‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 57 sur 72 · LA · texte numérisé non relu

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oriental. Les résines aromatiques ou autres abondent aussi dans lArchipel. Nulle part les lentisques ct les térébinthes ne sont aussi beaux et aussi communs que dans l’ancienne Délos.On désigne comme indigènes de l'Archipel et des environs de Constantinople le coton herbacé, l'œillet arbrisseau, le lichen parellus, avec lequel on prépare le beau rouge végétal appelé archil, etune foule d’autres plantes. Mais observons que la vigne donne des produits différents sur les bords du Danube et sur les rivages de l’Archipel ; lesraisins de la Grèce contiennent plus de principes sucrés, et fournissent des vins de liqueur; ceux de la Valachie produisent un suc plus aqueux et plus acide; tandis que les vignobles de la Servie et de l’Hertzegovine, abrités contre les excès de chaleur et de froid, donnent des grappes remplies d’un jus généreux et propre à faire des vins également forts et agréables. Avec un peu de culture, la Pt. ninsule réunirait tout ce que les vignobles du monde entier produisent de plus vanté.

Les végétaux du midi et du nord se mêlent sur les rivages du Bosphore. Le chêne à grappe et le châtaignier y abondent, ainsi que les cyprès, lestilleuls, les marronniers, les arhousiers, les myrtes, lesgenêts. Quel voyageur n’a pas visité le fameux platane du village de Buyuk- Déré qu'on dit avoir 150 pieds de circonférence. Les terrains bas et sablonneux sont couverts de convolvulus persica. Le dyospiros lotus entre dans la nourriture des Turcs. Les côtes de Gallipoli, en Europe, sont ornées de clematis cirrhosa et de la jolie daphne cretica, et du spartium parviflorum, arbrisseau qui s'élève à cinq pieds.

ll serait difficile de caractériser d’une manière générale le règne animal dans la péninsule orientale. Les chevaux thessaliens étaient estimés à cause de leur beauté ct de leur force. Les Turcs ont amené dan: le pays la race tartare, et, par le croisement de ces deux, l’une et l'autre ont gagné. La Moldavie produit aussi beaucoup de chevaux; les plus estimés viennuent des montagnes; ils sont de petite taille, et ressemblent pour la force et la vitesse, aux chevaux russes. Les ânes et les mulets sont aussi beaux ici qu’en Italie. Les bestiaux sont foris, sur. tout en Grèce ct en Valachie. Les moutons y abondent ainsi qu'en Macédoine, Thessalie ct Livadie. Les chèvres sont de la plus grande utilité pour les habitants des montagnes. Les forêts et les montagnes sont remplies de chevreuils, de daims, de sangliers; et les carnivores que l’on

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h trouve sont les renards, les ours, les loups-cerviers. Les perdrix, jt les outardes, sont d’un goût délicieux et en grand nombre, surtout dans Mes plaines qui avoisinent le Danube. La Grèce et les îles sont inoins four- Œnies de gibier, mais les poissons les en dédemmagent amplement.

Les modernes n’ont presque rien pu apprendre sur les productions minérales de la Turquie. Les Ottomans se soucient peu de ce genre de richesse. Les rivières de la Valachie roulent des paillettes d’or qui sont recueillies par les Zigeunes ou Bohemiens. Cette province possède également du sel fossile. Mais le règne minéral de la Valachie et de la Moldavie dépend entièrement de celui des monts Karpathes. Le mont Hémus, le mont Scardus , et toute la chaîne des montagnes albanaises et bosniaques, abondent en mines de fer; c’est la répétition des montagues de la Styrie. On a exploité jadis des métaux précieux dans diverses parties de cette chaîne ; mais il semble qu'on ne les tirait que d’un minerai de cuivre aurifère et argentifère. Les relations modernes en offrent peu d'indices. Dans le mont Pangéus, en Macédoine, il y avait partout des mines d’or et d’argent qui s’étendaient jusqu’au delà du fleuve Axius. Les mines d'argent de Laurium, qui étaient déjà épuisées du temps de Strabon, se trouvaient à l'extrémité de la péninsule attique, près les bords de la mer.

C’est des carrières du mont Marpèse, dans l’île de Paros, que l’antiquité tirait ces fameux marbres, dont les blocs énormes brillaient dans les monuments de leurs villes. Ce marbre était très-recherché par les sculpteurs qui l'employaient de préférence à tout autre. Cependant sa qualité ne répond pas toujours à sa renommée, s’il faut en croire les modernes ; les lames cristallines dont est formé son tissu égarent l’œil par des reflets trompeurs, et volent en éclats sous le ciseau : ce défaut est racheté par son éclat et son extrême blancheur. Le marbre coralitique, d’un grain semblable à de l’ivoire, n’est connu que par des bustes antiques ; le marbre pentélique tire son nom d’une montagne près d'Athènes. On reconnaît ce beau marbre statuaire à certaines veines verdâtres qui en séparent les masses. Le mont Hymète , à peu de distance du mont Pentèles, donnait un marbre statuaire d’un blanc cendré.

La terre sigillée de Lemnos était autrefois usitée en médecine. C'est une argile colorée par un peu de fer. La cimolite est aussi une argile d'un blanc gris, qui passe au rougeûtre par l'exposition à l’air. Hawkins

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