‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 50 sur 72 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

270 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME, faisaient aux ours blancs, aux rennes et aux renards bleus: en été ils recherchent de Pédredon. Comme il ne croit point de bois dans ces îles, les pêcheurs périraient de froid, si la mer n’en jelait sur les côtes: on y trouve même quelquefois des poutres qui peuvent servir à la construction d’une maison. Le scorbut n’est point dangereux pour les Russes, grâce à l’exercice que la chasse leur procure, Quelquifois ils ont près de leurs cabanes un bain de vapeurs. Outre qu’ils se servent des plantes anti-scorbutiques qui croissent en abondance sur les côtes, ils se munissent ordinairement d’une certaine quantité de moroschka et font usage d’une boisson de pommes de pin ou de genièvre, qu'ils trouvent salutaire. Ils boivent aussi du sang de renne chaud, remède qu’ils ont vraisemhlablement acopté des Samoïèdes.

Deux autres villes méritent encore notre attention; ce sont Vologda et Oustioug-Véliki. La première, peuplée de 14,000 habitants, est une des villes les plus commerçantes et les plus indusirieuses de la Russie, On y trouve des fabriques de soieries (rubans et mouchoirs), de toiles de lin teintes et glacées, de cuirs, de faïence et de couleurs minérales, de verreries et de cristaux, des fonderies de suif blanc et des fabriques de chandelles, des fours à tuiles; on y fait encore Cu papier, de la cire à cacheter, de l'huile, de la térébenthine , de l’orge mondé. C'est l'industrie de l’ancienne Novgorod qui s'est réfugiée ici. Le commerce est encore plus important; c’est l'exportation de toutes les denrées et produits de la province; c'est l’entrepôt de tous les objets qui de Pé tersbourg vont en Sibérie, à Viatka et à Perm; de ceux qui, de l’inté rieur de la Russie, sont exportés pour le port d'Arkhangel ; et enfin des pelleteries de Sibérie, des thés et nankins apportés de Kiakhta. Oustioug-Véliki, ville de 7,000 habitants, est une colonie de Vologda, Placée sur la Soukhona et sur la grande route d'Arkhangel en Sibérie, elle est le dépôt de toutes les marchandises exportées dans ectte contrée, soit d’Arkhangel, soit de Vologda et de Pétersbourg. On y trouve des fabriques d’émail, d'argent moulu, de savon, de chandelles, de serrurerie, et de cuirs. Les commerçants de ces deux villes conservent dans toute leur pureté les anciennes mœurs de familles. Les frères, les neveux, les cousins, restent ensemble dans un seul et vaste établissement; les uns conduisent les affaires de fabrique, les autres celles de commercc; quelques-uns vont à Pétershourg, d’autres à Tobolsk, à lr-

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EUROPE : RUSSIE. 271 wutsk, comme plénipotentiaires de leur maison commune. Sous le sm de Gosti ou hôtes, ils jouissent de certains droits réciproques dans villes qu'ils visitent.

Les autres villes sont de peu d'importance, mais elles offrent quel-

ges traits topographiques. Nikolsk voit terminer dans ses environs la igétation des tilleuls, et Jarensk celle des mélèses, tandis que le dernier wisetier fleurit à Olichev. Oustsysolk, ville avec des foires très-marchands, est dans une contrée où il ne croît que le pinus cembra ; par conséqent le climat est celui des montagnes rapprochées des neiges éterelles. Kholmogory nous paraît être le Holmgard des Islandais, capitale un état des Varègues ou Scandinaves ; elle est bâtie sur une île (holëm), ans la rivière. Mezen est le chef-lieu d’un arrondissement immense dnt une partie s’appelait Oudorie; mais la Jougorie ne commençait qu'à l’est des monts Ourals.

Dans les régions désertes, le long de la Petchora, l’on a observé un and nombre de cavernes dont l’entrée naturelle, arrangée pour remoir une porte, indique qu’elles ont servi d'habitation; on y a ième trouvé de vieux chaudrons et d’autres ustensiles, ainsi que des wements humains. C’est une tradition parmi les Samoïèdes que des mmes d’une haute taille habitaient ce pays avant eux, et qu’une rande peste les extermina. Ces indices coïncident avec le tableau que ss poèmes eddaïques nous ont tracé de la race des Iotes, nommé: aussi tes où géans, et souvent liés dans le même récit avec les Rises, les Fhusses, les Trolles et autres races informes, de taille gigantesque et le mœurs féroces. Le lotun-Heim, ou patrie des Iotes, ainsi que thiæning l'a démontré, est généralement indiqué à l’est et au nordsi de la Scandinavie ou du pays des Ases. Tout Iote est censé demeudans une grande caverne, décorée de chaudrons immenses; ces auples avaient des traditions religieuses antérieures au culte d’Odin, Lun idiome peu différent des autres dialectes scandinaves.

Nous voilà au milieu du pays des Samoïèdes, c’est-à-dire des hommes qui se mangent les uns les autres. Comment une dénomiuation semable a-t-elle pu être donnée à une innocente peuplade qui ne mañge que de la chair de renne, et qui tout au plus pouvait mériter d’être qualiée de Syrotedzi, mangeurs de viandes crues? Les Samoïèdes sont jourd'hui reconnus comme uuc race particulière, répandue en plu-

Dés

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