RUSSIE-ORIENTALE
NACRE en Eu KAANe nee 3,055 1,100,000 Kazaw, 50,000; Tchistapolié, 6,000; AUTRE UFR Teheboksary et Kosmodémiansk, 4,000; Mamadych, 3,500 Laïcher, ï “ x 2,000, mA 2 CE NIATRA oo oo eee 73453 1,400,000 ViATKA, 8,000; Sarapoal et Slobodskoi, \. là ù 4,000; Jélabouga et Orlov, 3,000, x (l
1,309,000 PERM, 10,000, Jekatérinebourg, 11,000, Mi Re D 1, Koungour, 8,000, Solikamsk, Teher- # À ; vu | ! dyne et Irbit, 3,000; Chadrink, d'A 2,500 ; Krasno-Oufimsk et Verkho- MR AR PE tourié, 2,000, LES le Hot: SIMDIRSR. 4 0. 00 0» « 3,875 1,119,000 SimuiRsk, 13,000; Syzrane, 9,000; Sa. E 1,9 Ji Ta mara, 5,000; Karsoun, 4,000; Alatyr, L LEE ie 1 3,500; Singhileïev, Ardatov et Bouin, we b 3,000, Stavropul, 2,000.
PENU , 0000 1,967 1,935,000 Penza, 11,000; Saransk, 8,000; Mot. bé | chân et Kérensk. 6,000; Krasno-Slo- N AE de | bodsk, 4,500; Narovtchat, 3,600; RE SRE Innsara, Nijni-Lomov, Goroditché, LÉ |: D ; | 3,000; Tchembar, 2,700.
DNA à ASTRARMANe 0 0 0 0 0 ee 14,468 300,000 AsTRAKHAN,40,000;Krasnoïar et Tcher FE 4 it noiar, 3,000, EE DATE # SARATOV « e 00000 0 10,423 1,334,060 Saratov, 85,000; Volgsk, ::,000; cs a * : Kouznetzk, 7,000 ; Petrovsk, 5,500; SE APE Part Khvalinsk, Tsaritsin et Kainouichin, ni 4 eg "* h 4,000 ; Balachov et Sarepta, 3,000; (UNE LRECA Serdobsk, 2,500.
RE , OREMBOURG « «0 0 + + 15,407 1,100,000 Oura, 8,000 ; Orembourg, &,000 ; Ou CR Ke ; LA ralsk, 4,000; Menzelinsk, 5,500, APE 1 Tchéliaba et Bougourouslan, 3,000; REA PAT ER Sterlitamak, Birsk, Bougoulma, Bot soulouk et Troitsk, 2000.
PERW 00 es. + 10,265
Ainsi, 98,084 1 imes,
Maintet topograpk puissant e dionale ; Mer Blancl etautour trales; la z dentale ou |
Prenons Sorti d’un | avec impét forme près kr, Plus be large liman fince russe de la Molda
La Molda Ines boisée de champs ergers; à 1 ines s'abais
fa physiono des habitant ommence paresse, à € les hospode ux troupea rec orienta alaque ou entale, Les
pales.
Zaslavl, Loutsk «à Wladimir et Nov.
00; Rovno, 3,700;
nietr = Podolski), 'Fouttenine, 8,000; 7,500; Bar, 6,000; ov, 3,500; Bratslar 0; lampol et Gait-
'chistopolié, 6,000; Kosmodémiansk, h, 3,500; Laïcher,
rapoal et Slobodskui, et Orlov, 3,000,
térinebourg, 11,000, }, Solikamek, Teher- 3,000; Chadrink, Oufimsk et Verkho-
: Syzrane, 9,000; Saksoun, 4,000 Alatyr, v, Ardatov et Bouin, 1, 2,000.
Faransk, 8,000; Mot.
. 6,000; Krasno-Slo Narovtchat, 3,600; LLomov, Goroditché, ar, 2,700.
DO;Krasnoïar et Tcher
0; Volgsk, ::,000; 00 ; Petrovsk, 5,500 ritsin et Kainouichin, ov et Sarepta, 3,000; embourg, 5,000 ; Ou Menzelinsk, 5,500, Bougourouslan, 3,000; irek, Bougoulma, Bot ktsk, 2000.
Ainsi, la surface totale de ces provinces s'élève au chiffre de 958,084 lieues géographiques carrées, et leur population à 52,330,000 imes.
Maintenant, nous allons commencer notre description physique et topographique des grandes régions qui constituent cet immense et puissant empire. Elies sont au nombre de cinq, savoir : la Russie méridinale; la Russie orientale; la Russie boréale ou les pays autour de la Mer Blanche, la Russie Baltique ou les provinces sur le golfe de Bothnie etautour du golfe de Finlande; la Grande-Russie ou les provinces centrales; la Petite-Russie ou les pays du sud-ouest; et enfin la Russie ocoidentale ou les anciennes provinces lithuaniennes.
SECT., 1'°, — Russie méridionale,
Prenons pour guides les fleuves. Le Dniester se présente le premier. Sorti d’un lac au pied des Karpathes, il descend de la Gallicie, roule avec impétuosité ses eaux jaunâtres à travers des bancs de rocher, et forme près de lampol une cascade que les bateaux ne peuvent remonkr, Plus bas il prend une marche tranquille et se termine dans un large liman, ou lac uni à la mer. Au sud du Dniester, s'étend la proince russe de Bessarabie, formée de la contrée de ce nom, et de la partie de la Moldavie à l’est du Pruth.
La Moldavie orientale présente dans sa partie nord une suite de collines boisées couvertes de chènes, de hêtres, de tilleuls, entremëlées de champs de maïs, d’orge et de millet, ainsi que de vignobles et de vergers; à mesure que l’on descend le long des deux fleuves, les colines s’abaissent, les forêts diminuent, mais la contrée conserve toujours
1 physionomie agréable. Les Moldovény’s composent la presque totalité
des habitants; cette nation, qui respire ici sous un sceplre chrétien, ommence à se civiliser, à quitter ses habitudes d’ivrognerie et de aresse, à cultiver son fertile territoire, que, sous la double tyrannie es hospodars et des Musulmans, elle abandonnait en grande partie uxtroupeaux. Les corvées ont été extrêmement réduites. Le culte rec oriental rapproche les Moldovény’s du peuple russe ; leur dialecte alaque ou daco-romain, ne diffère guère de celui de la Moldavie occientale, Les habitants de la forêt de Kigiesch, sur les anciennes limites
230 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME, de la Bessarabie et de la Moldavie, se nomment Æodrénes ; ils parlent moldave.
La Bessarabie n’est dans le sens physique que le bas pays de la Mol. davie. Plus d'arbres; à peine quelques buissons le long des rivières; d'immenses amas de roseaux couvrant les lacs et les marais; entre ces bas-fonds aquatiques, des pâturages verdoyants, où le bœuf, le buflle et lcbison errent parmi des herhes plus élevées que leurs cornes; ensuite des terrains labourables, où le millet donne le centième grain, l'orge le soixantième ; près de Babahda, les plus belles pêches de l'Europe ; près d’Ismaïl, d'excellents abricots; dans l’été une chaleur dessi. chante, qui fait disparaître les rivières interméuiaires entre les deux grands fleuves, et réduit les habitants à boire l’eau de leurs fontaines, jadis creusées et entretenues par les Tartares avec des soins religieux: dans l’automne, des pluies non interrompues, qui font naître un gran nombre de petites rivières, de marais et d'étangs : si nous ajoutons à ces traits que le cheval et le mouton y existent à l’état sauvage, et que les cerfs, les chamois, les loups et les lièvres y abondent ; que les Limans, ou golfes à l'embouchure de: fleuves, nourrissent des sterlets, des br. louga’s des carpes énormes et d’autres poissons ; que les tribus volatihs etnomades descigognes et des grucs semblentavoir ici un deleurs gran: rendez-vous ; nous aurons tracé le tableau physique de cette coutrée,
Parmi les villes que l'on rencontre dans la province actuelle de la Bessarabie, nous remarquerons d’abord Khotim ou, d'après l'or R thographe polonaise, Choczim, jadis la forteresse la plus septentrional de l’empire ottoman. Elle renfermait près de 20,000 habitants, dont i ne resteaujourd’hui qu’un dixième. La citadelle a été construite par dis ingénieurs français. Kichenev, le chef-lieu, n'offre rien de remarquabl; sa population s’élève à 20,000 âmes. Bender, en moldave Tighin, ti une forteresse importante située sur la rive droite du Dnicster. Elle 2,000 habitants. 4Akerman, deux fois plus peuplée, est importante par
ses fortifications et par son port formé par le liman du même fleuve. Kili4, sur la branche septentrionale du Danube, est destinée par a position à devenir un jour très-florissante ; mais elle n’a encore qu'u millier d'habitants, et doit toute son importance à ses fortification Ismaël, autre forteresse située sur la même branche du Danube, comptait en 1789, pres de 30,000 âmes; mais le féroce Souwarov layant pr
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d'assaut, massacra presque tous ses habitants, et changea ses mosquées et son bazar en un amas de ruines et de cendres. On lui accorde à cette heure 13,000 âmes de population.
Le Dnieper, ou Borysthène, arrose les trois gouvernements d'Iékatérinoslav, de Kherson et de la Tauride, formés de la ci-devant petite Tartarie. La géographie physique ne voit ici que deux régions, la plaine continentale, et la presqu'île de Tauride ou de la Crimée. La première est limitée au nord par une enceinte de collines qui paraît marquer la dernière terrasse du plateau central de Russie, dont la pente vers la mer Noire, depuis les environs de Moscou, de Kalouga et de Toula, est évaluée à 15 ou 1,600 pieds. C’est en serpentant entre des blocs de granit ou des roches calcaires, que le Dnieper forme ses cataractes et ses tourbillons, parmi lesquels il y en a 13 de remarquables; tous disparaissent au printemps pendant les hautes eaux, et on peut alors avec quelques efforts remonter le fleuve en canot. Le Dnicper, qui sort d’un marais au pied du plateau de Waldaï, reçoit à droite la Bérésina ct le Pripetz, à gauche la Sozna, la Dezna, le Psiol, et une foule de moindres rivicres; il est le courant central d’un très-grand et très-fertile bassin; il communique par des canaux avec les bassins de la Dvina et du Niémen, mais ses chutes, le peu de profondeur de quelques-uns de ses afluents, le nombre de moulins flottants dontil est encombré, les glaces qui le couvrent au nord de Kiev, du 1° novembre au 1° avril, et plus bas, depuis le milieu de décembre jusqu’au 4° mars, et par-dessus tout, 1 défaut d'industrie et de soins, diminuent son importance commerciale, Ses eaux, comme celles de beaucoup de ses affluents, passant par des bancs de craie et par des marécages, manquent de douceur et de limpidité; mais les esturgeons, les carpes, les aloses, les brochets et d’autres poissons aiment ses flots troubles. Toutes les îles du Dnieper que les hautes eaux ne couvrent pas fourmillent de serpents. Les Cosaques-Zaporogues avaient établi leurs asiles militaires dans les îles qui s'étendent depuis les chutes (porogues) jusqu’au confluent du Bazoulouk, 6ù était leur setcha, ou camp principal.
Nous voyons sur les bords du fleuve deux villes nouvellement fondées, Jékatérinoslav et Kherson, chefs-lieux des gouvernements demême nom. La première n’a que 9,000 habitants ; la seconde en a 20,000. Les fortifications et le port de celle-ci lui donnent une certaine importance.
Elle renfcrmait naguère l’arsenal et les chantiers militaires de l'empire
sur la mer Noire; mais l’insalubrité de la ville a fait transférer ces éta.
blissements à Nikolaïev, située à l'endroit où le Bog et l’Ingoul se jettent dans la mer. Nikolaïev n’est qu’une petite ville de 6,000 âmes; mais elle est bien bâtie, et présente plusieurs édifices remarquables, tels que l'hôtel de ville, l'église principale, la douane et l'amirauté. Elle pousède en outre une école d'architecture navale et de pilotage, un musée et une petite bibliothèque. À ‘eu de distance de cette ville, près de d’Ilinskaïa, la terre couvre les ruines d’Olbia, célèbre colonie des Milésiens.
Odessa est la ville la plus remarquable de la Russie méridio:'ale. Elle a été bâtie vers la fin du dernier siècle sur l'emplacement d'un chétif village tartare et près d’un petit golfe qui forme un bon port et que défendent une citadelle et des batteries. Grâce à la franchise de son port, elle est devenue en quelques années l’une des places de commerce mariiime les plus importantes de l’Europe. C’est par elle que #exportent les blés, les bois, les cires et les peaux de l'Ukraine, et en général toutes les marchandises qui descendent le Dniester et le Bog. Elle importe les vins et les fruits de la Méditerranée, les cuirs et les soieries du Levant, et les autres articles permis de luxe étranger. Sa population est évaluée à 60,000 âmes. Une ville aussi considérable ne saurait être dénuée de monuments et d'établissements scientifiques. Parmi les premiers, nous citerons la cathédrale, la bourse, le théâtre, l’amirauté, la douane et l'hépital ; parmi les seconds, nous nommeronsle gymnase du commerce, l'école de droit, celle de navigation, l'institut pour l'étude des langues ortentales, la société rurale de lu Russie méridionale, le jardin botanique et le musée d’antiquités. Dans l’intérieur, on remarque lélisavetgrad, assez Jolie ville, bâtie dans une plaine riante sur les bords de l'Ingoui. Elle est importante par son arsenal, ses fortifications, ses magasins et sa population qui dépasse 10,000 habitants, dont beaucoup d’origine servienne et la plupart saskolniki, ou attachés à l’ancien rite grécorusse.
Le pays entre le Dniester et le Dnieper forme deux régions distinctes : dans celle du nord s'étendent encore quelques collines couvertes en partie de superbes forêts de chênes, de tilleuls et de peupliers; dans celle du sud, quoique offrant un terreau grisâtre et favorable au blé, la plaine, dépourvue d’arbres et souvent desséchée par les vents brü-
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égions distincines couvertes eupliers; dans vorable au blé, les vents brü-
lants, reste encore presqu'inculte et abandonnée aux troupeaux. Le froment arnaute, le millet, les melons-arbouses, y réussissent 4 merwille, Le fruit farineux du cratægus aria remplace le froment pour la casse indigcnte. Les peupliers de Grèce ornent les bords des fleuves. Les jardins, fréquents aux environs des villes, produisent des fruits de toute sorte et en bonne qualité. Diverses espèces de rats et de souris, entre autres le myoœus, le souslik, la marmotte russe, la marte-ligre, l'antilope saïga, des essaims de perdrix, de cailles, de hécasses, habitent les broussailles des steppes. Les sauterelles dévorent souvent la récolte lorsque les hirondelles de mer ne réussissent pas à les détruire, Le froid atteint dans des moments 24 degrés, tandis que la chaleur des étés dessèche les rivières
Tout ce que nous venons de dire convient à la contrée située entre le Dnieper et la mer d’Azof, seulement le pays des collines boisées forme une lisière plus étroite, les steppes s'étendent davantage et présententun sol mins fertile aux colons disséminés de loin en loin. Les aux saumâtre marécages ct les landes sablonneuses se multiplient devant le. : yards fatigués.
La seule ville intéressante que nous présentent les côtes de la mer d'Azof est Taganrog, miniature d’Odessa. Cette ville, bâtie sur un promontoire dans une position salubre et au milieu d’une campagne d'une fertilité prodigieuse, renferme 17,000 habitants. Elle est extrêmement florissante par sou commerce. C’est en effet par son port que s’exportent tous les produits des vastes contrées baignées par le Don et le Volga. L'édifice le plus remarquable de cette ville est le monument
à Grigé à la mémoire de l’empereur Alexandre, qui y mourut en 1825.
Un district dépendant du gouvernement d’Iékatérinoslav, mais isolé au milieu des terres des Cosaques, renferme la florissante ccionie arménienne de Nakhtchivan, ville de 9,000 habitants, occupés de manufactures en soie, en coton et autres. Environnée d'une forêt de müriers, cette ville, bâtie à l’orientale, se présente avec agrément, mais les environs sont fiévreux. 4:0j, sur la rive droite du Manyich,ne mérite d'être citée que parce qu’elle donne son nom à l'espèce de golfe qui serait mieux appelé Palus-Méotides.
Toute cette étendue de pays, avec la Tauride, a été quelquefois com-
prise sous le nom de Nouvelle-Russie, C'est une acquisition de la bra- Y. 30
voure et de l’industrie sur les Tartares et sur la nature, Los colons russes y sont les plus nombreux, et la population abondante de Japa tite-Russie s’y répand surtout le long du Dnieper. Mais le gouvernement impéris" a appelé des colcnies de toutes les nations, Un ramas de gen. viens *ibanais, de Valaques r© de Moldaves, peuple, depuis 4754, le dist entre le Dnieper et l’Ingoul. Mais à présent ces colons sont fondus eu grande partie dans la population russe, Dans la steppe des No. gaïs, lescolouies sont clair-semées. Les Grecs se sont multipliés sur les bords de la Berda, qui roule des grenats parmi ses sables, Plus au sudest, les Doukhoborzes, espèce de quakers russes, habitent une dizainede villages. Au milieu de ces établissements européens, 30,000 Tartares. Nogaïs, après avoir brûlé leurs voitures nomades, se sont fixés dan 73 villages.
(jet une chose curieuse de voir quelques-uns de ces colons moder. nes, d'‘pourvus de bois de construction, s'emparer des anciens tertres funéraires qui abondent dans ces contrées, pour s'y loger en faisant servir les voûtes de ces tombeaux comme toits aux cavernes qu'ils creu. sent dessous. Ces tumulus, nommés en tartare Æourgen's, extrêmement fréquents dans toute la Nouvelle-Russie, appartiennent aux divers per. ples qui ont temporairement fixé leur demeure dans ces contrées; on ya trouvé des ustensiles semblables à ceux des Hongrois; plusieur sont formés de dalles de pierre à l'instar de tombeaux scandinaves D'autres monuments, surtout de nombreuses iniscriptions enfouies son desruines, signalent l'existence des colonies grrcques, depuis le Dani: jusqu’au Borysthène. Ces traces se mulliplient encore davantage «ur les rivages de la péninsule taurique, où nous allons pénétrer.
Un golfe de la mer Noire et un autre de la mer d’Azof, en laissant entre eux un isthme très-étroit, limitent la péninsule de la Crimée, ar jourd’hui de la Tauride, du côté septentrioual ; la mer d’Azof eu baign: la partie orientale, que le détroit de Yenikalé, jadis le Bosphore Cimmérien, sépare de l'Asie. Les côtes sud et ouest sont baignées park mer Noire. La partie située an nord du fleuve Salghir offre à l'œil ur plaine sans bornes, très-sablonneuse dans l'extrémité occidentaie, sur chargée de sei et remplie de marais salants dans sa partie nord, ven l’isthme de Pérékop; labourable et même fertile vers le sud, Le gol” oriental, nommé Siwash et la mer Putride (Gniloï More), reçoit les eaut
dela mer d'est; ma tance de laisons se moutons :
jlaine, oi dangereu:
sente dan Noire. Le et de Bag l'a fait not de march magé des L'on voit d'œil autre plie de vil cavités de une infini Cette ear:
deur de 7 d'argent.
celles de pire russd vallées di long des 4 Dans cd dionale h Russie plus parf partie. O1 sésame, 4 Les citror avec très parfaits, celte cul reconnai
ture, Les colons idante de Jap, | € gouvernement à ramas de Ser.
depuis 4754, le olons sont fonsteppe des No dultipliés sur les es, Plus au sud- L'une dizaine de 90,000 Tartares.
sont fixés dan:
es colons moder.
js anciens tértres loger en faisant 2rnes qu'ils creu- ’s, extrémement
L aux divers por. ces contrées; 0 ngrois ; plusieurs \ux scandinave:
ns enfouies so depuis le Danub:
re davantage sur énétrer.
’Azof, en laissant le la Crimée, ad’Azof en baigni
> Bosphore Cim-L , baignées par h offre à l'œil ui occidentale, sur partie nord, ver le sud, Le gol® ), reçoit les eau
dela mer d’Azof par une étroite ouverture lorsque les vents saufflent d'est; mais, dans le cas contraire, ce marais découvre jusqu'à !a distance de 10 werstes la fange hideuse qui recouvre son fond. Ses exhahaisons se répandent au delà de Pérékop. Les salines, les troupeaux de noutons à large queue, le froment arnaute, sont les richesses de cette jhine, où l'air, empreint d’exhalaisons impures, menace de fievres dangereuses les nouveaux colons. Un spectacle bien différent se présente dans le midi, où une petite chaîne de montagnes horde la mer Noire. Le plus haut sommet est situé dans le voisinage de Symféropol et de Baghtcheh-Saraï ; sa forme ressemble à celle d'une tente, ce qui l'a fait nommer Tchetyr-Dag par les Tartares; il faut trois grandes heures de marche pour parvenir à son sommet, mais on est amplement dédommagé des fatigues du chemin par la vue délicieuse dont on y jouit. L'on voit cette jolie presqu'île dans toute son étendue; quel beau coup d'œil autrefois, lorsque, sous la domination des Tartares, elle était remplie de villes florissantes! C'est la neige éternelle dont sont remplies les cavités de ses rochers qui donne naissance au Salghir, et qui alimente une ipfinité de ruisseaux que l’on voit serpenter de tous les côtés. Cette ea, extrêmement froide, est si limpide, que, malgré une profondeur de 70 bresses, on distinguerait facilement dans le fond une pièce d'argent. Les cavernes ne manquent pas dans ces montagnes calcaires : celles de Bobatag ont servi d'asile aux anciens habitants. De tout l’em pire russe, Ja partie la plus tempérée et la plus fertile est cette suite de vallées disposées en amphithéâtre au pied méridional de la Tauride, le long des côtes de la mer Noire.
Dans ces belles vallées, les cultures les plus utiles de l’Europe méridionale et de l'Asie Mineure pourraient être établies pour le bien de h Russie, qui ne possède nulle part un climat si beau. « Les fruits les plus parfaits, dit Pallas, y viennent sans peine et y existent déjà en partie. On peut y cultiver les oliviers et les figuiers de bonnes races. Le sésame, autre plante oléagineuse, n’y manquera jamais. Les orangers, les citronniers, et surtout le cédrat pius hardi, y supporteront l'hiver avec très-peu d'abris ct de soins. Les vins y viendront de plus en pius parfaits, si l’on fait le choix des ceps avec connaissance, si l’on multiplie celte culture dans les différents sites et sur différents terroirs, dont on reconnait l'effet sur la qualité, et si l’ou s'applique mieux à la confection
LA
236 CHAPITRE VINGT-DEUXIÉÈME,
du moût et à la conservation des vins. On y peut cultiver un granq nombre de simples et de plantes tinctoriales tirées des îles de luchi. pel, de 12 Grèce, de l'Asie Mincure e. de la Pc-se. Quelques-unes, par exemple, le frêne qui produit la manne, le tournesol dont on tire la couleur bleue, y sont déjà sauvages. On pourrait y introduire plusieurs bois durs ei cs de l'étranger, surtout des bois de couleur qu'on em. ploie en m& ,:oterie; les cyprès, le chêne qui donne la noix de galle, et les glands recherchés par les fabriques de maroquin : le liége, le chène qui produit le kermès. » Toute cette brillante perspective ne se réalise qu'avec bien de la lenteur. Les jardins botaniques du gouverne. ment, tant à Nikita que dans d’autres endroits, répandent à la vérité les germes d'une nouvelle végétation, mais l’industrie des habitants se. conde faiblement ces soins éclairés. Les jardiniers tartares s’en tiennent à leurs melons, à leurs arbouses et à leurs légumes accoutumés. Dans les montagnes, on voit réussir les pommes, les poires, les cerises; dans les jardins de la côte méridionale, on cultive le pêcher, le figuier, même le grenadier ; mais l'olivier reste ab indonné à la nature ; la seule plantation de mûricrs se trouve près Staroiïi-Krim ; et les14 espèces de raisin que possède la Tauride, sont plus employées comme dessert que pour produire du vin. Cependant, le vin de Soudak ressemble au champagne, et l’on en récolte 30,000 eimer. Depuis quelque temps les grands seigneurs russes achètent des terres sur cette côte, et y font des essais de culture, dans l'espoir de boire du bourgogne de ieur propre cr, et ae manger des oranges de leurs propres bosquets ; mais le climat, dans son ensemble, avec ses gelées printannières et ses: chaleurs dévorantes, offre des difficultés qu'une longue civilisation peut seule surmonter.
Pérékop, en tartare Or-Kapou, est une petite et fort vilaine ville de 3,000 âmes ; mais elle est importante par sa citadelle qui commande l'isthme et par ses vastes magasins où l’on dépose le sel recueilli dans les lacs salés de ses environs. 4k-Metchet, appelée par les Russes Symftropol, est le chef-lieu de la Crimée. Cette ville, située sur les bords du Salghir, renferme quelques édifices publics; mais le seu) qui mérite d'être vu est la cathédrale, La population ne dépasse pas 8,000 habitants, dont 5,000 appartiennent à la race tartare. L'ancienne capitale, Baghichen-Saraï est beaucoup plus considérable. Elle a encore 15,000 ha-
bitants, et
ses fabriq merce. À Tchoufout-Æ presque in tes qui y & du Talmu Sou-Bazar « population de son con Sur la ci Russes Eur péninsule.
population enliéremer de bouza, naar, Vers grand arse redoute qu 94 heures garnison e par les tro édifices de beaux et d tficalions.
A l’endr de la Crim Théodosia, qu'on l’ap} marchand et méridio 41,000, m:
ce nombre
ver un grand les de lcchi Jues-UNes, par jnt on tire la uire plusieurs eur qu’on eme noix de galle, 1 : le liége, le "spective ne se du gouverne.
t à la vérité les habitants ses s’en tiennent umés. Dans les rises; dans les uier, même le seule plantass de raisin que que pour prou champagne, les grands seiont «des essais ur propre cr, mais le climat, haleurs dévoeut seule sur-
ilaine ville de qui commande recueilli dans Russes Sym/éir les bords du ul qui mérile s 8,000 habienne capitale, ore 15,000 ha-
bitants, et possède plusieurs belles mosquée, de beaux bains et de nombreuses fontaines. On remarque surtout le palais qui servait jadis de résidence aux Khans : c’est un curieux monument de l'art oriental que l'on entretient avec soin. Cette ville est en outre importante par cs fabriques de coutellerie et de maroquin, ainsi que par son commerce. À une demi-lieue de là, l’on ne peut se dispenser de visiter Tchoufout-Kaleh, petite ville de 1,200 âmes, bâtie sur une montagne presque inaccessible. Elle est exclusivement habitéc par des Juifs-Karaïtsqui y &« 7 servent l’antique loi de Moïse, sans l’altérer par les rêveries du Talmud. On est obligé d'apporter de l’eau dans ce nid d’aigle. Mara- Sou-Bazar est une ville fort mal bâtie; néanmoins elle renferme une population de 14,000 âmes, et prospère par son industrie et l’activité d> son commerce.
Sur la côte occidentale, nous remarquons Koslov, nommée par les Russes Eupatoria, avec un port qui est l’un des plus commerçants de la péninsule. Sa grande mosquée est un édifice vraiment remarquable. La population de Koslov, qui ne dépasse pas 8,000 individus, est presque entièrement composée de Tertares. On y compte beaucoup de brasseurs de bousa, espèce de bière qui est connue sous ce nom jusqu’au Sennaar. Vers la pointe méridionale, est le port d’Aktiar ou Sévustopul, grand arsenal maritime, et station temporaire de la flotte russe qui »’y redoute que le taret, mais qui, de ce point avancé, peut fondre en 94 heures sur le Bosphore. La ville n'a que 3,000 habitants; mais la garnison est excessivement nombreuse. Les vastes casernes occupées par les troupes, les immenses magasins de la marine sont les seuls édifices de Sévastopol. N'oublions pas de dire que le port, l’un des plus beaux et des plus sùrs de l'Europe, est protégé par de puissantes fortfications.
A l'endroit où se terminent les montagnes qui bordent la côte sud-est de la Crimée, depuis le cap Chersonèse, nous trouvons Caffa, l'ancienne Théodosia, qui sous les Génois était parvenue à une telle prospérité, qu'on l’appelait le petit Constantinople; c’était le débouché de toutes les marchandises de la Tartarie d’alors, c’est-à-dire de la Russie orientale et méridionale d’aujourd’hui; on porte le nombre des maisons à ,000, mais les ruines n’indiquent pas une enccinte proportionnée à ce nombre. Mahomet IE, maître du Bosphore, la conquit en 1475. Sous
les Tartares, la ville fut encore florissante, mais les Russes ont vu fuir ici, comme ailleurs, la population entière; à peine Caffa compte-t-elle 4,000 habitants. Son port est vaste, mais peu sûr. La soldatesque russe a démoli ou mutié une foule de monuments génois et tartares. La péninsule erientale, formée de collines, renferme Kertch, jolie petite ville de 3,000 âmes, qui est la mivrix bâtie de toute la Crimée. Elle est importante par son port, sa citadelle ei ses salines. On y voit un must où l'on rassemble tous les débris antiques recueillis dans ses environs. La forteresse d’Yenikaleh domine le détroit qui porte son nom. Les restes d’antiquité abondent ici; on montre près Kertch le tombeau de Mithridate, et à Yenikalé un sarcopiage magnifique qui a été trans formé en auge.
Les Tartares de la Crimée sont un mélange de Turcs, de Gréco-Seythes et de Nogaïs üe le grande horde, qui avaient établi le Khanat de Kaptschak. [ls sont divisés en plusieurs classes, mais il n'y à point de serfs parmi eux. Les nobles font cultiver leurs terres par des fermiers ou jar des mercenaires, qu'ils traitent fort bien; les nobles ont seuls le droit de posséder des terres. Chaque village est encore gouverné par son mursa,ou chef électif, qui exerce la justice ordinaire et la police locale, Les habitations des Tartares rappellent ia simplicité des premiers âges; des poutres, ou plus souvent des branches d'arbres, placées d’une manière assez irrégulière les unes sur les autres, et dont chaque intervalle est rempli de mousse; des toits couverts en paille et en bois, et sur lesquels sont étendues des pierres destinées à les contenir; voilà ce qui compose la demeure des paysans. Celles des nobles sont égale ment des bâtiments très-légers et d’un seul étage; quelques colounes Lveltes en bois, et peintes de vert, de rouge et de jaune, voilà tons les ornements extérieurs, Dans l’intérieur lon ne voit ni tables, ni chaises, ni aucun meuble de bois. De larges coussins sont disposés autour dés appartements pour s’y asseoir ou s’y appuyer; mais, ce qu’il y ade très-comn.ode, c’est un grand espace qu’on laisse derrière les lambris, de manière que dans un petit appartement, où l’on ne voit que des coussins, on trouve tout ce qui peut être nécessaire, Comme tous les voisins el tous les sujets de la Russie, les Tartares n'aiment guère ni les mar'ères des Russes, ni leur façon de penser; par conséquent ils ne se suucient pas beaucoup d'apprendre la langue russe. Au reste,
tous ceux q morales, On aile, et un £ aisés ont à voyageurs.
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EUROPE : RUSSIE. 939 tous ceux qui ont vu ce pays font le plus grand éloge de leurs qualités morales. On remarque parmi eux une noble simplicité vraiment patriarae, et un grand empressement à exercer l'hospitalité. Les particuliers aisés ont à côté de leurs maisons un bâtiment destiné à recevoir les oyageurs.
Avant de décrire le pays des Cosaques, ou Kosaks, du Don et de la me Noire, nous résumerons l’histoire de ces peuples; car, quoique le pus appartenant aujourd'hui exclusivement aux Cosaques comprenne ue espace d'environ 12,800 lieues carrées, il offre si peu d’objets à atopographie, que cet article n’est pas susceptible d’un intérêt géopriphique. La Petite-Russie est la souche des Cosaques. Dèsleur origine, wSlaves de Kiev formaient une colonie séparée de ceux de Novagobi: leur état politique et la différence de leur sort les ont toujours liés, et lorsqu’après une séparation de trois siècles ils ont été réunis, eur langage, leurs mœurs, leur constitution, en formaient un peup'e nsdilférent. Cette diversité existe encore maintenant. Les Malo-Russes, ju habitants de la Petite-Russie, sont établis dans l'Ukraine, ou les puvernements actuels de Kiev, de Tchernigov,de Novsorod-Séverskoi, le Koursk, d’Orel et de Tambov. On nomme généralement Cosaques bus les paysans miliciens de ce pays, quoique dans les derniers siècles : nom désignât spécialement une classe de guerriers associés sous Due constitution particulière. Le nom de Cosaque passe pour êlre krare, et signifie un homme armé. Constantin Porphyrogénète fait fjumention &’un pays nommé Æusachia, entre la mer Noire et la Casenne, au pied du mont Caucase. Suivant les annales russes, Mistislaf, s du grand Vladimir, et prince de Tmoutarakan, a combattu, en PA, un peuple nommé Æosaki : il est très-vraisemblable que c'était pie nation tartare. Elle peut avoir pris son nom de sa manière de comtre, comme les Kirghiz-Kaïsaks l'ont pris de leurs armes légères. ks annales russes parlent souvent des Tarlarcs-Cosaques, surtout sous règne d’Ivan Ier. A cette époque on distingue des Cosaques-Ordinski è la grande Orda, la résidence principale des Tartares sur le Volga),
des Cosaques d’Azof. On doit regarder ces deux branches comme les Buuiers débris de la domination tartare en Russie : elles ont été en
Bic détruites par les Russes, ou se sont dispersées d’elles-mêmes et
Uuies à d’autres peuples tartares.
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PT D. DATE “, DU COSTA NH MAL Je n ; PE ae tu ' Nprt, : 4 Û e ff: 14
240 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME, C'est à l’époque de la conquète de Kiev, par Gedein, grand-duc de Lithuanie, en 1320, qu'on rapporte généralement l’origine des Casaques dela Prtite-Russte, Des essañms de fuyards abandonnèrent ieur patrie, se réunirent près de l'embouchure du Dnieper, et commencèrent bientità former un petit État, Partout, le voisinage des Liihuaniens et des Tu. tares les força à se donner une constitution guerrière. Leur nombrm s’accrulconsidérablement, lorsque Kiev fut une seconde fois ravagée pur les Tartares, en 1415, et encore plus à l’époque où cette principauté {ut réunie avec la Lithuanie à la Pologne. La nouvelle colonie, qui avait pris lé nom de Petite-Russie, pour se distinguer du grand empire de Russe, s'étendit peu à peu jusqu'au Log et au Dniester; elle s'établit dans tou le pays qui est entre ces fleuves et le Dnieper. Les Cosaques construisi. rent des villes et des bourgs qu'ils habitaient l'hiver avec leurs familles tandis que vers l'été ceux qui étaient en état de porter les armes se dis persaient dans les steppes, où ils étaient continuellement en guerre ave les Turcs et les Tartures; et comme ils servaient de boulevard! Pologne contre ces deux redoutables ennemis, les Polonais, loin d'a rèter les progrès de cette république naissante, les favorisèrent. En 154) Sigismond céda à perpétuité aux Cosaques les pays situés au-dessus de calaractes du Dnieper. Étienne Bathory les mit sur un pied militai leur donna un hetman, et leur fit des concessions de terrains consid rables. Ses successeurs n’agirent pas avec la même sagesse ; ils défe dirent aux Cosaques leurs incursions contre les Turcs, sans penser qu'l affaiblissaient par-là les bases de cet État militaire : les Polonais in troduisirent dansle pays et s’emparèrent des premiers emplois; le clerg grec fut amené à reconnaître la suprématie du pape. Après une longi guerre, les Cosaques secouèrent le joug et se soumirent aux czars d Russie. Cet événement arriva en 4654, environ trois siecles et de après la première séparation des Cosaques du grand corps de la natin russe.
Pendant les guerres entre les Cosaques et la Pologne, des trour nombreuses des premiers avaient abandonné les rives orientales Dnieper, pour se retirer sur la rive opposée dans les provinces mérill nales de la Russie. Là, ils conserverent leur constitution militaire, s’étabiirent dans des lieux fertiles, mais inhabités. Telle est l’origine Cosaques des Slobodes, ou de l’Ukraine russe.
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La branche des Zaporogues est beaucoup plus ancienne que celle des Slobodes ; c’est la plus remarquable de toutes. Pour mieux préserver les Cosaques de l'Ukraine de l'invasion des Tartares, on avait réglé qu'une partie des jeunes gens qui n'étaient pas encore mariés occuperaient les frontières méridionales dans l'endroit où le Dnieper se jette dans la mer Noire. Ce pays devint un lieu de rassemblement pour la jeunesse guer-. rière. Bientôt la grande liberté dont jouissaient ces Cosaques les attacha tellement à ce pays, qu’ils ne voulurent pas le quitter, quoiqu'il fût très-exposé aux incursions des ennemis. Leur nombre s’accrut peu à peu par l'arrivée des Cosaques qui fuyaient l'oppression des Polonais et vinrent les rejoindre. Ce fut à peu près vers le commencement du xvir sièele qu'ils se séparérententièrement des Cosaquesde la Petite-Russie, dont ils avaient reconnu l’hetman jusqu'alors. Ils formerent un État militaire particulier, et s’élurent un chef qu’ils nommèrent kochevoi-ataman, c’est-à-dire commandant du camp; ils appelaient setcha leur principal domid':, qui consistait en un camp fortifié; et, quoiqu'’ils changeassent souvent de place, ils restèrent toujours près des cataractes du Dnieper, d’où is prirent leur surnom.
La constitution de ce petit État militaire était très-extraordinaire, La gucrre était l'unique but de leur association; ils négligeaient l'agriculture et le soin des bestiaux, et ne regardaient la chasse ou la pêche que comme un amusement. Le célibat était une deslois fondamentales. Pour salisfaire aux désirs de la nature, ils enlevaient les femmes de leurs voisins, mais elles devaient toujours être éloignées de la setcha. Afin que leur nombre ne diminuât pas, non-seulement ils emmenaient des enfants partout où ils pouvaient en trouver, mais ils recevaient encore parmi eux les criminels et les vagabonds de toutes les nations. Il y avait peu de langues européennes qui ne fussent parlées chez eux.
L'ataman était élu annuellement, et rentrait dans l’état de cosaque quand ilquittait ia dignité dont il était revêtu ; tous les membres de la r'oublique avaient les mêmes droits à l’exercice des emplois. Ils n’avaicnt pas de lois écrites, l’usage leur en tenait lieu, et la justice n’en souffrait guère : les criminels étaient jugés avec impartiahté, et punis avec une sévérité peu commune. Un Cosaque qui tuait un de ses cama- | rades élait enterré vif avec celui qu’il avait fait périr. Un voleur devait être pendant trois jours au carcan, ensuite il était RARE YANS jusqu’à
249 CHAPITRE VINGT-DEUXIÔME.
mort. Ces Cosaques avaient toutes les vettus et tous les vices d’un penple de brigands. Ils étaient braves et barbares, hospitaliers et avides, actifs et sobres dans leurs expéditiüns, paresseux et débauchés chez eux. Le nombre de ceux qui étaient en état de porter les armes moutuil quel. quefois à 40,000.
Ces Cosaques ont souvent changé de domination, sitoutefois l’on peut nommer ainsi l’état de ce peuple indomptable, relativement à la Pologne, aux Tartares, à la Porte, et enfin à la Russie. Pierre le Grand détruisit leur setcha, quand ils prirent part au soulèvement de Mazeppa, hetman des Cosaques de l'Ukraine : ils se réunirent depuis sous la protection du khan de Crimée, et, en 4737, ils furent admis au nombre des vassaux de la Russie. Leur seule obligation envers l'empire était de paraître en campagne quand ils en étaient requis; alors ils étaient traités et soldis comme les autres Cosaques. Dans la guerre contre les Turcs, qui se ter: mina en 1774, ils se rendirent coupables de plus d’une trahison; ils dcelèrent même le projet de se rendre indépendants. Lorsqu'on élabli des colonies dansles pays reconquis sûr les rives du Dnieper, ils soutinrent que ces contrées étaient leur propriété, inquiétérent les colons, et, soit par force, soit par adresse, asservirent près de 50,000 habitants, U tel acte derévolte décida l’impératrice à anéantir ce petit Élat, qui, dan des circonstances plus favorables, serait peut-être devenu une seconii Lacédémone. En 1775, un corps de troupes russes les enveloppa et le: désarma ; on leur laissa le choix ou d'adopter un autre genre de vie où de sortir de l’empire. Une partie resta et se livra aux travaux de la cam: pagne; l’autre se retira chez les Tures et les Tartares.
Les descendants de ces Zaporoguesexistent encore sous un autre non, et dans un autre pays. Par un ukase du 30 juin 1792, Catherine II céda aux Zaporogues, qui s'étaient distingués dans la guerre contre les Turc: Ja presqu'île de Taman et toutes les contrées situées entre le Kouban ct la mer d’Azof, jusqu'aux fleuves Feïa et Laba : l’étendue de ce territoire est de 2,895 lieues carrées, On leur donna le nom de Cosaques de la mer Noire(Tchernomorski), et ils eurent le droit de se choisir un ataman, ainsi que la permission de recruter jusqu’à 15,000 hommes dans la Petite- Russie. Mais ils ont renoncé volontairement à leur ancienne manière de vivre ; ils se sont mariés, ct se livrent avec succès à l’agriculture. Ils fournissent à la couronne six régiments disciplinés, formant un totil
d'enviro Caucase tion, CO l'est, Le dure y a précisé bâti leur de broui tions du sieurs ér l'emplact à laquelle portait at La seco idiome es peu aux 1 vie de cet le nom t:
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origine, d gens, fuy beaucouf relournè cida les guerre, L blirent le resse d’A4 boulevar que les ro favorisèré terres exd dans une fois des Cd ils ont été pour l’ind se répolte
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EUROPE : RUE, 213 d'environ 3,000 hommes. C’est un poste uvancé contre ics peuples du Caucase, Leur pays, silué en Asie, d'après notre système de circonscription, confine avec la Circassie au sud et avec les steppes d’Astrakhan à l'est, Le sol est susceptible de toute sorte de culture ; les eaux et la ver dure ÿ abondent. L’air est sain, excepté sur les bords du Kouban; c’est précisément là que les Tchernomorski se sont établis ; c’est là qu'ils ont bâti leur chef-lieu Zékatérinodar, au milieu de riches pâturages, couverts de brouillards fiévreux. Dans la péninsule de Taman, que les inondations du Kouban transforment temporairement en île, on remarque plusieurs éruptions fangeuses, improprement nommées volcans de bixe. Sur l'emplacement de l’ancienne Phanagoria, nous voyons la ville de Taman, à laquelle les Russes ont rendu le nom russe de Tmoutaracan, qu'elle portait au moyen âge, comme siége d’un petit royaume.
La seconde branche principale des Cosaques est celle du Don. Leur idiome est celui des Pelits-Russes, et ils paraissent avoir succédé peu à peu aux Tartares chassés de ces contrées. Les habitations et le genre de vie de cette nouvelle colonie lui ont fait donner, suivant toute apparence, le nom tartare de Cosaques, et la même organisation militaire a fait ensuite appeler ainsi ceux de la Petite-Russie. Peu de temps après son origine, cette colonie forma un État considérable. Une foule de jeunes gens, fuyant l'esclavage qui s’introduisit alors en Russie, contribuèrent beaucoup à augmenter le nombre des Cosaques du Don: Les Tartares retournèrent en foule dans leur ancien domicile. Enfin la politique décida les Cosaques à accorder le droit de cité à leurs prisonniers de guerre, En 1570, après la campagne des Turcs contre Astrak'. sn. ils établirent leur capitale à Tcherkask, qui n’est qu’à 60 werstes «c ia forteresse d’Azof, et d'où ils prirent le nom de Tcherkaski. Ils servirent alors de boulevard à la Russie : les souverains de cet empire firent pour eux ce que les rois de Pologne avaient fait pour ceux de la Petite-Russie; ils favorisèrent leur accroissement, leur assignèrent sur la frontière des terres exemptes de toute imposition, mais cherchèrent à les maintenir dans une sorte de vasselage militaire. L’an 4579, on vit pour la première fois des Cosaques du Don dans les armées russes. Depuis cette époque, ils ont été très-utiles à la Russie par icur bravoure; cependant leur amour pour l'indépendance, et l'espoir du pillage, les ont quelquefois portés à se révolter.
Les Cosaques du Don habitent maintenant les plaines qui avoisinent ce fleuve entre les gouvernements de Saratov, d’Astrakhan, de Voronéje, et d’Iécathérinoslav jusqu’à la mer d’Azof. Leur territoire est encore de 8,000 lieues carrées. Ces Cosaques ayant conservé l’organisation qui leur était propre, leur constitution militaire difière entièrement de celle des autres gouvern2ments. On porte leur nombre à plus de 300,000, y compris un corps de 30,000 hommes de cavalerie légère, toujours prêt à marcher. Le pays des Cosaques-Doniens présente une plaine immense sans la moindre colline ; il renferme quelques terrains aussi fertiles que l'Ukraine ; mais en général le sol est maigre; les habitants ne cultivent que depuis peu les erts utiles, et l’agriculture est négligée à tel point, qu’il n’y a pas même de limites fixes entre les villages. De vastes terrains incultes les séparent; le premier venu peut s’en mettre en possession ; les prairies seules ont été partagées. Le bi. tail fournit à l’indolent et fier Cosaque les premiers besoins de la vie. L: pêche est, après le bétail, sa principale ressource; il exporte pour 500,000 roubles de poisson et de caviar. Il abandonne souvent les travaux rustiques aux paysans russes et autres, qu’il loue à bon marché, Tous ses soins sont réservés pour son cheval; les tabounes, ou troupeaux des Cosaques riches, se composent de 500 à 4,000 têtes; les seuls chevaux de selle sont abrités pendant l'hiver. Le cheval cosaque est d'une race petite, maigre, mais très-rapide à la course et presqu'infatigable. A chaque réunion un peu nombreuse, les courses de chevaux forment le principal amusement. Les femmes cosaques fabriquent de la toile, du drap, des bas; elles font des pelisses et des manteaux. Ce sont elles qui soignent les jardins, les vergers, même les vignobles, plus nombreux ici que dans aucune autre province russe. Les habitations des Cosaques ont un air de propreté et d’aisance que l’on chercherait en vain dans la plu; grande partie de la Russie proprement dite. Une maison blanche, pourvue de cheminées et de fenêtres, invite l'étranger à y entrer et à jouir de l’hospitalité qui s’est conservée ici dans toute sa laiitude. Déjà les Cosaques riches commencent à se meubler avec un cértain Iuxe, cherchent à se procurer de nouvelles connaissances, et envoient quelquefois leurs enfants à Pétersbourg pour y être élevés. Ils ont à Tcherkask une école normale tres-iréquentée. L'église principale de cette ville est décorée d’un grand nombre de drapeauï
et d’autr posent I mêuie P fabrique sont ass Lorsque c'est pou n'est plu pillage, à la chan soldats. ] cide à la I y a des ment, Qi traite tou familles starischin et des di réduire l tres Russ Les vil à 400 ma compagn nom de v Tcherkask gue de malsain, lement comparé cosaques Le pa parmi ce a0v, le D ronèie ; gauche, ( rochers,
qui avoisinent an, de Vororitoire est enl’organisation ntièérement de re à plus de valerie légère, s présente une ques terrains naigre; les haagriculture est s entre les vilnier venu peut rtagées. Le bé.
ns de la vie. L | exporte pour ouvent les traà bon marché, jounes, OU iTOutêtes ; Les seuls val cosaque est et presqu'infatises de chevaux s fabriquent de s manteaux. C les vignobles, sse, Les habitaque l’on cherroprement dite, êtres, invite l'énservée ici dans nt à se meubler velles connaisburg pour y être uentée. L'église bre de drapeaui
et d’autres trophées ramassés dans toute l'Europe. Les Cosaques y dé posent leurs trésors. Ce peuple jouit d’une très-grande liberté civile et mêuie politique; ils sont exempts des monopoles de la couronne. Ils fibriquent et débitent la quantité d’eau-de-vie qu’il leur plaît. Ils ne sont assujettis ni à la gabelle, ni à la capitation, ni au recrutement. Lorsque la couronne les requiert, ils sont obligés de marcher en masse; c'est pour eux plutôt une jouissance qu’un devoir. Jamais un Cosaque n'est plus heureux que lorsqu'il est sur son cheval : les combats et le pillage, voilà son élément. Le gouvernement russe adresse ses ordres à la chancellerie de l’ataman, ou hetman ; c’est le chef de cette nation de soldats, Il notifie au peuple les propositions du gouvernement, on décide à la pluralité des votes si et comment on les mettra à exécution. ll y a des exemples où la majorité s’est opposée aux vues du gouvernement. Quelquefois la Russie a cédé, et dans d’autres circonstances elle traite toute opposition de révolte. Son but constant est de procurer aux familles les plus riches une influence aristocratique, de composer de starischins une espèce de noblesse, et de se l’attacher par des bienfaits ei des distinctions honorifiques. C’est ainsi qu’on cherche peu à peu à réduire l’esprit démocratique de ce peuple au niveau de celui des autres Russes.
Les villages des Cosaques s’appellent stanitzes ; ils renferment de 150 à 400 maisons ; chaque stanitze a son magistrat électif, et forme une compagnie militaire. Très-peu d’endroits méritent par leur grandeur le nom de ville, et ceux-là même ont plutôt l'aspect de grands villages. Tcherkask est bâti dans un marais sur des pieux ; au printemps on navigue de maison à maison. Les Cosaques en aiment le séjour, quoique malsain, et s’établissent difficilement à Novoï-Tcherkask, capitale officiellement désignée. Tziemlianskaia a des vignobles dont le produit est comparé au bourgogne rouge par les patriotes du pays. Les autres vins cosaques sont généralement blancs, dont quelques-uns mousseux.
Le pays des Cosaques-Doniens est arrosé par le Don et ses affluents; parmi ces derniers, le Donetz est le plus considérable. Sorti du lac Ivan0v, le Don coule d’abord par un pays de collines fertiles jusqu’à Voronèie; de 1à jusqu’au confluent du Donctz, il a des falaises de craie à gauche, et plus bas, il entre dans une plaine monotone; ni chutes, ni rochers, n'interrompent son cours; mais quoiqu'il ait dans l’hiver 6 à
7 pieds de profondeur, il couvre à peine en été les bancs sablonneux de 2 pieds, il est donc de peu d'utilité aux bateaux, ct, de même que ses affluents , il roule des eaux à peine potables pour les indigènes mêmes, Le Don reçoit de la steppe caspienne le Manytch, dont les eaux presque stagnantes semblent marquer l'emplacement d’un ancien détroit entre la mer Caspienne et la mer d’Azof.
La mer d’Azof, plus justement appelée par les anciens Palus-Mo. tides, n’est qu’un lac marécageux formé par les eaux du Don et quelques autres rivières, sur un bas-fond sablonneux et en quelques endroits fangeux. Ses eaux troubles et saumâtres, mais non pas salées, nourris sent beaucoup de poissons et ne renferment aucun rocher; mais elles sont basses à une grande distance du rivage; les jones s’y étendent très-loin. Le niveau s'élève d'un pied au printemps.
A l’est du pays des Cosaques-Doniens, et en quelque sorte sous leur suzcraineté, une horde des Kalmouks, de la branche des Derbets, occupe les steppes qui séparent les eaux de la mer d’Azof de celles de la mer Caspienne. Le territoire des Kalmouks se termine au Manytch et à la Kouma ; il est arrosé dans sa partie orientale par la Sarpa, petite rivière tributaire du Volga, mais qui coule en sens opposé à son fleuve principal. La chaîne de collines qui sépare le bassin du Don de celui du Volga continue à travers la steppe. Le niveau de la Caspienne à Astrakhan étant inférieur à celui de la mer d’Azof de 450 pieds, et le cours du Manytch ayant nécessairement une pente de 10 pieds au moins dans son ensemble, les collines sur les bords de cette rivière ne doivent présenter qu’une élévation de 200 à 300 picds au-dessus de la Caspienne, et de 50 à 100 au-dessus des Palus-Méotides. En se servant du lit assez proford du Manytch, il serait donc facile de creuser iei un canal de communication entre les deux mers. Ces Kalmouks sont au nombre de 50,000, et demeuraient entre le Volga et llaïk ou Oural; ils faisaient partie de cette horde qui, en 4770, s’enfuit jusque dans la Tartaric chinoise, pour se soustraire aux vexations de l'administration russe. Le reste fidèle fut engagé à passer le Volga.
Nous voilà arrivés sur les rivages du Volga, et dans l'ancien royaume ou Khanat d'Astrakhan ; nous n'en décrirons ici que la partie basse, ou la steppe. qui répond à peu près au gouvernement russe de ce nom, quoï
qu'elle s’étende aussi dans la partie oricutale de celui de Saralov, Li
Volga, né verse les devient Il coule ( la Kama, vers le s ment de la mer C et ensuit d'îles, sa bouchur profonde qui sont poissons, cours gél des neig le lit des couvrent ouvertur respirer ; en dange pendant barques, dent ce fl elles rem dues à A cherche à gent jusq charge, le plateat rivière p ricure le le lac La eaux de merciale
l'Aloxanc
ablonneux de nême que ges énes mêmes, caux presque 1 détroit entre
ns Palus-Méoe | Don et quellques endroits alées, nourris er; mais elles s s’y étendent
sorte sous leur erbets, occupe elles de la mer anyteh et à la , petite rivière on fleuve prinn de celui du ispienne à Aseds, et le cours au moins dans 1e doivent prius de la Cas- | se servant du ser ici un canil ont au nombre Oural, ils faiie dans la Taradministration
meien royaume tie basse, ou la e ce DOM, uor ue Saratov. L!
Volga, né comme un ruisseau dans les forêts du plateau de Waldaiï, traverse les lacs Oselok, Piana et Volga, reçoit les eaux du lac Seliger, et devient navigable près Rjev-Wolodomirow, où il a 90 pieds de large. coule ensuite dans une direction orientale vers Kazan où, grossi de la Kama, qu’on peut considérer comme un second Volga, il se tourne vers le sud, et semble chercher la mer d’Azof ; mais, au grand détriment de la Russie, il est forcé par la chaîne de collines de se jeter dans la mer Caspicnne. Avant d’avoir reçu la Kama, il a 600 pieds de large, et ensuite jusqu’à 1,200. Près d’Astrakhan, où il embrasse beaucoup d'îles, sa largeur dans les hautes eaux atteint presque 5 lieues. Ses embouchures, au nombre de 65, sont formées par 8 bras principaux. La profondeur de son chenal de navigation varie de 6 à 15 pieds. Ses eaux, qui sont de qualité médiocre, nourrissent une immense quantité de poissons, entre autres, des esturgeons, des husons, des sterlets. Son cours général est régulier et calme. Il s’enfle par les pluies et la fonte des neiges avec tant de promptitude, que ses eaux, en pénétrant dans le lit des rivières affluentes, les font retourner en arrière. Les glaces le couvrent dans toute son étendue, mais vers le sud, il reste toujours des ouvertures fumantes par lesquelles le fleuve semble en quelque sorte respirer; ces polumna, en changeant de place, mettent les voyageurs en danger. Pendant deux mois, le Volga est un chemin de voitures, et pendant les deux mois opposés un canal de navigation. Plus de 5,000 barques, construites dans les pays boisés du nord de la Russie, descendent ce fleuve chargées de toutes sortes de productions; mais comme elles remontent plus diflicilement, elles sont en très-grande partie vendues à Astrakhan; de là un épuisement des forêts que le gouvernement cherche à arrêter. Quelques-unes de ces barques, nommées Zadia, chargentjusqu’à :,300,000 livres de sel ; les kayouki, de 1,200,000 livres de charge, portent du blé, ei les nosedi du bois. Comme le Volga entoure le plateau central de la Russie, et il reçoit le tribut des eaux de l'Oka, rivière principale de cette région fertile; comme dans sa partie supéricure le Volga communique par le canal de Vichneï-Wolotchok avec le lac Ladoga et la Newa; comme cufin la Kama lui apporte toutes les
eaux de Ja Russie orientale, ce grand fleuve est la principale route commerciale intérieure de l'empire : la ville d’Astrakhan cst pour ainsi dire