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sont arrogé le droit de pardonner, au nom de Dicu, les meurtres pri. tendus involontaires ; ces crimes sont en conséquence assez fréquents. En revanche, par un reste de judaïsme, aucune femme n'oserait tordre le cou à une poule.
Danslesenterrements, ils transportent leurs morts avec deshurlemen!: effroyables, et lorsque le corps ést posé dans la tombe, ils crient tous, d’une voix, que le mort avait tant d'enfants, tant d’amis, tant de troupeaux ; ils lui demandent pourquoi il s’est laissé mourir. On met ensuite sur la tête des morts une croix et une grande pierre, afin, disent ils, qu'aucun vampire ne les vienne sucer; on parfume le tombeau, « on y verse du vin à dessein de les purifier : ensuite ils relournent à h maison, et mangent du pain de froment, dans l'intention de s’altirer h bienveillance de l’âme du défunt; après quoi on célèbre un festin ausi brillant que les moyens de la maison le permettent. On va encore pendant quelques jours crier auprès du tombeau, et l'arroser avec du vin. Que: quefois on honore le mort d’une manière encore plus éclatante, en plaçant sur sa tombe une perche à laqueile sa veuve attache une couronne de fleurs, un bout d'aile d'oiseau, et un morceau de drap.
Jamais les Valaques n’oseraient se servir d’une broche de hêtre pour faire rôtir leur viande; la causc en est, que cet arbre au printemps est couvert d’un suc rougeàtre, et que les Turcs se servent surtout de pieux de hêtre pour empaler les chrétiens. Une éclipse est aux yeu du Valaque un combat de dragons chassés de l'enfer. Ils se flaltent, faisant-un grand bruit et en tirant beaucoup de coups de fusil, de pur voir empêcher que le soleil ne soit dévoré par ces dragons. De tous là supplices, celui de la corde leur est le plus odieux; il leur répugi beaucoup moins d’être roués, parce que, dans ce dernier supplic, l’âme, disent-iis, sort du corps par la bouche, au lieu que l’âme d'u pendu, ne pouvant sortir par la voie ordinaire, est forcée de s’esquiw par un chemin moins honorable,
Sans nier que ce peuple ait les vices inhérents à la servitude, à la ir sère et à l'ignorance, un voyageur français observe que ce sont les cor séquences de l’état d’oppression où ils sont tenus, et il avance qui grace à leur frugalité, à leur activité, surtout celle des femines, la pv
pulation valaique se multiplie ct couvre successivement des contrées ui guère déscertes, Si des Valaques s’établissent dans un canton où il y a dé
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EUROPE : HONGRIE. 477 Rousniaques et des Serviens. ceux-ci perdent peu à peu leur langage, leurs coutumes, et deviennent Valaques. Cette race a certainement valu mieux au'refois, lorsqu’elle donnait à la Hongrie deux héros célèbres, Jean Hunyade, et son fils le roi Mathias Corvin.
Lorsque deux ou plusieurs individus veulent se vouer une amitié inviolable, ils mettent dans un vase quelconque une croix, du pain et du sel; ils en mangent ensemble; ils y versent ensuite du vin, et en boivent de mème; ils terminent le tout en jurant par la croix, le pain et le sel, de ne se quitter qu’à la mort. Cette cérémonie s'appelle mangar de cruce (manger sur la croix), et les amis ainsi liés sont appelés fruce de cruce (frères de la croix).
SECT. 4°. — Transylvanie.
Politiquement la Transylvanie, en hongrois Erdely Orszag, forme un État particulier avec le titre de Grand-Duché ; mais, aux yeux de la géographie physique, elle n’est qu’une continuation de la Hongrie orientile. On dispute toujours sur l’origine du nom de Siebenburgen que les
L Allemands donnent à ce pays. Nous n’essaierons ‘pas de résoudre ce
problème quai d’ailleurs nous paraît d’un intérêt fort médiocre. Nous avons déjà parlé des montagnes, des fleuves, du climat et des produc-
| tions de ce territoire : il ne nous reste qu’à parcourir ses districts et ses villes principales.
Trois natious qui habitent trois parties distinctes de cette principauté,
L les Hongrois, les Szeklers et les Allemands appelés Saæxons, sont recon-
nues comme ayant droit de représentation à la diète de Transylvanie. Le pays des Hongrois forme principalement la partie nord et ouest ; celui
| des Szeklers borde les frontières orientales; celui des Saxons occupe la
partie méridionale, ainsi qu’un district au nord-est. Les Valaques, peutêtre égaux en nombre à toutes ces nations constituées, n’ont pas de ter-
riloire particulier : ils sont pour la plupart établis dans les parties cen- Ltrales et orientales. Dans la diète de Transylvanie figurent les magnats,
les députés de la noblesse hongroise, ceux des Szeklers sans distinctior
[de naissance, et ceux de la libre nation saxonne. Les religions légale-
ment reçues sont le cathoiicisme, le calvinisme, le luthérianisme, et
l'Église des unétaires, la seule au monde qui se soit conservée depuis l’é-
Ve 23
178 CHAPITRE VINGTIÈME, poque de Socin. Les Valaques suivent le rite grec oriental; mais ils n’ont jusqu'ici que les droits d’une Église tolérée.
Hermanstadt, (Nagy-Szeben), ville de 48,000 mes, ceinte de murs, bien bâtie, est lechef-lieu du pays des Saxons et de toute la Transylvanie sous le rapport financier. Elle est aussi la résidence du commandant-général des Confins militaires de la principauté, Elle possède doux gymnases,une bibliothèque publique et un musée qui renferme une galerie de tableaux, un médailler et une collection de minéralogie,
La Porte de la Tour rouge est un célèbre passage situé à quelque distance d'Hermanstadt. L’Aluta y pénètre à travers une vallée étroite, et se précipite dans les p':.1es de la Valachic. Reps, importante par sa grande foire de chevaux et ses 2,600 habitants, Leschkireh, avec
2,000 âmes, et Gross-Schenk (Nagy-Sink), avec 1,800, sont ainsi qu'Here R
manstadt, situées dans l’Altland, c’est-à-dire «vieux pays. » Schassbourg, en hongrois Segesvar, avec 7,000 habitants, et Mediasch, avec 6,000, se trouvent dans la contrée appelée Weinland ou pays des vignobles. La première est importante par ses fortifications, ses fabriques de draps et ses filatures de coton; la seconde par les vins renommés de ses environs. Le district nommé avant les foréts, renfermo les villes de Hullen
bach avec 4,200 âmes, Reismarkt, avec 2,000, ct Broos, avec 9,000. Fogaras, jolie ville de plus de 6,000 habitants, archevèché catholique,
est située sur l’Aluta, dans un district possédé par les Saxons en vertu d’un contrat de bail; ce qui paraîtra singulier à nos publicistes ; mais
nous sommes ici dans un coin de la vieille pe, où l'on respecte les droits acquis. Xronstadt, en hongrois Rraess . la première ville del
Transylvanie, tant en richesse qu’en population. Elle compte 25,000 lux bitants, elle a quelques fortifications, et renferme des collèges luthérien et catholique. On évalue à 7 millions &e florins la valeur des marchaudises achetées et vendues, dont 5 millions pour le compte de la com-
pagnie grecque. Les manufactures, très-nombreuses, ne sont que de
établissements domestiques. Le Burzenland, c’est-à-dire le pays des tenr
pêtes, dont Kronstadt est le chet-lieu, occupe l'extrémité orientale de |
la Transylvanie, et compte parmi ses habitants G0,000 Valaques. Ne
sen, Où Bisztritz, ville de 5,000 âmes avec un collège calviniste, est k
chef-lieu d’un district saxon isolé vers les frontières de la Bukowine. L'existence d’une petite nation germanique au milieu des pays sl
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EUROPE : HONGRIE, 179 vons, valaques et hongrois, est un intéressant phénomène. C’est le roi Geysa I qui, en 1143, appela un grand nombre de familles allemandes, principalement de Franconie, de Westphalie et de Thuringe, pour occuper les déserts à lorient de la Hongrie, et pour garder le royaume de ce côté contre les invasions des barbares. Le roi André IF, par nn diplôme de 4224, accorda à ses hdles teutoniques des immunités qui en out fait un corps de nation, jouissant de son propre droit politique et municipal. Ces priviléges ont été conservés à travers diverses luttes élevées par le despotisme, depuis Bathory jusqu’à Joseph IT, qui déclara, mais en vain, « la nation saxonne éteinte. » Les colons allemands reçureut en don « les forêts des Blaches (Valaques), et des Bissénes (Petchenégues), avec lesdits Blaches et Bissénes. » Ils employèrent ces peuples à la garde des troupeaux, et ne tolérant parmi eux-mêmes aucune aristocratie héréditaire, ils n’imposèrent à leurs vassaux aucun joug féodal. Sous leurs magistrats et leurs sénats électifs, ils jouissent d'une grande liberté civile, et leurs députés participent dans les diètes de Transylvanie à la liberté politique des Hongrois. Leurs règlements municipaux contiennent des dispositions très-curieuses pour le maintien des mœurs; ils divisent la population en fraternités, en voisinages eten dizaineries, en assignant 4 ces corporations et à leurs membres des devoirs réciproques, et en établissant partout une sorte de police de famille. Les habillements, les cérémonies, les fêtes, tout y est réglé, et souvent avec beaucoup de sagesse. Ces Allemands s’appellent toujours Teutsche, et le nom latin officiel de Saxons leur a été donné par les Magyars, qui probablement l'avaient adopté de leurs ancêtres finnois.
Dans la contrée des Sicules, ou Szeklers, on ne rencontre généralement que de grands bourgs, tels que Szent-Miklos, avec une belle église ar. ménienne et 4,500 âmes; Udvarhely, avec 6,000 habitants; Szent-Gyorgy, avec 2,200, et autres ; cependant il y a une ville royale, Maros-Vasarhely, appelée Neumarkt par les Alleniands, qui contient 40,000 habitants. Nous citerons ses deux gymnases catholique et réformé et la riche bsbliothèque de 60,000 volumes, léguée à la ville par le comte Tékély. Les contrées habitées par les Szeklers sont hérissées de montagnes, mais fer-
| tiles en grains et en fruits; cependant les habitants du district de Czsk | émigrent pour gagner leur vie. Les Szeklers nous päraissent un reste
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de Patzinakites, qui ont adopté la langue hongroise. Voués au service de hussards, ils vivent de leurs champs, de leurs bestiaux, de la coupe de leurs bois, et quoique leur nom ait retenti dans les crimes de Rus tadt, ils sont moins barbares que grossiers.
Les Hongrois habitent seuls ou conjointement avec les Valaques et les Saxons les villes que nous allons nommer. Klausenbourg, appelée K'oloswar par les Hongrois et Klus par les Valaques, est la seconde ville de la Transylvanie par sa population qui dépasse 20,000 âmes. On y remarque quelques beaux édifices. Cette ville, située sur le petit Szamos, est le siége ordinaire de la diète, et possède une espèce d'université catholique, ainsi que deux gymnases, l’un calviniste, l’autre socinien. Il s'y tient chaque année une importante foire aux. chevaux qui attire des milliers d'étrangers. Klausenbourg est la patrie de Mathias Corvin. Gyala, sur la même rivière, n’est qu'un bourg de 1,800 âmes; mais il est important par ses usines de fer, les plus considérables de la Transyl. vanie. Thorda où Thoremboury, sur l'Aranyos, a une population de 8,000 habitants. On exploite de riches mines de sel dans ses environs, Nagy-Enyed, nommée Strassbourg par les Allemands, est une ville de 6,000 âmes, siluée sur le Maros, qui possède un collége calviniste renommé. Zalatna, avec 3,000 habitants, est fameuse par ses riches lavages d’or. Deva, bourg de 2,500 âmes, sur le Maros, est important par sa mine de cuivre et sa houillère. Non loin de là, on remarque la Porte de Fer, en hongrois Vas-Kapa, défilé fameux qui conduit dans la plaine de Temeswar. Æarlsbours, appelée Gyula-Fejervar par les Hongrois, Belograd par les Valaques, et Alba-Julia en latin officiel, est également située sur le Maros; mais elle est bien plus considérable, car elle compte 41,000 habitants. Elle est en outre importante par ses fortifications, La ville est
bien bâtie ; sa cathédrale est intéressante par les tombeaux qu’elle renferme. Karlsbourg est le siége d’un des évêchés catholiques de la Transyl.
vanie. Elle a une bibliothèque publique, un observatoire, ct un hôtel monctaire pour le monnayage de l'or extrait des mines des environs qui sont les plus riches de l'empire. Szamos-Ujvar, au nord-est de Kliusenbourg, est une jolie petite ville que les Allemands appellent Armenienstadt, parce qu’elle est peuplée par une colonie de 2,500 Arméniens qui y nomment le magistrat. Le pays des Hongrois renferme encore plusieurs villes et bourgs qu’il suffit de nommer, en indiquant leur population;
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EUROPE : HONGRIE. 181 PAUQT A ce sont : Elisabethstadt, 4,500 ; Dees et Sulzgrub, 4,000; Benedek, 3,500; ar hr My Illye, 3,000; Vadja-Hunyad, Deva, et Kapn'k Fanya, 2,500; Altenbourg, nf (OU Somlyo, Tasnad, Retteg, Szek, Kokelbourg et Balæsfalva, 2,000 environ. à
SECT. De, — Royaume de Croatie; — Littoral hongrois; — Royaume d’Es- de clavonie, — Gouvernement des Confins militaires; — Royaume de Dalmatie, x d (4
La Croatie comprend trois régions physiques : le pays mêlé de montagnes, de vallées et de plaines, que parcourent la Drave, la Save et la Kulpa ; le plateau formé par les branches des chaînes connues sous le nom de Kapella, de Wellebitch, et autres; enfin, la côte maritime qu’on is a longtemps appelée Dalmatie hongroise, mais qui est incorporée au- là jourd’hui à la Hongrie. De ces trois régions, le plateau offre les phénomènes les plus intéressants pour la géographie. Les montagnes dont il est formé s’élèvent à des hauteurs considérables : le Plissivitza a ED UE: 5,500 pieds; le principal sommet du mont Wellebitch atteint le niveau &, pe À de 5,400; beaucoup d’autres parviennent à 4,200 ou 4,800 : les monts ri Kapella restent à 3,000. Ces groupes de montagnes ne présentent de toutes parts que des masses calcaires singulièrement escarpées, crevassées dans tous les sens, percées de cavernesimmenses, et coupées par d'ailreux précipices. Sur le dos de ce massif, principalement dans la partie méridionale, s’étendent des vallées souvent fermées de tous côtés, et dans lesquelles coulent des rivières qui, ne trouvant aucun débouché, se perdent dans des cavernes d’où probablement leurs eaux arrivent par des conduits souterrains jusqu’au lit de la Kulpa. Souvent ces rivières, enflées par les pluies, et ne pouvant s’écouler assez rapidement dans les cavités souterraines, inondent toute la vallée et en font un lac. On distingue parmi ces vallées celles qui forment les cantons de Licavie et de Corbavie, habitées par des peuplades à demi sauvages. Outre les rivières de Lica et de Corbava, celle de Gyula mérite 4 “ie d’être remarquée parmi celles qui n’ont aucun écoulement visible, La ; Sluinchicza, avant de s’engouffrer, forme 43 belles cascades et fait mouvoir un nombre égal de moulins. Cette région, quoique parsemée de “if petits vallons pittoresques et cultivée avec soin, peut en général être considérée comme stérile. Les marbres les plus beaux et les plus variés yabondent ; on en a construit tous les ponts et les parapets de la voie
Caroline, et la plupart des maisons à Fiume, Zeng, et Porto-Ré, Le fléau de ces contrées est le vent du nord, qu’on désigne ici sous
le nom grec et albanais de Bora : rien n’égale le froid qu’il apporte, si
ce n’est la véhémence avec laquelle il souffle ; on l’a vu soulever de grosses pierres qui retombaient à des distances considérables, IL y a même un canton, ommé Rudaïcza, que ce vent rend inhabitable et presque inaccessible. L’étroite lisière qui se trouve entre les montagnes et la mer, ou plutôt le golfe de Quarnero, jouit, partout où le Bora ne pénètre pas, du climat de l'Italie, et voit mürir les figues, les citrons, et d’autres fruits du Midi. La partie de la Croatie qu’arrosent la Drave et la Save, offre des terrains fertiles en seigle, maïs et avoine, beaucoup d’arbres fruitiers, surtout des pruuiers, quelques vignobles, et des forêts immenses de chênes. La Croatie produit environ 2,500,000 hectol. de toute sorte de grains. La mine de Szamobor donne par an 8,000 quintaux de cuivre.
Les montagnes de Cariévitza, qui passent à travers la Croatie, entre la Drave et la Save, s'étendent aussi dans l’Esclavonie, et y présentent quelques pics assez considérables, tels que le Papuk, qui est de 2,700 pieds audessus du niveau de la Save. Ces montagnes, composées de gros quartiers de roche calcaire, et portant sur leurs sommets escarpés de magntfiques forêts, offrent des aspects très-pittoresques et même des vues riantes, surtout vers Posega, où elles s’abaissent et forment de grandes vallées. Pendant huit mois de l’année la chaleur et l'humidité entretiennent en Esclavonie une verdure perpétuelle; on voit constamment éclore des fleurs nouvelles, ou mürir de nouveaux fruits. Dès que les eaux rassemblées pendant l'hiver disparaissent, les prairies se couvrent spontanément de diverses espèces de trèfles et autres herbes nutrilives; aussi le bétail y parvient à une grosseur remarquable. Le nombre des moutons s’élève à 2 millions et demi.
L'agriculture produit en Esclavonie de très-abondantes récoltes. Le maïs donne le centième et quelquefois le deux-centième grain. On récolte une grande quantité de froment, mais mêlé de toute sorte de mauvaises graines. Toutes sortes de fruits et de légumes viennent ici en abondance: il y a des plantations de pruniers si vastes qu'on les
prendrait pour des forêts. Les Esclavons tirent des pruneaux une boisson forte et saine, qu’ils nomment raki, ou sliva-vitcha. On assure que
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EUROPE : HONGRIE. 183 cette liqueur est préférable au rhum. La culture du tabac est d’une grande importance, surtout à Possega, où le tabac égale en qualité celui de Turquic. Les mûriers blancs réussissent parfaitement, et la soie qu’on yrécolte est de bonne qualité. La garance y vient spontanément. On ne tire aucun parti du frêne à fleurs (fraxinus ornus), qui en Calabre donne une manne précieuse, et vient aussi bien en Esclavonie qu’au pied des Apennins.
Dans la population de l'Esclavonie il n’entre que très-peu de Hongrois, mais un nombre considérable de Serviens, principalement pour la Syrmie. Le dialecte esclavonien se rapproche par sa douceur de celui de Servie. Les Croates, anciennement Hrowathes ou Chrobates, c'est-àdire montagnards, forment seuls la population de leur pays; c’est une branche particulière de la grande famille slave; leur dialecte, plus dur et plus guttural que les divers dialectes serviens, forme un anneau de transition entre les Slaves orientaux ou Russes, et les Slaves occidentaux ou Polonais-Bohèmes : l’idiome croate se rapproche spécialement de celui des Slovaques de Fongrie, et des Bohèmes ou Tchèques.
Les Croates, jadis trés-belliqueux, ont continué jusque dans la dernière moitié du 18: siècle de ravager le territoire ottoman par de petites incursions. L’Autriche les a soumis à une discipline plus régulière; mais ils préfèrent encore les hasards de la guerre aux travaux de la paix. Ceux qui vivent plus loin de la frontière turque ont pris des habitudes plus laborieuses. Sans civilisation, ils ne sont pas sans vertus ; leur rudesse sauvage se joint souvent à des sentiments généreux. F.‘:
} voltés contre l’Autriche, en 4755, pour repousser des innovations ad- } ministratives, ils montraient, en 1809, un désespoir sans bornes de W se voir céder à la France. Leurs maisons ne sont que de vastes granges, B sans fenêtres, sans cheminées, et où l’homme, le bœuf et le cochon } vivent sous le même toit; cependant un voyageur prétend que cet an- } tique usage n'exclut pas la propreté : mais il n’a vu que ceux qui sont L établis dans le sud-ouest du cercle trans-danubien. Leurs femmes | aiment à réunir dans leur habillement les couleurs les plus variées et
: les plus écletantes. Plus de la moitié des Croates vivent dans les districts | militaires.
Nous allons visiter les lieux les plus remarquables de ces deux royau-
Essek, en slavon Oszick, est une ville de 10,000 âmes, située sur la rive droite de la Save, importante par son commerce, mais surtout par ses fortifications. Les marais qui l’entourent y rendent l'air malsain, Ce fut dans cette ville que Soliman le Grand, en 1566, fit construire un pont de bois, ou plutôt une suite de ponts et de jetées longue de 8,565 pieds qui fit, pendant un siècle entier, l’orgueil des Turcs et l'effroi de la Hongrie. Possega, avec 4,200 âmes, Daruvar, Deakovar, et Werowit:, avec 3,000; Vukovar, avec 4,500, ne méritent pas de nous arrêter. Brodt et Alt-Gradiska, forteresses situées le long de la Save, ne nous offrent non plus rien de remarquable. Mais, dans le comté de Syrmie, partie la plus basse de l’Esclavonie, nous nous arrêterons à Semiin, bourg qui, depuis 1739, est devenu la seconde ville de commerce de la Hongrie. C’est le passage ordinaire pour tout ce qui va entre Constantinople et Vienne. Il y a à Semlin un conseil de santé qui, en cas de besoin, fait subir la quarantaine aux voyageurs et aux marchandi. ses, Cette ville de 9,000 âmes est assez belle et très-avantageusement située sur le Danube et à peu de distance des embouchures de la Save et autres grandes rivières dans ce fleuve. Nous remarquerons encore Peterwardein, en hongrois Petervaras, sur le Danube, place importante par ses fortifications ct célèbre par la victoire que le prince Eugène y remporta sur les Turcs, en 1716. Un pont de bateaux la joint à la ville de Neusatz, en Hongrie. Peterwardein n’a pas plus de 4,000 habitants. Carlowitz est une ville de 6,000 âmes, également sur le Danube. Elle est le siége d'un patriarche grec. Son nom est attaché à la fameuse trève conclue, en 1699, centre la Porte ottomane d’une part, l’Autriche, Venise et la Pologne de l’autre. Mitrowitz, gros bourg de 4,000 âmes, important par son commerce de cuirs et de bestiaux, est situé surki
" Save à une petite lieue de l’ancienne Syrmium, capitale de l’Illyricum du temps des Romains.
Dans la Croatie, nous voyons sur une hauteur aux bords de la Save, Agram, en croate Zagrab, qui a le titre de capitale et est la résidence du Ban, c’est-à-dire du vice-roi du royaume. Elle possède une académie, qui est une sorte d'université, un gymnase et une imprimerie. L'évêque est tenu d'entretenir un bataillon de soldats, dont le colonel, pris parmi
* es chanoines, est en même temps commandant du fort de Dubstzu. La population d'Agram, qui s'élève à plus de 47,000 individus, est en
} un dialect
grande p renferme allemano 3,000 âm deux frèi lonaise. | tante situ ou Kaprot Jasska et avec 4,2C plus jolie trop peu car dans petite coll La lisièr | exactemer guent au)j( | villes rem | allemand:
| trictet cor fabriques > Jar son co nication à long et ab | précipices L Romains.
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située sur la s surtout par ‘air malsain, onstruire un es longue de des Turcs et , Deakovar, et pas de nous de la Save, ne s le comté de arréterons à ville de come qui va entre té qui, en cas x marchandi antageusement 1res de la Save uerons encore ace importante rince Eugèney joint à la ville ,000 habitants.
anube. Elle est fameuse trève PAutriche, Vede 4,000 âmes, est situé surli de l’Illyrieum
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merie. L’évêque onel, pris parmi + de Dubttzu. La idividus, est en
grande parue cornposée de nobles, Warasdin, ville fortifiée sur la Drave, renferme 5,500 habitants. Aœres- Vasarhely, en croate Krisevezi, en allemand Areuz, prétend avoir été la capitale du royaume. Elle n’a que 3,000 âmes. Krapina, avec 2,000, se glorifie d’avoir donné naissance aux deux frères Czech et Lech, fondateurs des monarchies bohème et polonaise. Karlstadt, ville de 5,000 habitants, est une forteresse importante située sur les bords de la Kulpa. Nommons encore Kopreinitz ou Kaproncza, avec 3,300 âmes ; Petrinia, avec 3,000; Ludbregh, Klanyecz, Jasska et Saint-George, avec 1,500; Kostanicza, Kaszina et Belovar, avec 1,200. Cette dernière, qui est nouvellement bâtie, passe pour la plus jolie ville de la Croatie. Plusieurs de ces petites villes et d’autres, trop peu considérables pour être citées ici, ont quelques fortifications ; car dans la Croatie, comme dans la Bosnie et la Dalmatie, il n’y a si petite colline qui n’ait une espèce de fort.
| La lisière étroite qu’on appelle tantôt Dalmatie hongroïse, tantôt plus | exactement littoral d'Illyrie où de Croatie, et que les actes officiels dési- | gnent aujourd’hui sous le nom de littoral hongrois, renferme quelques | villes remarquables, parmi lesquelles on distingue d’abord Fiume, en allemand St-Veit-am-Pflaum, en croate Reka, qui est le chef-lieu de ce dis- | trictet compte au moins 9,000 habitants. Fiume est importante par ses fabriques de draps, de chapeaux, de tabac et de rosoglio, mais surtout par son commerce, depuis que la chaussée Caroline lui ouvre une communication avec l'intérieur du pays. Cette belle chaussée a 65,000 pas de long et aboutit à Karlstadt. Les rochers percés, les abîmes comblés, les précipices joints par des ponts, rappellent les grands ouvrages des | Romains. Le port de Fiume reçoit 1,209 à 1,300 bâtiments, et la valeur | des échanges s’élève à près de 42 millions de francs. C’est le Trieste de | la Hongrie, et, comme Trieste, c’est une ville italienne par le langage, | les mœurs et le théâtre ; mais les vents impétueux qui bouleversent le | golfe Quarnero rendent l'accès de son port difficile et quelquefois périlleux. Autour de Fiume demeurent les Zbistri, qui paraissent avoir parlé Ë un dialecte slavon qu’ils ont oublié pour l'italien. } Les autres petits ports du littoral hongrois, tels qne Buccari, avec 1 4,000 âmes, Zengg ou Segna, avec 2,000, Porto-Re ou Kralievicza, avec 4,200, et Carlopago, avec 2,500, n'ont rien qui nous puisse arrêter, quoique ce dernier soit le point où aboutit la magnifique chaussée Joséphine,
construite à grands frais par-dessus des montagnes jadis inaccessibles, Les distances y sont marquées par des pyramides de marbre blanc, portant des cadrans solaires et au pied desquelles jaillissent des fontaines rafraichissantes.
Les districts qui portent le nom de Confins militaires forment unelongue lisière qui s’étend depuis l’Adriatique jusqu’à laBukowine. Leur territoire fait en réalité partie des diverses provinces que nous avons parcourues, du Littoral hongrois, de la Croatie, de l’Esclavonie, de la Hongrie de h Transylvanie.On évalue sa superficie à 4,695 lieues carrées et sa popultion à environ 2,000,000 d'individus. Nous avons déjà parlé de ctt: organisation singulière qui a été d’abord appliquée à la Croatie en 1566, puis successivement à d’autres pays, et enfin à la Transylvanie, en 4764, afin d’opposer une puissante barrière aux irruptions des Turcs. Le gouvernement des Confins militaires est partagé en 4 généralats, qui se divisent eux-mêmes en régiments. Le généralat réuni de Karlstadt-Warasdin et du Ban de Croatie est divisé en 8 régiments. Les villes principales com. prises dans ses limites sont : Agram, Zengg, Carlopago, Belovar , Plasky, Petrinia et Kostanicza. Le généralat d’Esclavonie comprend 3 régiments et un bataillon de Tchaïkistes : parmi ses villes et places les plus impor. tantes, nous citerons Peterwardein, Semlin, Karlowitz, Brodt, Alt-Gradiska, Neu-Gradiska et Tittul. Le généralat du Banat ne se compose que de 2 régiments : Temeswar est la résidence de l'état-major général; ses autres villes sont Pancsova, Karansebes, Weisskirchen et Mehadia, Enfin le généralat ds Transylvanie a pour chef-lieu Hermanstadt, I] se compose de 5 régiments, 3 de Szeklers et 2 de Valaques.
Des rapports de langue et d'histoire lient à la Croatie et à l’Esclavonie trois petites contrées situées sur la mer Adriatique, et aujourd’hui réunies par l'administration autrichienne sous le nom de royaume de Lalmatie, C’est le littoral de la région géographique à laquelle appartiennent l’Albanie et la Bosnie. Nous en avons déjà tracé le caractère général : rochers calcaires, terrains arides, marais et eaux stagnantes, rivières en partie sans débouché, cavernes et gouffres souterrains; le soleil de Y'Italie, mais quelquefois le souffle glacial du Bora; au licu d’hiver, un déluge de pluie pendant six semaines; les fleurs et les arbustes les plus délicats végétant toujours en plein air ; d’épaisses forêts dans les vallées intérieures; à peine de l'herbe sur la côte, mais des olives, du raisin de
Corinthe, de dans les nor Lapremière de Raguse ; la Parmi les qui se distin une grotte, | tout cinq gr le plus roma sources jaill entre des pré de haut dan:
La capitale fortifié, et de mais surtout tres établiss estremarqu tige le fort tants, On en droite de la Spalatro, ave place la plus vénitienne. ] ses ruines d quités et un ruines de Sa lans le vit dpetite ville d à l'embouch aurons cité 1 Les îles q mportantes peaux de m« ui produisi de sel. Ces d ten oliviers,
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Corinthe, des vins doux et chauds; une immense quantité de poissons dans les nombreux golfes; tels sont les traits dominants de ces contrées. Lapremière est la Dalmatie ewvénitienne; la seconde, le ci-devant #rritoire de Raguse ; la troisième, le district des Bouches de Cattaro,
Parmi les rivières qui arrosent la Dalmatie eæ-vénitienne, il en est deux qui se distinguent par leurs beautés pittoresques : la Kerka, née dans une grotte, bondit à travers beaucoup de petites cascades et forme surtout cinq grandes cataractes, dont celle de Scardona offre le coup d'œil le plus romantique ; la Cettina a un caractère plus sombre; deux de ses sources jaillissent du sein de cavernes noirâtres ; la rivière, roulant entre des précipices sauvages, tombe, près Velika-Gubovitza, de150 pieds de haut dans un abîme.
La capitale du royaume est Zara, ville de 8,000 âmes, avec un port fortifié, et des fabriques assez importantes d’étofes de soie et de laine, mais surtout de marasquin. Elle possède un séminaire, un lycée et d’autres établissements d'instruction publique. Sebenico, près de la Kerka, stremarquable par sa belle cathédrale, et par son vaste port que protége le fort Saint-Nicolas construit par San-Micheli. Elle a 7,000 habitnts. On en accorde autant à Scardona, petite ville située sur la rive droite de la Kerka, et florissante par son commerce avec la Turquie. Spalatro, avec un excellent port et une population de 6,000 âmes, est la place la plus industrieuse et la plus commerçante de l’ancienne Dalmatie vénitienne. Elle a été construite avec les débris et au milieu des immense ses ruines du palais de Dioclétien. Elle renferme un riche musée d’antie quités et un gymnase. Tout près de Spalatro se voient les magnifiques ruines de Salone, patrie de Dioclétien, qui fut détruite par les barbares ans le vu: siècle. Quand nous aurons nommé Trau, en slavon Tragur, elite ville de 3,000 âmes avec un port, A/missa, bourg de 1,200 habitants à l'embouchure de la Cettina, et les forteresses de Clissa et de Sign, nous aurons cité les lieux les plus remarquables du continent dalmate,
Les îles qui dépendent de l’ex-Dalmatie vénitienne sont en général peu importantes. 4rbe posséde un sol fertile qui nourrit de nombreux troupeaux de moutons et de belles forêts. Pago estimportante par ses salines ui produisirent, sous la domination française, jusqu’à 440,000 quintaux de sel. Ces deux îles ont chacune 4,000 habitants. Grossa, riche en vins et jen oliviers, a une population de 13,000 âmes. Brazza en compte 6,000;
elie produit une grande quantité de vin, d’huile et de fruits, Les, l'ancienne Phasos, est importante par ses vins,son miel, ses pêcheries et
Budus, OCCUP hosniaque, e
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ses carrières de marbre. Elle a 16,000 habitants. La petite ville de même iquels le gr : : PRE an csquels
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plus en avant dans lamer, donne les mêmes produits que ia précédente, Là républi
Sur les 6,000 individus qui forment sa population, 3,000 habitent h ville de Lissa, avec un bon port et des fortifications très-important; élevées sous Najnoléon. Les petites îles de Melada, Coronata, Mortero, Bu, Solta, etc., méritent à peine d’être nommées.
La Dalmatie exerce peu d'industries, si ce n’est dans la construction des navires. Le pays possédait. en 1816, près de 3,000 navires qui allaient jusque dans l’Archipel. Les fabriques s'occupent surtout à produire de:
h Dalmatie.
Hériière de anciens colo à se transpo âge une civi théâtre. Ra
6 ne … Mrivalisé avec liqueurs, telles que le rosoglio, le marasquin, qu’on tire des ceris La éroic : ; A é : ; . Bla exploi
acides cultivées dans les îles, et l’eau-de-vie, extraite du fruit de l'a l = À rss À es poëtes, bousier, dont les îles incultes sont couvertes. On estime l’exportation du : ca considérée
vin à prés de 400,000 hectolitres. La pêche, dont les sardines, le thon, le maquereau, sont le principal objet, produit annuellement 9 à 40 millions de francs.
Le Dalmate indigène est d’origine slavonne comme le Bosniaque; mai les habitants des villes, placés depuis le vin siècle sous la protectiontk Venise, ont adopté la langue, les mœurs, la dévotion, la jalousie eth cérémonial des Italiens d'autrefois. Une tribu particulière s’est établie dans l’intérieur sous le nom de Morlaques. Ils se nomment eux-mêmes Vlach, c’est-à-dire Valaques, mais ils portent l'empreinte d’une origine particulière : ceux qui demeurent au nord, sur les bordsde la Kerki, ont le teint blanc, les yeux bleus, la chevelure blonde, le nez un pau aplati, la bouche large et un air de douceur; ceux qui demeurent plis au sud, le long de la Cettina et vers la Narenta, ont le teint olivâtre,k visage long, les cheveux noirs et l’air menaçant; tous les deux ils parleit un dialecte slavon, mêlé de mots latins ou plutôt valaques. Leur romances tragiques ont excité l’admiration des littérateurs. Selon Engi, ils seraient des Bulgares devenus Slavons par la langue, et mêlés de Valaques ; ils se seraient établis ici vers l’an 4019, et auraient pris le nom de More-Vlaques, Valaques maritimes. Un canton de la Dalmatie consent sous la monarchie autrichienne des formes républicaines; c’est fa Poglitza, au nord-est de Spalatro : trois castes, formant en tout 46,000 ind
par les arme chement à grand trem végélé sou apéri, com Êles Français
Le territq se compose dant sur qu l'olivier et ludusurieu bordé de q Imk, ville les mœurs iques man donne G à Le port de ls magas (commerce | Les veru
EUROPE : HONGRIE, Buidus, occupent ce pays ; c'est de la noblesse hongroise, de la noblesse bosniaque, et une masse de Morlaques ; la peuplade se réunit annuellement dans une zbor, ou assemblée, pour choisir ses magistrats, parmi lsquels le grand-comte doit toujours être un Hongrois. Tous soldats, les Poglitzans ne paient au souverain qu’untribut fixe.
La république de Raguse, dont le territoire est aujourd'hui incorporé à hDalmatie, conservera quelques pages honorables dans l'histoire. Hcritière de l’ancienne Epidaure, la vieille Raguse devint l'asile des anciens colons romains ; mais des tremblements de terre les obligèrent àse transporter dans le site actuel. Là, se développa pendant le moyen âge une civilisation, une industrie, une politique, dignes d’un plus grand théâtre. Raguse, sous une constitution aristocratique, a quelquefois rivalisé avec Venise en navigation, en commerce et en manufactures ; elle a exploité les mines de la Dalmatie et de la Bosnie; elle a produit es poëtes, des géomètres, des artistes, des historiens, et mérite d’être considérée comme l’Athènes de la littérature slavo-illyrienne. Vaincue par les armes vénitiennes, ayant sacrifié sa marine par suite de son atta-
fruits, Lesina, es pêcheries et e ville de même fé, Lissa, située e la précédente, 000 habitent rès-importantts ta, Mortero, Bua,
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chement à l'Espagne, elle éprouva encore, en 1667, les ravages d’un : . grand tremblement de terre : dès lors elle n’a pu serelever, ct après avoir e Bosniaque; ma
végété sous la protection assez bienveillante de la Porte ottomane, elle apéri, comme Veuise et Gênes, dans la grande invasion de l’Europe par les Français, des mains desquels elle a passé au pouvoir de l'Autriche. Le territoire de Raguse, qui occupe une surface de 78 lieues carrées, se compose d’un étroit littoral montagneux, rocailleux, aride, où ccpenant sur quelques coteaux et dans quelques vallons privilégiés là vigne, l'olivier et toute sorte de fruits prospèrent sous la main d'un cullivateur iudusuieux. Ce littoral se termine au nord en une presqu'ile, et est bordé de quelques îles d'une nature semblable, Raguse, en slayon Dobrov- Ink, ville bâtie à l'italienne, et où dominent aujourd’hui la langue et les mœurs de l'Italie, conserve encore le palais de la république et quelques manufactures en soie, ainsi que des fabriques de rosoglio; on lui donne 6 à 7,000 habitants. Ses fortifications ajoutent à son importance. Le port de Raguse est pelit, et c’est à Gravosa que sont les chantiers et ls magasins des Ragusains ; ils possèdent encore 300 bâtiments de (commerce.
| Les vergers du district de Cunali, dominés par le mont Sniecznicza,
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tout 16,000 indt
où l’on voit quelquefois des neiges ; la vallée d’Ombla, couverte de mai sous de campagne; la petite ville de Stagno avec 4,400 habitants, situéesur deux golfes, mais qui reçoit par celui du nord les exhalaisons pestilen. tielles dès marais de la Narenta; la péninsule de Sabioncello, nommie Peliesatz par les indigènes, et peuplée de bons marins; l’île de Curzh, avec 6,000 habitants, riche en forêts et en vignobles, et importante px ses chantiers de construction; l’île Lagosta ou Agusta, curieuse par se remparts naturels, sa grotte et ses prétendues inscriptions phéniciennes; l’île Meleda, remarquable par ses précipices en forme d’entonnoirs et les détonations qui s’y font entendre et dont la cause reste encore inconnue; l’île de Giupani ou de Scipan, couverte de jardins, avec un bon part et un millier d’habitants environ, comme les deux îles précédente; Voilà les traits de la topographie ragusaine qui peuvent trouver ph dans cet ouvrage. Nous ne pouvons nous arrêter à décrire les fûtes de saint Blaise, protecteur de la république, ni les usages intéressants deh Druczina ou fraternité des jeunes nobles, ni le caractère patriarcal dà mariages de jeunes paysannes, protégées de dames nobles, ni tant d'au tres détails des mœurs anciennes, soit slaves, soit romaines, conservée longtemps au sein de cette petite nation, évaluée au plus haut à 52,000 individus.
Les Bouches de Cattaro sont une véritable curiosité géographique. Un bolfe profond pénètre en zigzag parmi les montagnes très-escarpées, el se termine sans recevoir d’autré courant d’eau que des torrents. Sur les dernières pentes des rochers se groupent les oliviers, les figuier, les vignes, les arbres fruitiers de toute espèce. Au milieu de ces masse de rochers et de verdure, une bourgade suit l’autre, et les vaisseau
sont mouillés près des maisons. Ce singulier paysage est couronné pal
les sombres forêts du Montenegro. Dans cette espèce de vallée aquati que, la température des étés égale celle de Naples; l’oranger ct le limo nier prospérent en pleine terre; la neige est inconnue, et pendant l'hiver qui n’est qu’une saison pluvieuse, la verveine triphylla, la fleur cle par sion et d’autres végétaux délicats ornent la campagne. Les endrois remarquables sont Cattaro, au fond du golfe, petite ville fortifiée, avet 3,000 habitants, plus hospitaliers et plus italianisés que les autres, Debrota, surnommée la très-catholique, et dont les habitants ne se mx
rient qu'entre eux; le village de Persagno, avec des maisons élégantill
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E unamphithéâtre; et Rizano, avec 3,000 âmes, dont les habitants, long-
temps pirates et encore un peu sauvages, conservent un reste du costume romain. Vient ensuite le détroit de la Chaîne, qui peut être défendu par de la mousqueterie. La crainte des invasions de pirates paraît jadis avoir fait resserrer les habitations en dedans de cette barrière naturelle; aujourd’hui même on ne voit sur les rivages du golfe extérieur que la bourgade de Théodo, composée de maisons de campagne, et la forteresse de Castel-Novo, au sud des Bouches proprement dites. Le canton de Zuppa, avec le grand port de Traste, et celui de Pastrovich, sont peuplés d'une race helliqueuse, qui échange sans cesse des coups de fusil avec les Monténégrins.
C'est l'extrémité méridionale de cts provinces maritimes que la Hon- À grie réclame, mais qui ont une administration autrichienne particu= lière. Les Boccheses, ou habitants des Bouches, joignent à la constitution robuste des Slaves la vivacité italienne; dévots, jaloux, avides de gain, livrés en grande partie à la navigation, ne quittant le fusil que pour là rame ou le gouvernail, ils conservent quelque chose de rude et de féroce. Le sang pour le sang a longtemps été la seule justice sociale à lurs yeux. Encore en 1802, on lapidait les filles devenues enceintes hors du mariage. Chaque canton a ses immunités, ses magistrals ; et un si petit pays, peuplé de 36,000 individus, est encore partagé en faction tatholique et faction grecque. On l'appelle queiquefois Albanie autrichienne.
CITAPITRE VINGT-UNIÈME,
L'Europe a pu effacer le nom de la Pologne sur lacarte mobile et éphé mére de la politique, mais ce nom survit toujours dans la véritable géo graphie, daus celle qui est fondée sur les divisions naturelles et natio nales. La persistance de l’idée de la nationalité polonaise chezles habitant d’unc grande partie du territoire de l’ancien royaume de Pologne, pre teste toujours contre l’abus de la force, et nous donne lieu d’espérer que cette noble et généreuse nation renaîtra de ses cendres pour devenr le principal instrument de la civilisation des races slaves.
Les grandes provinces de l'Ukraine et dela Lithuanie, plus rust que polonaises par la langue et lu religion, sont incorporées à l'empire de Russie, et nous les décrirons aves ce dernier, dont sans doute el sont destinées à faire toujours partie intégrante. La prédominance à: la race allemande dans les deux territoires appelés Prusse Orientale Prusse Occidentale, assurent également à jamais à la monarchie prus sienne la possession de ses anciennes provinces polonaises. C’est par tt motif que nous les avons jointes à notre description du royaume tt Prusse. Ainsi donc nous ne décrirons ici que les pays sur la Vistul, qui, suivant nous, constituent la véritable Pologne: ce sont, au mii, le royaume de Gallicie où la Pologne autrichienne ; au milieu le nouvcu
oyaume de Pologne, actuellement annexé à la Russie ; vers l’ouest, h petite République de Cracovie, dernièrement incorporée à l'Autricht,
en violation des traités de 1815; enfin, vers le nord-ouest, le gran
duché de Posen, qui, politiquement, fait partie de la monarchie prur F eaux ent
étendue,
sienne.
L sablonne
Le nor tant d'au la dénon branches ci-devant tique au) nes de c Dnieper, des Karp:
encore ve etKonski limite, on Lithuanie Podlaquie toute la P
et leshau l'intérieu
ou maréc plaines, d riation d Brandebo plaines s:
fondeme face, et d sont ici u de lacs, et àla pliqu
Ces gr atteignent
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nie, plus rusit porées à l'empit | sans doute el prédominance it usse Orientale t mouarchie prus aises. C’est par tt n du royaume tt s sur la Vistil, ce sont, au mil milieu le nouvti » ; vers l’ouest, l rée à l'Autriche