‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 59 sur 72 · EMPIRE OTTOMAN · texte numérisé non relu

EMPIRE OTTOMAN

En parcourant les provinces de l’Empire ottoman en Europe, nous k suivrons pas les divisions administratives des Turcs, trop peu uturelles pour se prêter à notre manière de décrire. Les dénomiutions de Moldavie, Valachie, Servie et Bosnie, désignent des nations jen même temps des divisions politiques et naturciles ou à peu rs. La Bulgarie n’a pas de sens politique, mais c’est un nom linographique et indiquant une division naturelle. Le nom d’Albante

tunit un sens physique à un sens ethnographique. L'ancienne Thrace pond à la Romanie propre des cartes ; mais l’une et l’autre n’ont auurd'hui aucun sens politique ni ethnographique ; nous l’emploierons ourtant comme désignant une sous-région physique : même motif à izard de la Macédoine. En cutre, comme parmi les contrées qui comsent la partie de l’Empire, il en est trois, qui jouissent d’une adminiration tout à fait indépendante, nous distinguerons les provinces euroéennes de la Turquie en provinces immédiates el en provinces médiales, Nous avons dû comprendre le royaume de Grèce dans une même desnption générale avec les provinces turques, comme appartenant à in même climat, à une même région physique. Mais il convenait usst de consacrer un chapitre distinct à ce nouvel Etat : c’est ce que ous avons fait. Quant aux îles de l’Archipel, nous les rattacherons là description de l’Empire Oltoman ou à celle de la Grèce, selon e partage établi par les traités. Enfin, uous placerons à la suite e la Grèce la possession britannique, appelée Iles Ioniennes, parce lue ses habitants sont Grecs de race, de mœurs, de religiou, parce ue leur histoire se confond depuis les temps les plus antiques avec elle de 1a Grèce, et enfin parce qu'elles sont une dépendance géogralique immédiate de la péninsule heliérique.

Le Sérai

SECT,. 4re. — Provinces immédiates de l'Empire ottoman, ; iprésentd La capitale de l'empire, la célèbre ville de Constantin, dévient néces ‘ sairement notre point de départ. L'histoire nous ln monwe d'abor | comme bourgade thracienne, sous le nom de Lygos, puis Somme cal ; nie grecque sous celui de Byzance, et enfin comme nouvelle capitale l'empire avec le titre de Nea Roma. à laquelle l’usage substitua la dén mination de Constantinopolis qui lui est restée, Les Turcs la nomme Istamboul, La ville proprement dite occupe un promontoire triangulair partagé en sept collines, que baignent au sud les flots de la mer de M1: mara, et que limite au nord le petit golfe de la Corne-d'Or qui forn nedéploie un magnifique port où 1,200 vaisseaux trouvent un mouillage sûr, t' re pace qu’elle occupe est considérable : en effet le mur d’enccialc pré Parmi | sente un développement de 9,800 toises. nosquees Il est diMicile d'exprimer les sensations diverses qu'on éprouve à 1°! ‘7-50 première vue de cette grande ville. Sa position élevée, le mélange d'alggi °° teMI bres, de maisons, de dômes et de minarets qu’elle présente, l'entrastinien majcstueuse du Bosphore couvert de caïks, le magnifique port, environ rise de 1 des faubourgs de Galata, de Péra, d'Eyoub; la grande ville de Scuta tuction 1 qui s'élève vis-à-vis; les collines verdoyantes qui se succèdent en do rière; la Propontide avec ses îles riantes; plus loin, le mont Olym li Sultan couvert de neige; partout les champs variés et fertiles de l'Asie et mosquées l'Europe; tout cet ensemble présente dans le même instant une foule les mOsqU tableaux ravissants. On ne peut se lasser d'admirer la beauté naturel là écri de sos environs, et de réfléchir en même temps su, l’heureuse positio AU; la th de cette grande capitale, dont l’Approvisionnement est si prompt roles pri dont la défense est si facile, dont le port est si sûr, si commode ct mosquées vaste, et qui semble destinée par la nature à régner sur deux mers & ixers ord sur deux partics du monde. Mais aussitôt que l'ou est entré duns l’inté Jus beau rieur, on passe rapidement de la première impres-ion d'adniration, 4 Censtar une seconde de surprise et de désenchar "1.1, «eue grande ville n'ef"""®> Ou qu'un amas de baraques turques; les rues étroites, irrégulières, mt 4UX VO pavées, sont bordées de petites maisons basses, mesquines, construite ir que co en terre et en bois. Aussi les meendies y sont-ils fréquents et souvelt n0mbr terribles. Celtn de 1828 détruisit 6.000 maisons, et celui de 4831 « lépôt d’ar cersuma 46,000. Hs princi)

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Le Sérail ou le palais du Grand-Scigneur, a été trop vanté Cependant iprésente un aspect romantique du côté des jardins, qui donnent sur k Bosphore, C'est un mélange désordonné de palais, de jardins, de iiosques. Parmi les édifices qui le composent on distingue les appartements du Sultan et celui de ses femmes appelé hurem, la salle du trône, l'hôtel des monnaies, le seul qui existe maintenant dans l'empire. C’est dans le sérail qu'est déposé le trésor impérial; on suppose qu’il renkrme des manuscrits précieux, reste de l'antiquité grecque ct latine, l'est dans lo sérail qu'est déposé le fameux étendard appelé Sandjak- &herif. que les Turcs prétendent avoir appartenu à Mahomet, et qui ne

Parnii les plus beaux monuments de Constantinople, il faut placer les mosquées ; on en compte, dit-on, 897, grandes ou petites. La principale xt Ata-Sophia ou Sainte-Sagesse, vulgairement Sainte-Sophie, La fondation le ce temple, qui fait époque dans l’histoire de l’architecture, est due à hstinien et remonte à 532. Il fut converti en mosquée aussitôt après la rise de la ville par Mahomet IT. Plusieurs autres mosquées de constuction musulmane méritent aussi d'être citées : telles sont celles du Sultan Ahmed, située sur la place de l’Hippodrome, du Sultan Soleyman, lu Sultan Othman, et de la Sultane Validé, mère de Mahomet IV. Les mosquées sont ainsi appelées du nom de leurs fondateurs. A la plupart des mosquées sont annexées des écoles ou Mekteb où l'on apprend à lire t à écrire, et des Médresséh ou colléges où l’on enseigne la logique, la théologie et la jurisprudence musulmanes. Le nombre de ces koles primaires s'élève à 4,255, et celui des Médresséh à 300. A côté des mosquées, nous devons nommer les nombreux couvents appartenant à ivers ordres religieux. Le couvent de Meulevis, à Galata, passe pour le lus beau de tous. 11 appartient aux derviches tourneurs.

Constantinople renferme une multitude de bazars ou marchés, de hans , Où caravansérails, espèces d'hîtelleries destinées aux marchands taux voyageurs, de bains et de cafés, qui sont les seuls licux de plaiir que connaissent les musulmans. Les établissements de bains sont u nombre de 300. L'arsenal militaire, les chantiers de construction, le pôt d'artillerie et plusieurs casernes doivent être rangés au nombre Les principaux édifices de Constantinople. A l’extrémité de la ville, sur

384 CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME. Ë la Propontide, s'élève 1: fameux echäteuu des Sept Tours où l’on enferme À

. . . , de: 4 les prisonniers d’État. Les monuments antiques sont rares à Constante 1

nople. Dans l’ancien hippodrome, appelé aujourd’hui At-Meidun, uom |

qui a la même signification, on remarque un obélisque égyptien en gra | !

ait de 60 pieds de haut, et les débris d’une sorte de colonne torse en | bronze que l’on croit avoir servi de support au fameux trépied offert au temple de Delphes par les Grecs, vainqueurs à Platée. Nous citerons en-hi core la colonne brlée, située près de l’At-Meidan, la colonne corinthienne, à | dans les jardins du séruil, la colonne historique représentant les exploits M d’Arcadius , et les vestiges du palais des Blaquernes. La plupart des aque-°4 ducs et des citernes qui fournissent de l’eau à la ville remontent au règne? de Constantin et au Bas-Empire. Les plus remarquables sont Paqueduc A

de Vulens, la citerne des Mille et une colonnes et l’aqueduc de Justinien.

Eu donnant le nombre des écoles primaires et des colléges musulmans, nous avons montré que l'instruction publique n’est point au négligée dans la capitale de l’islamisme qu’on se le figure communt-l ment. Constantinople possède aussi une quarantaine de kitab-khu

ou bibliothèques publiques. Enfin, depuis le mouvement de réformeh

imprimé par le sultan Mahmoud, il a été fondé plusieurs écoles supi-A rieures sur le plan des établissements européens du même genre. Tellesk sont l’école de mathématiques, l’école de navigation, l’école militaire et l’éculei de médecine; nommons encore l'imprimerie arabe, persanne et turque, Pin primerie arménienne et le journal intitulé Moniteur ottoman, qui est rédigé} en ‘turc et en français. Un autre genre d’établissements publics mérite} encore d’être mentionné : ce sont les hôpitaux pour les malades, ct les} lieux de distribution d’aliments pour les pauvres, où plus de 30,000 per} sonnes reçoivent des secours journaliers.

En traversant le port, long de 3,000 toises sur 3 à 500 de large, on arrive aux vastes faubourgs de Péra et de Galata. Dans le premier, situé sur une hauteur, sont les palais des ambassadeurs étrangers et les maisons des Francs, qui n’ont pas la permission de demeurer dans la ville turque. Les magasins des marchands sont à Galata, qui est plus près du port et de la douane. La diversité des nations qui résident Péra et à Galata est telle, qu’on serait tenté de regarder ces faubourg comuie la tour de Babel. On y parle turc, grec, hébreu, arménien, arabe, persan, russe, allemand, valaque, français, italien et hongrois. Derrier

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EUROPE : PENINSULE ORIENTALE. 385 Péra et Galata est un autre faubourg appelé San-Dimitrs, qui est occupé par les Grecs; il ne faut pas le confondre avec le Fanal ou Fanar, quartier habité par les anciennes familles grecques, appelées pour cela fanariotes, qui ont été longtemps en possession de fournir des hospodars à la Valachie et à la Moldavie. En sortant de Constantinople par le Fanar et le quartier des Juifs, on arrive au faubourg d’Eurub, où l’on remarque la mosquée du même nom. Cest dans cette mosquée que les sultans, en montant sur le trône, sont dans l’usage d’aller ceindre le sabre de Mahomet, cérémonie qui équivaut au couronnement.

Scutari, située sur le Bosphore, en Asie, vis-à-vis Constantinople, doit être considérée comme un faubourg de la capitale. On y remarque de bellesmaisonset de superbes mosquées. On y voit aussi le plus beau cimetière de l’empire; il consiste en uue vaste forêt qui sert de promenade.

La population de Constantinople est fort diversement appréciée par les auteurs. Elle ne nous paraît pas devoir être inférieure à 700,000 âmes, en y comprenant la population des faubourgs que nous avons nommés, ainsi que celle de Scutari.

Les rives du Bosphore sont comme semées de bourgs et de villages à moitié cachés sous de magnifiques platanes. Le palais d’été du sultan, nommé Bechik-Tach, occupe une partie du rivage d'Europe. Plus en ar rière s'élève Belgrade, habité par les plus riches familles chrétiennes de Péra et de Galata. Citons encore Roumili-Hissar, le plus fort de tous les châteaux qui défendent le Bosphore , et, presque au milieu du canal, Boutouk-Déré,où la plupart des ministres européens passent la bellesaison,

Nous sommes obligés d’être moins prodigues de détails sur les autres villes de la Thrace. Au milieu de bosquets de cyprès et de jardins de roses, Andrinople où Edrineh, la seconde résidence du sultan, élève ses nombreux minarets. Cette ville de 400,000 âmes est située partie sur un? colline, et partie sur les bords de la Tundja, près de son confluent avec l'Hébrus ou Maritza. Elle renferme plusieurs édifices remarquables. La mosquée de Sélim II passe pour le temple le plus magnifique élevé à l'islamisme ; son immense dôme, que soutiennent des colonnes de porphyre, dépasse de deux pieds celur de Sainte-Sophie; ses quatre minarets se distinguent par leur élévation, ainsi que par leur forme svelte et élégante. La mosquée de Bajazet II et celle de Mourad II doivent aussi être citées : cette dernière est ornée de 9 coupoles et de 2 minarets. Le

bazar d’Ali-Pacha présente une haute galerie d’environ 400 mètres de longueur : on le regarde comme Jun des plus beaux du monde. L’ancien palais des sultans, Eski-Seraï, est situé hors de l'enceinte de la ville. Il offre de superbes vestiges de l’ancienne magnificence des empereurs ottomans. Andrinople est assez riche en débris de monuments antiques. Elle est, en outre, une des villes les plus importantes de l’empire par son industrie variée et par son commerce.

En suivant la route qui, d’Andrinople, conduit vers Sophia, on arrive à Tatar-Bazardjik, ville de 10,000 âmes, et à Filibé ou Philippopoli, ville de 30,000 habitants, florissante par ses fabriques de soieries, de draps et de coton. Toutes deux sont situées dans une large vallée où les nombreuses branches de l’Hébrus arrosent de fertiles vergers. A l'endroit où se joignent les chaînes de l'Hémus et du Rhodope, on trouve le défilé de Sulu-Derbend, qui conduit de la Thrace dans la Bulgarie, et où l’on remarque les restes d’une porte attribuée à Trajan : un autre défilé, le Kis-Derbend, conduit au sud-ouest, par Samakov, où sont de riches mines de fer, dans la haute Macédoine. C’est ici la grande position militaire centrale qui domine la Turquie d'Europe. Tout le long des mon. tagnes, on indique des sources thermales d'une températuretrès-élevée,

Quand on se dirige d’Andrinople au nord, plusieurs routes traversent le mont Hémus, qui ne paraît pas ici fort élevé, et qui présente autant de coteaux verdoyants que de rochers. Sur la route de Constantinople à Schoumla, il existe des défilés bordés de rochers semblables à des murs. Mais les défilés de Demir-K'apou, la porte de fer, et celui qui va de Kaizanlik, ville de 10,000 âmes, à Lofdcha, petite ville de la Bulgarie, passent entre des montagnes plus élevées. Entre les villes au nord d’Andrinople, Tchirmen et Eski-Sagra, la première avec 8,000 âmes, la seconde avec 45,000, méritent d’être distinguées. Selimnia ou Islemdja, près de la porte de fer, est importante par ses foires et ses fabriques d'armes à feu, de draps et d’essence de roses. Ses 20,000 habitants sont presque tous Bulgares.

L’Hémus, en s’abaissant du côté de la mer Noire, lance au sud-est une chaîne de hauteurs, appelée Strandjea, qui sépare le plateau intérieur de la Thrace des rivages du Pont-Euxin. Sur le penchant ouest de ces montagnes, on voit Kirk-Kilissi, ville considérable où habite entre autres une nombreuse colonie de Juifs qui parlent un jargon

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EUROPE : PENINSULE ORIENTALE. 387 allemand, et fournissent Constantinople de beurre et de fromage. Dans la petite branche que le Strandjea envoie vers Constantinople, on remarque, près de la petite ville d'Indchiguis, de nombreuses habitations tallées dans le roc vif, formant des étages et de longues suites. C'est une véritable ville de Troglodytes pareille à celle de la vallée d’Ipsica, en Sicile. Les flancs orientaux du Strandjea dominent la côte inhospitalière de la mer Noire, où Midiah, l’ancienne Salmydessus, conserve des monuments souterrains très-curieux. On accorde 6,000 âmes à Midian.. Nous remarquerons encore la petite ville de Bourgas, avec 4 à 5,000 h2bitants et un excellent port, au fond du superbe golfe auquel elle donne son nom.

La côte européenne de la mer de Marmara nous présente Selivria et Rodosto, villes grecques agréables et florissantes : celle-là n’a que 6,000 habitants; mais celle-ci en a 40,000; c’est à son commerce qu'elle doit sa prospérité. A l'entrée du détroit des Dardanelles s'élève Gallipoli, ville importante par son commerce et ses 30,000 habitants. Les bords du canal sont défendus par plusieurs forteresses plus ou moins redoutables. Les batteries élevées sur la côte d'Europe comptent ensemble 332 canons et 4 mortiers; celles qui défendent la côte asiatique réunissent 482 canons et 4 mortiers : ce qui fait un total de 822 boue ches à feu, dont quelques-unes sont d’un calibre énorme ; mais, en général, le système de ces fortifications est incomplet, car, à l'exception des ouvrages de Nagara-Bourum, l’ancien Abydos, sur la côte d’Asic, elles ne sont pas susceptibles d’être défendues du côté de terre. Sur le rivage que baigne l’Archipel, nous citerons Enos, petite ville de 7,000 âmes, située près de l’embouchure del’Hébrus, avec un portsüretcommode par lequel Andrinople expédie les produits de son sol et de son industrie; Jenidjé, bâtie au milieu des marais qui bordent l'embouchure du Nestus, aujourd'hui Kara-Sou; et Kavala, petite ville florissante par son petit port et ses vastes plantations de tabac.

Toutle vaste carré compris entre Kavala, Philippopoli, Andrinople et Enos, tout le cours du Nestus, du Suémus et de l’Harpessus, toutes les vallées poétiques du mont Rhodo”e, forment une région à peu près in: connue. Nous nommerons cependant Demotika, sur l’Hébrus, au sud d’Andrinople, qui fut le séjour de l’héroïque fugitif de Pultava. C’est

une ville de 145,000 âmes, où l’on fabrique de belles poteries, ainsi que des étoffes de laine et de soie.

Peel

388 CHAPITRE VINGT-QUATRIËÈME.

La Macédoine, ceinte de montagnes au nord-est, au nord, à l’ouest et au sud-ouest, projette au sud-est, entre les golfes de Salonique et de Contessa, une péninsule terminée par trois promontoires, dont l’Athos est le prine cipal. Ce bassin naturel est encore rempli de montagnes qui le divisent en plusieurs terrasses séparées par de nombreux défilés. Le sol de cette région surpasse en fertilité les plus riches plaines de la Sicile. La côte d’Athos, ou l’ancienne Chalcidique, est surtout d’une fécondité étonnante. Quoique la terre soit à peine effleurée par la charrue, le froment y pousse avec une telle vigueur, qu’on est obligé de le faire brouter par les moutons. La culture du tabac et du coton, plus profitable que celle du blé, envahit chaque jour de nouveaux terrains. Le coton vaut à la Macédoine plus de 4,500,000 francs : celle du tabac lui en rend plus de 2,500,000. Cette dernière emploie un huitième des terres, et fait vivre 20,000 familles. La Macédoine produit encore des vins excellents, seme blables à ceux de la Bourgogne.

Les richesses minérales de cette contrée méritent d’être mentionnées. La Macédoine abonde en fer et en cuivre argentifères. Le bourg de Kœ ratova a, dans son voisinage, une riche mine de cuivre que les habitants emploient à fabriquer des chaudrons et autres ustensiles en cuivre. La ville de +rana doit son importance à ses mines de fer, dont ou fabrique des faux, des armes et d’autres objets. Enfin, le lac Jaïdjiler produit une grande quantité de sel.

Le centre de la Macédoine nous présente la grande ville de Sulonique ou Selaniki, peuplée de 70,000 âmes, assise au fond de son goïfe comme sur un amphithéâtre, e animée par une industrie très-active et un commerce très-florissant. Elle conserve encore de précieux monuments de son ancienne splendeur, entre autres différents arcs de triomphe, dont l’un, érigé en l’honneur d’Antonin, est presque entier. Elle rene ferme de très-belles mosquées, qui, jadis, étaient des églises chrétiennes. La plus remarquable est la célèbre église de Saint-Démétrius, arjourd’h"i Eski-Djami (vieille mosquée); elle est composée de deux temples et revêtue de porphyre et de jaspe. Des aqueducs conduisent les eaux du mont Kortiach dans la cité. Une grande partie des habitants sont juifs, ou du moins de race juive. « C’est une tache pour cette ville,

dit naïvement le géographe turc Hadji-Khalfa; mais le profit commercial

fait fermer les yeux aux vrais croyants. »

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Les petits endroits de la péninsule chalcidique nous intéressent moins que le célèbre mont Athos, nommé en grec Hagion Oros, la montagne sainte, et par corruption, Ayonouri. Cette montagne, qui s’élève en forme d'une pyramide isolée, porte sur ses flancs plusieurs bourgades, 22 couvents, outre 500 chapelles, cellules et grottes, qui servent d’habitation au moins à 4,000 moines; ceux qu’on appelle ermites vivent dans des grottes, et ne s”nt pas plus de 20. Les autres moines sont de simples anachorètes, parmi lesquels on trouve des individus de toutes les nations. Ces moines, entre leurs offices religieux, cultivent des oliviers et des vignes, ou exercent l’état de charpentiers, maçons, tailleurs de pierres, fabricants de draps. C’est la philosophie qui a préparé à la piété celte demeure solitaire et romantique. Philostrate nous apprend qu’un grand nombre de philosophes grecs avaient coutume de se retirer sur cette montagne, pour y mieux contempler les cieux et la nature. Mais les couvents du mont Athos possèdent beaucoup de fermes dans la Péninsule, et font un comineree lucratif au port fortifié d’Alavara.

Dans le bassin du Strymon et du Pontus, on remarque la ville de Sérès, florissante par ses fabriques de coton et par son tabac, mais où l’air, malsain pendant l'été oblige une partie de ses 30,000 habitants à passer cette saison sur les montagnes voisines; Drama, qui prospère par la

même industrie, mais qui est intéressante aux yeux de l’historien par le

voisinage des belles ruines de Phiiippi; Petrovich, importante par ses plantations de tabac; Stromza où Stromnitza, avec des eaux thermales, et Kustendil ou Djioustendi!, également avec des bains chauüs et sulfureux. Que de monuments à découvrir dans ces endroits solitaires | Au couvent de Saint-Jean de Prodrome, au nord de Sérès, les moines jetèrent, il ya 3» ans environ, 500 manuscrits grecs, peut-être anciens, dans les flots de la rivière.

Le bassin du haut 4xius, aujourd'hui Vardar, contient la ville d’Uskub, l'ancieune Scopia, avec 40,000 habitants. On vante la beauté de sa position et son architecture. En descendant le fleuve, on laisse à gauche la vallée latérale venant du nord, où se trouve Jstib, l’ancienne Stobi, et bientôt on voit descendre, à droite, venant de l’ouest, l’Erigon ou Koukia-Kara-Sou, dans le bassin duquel Bitolia où Monastir, avec une population de 15,000 âmes, est la ville dominante. C’est en descendant la

Arallée de l’£ordœus, actuellement Vistriza, vallée remplie de lacs, qu’on

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arrive à l’admirable site de l’antique Edesse, première capitale des Mactdoniens et asile funèbre des restes de leurs rois. La ville qui la remplace s'appelle Vodina, La rivière, divisée en quatre branches, forme, parmi les édifices même et à l’ombre de beaux platanes, plusieurs cascades pittoresques. Plus bas, on atteint Jénidjé-Vardar, petite ville de 6,000 âmes, importante par son industrie et ses plantations de tabac, ct curieuse par les ruines de l’ancienne Pella situées dans son voisinage. Le cours demi-circulaire de l’Haliacmon ou Indjé-Kara-Sou, nous présente, dans la partie montagneuse, Kastoria, appelée Kesrié par les Tures, petite ville de 8,000 âmes, qui est située sur les bords du beau lac de même nom; vers son coude méridional, Servia, bourg de 2,000 habitants; et, dans la partie basse, Kara-Veria, l'ancienne Beræa, ville industricuse, peuplée de 8,000 habitants, aux environs de laquelle on exploite un superbe marbre rouge.

Entrons dans la grande vallée du Pénée, aujourd’hui Salampria, qui, ceinte des montagnes célèbres de l’Olympe, du Pinde, de l'Œta et du Pélion, forme l’amphithéâtre pittoresque de la Thessalie. Le vin, l'huile, le coton, la laine y abondent; mais la race des chevaux n’a plus rien de particulièrement distingué. Larisse, nommée Jenischehr par les Turcs, en est la ville la plus considérable. Elle s’élève sur les bords du Pénée, dans une contrée riante qui produit des oranges, des citrons, des limons, des grenades, des raisins extrêmement doux, d'excellentes figues, des melons admirables, des amandes, des olives et du coton. Une population de 25,000 âmes, de florissantes fabriques de maroquins et de tabac, de fameuses teintureries en rouge et un commerce étendu, font de Larisse une place importante. Les Grecs industrieux du bourg d’Ambelakia, dans la vallée de Tempé, ont longtemps échappé à l’oppression, de même que le bourg de Zagora, dans l’ancienne Magnésie. Ce canton produit les meilleures soies qui sont employées à la fabrication de chemises d'une grande élégance. Les cotons sont l’objet de l’industrie des habitants de Tournavos, petite ville à 3 lieues au nord-ouest de Larisse. Un y tisse ces étoffes légères, coton et scie, connues dans le commerce sous le nom de bourres de Grèce. Les fabriques de Thessalie ont une supériorité décidée pour cette belle couleur appelée le rouge du Levant ; elle est due en partie aux qualités supérieures de l'alisari, espèce de garance qu’on recueille surtout en Anatolie et en Béotie, Près de Tricala, ville

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e l’industrie des buest de Larisse.

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de 12,000 âmes, les défilés du canton d’Agrafa, susceptibles d'une longue défense, conduisent dans l'Épire. Les Météora ou les hauts lieux, sont une série de monastères, situés sur des pics escarpés et isolés, où l'on ne monte qu’à l’aide de corbeilles suspendues à des cordes; la hauteur, dont ces pics forment les sommités, joint une chaîne de montagnes nommée Maïna, comme l’ancien Taygète. Pharsala, appelée Sataldji par les Tures, ville grecque d'environ 6,000 habitants, garde le souvenir de cette grande journée qui vengea le monde opprimé en tournant l'une contre l’autre les aigles romaines. Volo, sur le bras de ce nom, n’a rien de l'importance de l’ancienne Démétriade , station navale qui, avec Chalcis et Corinthe, était censée dominer la Grèce; la rade est moins sûre que vaste. Mais Trikeri, à l'entrée même du golfe, a un port excellent et fréquenté.

Les terres qui bordent le Danube, vers son embouchure dans la mer Noire, sont depuis un temps inmémorial le grand chemin et le chamn de bataille de tous les barbares qui, des steppes de l’Asie, sont venus déborder sur l’Europe. Là, les Sarmates, les Huns, les Abares, les Coumans, les Patzinakites et vingt autres peuples établirent une domination éphémère. Les seuls Bulgares purent s’y fixer, mais pour devenir plus tard {es sujets des Tures-Osmanlis.

Les Bulgares où Voulgares étaient une nation turque qui vivait dans le ive siècle, sur le Volga, aux environs de Kazan. Ils vinrent s'établir dans les pays entre le Don et le Bog, auxquels ils donnèrent le nom de seconde Bulgarie. En 539, ils passèrent le Danube et s’emparèrent des rivages de la mer Noire jusqu’à l’'Hémus. En 678, ils subjuguèrent sept tribus slaves et formèrent le royaume de la Bulgarie Noire, dont Presthlaba fut la capitale. Vers lan 1010, le royaume des Bulgares s’étendait sur la Macédoine, l’Albanie, la Servie, lorsque l'empereur Basile II détruisit enfin cette agrégation de peuplades dont les restes sont aujourd’hui disséminés à travers la Turquie. Leurs guerres avec l’empire grec eurent le caractère le plus atroce ; ils réduisaient des provinces entières à n’être que des déserts qu'on appelait foréts ce Bulgares; et, de leur côté, les Grecs firent dans un seul jour brûler les yeux à 15,000 prisonniers bulgares. En 1185, les Valaques, ou proprement les Kutzo-Valaques, au sud du Danube, ei les Bulgares restés dans la Bulgarie Noire, en se soulevant de concert, fondèrent le royaume valaquo-bulgare, tantôt vas-

sal, tantôt allié des Byzantins, et qui fut conquis par les Ottomans dans la dernière moitié du xive siècle.

Adoucis par la vie agricole , les Bulgares d’aujourd’hui montrent un caractère laborieux, pacifique et hospitalier. La plupart d’eux suivent le rit grec sous un patriarche particulier. Leur dialecte slave ne diffère que peu du servien. Ceux qui ont adopté le mahométisme y mêlent plusieurs mots turcs. La Bulgarie est un des pays les plus favorisés par la nature, quaique sa principale prie soit au nord ; la température génrrale est assez douce pour admettre la culture du blé, du vin, des fruits, du tabac, de la soie. Les bords du Danube du côté bulgare sont moins marécageux qu’en Valachie. Les bestinux à cornes et à laine trouvent de gras pâturages sur les flancs des montagnes ; les chevaux abondent, et l's hordes tartares répandues en Bulgarie en mangent la chair. Les pins, les chênes et les hêtres varient l'aspect des forêts immenses de lintéricur. Les montagnes renferment un grand nombre de sources chaudes ; celles du mont Suha sont sulfureus’s et colorées en rouge,

Sophia, en bulgare Triadit:a, est la ville principale de la Bulgarie; située sur la route de Belgrade à Constantinople, et communiquant avec Sérès et Salonique, elle fait un commerce actif. L’Isker arrose les nombreux jardins au milieu desquels les maisons cachent leurs toits de bardeaux. Sa population paraît dépasser 30,000 âmes. Tirnova, réste dence des derniers rois bulgares, et actuellement d’un métropolitain qui s'intitule patriarche de Bulgarie, se présente agréablement sur une colkine aux bords de la Jantra. On lui accorde 42,000 habitants. Au sudest de cette ville s’élève la Svetigora ou montagne sainte, dont les forêts, rendues inviolables par des traditions antiques, prêtent aux troupeaux et aux fautaines la fraîcheur d’un ombrage perpétuel. On remarque encore, dans la partie montagneuse, Schoumla, que ses vastes et puissantes forüfications, tout irrégulières qu’elles soient, rendent l’un des principaux boulevards de l’empire et l’une des plus fortes positions militaires de l’Europe. On y voit le tombeau du célèbre Hassan-Pacha, dont la bravoure, dans les gucrres avec Catherine IE, sauva l’empire chancelant. Schoumla est en outre importante par son industrie, son commerce et sa population estimée à 30,000 âmes. On trouve le long du Danube, en commençant à l’ouest, Vidin, ville commerçante de 20,000 habitants et lune des forteresses les olus importantes de la

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430,000 habitants ; et Silistrie où Silistré, ville de 20,000 âmes, floris-

Aante par son commerce et bien fortifiée.

La contrée qui, depuis Silistré et Schoumla, s'étend entre le Danube et la mer Noire, s'appelle la Dobrouuscha, C’est un pays de collines, coupé par le lac Rassoln et quelques autres, peu boisé, mais couvert de

Ahais gazons ou paissent de petits chevaux très-recherchés. Babadagh,

assez jolie ville de 40,900 âmes ; Varna, avec 12,000 habitants, des for

ifcations importantes, et le meilleur port de la Turquie sur la mer Aoire ; et Zsadchi, place fortifiée où se trouve un bac qui est le passage Aordinaire entre la Basse-Bulgarie et la Moldavie, sont les lieux les plus

dignes de remarque. Les Tartares-Dobrudschi exercent fidèlement les devoirs d’hospitalité prescrits par le Koran. Quand un voyageur entre

Aus un de leurs villages, les pères de famille se disputent l’houneur de

krecevoir; on l'entretient gratuitement pendant trois jours. On peut cons: dérer l’Albanie comme formée de deux terrasses , l’une

@sélcvant par de: falaises très-fortes du sein de la mer, l’autre commen-

gant à 4 ou 5 licues de la mer et continuant jusqu'aux hautes montagnes entre lesquelles s'étendent Is lacs d'Ochrida et de Malik. Les rivages de Dulcigno et d’Antivari, hérissés de rochers, indiquent que la paine de Scutari a déjà quelque élévation , et au nord du lac de ce nom, les noms Podgoritza et Gouri marquent un second degré d’éléation. Les inaccessibles hauteurs du Montenegro, et les précipices pittoresques qui cernent en zigzag le golfe de Cattaro, annoncent que l'intérieur de la Dalmatie méridionale est formé de plateaux élevés, où mssait, du temps des Romains, une voie aujourd’hui inconnue. Dans la Dalmatie autrichienne, les montagnes mieux connues, se plongent dans la mer avec des falaises calcaires, découpées en îles allongées, échantillons de ses nombreux chaînons, probablement de la même nature, qui forment le haut pays entre la Bosnie et la Dalmatie turque. Ce haui pays où sont les monts Albaniens de Ptolémée, aujourd’hui le 'itoraga, le Radussa, le Planitza et le Ranick, offre le phénomène d’un

Brand plateau sans écoulement.

Ce mémorable plateau commence sous le mont Viloraga par 1 ma-

rais de Czerni-Lug, à l’ouest de Glamocz, et s'étend par Livno et Imoski | au

jusqu’au mont Czerlieviska, au nord de Vergoraz, sur une longueurde 426 kilomètres; la largeur varie de 18 à 36. Cet espace considérable, L di:isé par queiques chaînons de montagnes, renferme 7 à 8 lacs ou marais, et 8 à 9 petites rivières sans aucun écoulement. Cette configu.! ration singulière du haut pays, entre la Bosnie et la Dalmatie, semble se reproduire vers les sources de la Drina, dans les Plaines Blanches, et# plus certainement dans la grande cet célèbre plaine de Kosovo , vers les# sources de l’Ibar et non loin de celles du Vardar. Une terrasse presque maritime, la plaine de Popovo, présente une rivière de 90 kilomètres dem cours qui tombe dans un gouffre. Le caractère général de ces monta. gnes est donc sans contredit le même que celui de la Carniole; c’est una plateau calcaire, caverneux et en terrasses.

Le partage des eaux détermine ici en général le partage des climats A

gelée. Le frêne m gions m de sapin par leur sente l’a; riantes ( faute de cre. Les] siere du dont ler vaux, in!

l'éloge ©

les pays du bassin de l’Adriatique, l’Albanie et la Duimatie, participent berger d aux chaleurs de l'Italie, mais avec des sécheresses et des invasions sou vigilanie daines du vent du nord ; les pays du bassin du Danube, la Bosnie et @ Janina Servie, participent au climat de l'Autriche et de la Transylvanie, non cienne 4

seulement comme étant exposés aux vents septentrionaux, mais encor parce qu'ils conservent, en s’abaissent lentement vers la Save et le Da L nube, une élévation considérable. L+ végétation se divise sans dont aussi en deux régions; la flore albanc-dalmate a des rapports avec celld de l'Italie , et la flore bosno-servienne avec celles de l'Autriche, de Hongrie et de la Transylvanie. La vigne, qui prospère sur les rives à Danube et de la Save, l’olivier qui, des rivages de l’Adriatique, s’élèvé sur les premières collines de la Dalmatie et de l’Albanie, voilà les deu traits qui marquent les deux régions basses ; entre ces deux lisières, k haut pays réunit des champs fertiles, d'excellents pâturages, de super bes forêts, et de riches mines d’or et de fer.

La Basse Albanie ou l’ancienne Épire consiste en un massif de mont: gnes, la plupart calcaires, sillonné par des vallées profondes, et ne re fermant que très-peu de plaines. Quoique au sud du 40° parallèle, el est beaucoup plus froide que la Grèce. Le printemps n’est tout à fil établi que vers ie milieu de mars; l’été, les chaleurs excessives de ju let et d’août dessèchent les rivières et bràlent les herbes ; la vendans commence au milieu de septembre, et le déluge de pluies qui règ en décembre est remplacé en janvier par quelques jours de neige et 1h

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gelée. Le chêne y est d’une qualité supérieure ; le platane, le cyprès, le frêne mannifère se mêlent aux lauriers et aux lentisques dans les régions maritimes ; les forêts du Pinde se composent de pins, de mélèzes, de sapins et de châtaigniers. Beaucoup de montagnes repoussent l'œil

| par leur aridité; mais, partout où l’eau ne manque pas, le pays pré-

sente l'aspect des parties les plus tempérées, les plus boisées et les plus riantes de l'Italie. Le coton et la soie enrichissent les habitants ; mais, faute de soins intelligents, les olives ne donnent qu’un produit médios cre. Les pêchers de l'Amphilochie, les noisetiers de l’Arta et les cognassers du Musachi se distinguent malgré l’absence de culture. Les bœufs, dont le roi Pyrrhus avait perfectionné la race, ont dégénéré; les chevaux, intelligents et pleins d’ardeur, méritent, malgré leur petite taille, l'éloge qu’en a fait Virgile comme excellents à la course. Le chien-

| berger de la Molossie conserve sa force, sa bravoure intelligente et sa

vigilanie fidélité.

Janina, appelée Yania par les Turcs, est située dans le bassin de l’ancienne Hellopie et sur les bords du lac jadis nommé Acherusia, dont les eaux s’écoulent par des gouffres souterrains. Lord Ryron a chanté l’aspect de cette vallée vue du haut du monastère de Zitza, et Pouqueville en a décrit la fertilité. La ville est assez bien bâtie, mais avec des rues étroites et mal pavées. Elle est dominée par deux citadelles , dans chacune desquelles le fameux Ali-Pacha avait fait construire un palais magnifique. Sous la domination de ce cruel despote , Janina était cependant devenue une des villes les plus florissantes de la Turquie ; sa population avait même atteint le chiffre de 40,000 âmes. Depuis sa catastrophe, elle est beaucoup déchu, et paraît n’ètre actuellement habitée que par quelques milliers d’Albanais mahométans et uu certain nombre de juifs. L'Achéron, aujourd'hui Glikis, usurpe depuis lantiquité s'honneur d’être le débouché souterrain du lac Acherusie; c’est le Velchi, affluent du Kalamas, l'ancien Thyamis, qui, sortant subitement de dessous une montagne, entraîne les eaux du lac Labchistas, qui communique avec celui de l'Acherusia.

Dans les montagnes au nord-est de Janina, les neiges du Pinde nourrissent les sources de trois fleuves : l’Aspro-Potamos, l’ancien Acheloüs ; l’'Arta, jadis nommé Arachtos , et le Voroussa, l’Aous des anciens. Ces contrées sont aujourd’hui habitées par des Valaques, peut-être moins

nouveaux dans ces montagnes qu'on ne le pense communément, Mezzovo, ville commerçante de 7,000 âmes, et Calarites, bourgade con- RAR sidérable, sont leurs centres principaux.

WA En descendant l’Arta, on trouve, à l'endroit où il davient navigable À pour les barques, la ville du même nom, qui représente l’ancienne 4m. À

ne os

pee merce en blé, en coton et en étoffes de laine. Salagora, qui lui sert de | port, est située sur le vaste golfe d'Arta, Des pêcheries abondantes, des promontires parés de belles forêts et des ports favorables, placent ce beau bassin à côté de celui de Corinthe, Prevza, bâtie vis-à-vis l'ancien Actium, domine l’entrée fort étroite du golfe, où passent des vaisseaux ? tirant douze pieds et demi. On lui accorde 12,000 habitants, presque ! tous Grecs.

nes

Pacha. Après la mort de ce tyran, les Souliotes ont repeuplé leurs villages détruits, et repris leur liberté un peu barbare. A l'occident de Souli, la ville de Paramiths donne son nom à une autre tribu de pasteurs dont une partie se fait redouter par ses brigandages. On l'estime à 15,000 individus, moitié musulmans, moitié du rite grec. Parga, sur un rocher avec un port, a été abandonnée par ses inflexibles habitants, qui Mel ont emporté les os de leurs ancêtres plutôt que de devenir sujets des À Musulmans.

de Dans la vallée de Kalamas, des bourgades florissantes renferment la peuplade grecque des Philates, qui cultivent leurs jardins, leurs oliviers, leurs blés, en payant un tribut pour rester isolés des Arnautes on Albahais. Butrinto, ancienne forteresse vénitienne, et Delvino, avec 8,000 âmes, sont dans un pays aride, calcaire, qui se termine par les monts Acrociraunicns, où Chimara est le chef-licu des sauvages Chimarsotes, qui vià ‘ vaient naguère de piraterie sur mer, de brigandage sur terre, et la plupart du tenps du pain de la misère. Le vaste port d’Avlona, ville célebre par sa fabrique de goudron et de poix, s’étend derrière ces montagnes, Remontons de nouveau au Pindus, et suivons la grande vallée du Votoussa. Le bassin supérieur de #ette belle rivière nous présente Knitza, ville de 4,000 âmes, située dans une vallée verdoyante, mais fiévreuse, au milieu des hautes montagnes; Premithi, l’ancienne Bre-

tb bracia, Elle renferme environ 9,000 habitants, et fleurit par son com- M

bta, et enfin K «lui qui est pré Klelssoura, Île fl Aeastro, petite vil ds. dans une élébrité comm mdouté, Padmin knte Albanie.

C'est au confli

Brtrouvé le Nym Anciens nous pei

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Ærrdu de leur i

Si nous suivons le cours de l’Achéron, nous traverserons l’âpreet ro- M cailleux canton de Souli, qui résista si longtemps aux armes d’Ali- ! Montrée est Bérat

Le Musachi p juarrosent l’Er

uxon de Balago tombreux troun jgeunes ou Boh les forêts abando its, qui passen Mchium, à UN POI Le fleuve Math irdites, peuplad:

tendance, et qui hyauté et quelqu iquement dans bre à 250,000 ha l'abbé mitré d imille des Lech istriota, si longt be, La ville de 0,000 âmes, vit :

ort à l’embouch ndresde Scande its d’armes , et |

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presque M Arrdu de leur intensité.

preet ro- M Auarrosent l’Ergent et l’Artanes. La ville la plus importante de la Montrée est Bérat, connue dans le moyen âge sous le nom bulgaro-

es d’Alileurs vil.

cident de > pasteurs à l'estime a, sur un tants, qui sujets des

rment la s oliviers, ou Alba- 000 âmes, s Acrocces, QUI viet la plu- Le célebre ontagnes, vallée du sente Kointe, mais cnne Bre-

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