‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 51 sur 72 · SA SC TE É · texte numérisé non relu

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sicurs tribus, depuis les sources de l’Icnisci jusqu'à la mer Glaciale, et hignen le long de cette mer depuis la rivière Anabara dans l’est jusqu'au Me. :, Les zen dans l'oucst. La tribu la plus méridionale que l’on connaisse et eurs r celle des Ourongkhaï ou Soyotes, demeurant dans les monts Saghaliens perfide. sous la souveraineté de la Chine. Ceux qui demeurent en Europes’app }; renn lent eux-mêmes Ninetz et Chasowo, c'est-à-dire les hommes. Ils se di pèche f visent er plusieurs tribus, dont la principale, celle des Vanoïta, habit ureur les bords de la Petchora, de l’Ousa, de la Korotaïcha et de la Kara. vue étan

Les rennes forment leur principale richesse : il yen a qui en possèdent Leurs d jusqu’à 1,009: les plus pauvres n’en ont que 10; le prix d’unrent pirbres excellent varie de 5 à 10 roubles. La chasse a pour objet les ours, 1 ;ablen loups, les renards, les écureuils, les hermines, les martres, les lièvrs EE ancore d les isatis, les rennes sauvages et divers oiseaux, tels que les cygnes, 1 incipe oies, les canards, le larus parasiticus et l’hæmatopus ostrilegus, Où amas {3 Qu] seur d’huîtres. La pêche s'étend sur les fleuves etsur la mer, maiscelle aprit, p ci est extrêmement bornée; les poissons les plus remarquables sont L'inmor salmo migratorius, le salmo neleuco, le cyprinus rutilus, diverses sortes di xoré loses et de perches. Les fleuves ne sont ouverts que 2 à 3 mois; k prêtres ; dégel a lieu au milieu de mai; la Petchora se couvre de glaces au COM avec le mencement d'octobre, lOusa au commencement de septembre. LE ques cou bords de l'Ousa présentent néanmoins des sapins, beaucoup de bouleau rives à et d’aunes, des broussailles de saules et des sorbiers. Près Pustoserk je tribut il croît des chamæmorus, des épir nettes et de l’airelle rouge.

Les Samoïédes d'Europe sort: la plupart de taille moyenne; il] ena cependant qui ont jusqu’à six pieds. Ils ont les jambes courtes visage plat, des yeux per'is et longs, le nez si enfoncé, que le bout en &% ‘avance presque de niveau avec la mâchoire supérieure. Ajoutez à ces traits dE au nord mâchoires fortes et relevées, la bouche grande, les lèvres minces, I souvern cheveux noirs, rudes, luisants, qui leur pendent comme des chandelle sur les épaules, les oreilles grandes etélevées, le teint basané, et ni bar ni poil; voilà le portrait d’un Samoïède, quant au physique. Leu femmes se marient à l’âge de 10 ans:elles cessent d’être fécondes à l'igi de 30. La polygamie est permise ; ordinairement le Samoïède se co! tente de deux femmes : il les achète des parents, et une fille coûte sou vent 400 à 4150 rennes. Les hommes ne sont pas sans jalousie, ni le fenmes sans pudeur; mais leur malpropreté est extrême; ils ne #

seul lien Notre tenant d

de notre à 500 pie nous ne tout l'es] compte lsquelle dans la 1 des veiné

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bignent ni ne se lavent que lorsque leur saleté les menace d’une maladie. L’eau-de-vie offre aux Samoïèdes des charmes irrésistibles ; plusieurs meurent de combustion spontanée, causée par cette boisson perfide. Ils mangent la chair de renne ou de poisson toute crue; le sang de renne tout chaud est leur boisson favorite. Comme la chasse et la pêche forment leurs seules occupations, ils sont naturellement bons coureurs et excellents tireurs d'arc ou de fusil. Les sens de l’oule et de la vue étant constamment exercés par ce genre de vie, ils les ont parfaits. Leurs demeures sont des tentes de forme pyramidale, faites d’écorce d'arbres et couvertes de peaux de rennes. Tous les travaux domestiques accablent le sexe le plus faible, auquel diverses superstitions imposent encore des purifications extraordinaires. Ils croient à l'existence de deux principes ; ils n’adorent pas le bon être, parce qu’ils pensent qu'il leur fera du bien sans qu’on l’en prie; ils n’adorent pas non plus le mauvais esprit, parce qu’il ne s’adoucit guère par les lamentations des hommes. Limmortalité de l’âme est, selon ceux, une espèce de méteinpsychose. Malgré une croyance si simple, ils n’ont pu être exempts du joug des prêtres ; ils ont leurs kedesnicks, ou sadibeïs qui sont en relation suivie avec le mauvais principe. Ils n’ont point de lois, mais seulement quelques coutumes : comme, par exemple, de ne point contracter d+ mariages avec les indiviaus de la même famille; ils paient sans résistance le tribut de pelleteries que les Russes leur ont imposé , et qui forme le æul lien de soumission entre eux et l'empire.

Notre voyage à l’orient de la mer Blanche est terminé. Partons maine tenant dans une direction opposée. Le gouvernement d’Olonetz, qui savance dans le sud jusqu’à la latitude de Pétersbourg, se prolonge aunord jusqu’à la mer Blanche, de manière à couper de la masse du gouvernement d’Arkhangel le cercle de Kola ou la Laponie. Il fait partie denotre Région des grands lacs, Des rochers granitiques, élevés de 300 à 500 pieds, forment ce qu’on appelle les monts Olonetz. Ces petits chainous ne sont que les saillies d’un plateau granitique qui paraît occuper tout l’espace entre la mer Blanche et les golfes de la mer Baltique. On compte 1,998 lacs dans ce gouvernement, et les chutes d’eau à travers lesquelles leurs eaux se jettent, soit dans les lacs Onega et Ladoga, soit dans la mer Blanche, se trouvent toutes dans le granit. On y rencontre

des veines d’or, ducuivre ct du fer. Ce dernier seul est assez abondaut Ve CE

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271 CHADEUUE VINGEDEUNIEME,

pour dtrooxploné, Los carrières do marbre lourmasentan te élégant de Potorshonrg, Lo chône et le nôtre no rounamsont pan, ain dons ln corele de Kargopol, los mélosos ot los sapins atteignent encore une dlovation de 100 piods,

letrosavodk, chelou du gouvernement, o8tune ville de 7,000 Bali. lants, avee des usines npertades et une fonderie de canons, Kargopol, poto ville de 4,000 nes, laitun commerce actif Olonets, avec 2,500, est romarquable comme un des promiers chantiers où Pierre Je Grand sauve construire des bitiments de guerre, Dans le cercle de Porn. nets, OÙ il croit du chanvre excellent, où trouve beaucoup de shobnih ou Russes de Pancien vite sis y'ont plusiours couvents de moines qu ne so rasont junnais, La population du gouvernement d'Oloncts se com pose principalement do Finnois de Garélie, dont la langue, mèlée avec celle des Russes, à produitun idiome zarre,

L'arrondissement du héme (oriental) qui horde lt côte ouest de la mer Blanche, renterme plusieurs rivicres dont Tes eaux juunies par li décomposition du sphagnum palustre ot d'autres plantes de tourbere, so précipttent en ceume dorée par-dessus les falaises de granit, Les hois prennentier une apparence languissante ; Forge mme no réussit gucre dans co sol glacial, et les Lapons avoe leurs rennes en oceupent une grande partie.

Parun les Îles que renferme cette partie de Ja mer Blanche, celle de Sobretskoy renferme une bourgade avec un couvent, fameux par les pélerinages dont ilest le but, et par le siége de quatre ans qu'il soul contre un corps de Strélitz.

Lo cercle de Kola formait jadis, avec la partie septentrionale du Ko oriental, a Laponie russe; mais, par les traités réconts, deux grands districts, autrefois suédois, tout le Lapmark du Kémi occidental et une grande partie de celui de Tornéo, sont devenus russes ; ainsi, les deux

tiers à peu près de; régions occupées par les Lapons dépendent de h

couronne de Russie ; et c'est ici que nous devons tracer la peinture de € pays et de ce peuple singulier. Toute la Laponie, à partir du Nordland norvégien, est un plateau couronné seulement sur son bord occidental d'une chaine de montagnes, qui forme l'extrémité des Alpes scandinaves et s'abaisse depuis le Sulitielma, haut de 6,000 pieds, jusqu'aux mon tagnes du Finmark norvégien, qui n'ont que 3,600 pieds. Tout l'inte-

TRUE pénerale hautes, HN On out de de 4,0 Lou un cnbieren de fut, pont, nm mdices reté du nuneran s'en réf Parmi taracte à la Nor li Suède (orme, | koski, cl rains, F4

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s; ainsi, les deux dépendent de là la peinture de ce rtir du Nordland à bord occidental lpes scandinaves | jusqu'aux moneds. Tout l'inte-

EUROS: HUSSE, 27 men ent un plateat lonn par des ravins et des vallées nynnt nératement de 46 à04,606 vie d'éévation dune des plaines tes plus hautes, et bare ant constamment vers Let et vera te pu, Le partage des cas etre Bomer du Nord ete golfe Hothinique, ve fait à 20 Deues nu dde ces hanteura, a pied du rocher Salvas- Vado, dans un niveau de 4,300 piedu,

Leu métaux abondent dans la Laponie occidentale, des montagnes cubéres, dans fn partie encore suédoise, sont comporten de minerais de fer, souvent trescrichess y a aus des indices de cuivre et d'ars gent ads en avanennt sur le platenu vers Bomer Blanche, tous ces mecs deviennent moine brillants, P'aleurs le défaut de bras, Va ra reté du bois, le difficulté des transports poralyaent l'exploitation des minéraux dans la partie intérieure etorientale de ee paye, Les Lapons s'en réjouiasent, car de craindrment d'être forcés au travail dea mines.

Parmi les Neuves de a Laponie, V'Alten où Alata, qui traverse de ce lracte en cataracte Be chaîne des montagnes du Finmark, appartisnt à la Norvége, tandis que 16 Torndo, avec 1e Muonto, forme la limite de hi Suède, Mais le Kémi de Bothnie coule tout entier sur le 801 russe ; il forme, parmi d'autres eataractes inposantes et terribles, celle de Tatvale koski, chute du ciel, la seule qui arrête les hardis navigateurs riverains. Le Tana, fameux par l'excellence de 868 saumons, fait en partie la limite entre la Russie et la Norvége, Le Pause (le saint) est le déboue ché du grand lac Enara, semé d'Mots rocailleux, La Tuloma forme une grande chute avant de baigner Kola, petite ville de 4,200 habitants, avee un port, qui mérite d'être citée comme la ville la plus boréale de la Russie d'Europe. On connaît peu le cours du Ponct, qui parcourt loute la pente orientale du cercle de Kola. Le grand lac Imandra s'écoule dans le golfe de Kandala, mais il est plus élevé de 400 pieds. Toutes ces rivières, tous ces lacs, relégués dans une contrée froide et déserte, élalenten vain leurs cascades écumantes, leurs rivages escarpés ou découpés en mille formes bizarres, leurs Îles couvertes de bouleaux ou de pius; rarement un voyageur y vient se reposer aux rayons du soleil de minuit sur la blanche et élastique mousse qui, semblable à un tapis de neige, s'étend sur leurs bords silencieux entre les longues ombres des forèts et des rochers. Le Lapon riche y mène rarement ses mille renues, qui aument mieux étancher leur soif aux ruisseaux et aux sources

276 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME des montagnes : mais le pauvre qui n’a point de troupeaux, y vient chercher sa nourriture; le jour il veille aux filets qui traverseut les rivières; lt nait (lorsque ce pays a des nuits), il fait reluire ses torones de pin, et frappe de son trident les poissons qu’aitire à la surface des eaux cette lueur trompeuse. La superstition des Lapons attache des idées de saintelé aux cascades, aux rivières, aux lacs, à chaque pointe de rocher un jeu remarquable. Mais, sans s'arrêter à ces idées, l’industrieux et hardi Finnois, sous le nom de Quaine, colon toujours avançant, déjà bien supérieur en nombre aux Lapons, fait descendre ses barques à travers la plupart des cascades, et rouler à travers leurs précipices les arbres enlevés aux forêts les plus reculées. Le persévérant Suédois établit au pied des cataracles, sur les dernières pentes du haut pays, ses maisons simples, mais propres, et ses cultures, trop souvent compromises par les gelées. Au sortir du pays des nomades et des pêcheurs, le voyageur voit tout à coup apparaître la civilisation; la fumée s'élève des usines, l’enclume retentit dans les forges, les planches crient sous la scie des moulins, et les cloches annoncent leculte deschrétiens. Tel est l'aspect de Tornéo, petite ville de 800 âmes. Mais, du côté de la mer lslanche, les contrastes sont peu marqués; le désert atteint presque partout le rivage, et quelques hameaux russes, avec leurs jardins de choux et leurs magasins de pelleteries, animent seuls l'embouchure des fleuves.

Le climat de la Laponie a obtenu une célébrité fâcheuse, parce qu'il est le plus froid où parvenaient les voyageurs de l’Europe occidentale, Aucun pays cependant, à latitude égale, n’a une température moins ri goureuse. Comparez-le seulement au pays des Samoïèdes et à Lous les rivages de la Sibériequi, plus méridionaux de deux ou trois degrés, ne sont jamais complétement dégagés de glaces avant la fin de juillet, tandis que les ports de la Laponie norvégienne sont libres à la fin de mai. La mer ouverte et toujours en mouvement, qui procure cet avantage aux côtes nord de la Laponie, les enveloppe, ilest vrai, dans des brouillards humides ; et ce n’est que dans l’intérieur des golfes, à l'abri des verts maritimes, et jusqu'à 7 ou 800 pieds d’élévation, que réussit la culture des céréales, et qu’on éprouve toute la force de la chaleur accumulée pendant un jour perpétuel de 6 semaines. Ce climat maritime se détériore aussitôt qu’on a tourné le cap Nord, et les ports de la côte orientale restent encombrés de glaces jusqu’au milieu de juin.

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Mais c’est le plate: central qui doit surtout nous intéresser. C’est de toutes les régions polaires, à latitude fgale, la plus habitable. Pendant 66 jours qui sont, il est vrai, de 24 heures, on voit le seigle et l’orge lever, jaunir, müûrir et tomber sous la faux. Un hiver rigoureux de 8 mois offre en compensation de ces moments de chaleur quelques extrèmes degrés de froid, et le mercure gèle assez fréquemment en plein air ; mais sile Lapon en souffre dans sa tente, le Quaine sait tres-bien s’en mettre à l'abri dans sa pærrte ou cabane à four. L’hiver paraît à peine aussi ri goureux à Enontekis qu’à Arkhangel. Ce qui cffraie le voyageur sur lr plateau central, c’est la violence excessive des vents, c’est le désordre chaotique produit par le dégel des puissants fleuves qui sillonnent les vallées. Après tout, ne cherchons pas le paradis terrestre en Laponie.

La végétation de la Laponie a été savamment étudiée par Wahlenberg et de Buch. Parmi les arbres, on trouve le sapin, le pin, le bouleau, le bouleau nain et diverses espèces de saule : mais chacun d'eux ne dépasse pas une certaine limite. Les neiges perpétuelles règnent à une élévation qui varie de 3,200 à 2,500 pieds. Parmi les plantes propres à ce pays nous citerons le rubus arcticus, le saliæ laponica, le ranunculus lap.,et hyperboreus, la diapensia lap., l’andromeda cærulea, le pedicularis lap., et l'orchis hypere horea. Ces espèces sont assez nombreuses en individus, et la végétation dela Laponie est très-supérieure à celle detoutesles autrescontréesautour dela mer Glaciale. Les mousses et les lichens, surtout le lichen à renne, couvrent les rochers et les plaines élevées au-dessus de 1,000 pieds ; elles y forment en été un tapis si épais, que le voyageur croi: ait marcher surune toison de laine. D'une teinte jaunâtre, le lichen à : ire passe, en séchant, à un blanc de neige qui produirait uneillusion complète sans les buissons verdoyants etles touffss d'arbres qui en interrompent l’uniformité. Une plaine à fond de roche couverte de cette mousse ‘st une prairie de Laponie; même les vaches s’y accoutument comine nourriture d’hiver ; on peut aussi tirer de ce lichen une farine un peu amère, mais saine et nourrissante. La sagacité de l’ours a enseigné aux Lapons l'usage de la mousse d'ours (muscus polytrichum) , qui, en s’élendant sur les prairies, y étoufle toute autre végétation, mais qui fournit une couche aussi molle, aussi propre que la mousse à renne, et plus durable. L'industrietirerait parti des substances colorantes que contiennent beaue coup de lichens très-abondants en Laponie. En qu'ttant les terrains de

078 CUALSTRE VINGT-DEUXIÈME.

roche, on soft de lempire des cryptogames. Dans les prairies, les lai. ches (carex) dominent avec leurs feuilles aiguës et sèches, qui, récoltées en été, servent de doublures aux pelisses. Les marécages très-étendus se couvrent surtout de tubus chamæmorus et de vaccinium myrtillus, Los meilleurs pâturages pour les bêtes à cornes sont couverts de plantes al. pines. Les racines de l’angélique servent à la nourriture, ainsi que les tiges du sonchus. L'orge est le grain qui réussit le mieux, mais la pomme de terre est d’une récolte plus sûre. Les choux et les raves y réussissent, Mais ce sont les arbustes à baics qui forment l’orgucil du règne végétal laponique. Lesfruits du rubus arcticus flattent le plus le goût ; mais ceux du rubus chamæmorus, qui couvrent peut-être 400 à 500 lieues carrées, surtout dans les Îles, réunissent encore à une saveur agréable une vertu anti-scorbutique; le fruit du vaccinium væycoccus, et d’autres espèces voisines, se perfectionne même dans ce climat, d’où toutes les jouissances de ce genre semblaient bannies.

Parmi les animaux, le renne tient le premier rang par son importance. Sans lui, toutes les peuplades polaires vivraient dans la misère, Son tempérament robuste qui le rend insensible au froid ; son industrie à chercher en été des herbes, des baies, des champignons qu'il aime beaucoup, à déterrer sous les neiges même profondes sa mousse chérie; l’excellence de son lait, si gras qu’on est obligé de le délayer dans de l’eau; sa chair fort supérieure à celle du mouton; sa peau solide ét douce, tout rend précieuse la possession de cet animal. Mais c’est une possession très-précaire et très-difficile à soigner. Le troupeau vagabond et récalcitrant se disperse souvent dans les bois, n’obéit pas toujours aux chiens et aux bergers, se laisse diMficilemient traire, et ne donne son lait qu’en très-petite quantité. Aussi, pour se nourrir abondament, le Lapon a besoin d’un troupeau très-nombreux et de pâturages très-étendus. Forcément nomade, il cherche tantôt la fraîcheur des montagnes, et tantôt un asile contre le vent glacial. Le renne n’appartient pronrement qu’au plateau central de la Laponie; il languit en été sur les côtes du golfe Bothnique, et en hiver dans les îles nébuleuses du Finmark. Il est en outre sujet à de nombreuses maladies par. ticulières qui souvent détruisent en peu de jours les richesses patriarcales du Lapon le plus heureux. Alors ce roi pasteur descend vers les bords de la mer, et, comptant sur les produits hasardeux de ses filets,

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EUROPE : RUSSIE, 979 hnguit parmi ces tribus de pêcheurs que naguère il dédaignait. Le plus grand danger auquel les pasteurs de rennes sont exposés résulte des dégels universels, mais momentancs, suivis d’une nouvelle gele subite qui recouvre la neige d’une croûte trop forte pour que le renne puisse, en la perçant, s'ouvrir l'accès aux lichens nécessaires à son existence, Cesont là les seuls, mais redoutables moments de famine. Le renne vit d'ordinaire 15 ans. On abuse de cet animal en l’attelant à des traineaux qu'il emporte, il est vrai, avec une vélocité étonnante pendant 7 à 8 beures, au bout desquelles il tombe dans un épuisement extrême. Le Lapon donne au renne autant de noms que l’Arabe au cheval; le mâle se nomme généralement potso, et la femelle vasea.

Les colons finnois, suédois, norvégiens et russes, ont introduit en Laponie quelques chevaux, bœufs et moutons; ces derniers réussissent. Les bœufs perdent leurs cornes, et les vaches deviennent blanches. L'élan devient rare dans les forêts comme le castor sur les rivières; mais l’ours, le glouton, le loupet autres animaux carnivores y poure suivent les écureuils, les martres, les lièvres, et ces singuliers rats-lem= ming qui avancent toujours en ligne droite du sud au nord, sans égard aux lacs ni aux fleuves qu'ils rencontrent, et où ils se noient par milliers plutôt que d'abandonner leur direction.

Les forêts, les broussailles, les arbustes à baies qui remplissent les solitudes de la Laponie, offrent le plus agréable asile aux oiseaux à migration ; tous les étés ils y arrivent par bandes. Les îles se couvrent d'œufs des oiseaux aquatiques ; l’intérieur se peuple de diverses espèces de gallinacés, tels que le coq de bruyère, la poule de neige, la perdrix blanche, la gélinotte. La Laponie possède un remplaçant du rossignol, la motacilla suecica, à laquelle ses accents mélodieux ont fait donner en finnois le nom de satakiélinen, « celle aux cent voix.» Se nourrissant des insectes de Laponie, ce chantre des déserts, orné d’un collier de plumes d’azur, ne saurait vivre hors de son pays. Les diverses espèces de saumons enrichissent les rivières ; mais, du 14 juillet au 14 août, des essaims d'insectes aussi incommodes ici, sur des rivages à peine dége lés, que sous la zone torride, poursuivent le voyageur et le renne de leur bruyante mordacité, et, mourant le jour de leur naissance, sem blent engraisser le sol de l’immense amas de leurs cadavres.

Les Lapons s'appellent eux-mêmes Sabme où Same, nom auquel ils

ajoutent le mot lads ou lain, gens, habitants. Ils ont d’abord été connus des nations scandinaves sous le nom de Finn; mais, dès le xur siècle, Saxo les nomme Lappes, et les annales russes ne les connaissent que sous le nom de Lepori, Une petite taille, ordinairement de quatre pieds et demi, un visage large, les joues creuses, un menton pointu, la barbe peu épaisse eten touffes éparses, les cheveux roides et noirs, la peau naturellement jaunâtre, rembrunie par la fumée; tel est le signalement général des Lapons. La stature plus élevée, la peau plus blanche, les cheveux de diverses couleurs semblent des exceptions ou des traces de mélanges. Endurcis par leur rude climat, les Lapons acquièrent une ex. trème agilité et une grande force passive ; jeunes, ils atteignent sûr leurs patins à neige les loups et les renards à la course; hommes faits, l'arc fléchit sous leurs bras nerveux; vieux, ils traversent les fleuves à la nage, et portent des fardeaux considérables; mais ils ne paraissent gé. uéralement atteindre qu’à l’âge de 50 à 60 ans; et, quoique très-propres dans leurs vêtements, leurs habitations et leur nourriture, ils éprouvent beaucoup de maladies. Très-passionnés, ils sont aussi très-craintifs; un regard les met en colère, une feuille qui tombe les inquiète. Tout voyageur étranger est un espion, chargé de découvrir l’état de leur fortune et de les soumettre à un impôt plus élevé. Rejetant le papier monnaie, ils recélaient autrefois dans le creux des rochers de l'or et de l’argent monnayé que souvent le père oubliait d'indiquer à ses fils, Cette défiance a pour compagne une avarice et un égoïsme extrèmes ; le commerce n'est pour eux qu'une tromperie perpétuelle. Sans pitié, ils abandonnent leurs compatriotes malheureux ; sans honneur, ils rampent devant la richesse, bien ou mal acquise ; les mariages, conclus par calcul, font rarement naître des sentiments propres à adoucir les enauis d’une vie solitaire; les parents ne s'accordent entre eux qu’une hospitalité intéressée ; et le talisman qui ouvre au voyageur la hutte ou la tente du Lapon, c’est la bouteille d’eau-de-vie.

Ce n'est que depuis 60 ans que le paganisme a disparu, du moins ostensiblernent ; et aujourd’hui l’administration a le tort de laisser introduire une trop grande quantité d’eau-de-vie; le Lapon pêcheur y eme ploie la moitié de son revenu, et même les Lapons pasteurs, accourus devant la boutique du marchand, y boivent souvent une Journée enticre jusqu’à ce que tous restent étendus par terre dans le som:

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EUROPE : RUSSIF, 281 meil de l'ivresse, d’où quelques-uns passent au sommeil Je la mort,

Nous venons de distinguer deux classes parmi les Tapons. Celle des pasteurs de rennes offre dans sa manière de vivre quelques traits plus aimables. Le soin de conduire et de protéger le troupeau se partage are tous les membres de la famille ; chacun a ses chiens particuliers, qui ne reconnaissent que sa voix. Les rennes, divisés en classes, portnt à leurs oreilles une marque qui distingue ceux qui sont destinés à fournir du lait, à traîner des fardeaux, à nourrir des petits ou à être engraissés pour la boucherie. Le soir, c'est un spectacle très-animé que de voir une famille occupée à ramener les rennes dans l'enceinte; les garçons ou les valets les retiennent par une corde enlacée autour des bois; les jeunes filles en jouant soutir ent à ces animaux un lait glutincux qui sort quelquefois goutte à goutte. Les migrations fréquentes des lapons sont déterminées par la promptitude avec laquelle les rennes ipuisent leurs pâturages ; souvent dans l'hiver un mois suffit pour rendre le changement indispensable. Les pasteurs vivent sous des tenks, formées par un faisceau pyramidal de pieux que recouvre une pièce d’étoffe de laine grossière et épaisse. Une ouverture dans le haut hisse échapper la fumée ; des chaînes de fer, descendues de cette ouwrture, tiennent les chaudrons et les pots suspendus au-dessus du foyer. Tout autour, des peaux de rennes, étendues sur une couche de branches de bouleau, offrent le jour des siéges et la nuit des lits à une vingtaine d'individus. C'est là que les Lapons, assis sur les talons, passent dans la béatitude d’un repos parfait le temps que ne demandent pas leurs occupations ; c’est là que dorment les pères et les inères à kur place d'honneur, les enfants, les chiens, et, lorsqu'il y en a, les valets et les hôtes étrangers.

Le traîneau du Lapon ressemble à une nacelle, de sorte que la personne assise dedans doit savoir maintenir elle-même l'équilibre. Les rennes, tirant avec le front seul, font quelquefois 20 lieues avec un traineau chargé ; mais souvent aussi ils s'arrêtent haletants. ou quittent la divection pour chercher de la mousse, et, au bout de 3 jours, le meilleur de ces coursiers est hors de service. Une famille laponne voyage dans uue longue suite de traineaux, divisés par séries; le père, la mère, chaque enfant dirige la sienne. C’est ainsi que les marchandises

des négociants sont transportées par les Lapous les plus pauvres. A la Y. 86

chasse ou en voyageant seul pendant l'hiver, le Lapon glisse avec une | rapidité étonnante sur ses longs patins à neige. En été, il voyage à pied, | et ne charge les rennes que de ses paquets. Grâce à la nature particu- |

lière du pays, il se sert aussi en été d’une frêle nacelle qu’il transporte sur des rouleaux d’un lac à l’autre; comme les lacs se suivent à peu de distance, e’est la manière la plus sûre d’avancer sur certaines parties du plateau. Le voyage dans l’intérieur, au milieu de l'été, pendant le jour perpétuel, présente d'innombrables inconvénients : transports plus difficiles, interruption causée par les fleuves, morsures des insec-

tes, fatigue occasionnée par la chaleur; on peut y ajouter le danger de]

rencontrer des incendies de forêts.

Les Lapons s’habillent en pelisses de renne; ils portent des culotteset des bottes de peau de renne, préparée de plusieurs manières, selon les saisons. Les femmes mettent en hiver des cu'ottes de drap. La chaleur de l'été fait ordinairement quitter ces vêtements à l’un et à l’autre sexe, pour se couvrir d’une longue blouse de toile ou d’étoffe. Les femmes

savent mettre une sorte de luxe dans leurs bonnets qui varient beau-|

coup d’un canton à l’autre; elles y ajoutent toutes sortes d'ornement en fil d’étain qu'elles font elles-mêmes. Une ceinture décorée de ph ques d’étain ou d'argent fait partie du costume lapon ; une bourse quiy est suspendue contient du tabac, de l'argent, un couteau, des aiguilles, des ciseaux, des bracelets de laiton, des chaînes d’argent ou d’étain; mais surtout des anneaux décorent l’un et l’autre sexe. Les Lapois savent faire du fil très-fin avec les tendons et les boyaux de rennes, cordes solides avec des racines, de jolies cuillers en corne, ainsi que des tabatiéres qu’on recherche en Suède.

La table du Lapon pasteur n’est nullement à dédaigner. A la suceulente soupe et à l'excellent rôti que lui fournit le renne, il peut souver joindre un jambon d'ours, uu boudin de renne et du kuppatialme, c'est. à-dire, de la crême confite avec toute sorte de baies délicieuses. [let singulier que le fromage de renne réunisse toutes les qualités des er pèces les plus renommées, tandis que son lait fournit un beurre quiale goût de suif. Depuis que le christianisme règne parmi les Lapons, l semmes, jadis censées immondes, ont été chargées de fonctions de hi cuisine qui étaient réservées aux hommes.

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mème tellement mêlés de Finnois-Quaines, qu’on n’entend presque plus mrmi eux l'idiome lapon, et qu’ils vont avant peu devenir une tribu distincte des véritables Lapons. Ils demeurent dans des huttes de bois ou des cabanes de terre, placées dans les endroits où ils font leur pêche. Leurs bateaux, formés de planches très-frêles, sont liés avec des cordes faites de racines; ils s’en servent avec beaucoup de hardiesse; mais, ni les filets qu’ils tendent à travers les fleuves pour arrêter le saumon, niles hameçons imparfaits avec lesquels ils poursuivent les merlus dans les golfes, n’indiquent une grande industrie. Ils se voient souvent réduits à manger dans l'hiver une pâte d’écorce de pin, mêlée de suif derenne ; ils ne savent pas en faire du pain, et ilsrépugnent à employer k mousse à renne. Dans le Finmark, les femmes se livrenit à la fabriation des rubans de laine.

Tous les Lapons aiment à se réunir pour manger et boire jusqu’à cé que leurs provisions soient épuisées. Le puolum-vine ou eau-de-vie, cire eule abondamment dans ces festins. La loquacité la plus bruyante s’y marie aux facéties les plus gaies. Les deux sexes y entonnent des joila ou chansons sur des airs sauvages et peu mélodieux. Les cartes à jouer ne leur manquent pas; elles sont faites d’écorce et coloriées avec du sang de renne. Lors d’un mariage, on voit souvent une tribu entière se réunir. Les enfants sont élevés sans peine; on donne à chacun, lors de sa naissance, un Ou plusieurs rennes qui lui appartient en propre, outre sa part à la succession.

L'idiome des Lapons est un dialecte finnois, mais tellement rempli de mots particuliers, que les deux nations ont besoin d’un interprète. Même les diverses tribus de Lapons ne s’entendent que très-difficile ment ; aussi les grammaires et les vocabulaires dus aux missionnaires, ne s'accordent-ils que sur l'identité des mots essentiels et sur le caractre général de la langue. Des cas très-nombreux, une grande richesse de formes pour les noms et les verbes dérivés, l’usage d’exprimer les pronoms par des aflixes joints aux verbes, les conjugaisous négatives, voilà les traits communs du Finlandais, de l’Esthonien et du Lapcn.

Un fétichisme général qui adore tous les éléments, combiné avec un panthéisme par lequel toute la nature est divinisée, semble être l’essence de l’ancienne religion des Lapons. Nous regrettons que notre cadre ne nous permette pas d'entrer dans quelques développements à ce sujet,

Disons cependant un mot de certaines croyances superstitieuses deve. nues celèbres. Les navigateurs du xvie et du xvi siècle racontent des merveilles sur la magie des Finns ou Finn-Lappes qui leur vendaient du vent renfermé dans une corde à trois nœuds ; si on déliait le pre. mier, le vent devenait favorable; avec le second, la voile s’enfli davantage; mais si on dénouait le troisième, on s’exposait à une tem. pête. Les Lapons de l’intérieur avaient leurs tyre ou boulettes légères et élastiques, formées d’une laine jaunâtre, et leurs gan ou figures sem. blables à des mouches; ils croyaient que les sorciers pouvaient lancer ces instruments magiques à travers les airs sur celui auquel il leur plaisait d'infliger une maladie ou même la mort. Mais l'instrument le plus fameux des magiciens lapons était le tambour, nommé quobdus ou gobodes, et quelquefois kannus sur lequel on faisait sautiller aux coups d'un marteau l’arpa (ou faisceau d’anueaux) qui, en s’arrétant sur une des images dont le tambour était décoré, annonçait les événe ments futurs. Souvent le magicien tombe par terre comme mort; son visage se décolore, sa respiration cesse ; son esprit est censé voyager dans des contrées lointaines ou même dans l’autre monde; lorsque, après une longue absence, l'âme revient dans le corps, une histoire adroitement composée apprend aux assistants quels lieux le sorcier a visités, et ce qu'il vient d’y apprendre; il prescrit des remèdes, com. mande des sacrifices, et donne des conseils sur toutes sortes d'affaires, Ne sont-ce pas là les schamans de l'Asie centrale avec leur tambour et leurs extases prophétiques? Les sorciers de Laponie ont exécuté de ces tours de force devant des Suédois pleins d'instruction, avec une telle habileté que ces juges sévères ont avoué l'impossibilité de tout expliquer,

Les îles de l'Océan glacial arctique qui dépendent géographiquement de la Russie, ne sauraient nous arrêter longtemps. L'île de Æalgouen, au nord de la presqu'île de Kanin, est seulement visitée par quelques Sa moïèdes qui y viennent chasser les renards, les isatiset les oiseaux aquatiques qui sont sesseuls habitants. L'ile de Vaïgatz est connue par le détroit auquel elle donne son nom. Au nord de cette île s’étend une grande terre que les Russes appellent Vovaïa-Zemlia, c’est-à-dire Nouvelle-Terre, et que l’on nomme vulgairement, par corruption, Nouvelle-Zemble. La Nou velle-Zemlie a 250 lieues de longueur du sud au nord sur 450 de largeur. Elle forme en réalité deux îles, car elle est divisée en deux parties fort iné

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Les Russes regardent encore l'archipel de Spitsberg comme une dépene dance de leur empire. Les îles qui le composent sont les terres les plus bréales que l'on connaisse. Il yen a trois principales; la plus septene tionale est appelée Terre du nordeest ; la plus grande est le Spitzberg pro pement dit, On la nomme aussi Nouvelle-Frislande. L'île Edges ou Terre du sud-est est la troisième. Ces îles, couvertes de glaces éternelles et dépourvues de toute végétation, présentent plusieurs montagnes d’une grande élévation. Nous citerons dans la Nouvelle-Frislande le mont Pare rasse, ainsi nommé par antiphrase, qui a 3,700 pieds, et la Pointe-Noire, qui en a 4,200. Une société de négociants d'Arkhangel entretient depuis longtemps à Smeerenberg, sur la côte occidentale de la Nouvelle-Frislande un petit poste de chasseurs qu’elle fait relever tous les ans. Ces parages lont en outre visités par les navigateurs anglais, danois, norvégiens et autres, à cause du grand nombre de baleines, de narwals, de vaches marines et de grands amphibies qui les fréquentent.

SECT, 4°. — Description des provinces autour de la mer Baltique.

A peine sortons-nous des solitudes polaires, et déjà nous sommes aux portes de la capitale moderne &e l'empire russe ; nous pouvons y arriver par-dessus des lacs glacés sans sortir de notre lraîneau, sans dételer nos rennes, et sans quitter notre pelisse laponue. Les provinces autour dela mer Baltique, conquises sur les peuplades finnoises à demi sauvages par des Goths et par des Germains, enlevées à ceux-ci par la puissance «lossale de la Russie, conservent encore leur ciel âpre et leur sol agreste : mais du sein de ces marais s'élèvent des palais et des temples; derrière ces rochers mouillent des flottes marchandes et des escadres frmidables ; au milieu de ces frimas et de ces brouillards, une cour superbe combine ses vastes desseins politiques et commande jusque sur ksrivages du Danube et jusqu’au centre de l'Asie,

236 CHAPITRE VINGT-DEUXIENME.

Ces contrées se subdivisent naturellement par la Neva et le golfe

Finlande. Occupons-nous d’abord de la partie septentrionale. Le grand. Le es duché actuel de Finlande, qui, outre la province ci-devant suédois one Un ( de ce nom, embrasse le gouvernement de Vibourg ou l’ancienne Fin- dE sapir lande russe, forme presque une division naturelle ; c’est le tiers nord prnissent oucst, le tiers le plus fortement caractérisé de cette remarquable région jé desctfr des grands lacs que nous avons déjà signalée. a lv

La Finlande occupe presque toute la largeur de cette espèce d’isthme a général

formé par la mer Blanche et la mer Baltique. L'on n’y voit que de hauteurs peu considérables et en généralsans aucune direction ni liaison, Tout le milieu de la Finlande est un plateau, élevé de 400 à G00 picds au-dessus de la mer, rempli de lacs, couvert de rochers, qui àe forment nulle part des chaînes élevées, et qui sont généralement composés d'un granit rouge nommé rapa-kiwi, en finnois, qui se décompose avec une rapidité étonnante. Dans quelques rochers onremarque des excavations circulaires, ou plutôt en forme spirale, qu'on appelle dans le pays iette. grytor, c’est-à-dire chaudières des géants.

La Finlande est aussi dénuée de métaux que la Scandinavie en est abondamment pourvue. Les Finlandais tirent leur fer de la Suède ; maïs ils fabriquent eux-mêmes beaucoup de salpêtre, et ils pourraient en

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à beaucoup de rivières, mais dont le cours est très-borné ; telles sont l’Ulea et le Koumo, qui se jettent dans le golfe de Bothnie; la Kymnin qui, à travers plusieurs cataractes, s'écoule dans le golfe de Finlande, et le large Voxa qui grossit le lac Ladoga. Le lac le plus central del Finlande est celui de Payana, c’est-à-dire le paisible; il a 29 lieues de long sur 5 de large, ctla Kymmène en tire son origine. Le lac de Saïna, à l’est, est encore plus considérable; mais il est encombré d'îles. Ave ses baies et ses communications, il peut être évalué à 60 lieues en or gueur, sur 8 à 9 dans sa plus grande largeur; il s'écoule dans celui de Ladoga, par la rivière de Voxa, après avoir formé six cataractes do celle d’Imatra est la plus pittoresque.

Les côtes de la Finlande, surtout celles du midi, sont bornées d’un: ceinture de rochers innombrables, peu élevés au-dessus du niveau tk la mer, mais souvent pointus ou taillés à pic, et tantôt réunis en grou-

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EUROPE : RUSSIE, 287 ps, tantôt rangés en chaînes. Les petits canaux sans nombre, les pasages dangereux, les courants tumultueux et écumants, les abris où règne un calme parfait, les masses nues et déchirées, les touffes de pin et de sapin qui couronnent quelques-uns de ces îlots, les arbustes qui grnissent les flancs des autres, tout contribue à faire de ce labyrinthe we des merveilles de la géographie physique.

Le climat de la Finlande méridionale est d’une inconstance extrême; a général, il est rigoureux, on y éprouve des froids de 30 à 32 degrés, a en été la récolte est exposée à des sécheresses dévorantes. Le nord & l'Ostrobothnie participe au climat de la Laponie. Aux environs l'Ouléaborg, le grain est quelquefois semé et moissonné dans l’espace de six semaines. Dans l'Ostrobothnie, les gelées commencent en octoke et continuent jusqu’à la fin d’avril : il n’y a pas, pour ainsi dire, de printemps. L'été commence en juin et dure trois mois ; l’automne, le reste de l’année. L'abondance des pluies en septembre, et le cégel en

mai et en juin, rendent presque tout voyage impossible dans ces temps

de l'année, Le climat du plateau intérieur serait peut-être le plus tolénble, si les lacs et les marais n’y répandaient pas des brouillards trèswids et quelquefois malsains. Ils sont rares les moments où un ciel ans nuages éclaire l’admirable mélange de rochers rougeâtres, de jierres mousseuses, de lacs bleuâtres, de cascades cristallines et de prairies d’un vert d’émeraude, qui forment les paysages de la Finlande ntrale ; op souvent un jour mélancolique enveloppe toutes ces vues iltoresques.

Le sol de la Finlande, composé en grande partie de terre végétale, ire généralement plus d’endroits fertiles que le sol rocailleux de la Bucde. Le seigle des environs de Wasa, à 63 degrés de latitude, est d’une jualité supérieure. Le blé sarrasin réussit surtout dans la Tavastie et e Savolax. On cultive partout l’orge et l’avoine. Le bétail est petit et mal soigné. Les chevaux de la Carélie sont plus vigoureux et plus robuss que ceux de Suède; mais la race mélangée résiste mal au climat, Partout les forêts immenses recèlent une grande quantité de gibier, trtout beaucoup d'oiseaux; mais les ours et les loups y abondent aussi : “rivières produisent des poissons délicieux, surtout des saumons. ans ce labyrinthe d’ilots et de rochers qui environnent les côtes, on Kche de petits harengs et des chiens de mer. Ces phoques vivent aussi

dans le Jac Ladoga et dans celui de Saima. Les ruisseaux de l’Ostroboth. préfectu nie fournissent de très-belles perles. la, anci

Les forêts, quoique dévastées, fournissent encore en abondance du marais, goudron, de la résine, de la potasse, beaucoup de bois de construction à chasse e et surtout du bois de chauffage. Les paysans fabriquent une immense Janus quantité d’ustensiles en bois, qui se vendent dans tout le Nord. Le ci avec des mat ne se refuse pas tout à fait à la culture des arbres fruitiers, On dois à 1: a vu les cerises et les pommes müûrir à Wasa et à Jacobstad en Os des boul bothnie. Le chène et le noisetier ne dépassent le 60° parallèle que did 3,000 ha des situations privilégiées. Le frêne s’étend jusqu’au 62e. Le lin deFi prideriks laude n’est ni assez long ni assez pur ; mais il égale en force celui dé jance m Russie. nois Sav

Cette province, bien plus fertile qu’on ne le supposerait d’après a qu'à leur latitude, pourrait nourrir 2,000,000 d'habitants ; mais il y a des ob bux er cles que l'industrie ne saurait faire entiérement disparaître. Les gl btifié o subites détruisent souvent les blés naissants; une espèce de ver, nommé peuvent : dans le pays turila, dévore les moissons au moment où elles vontr pour compenser les soins du laboureur. L’humidité de l'air oblige les cul à cale pla

vateurs à sécher leurs grains dans des fours semblables à ceux qu'a emploie dans le reste de la Russie. La méthode que les Finlandi emploient pour défricher leurs terres est extrêmement nuisible à conservation des forêts. De temps immémorial ils sèment dans l« cendres, produites par l'incendie de ces dernières. Les rivières, remplies de cataractes et de bas-fonds, offrent peu di vantages à la navigation; d’un autre côté, elles débordent souvent causent des dommages considérables en inondant les champs. La Suël avait de bonnes raisons pour ne pas étendre à toute la Finlande sf excellent système de grandes routes. Ainsi le défaut de communicalia et de débouchés retarde les progrès de la culture dans toutes les par ties intérieures du pays. Ce défaut force les paysans à fabriquer euf mêmes les ustensiles, les meubles, et en partie les étoffes dont ilso besoin. Il ya des cantons dont les habitants ne se rendent à la il que pour s’y procurer du sel et de l'argent comptant. Mais la réunit à l'empire russe, en ouvrant à la Finlande un marché avantageux, réveille déjà l’industrie.

Nous allons parcourir les provinces et les villes remarquables.

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