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fromage parmi le
É A fie # |. avancée vers l’ouest de l'empire russe. Ge sont les {les Aland, nommées | Sn AT en finnois Ahvenan-Ma, le pays des perches. Le détroit nommé 4lands-Hy sépare cet archipel de la Suède. L'ile d’Aland proprement dite, celles de Lemland, de Lumbarland à l’est, d’Ekeræ à l’ouest, de Kumlinge, de Wardect de Brandæ, sont les plus remarquables. Tout le groupe contient 41 milles carrés suédois, et environ 15,000 habitants. Les montagnes qui hé. rissent ces iles sont composées de granit rouge. Le climat est assez doux, Une agriculture bien entendue y fait naître des grains en abondance. L: forêts sont composées de sapins, de bouleaux et d’aunes. Les quadrupé-
up de La par borg, Le irgileux, années sc que les se menceme feu produ rochers ci
des sont en petit nombre; il n’y a ni ours ni élans ; les loups seuls « Le hétail sont accrus d’une manière effrayante. Dans un groupe d’ilots, détaché au midi et formant la paroisse de Fuglæe, on prépare un excellent fromage, qui se vend sous le nom de fromage d’Aland. La pêche du chien de mer
que les h:
quantité « tonnes pa:
lins : on Kosky et :mplies
est tantôt très-abondante et tantôt de peu de rapport. Les innombrable: rochers qui entourent les grandes Îles, servent d’asile à des peuplad: d'oiseaux de mer dontonrechercheles œufs, le plumage etla chair même, Les poissons y abondent; la capitale de la Suède est fournie de maré: par les Alandais.
Ces insulaires demeurent dans des villages composés de maisons en bois, propres et agréables. Leurs vêtements annoncent une certain aisance. Hardis navigateurs, ils font le cabotage entre la Suède et la Fire lande. Suédois par leur idiome, ils le sont encore par leur manière del
. vivre ct par leurs vertus antiques.
En remontant le golfe Bothnique, nous voyons se dérouler les pla nes de l’Ostrobothnie, nommée en finnois Pohian-Ma, terre septentrio nale, ou Kainu-Ma, terre basse. L'intérieur ressemble à la partie septen hionale du Savolax et de la Tavastie. Les loups et les ours y erre au sein de vastes forêts ou parmi des lacs sans nombre. LA partie oct dentale, surtout vers le golfe de Bothnic, a généralement le so! uni à sablonneux. Dans la partie méridionale ou la préfecture de Vasa, li rie, Les O grains mürissent rapidement; on en exporle du seigle, du beurre eut dnstruc
dressés à
fromage. On y exploite de la mine de fer limoneuse. Nous remarquerons parmi les rivières le grand Ayro-loki, et parmi les villes, Christinestad, wec un bon port et cinq places de débarquement; Kaskæ, située dans une Île, avec un port excellent; Wasa, avec 3,000 habitants, fondée par Charles IX ; enfin, les deux Carleby, avec Jacobstad, qui exportent beaue up de goudron, et sont habitées par une race de hardis marins.
La partie septentrionale de l’Ostrobothnie forme la préfecture d'Uléakg. Le voisinage du cercle polaire, joint à la nature humide d’un sol srgileux, ne laisse à ce pays qu’un été de peu de durée. Les mauvaises années sont fréquentes, et les gelées d’été sont d'autant plus nuisibles, que les semailles ne peuvent se faire que vers la fin de mai et au commencement de juin. En revanche, les terres défrichées au moyen du feu produisent des récoltes très-abondantes. Les forêts, les marais, les rochers couverts de mousse, occupent la plus grande partie du terrain. Le bétail, quoique de petite race, donne plus de beurre et de fromage que les habitants n’en consomment. On tire de ce pays une immense quantité de goudron; la seule ville d’'Uléaborg en exporte 27 à 29,000 tonnes par an; et, pour produire cette quantité, il faut 2,160,000 sains : on peut en conclure l'étendue des forêts. Les cataractes de Pyhakosky et de Taival-Koski offrent de belles horreurs. Les forêts sont ‘nplies d'écureuils, que les paysans prennent au moyen de chiens dressés à ce genre de chasse. Plus on monte au nord, meilleure est la qualité des saumons, et plus les fruits des arbustes sauvages ont de saveur et d’arome.
La ville d’Uléaborg, peuplée de 5,000 âmes, est une des plus riches de hFinlande; elle a des fabriques, des chantiers ; elle exporte du goudron, du beurre et du saumon. Brahestad conserve le nom du comte Brahe, à qui la Fivlande dut ses premiers éléments de prospérité. Dans ces villes, soumises à un hiver de neuf mois, régnent les mœurs les plus aimables, ls plus hospitalières, et mème un goût vif pour les plaisirs. La popuhtion des villes est suédoise, mais celle des campagnes est finnoise.
Les habitants de l’Ostrohothnie ont un caractère franc, hospitalier etlaborieux. Les jeunes filles, avant de se marier, se font elles-rrèmes une telle quautité d’habits et de linge, qu’elles en ont pour toute leur ve. Les Ostrobothniens jouissent de la réputation d’être d'excellents wnstructeurs de petits navires. IL n’y a que les habitants des bords de
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la mer qui parlent suédois; les autres sont finnois, La préfecture d’Ultr borg embrasse, dans le sens administratif, une partie de le !'ouunie. Ici, par les elforts des colons finnois, l’agriculture s’est étendue ::1 delà du cercle polaire. Ces colonies font disparaître la population nomade des Lapons. D'un autre côté, les troupeaux de rennes s'étendent, dans l'Og trobothnie intérieure, jusqu'aux monts Manselka, où ils trouvent en. core l'espèce de mousse nécessaire à leur subsistance, Il arrive quelque. fois aux paysans d'Uleaborg de manquer de farine, et les plus pauvres mangent souvent du pain fait avec l'écorce de sapin, de hètre et de bouleau.
Aux x°, x et xn° siècles, trois nations finnoises étaient répandue: dans la région qui forme le grand-duché deFinlande : les Quaines au nord, les
Kyriales au sud-est, et les Ymes ou Iemes au sud-ouest, Les Quaines so À
nommaicnt eux-mêmes Kainu-Lainen, c'est-à-dire habitants du paysbas; les latinistes modernes en ont fait Cayans, Ce peuple occupait l'Ostrobothuie, et s’étendait en Laponie et jusqu'à la mer Blanche, qui prit quelquefois, d’après lui, le nom de Quén-Séa ou Quéu-Vik. Les Finnois étendent encore à toute l'Ostrobothnie le nom de Kainu-Mlà, Adam de Brème ayant enicidu de la bouche du roi Suénon le nom Quéna-Lani, c’est-à-dire pays des Quaines , et sachant mal le danois, crut entendre Quinnaland, c'est-à-dire pays des femmes, des Amazones, et aussitôt il plaça dans le nord sa prétendue Torra Feminarum.
Les Ymes des Scandinaves ou les Zemes des Russes s’appelaient en finnois Heima-Lainen, et occupaient la Tavastie, la Nylande et la Finlande propre.
Les Kyriales ou Caréliens occupaient tous les pays depuis le fond du golfe de Finlande jusqu’à la mer Blanche, en passant au nord des lacs Ladoga et Onéga. La république de Novgorod et l1 Suède se disputérent, de 4156 à 1293, l'influence prépondér:" ‘, peuples simples qui vivaient moins d'agriculture que de la chasse, de la pêche et des produits de leurs troupeaux. Cependant les chefs de famille exerçaient une autorité despotique ; les femmes vivaient dans un dur esclavage. A peint les Finnois connaissaient-ils cette agriculture imparfaite qui s’est perpéivée chez eux jusqu’à nos jours. Ils possédaient quelques arts mécaniques, et outre autres celui de travailler les métaux.
La religion et la mythologie des Finnois de Finlande avaient gertai-
nemen miens ; missior sés, No médioc
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ment de nlf,n où les tr Michael une trac tes finla lui de la Kyriales tendent encore e vie, Ou « origine € caractèr système rochers.
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e avaient gertai-
Le,
EUROPE : RUSSIE, 205 nement beaucoup de rapports avec les croyances des Laponset des Biarmeus ; mais leurs traditions n'ont été recueillies que lorsque déjà les missionnaires catholiques les avaient, sinon convertis, du moins baptisés. Nous n’entrerons pas dans des détails qui n’offrent d'ailleurs qu'un médiocre intérêt,
La langue finnoise est une des plus sonores et des plus propres à la musique qu’il y ait au monde; elle offre beaucoup deressemblanceavec i ho: srois, Tous les mots se terminent en voyelles, et il se trouve rare» ment deux consonnes de suite. Cette langue ne connait ni le b, m le d, nil’f, nile 4; cependant les Finnois emploient quelques mots étrangers où les trois dernières de ces consonnes sont conservées. L’évèqued’Abo Michael Agricola est le premier étranger qui ait écrit en finnois ; il publia une traduction finnoise de la sainte Écriture en 1558. Il y a trois dialectes finlandais, celui de Savolax et de Carélie, celui d'Ostrobothnie, et celui de la Finlande proprement dite; 1ls répondent aux trois tribus des Kyriales, des Quaines et des Ymes. Les Esthoniens et les Finlandais s’entendent mutuellement, La question sur l’origine des runes finnoises est encore en litige. Qu'ils les aient communiquées aux Gothsde Scandinavie, ou que les caractères runiques de l’un et l’autre peuple aient une origine commune dans la haute antiquité, toujours est-il certain que les caractères finnois, wendes, anglo-saxons et scandinaves fo'ment un système d'écriture hastiforme, propre à être tracé avec un javelot sur des rochers.
Les Finlandais d'aujourd'hui se distinguent par plusieurs bonnes et mauvaises qualités. Ils sont sérieux, intrépides, infatigables; ils supportent toutes les privations, toutes les peines; ils ont une persévérance qui dégénère quelquefois en une obstination sauvage. Extrêmement attachés à leur mom national, à leur langue, à leurs usages, ils apprécièrent peu les bienfaits de la civilisation que les Suédois cherchaient à répandre parmi eux ; ils ont une certaine sympathie de caractère avec les Russes; cepemdant quelques-uns préféreraient un gouvernement indépen-
| dant qui sû tier parti des avantages naturels du pays. Ils eno nt obtenu
en quelque sorte l’image. Le grand-duché est censé une principauté distincte de la Russie, quoique inséparable. On a nommé à toutes les places dei Kinlandais, Ui at de Finlande veille sur l'administration et sur la justice, toutes les deux réglées par les lois suédoises, t'aduites en lan
296 CHAPITRE VINGT-DEUXIUME.
gue finnoise, La liberté du paysan est aussi grande que dans les provin. ces les uluslibres de li Suede.
L'instruction publique à été longtemps régngée; mais, depui: 40 ans, on a établi et on continue d'établir des écoles primaires finnoises, On importe beaucoup de livres, surtout suédois. Partout où la popuit ‘ion est mêlée de Finnois et de Suédois, le culte divin est alternativement célébré dans les deux langues. Un archevêque luthérien préside au clergé, et le rit grec ne fait aucun progres.
Dans leurs relations particulières, les Finlandais montrent de l'hospr
talité, de la charité, de la franchise et de la bonhomic ; cependant les hubitants des côtes méridionales ont contracté les habitudes de la mauvaise foi et de légoisme; op reproche à tous les Firlandais (d’origine finuoise) d'aimer trop la vengeance, d'ignorer le pärdon des offenses; et ce reproche est malheureusent confirmé par le grand nombre d’assassinats qui se commettent dans les campagnes.
C'est une chose bien remarquable que cette disposition innée que les Finlindais montrent pour la poésie el pour la musique. Souvent, dans l'intérieur de là Finlande, un village misérable, caché au fond des bois et des marais, voit naître dans son sein un r'oête populaire dont les chants, rustiques mais pleins de verve, de seutiment et d'esprit, font autant de ylaisir à ses auditeurs que nos poëtes académiques nous causent. d’ennui. Les chantres s’iccompagnent d'une espèce de harpe nommée kandela, La versification des Finnois a pour règle principale la résélition de la même lettre au commencement des mots d’un vers; c'es! une bizarrerie commune à beaucoup d: langues, entre autres à a ligue scandinave ancienue et à celle des Roumains.
Les paysans finlandais habitent dans des cabanes nommées pærti, qui ne sont point divisées en chambres.{Un grand poële, accolé au mur, échauffe cette demeure misérable; la fumée sort quelquefois par une ouverture dans le toit; d’autres fois on la lais:e passer par la porte où par la fenêtre. Eu hiver, où éclaire la caban: par de longs éclats de bois de sapin, Dans ces autres noirs et enfumés, on s’élonne de voir des liabits et du linge entretenus avec beaucoup de propreté. Les bain: de vapeur sontun des plaisirs chéris du peuple; et c'est évidemment des Finnois établisjadis dans la Russie centrale que les Slaves en ont apjris l'usage, Les éluves sont peu spacieuses; plusieurs rangs de bancs en
picrre même { pierres
le baigt abonda fouetté
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la large niveau ( nterru/ mer Ble qui prés de Fin] etune} le, n'es en pent L'extrét fond qi jusqu’à calme ; le chen:
navires sortent fois, un dans ce Pétersb res jeté lèrs dé désastr que la
dans les provin.
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itrent de l'hospr *; cependant les tudes de la mauuidais (d’origine don des offenses; nd normbre d’as-
ion innée que les e. Souvent, dans au fond des bois ppulaire dont les d'esprit, font auiques nous cau- *spèce de harpe bele principale la mots d’un vers; entre autres à là
mées pærii, qui accolé au mur, Iquefois par une
par la porte ou gs éclats de bois e de voir des liaé. Les bains de svidemment des es en Ont ajjris ngs de bancs en
pierre s’y élèvent en forme d'escalier. O1 les chauffe jusqu’à 56 ou mème 6% degrés; ensuite on verse sus interruption de Peau sur des pierres chaullées au rouge; en peu de temps l'étuve se remplit de vapeur; le baigneur, qui descend de banc en banc, est bientôt couvert d’une abondante sueur. Ensuite tout son corps est lavé d’eau tiède, frotté et fouetté doucement avec des branches de bouleau en feuilles, Ce sont des femmes qui font ce service auprès des hommes. Avant de se rhabiller, le Finlandais se roule dans la neige, ou, pendant l'été, sur le gazon. I se trouve comme régénéré par ces bains.
Au midi de la Finlande, nous vovons une des combinaisons les plus remarquables dans la géographie physique de l'Europe. Le lac Ouega, rapproché de la mer Blanche, verse ses eaux par le Suir dans le graud: lac Ladoga, qui s'écoule par une sorte de bosphore d’eau douce, par la large Neva, dans le long et étroit golfe de Finlande. Si l’on suppose le niveau de ce golfe plus élevé seulement de 600 pieds, il s'étendrait sans nterruption jusque dans le lac Onega, et peut-être même joindrait-il la mer Blanche, car on ne connaît entre ces deux bassins aucune colline qui présente l’apparence d’une élévation plus grande. Le fond du golfe de Finlande est une roche calraire qui forme aussi le fond de l'Ingrie el une partie du bassin du Laduga et de l'Onega. L'eau, faiblement saie, n'est pas profonde, surtout le long des côtes méridionales qui sont “n pente douce; des phares nombreux éclairent le chenal du inilieu, L'extrémité orientale du golfe forme là baie de Kronstadt, qui n’est au fond que l'embouchure de la Neva; car ses eaux, douces ct potables jusqu’à Kronstadt, coulent, comme le fleuve, vers l'occident en temps calme ; de grands amas de jones et des bancs de sables la remplissent ; le chenal navigable finit par n'avoir que deux brasses d’eau ; les grands navires de commerce ont besoin d’alléges, et les vaisseaux de ligne ne sortent des chantiers de Pétersbourg qu'à l'aide de chameau. Plusieurs fois, un vent tempétueux d’ouest, ayant poussé la masse d’eau du golfe dans ectte baie, a fait refluer la Neva sur les quais et dans les rues de Pétersbourg jusqu’à la hauteur des premiers étages ; on a vu des nawvires jetés sur les quais de la ville; les flots soulevés ont assailli les escahers de marbre des palais impériaux, et rien ne garantit du rerour rle désastres seniblables. A ces circonstances si fâcheuses, il faut ajouter
que la baie gèlé tous les ans. La Neva, qui a de 500 à 800 pas de large, v. 38
roule des eaux limpides qui ne se sont jamais gelées avant le 29 octobre, mais qui ne dégélent pas avant le 25 mars. Le lac Ladoga baigne au nord des rivages calcaires, renfermant des carrières de beau marbre; ses autres bords sont bas et sablonneux; les eaux sont claires et poissonneuses. Tous les ans il se couvre d’une croûte épaisse de glace, au grand avantage des pêcheurs. Dans quelques-unes de ses îles, s'élèvent des monastères solitaires. Le lac Oneya présente les mêmes caractères, seulement ses rivages ont plus d’inégalités.
La petite rivière d’Ischora, nommée en suédois fnger, a donné son nom à la province d’Ingrie qui, conquise par les Suédois en 1617, fut rendue à la Russie en 1721, et forme la plus grande partie du gouvernement de Saint-Pétersbourg. La partie occidentale se nommait jadis Jama, et la tribu finnoise des Votes où Votialainen habitait le long des rivages occidentaux du lac Ladoga. Les Ischores, autre tribu finnoise, peuplent le pays au sud de la Neva. C’est une contrée basse, couverte en partie de bois et en partie de marais, d’un sol ingrat, froid et humide, où, à l'exception des jardins maraichers, des maisons de plaisance, des parcs de luxe et des fabriques dépendants de la capitale, on aperçoit partout la stérilité, la tristesse et la misère. Le seigle même y est d'une culture difficile ; hors des jardins de luxe, il mürit à peine quelques cerises. Mais les arbustes à baie, les oiseaux sauvages et les poissons de la Fiulande et de la Laponie y abondent. L’année moyenne offre 162 jours d'hiver ou de gelée constante, 59 jours de printemps, pendant lesquels il gèle le matin et le soir, 144 jours d'été, c’est-à-dire où il n’a pas gelé. Le mazimummoyen du froid a été, en 17 ans, de 24R.; mais le 9 février 1810, le thermomètre était à 30° 2. La chaleur monte quelquefois à 27 deg. La gelée commence vers le 27 septembre, et finit vers le 27 avril. Ainsi l'hiver dure 7 mois; et même, dansles 3 ou 4 mois restants, il n’est pas sans exemple qu’on ait de la neige et de la gelée. Euler a calculé qu'il n’y a que 60 jours de l’année, en général, où l’on soit tout à fait exempt | de la neige ou de la pluie à Pétersbourg. Pallas observe que le poirier et le prunier, s’ils sont greffés, ne résistent pas à lluver, et que les plantes notagères biennales n'y prosperent pas; les brouillards et les moustiques viennent achever le tableau de ce climat, plus dur que celui de Drontheim, dans la Norvége septentrionale.
C’est au milieu de ces marais glacés, dans ces Îles exposées à des inon-
nt le 29 octobre, udoga baigne au e beau marbre; claires et poisse de glace, au ss Îles, s'élèvent mes caraclères,
donné son nom
1617, fut rendue
a gouvernement
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dalions, dimal sé de la Rus militaire lin: il et qu'il dés geusemne; alla ju l'époque Russie, d ment. Qu espéré et Pierre le tales les p et à beau par la gr aquatique L'ile de hexagone contenir Pierre et S qui serve voit enco le jardin jourd’hu bâti de to qu'il jeta Le Vusi est situé \ille et q est babit longues 4
peclives.
dus. Par Bourse, lé l’Académs
dations, Sur ce port peu profond et gelé pendant 3 ou 4 moïs, sous ce dimal sévère et peu salubre, que Pierre Er a fondé la nouvelle capitale de la Russie. Saint-Pétersbourg n’était d’abord destiné qu’à êtie un port uilitaire et une place d’armes ; mais ses vues s’étendirent bientôt plus bin: ilerut avoir trouvé ici l'emplacement le plus favorable pour la flotte qu'il désirait entretenir dans la mer Baltique, et le port le plus avantaæusement situé pour attirer le commerce étranger en Russie; enfin, alla jusqu’à transférer ici le siége du gouvernement : on peut fixer l'époque de cette translation à lan 1721. Il n’y avait pas, dans toute la Russie, d'emplacememt moins convenable pour le siége du gouvernement. Quant au commerce, le czar aurait peut-être préféré Riga, s’il eût espéré eu devenir maître. Enfin, Pétersbourg existe, par la volonté de Pierre le Grand, et malgré les désavantages de son site, est une des capitales Les plus brillantes de l’Europe ; c'est certainement la plus singulière, et à beaucoup d’égards la plus imposante par la masse de ses édifices, par la grandeur de ses places, la largeur de ses rues et des chemins aquatiques qui en séparent les parties hétérogènes.
L'ile de Saint-Pétersbourg proprement dite comprend une citadelle hexagone, absolument inutile comme poste militaire, mais qui peut contenir une multitude révoltée. On y trouve l’église cathédrale de Saint- Pierre et Saint-Paul, remarquable par sa flèche hardie et par ses caveaux qui servent de sépulture aux membres de la famille impériale. On y voit encore le Magasin de chanvre, les bâtiments du Collége de médecine et le jardin botanique. Au reste, l’île de Saint-Pétershourg, coupée aujourd’hui en plusieurs îles, ne contient que le quartier le plus mal bâti de toute la ville. La maisonnette en bois qu’habitait Pierre I°', lorsqu'il jeta les fondements de sa capitale, subsiste encore aujourd'hui.
Le Vasili-Ostrov, ou léle de Basile, est la plus grande de toutes; elle est située vers l’ouest. C’est là que Pierre le Grand voulait fonder sa \ille et qu'ont été construites les premières maisons; aujourd hui elle est babitée par des négociants et des marins. On y trouie 42 rues trèslongues et très-larges, tirées au cordeau : on les appelle lignes ou persvectives. Les points de vue de ces rues sont beaux où du moins élendus. Parmi ses édifices, on cite comme les principaux : la Douane, la Bourse, le palais du Saint-Synode, l'hôtel du Corps des Mines, le palais de l’Académie des Sciences et celui de l’Académie des Beaux-Arts. Ce dernier
Ro
a été longtemps le seul monument de Pétersbourg qui, sous le rapport de la régularité et du grandiose de son architecture, fût de nature à satisfaire les connaisseurs. Le port des galères est à l’extrémité de l'Île Vasili-Ostrov.
Le côté de l’amirauté est le plus beau quartier de la ville : c’est une île au sud des deux précédentes, entourée par la Neva et la Fontanka et coupée en trois parties par la Moïka et le canal de Catherine. Ilest la résidence de la cour, de la noblesse et du corps diplomatique. Il ren. ferme une foule d’édifices remarquables à des titres divers.
Parmi les églises, celle de Notre - Dame de Kazan et celle d’Isa méritent une mention spéciale. La première est une imitation de Saint. Pierre de Rome, mais sur de bien moindres dimensions; la seconde doit être mise au rang des plus beaux temples de l’Europe. On admire surtout sa coupole tres-élevée et les colonnes qui supportent ses quatre portiques. Chacune de ces colonnes, formée d’un seul bloc de granit, a 4 mètre 55 centimètres de diamètre à la base et 47 mètres de hauteur; les chapiteaux sont en bronze. Passons aux édifices civils.
Le Palais d'hiver, qui sert de résidence habituelle à l’empereur, est un bâtiment immense, mais d’une architecture massive et irrégulière, surchargée d’ornements. II communique avec l’Ermitage, séjour favori de Catherine, mais qui n’a d’ermitage que le nom. En effet, ce second palais est surtout remarquable par les précieuses collections en tout genre qu'il renferme. Le Palais de marbre est d’une architecture très défectueuse. On y rencontre, par exemple, des colonnes et des pilastres d'ordres différents, quoique se touchant et dans les mêmes proportions; des fenêtres de profondeur inégale dans la même salle : le marbre, le bronze, le cuivre et le fer y sont prodigués de toutes parts ; l’ameublement est aussi riche que recherché. Le Palais d'Anttschkov est häti dansle goût italien. L'ancien palais de Saint-Michel, construit par Paui Fr, qui y termina sa vie d’une façon si tragique, rappelle les châteaux du moyen âge. I! est aujourd'hui occupé par le corps du génie. L'hôtel de l'État major est un magnifique édifice semi-cireulaire élevé vis-à-vis le palais d’hiver pour en former l’enceinte. On y a établi tous les bureaux relatifs à l'administration de la guerre. L'Amirauté, qui donne son nom à tout le quartier, renferme dans son immense enceinte un vaste chantier ou l’on construit des vaisseaux de ligne, et de grandes salles occupées
qar lex € milieu de élevée qt Pétersbo hants de Sénat, la
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EUROPE : RUSSIE, 301 gar le: objets intéressants qui composent le musée de la marine. Au milieu de l'enceinte s’élève une tour surmontée d’une flèche dorée fort dlevée qui est le premier objet que l’on aperçoit en approchaut de Saint- Pitersbourg. Il serait trop long de nous arrêter à tous les édifices impor ants de cette partie de la ville : Le théâtre d'Alexandre, le palais du Sénat, la banque, la bibliothèque impériale, le cabinet impérial, l'hôtel du ministre de la marine, celui de l'ambassade de France, le bâtiment du corps des pages, l'hôtel de ville, le bâtiment de l'institut des ponts ct chaussées, et l'hospice des Enfants trouvés, doivent être nommés parmi les principaux.
Deuxmonuments d’un autre genre méritent encore l'attention : ce sont la statue équestre de Pierre le Grand et la colonne d'Alexæandre. La statue équestre de Pierre est en bronze, elle a été exécutée par Falconet, et érigée par Catherine II. Le cheval est, ainsi qu’il arrive souvent, la plus belle partie de l’ouvrage. Le czar est représenté à cheval comme s’il venait de monter au galop au haut d’un rocher. Le rocher est un immense bloc de granit qui a été trouvé dans un inarais de Finlande, à cinq lieues de Pétersbourg, et qui pesait 3 millions de livres. On l’a taillé etpoli, ce qui anéantit tout l'effet qu'un piédestil d'un genre si neuf aurait dù produire : il ne pèse plus que 1,700,000 livres. Le monument d'Alexandre est une immense colonne d’ordre dorique, dont le fût,composé d’un seul bloc de syénite et haut de 23 mètres 40 centimètres, doit être regardé comme le plus grand monolithe connu. Cette colonne, qui a été construite et érigée sous la direction de l'ingénieur français Montferrand, a 44 mètres 70 centimètres d’élévation totale, y compris le piédestal, le chapiteau et la statue qui le surmonte.
Le quartier de la Fonderie, situé à l’est de celui de PAmirauté, dont il est séparé par le canal de la Fontanka, renferme le palais de lu Tauride, remarquable par l'élégance de son architecture, par ses galeries et par son jardin. Il fut construit par le prince Potemkin à l’occasion d'une fête qu’il voulait donner à Catherine II. Au nombre des édifices principaux qui se trouvent dans ce quartier, nous nommerons seulement l'église de la Transfiguration, Arsenal et l’hôpitul des pauvres malades.
Quoique les autres quartiers de la capitaie de la Russie possèdent quelques édifices qui mésitent d’être vus, nous pouvons nous dispenser de les parcourir. Nous terminerons notre description de Péter:bourg en citant le couvent de Saint-Aleandre-Nevski, C’est un vaste châtcau carre,
SR AA re eme ee 0 a ER feu : .
situé aux portes de la ville, et qui sert de résidence à l'archevêque mé.
tropalitain, Son enceinte renferme les trois églises de la Trinité, de M
l'Annonciation et de Saint-Lazare. On voit dans la. sacristie de la pre-
mière le lit de repos sur lequel Pierre le Grand rendit le dernier soupir, 4 La surface totale que couvre Saint-Pétersbourg occupe 74 werses À
carrés ; mais les édifices n’en couvrent qu'un treizième, On y compte 11
quartiers, 55 districts, 6 gr'nds ponts et 2% petits, 450 édifices publics,
9,000 maisons et 450,000 habitants. Mais ici nous apercevons une circon- M stance tout à fait particulière à cette capitale ; c’est l'extrême dispro- 1
portion du nombre des deux sexes. Oh compte 70 hommes pour 30 fem. !
mes. Cette disproportion ne s’explique pas complétement par la présence !
d’une garnison de 40 à 50,000 hommes, et de 36,000 étrangers ; car il ya parmi cette dernière classe beaucoup de domiciliés et de mariés.On compte à Pétersbourg plus de 25,000 Allemands, 2 à 3,000 Français, 4,500 Suédois et 1,000 Anglais. Le culte divin se célèbre en quirize langues; on évalue la pepulation évangélique-luthérienne à 20,000, et les catholiques romains sont pcut-être plus nombreux.
Prendrons-nous parti entre ceux qui vantent la ville de Pierre le Grand comme une des plus belles du monde, et ceux qui la décrient comme un assemblage bizarre de monuments sans goût ?11 y a exagération de part et d'autre. Assurtment le goût classique a beaucoup trop à reprendre dans la plupart des édifices qui décorent Pétersbourg. Mais ce qu'on ne saurait Ôter à la cité de Pierre le Grand, c’est le pittoresque mélange de tant de grands édifices rapprochés sous des points de vue très-variés, c'est la largeur des rucs bordées de tant de façades ornées, c’est l'im-
posante solidité des quais construits en granit, c’est la profusion exté.
ricure ct intérieure de porphyres et de marbres précieux, c’est surtout ce spectacle animé d’un beau fleuve et d’un commerce maritime. Pétcrsbourg concentre les 4 cinquièmes du commerce de la Russie; ses importations se sont élevées dans ces dernières années de 120à 430 millions de roubles, et ses exportations restent peu en arrière. L'industrie et les arts ont aussi fait des progrès; le luxe de la cour soutient les fabriques de haute-lice, de hbronzes dorés, de porcelaines et de glaces ; ia ville renferme beaucoup d’ouvriers habiles, tant russes qu'é trangers, en bijouterie, orfévrerie, carrosserie, et quelques autres branches Pétersbourg entretient des liaisons avec toute l'Europe littéraire
auandes, :
tsavante Îques, en œwlonie de dieux pou chinois, ja établissem européenr montagnes !
introduits nulle part aussi Cons] Les envi pagne, ain paysans de que Czarsk voyageurs de vastes j Paulousk, Parmi le daus l’île € nde, où le ‘avoyer la division dé Cronslot, e
apitale, q brieresse à d'État, et | La ville gouverne mar IF, roi les Ailema ns. On r
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atsavante ; c’est le siége d’un grand nombre d'établissements scientiques, entre autres d’une académie des sciences, qui a jusqu'ici étér olonie de l'Allemagne savante. On y compte aussi plusieurs dépôts prédeux pour les sciences, et la plus belle collection qu'il y ait de hvres chinois, japonais et mongols. Les théâtres, les jardins publics et d'autres établissements de plaisirs reproduisent ici la vie commune des capitales aropéennes; le climat favorise les courses en traîneau et les véritables montagnes russes en glace. Tous les raffinements de la civilisation se sout introduits à Pétershourg; toutes les jouissances s’y rencontrent, mais, nulle part sur le continent, les dépenses même d’une vie modeste ne sont aussi considérables,
Les environs immédiats se remplissent peu à peu de maisons de campagne, ainsi que de jardins maraîchers, tenus surtout par les hal;l:s paysans de Rostov. Parmi les châteaux impériaux , nous ne signalerons que Czarskoë-Selo, un autre Versailles, selon les Russes, mais selon les voyageurs français, le chef-d'œuvre d’un goût barbare ; Peterhof, avec de vastes jardins, de belles eaux et la maison hollandaise de Pierre 1‘ ; Paulovsk, embellie par le goût de la bienfaisante mère d'Alexandre,
Parmi les villes de l’Ingrie, nous nommerons Aronstadt, place fortifiée dus l'île de Retu-Sari, avec 30,000 habitants fixes, trois ports et une nde, où les gros vaisseaux chargés pour Pétersbourg s’arrètent pour ‘voyer leur cargaison par des alléges; c’est la station d'une grande division de la flotte de la Baltique ; la forteresse, avec le petit fort de Cronslot, est censée défendre l'entrée du golfe et les approches de la apitale, qui en est éloignée de 41 lieues. Schlusselbourg est une petite orleresse à l'endroit où la Neva sort du lac Ladoga. Elle sert de prison d'État, et bwan IE y à vu finir sa jeunesse infortunée.
La ville de Narva. naturellement située en Esthonie, fait partie du guvernemint de Pétersbourg ; fondée ou fortifiée en 1223 par Valdemar If, roi de Danemark, elle devint bientôt une ville hanséatique; aussi ls Ailemands forment encore la plus grande partie de ses 4,500 habilnts. On retrouve ici larchitecture gothique des ancieunes villes alle-
Duandes, mais aussi l'antique loyauté des mœurs. Un peu au-dessus,
h Nirowa forme une chute d’eau de 12 pieds, qui, dans ce pays plat, Béssnle un point de vue tres-pittorcsque.
Nous eutrons ans (rois provinces qui, inoins encore par leur natare
Led
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que par leur histoire, par leur état moral et politiqu?, forment uno Fes !
section très- distincte de l'empire russe ; ce sont les provinces commuh DURE
nément nommées allemandes,savoir, l'Esthonie, la Livonie et la Cowrlande, OPA
Dansle moyen âge, ces pays étaient occupés par des tribusfinnoises telles rare
que les Esthes, les Lives, les Krivines, et par des tribus wendo-elloncsi : = ) es Si
telles que les Lettons proprement dits, les Koures et les Semigalles, Cette différence de race entretenait des luttes perpétuelles entre ces faibles peuplades. Au milieu de ces discordes, les nations voisineg trouvèrent ici une carrière ouverte à des entreprises et à des aventurcs, Cinq nations ont successivement conquis et dorniné ces provinces, en tout ou en partie; il en reste des colonies plus ou moins nombreuses
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Mais Russes, Polonais, flinois et Suédois ensemble, ne forment ju Le | ; | es pi une masse égale à celle des Allemands, La ciasse commerçante est 0ri$ r ae à : pate aunc b ginaire des villes hanséatiques; la noblesse ossessionnée est presqi | ER ; se Ds rains ; OT en totalité originaire de l'Allemagne septentrionale ; elle se croit bien À | S la Courla au dessus de ceux des Russes qu’elle a admis dans son sein. Voilà pour : k DR M pas conn quoi, dans ces provinces, tous les individus nores, de quelque naïiot | tip ardifne
qu’ils soient, sont appelés Allemands; îes paysans, naguère les serks sont appelés non-Allemands. Ces dénominations ont pris leur origin dans les temps où l’ordre Teutonique régnait sur ces provinces. En1558, un bâtiment brérmnois allant à Wisby, ville de l’île de Gotlhan] fut poussé par une tempête dans le golfe de Livonie, et vers l'emhur chure de la Dvina. Ils trouvèrent le pays habité nar les Lives; cette nati demi-sauvage leur permit d'y faire le commerce ; c’est à la colonie qu les Brémois y fondèrent que la ville de Riga doit son origine. En HK un ccclésiastique du Holstein commença à y prècher le christianisme. La Russie, après avoir longtemps, par ses invasions, été la terreur ces pays, les a gouvernés avec douceur; les privilég?s politiques de noblesse ont été respectés, si ce n'est à l'égard du recrutement; le cui merce d'exportation a enrichi les villes; l'éducation supérieure { reçoit la noblesse de ces provinces lui a ouvert un accès facile à toi les places dans le gouvernement russe ; la noblesse des trois duc} d’Esthonie, de Livonie et de Courlande, a pris diverses mesurv: [1 amener la classe des paysans serfs à la liberté civile, à l’état de prop taires et à cette amélioration morale sans laquelle toute liberté r& sans résultats bienfaisants,
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Crs trois provinces ont en général le même sol, le même climat, les mêmes productions; elles sont un pays plat, form de terrains d'allusion, Aucune élévation ne dépasse 1,200 pieds, qui est la hauteur du Wesenberg, près le lac de Deven, Le fameux Blauberg, qui domine une ue immense sur les plaines de la Livonie, ct qui Ctait une des montaa ges saintes des Lives, n’a que 306 pieds au-dessus de la mer. Le climat admet guère de froids supérieurs à 14 degrés; mais les rivières ne digélent pourtant pas avant le mois d'avril; la température du mois d mai est encore froide; on y voit souvent de la neige, et même des gel’es; ces symptômes de hiver reparaissent quelquefois en septembre; ilest rare que, même dans ce court été, iln’y ait pas des vents froids et nébuleux.
Les pins, les sapins, les bouleaux dominent dans les forêts humides; l'aune blanc, le frêne, l’orme, l'érable prospérent dans les bons terrains ; on voit rarement le chène; le tilleul ne devient arbre que dans kCourlande; le hêtre y est rare; le noyer et le châtaignicr n’y sont on y trouve beaucoup d’espéces de saules. Le priutemps trdifne manque pas de fleurs éclatantes, mais les herbes naturelles des prairies sont des espèces grossières, des careæ, des agrostis; la triste mousse y domine beaucoun trop. Les vaccinium abondent et fournissent des confitures exc-llentes; les groscilles, les fraises réussissent parfaiment, mais les cerises manquent souvent, et Iles pommes sont médio= ces; il y en a de transparentes comme dans les environs de Moscou. Le seigle, le chanvre, le lin sont d’une trè:-bonne qualité.
Les forêts ct les broussailles fourmillent de lièvres, de renards, d'ours, detsurtout de loups. L’élan se montre encore dans les cantons boisés et déserts. Le coq des bois, le coq de bruyère, la gelinotte, la bécas£e, attirat le chasseur. La pêche du saumon est la plus importante, et, après elle, celle d’une petite espèce de hareng, nommé kullo-stœrmling, qui est barticulier à la Baltique. Le grand lac Peipus, qui forme une des limites lturelles du pays, abonde en brèmes ct en salmo-marænula. Ge lac, qui à 90 licues de long sur 45 de large, n’offre qu’un aspect monotone; le Ce Verzierw est le second en grandeur; ceux de l'ehsten et Marienbourg ont des bords trés-pittorcsques.
pas connus
Le; rivières sont généralement petites; l’Aa, qui traverse presque Wute la Livonie, porte la dénomination indigène de Goya; nous avons
déjà parlé de la Narowa et de sa cataracte ; la Vindau, en Courlande, on fait une de 20 pieds, nommée la Romel, el où les poissons, lancés on l'air, retombent dans des corbeilles disposées pour les recevoir, La Dan, en russe bvina occidentale, en letton Drugowa, est le seul grand fleuve; mais son cours, depuis sa source dans un lac du gouvernement de Tver, jusqu'à son embouchure au-dessous de Riga est malheureusement embarrassé par des roches, qui gênent beaucoup les barques-radeaux avec L'squels les paysans de la Russie Blanche descendent le fl'uve, Cette circons! nee n'est pas Ja seule qui diminue lutilité commerciale de cette rivière; arrivée dans le terrain sablonneux de la Livonie, elle diminuc de profondeur. Ses eaux, comme celles de toutes les riviere: du pays, tirent, des herbes qui y pourrissent, une teinte brunätre,
Passons maintenant aux détails topographiques. Le duché d’Esthonie
forme un gouvernement, dont la population, estimée à 300,000 indivi-
dus, se compose pour les cinq sixièmes d’Esthes, presque tous paysans; |
la fraction restante embrasse la noblesse allemande, quelques Russe: les bourgeois allemands et quelques cultivateurs suédois,
Le sol n’est pas très-fertile ; il est dans la plus grande partie ou léger et sablonneux, ou pierreux et marécageux. Cependant on y récolte beau coup de seigle et d’orge, du chanvre et du lin. La situation du pays est avantageuse pour le commerce, surtout pour celui d'importation, ct même, dit-on, de contrebande. Remarquons dans l’ancien canton de Harrie la ville fortifiée de Revel, fondée en 1218 par les Danois. lle figue rait autrefois parmi les villes hanséatiques. Son commerce est encort florissant : elle reçoit un grand nombre de vaisseaux étrangers dans son port, qui est beau, quoique d’un accès difficile, et qui contient une division de la flotte russe. On y trouve 14,000 habitants, une manufacture de glaces, une fonderie de cloches et de canons, mais surtout de nombreuses distilleries d’eau-de-vic. La cathédrale gothique commande ut vue étendue. Sur le bord de la mer est le jardin impérial d’Ekatarinethal, avec une maison de plaisance. Baltisch-Port, originairement Aogerwick, présente à l'œil un vaste ct superbe port de mer, mais l’ouvertur est trop grande; il y faudrait une digue immense. Les travaux de fur. tification comm encés sous Pierre I‘, continués sous Élisabeth et Cathe rine Il, ont été abandonnés. Habsal, petite ville de 4,400 âmes, avec ul bon port, rappelle le nom de l'archevêque danois Absalon, qui y bätith
cathédrale disparaitre, Le gonve cien duché bitants, on et les Esthe sol est plus plus de plai Parmi les nie, viile bi àtroislieue en 1799 à 9 un hôtel de imposantes, sont étroite, Russes dont scientifiques le gymnase, que, le mus rurale, Le p lement 4,0 tion consist lin, potasse commerce portation es nissait par munication manufactur mande et u des douane leric et quel quelques a pose à des environs n& Livonie est a fondé et P
urlande, on s, lancés on ir, La Duno, rand fleuve:
roement de Jureusoment ues-radeaux nt le fl'uve, commerciale Livonie, elle s les rivicres runatre,
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EUROPE : RUSSIE, 307 cathédrale de l'évèché d'Ocsel, dont les ruines écroulées vont bientôt disparaitre,
Le gonvernement de Livonie comprend la plus grande partie de l’ancien duché de ce rm. Sur sa population actuelle de plus de 700,000 ha-
bitants, on estime les Lettons de la race wendo-iithuanienne à 300,000, et les Esthes de la race finnoise à 340,000; ceux-ci occupent le nord, Le sol est plus varié que dans l’Esthonie ; il y a plus de marais, mais aussi plus de plaines,
Parmi les villes, nous remarquerons d’abord Riga, capitale de la Livonie, ville bien fortifiée, et située sur la rive septentrionale de la Dvina, à trois lieues et demie de son embouchure. Sa population, qui s'élevait en 1799 à 27,798 individus, est aujourd'hui de 50,000. Riga possède un hôtel de ville d’une belle architecture, construit en 1750, des églises imposantes, un port grand et sûr, quoique peu profond; mais ses rues sont étroites. Il y a sur la Dvina un beau pont de bateaux, auquel les Russes donnent le nom de pont vivant. Les établissements littéraires et scientifiques ne manquent pas à la capitale de la Livonie. Nous citerons le gymnase, le lycée, l'école de navigation, l'observatoire, la bibliothèque, le musée Himmsel, la société lettonne et la société d'économie rurale, Le port de Riga cst le second de la Russie. 11 y aborde annuellement 1,000 à 1,200 vaisseaux, et quelquefois davantage. L’exporta= tion consiste principalement en scigle, orge et froment, chanvre et lin, potasse, cire et miel, mâts, planches et autres sortes de bois. Le commerce se fait presque en totalité sur des vaisseaux étrangers. L’ime portation est peu considérable; elle le deviendrait bientôt, si l’on réunissait par un canal la Dviua et Ie Volga; ce qui mettrait Riga cn communication directe avec la Russie centrale. Cette ville à peu d'industrie manufacturière ; mœurs, lois, coutumes, tout rappelle ici une ville allemande et une république hanséatique. La bourgeoisie a part au produit des douanes ; elle entretient une centaine de soldats, un corps d’artilleric et quelques ingénieurs; elle a son arsenal particulier, et jouit de quelques autres distinctions honorifiques. La position de la ville l’expose à des inondations; l’eau du fleuve est trouble et malsaine ; les environs ne sont que des sables et des marais. La seconde ville dela Livonie est Derpt ou Dorpat, avec 10,000 habitants. Gustave-Adolphe y a fondé et Paul tr rétabli une université allemande pour es trois pro-
08 CHAPITRE VINGT-DEUXIEME, vinces de Livonie, d'Esthonie et de Courlande, Nonsnsmmerons encore Pernau, c'est-à-dire la ville des tilleuls, avee 7.008 habitants, et un petit port, où it arrive par an une centaine de bâtiments.
Le gouvernement de Courlande forme une lisicre au sud de la Drina et du golfe de Riga. Son extrémité occidentale s'avanee entre le golfe de Livonic et la Baltique : c'est proprement ectle partie qui s'appelle Courlande, c'est-à-diie pays des Coures où ÆKoures, La partie inléricure porte le nom de Semiyalle,
La Courlande est le plus agréaïle etle mieux habité des trois duchf3, quoique le elimat y soit encore rude et sujet à des passages subits du chaud au froid. Le terroir, à l’exccption des environs de Vindau et de Goldingen, est fort, gras et argileux. La culture du lin est celle qui réussit le mieux; la production en grains laisse un excédant pour l'exportation, Les paysans de Ja Courlande, depuis longtemps moins malheureux que ceux de la Livonie, cultivent leurs terres avec plus d'intelligence. La porulation, qui dépasse un demi-million, est considérablement pluscompacte que dans la Livonie; elle se compose presque en totalité de Aoures qui sont cultivateurs; les bourgeois et les nobles sont presque tous allemands. Deux tiers de la population suivent la relizion
évangélique; le tiers le moins civilisé professe le catholicisme. La tolé.
rance russe a introduit un mal nouveau, Paccroissement dos juifs, ui autrefois étaient exclus, Nous devons distinguer quelques villes. Sur la rivière d’A4, qui vers son embouchure s'appelle Bulder-4a, nous voyons Miltau, capitale du pays, et autrefois résidence du duc. Cette ville, peuplée de 14,000 habitent<, est d'une grande étendne, mais remplie de jardins ct de Lerrains vides, Le nouveau château, tout près de la ville, a été pendant quelque temps lasile de Louis XVIIL. Parmi ses Ctablissements scientifiques et littéraires, on distingue le gymnase, la bibliothèque publique, l'observatoire, le cabinet d'histoire naturelle et la société courlandaise, Sur les bords de la mer nous trouvons Libau, ville commerçante, peuplée de 7,000 ânes, avec un port peu profond : les maisons sont on bois et d'un seul étage, Zacobstadt, petite ville sur la Dvina, est le siège principal de ces fainéants qui mènent des ours dangants par toute l'Europe; ils ont ici une espèce d'académie.
Avant de quitter la Courlande, nous devons remarquer le promontoire de Domesnes, qui s’avance entre le golfe de Livouie et la Baltique;
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EUROPE : RUSSIE, 309 il forme la pointe septentrionale de la Courland: ; très-dangereux pour les vaisseaux qui vont à Riga, il est muni d'un double phare.
Au nord de ce promontoire s'étend un groupe d'îles qui, d’après la race la plus nombreuse qui habite, mérite le nom d’arehipel esthonien, quoiqu’une partie appartienne politiquement à la Livonie. Ce groupe, qui s'appelle Sarri-Ma, pays des Îles en esthonien, jouit d’un climat moins froid que le continent. Runo, rocher calcaire couvert de terre vésétale, se présente d'abord en partant du cap Domesnes ; il est habité par une petite tribu d'anciens Scantdinaves qui conservent un dialecte particulicr, Oesel, en esthonien Kurri-Saar, ou île des grucs, est, après la Sélande, la plus grande île de la Baltique; de belles forêts, des lacs et des ruisseaux en diversifient la surface. Le peuple, aëtif, mais un peu sauvage, joint aux diverses cultures la pêche aux chiens marins et la recherche des objets provenant de naufrages : les pêcheurs, très-habiles ânagr ot à plonger, ne respectent pas scrupuleusement le droit de propriété. Arensbourg, chef-licu, a 4,400 habitants. La petite île de Men est dépourvue d’arbres. Celle de Dagoe en esthonjen Hio-M, est riche en bois ; elle a des champs fertiles et a’execllentes prairies. Il y demeure quelques Suédois, cultivateurs et libres; mais parmi la population esthonionne, qui est la plus nombreuse, il règne, en dépit d’une longue ccrvitude, un goût très-vif pour les arts et métiers; on y trouve des arrossicrs, des horlogers, des bijoutiers habiles, sans parler des consructeurs de bateaux. L'île de Worms est peuplée de Suédois qui ont un dixlecte particulier, La population totale de l'archipel approche de 50,000 individus,
Les mœurs des nations qui habitent ces trois duchés présentent les contrastes les plus frappants selon leur origine et leur condition, La noblesse, qui, à peu d'exceptions près, est allemande et professe la reli= gion évangélique, participe à toutes les idées et à toutes les connaissnces répandues dans le nord de Allemagne. Peu favorisés par la
à brune, les jeunes nobles cherchent dans d'excellentes éludes la supé-
rorité de mérite qui les distingue dans tous les services publics; ceux qui restent dans leurs terres luttent au moyen d’une économie eclairée contre les désavantages d’un elimat rigoureux ; leurs modestes hilux, leurs parcs élégants s’embellissent d'année en année ; Fhospitalité la plus cordiale anime encore ces demeures où jadis orgie Wruyante
réunissait les chevaliers teutoniques; aujourd'hui, au lieu de guerricrg paysan ignares et licencieux, la société s’y compose souvent d'hommes très. rare me lettrés et très-instruits; la bibliothèque ne reste ni négligée ni oisive, et de l'or les nobles livoniens se dédommagent par l'exercice des beaux-arts de la anui à privation des jouissances du luxe. Nons n'avons jamais entendu la contre langue aïlemande résonner avec plus de douceur ni avec plus de pu- mands relé que dans Ja bouche des dames livoniennes. Ajoutons à cela une quine « taille svelte, une chevelure blonde, des yeux bleus, des manières plus esthoni
gracicuses que celles des Anglaises; joignons-y encore des qualités plus de l'île c
essentielles, un caractère noble et tendre comme celui des Suédoises, un penchant vers l'enthousiasme et cette exaltation religieuse que le christianisme évangélique développe assez souvent dans les pays du Nord. Nous apprenons avec regret que les Frères-Moraves, en se répandant en Livonie, y ont propagé moins de piété que d'hypocrisies
finnoise un gran peu civil
nieuse à
ni nienne € La bourgeoisie de Riga, Revel et quelques autres villes, ne se mon- re , . . 1 1 £ é | tre pas l’émule indigne de la race des chevaliers. Les villes, malgré les touje | ; Jurs
vicissitudes qu’elles ont éprouvées, reproduisent encore les sages ins- À titutions, les mœurs domestiques, les habitudes laborieuses, le patriotisme municipal des anciennes villes impériales. L'esprit d'économie et | d'industrie n’y repousse ni ia politesse des manières ni le perfection nement de l'éducation. On y remarque en outre un grand nombre d'établissements de bienfaisance et d'utilité.
Il nous reste une troisième classe d’habitants ; c’est la race indigène | des cultivateurs, soit de sang finnois, soit d’origine lithuanienne; car les paysans suédois, peu nombreux, circonscrits dans quelques îles, st séparent de la masse, par la liberté personnelle dont ils jouissent, ainsi que par la propreté et l’aisance qui règnent dans leurs habitations. No: regards s’atiristent en contemplant ces peuples finnois et wendes, jadis maitres de leur sol natal, aujourd'hui courbés sous le poids de six siecles d’une dure servitude, et qui ne relèvent que lentement vers le ciel. patrie de la liberté, leurs veux si longtemps abaissés sur leurs chaines. | Les Esthoniens peuplent, outre la province à laquelle ils ont dom leur nom, toute la moitié septentrionale de la Livonie, ainsi que le Îles. Obstiné comme tous les Finnois, l’'Esthonien a résisté à toutes les influences étrangères qui ont pesé sur son pays. Il gonserve ses chtveux roux-jaunes et les autres traits caractéristiques de sa race. Le}
de leurs ; d'une ha Beaucou les maria dans les 4 qui est in dans le d gues, de:
tions ont Wohhand sa sourcd main sac mais des prenait e dre son ayant vo éclaita da force mil les tradit bisme, L
1 de guerriers hommes trèse ée ni oisive, et eaux-arts de la ais entendu la ec plus de puns à cela une s manières plus es qualités plus des Suédoises, ligieuse que le s pays du Nord.
a se répandant SiLe
les, ne se MOnles, malgré les
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euses, le patrio-
it d'économie et |
ai le perfectiongrand nombre
ithuanienne; Car quelques îles, st {s jouissent, ainsi habitations. No:
s et wendes, jadis poids de six sie-
ment vers le ciel. 4
sur leurs chaines.
]le ils ont don die, ainsi que là ésisté à toutes le gonserve ses che-
s de sa race. Li}
la race indigène
EUROPE : RUSSIE, 311 paysannes, peu sévères envers leurs compatriotes, ne se laissent que rarement séduire par un Allemand; celles qui cèdent à l1 puissance de l'or sont bannies de la société de leurs villages; mais le soldat russe anui à la pureté des mœurs et du sang. La haine d’une caste esclave contre une caste dominante n’est pas la seule barrière entre les Allemands et les Esthoniens; une autre, non moins puissante, est la languë qui ne diffère du finnois que comme un dialecte de l’autre. La langue ethonicnne embrasse les idiomes de Revel, celui de Dorpat et celui de l'île d'Oesel. Elle possède des chants populaires, versifiés à la manière finnoise, c’est-à-dire par le mètre et Pailitération. Herder en a recueilli un grand nombre, où respirent à la fois la naïveté d’un peuple encore peu civilisé, ct la mélancolie d’un peuple réduit en servitude. Harmo-
D nicuse à force de voyelles sonores et bien distribuées. la langue cstho-
nienne est aujourd’hui assujétie à une prosodie yilaintive ct traînante; ce n'est peut-être que l'accent de l'oppression. Les Esthouiens furent toujours sensibles aux charmes de la musique. Dans le xur° siècle, une de leurs armées, qui assiégeait un château, cessa les hostilités aux sons d'une harpe qu’un prètre chrétien fit entendre du haut des remparts. Beaucoup d’anciens usages pleins de charmes se sont conservés dans ls mariages et les funérailles. Mais dans les anciennes croyances comme dans les superstitions encore conservées, il est difficile de distinguer ce qui est indigène de ce qui peut y avoir été introduit. Le trait dominant dans le culte des Esthoniens était l’adoration des fleuves, des montages, des grands arbres, des plantes et des animaux. Ces superstitions ont survécu à l'introduction du christianisme. Un ruisseau, nommé Wohhanda, fut encore dans le siècle dernier l'objet d'un culte idoltre; a source, fraîche et limpide, était entourée d’une haie sacrée ; aucune main sacrilége n’osait en troubler les eaux; la hache n'approchait jamais des bois qui Pombrageaient. Ce ruisseau, grossi de quelques autres, prenait enfin le nom de Pœha-loggi, leu sainte; troubler ou suspendre son cours, c'était appeler tous les fléaux sur le pays. Un seigneur ayant voulu établir un moulin sur cette rivière sacrée, une insurrection éclita duns le cânton, les paysins démolirent l'édifice profane, et la force militairs eut de la peine à faire cesser les troubles. Aujourd'hui, les traditions catholiques sont mêlées aux souvenirs ohscurs du paganisme, La fête de Saint-Jean est toujours célébrée par des danses et des
re
512 CHALTIRE VINCGT-DEUXEEUT.
festins; c'est autour des monuments en ruines de leur ancienne relision oubliée que l'en a surpris des assemblées nocturnes de prysans se !. vrant à des prières, des danses et des sacrifices. On voit encorc des offrandes déposées en secret ct dans les ténebres sur certaines pierres sacrées. Dans beaucoup de cantons, le paysan place encore sur les tombeaux des aliments et quelques brius d’arbrisseaux pour aider les moits à faire du feu.
Le célcbre Herder, qui a vécu dans ces pays, rapporte le trait suivant sur la puissance de la superstition. Une jeune villagcoise se vit transpore tée en songe au pays des morts; elle retrouva les âmes de ses parents, et se sentit si heurcuse dans leur sccicté, qu’elle désira y rester toujours, Une des âmes lui conceilla de quitter la société des hommes, de se retie rer au fond d’une forêt, et d’y rester sans nourriture ni boisson, eri s’ape puyant contre un arbre; alors, sans éprouver les angoisses du trépas, elle
verrait son vœu rempli et vivrait éternell:ment avec les morts. Ccite fille continua son rêve, tout éveillée, et eut encore des visions sembla. À
bles dans la solitude où elle gaïdait son troupeau; elle en parla, elle annonça l'intention de suivre le conseil réitéré que les âmes lui donnaient. On l’enferma ; elle s’échappa, et après un laps de plusieurs jours, o:1 la retrouva dans une forêt épaisse, appuyée contre un arbre; sa têle était profondément penchée; ses bras pendaient immobiles, ses yeux étaient fermés, la pâleur de la mort couvrait son visage; mais ses traits n'avaient pas changé. On la ramena, on la força par des traitements durs à recevoir de la nourriture ; elle reprit même l'usage de la parole, mais c'était pour mieux tromper ses gardiens. Echappée de nouveau, clle pénètre jusqu’à deux lieues de la maison paternelle, elle se cache dans
une partie à peine accessible de la forêt; on la retrouve enfin dun: ha |
position que les âmes lui avaient prescrite, mais elle était comme dessichée ; on la touche, elle éprouve un faible mouvement, tombe exp rante dans Les bras de son irère, et passe ainsi dans cet aut”e mode où l'appelaient ses vœux.
Parmi les lieux sacrésencore connus, on remarque l’ancienne citadelle d'Oden-Pæh, c’est-à-dire « le sanctuaire de l’ours, » la rivière d'Embach ou Emma-loggi, c’est-à-dire « la mère des caux, » et une foule de lacs, de sources, de collines, de cavernes, toujours objets d’une sorte de vénération,
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EULOPE : RUSSIE, 313 H reste des monuments curieux du temps du paganisme; mais App ire : jeanentils aux Esthonin:? Tels sont les anciens châteaux forts, où ge
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platôtle: massifs sur lesquels ilsse réunissaient pour se défendre contre
ls chevaliers teutoniques. Celui d' Warbola, entre autres, consiste en un
rempart énorme, formé de masses granitiques, posées les unes sur les
autres sans mélange de chaux nitrace de maçouuerie. L'encente forme
un ovale irrégulier de 800 pas de circonférence. Le rempart à de 5 à G
tises d'épaisseur, et de 3 à5 d’élévation ; ilsuit les accidentsdu terrain, Ce poste fortifié n’est pas loin de la mer; d’autres semblables se trou vent dans l'île d’Oesel. On n’en indique aucun du côté de la frouticre aicutal: contre les Russes, ni sur la frontière méridionale contre les
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boisson, eli S’ape es du trépas, cile !
Lottous. Celle circonstance topographique seinble indiquer Fosigine Dante
sanudinave de ces monuments. L’impuissance des Esthoniens à élever des masses semblables paraît encore résulter de ce qu'on sait positives
, les morts. Cette M ment des Lettons, leurs voisins et ennemis. Ces peuples, d'uns lexutsiècle, | s visions sembla A r'élevaient que des fortifications de terre, et avaient si peu d'idées sur lle en parla, elle @ les murs solides, qu'ils se flaltaient d’entraïner avec de: cordes un chà- ;| es âmes lui don- 4 teau bâti par les chevaliers, > plusieurs jours, D Les Lettons, ainsi que les restes des Koures, des Semizalleset d’autres | We un arbre; sa tête À tribus, appartiennent à l'ensemble de 1 race vendo-lithuanivnne, qui, nobiles, ses yeux D sous le rapport des idiomes, des croyances et des monuments, doit être ; e; mais ses traits W distinguée de la race finno-hunique. Aussi nous renverrons ce que nous MES traitements durs D avons à en dire, à une autre section; nous retracerons seulement ici 15 he le la parole, mais À l'état civil et moral de ee peuple, qui occupe aujourd’hui le sud de la de nouveau, elle Æ Livonie. « L’esclavage, dit Storch, le défaut de civilisation et le dénulle se cache dans À ment des choses les plus nécessaires à [à vie, sont gravés sur leur figure uve enfin dunsla M entraits lisibles. LesLettons sont, en général, d’une tres-petite taille, les ait comme dessée À femmes surtout; il y en à qu’on prendrait pour des naines. [sauraient ent, tombe expi- À 0: l’emhonpoint s’ils étaient bien nourris. Les paysans letlons ont rure- ni cet autre mode Æ ment autant de force que les Allemands, surtout pour lever et porter ; | | eu resle, ils résistent à de grandes fatigues, au froid, à la chaleur, à 7” ancienne citadelle Æ l'humidité ; ils prennent peu de repos. Les Lettons font usage de bains É rivière d’'Embach Æ chauds, comme lesRusses, et passent de la chaleur ia plus excessive à | une foule de lacs, D lai exwérieur, ils ont peu de malidies dominantes, ils supporient égale. June sorte de vé D mentbieulesexcèsetla disette ; leurs dents sont fermes et ordinairement A ‘ ires-blanches jusqu'à un âge avencé. L'usage immodéré des liqueurs ee
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