisse de drap ou de peau de mouton les garantit des rigueurs de la saison. Quant à la coiffure, elle varie dans les différents lieux : souvent nu-tête, les cheveux huilés et assez bien peignés, ils portent ici un large chapeau rond, là une espèce de long tuyau de poële sans rebord, d'un pied et demi de hauteur, ailleurs, une simple calotte de feutre. Les femmes s’Aunoncent de loin par le bruit que font leurs botuines à talons de cuivre et ornées de grelots; elles portent un juporn de drap, et un corset sans manches ordinairement de couleur foncée; leur chemise,
l plus souvent brodée sur les manches, présente quelquefois une garuiture en dentelle grossière Les jeunes filles sont en cheveux, réunis par derrière en une queue garnie de rubans de tout:s couleurs qui flottent sur le dos. Les femmes se coiffent avec une longue bande de toile, qui se place par le milieu sur la tête, vient croiser sur le menton, €t
ir CHAPITRE VINGTIÈME.
les deux bouts. apres avoir tourné en arrière du cou, reviennent tumber élégammeut sur la poitrine : leur visage est tellement enveloppi par certe ajustement, qu'à peine on aperçoit leur #7, Cette coiflure assez bizarre garantit le cou de la froidure du veut, L'idiome parlé par les Slovaques est un peu différent du slavon de Bohème et de Moravie, mais les sermons sont prononcés en bohème, ou tchéque pur et régulier, surtout parmi les protestants. Les livres slovaques que nos avons vus sont imprimés en ‘aractères allemands. Le total des Sk 168, Sans ÿ comprendre les Rousniaques, les Szotaques, les Croates, -t d'environ 3 millions d'individus.
Les Réusniaques, ou Ruthènes, qu’on nomme aussi Orosz, et par abus, Grecs, à cause de la religion qu’ils professent, sont originaires de la Russie Rouge (Gallicie prientale), d’où il paraît que les guerres civiles, les changements de dynastie, et l'oppression féodale, les ont fait énigrer en Hongrie vers le douzième siècle; 1ls y habitent particulièrement les comitats de Saros, de Beregh, de Ugocs, d’'Unghvar, de Zeraplin, et une partie du Marmaros : placés ainsi sur la limite de leur pays natal, ils entretiennent des liaisons avec leurs compatriotes qui sont restés en Gallicic, duns les cercles de Stanis, les Slavons de Stry et de Sambor. Il s’en est nussi établi dans la Bukowine, même en Transylvanie, où ik se sont confondus avec les Valaques. Leur nombre en Hongrie s'élève presqu’à 490,000 individus.
C’est une des peupiades demi-sauvages de l’Europe, sans industrie, sans activité. Les Rousniaques mènent en général une vie assez misirable. Arrivés comme fugilifs, ils vivent encore entre eux, et quoique leur langue soit aussi un dialecte slave, il ne paraît pas qu’ils se soient liés avec les autres esclavons; ce qui tient sans doute en partie à leur religion : les uns suiveni le rit grec-uni, les autres le rit grec-oriental. Le mariage n’est pas assujetti à un ordre légal bien fixe; leurs filles, qu’ils fiancent ordinairement à l’âge de 5 ou 6 ans, sont élevées dans la maison de leurs belles-mères jusqu’à l’âge de nubilité ; mai: quelquetoi un ravisseur enlève une fille restée chez ses parents. Dans le village de Krasibrod, près un monastère de l’ordre de saint Basile, il se tient un marché aux filles trois fois dans l’année. Des milliers de Rousniaques y font un reélerinage; les filles s’y présentent les cheveux flottants el ornes de guirlandes; les veuves se distinguent par une couronne de
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D fouilles vertes. Dès qu'un homme aperçoit une personne qui tui plait,
ill'entraîine dans le cloître malgré la résistance, peut-être simule,
qu'elle ou ses parents lui opposent ; s’il réussit à passer le seuil de l’é-
| glise, il est aussitôt fiancé, Le jour des noces, les deux familles se réu-
nissent ; la fiancée fait semblant de se cacher dans la foule; les autres
femmes la découvrent et lui présentent leurs dons d’wnitié, Il perce dans ces usages quelque chose de pastoral et de poétique.
, Dans le comté de Zemplin, un mélange de Slovarues, de Rousniae
| ques et de Magyars, a reçu le nom de Szotaques.
Les prétendus Vandales sont surtout nom! comitats de Sala, de Schumeg, d’OŒdenbourg et d'Eisembo nt en tout 160 villages. Leur nom excite d'autant plus l’att Le les anciens Vandales, réfugiés en Pannonie, y vécurent 40 ans en sujets romains, et y
| exercérent ensuite d’horriblesravages ; mais ils étaient derace gathique, } tandis que les prétendus Vandales de Hongrie s'appellent Slovènes, et parlent une langue qui diffère peu de l’idiome des autres peuplades slaves. Ils nous paraissent être une branche des Wendes ou Windes de E la Styrie, dont ils sont voisins. La chancellerie hongroise les aura déco- | rés du nom de Vandales, parce que les chroniqueurs du moyen äge l'employaient comme synonyme de celui de Wendes. Les Valaques, comme on sait, appartiennent à la souche gréco-latine, b Ceux de Hongrie occupent le bannat de Temeswar ainsi que les comitats k de Marmaros, Szathmar, Arad et Bihar. Leur nombre s'élève à pres d'un million; la Transylvanie en renferme au moins 800,000, et la Bukowine 200,000, en y comprenant les Zinzares, ou Valaques venus : de Macédoine. Toute cette nation suit le rit grec, mais leur religion se borne à la stricte observation d’un carême qui remplit une grande partie de l'année, et que rien ne peut leur faire interrompre. Un voleur même, pendant ses brigandages, l’observe très-scrupuleusement ; il dit «que Dieu ne bénirait pas ses entreprises sans cela. » Les popes, ou à prêtres de cette nation, sont extrêmement ignorants, et n’ont des chre- :liens d'autre vertu théologale que l'intolérance. Lorsqu'un Valaque est L entré pur mégarde dans une église catholique, et qu’il y a été aspergé à d'eau bénite, il se fait purifier par ses popes, qui ne manquent pas, À moyennant un certain honoraire, de l’arroser amplement de bonne eau ! bénite en prononçant plusieurs formules d’exorcisme. Leurs prêtres se
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