DEA
EX sr iepue OT
n’est gènée ni par des corps, ni par des lacets, «!!2 excède les dimen. sions que les Européens ont fixées pour marquer une belle proportion, La plupart des jeunes filles ont atteint l'âge de puberté à 12 ou 1: als ; ce que l’on ne peutattribuer, dans un climat aussi froid, qu'au fréqnent usage des bains de vapeur, qui accélèrent sans doute le développement du corps, mais le flétrissent aussi plus tôt, IL est rare que les femmes mariéesconserventleur fraîcheur et lesattraits de la jeunesse après leurs premières couches. L'usage du bain, le lard et l’état d’esclavage où les
tiennent leurs maris, effacent bientôt le peu de beauté passagère que la 4 nature leur a accordée, à une époque où l'homme a atteint à peine son !
entier développement.
Les Russes avaient autrefois pour le mariage des cérémonies particulières et bizarres, dont la plupart sont maintenant hors d'usage. Lors. que deux familles étaient d'accord sur une alliance, quoique les parties intéressées ne se fussent peut-être jamais vues, la prétendue était présentée entièrement nue à un certain nombre de femmes qui faisaient l'examen de sa personne, et lui indiquaient les défauts corporels qu'elle
devait faire en sorte de corriger. Le jour de ses noces on la couronnait}
d’une guirlande d’absinthe; et, lorsque le prêtre avait formé le nœud nuptial, un clerc jetait une poignée de houblon sur la tête de la mariée, en lui souhaitant d’être aussi féconde que cette plante. Voici un usage remarquable qui subsiste encore aujourd'hui. Lorsqu'une femme est en couche, ceux qui viennent la voir, en s’approchant d’elle pour la saluer, glissent une pièce de monnaie sous son chevet : elle varie selon la qualité et la fortune de l'accouchée. Les gens mariés sont seuls soumis à cette contribution, parce qu’il est censé qu’ils en profiteront à leur tour. Cet usage subsiste dans la Russie centrale, et même à Moscou, pari toutes les classes de la société ; à Pétersbourg, il est aboli.
Le peuple conserve sur l’état des âmes après leur mort, des idées aussi superstitieuses que toutes celles dont on accuse les siècles passés, Lorsqu'un mort a été habillé, on loue un prêtre qui prie pour lui, qui le purifie avec de l’encens, et l’arrose d’eau bénite. Conduit au tombeau avec des gestes extravagants de douleur, le prètre lui donne un passe-port pour le ciel, signé de l’évêque ou d’un autre prêtre : on met cet écrit dans le cercueil, et entre les mains du cadavre. Les assistants retournent à la maison du défunt, où ils noient leur chagrin dans
l'ivresse 1 jours Les cét grecque | périeures surrectior gnifiques Le bruit € sante des tribue à fa chrétien.
l'empire 1 s'accomm tions d’un qui règne venant l’al du peuple.
croix béni bog, leur € véritable } L'habill des Polon larges. Da ton qui de lié avec ut fait plusie cordes de l'hiver ; ja et leur co Les fe souverain leur costi cipale pièc ment obli!
les gouve bande en
de cs dimenle proportion, 12 où 1 ans; qu'au fréquent développement ue les femmes esse après leurs ‘sclavage où les assagère que la int à peine son
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on la couronnait
formé le nœud ête de la mariée, , Voici un usage ne femme est en e pour la saluer, rie selon la qua- , seuls soumis à ront à leur tour.
à Moscou, parmi joli.
t, des idées aussi siècles passés, rie pour lui, qui onduit au tomre lui donne un utre prêtre : on lavre. Les assisur chagrin dans
EUROPE : RUSSIE, 347 l'ivresse ct dans des fêtes, qui, chez les gens comme il faut, durent 40 jours presque sans intervalle.
Les cérémonies pompeuses et les abstinences rigoureuses de l'Église grecque partagent la vie du peuple russe , et même celle des classes supérieures. Au carème le plus triste succède tout à coup lu fête de la Résurrection, ct les voyageurs ne sauraient peindre en termes assez magnifiques le spectacle à la fois majestueux et joyeux qu'offre cette fète. Le bruit des cloches, l'éclat des milliers de cierges , la richesse éblouissante des costumes , le joyeux enthousiasme des assistants, tout contribue à faire de cette fête populaire une des plus mémorables du monde chrétien. Christos voskress! Christ est ressuscité ! Ce cri retentit daus tout l'empire russe, et partout il est le signal de la joie. L'Église grecque saccommode ici au goût d’une nation sensuelle , et adoucit les privations d’un climat rigoureux. On excusera difficilement le relâchement qui règne dans la discipline ecclésiastique. Les popes accordent à tout venant l’absolution; quelques-uns participent même aux vices grossiers du peuple. Les Russes, même ceux d’un haut rang, portent sur eux des croix béuites, ct d’autres amulettes, qu'ils appellent vulgairement leur bg, leur dieu. Enfin, la superstition tient généralement la place d’une véritable piété.
L’habillement du paysan dans la Petite-Russie est le même que celui des Polonais; c'est une kourtka avec des charavari’s ou pantalons trèslarges. Dans la Grande-Russie, c’est, pendant l'hiver, une peau de mouton qui descend jusqu’au milieu de la jambe ; l'été, un surtout de drap lié avec une ceinture. Leurs bas, en hiver, sont une bande de drap qui fait plusieurs tours ; leur chaussure, un soulier d’écorce, lié avec des cordes de même matière; un chapeau rond l'été; un bonnet fourré l'hiver ; jamais rien autour du cou. Enfin, ils ont toujours leur hache et leur couteau à la ceinture.
Les femmes, tour à tour battues comme esclaves et adorées comme souveraines, trouvent toujours moyen de varier, d’embellir et d’orner leur costume, Le sarafan, ou robe étroite et boutonnée, en forme la principale pièce ; une belle pelisse, présent du jour des noces, eu est l’ornement obligé. Mais c’est dans la coiffure qu'éclatent l'art ctle luxe. Dans les gouvernements des environs de Novgorod, les femmes portent une bande en travers du front, garnie de perles et de grains de différentes
= a es BEL
ne Dei er AE PEUR ARS AR Abies
348 CHAPITRE VINGT-HEUXIÈME, couleurs, qui ressemble à une tiare ou à une couronne ouverte, Les paysannes des gouvernements occidentaux se couvrent au contraire d'un filet, à la manière des Espagnoles mais toujours orné de tresses, de perles et de fausses picrres. La coiffure fondamentale de Ia mation slave pour le sexe nous paraît être un bonnet avec un bord, semblable à un chapeau, mais de diverses formes; aux environs de Moscou, de Kalouga et d’faroslav, ves bonnets-chapeaux sont ralattus par-devant comme ceux des jockevs; les tresses et les guirlandes de perle varient selon le goût et la richesse. Elles s’attachent par-dessus un voile de soie avec un cordon d’or ou d'argent, qui sert à le tenir rejeté en arriére, à Ja manière des femmes tartares. Près de l'Oka, ct surtout aux environs de Mourom et de Kasimov, les bonnets ont la forine d'un croissant qui s'élève perpendiculairement. Le costume des femmes de la Petite-Russie, depuis Voronéje jusque dans la Kiovie et la Volhynie, a un carac. tère particulier; ce sont des tresses qui prennent juste à la tête, et qui sont entremêlées de rubans sans nombre et de fleurs naturelles; un collier et une chaîne, formée de monnaies, ornent le cou; le jupon rouge est accompagné de bottines de la même couleur. I y a hien des paysannes en France et en Italie qui consentiraisnt à ètre un pou battues dans le cours de la semaine pour pouvoir étaler le dimanche un luxe aussi bigarré; mais ce qui est particulier aux belles Russes, ce qui est fâcheux pour leur goût, c’est l'usage universel du fard : elles sont peintes comme des dames de l'ancienne cour de Versailles ; les compositions minérales dont elles ge servent ont été anuortées de l'Orient et de la Grèce, Toutefois, les paysannes pauvres restent forcément assujettios à Pusase des sucs innocents, tirés des herbes des champs,
Les maisons des paysans russes sont toutes construites sur le même modèle : la cour intérieure forme un carré long, entouré de hangars ; le magasin de foin est ordinairement au fond, ainsi qu'un petit jardin potager ; c’est aussi Ià qu'ils mettent lonrs bestiaux. Ces maisons sont toujours construites avec des arbres posés en travers lun sur l’autre, ayant de Ja mousse dans ls intrrvalles ; et jamais avec l'écorce. La chambre du paysan est quelquefois an rez-le-chaussée, plus souvent au premier étage, où l’on monte par un escalier, quelquefois par une échelle. Un four occupe presque un quart de la chambre; d'ssus est ane plate-forme où coucheut fa famille ot los étrangers, Le tous pêle-
mêle, ho ges de leur de Les me en icrre vais Ou q et une €0
rarement général cabane e leur entr le matin, baisent 14 Les ali ent guë aux chou dominan Iparaitp
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plus souvent fois par une re; d'ssus est , le toui pêle-
EUROPE : RUSSIE. 349 mêle, hommes, femmes et enfants. Dans ces chambres, longues et larges de 15 à 20 pieds, hautes de 6 à 7, il regne constamment une chaleur de 20 à 30 degrés.
Les meubles, les vases, ies cuillers, sont la plupart eu bois, les pots en icrre; il est difficile de nommer un peuple qui en ait de plus mauvais ou qui se conteute de moins. Un mauvais grabat avec un matelas” et une couverture, voilà uu signe d’aisance, et que l’on ne trouve que rarement chez les paysans de la noblesse, ceux de la couronne sont en général un peu plus à leur aise. Les itnages des saints ornent la derniere cabane et le palais le plus somptueux; tous les Russes les saluent à leur entrée dans une chambre ; ils eur adressent des prieres le soir et le matin, avec beaucoup de signes de croix; plusieurs se prosterneut et baisent la terre.
Les aliments du peuple russe, simples, mais abondants, ne convienvent guère à des estomacs faibles; le porc, le poisson, la soupe aigre aux choux, les champignons et le piment qui en constituent les parties dominantes, ont besoin de quelques verres d’eau-de-vie pour être digéi és. I'paraït pourtant que des viandes plus saines, beaucoup de lait et d'œufs, une quantité considérable de fruits, contribuent à varier la cuisine russe. L'usage abondant du kvas ou biere légere acidulée, sans houblon, et des divers jus des baies anti-scorbutiques, parait balancer tous les in
convénients de l'abus des liqueurs fortes. Le braga ou bière blanche, et
léwynorosti ou vin igrelet, fcrmenté et gelé, ne produisent qu’unc ivresse moientanée ; mais une varièté de liqueurs sucrées offre au Russe des poisons habituels.
Les baius publics sont ordinairement établis dans de mauvaises mai-
sous de bois, situées, autant qu’il est possible, près d’une eau courante.
Quelques bains sont précédés d'une chambre pour s'habiller et se dés-
habiller, et le plus souvent d’une cour, où l'on a placé des banquettes,
La chaleur ordmaire des chambres de bain est de 32 à 40 degrés : on peut l'augmenter bien davantage, en versant de l’eau, de à imiuutes
en ÿ minutes, sur les pierres du poèle, Quelquefois sur le dernier gra
din la chaleur est de 44 degrés, Beaucoup de geus, au sortir de ces buus,
se precipitent daus la riviere voisine, scinblables aux jeunes Romains, qui se plongeaient dans un étang après Pexercice de la lutte : d’autres se roulent dans la neige, par uu froidde 10 degrés et au dela. Les dis-
positions du peuple russe :. la gaîté bruyante, et son goût pour tout ce paysans a qui est parade, sont bien connus. Personne en Europe, pas même Je 4 uns de Î: Français, ne chante et ne danse autant que le Russe; mais ses danses quille; le sont un peu licencieusces. Les jeux de gymnastiqu et entre autres l'es. @s traite carpolette, sont poussés à une grande perfection. Les montagnes rise, Qétre céd longtemps admirées de loin, ont été naturalisées en Europe : mais dans que des lo leur patrie eiles conservent une supériorité incomparable ; la course, @yre traité mieux assurée sur la glace, est aussi plus rapide. Un exercice plus dan- x châtin gereux, c’est de descendre la montagne en patins. Les montagnes de @soins du glace à Moscou sont très-multipliées pendant le carnaval; elles sont naîtres ; 4 entourées de boutiques, où l'on vend du café et des liqueurs, où l'on gui du r jour des farces, où l’on donne à manger, et surtout à boire, et devant @ 1 est wn lesquelles les Russes dansent en plein air, à un froid de 45 à 20 degrés # rien ; c’est quelquefois. gers fréque
Naturellement imitateur, le paysan russe est encore forcé dans beau: coup d’endroits à tout faire par lui-même : charrues, voitures, usten-{ siles de toute espèce, souliers, bottes, bonnets, étoffes de laine et de toile, bas et gants, tout est le produit de l’industrie dornestique dans l1@$
dans les ce
htérieur, 1 domestique méniens, €
plupart des gouvernements de la Russie centrale. Les seigneurs savent quité a
profiter de cette aptitude mécanique du peuple: ils disent à l’un : Sois maçon ; à l’autre, tu seras tailleur; à un troisième, fais-toi peintre; et tout va, tout marche par le magique effet de la volonté souveraine, aide du knout et du petit verre d’eau-de-vie.
Dans ce tableau général de la manière de vivre du peuple russe, que de nuances produites par les différences de l'état eivitf Deux grandes
une éducat htigable pd Prleurs 1 lient, il y un beau ka
dames qui pau, A l’é] le Moscou
divisions légales partagent Le gros de la nation, les paysans libres et les
serf.; mais les lois y ont encore introduit des nuances. Les odnodvor:i,
ou possesseurs d’une métairie héréditaire, et qui achètent eux-mêmes
ont frappé
des scrfs, sous un nom emprunté; les posadki, ou fermiers libres, makle, charg:
saus propriété foncière ; les afranchis, qui en partie restent soumis à dehics ture
corvées, à des services personnels, à des redevances, selon les contrat, :hile toi
qui leuront été accordés: voilà les principales elasses libres. Leur ai- kitique, a
sance est variée comme leur industrie; nulle part ils n’éprouvent Bl cou
misère. On peut ranger à côté d'eux les serfs de la couronne, subdivis ss voyage
en serfs de l'empire, des domaines, des économats, des postes; is Ds fraudes
font point de corvées, et paient l'ebrok, espèce de capitation. Le sort dit aucun
paysans attachés aux mines se rapproche beaucoup de celui des payans de la couronne. Tous ils jouissent d’une existence physique tranquille; les besoins intellectuels leur sont peu connus, ct la couronne ks traite avec indulgence. Mais ils peuvent redouter à chaque instant d'être cédés à des particuliers, soit nobles, soit fonctionnaires; et, quoique des lois récentes déterminent les règles d’après lesquelles ils doivent ire traités, l'arbitraire prévaut encore sur la loi; le serf est exposé à
oût pour tout ce 6, pas même le mais ses danses ntre autres l'es.
montagnes riisses, rope : mais dans 4 vable ; la course, !
ercice plus dan- Yes châtiments personnels, souvent cruels; il ne travaille que pour les
es montagnes de Msoins du seigneur; ses filles sont livrées aux caprices libidineux des maîtres; et son sort, sous un seigneur avide et barbare, ressemble à «lui du nègre.
I est une classe de la nation russe dont nous ne savons presque Men; c'estla bourgeoisie vraiment moscovite. Peu de voyageurs étran-
naval; elles sont
liqueurs, où l'on
boire, et devant de 45 à 20 degrés
grs fréquentent les familles bourgeoises; il est plus facile d’être adinis
: forcé dans beau.
s, voitures, ustenfes de laine et de mnestique dans l1@
lans les cercles de la noblesse. Actifs, ardents au gain, sobres dans leur
ntérieur, les bourgeois russes de toutes les classes conservent les mœurs
domestiques sévères qu’ils ont apprises, il y a bien des siècles, des Arméniens, des Chinois et des habitants des villes hanséatiques; même
scigneurs SatONiquité au travail; mêmes soins minutieux dans les comptes : mais
sent à lun : Se éducation resserrée dans des bornes plus étroites; une activité in-
is-toi peintre; el souveraine, aide
htigable pour les affaires commerciales; nulle idée politique ni morale.
Pwleurs habitations, leur nourriture et leurs vêtements, ils ressem-
tient, il y a peu d'années, aux paysans aisés, et la sue différence était
peuple russe, que viif Deux grandes ysans libres et les 8. Les odnodvor:i, ètent eux-mêmes miers libres, mais
un beau kaftan à pelisse et l’usage habituel du thé, surtout parmi les
dimes qui se distinguent par leur embonpoint et ia blancheur de leur
pau. À l’époque des grandes fêtes, on voit !: femines des négociants
le Moscou se promener en droschli, élalant sur elles des richesses qui
nt frappé d’étonnement même un voyageur anglais; leurs bonnets
bout chargés de cordons de perles fines; elles portent les plus beaux
tent soumis à des selon les contrats s libres. Leur ai ils n’éprouvent là ronne, subdivisés des postes ; lis nt ation, Le sort des
hîles tures et persans, ainsi que des boucles d'oreilles de diamant. Avec
kchâle tombant en plis légers jusqu'aux pieds, ou sans ce vêlement
Kiatique, avec le feredja en deutelles fines, le costume des bourgeoises
le Moscou réunit un caractère national à beaucoup de grâce et de gout.
ts voyageurs ont accumulé des traits satiriques sur la mauvaise loi et
ls fraudes des négociants russes ; nous n’osons les contredire, ne trou-
ant aucun auteur qui prenne le parti de ces pauvres Moscovites; mais
; . ; A méme 1 nous demanderons pourtant s'il est possible qu'une classe quelconqu® k hs er tR . Æ crc ou de citoyens puisse se müumtenir florissante et riche au milieu d’une nation litai : : | militaire intelligente et mème rusée, en trompaut habituellement tout le monde s | > : | .. . Æ ntcllect Cest du milieu des paysaus et des bourgeois que sortent les ecclésiastiA . | ju. de la civ ques ; aussi les voyageurs accablent-ils les popes du reproche d’ignoranc, ; | En L AGE De ment la d’ivrognerie et de bassesse. Ces reproches sont en partie exagérés, er lormatio
partie mal appliqués. Les habitudes de l'Église grecque favorisent sauf
ser vage ; ne trou, formes e
doute l’igrorauce ct la superstiliou; mais les mœurs du clergé onf
plusieur: eüles estinmables, Le clerge russe est un ordre tout à fait différent du clergé dans leg États catholiques où protestants. Le mariagecst nou-seulement perui
sur les se:
corruplio de corrup cave, Po
Nous so des honn des homn dre les lui peunle. Le plétement
aux prètres, mais il leur est ordonné comme une condition sine qu non
Aucun prèlre ne peut recevoir l’ordination s’il ne vit actuellement ef
mariage. I ne peut cpouser une veuve ni une personne qui aurait com mis qulque faute notoire, Lorsque sa femme meurt, il est obligé d’otlri sa demissiOn ; mais son évêque peut, dans des cas très-rares, l'autori
ser à continuer ses fonctions. Le prât"e séculier, ainsi privé de sa cure
enlre ordinairement dans un couvent en qualité de hiéro-munaque; c'e
dans ces retraites austeres qu’on choisit les évèques et les archevèque
Les prêtres ou popes, vénérés da peugle des campagnes, y exercent ui
influenec d'autant plus importante @r'eux seuls lisent quelquetois à
journaux littéraires et scientifiques publiés en Russie ; et, par consid
quent, c'est par eux seuls que des sdées nouvelles peuvent pénétré
dans la masse de ce peuple. Comme pères de famille, les popes ont d
Der À ; : | récision ( intérèls imondains auxquels le clergé catholique doit rester étrange P Ë
La noblesse russe est généralement fort maltraitée par les voyage
tation et Le dialectd gorod, et richie d’ur lle, mais
qui l’ont observée chez elle. L'un accuse les nobles russes « d’être filous et des escrocs ; » l’autre se moque de « leur crédulité et de le simplicité ; » celui-ci voit dans leur: mœurs « de la férocité scythique; celui-là y retrouve «la bassesse napolitaine; » et de tous ces contraste il résulte un tableau assurément peu flalieur.
Les vices de la noblesse russe tienuent à deux causes : elle est despol etelle estesclave, Le gouvernement pèse sur elle avec une brutalité sal exemple ; le noble russe ne jouit pas des droits que possède le pl simpre citoyen dans nos pays occidentaux. il n’a de sécurité ni pour persoune ni nour ses biens; ii ne peut exprimer sa pensée, et celle
EUROPE : RUSSIE. 353 mêrne n’est pas libre; il n’a aucun droit politique; il n’y a qu’une carriere ouverte devant lui, celle de l’armée, et l’on sait que la carrière militaire est médiocrement propre à développer les hautes facultés intellectuelles ct les sentiments généreux qui sont les grands ressorts de la civilisation. Le despotisme autocratique du czar écrase complétement la classe qui pourrait devenir l'instrument principal de la transformation de la Russie. D'autre part, la noblesse russe vit au milieu du servage ; elle n’a de jouissances que celles que procure la richesse, et, ne trouvant aucun frein qui puisse l'arrêter, elle abuse sous toutes les formes et de toutes les manières, du pouvoir qu’elle exerce elle-même sur les serfs de ses domaines. Qui ne sait que l'esclavage est une source de corruption pour le maître? qui ne sait que le despotisme est une source de corruption pour l’esclave ? Eh bien ! le noble est à la fois maître et escave. Pourquoi donc s’étonnerait- on des vices qui lui sont reprochés.
Nous sommes surpris, au contraire, d'avoir vu sortir de cette noblesse des hommes dévoués à leur pays, des hommes pleins d’idées généreuses, des hommes qui ont travaillé à améliorer le sort de la nation, à répane dre les lumières, à soulager les souffrances des classes inférieures du peuple. La noblesse russe a montré par là qu’elle n’est pas une race complétement déchue, Pour qu’elle fasse de grandes choses, nous croyons qu'il lui nianque seulement d’être quelque chose.
Les Slavons de Kiovie et ceux de Novgorod, répandus très-rapidement sur un immense espace, n'eurent pas le temps de former un grand nombre de dialectes; du moins nous n’en connaissons pas d’autres avec précision que ceux qui ont pris le nom de ces deux villes, et plus tard clui de veliki-rosse et de mulcrosse ; ils ne diffèrent que par la prononcation et par quelques particularités grammaticales peu importantes. Le dialecte de Moscou s’est formé par ladoucissement de celui de Novgorod, et est devenu la langue de la littérature russe, aujourd’hui en« ichie d’un grand nombre d'ouvrages d’éloquence, de poésie et de mo= rle, mais peu avancée pour les sciences et la philosophie.
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SECT.,. 7°. — Description des provinces lithuaniennes.
De tout l'empire de Russie, il ne nous reste à décrire que les provin œs ci-devant lithuaniennes. Elles forment une petite sphère à part; leurs habitants constituaient, avec les Pruczi anciens, une branche des Ye 45
ue possède le pl
sécurité ni pour pensée, el celle
Wendes dont la religion et l’idiome offrent un caractère si particulier, qu’on les a longtemps pris pour une race distincte.
Malgré son incorporation à la Pologne, en 1401, la Lithuanie conserva toujours un caractère étranger; la noblesse seule prit les mœurs et l'idiome polonais ; le gros de la nation garda son langage très-distinct,
surtout dans la Samogitie, où de plus le paysan resta libre de sa per- 1 sonne. En outre, dans les voiwodats de Vitebsk, de Mohilev, de Mcislav, #
de Minsk, de Novogrodek et de Brzesc, formant la Russie lithuanienne, les
paysans conservent la langue rousniaque et la religion grecque. Aussi M
les divers partages de la Pologne trouvèrent en partie le peuple de ces
provinces très-disposé à se séparer d’un corps de nation avec lequel il 4 ne s'était pas encore identifié ; on le vit aussi refuser de participer à l’in- 4
surrection de 1812 eu faveur de la France.
Les divisions oflicielles, à l'exception de Vitehsk déjà décrit, sont : 4°le
gouvernement de Mohilev, comprenantle sud de la Russie-Blanche ; 2° le
gouvernement de Minsk, embrassant l’ouest de la Russie-Blanche, le 4 sud-est de la Russie-Noire, et la majeure partie de la Polésie, ou le voivodat de Brzesc; 3° le gouvernement de Grodno, contenant le reste! de la Polésie et de la Russie-Noire avec le sud de la Lithuanie ou duf
volvodat de Troki ; 40 le district de Biarystock ou l'ancienne Podluquie: 5o le gouvernement de Wüilna, ou le nord ce la Lithuanie et la S:mogitie.
U y a si peu d'objets intéressants dans ces gouvernements, hormis les peunles, que nous jrendrons pour base de notre coup d'œil les ancien-
nes provinces et les différences nationales. La Samogitie, appelée Szamaïll
par les indigènes, est une petite eontrée couverte de bois. Le terrain, composé principalement de glaise, donne d’iminenses récoltes de line de chauvre. Les abeilles, qui fourmillent dans toutes les forêts, y pro duiseu le miel le plus doux et la cire la plus blanche que Pon connaisse Les élans et les bœufs s:uvages y erraient autrefois par troupes ; il ya encore assez et mème trop d'ours, de loups et d’autres animaux sauvi ges. Les grandes couleuvres qu’on trouve dans les forêts étaient adorée par les anciens Samogitiens, et l’on croit qu’il reste encore quelque traces de cette superstition.
Les Samogiliens n'ont que de petits chevaux, et leurs bœufs ne son pas non plus d’une grande taille; mais ces animaux sont robustes e
en grand entiéreme
charrue n | quent sou nent ic1 d’ que trois < l'été font r Les vill grandes, t habitants.
en compl plus longu semble pa en une se
à Le feu est
femmes en chevaux, f liarité qu’u ger dans le règne dans ce peuple.
rettes sont les essieux cri aigu q I semble ture, qui d des époque comme les tre 24 et sont nubilq geur très-d chastes, di petite cloc elles se trd en Samogi offrent des
si particulier,
1anie conserva | s mœurs et l'itrès-distinct, ibre de sa perlev, de Mcislav, 1 ithuanienne, les grecque. Aussi peuple de ces
ie-Blanche ; 2 le
la Polésie, ou le mtenant le resle
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lents, hormis les d'œil les ancien-
, appelée Szanaïlf
bois. Le terrain, récoltes de line es forêts, y pro 1e l’on connaisse r troupes ; il Ya ; animaux sauvi {s étaient adorée encore quelque
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À Le feu est placé au milieu de cette demeure étroite : les hommes et les
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ithuanie ou duf
EUROPE : RUSSIE. 350 en grand nombre. Les cultivateurs s'obstinent à se servir d’une araire entièrement composée de bois, ils prétendaient même autrefois qu’une charrue munie de fer porterait malheur à leurs terres. Aussi ils manquent souvent de blé, et sont réduits à manger des raves qui deviennent ici d’une grosseur énorme. Ils ne commencent guère les semailies que trois semaines après la Pentecôte. Mais les très-fortes chaleurs de l'été font mürir les grains en six à sept semaines.
Les villes de Sanogitie méritent à peine d’être nommées. Les plus grandes, telles que Miedniki et Rossiény, n’ont guère que 1,000 à 2,000 habitants. Kieydany seule, chef-lieu d’une principauté des Radziwill, en compte 3,000. Les habitations des Samogitiens sont des cabanes plus longues que larges, construites avec des troncs d’arbres unis ensemble par de la mousse, de l'écorce ou de la paille. Le toit se termine en une seule pointe, qui par ne ouverture jaisse échapper la fumée.
femmes en occupent l'une des extrémités ; l’autre est laissée aux bœufs, chevaux, porcs, chèvres, brebis et chiens. Quelquefois l’aimable familiarité qu’un long voisinage inspire, enharäit ces animaux à venir manger dans le pot-à-feu réservé aux habitants bipèdes. La même simplicité règne dans l'habillement, la chaussure, les ustensiles et les voitures de ce peuple. Leurs souliers sont faits de l'écorce des arbres; leurs charrettes sont sans le moindre clou de fer; et, conime ils n’en graissent pas les essieux, on entend de loin l’arrivée d'une charrette, par l'espèce de cri aigu qui résulte du frottement du bois.
I semble yavoirdeux races d'hommes en Samogitie; lune de haute stature, qui descend des Goths ou des Wendesqui ont occupé ces contrées à des époques très-anciennes,; l’autre, petite et trapue, mais dureetrobuste comme les Lettons. Les jeunes filles, en Samogitie, ne se marient qu’eritre 24 et 20 ans, tandis que dans la Russie-Blanche lithuanienne elles sont nubiles à dix ans et même plus tôt, si nous en croyons un voyageur très-estimable. Les Samogitiennes ct les Lithuaniennes sont aussi chastes, dit-on, que les Russes le sont peu. Elles portaient jadis une petite clochette, pour avertir les parents de leur sortie ct de l'endroit où elles se trouvaient. Les anciennes cérémonies pour les mariages, usitées en Samogitie, en Courlande, en Lithuanie et chez les anciens Prussiens, offrent des traits de ressemblance avec les usages des Grecs et des Ro-
mains. La future épouse est, en apparence, enlevée par force de la mense qu
extrême; lipiez, et]
maison paternelle, non pas par le prétendu, mais par deux de ses amis. Au jour des noces, on conduit la nouvelle épousée trois fois autour du foyer de la maison de Pépoux; on lui lave les pieds, et de la mème eau
. 7. . nt, leb on asperge les meubles, le lit nuptial ct tous les conviés. Puis, onlui 4 il | | RE x .. ie. a met du miel sur les lèvres, sans doute pour l'inviter à ne pas trop que- es at celui
reller son mari ; on lui couvre les yeux d’un voile nuptial, et on la mene près de chaque porte de la maison; elle y frappe du pied droit, et au même instant on répand autour d'elle du froment, du seigle, de l’avoine, de l'orge, des pois, des fèves et des pavots. Celui qui répand ces signes d’abondance dit, en s'adressant à l’épousée : «Si tu restes fidèle à la re- ! » ligion, et prends soin de ton ménage, il nete mauquera rien. » Ces mots dits, on lui Ôte le voile, et on la fait asseoir à la table du festin. Le soir, les jeunes filles lui coupent adroitement la chevelure pendant qu’elle danse, et la conduisent au lit nuptial en la battant. Mis ou tri
Par leur longue résistance aux chevaliers Teutoniques, les Samogi- Ciamnt tiens ont mérité de conserver la liberté personnelle. ils n’adoptèrent le | ? re fs christianisme qu'avec beaucoup de répugnance, ct ils ont continué, jus: | igable, a 50 que dans le xvi* siècle, de mêler aux rites chrétiens plusieurs restes de portations leur ancien quile paien. , Be, se jet
La L''huanie proprement dite est un pays tres-plat, généralement sa- Re nobles: blonneux et coupé de vastes marais ou tourbières. On trouve dans ces tes farnil tourbieres une ocre ferrugineuse qui donne 40 pour 100 d’un assez bon alais isolés fer, On y trouve aussi ces pyrites cuivreux. Dans les terrains sablon- büsitens : neux, on rencontre partout des granits rouges ou gris, ainsi que des plutôt c'e conglomérais contenant des cristaux de quartz blanes, rouges et d’au- er 25e tres couleurs imitant les pierres-gemmes,. Il sy trouve beaucoup de dé- qu'en dit | bris d'animaux marins, ct ce corail si rare, dit de Gothland. Enfin, on nt aux Pol y dévouvre de très-gros morceaux d’ambre jaune. Eux nation
Le climat de la Lithuanie, essentiellement humide, est assujetti à de kysique mé fortes chaleurs et à des froids extrêmes, mais peu durables. Ce futuneh
d sont torabe semblable invasion de l'hiver, qui eu trois ou quatre jours acheva de sn e . Se
tsque toute ts intermit{ Sont aussi Les paysans
ile provi ralité de la nicre impil que tous le «nt toutes Rencore en | ause de le ducnt de W
détruire les æestes de l’armée française. Le pays est encore couvert
d’iminomses forèls, où les ours, les loups, les sangliers, les lièvres, les capurdset les gelinottes se trouvent rar milliers. Les arbres les plus communs sont le pin résineux, le chène ei l’orme. On en tire une im-
r force de la de ses amis, is autour du la même eau ;, Puis, on lui pas trop queet on la mene 4 droit, et au e, de l’avoint, and ces signes ; fidèle à la re- !
jen. » Ces mols festin. Le soir, endant qu'elle &
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D d’un assez bon errains sablons, ainsi que des rouges et d’aubeaucoup de déland. Enfin, où
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jours acheva de encore couvert s, les lièvres, 16 arbres les plus ep tire une im-
mense quantité de potasse, Le miel s’y recueille dans une abondance extrême; on en fait des boissons agréæoles, comme l’hydromelblance ou lipiez, et Vhydromel framboisé ou malinicetz, Les pâturages sont excellents, le bétail de meilleure race qu’en Russie ; lesbrebis ontla laine assez je. I y a beaucoup de terrains propres à la culture du blé ; le sarrasin at celui dont on récolte le plus. Telles sont les richesses naturelles de cette province ; mais Pactivité des habitants ne répond guère à la libéralité de la nature. Les Juifs se sont altachés à cette province d'une maniére impitoyable; voilà pourquoi Pargent y est à 10 pour 100, tandis que tous les obj:ts de consommation y sont à bon marché ; ils yexer- «nt toutes les branches du commerce ; ils achètent même la récolte
Bncore en herbe : mais, avec toute leur industrie, ils restent pauvres à
ause de leur grand nombre. Sur 4,700, 000 habitants du gouvernenent de Wilna, il y en a près de 100,000 ; ils vivent sous leurs propres
Aihais ou tribunaux.
Un grand obstacle au commerce de la Lithuanie, c'est que le Niemen, k fleuve le plus considérable du pays, fleuve profond, tranquille et nas iigable, a son embouchure sur un territoire étranger, de sorte que les xportations sont soumises à des droits gênants. La Wäilia, seconde riire, se jette dans le Niemen.
La noblesse, ci-devant polonaise, compte quelques grandes et puisntes farnilles, les Radziwil, les Sapicha, les Oginski, les Paç; leurs dlais isolés sont semés au milieu de cabanes misérables. Les paysans ihuaniens ressemblent pour leur manière de vivre aux Samogitiens, u plutôt c'est le même peuple sous des noms différents ; sculement les remiers se sont plus mêlés avec les peuples proprement slavons. Voici squ’en dit un médecin qui les a observés: « Les Lithuaniens resseme lent aux Polonais et aux Russes, mais ils sont inférieurs en tout à ces eux nations. Opprimés par la misère et l'esclavage, leur caractère hysique même porte toutes les marques de l’avilissement dans lequel sont tombés. Leur santé est meilleure que leur extérieur ne l'anice : on remarque moins de maladies en Lithuanie qu’en Pologne. que toute la contrée est humide et marécageuse ; cependant les fièes intermittentes y sont rares. La plique ct les maladies vénériennes sont aussi moins communes que dans le reste de la Pologne. »
Les paysans de Lithuanie se couvrent d’une grossière chemise, d’un
caleçor et d’un manteau de laine, quelquefois simplement d’une peau de mouton, Leurs souliers sont faits d’écorce d'arbre; lenrs charrettes sont entièrement de bois d'orme, sans un morceau se fer, et même les brides et les harnais de leurs chevaux sont souvent faits avec les branches d'arbre les plus flexibles.
La langue lithuanienne, conservée spécialement dans les anciens voivodats de Wilna, de Troki et de Grodno, dans Samogitie et dans la partie de la Prusse oricutale, depuis Memel ju: à Gumbinnen et à Insterbourg, est un monument historique fort curicux.
Cet idiome était probablement une très-ancienne forme du slavon, rapproché à quelques égards du gothique; nous l’appellerons le protowende, pour le distinguer du wende introduit sur les bords de l'Oder et de l’Elbe au x° siècle par les peuples slaves. Elle nous paraît pré. senter les racines slaves sous des formes plus simples, plus mélodieuses, débarrassées des sons sifflants et des consonnes accumulées du polonais, terminées par des finales douces et sonores, à la manière du grec et du latin. Elle offre à côté de ce fond particulier une masse considérable de
racines que l’on peut regarder comme gothiques ou scandinaves, puis- 4
gu'eîles s’y rapportent immédiatement; mais qui peut-être ne tiennent au’x la souche commune de toutes les langues dites indo-germaniques. Ses formes grammaticales excitent encore une curiosité non moins vive;
elles reproduisent une image des articles et des déclinaisons de la langue grecque, une partie des conjugaisons des langues slavonnes, et4
plusieurs particularités du pronom russe ; elle a la même facilité à {ormer des mots composés, des diminutifs et des verba prægnantia. Sa milodie la rend aussi propre que le russe à la poésie, dans laquelle elle imite facilement les mètres des anciens.
Jetons un coup d'œil sur les villes de cette province. La capitale cit
Wilna, sur le confluent des rivières Wilia et Wilenka. C’est une vili très-grande, surtout en y comprenant ses huit faubourgs. On y remar que quelques beaux édifices. Nous citerons l'hôtel de ville, 1e palais di gouvernement et l'arsenal, Wilna renferme aussi plusieurs hôtels particud liers qui sont de véritables palais : tels sont les Aôtels des Pag, des Oginsh des Radziwill, des Chodkiewicz, etc. Les édifices religieux de Wilna son fort nombreux : on y compte une mosquée, une synagogue, trois égli ses gréco-russes, une luthérienne, une calviniste, et trente deux cathol
ques, [ thédral, devant marbre pas mo étendue de l’art un édifi colline « de l’anci acté, de dirigées Wilna d entre leu cette vill sde Wil médico-ch 1587, à 6 On doi confluen
Troki, a
Grodno, $ diète de putés po me 10,0 doit cep
chanceller
lionsscie de Bracla
ancienne ligne de au bord Construit qui y dé gué; les tures à f
d’une peau de harrettes sont mème les bri- * les branches
ns les anciens nogitie et dans umbinnen et à
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a. C’est une vill rgs. On y remif
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non moins vive;
es slavonnes, et
EUROPE : RUSSIE, 35 ques. Parmi ces dernières, il en est plusieurs de remarquables, La cathédrale, dédiée à saint Stamslas, est un des plus beaux temples du ci. devant royaume de Pologne. On y admire la magnifique chapelle en marbre de saint Casimir, dont le cercueil, en argent massif, ne pèse pas moins de 3,000 livres. L'église Saintelean se distingue par sa vaste étendue ; celle de Saint-Anne est un des monuments les plus intéressants de l’art gothique; l'église de Saint-Pierre, dans le faubourg Antokol, est un édifice magnifique, dont la construction °<t due à la famille Pac. La colline dite du château, sur laquelle on vi e les ruines pittoresques de l’ancien château des grands-duc:
acté, depuis1831, transformée en cita dirigées contre la ville, pour tenir cell .re-pect, La population de Wilna dépasse 42,000 âmes : les juifs en forment la moitié et tiennent
: des rois de Pologne, e de bouches à feu
cutre leurs mains la plus grande partie du commerce considérable dont cette ville est le centre. Les seuls établissements scientifiques que possde Wilna, sont un séminaire théologique pour les grecs, une académie médico-chirurgicale, un jardin botanique. Sa célèbre université, fondée en 1587, a été supprimée en 1832,
On doit encore remarquer ÆKowno, ville de 3,000 âmes, située sur le confluent de la Wilia et du Niemen, et importante par son commerce ; Troki, avec 1,200 âmes, auprès d’un marais qui ne gele jamais, et Grodno, sur le Niemen, Cette ville est devenue célèbre par la dernière diète de la Pologne; ce fut là que les soldats russes forcèrent les dé putés polonais à signer le traité de partage de 1793. Grodno renferme 10,000 habitants. La ville est généralement laide et mal bâtie. On doit cependant imentionner le nouveau château et le bâtiment de la chancellerie, Elle à un gymnase et une école de médecine; mais les collectionsscientifiques de celle-ci ontété transportées à Pétersbourg. La ville de Braclav, sur les frontières de la Sémigalle, a un château qui passait anciennement pour une forteresse. Le mont appelé Friedensberg (mon ligne de paix) est situé à un mille et demi de Kowno, dans une forêt et au bord de la Wilia; il y a sur son sommet un couvent magnifique, construit en 1674, par Christophe Pag, grand chancelier de Lithuanie, qui y dépensa environ cinq millions de francs ; le marbre y est prodigué ; les voûtes et la coupole de l’église sont ornées d'excellentes peintures à fresque et de tableaux originaux des plus grands maitres. Le
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fondateur y cst enterré avec son épouse. La famille Pag (on prononce Patz\ est la même que celle des Pazzi de Florence; après avoir en vain lutté contre les Médicis, elle se réfugia en Pologne, où elle parvint aux plus grandes dignités, et a même essayé de disputer la couronne au grand Sobicski. Dans tout ce que les Paç ont fait construire, on reconnaît le goût italien. Ce couvent , qui était occupé par des religieux camaldules, a été transformé depuis 4833, en monastère russe. On voit que le despotisme ne respecte pas plus la religion que la propriété.
Dans la partie de la Lithuanie incorporée aujourd’hui à la nouvelle Prusse orientale, habite une peunlade de Tartares qui ont leur mosquée à Wiskupié. La république de Pologne leur avait donné en propriété deux starosties, de 10,000 florins de revenu chacune, et leur avait confirmé à perpétuité le libre exercice de leur culte.
La Russie lithuanienne comprenait une partie des conquêtes que les grands-ducs de Lithuanie avaient faites sur les Russes, dans les xinr° ct zuve siècles. Les palatinats de Polock, de Witepsk, de Mcislav et de Minsk, composaient ce qu’on nommait la Russie-Blanche. Le palatinat de Novo grodek s'appelait Russie-Noire, L'origine de ces dénominations n’est pas certaine.
Ces vastes provinces offrent en général des marais, et des forêts encore pius étendues que la Lithuanie. Le roi Sigismond Ie, dans sa marche sur Smolensk, fut obligé de construire 340 ponts ou chaussées de troncs d'arbre pendant l'espace de 24 lieues. L'état de ces contrées n’a que très-peu changé ; les voyageurs modernes évitent encore la route de Polock ; quant à celle de Smolensk à Minsk, voici le portrait qu’un auteur français en a tracé: « Les routes sont dans le plus mauvais état: les villages, le peuple, tout offre ici le spectacle de la plus grande misère ; toutes les habitations, ou au moins la majeure partie, sont occupées par des Juifs, dont la malpropreté ne peut être comparée à rien. Presque partout, hommes, femmes, enfants, bestianx, volailles, sont sous le même toit; nous avons été plusieurs fois forcés de nous arrêter et de partager l’unique appartement de la maison, avec cette société nombreuse et choisie. On trouve partout de l'eau-de-vie, quelque fois du vin, mais rien à manger absolument, si ce n’est dans les villes, qui sont extrêmement rares; plusieurs sont décorées de ce nom, qui passeraient ailleurs pour de misérables villages. »
Les t( scigle, de nave d'excell animau ou Cour beaucot
Lepet des sau Blanche
Afin,
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x, volailles, sont orcés de nous arpn, avec cette 50- -de-vie, quelque st dans les villes, s de ce nom, qui
Les terres cultivées de la Russie-Blanche produisent en abondauce du sigle, de l'orge, de l’avoine, un peu de froment, beaucoup de pois ct de navets. Le chanvre et le lin y viennent bien. Les forêts sont remplies d'excellents bois de construction, et peuplées d'ours, d'élans et d'autres animaux. Le poisson fourmille dans les nombreuses eaux stagnantes ou courantes. Malgré la rigueur du climat, les abcilles y fournissent beaucoup de miel et de cire.
Lepeuple croupit dans une ignorance et une misère qui le rapprochent des sauvages. Un auteur a vu, il y a 30 ans, des paysans de la Russic- Blanche arriver à Riga couverts de peaux de mouton, et exténués par
A la faim, quoiqu'ils conduisissent des bateaux chargés de blé, pour le
compte de leurs scigneurs; ces pauvres csclaves couchaient sur le risage, sous de vieux bateaux, ou dans des cabanes construites de débris de planches, liées ensemble avec de l'écorce; après avoir vendu leurs cargaisons et même leurs bateaux, ils s’en retournaicnt en chantant, aussi misérables qu'ils étaient venus, et rapportaient fidèlement à leurs seigneurs ou aux intendants de ces seigneurs de grandes sommes d’argent comptant, sans s’en approprier la moindre partie.
Les villes de ce pays sont en petit nombre; il n’y en a qu’une seule assez considérable, c’est Hohilev, chef-lieu d’un gouvernement russe; elle compte 22,000 habitants. Sa situation sur le Dnieper et ses fabriques de cuir la rendent très-commerçante; elle est remplie de Juifs, ct parge avec Witebsk le commerce de la Russic-Blanche. L’une de ces villes commerce avec Riga, l’autre avec Kherson et Odessa; leurs communications viennent d’être rendues plus faciles par le canal de la Bérésina, qui unit la rivière de ce nom, l'un des affluents du Dnicper, avec kh Dvina, et par conséquent la mer Baltique avec la mer Noire. Wcislw, avec 4,500 habitants, et Dubrowna avec 3,000 et une grande manufacture d’étoffes, se trouvent dans le même gouvernement : il y demeure un reste des Finnois. A Uschatky près la ville de Tcherikov, aux environs de Mcislavl et de Propoïsk, une colonie de Moldaves ou de Valaques, rejetée dans ces régions par quelque événement inconnu, parle encore un valaque mêlé de mots slavons et lithuaniens.
La ville de Minsk a une population de 15,000 habitants, Juifs pour l plupart. Ses édifices les plus remarquables sont la cathédrale et le théâtre. lei nous voyons le village de Studianka, fameux par le passage « 48
de la Bérésina, où les débris de l’armée française s’ouvrirent unc route étroite à travers les forces ennemies. Bobrouisk, sur la rive droite du
fleuve, est importante par ses fortifications. On lui accorde 5,000 âmes, i
Parmi les villes de la Russie-Noire, la plus remarquable est Slonim, M avec 3,500 habitants, appartenant au gouvernement de Grodno, et qui M en fut d’abord le chef-lieu. Sloutsk est le chef-lieu d’un duché qui a 50 M lieues de France de long, et qui, après avoir eu ses ducs presque souverains, quoique feudataires, est venu à la maison de Radziwill qui le À
possède.
Au midi de la Russie-Noire, s’étend l’ancienne province de Poésie, pays dont le sol r:* en grande partie caché sous Y’ombrage des forêts | et sous l’eau des étangs, des marais et des rivières. C’est une contrée À presque inaccessible pendant la plus grande partie de l’année. Les mn. | rais dont elle est inondée ressemblent à une mer, et c’est ce qui lui a fait À donner le nom de Polésie, Le poisson y abonde. On en exporte beau. |
coup de fer. Le miel n’y est pas moins abondant. Si l’on joignait la ri. vière de Muchawiec, qui tombe dans le Boug, avec Îa Pina, qui se jette dans le Pripetz, par le moyen d’un canal qui ne serait pas long, on pour. rait naviguer de la Vistule dans le Dnieper, et il en résulterait une com. munication entre la mer Baltique et la mer Noire, qui serait d’un grand avantage pour le pays. Déjà le comte Oginski a réuni ces deux mers par un Canal qui joint la Szczara, rivière qui se jette dans le Niemen, au Pripetz qui tombe dans le Dnieper. Sa longueur est de 8 milles, et tout cet espace se trouve sur lesterres de aison Oginski. Malheureusement ce canal s’est rempli de sable, ne sert plus aujourd’hui x commerce, mais seulement an dessèchement des marais.
Brzesc, surnommée Litewsk. ou de Lithuanie, pour la distinguér d’une ville de Pologne qui porte le même nom, est moins connue par son chi teau fortifié, assis sur uA rocher qui domine le Boug, que par son adémie juive, fréquentée par les Israélites de toutes les contrées d’Europe. Ellé à 8,000 habitants. Pinsk, la meilleure ville de toute la Pol: sie, n’en a que 4,000; elle est située au milieu de marais immenses. Le: Juifs y ont une synagogue. Le cuir qui s’y fabrique passe pour le mcit leur de toute la Pologne.
Le vaste empire de Russie se termine à l’ouest par la province de Bis lystock, qui répond en partie à l’ancienne Podlaquie, pays fertile en blé
et, dan
dére, p stock, plus m tants. L château les de I:
ER partage la trad indique de Diet cestàs doivent lempir néraux locale.
rrirent unc route
a rive droite du M orde 5,000 âmes, able est Slonim, M Grodno, et qui à duché qui a 50 M s presque souve. À Radziwill qui le !
ovince de Polésie, 4 brage des forêts | C’est une contrée | l’année. Les mn. | st ce qui lui a fait | en exporte beau- |
l'on joignait la ri.
h Péna, qui se jette pas long, on pour.
sulterait une come serait d’un grand ini ces deux mers dans le Niemen, au e 8 milles, et tout ski. Malheureuse.
us aujourd’hui a 1r'ais.
a distinguér d’une mnue par son chi , que par son aces contrées d’Eur e de toute la Poléais immenses. Lei asse pour le mel
la province de Bin:
>ays fertile en blé
EUROPE : RUSSIE. 363 . 43 et, dans le moyen âge, siége du peuple des Jazwinges, que l’on consi- ni dére, peut-être à tort, comme une branche des Jazyges. La ville de Biastock, ornée d’un élégant château et de jolies maisons, est la ville la plus moderne entre Varsovie et Pétersbourg; elle compte 8,000 habitants. La largeur et la régularité de ses rues, et surtout son magnifique château très-embelli par le comte Branicki lui ont valu le nom de Versail« les de la Podlaquic.
SECT. 8e. — Tableau politique de l'empire Russe.
En Russie, tout pouvoir émañe du souverain, dont l’autorité est sans partage ni contrôle. Le titre de samoderjetz, qu’il s’attribue et qui est M AREE la traduction du mot autocrator, que prenaient les empereurs byzantins, indique clairement la nature de son autorité qu’il n’est censé tenir que de Dieu. L'empereur est le point central de toute l'administration; c'est à sa décision ou à sa sanction que toutes les mesures importantes it doivent être soumises. Son autorité est déléguée aux grands colléges de fai l'empire qui président l’administration centrale, et aux gouverneurs, gé- n%
néraux ou civils et autres fonctionnaires qui composent l'administration |
locale. Les trois grands co"ps de l’État sont : le conseil de l'empire, le
sénat dirigeant et le saint-synode. Mais les membres qui les composent “ | étant tous nommés et révocables par l’empereur, ils ne sont que les interprètes et les exécuteurs serviles de sa volonté.
Le Conseil de l'empire se divise en quatre départements, dont chaun a son président : ce sont les départemenis de la législation, de la guerre, des affaires civiles et religieuses, et des finances. Les ministres font partie de ce collège qui a dans son ressort toutes les affaires impor tantes, à l’exception de celles qui sont relatives à la politique extérieure, Ces dernières sont réservées au cabinet du souverain. Le sénat dirigeant est considéré comme le premier corps de l’État. Il veille à l’exécution des lois, surveille la rentrée et l'emploi des deniers publics, promulgue les lois et les édits rendus parl’empereur, et juge en dernière instance toutes les causes. Ses décrets ont force de loi comme ceux de l’empereur, qui seul peut en arrêter les effets. ILest partagé en 8 sections, dont 3 résident à Moscou et 5 à Pétersbourg. Sous le rapport judiciaire, le sénat exercerait une autorité encore plus salutaire, si les formalités étaient simpl-
fées et si l'on réussissait à mettre un terme à la corruption eMrénée deg
juges inférieurs, Le saint-synode, autorité suprême de l'Église grecque, M veille aux intérêts de Ja religion nationale, mais seulement au nom de : bon agrico l'empereur, I tient la main à l’observance des lois canoniques, au 4 industrie maintien de la pureté du dogme, et présente à tous les emplois ccelésias. À tiques, Tous les autrescultes sont réputés libres; néanmoins il n'est per. À
sonne qui ignore les persécutions dirigées contre les catholiques polo. À
nais ct autres, afin d’anéantir une religion qui est toujours en tout pays,
un instrument de civilisation, et de dénationaliser l'héroïque popul: |
tion de la Pologne.
Telle est l'organisation du pouvoir central. Mais il existe, en outre, dans les campagnes et les communes urbaines, des institutions municipales, dans le détail desquelles notre cadre ne nous permet pas d'entrer. Certaines provinces jouissent aussi de priviléges spéciaux et possèdent même des administrations particulières. Ces différences sont le résultat des circonstances dans lesquelles les provinces en question ont été agré gées à l’Empire. Du reste, il faut observer que l’empereur ne resnecle ces privilèges qu’autant qu’ils ne gênent en rien son despotisme, et que dans plusieurs pays qui jouissaient de privilèges particuliers, le gouvernement russe les a réduits ou supprimés, tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre.
Nous avons déjà parlé de la distinction des diverses classes entre lesquelles se partage la population de l’Empire; nous avons aussi, en parcourant les différentes provinces, signalé leurs productions naturelles, indiqué l'état de l’agriculture, et énuméré les industries principales. ! est donc inutile de revenir ici sur ces divers points. Nous ferons sculement observer que, la Russie étant un pays essentiellement agricole, le gouvernement commet une incroyable faute politique et économique, en essayant d'y favoriser un développement industriel généralement factice, au moyen du système prohibitif et protecteur. Il entrave ainsi le développement de l’agriculture nationale, au profit d’un petit nombre de manufacturiers monopoleurs. De plus, il tend, bien à son insu sans doute, à créer dans ses États de grands centres manufacturiers, avec tous leurs inconvénients politiques. Les grands centres industriels deviennent avec le temps des foyers d’idées démocratiques, des centres d'action politique qui sont uécessairement hostiles au despotisme,
Le gouvi e dévelop
és mines bles, et 1 bisidérab
Sibérie.
\'a éprou Welle exei ie et d’aut roduit net es; eni l; en 18.
,, en 18 ten or dé ue valeur Ceci nou:
empire.
Wssi ne co s pr'incip elle sont isans el populati( de à 4 374 chiffre dé celui sur le du sel xlettres; set des n droit rég blatuxe cenfin, Les éval rient de :
plus élev
ion effrénée deg l'lglise grecque, M “T
nent au nom de M canoniques, au | mplois ecelésins. À oins il n'est per. À tholiques polo. À rs en tout pays,
éroique popula-
xiste, en outre,
itutions munici-
net pas d'entrer.
aux et possèdent s sont le résultat ion ont été agré:
reur ne respiecle spotisme, et que uliers, le gouverà prétexte, tantôt
classes entre les- )ns aussi, CN partions naturelles, es principales. fl ous ferons seulement agricole, le t économique, en énéralement fac- [L'entrave ainsi le ’un petit nombre n à son insu sans ufacturiers, avec s industriels deques, des centres despotisme.
EUROPE : RUSSIE. 365 À Le gouvernement russe agirait donc sagement en se bornant à laisser e développer, sous le régime de la hicrié la plus complète, la producbon agricole et les industries naturelles du pays. Parmi ces dernières,
3 industrie des mines, comme nous lavons vu, tient le premier rang.
mines de fer de la Russie, soit en Europe, soit en Asie, sont inépuibles, et leur exploitation s'accroît chaque année dans des proportirns wisidérables. Il en est de mème des produits aurifères de l'Oural et de Sibérie. Nous croyons utile d'indiquer le prodigieux accroissement va éprouvé la production de l'or en Russie, à cause de l'influence elle exercera, conjointementavec la production aurifère de la Califor= i et d’autres pays, sur la circulation monétaire du monde entier. Le rduit net de l'or, en Russie, s’est élevé : en 1839, à 8,674 kilogram- Les ; en 1849, à 14,145 kil.; en 1841, à 44,300 kil.; en 1842, à 16,043 l.; en 1843, à 21,200 kil.; en 1844, à 21,971 kil.; en 1845, à 22,459 l,, en 1846, à 28,204 kil.; et en 1847, à 29,893 kil. Ainsi le produit ten or de 1847, dernière aunée dont nous ayons le relcvé, représente ie valeur d'environ 103 millions de francs.
Ceci nous amène naturellement à la question des revenus publics de empire. Le despotisme n’aime pas que la lumière se fasse chez lui; ssi ne connaît-on qu’assez imparfaitement le budget de la Russie. x principales sources du revenu public sont : 1° la capitation à laelle sont assujettis les bourgeois, autres que les marchands, tous les ïsans et différentes tribus : on l’évalue à environ 4 fr. par tête pour population mâle seulement; 2 la taxe sur les marchands : elle est ie à 4 374 du capital; mais c'est le marchand lui-même qui déclare chiffre de son capital ; 3° les droits de douane ; 4 le droit de timbre celui sur la vente des propriétés réputées immobilières ; 5° le monole du sel; G° celui dela vente des spiritueux ; 7° le monopole de la poste xleltres; 8° le produit des terres du domaine, des différentes propriéset des manufactures impériales ; 9 celui des mines de la couronne; droit régalien sur celles des particuliers, et le bénéfice de la monnaie; bla tuxe pour le rachat du recrutement, le produit des amendes, etc. ; eenfin, le tribut en fourrures payé par les tribus nomades. Les évaluations que donnent les auteurs des recettes de la Russie rient de 325 à 500 millions de francs. Mème en admettant le chiffre lus élevé , les recettes sembleraient devoir être insuffisantes pour
l'administration d’un si vaste empire. « Mais, fait observer Schnitzler, | | certains revenus particuliers, l'exploitation de la pêche du fleuve Oural, M hits, et par exemple, ne sont jamais portés sur le budget, attendu qu’ils ser ‘ poenL a vent de paie et sont assignés à perpétuité, soit à des individus, soit à deg WAUCOUF classes d'hommes; des gouvernements entiers sont souvent requis dd La dett fournir des denrées nécessaires à l’approvisionnement de l’armée a
lieu des impôts dont sont grevés tous les autres contribuables, et la vad
leur de ces fournitures ne figure pas non plus dans le budget; d’ailleu
le taux auquel le gouvernement reçoit ces approvisionnements en blé ff votal. en fourrage est assez bas pour lui assurer des profits considérables ; 14 1. travail des mines, le transport des métaux et du sel remplacent dan Le chift, quelques contrées la cupitation ou au moins une partie de cet impôt est pas :
des tribus entières en sont exemptes, à condition de faire le service mi litaire, toutes les fois qu’elles en sont requises par l’empereur : or, ce travaux et ce service seraient payés cher partout ailleurs ; et de mêm qu’en d’autres pays ils grossiraient la dépense, ils doivent ici figure parmi les recettes; de plus, quelques nations paient leurs tributs e peaux et en fourrures qu’on emploie en grande partie pour les besoi
bmprena lans l’arm ireuses q ra rien de lu côté d
| | juints susc de l’armée et dont on ne tient pourtant aucun compte dans le budge but encor: On n’y fait pas entrer non plus le marbre et les pierres précieuses q la jamais
l'État rotire de ses domaines, les boulets de canon que lui fournisser ses fonderies, et une foule d'autres objets de valeur qui trouveraie ailleurs leur place dans le budget des dépenses. En portant sur celui dé reccttes le produit net de certaines exploitations qui se font au profit gouvernement, ce dernier ne tient pas compte, parmi les dépenses, dé frais occasionnés par les transports et la main-d'œuvre, frais qui, po d'autres articles figurant dans la même liste, viennent en déduction d la valeur du produit net. Toutes ces valeurs, ajoutées au budget des r4 cettes, en augmenteraient considérablement le chiffre, et, dans tous k cas, tant de matières d’approvisionnement, d'équipement et de con truction, tant de bras qu’il faudrait payer ailleurs et qui en Russie s0! à la disposition du gouvernement, expliquent plus ou moins l'exigui des chiffres qui marquent le montant des dépenses. Qu’on ajoute à c que les employés sont à la vérité nombreux, mais que leurs traitemen sont en général plus que modiques, que la paie des soldats et des mal lots est extrêmement faible, qu’un grand nombre de services sont g"
kments el lplomatic fait tant angereux La mari aux de li jour la pl r la Balti ombreux bis, la ma ner Noire faux équ L'accroi demi, fi ce sujet, e la Russ
EUROPE : RUSSIE, 367 hits, et l’on sera moins fr.ypé de la différence si frappante que pré- Bentent au premier abord les sommes du budget russe avec celles d'État:
ttendu qu'ils ser Fer on mes it à y ins ] .»
dividus, soit à deg REUCOUP $ ImP
ouvent requis ddl La dette publique de l'empire se composait, en 1849, de: nt de l’armée a
erver Schnitzler,b du fleuve Oural,A
36,377,970 roubles argent , en dettes extérieures à terme;
buables, et la vai 55,979,029 — — en dettes intérieures à terme; ‘budget; d’ailleu 234,318,854 — — en dette consolidée, nnements en blé cf Total, 326,675,853 — — soit à 4 francs le rouble argent
considérables ; | 1,306,702,512 francs.
| remplacent dan tie de cet impôt faire le service mi empereur : Or, Ce eurs ; et de mêm doivent ici figure t leurs tributs e ie pour les besoi te dans le Ludge res précieuses q que lui fournisse ur qui trouverale jortant sur celui dé se font au profitd pi les dépenses, dé
Le chiffre de l’armée russe n’est pas connu d’une manière exacte. Il est pas vraisemblable qu’il puisse dépasser 700,000 hommes, en y bmprenant, non-seulement les troupes polonaises aujourd’hui fondues lns l’armée moscovite, mais encore les troupes irrégulières fort nomtreuses que fournissent les Cosaques et les tribus nomades. Ce chiffre l'a rien de vraiment effrayant si l’on considère l’étendue des frontières lu côté de l'Europe, l'énormité des distances, et le grand nombre de Bunts susceptibles d’être attaqués. Les aïarmistes de l'Occident trouvent encore un motif de calmer leurs terreurs, dans ce fait que la Russie ja jamais cu d'armée active dépassant 200,000 hommes. Ses agrandisements en effet sont dus moins à ses victoires et à ses armes, qu’à sa lplomatic. Le fameux système des colonies militaires dont un instant on fait tant de bruit, a été abandonné et comme impraticable et comme hngereux pour le gouvernement lui-même.
k La marine est organisée sur un pied respectable. Elle compte & : :aisvre, frais La Poux de ligne, 36 frégates et plus de 250 bâtiments inférieurs, qui sont ent en déduction @,, 1, plupart des chaloupes canonnières propres à défendre ses côtes es au budget des, Baltique. La Finlande et l’Esthonie fournissent à la Russie de fre, et, dans tous ombreux et d’habiles matelots, surtout pour la petite guerre. Toutepement et dei ue bis, la marine russe n'est destinée qu’à dominer dans la Baltique ct la t qui en RUSSIE Er Noire; hors de là, elle serait inférieure aux marines plus exercées ‘ou moins l'exigu! Étaux équipages accoutumés à la grande mer. . Qu'on ajoute à CE Le ccroissement considérable de la puissance russe depuis trois siècles ue leurs traitemtli, demi, frappe l'homme superficiel d’étonnement et même de frayeur soldats et des mil. sujet, on doit d’abord remarquer que les rapides agrandissements de services sont £a, la Russie sous les deux Iwan, ne sont pas tous dus à des conquèles,
368 CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME, mais plutôt à des reprises sur les Tartares ; elles étaient faciles, c car ch !
n'est ni le sol, ni le nom du maitre, c’est la fraternité de langw, dl Fe mœurs, d'institutions, qui fait les nations et les patries, La dernière re st prise a été exercée de nos jours sur les Polonais ; car l'Ukraine, la Po pen dolie, la Wolhynie, étaient d'anciennes contrées russes. Les conquèt:g A dans le Caucase, sur la Turquie, sur la Perse, l'usurpation de la Pologng sn : proprement dite, ne doivent pas être mises au même rang que les re4 rep prises des anciens territoires russes. En effet, dans le noyau de | . M Russie, unité et centralité à un degré bien plus haut qu’en Allemagne nr dé population assez compacte pour la nature du pays; industrie pe Dtiée avancée, mais toute nationale. Dans les conquêtes extérieures, diversi Lu d'intérêts, défaut de population, peu de ressources naturelles, établis Are
ments d'industrie étrangère , esprit de colonie ou d’États vassaux, i patieuce du joug russe.
Cette distinction entre le noyau de la nation russe uni par la natureell même, et les conquêtes extérieures, successivement souinises à l’em pire, est la base de tout raisonnement politique sur la Russie. Il fa examiner si ces accroissements en territoire et en population ont vérit blement augmenté la puissance de l’empire, s’ils ne créent pas, au co traire, pour lui, des difficultés et des périls qui surgiraient aussiti dans le cas où la Russie se trouverait impliquée dans une gua générale. Les peuples soumis jusqu’à présent sont-ils assez affectionné au gouvernement russe, pour que celui-ci puisse se croire dispensé ( les surveiller étroitement? En admettant même que les populatiol polonaises, caucasiennes, trans-caucasiennes, qui subissent le joug russ soient trop faibles ou trop démoralisées pour essayer de se soustrai au joug, de nouveaux agrandissements, en augmentant la dispropo tion entre la masse de la nation conquérante et celle des peuples col quis, n’auraient-ils pas pour effet d’affaiblir la première? La Rus ne ressemblerait-elle pas alors au colosse aux pieds d’argile ?
C’est la politique mesquine et personnelle des rois qui a permis à Russie de prendre les proportions qui nous effraient aujourd'hui; c' en jetant quelques lambeaux à la Prusse et à l'Autriche, que le go vernement russe a obtenu la faculté d’envahir la Pologne et la Fil lande; c’est en profitant des divisions de *’Europe occidentale que Russie a arraché plusieurs provinces à la Porte oltomane, et est
venue à transformer la Moldavie et la Valachie en provinces plutôt A" | russes que turques. Mais qu’un jour une politique plus clairvoyante et A plus noble se substitue à uu aveugle égoïsme, et la Russie cessera d’être
menaçante. Que l’Allemagne cesse d’être désunie, que la Pologne re-
couvre sa nationalité, que la noble Hongrie apprenne à connaître quels
sont ses véritables ennemis, et qu’enfin la France unie à l’Angleterre
favorise la régénération de la Turquie, qui tend à opérer, par l’éga-
lité, la fusion des diverses races de l’empire, et la Russie ne sera plus à es craindre. Le gouvernement de l'autocrate se verra dès-lors obligé de tourner ses efforts vers le développement intérieur du pays, qui gagnera, à cette nouvelle politique, la paix et la richesse, les lumières et la liberté.
ent faciles, car di té de langue, (9 s. La dernière redl l'Ukraine, la Po F es. Les conquèt$ tion de la Polognd e rang que les re 18 le noyau de 1 qu’en Allemagne ss; industrie pel térieures, diversit turelles, établis États vassaux, im
ni par la nature ell t soumises à l'em la Russie. Il fà pulation ont véril créent pas, au C0 surgiraient aussili e dans une gun ls assez affectionné croire dispensé ( que les populatioi issent le joug russ rer de se souslri ntant la dispropo lle des peuples 0} remière? La Rus s d'argile ?
is qui a permis à taujourd'hui; © Autriche, que le g0 a Pologne et la Fil e occidentale que tomane, et esthl
Description physique générale de la Péninsule orientale, comprenant les provinces européennes de l’Empire Ottoman et le Royaume de Grèce,
Des régions de la haute Macédoine, comme d’un point central, par. tent cinq chaînes de montagnes. L’une court au nord et atteint les rivages du Danube aux environs d'Orsova, où, par des rochers qui res-
serrent le lit du fleuve, elle se joint à une branche des montagnes de !
la Transylvanie, liant ainsi le système des Karpathes à celui de l'Hémus. La seconde, qui est la plus considérable, se dirige droit vers l’est,
sépare la Bulgarie de la Romanie ou Thrace, borde la mer Noire de ses |
rochers escarpés, etenvoie une branche de collines vers Constantinople ct vers les Dardanelles . cette chaîne est l’Hémus proprement dit, l'Emineh- Dagh ou Balkun des Turcs. Une troisième chaîne se détache du plateau de la haute Macédoine en même temps que l'Hémus, mais se dirige au sud-est; c'est le Rhodope des anciens, le Despoti-Dagh des Tures : une plaine élevée en lie les bases avec celles de l’'Hémus, et c’est sur ce plateau que coule l’Hébrus, aujourd’hui Maritza. Une quatrième chaîne se dirige vers l’ouest ; ce sont les monts de la Bosnie et de la Dalmati, l'Albius ou Albanus des anciens. Enfin, la cinquième branche, s'étendant au sud-ouest et au sud, donne naissance à toutes les montagnes de la Thessalie, de l’Épire, de la Grèce propre et de l'Archipel.
D’après les voyageurs modernes, l’Hémus propre présente des rocs escarpés, des défilés compliqués; mais comme la neige fond, même sur les sommets, leur élévation ne saurait surpasser 5 à 6,000 pieds, Le Rhodope présente des montées longues et difficiles, mais ses cimes sont couvertes de forêts. C’est au nord de la Macédoine, dans l’ancienne Dardanie, que se trouvent les sommets les plus élevés; on nomme le
Scor à pl Le tagn éleve en b:
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Constantinople et ent dit, l'Eminehtache du plateau ais se dirige au h des Turcs : une t c’est sur ce plaatrième chaîne se de la Dalmati, anche, s'étendant montagnes de la ipel.
présente des roc re fond, même sur 000 pieds. Le Rhoais ses cimes s0nt ns l’ancienne Darés; on nomme À
EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. 371 Scomius et le Scardus aujourd’hui Schar-Dagh dont la hauteur est évaluée à plus de 9,000 pieds.
Le Pindus appelé à cette heure Mezzovo, est comm: lé noyau des montagnes de la péninsule grecque proprement dite. Son sommet le plus élevé dépasse un peu 8,000 pieds. De toutes parts, des vallées arrondies en bassin, et des croupes de montagnes couvertes d'arbres, s'appuient au Pinde. L'Épire est montagneuse jusqu'aux rivages de la mer. La Thessalie est un seul bassin entouré en cercle par des montagnes, sur les terrasses desquelles jadis 75 villes étaient assises comme sur les bancs d'un amphithéâtre. L'Olympe, aujourd’hui Lacha, n’a que 6,120 pieils selon Bernouilli, Les escarpements très-roides donnent pourtant à ces montagnes l’aspect le plus imposant :i le plus pittoresque. Le défilé de Plantamona, au nord de l'Olympe, est couronné derochers taillés à pic à la hauteur de 3,000 pieds. Le célèbre défiié des Thermopyles est moins effrayant ; mais celui qu’on passe dans l’ancienne Mégaride, entre les rochers Scyroniens et le golfe Salonique, offre de sublimes horreurs. Des rochers noirs et escarpés se penchent au-dessus de la mer; les flots mugissants'ont pénétré sous leurs bases; c’est sur un terrain aussi dangereux que le voyageur trouve un sentier étroit, où ilest obligé de marcher comme suspendu entre le ciel et la mer. Le mont Parnasse, aujourd’hui Liakoura, élance à 5,400 piedsses sommets arides et escarpés. Le centre du Péloponèse est un plateau élevé couronné de plusieurs petites chaînes de montagnes, dont le Chelmos, jadis Cyllène, haut de 7,200 pieds, est le point culminant central et dont la plus méridionale forme le cap Matapan, l’ancien Ténare, qui est la pointe méridionale du continent de l'Europe.
Les côtes de l’Albanie, qui vers le golfe du Drin sont d’une pente assez douce, se relèvent soudain près l’entrée de la mer Adriatique. Des rochers sont jetés en désordre sur d'autres rochers ; leurs cimes portent des nuages sombres, leurs flancs sont sillonnés par de fréquents éclairs; une mer toujours courroucée baigne leurs pieds de ses flots tumultueux, et couvre leurs rivages des débris de vaisseaux. Ce sont les monts Acro-Cérauniens, si mal famés dans l'antiquité, et qui s'appellent aujourd’hui Monte-de-Chimaru.
On peut regarder l’île de Crète ou Candie, comme une prolongation des hautes terres qui forment le dos de la Grèce et du Péloponèse.
372 CHAPITRE VINGT-TROISIÈME, Le Psiloriti, l'ancien Ida, dans l’île de Crète, dépasse 7,000 pieds.
De même les Cyclades présentent ies fragments épars de deux petites chaines, dont l’un vient de l’Attique et l’autre de l’Eubée. C’est ainsi qu’à mesure qu’on s’éloigne du mont Hémus, les traits de grandeur et de régularité disparaissent; les hachures et ies déchirements se multiplient.
Le Pont-Euxir ou mer Noire, est peu profond dans sa partie occidentale; mais il renferme dans son bras oriental des abîimes où l’on n'a pas trouvé de fond. Ses eaux sont, en quelques endroits, presque aussi douces que celles des fleuves qui s’y déchargent. Une plus forte évaporation, naturelle aux eaux des rivières, fait naître ces glaces dont le Pont- Euxin est sisouvent couvert. La douceur des eaux donne aussi au froid plus de prise, de sorte que cette grande mer est souvent couverte de glaces à une très-grande distance du rivage. Le Pont-Euxin n’est donc qu'un vaste lac; il en porte tousles caractères.Ce lac s'écoule, comme ceux de Amérique septentrionale, par une sorte de rivière, qui forme d’abord l'étroit canal de Constantinople, ou le Bosphore de Thrace; il se présente ensuite un petit lac, appelé la Propontide, ou la Mer de Marmara. Ce lac, en se dirigeant au sud-ouest, prend de nouveau la forme d'une largeriviere, sous le nom d’Aellespont où détroit des Dardunelles, Ces canaux ressemblent à mille autres débouchés de lacs. La grande masse d’eau qui ne s'écoule que par une ouverture si étroite est une circonstance tres-indifférente.
La Mer Égée, nommée par corruption l’Archipel, se présente comme la continuation de la grande vallée aquatique, dont le Bosphore est une gorge. Les rivages calcaires qui en bordent la majeure partie sont presque partout coupés à pic, et leurs couches, placées dans une position verticale, semblent indiquer des enfoncements et des affaissements; mais, d’après l'histoire, les rivages de ces mers, depuis 3,000 ans, n'ont subi que de très-petits changements. Tantôt ce sont les décombres des édifices, des ponts et des quais qui, en comblant le détroit sur lequel Cyzique était hâtie, ont fait de l'île Gyziquène une presqu'île; tantôt ce sout des dépôts littoraux dans de petites anses étroites et peu profondes, qu'aucun courant ne déblaie, comme au défilé des Thermopyles
La Méditerranée, cette mer si puissante en comparaison de PArchiper n’a rien changé sur les côtes méridionales. L’isthme de Leucade, tout étroit qu'il était, n’a été coupé qu’à force de travail d'hommes. Si quel-
que les ; L( rope nub Kapi d'au des K reth € Le bras :
rivièr tari. ] Le :
jeure | ture p pelàt derne.
de tou
vicres
jusqu'à que le Couvra risse, U
7,000 pieds.
de deux petiée. C'est ainsi e grandeur et nts se multi-
artie occidenes où l’on n'a presque aussi is forte évanoes dont le Pont- ; aussi au froid int couverte de uxin n’est donc le, comme ceux i forme d’abord e; il se présente rmara, Ce lac, en nelargerivière, aux ressemblent u qui ne s'écoule b-indifférente.
présente comme Bosphore est une partie sont presans une position ks affaissements; 3,000 ans, n'ont s décombres des étroit sur lequel squ'ile; tantôt ce s et peu profones Thermopyles.
sou de PArchipe
de Leucade, tout hommes. Si quel-
EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. ques îlots, parmi les Échinades, ont été joints à la terre ferme, c’est par les allnvions de la rivière Aspro-Potamos.
Le bassin du Darube renferme plus d’un tiers de la Turquie d’Europe. Le Drina de Bosnie et la Morava de Servie s’écoulent dans le Danube avant que celui-ci ait franchi les cataractes près Tachtali et Demir- Kapi. Le mont Hémus donne encore au Danube inférieur une dizaine d’autres rivières ; mais les seules qui soient considérables descendent des Karpathes, telles que l’Aluta de la Valachie, et le Prouth, avec le Sereth en Moldavie.
Le bassin de l’Adriatique reçoit le double Drino d’Albanie, dont le bras méridional, ou le Drin noir, reçoit les eaux du lac d’Ochrida. La rivière de Botana sert de débouché au grand et pittoresque lac de Scutari. Le Pinde envoie aussi à l’Adriatique l’Aous, aujourd’hui le Voyoussa,
Le Maritza, l'ancien Hebrus, règne dans le bassin qui occupe la majeure partie de la Romélie; cette plaine élevée n’a qu’une seule ouverture par laquelle l’'Hebrus s’échappe pour aller s’écouler dans PArchipel à travers un lac marécageux qui paraît lui avoir valu son nom moderne. A l'exception du Strymon , les rivières de la Macédoine semblent de toutes parts s’être donné rendez-vous au golfe de Salonique; parmi elles on remarque l’Axius, le Vardar des modernes. Ce concours de rivières forme une espèce de delta qui s’accroît au-dessus du golfe.
La péninsule méridionale, ou la Grèce propre, ie donne naissance qu’à de petites rivières; mais leur réputation classique les rend intéressantes.
Le Pénée et la vallée de Tempé appellent nos regards. Le bassin de la Thessalie est ceint de hautes montagnes, excepté au sud-est. Pourquo: le Pénée ne débouche-t-il pas du côté où les montagnes s’abaissent ? sans doute quelque obstacle local le force de se diriger vers les hautes montagnes de l’Olympe, et il trouve ici son débouché à travers une profonde etétroite vallée célèbre sous le nom de Tempé.Cette vallée s’étend du sud-ouest au nord-est; sa longueur est de 40 stades, ou six kilomètres sa largeur, quoique en général de 2 stades et demi, diminue cependant jusqu’à cent pieds. C'était une tradition très-répandue dans l’antiquité, que le Pénée autrefois, n’ayant point d'’issue, formait un grand lac qui couvrait une partie de la Thessalie, surtout la plaine au midi de Larisse, Un tremblement de terre ouvrit la vallée de Tempé; le lac s’écou-
la dans la mer, et laissa paraître le sol actuel de la Thessalie. Le fameux déluge de Deucalion ne fut qu’une inondation particulière de la Thessalie, qui dura peudant trois 1nois, et qui fut causée par un engorgement des eaux du Pénée ; soit qu'un tremblement de terre, en renversant quelques montagnes, leur eût barré l’issue, soit que des pluies excessives eussent produit une crue subite et extraordinaire.
Le petit bassin qui occupe la majeure partie de la Béotie offre matière à d’autres observations. Ses rivières se réunissent dans le lac marécageux nommé anciennement Copañs. Ceint de montagnes, ce lac n’a aucune issue apparente. Il couvrirait peut-être toute la Béotie si la nature, secondée par l’industrie des hommes, n'avait pratiqué des routes secrètes pour l'écoulement des eaux. Du côté le plus voisin de la mer, le lac se termine en trois baies qui s’avancent jusqu’au pied du mont Ptoüs, placé entre la mer et le lac. Du fond de chacune de ces baies partent quantité de canaux qui traversent la montagne; les uns ont quatre kilomètres de longueur; les autres encore plus. Pour les creuser ou les nettoyer, on avait ouvert de distance en distance, sur la montagne, des puits profonds. Ces travaux immenses, sur l’origine desquels l’histoire garde le silence, doivent remonter à la plus haute antiquité. Ces petites révolutions locales ont pu fournir matière à la tradition d’un déluge arrivé sous Ogygès, roi de Béolie.
Le plateau central du Péloponèse nous présente plusieurs phénomènes semblables. Les hautes vallées sont souvent sans issue. Les rivières, telles que l’Alphée, l’Érasinus, le Stymphale, ne trouvant point de débcuchés, se précipitent dans des gouffres, coulent par des routes souterraines, et après de longs efforts reparaissent au grand jour.
L'action plus violente des feux souterrains n’a également depuis 3,000 ans produit que des catastrophes locales et nullement comparables aux immenses ravages que la géologie leur attribue. Toute h Laconie était sujette à des tremblements de terre; et une fois, entre autres, l’orgueilleuse Lacédémone fut réduite à implorer le secours odieux de sa rivale, Athènes, pour relever ses murailles renversées. Hélicé était une ville florissante, située à 1,100 toises des bords du golfe de Corinthe. Une seule nuit la vit périr avec tous ses habitants ; des secousses réitérées en renversèrent les maisons; la rner s’élança hors de sou lit et en couvrit les ruines.
spong des ca rocher odeur amas groupe Le g jouit el Senèqu l'action été obs nouvell qu'elle s'être n la fin et petites :
marin.
L’acti( des affai Le labyr détours, située at qu'à des viron 1, du laby de roch de pierre aplomb qu’on a ( Coup de endroit d 100 pas.
trés-sèch Une 4 laisse es
lie. Le fameux de la Thessalie, gorgement des nversant quelluies excessives
éotie offre madans le lac manes, ce lac n'a Béotie si la natiqué des routes oisin de la mer, u pied du mont ne de ces baies gne ; les uns ont Pour les creuser , sur la montaorigine desquels haute antiquité.
re à la tradition
plusieurs phéno- Ans issue. Les rie trouvant point nt par des routes Lu grand jour.
également depuis lement compaattribue. Toute la et une fois, entre plorer le secours ailles renversées.
les bords du golfe ses habitants ; des ner s’élança hors
L'île de Milo est sut entière composée d’un terrain caverneux ct spongieux; l’alun de plume, aux filets argentés, est suspendu aux voûtes des cavernes ; des morceaux de soufre pur remplissent. les fentes des rochers ; des sources minérales et chaudes jaillissent partout; une odeur sulfureuse s’exhale de tous les marais. L’île de Kimoli n’est qu’un amas de matières volcaniques. Tout concourt à faire regarder ce petit groupe d'îles comme le sommet d’un volcan.
Le groupe d'îles dont Santorin, autrefois Théra, est la principale, jouit encore d’une plus grande célébrité dans l’histoire des volcans. Senèque nous décrit, d’après Posidonius, la formation d’un îlot par l'action d’un volcan sous-marin. Les éruptions de 1707 et de 1712 ont été observées depuis avec une exactitude froide et minutieuse. « La nouvelle île de 1707 baïissait et diminuait souvent par un endroit, tandis qu'elle se haussait et s'étendait par un autre... Plusieurs rochers, après s'être montrés et rentrés dans l’eau à plusieurs reprises, reparurent à la fin et demeurèrent stables. » Ce récit fait évidemment voir que ces
g petites Îles ne sont que les sommets des bords d’un cratère sous-
marin.
L'action des volcans, réduite à sa juste valeur, n’égale pas les effets des affaissements qui ont dù produire les célèbres cavernes de la Grèce. Le labyrinthe de Gortyne, en Crète, est un vaste antre, qui, par mille détours, semblables à des rues souterraines, s'étend sous une colline située au pied du mont Ida. Parmi une infinité de routes qui ne mènent qu'à des culs-de-sac, il se trouve une allée principale, longue d’environ 1,200 pas, qui conduit à une grande et belle salle qui est au fond du labyrinthe. Elle cest haute de 7 à 8 pieds, lambrissée d’une couche de rochers horizontale et toute plate, comme le sont la plupart des lits de pierre de ces montagnes. Le pavé est uni. Les murailles sont taillées aplomb ou construites de pierres qui embarrassaient le chemin, et qu’on a entassées les unes sur les autres. Il y à de côté et d’autre beaucoup de conduits latéraux. Environ au milieu de cette allée il y a un endroit où il faut marcher à quatre pattes pendant l’espace de plus de 100 pas. Cette caverne, aujourd’hui habitée par des chauves-souris, est trés-sèche, et l’on n’y trouve ni égoût ni cau filtrante.
Une des plus grandes et des pius singulières cavernes que l’on connaisse est celle d’Antiparos, dont Tournefort nous a donné une ample
376 CHAPITRE VINGT-TROISIÈME. ù
description. Une caverne rustique invite vos pas ; mais bientôt des pré. » cipices horribles se présentent ; on s’y glisse au moyen d’un câble, on M s’y coule sur le dos le long des rochers, on franchit sur des échelles les M sombres crevasses; enfin on arrive dans la grotte. On compte 309 bras. ! ses de profondeur depuis la surface de la terre ; la grotte paraît avoir 40 brasses de hauteur sur 50 de largeur ; elle est remplie des plus belles stalagmites du monde. La petite île de Policandro renferme aussi une ! grotte très-remarquable. Toutes les concrétions qu'on y voit sont d’une A nature ferrugineuse, de couleur rougeâtre, sous la forme de longues |
barbes et brosses, fort cassantes, roides et pointues. Les côtés, le toit, !
le fond sont tapissés de ces aiguilles, les unes noires, les autres de cou- :
leur d’or.
L’antre de Trophonius, longtemps théâtre des supercheries reli. gicuses, existe encore dans la Béotie. Au nord de Delphes, on trouve l'antre de Coryaus : quoique très-profond, la lumière du jour éclaire presque en entier. Il est si vaste, que tous les habitants de Delphes s'y réfugièrent lors de l'invasion de Xerxès. Tous les environs du mont Parnasse étaient remplis de cavernes que le peuple tenait en grande vé. nération. On a cru que le célèbre antre de l’oracle au-dessus duquel la pythonisse s’asseyait sur le trépied sacré, était un soupirail d’où il sortait des moffettes, dont l’effet naturel était de provoquer ces convulsions et ces extases, qui, en tout temps, ont accompagné l'exercice du don de prophétie.
Nous avons vu que le sol de la Grècs est d’une élévation extrêmement inégale; il en résulte, comme Hippocrate l’a dit, « que souvent l’espace d’un seul stade y sépare l'empire de l’hiver de celui de l’été. » On étoufe de chaleur au pied du mont Olympe, du côté du midi; on gèle de froid sur le sommet. Les hauteurs moyennes de Pélion et d’Ossa jouissent d’une constitution printanière. Le terrain de la Grèce se relève en général vers le mont Hémus. Ainsi la haute Macédoine et l’intérieur de a Thrace sont encore des contrées froides, comme dutemps oùles anciens y plaçaient la demeure de Borée. Ces centres montagneux ont toujours été les demeures chéries du courage et de l'indépendance. Située entre deux grandes mers, la Grèce n’éprouve jamais de séchcresses générales ; mais comme elle tient par deux côtés à la grande masse du continent, toujours plus froide vers le centre, et comme elle est voisine
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EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE, 377 de deux chaînes de montagnes, l'Hémus ct le Taurus. clle éprouve des froids plus vifs que l'Italie ou l'Espagne. Elle nous présente ainsi l’échelle de tous les pays tempérés de l'Europe.
Si l’on voulait tracer un tableau général de la végétation, il faudrait distinguer les provinces septentrionales comprises dans le bassin du Danube, de celles qui se trouvent au sud du mont Hémus. Dans celles-ci, on voit les terrasses des montagnes se couronner de forêts, où se succèdent tour à tour lesapin commun, le sapin à feuilles d’if, le pin lariss'o, le cèdre, l'yeuse, le chêne à cochenille, le chêne commun, le platane d'Orient, l’érable, le caroubier, le sycomore, le noyer, le châtaignier et le hêtre. Les forêts de l'Hémus présentent moins de mélange. Au nord, ce sont les chênes, les ormeaux, les tilleuls qui dominent; ni le platane, ni le caroubier, ni le sycomore n'ont passé la chaîne, à moins que l’art et les soins des hommes ne les y aient forcés. Sur le Danube, les pommiers, les poiriers, les cerisiers, les abricoticrs, les pruniers couvrent les collines. Ces mêmes arbres fruitiers dépassent [a chaîne de l’Hémus et couvrent en beaucoup d'endroits les hautes collines de Ja Thrace, de la Macédoine et de l’Épire. Jusqu'au 40° parallèle, les olivicrs ct les orangers restent sur les bords de la mer, ayant encore à craindre la proximité des montagnes et des neiges; mais au sud du 40e, le climat charge toutàäfait. Les pommiersetles poiriers disparaissent. Le principal arbre fruitier est l’olivier, dont les bois entiers, entremêlés de lauriers et de myrtes à larges feuilles, ornent les côtes de la Grèce et de l’Attique. Là s'élèvent aussi l’oranger, le figuier, le pistachier-lentique, l'arbre à mastic, le mürier noir et le grenadier.
Les buissons et les arbustes y prennent un autre caractère, les labiées fratescentes y dominent; mais ce que l'œil distingue avec le plus de plaisir, c’est le laurier-rose et le caprier en buisson; l’un dessinant les cours desruisseaux, l’autre se groupant avec les rochers; on voit aussi partout le hurier-cerise, deux espèces d’arbutus, l'unedo et l'andrachne. Le sol de la Grèce étant en grande partie calcaire, les végétaux propres à cette sorte de terrain y abondent. C’est ainsi que les montagnes de la Crète se couvrent de stachys cretica, d’acanthe à feuilles de chardon, de shicorée épineuse, d’origanum dictamnus, d'astragale tragacanthe, d'où se tire la gomme adragant, de sauges à pammes, etc. Le cistus creticus, qui croit spontané et cultivé dans les îles de l’Archipel, fournit le véritable ladanum