‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 48 sur 72 · VAI · texte numérisé non relu

VAI

exandrie de ce Nil de la Seythie: mais ec débouché est placé sur une

mer in‘érieure sans communication avec l'Océan, et bordée par des nations peu civilisées ou peu hospitalières,

Le pays d’Astrakhan est bien loin de devoir aux inondations du Volga ce que la basse Égypte doit à celles du Nil ; elles n'y apportent pas un limon fertile, ni des eau: fécondantes. Le terrain qui n’est pas inondé par le Volga consiste ea «rides, qui, pour n'être pas absolument stériles, sont néanmoins “u sropres à l’agriculture. L'absence ordinaire de toute pluie est cause que même sur les bords du fleuve l’on est obligé d’arroser artificiellement chaque coin de terre qu’on veut eulliver. Ces bruyères sèches et brûlantes se couvrent cependant au commencement du printemps de belles fleurs, d'excellentes herbes, d'asperges, de câpres, de raiforts, de poireaux, de réglisse. Le kali geniculatum, dont on tire la soude, vient également en abondance ; la qualité en est aussi bonne que l’on doit l’attendre dans un sol tellement imprégné de sel. Dans les lacs d’Etsen, de Bagd, et plusieurs autres, le sel forme au fond un amas de cristaux. La montagne de Poydo-Ola porte sur son sommet une colline de sel. Il y a deux steppes ou landes semblables : l'une entre le Don, le Volga et le Caucase, appelée proprement stepastrakanskaia ; l'autre entre le Volga et l'Oural, jorte le nom de stepkalmoutzkuia, parce que les Kalmouks autrefois y demeuraient. Parmi les animaux qui errent dans ces landes, nous remarquons Pantilope. saïga, qui a les cornes transparentes et qui surpasse à la course les meilleurs chiens, les lièvres-terriers, les outardes, les faisans et autres oiseaux, enfin la tarentule.

La partie fertile de ce gouvernement ne comprend guere que les terrains bas qui se trouvent le long des fleuves Volga, Oural et Terek. Ces contrées produisent des herbes d’une grandeur démesurée, des arbouses, des citrouilles et des concombres, ceux-ci jusqu’à la longueur d’une demi-aune, des racines et légumes de toute espèce, des pommes, poires, pêches, abricots, prunes, ccrises, mûres et d’autres fruits, enfin, du raisin rouge et blanc. Tous ces végétaux viennent d’une grosseur extraordinaire, circonstance que les panégyristes de la Russie ne cessent de répéter avec enthousiasme ; le pays d'Astrakhan pourrait, selon eux, devenir un paradis terrestre, Pour nous, qui ne sommes pas chargés d'attirer des colons en Russie, nous dirons la vérité sans déguisement, Tous ces fruits el légumes prennent un immense

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parce que le sol est imprégné de matières salines, enfin parce que la chaleur pendant deux mois est extrême : voilà les causes de cette sigétation étonnante; mais de ces mêmes causes provient aussi le | soût désagréable, aquatique et insipide que lon remarque dans les | productions d’Astrakhan. Disons que l’industrieux Russe saura bien un jour tirer partie du Delta Volgaïque, mais qu’il y lutte encore faiblement contre de grands désavantages naturels. La chaleur y est quelquefois excessive, et l’on voit le thermomètre monter jusqu’à plus de 34° Réaumur. L'air est malsain dans une grande partie de ce gouvernement, à cause des exhalaisons salines dont il est constammen

chargé. Les vents du nord apportent quelquefois un froid si vif, que le thermomètre descend au-dessous de 24° Réaumur. Le principal bras du Volga, large de 2,200 pieds, gèle en hiver jusqu’à porter des traineaux chargés ; la glace dure ordinairement deux mois. La ville d'Astrakhan avant trouvé l’entretien des vignobles trop onéreux, a obtenu la permission de les vendre à des particuliers; on n’en tire que des raiins devenus très-gros à force d’irrigations ; le peu de vin qu’on y fait, d'est bu que du menu peuple dans la ville. Les tentatives pour la culture des cliviers n'ont pas réussi. Les abricots ne prosperent qu’en prenant L aucoup de soins, et quelquefois ils périssent dans les grands froids. C’est, comme on voit, le climat des extrêmes.

La ville d’Astrakhan, dont la population de 40,000 habitants s'élève quelquefois, dans le temps des pêcheries à 70,000, est construite das une des îles formées par le Volga, et figure assez hien du üeñors avec ss nombreuses églises, ses vergers et vignobles, ses grands faubourgs, aicitadelle, nommée Æreml!, ou Kremlin, comme celle de Kazan, de Nijn- Novgorod et de Moscou; mais ce n’est pas une belle ville: les maisons de bois y fourmillent ; les rues, boucuses et sans pavé, concourent, avec l fange et les poissons croupissants que les inondations du printemps hissent sur les rivages, à y rendre l'air désagréable et meme malsain, Le commerce avec la Perse ct l’Inde fleurit, ainsi que l’industrie, dont le principal objet est le coton et le maroauin. Parmi les habitants on trouve, outre les Russes, des Arméniens, ues Tartares, des Indiens et es Persans. Les sectateurs de Brahma vivent en communauté de célilataires, dans un grand édifice de bois, sans fenêtres ; la propreté règne

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