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EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE, 397 bta, et enfin Klcïssoura, dans un défilé important, mais distinct de ælui qui est près des sources mêmes de l’Aous, Sorti des gorges de Klelssoura, le fleuve reçoit les tributs de la riviere à laquelle 4rgyro=
Aastro, petite ville de 5,000 habitants, donne son nom. Un peu plus ds. dans une vallée sombre, la ville de Tepelen a gagné une sinistre ulébrité comme patrie d’Ali-Pacha, qui fut si lorgtemps le maître drdouté, l'administrateur sévère , et l’inflexible bourreau de la turbuknte Albanie.
C'est au confluent de la Souchista avec l’Aous, que Pouqueville a
Artrouvé le Nymphœum ou la grande carrière de poix fossile, où les Auciens nous peignent des flammes sortant de la terre, au milieu de
wurces et de prairies verdoyantes, phénomènes qui paraissent avoir
Le Musachi paraît être lc nom indigène de la moyenne Albante,
xon de Balagorod ou Ville Blanche. On lui accorde 9,000 âmes. De tombreux troupeaux couvrent une terre fertile, mais négligée; les jeunes ou Bohémiens se groupent autour de leurs feux, au milieu ls forêts abandonnées. Elbassan, sur le Scombi, renferme 4,000 habints, qui passent pour fort reu hospitaliers. Durazzo, l’ancienne Dyrachium, a un port sur l’Adriatique : c'était jadis un nid de pirates, Le fleuve Mathi parcourt une contrée montagneuse habitée par les irdites, peuplade albanaise catholique, qui conserve une sorte d’indékndance, et qui se distingue des autres Albanais par une plus grande sauté et quelques idées de morale. Le culte catholique s'exerce puliquement dans ce pays, dont la population chrétienne monte peutbre à 250,000 habitants. Ils ont deux prink ou chefs, l'un spirituel, qui Bi l'abbé mitré d’Orocher, l’autre temporel, qui est un seigneur de la imille des Lechi. C'est du sein des Mirdites que sortit le fameux istriota, si longtemps la terreur des Ottomans sous le nom de Scanderbe, La ville de Croïa ou 4k-Seraÿ, qui n’a plus aujourd’hui que 0,000 âmes, vit naître ce héros de sa nation. Alessio ou Lesch, avec un ort à l'embouchure du Drin et envi‘on 3,000 habitants, renferme les ndresde Scander-Beg. Les Albanais chrétiens chantent encore ses hauts its d’armes , et lui donnent le singulier surnom de dragon d'Albanie.
Derrière ces diverses contrées s'étend la grande vallée du Drin-Noir, dont le bassin le plus élevé, formant le centre commun de l’Albanie ct de la Macédoine, est occupé par le magnifique lac d’Ochrida, au bord duquel s'élève une ville assez importante du même nom, dans un pays
riche en fruits, en pâturages , en abeilles, avec des mines d'argent et de ! À posaic f
soufre. Le Drin-Noir descend d'Ochrida par les cantons du haui çt bas
Dibre, pays sauvage, mais riche en bestiaux ct en fruits, pays nourricicr MA
de soldats féroces. En courant toujours au nord, le Drin-Noir rencontre près Stana le Drin-Blanc, qui vient, dans la direction diamétralement opposée, des régions presque inconnues où la ville de Prisrendi, patrie
de Justinien, reste cachée encore et inaccessible, parmi des tribus slaves M et albanaises, aussi inhospitalières que les ours et les aigles de leurs 4 montagnes. Les deux rivières unies descendent ensuite une belle et riche vallée où l’on cherche la ville de Dukagin, située parmi des 4
montagues très-âpres. Vers l'embouchure, les 32 villages du canton de
Za-Drina, peuplés d’Albanais féroces, conservent encore ieur indé- !
pendance.
La vallée du Drin appartient à la haute Albanie, pays peu visité. Scue !
tari où Scodra, que les Turcs, par un caprice, ont nommée Islenderiéh ou
Alexandrie, tient un rang éminent parmi les villes de l'empire, dont elle f
est le boulevard à l’occident. Située entre la Boyana et le Drinassa, à
l'endroit où la première, en sortant du lac du même nom, reçoit le se: |
cond, elle est défendue par deux ou trois châteaux forts et par des remparts étendus. Les fabriques d'armes et d'étoffes de laine, la construction des navires, la pêche dans le lac, enrichissent ses 20,000 habitants, parmi lesquels il y a beaucoup de Grecs, les uns catholiques, les autres du rit oriental. Les vaisseaux ne remontent la Boyana que jusquà Polna, mais Dulcigno et Antivari ont de bons ports sur l’Adriatique ; le premier était jadis l’asile de pirates redoutés. Cette partie du littori est appelée Kraïna, ou «la terre » par ses habitants, la plupart shvons; cependant Antibari paraît être une colonie italienne du moyenàge.
Arrêtorfs un instant nos regards sur le caractère général de la nation albanaise, dont l'épée mercenaire est encore l'appui de l'empire oltoman, mais pourrait en devenir la terreur. Les Albanais doivent incontestabiement une grande partie de leur caractère belliqueux et féroce la nature âpre de leur pays. Tout homme né en Albanie a un carüt
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ures, Leur constitution physique annonce beaucoup de AL . La taille commune chez eux est de 5 pieds 4 pouces. Ils ont les
muscles très-forts, avec des joues colorées et l'œil vif. C’étaient 1 ns de Pyrrhus et de Scander-Beg; c’étaient des Albansis de . posaicnt l’armée du fameux Ali-Pacha de Janina. « Ces re ue Ras enveloppes d'une toile grossière, semblaient ne Pie rs ne . Occupés, tant que durait le jour, à lutter ne ne . : . Qanser, leur sobriété leur faisait trouver 2 bre ation de pain de froment ou de mais, d’olives noires, où de sardines salées. Bien différents des Turcs, qui Er le lonteur à que dans l’indolence, les Albanais étaient joies na . se joie Cclatait à l'approche d’un combat. » Mais le palikari ne . - a ni Done la patrie; l’aspect seul de l'or le fait Moose itagnes. Les chefs de tribus, vénérés comme les 2 ssais l’étaient de leurs clans, sont autant de capitaines merce- HIrés qui se font suivre par leurs paysans. Les femmes qui donnent 1 me ces hommes extraordinaires, partagent la vigueur de leur Pr Pre . ne 1e UE peau recouvre des muscles fermes et . q eux frugalité les affranchit de presque toutes les maladies. D. ie plus tard que les femmes de la Grèce méridionale, . conse van plus longtemps leur fraîcheur, et continuent à être a. jusqu'à un âge aussi avancé que dans les contrées septentri e l'Europe. pi A : :
Ne vies ne . la plupart, professent extérieurement le a ee ae aies pas très-rigoureusement les préare ne 1omme a plus d’une femme, et la coutume ue n est pour les grands qu’un devoir d’étiquette. Ils ne cultivent pee Dr ils sont trés-habiles à conduire les eaux, de Ra ils savent mesurer la hauteur des Re or . “ lieux avec assez de précision. Le génie d’un en montre ce que peut cette nation es j 8 e l’ignorance, et au sein des mœurs barbares; ité héroïque de Mustapha-Baïractar envers l’empereur Sélim
Wrouve encore q ue le caract :
di ère albanais serait susceptible de grandes
Les Albanais se donnent le nom de Skipitars ou Schypétars, qui grifiek «l'homme qui a affaire avec l’epée. » Ils paraissent être une tribu des! anciens Ilyriens. Leur langue en oftre la démonstration la plus complete. Cette langue, qui est l’un des plus importants et des plus ans ciens chaînons de la grande chaîne des langues pélasgo-heliéniques, ls offre matière à des études du plus haut intérêt, mais que notre cadrebl nous interdit de discuter. 1
C’est en pénétrant parmi les Mirdites, ou en faisant un long séjour 4! { Sculari, qu’on pourrait recueillir quelques traits sur les restes des mœurs et coutumes barbares, légués par les Illyriens à leurs descendants albanais. La division par cetta’s ou par phara’s n'est pas encore éclaire; elle paraît offrir les formes d’une démocratie rurale. Dans les monta-# gnes de la haute et moyenne Albanie, lescotta’s se font la guerre pour venger un assassinat, un rapt, un adultère; le sang peut seul laver ces4 oifenses, mais le vol des bestiaux se paie au prix d'argent. Les conseils! rustiques des cetta’s délibèrent les armes d’une main et la coupe ded Y'autre. Pour mieux se faire reconnaître, quelques tribus schypétares sol tont des marques ou des inscriptions sur la peau avec de la poudre à canon, reste du tatouement des anciens Illyriens. Le Schypétar voit cu | core les Mires, ou les bonnes déesses, errer au clair de lune dans l'épiis seur des forêts; et l’habitant de l’intérieur de la haute Albanie croit} comme le Servien, à des fées ou prophétesses nommées Vyles. Les sor4 cières sont très-redoutées sous leur ancien nom latin de striga. Chri4 tiens ou musulmans, les Albanais conservent l’usage de faire accompa gner le cortège funèbre des morts, par des femmes dont les hurlemeuls font retentir les airs.
Les pêcheurs au nord du lac de Scodra, prennent un poisson nommè scoranza de la manière suivante. 11 y arrive à certaines époques des ei saims d’une espèce particulière de corneilles, regardées comme sacrées Les habitants posent alors de grandes nasses dans les rivières et fe Lacs; le prêtre grec, ou l’iman, arrive pour donner sa bénédiction. € pendant cette cérémonie, les corneilles restent tranquilles sur les bork de l’eau et sur les arbres. On jette dans les flots les grains bénits qu flottants dans l’eau, attirent une innombrable quantité de poissons à f surface ; à l’insiant les corneilles s'élancent sur eux avec des cris pt"f çants, et les poissons effrayés se rélugient par milliers dans Îes nassti
On al de la rende Le eten popu visés cornp ou ch seil, r l'auto qui ré fortifié berger guerri tari, el ténégr les agr frater munic.
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EUROPE : PÉNINEULE ORIENTALE. 401 On abandonne régulièrement aux prêtres et aux corneilles une partie de la pêche ; aussi reviennent-ils les uns et les autres exactement au rendez-vous.
Le canton de Montenegro, en slavon Czerna-Gora, en turc Kara-Dagh, el en albanais Mal-Isi, nourrit, sur une surface évaluée à 450 lieues, une population robuste, belliqueuse et turbulente, de 60,000 habitants, divisés en quatre naja’s, sous le gouvernement indépendant d’un conscil cornposé des capitaines ou sardars de chaque naj«, ainsi que des knèz, ou chefs de chaque village, ct des vieillards les plus considérés. Le conseil, réuni au bourg de Cettina, élit un vladika, ou chef suprême, dont lautoritélimitécrencontreencore un pouvoir rival dans l’évêque du pays, qui réside habituellement sur le territoire autrichien, dans le couvent fortifié de Stagnovith. Tout est guerrier ici, depuis l’évêque jusqu’au berger. Le fusil accompagne partout le Monténégrin. Les 10 à 12,000 guerriers de ce canton ont souvent battu le satrape musulman de Scutari, et l’ambitieux Mahmoud-Pacha tomba sous leurs coups. Les Monténégrins, vindicatifs, sanguinaires, jaloux de leurs femmes, ignorent les agréments de la civilisation ; mais ils connaissent le patriotisme, la fraternité d'armes, et les droits de l'hospitalité. Ils croicnt à des communications avec un merde d’esprits, et s’entretiennent avec les ombres de leurs aïeux, censées planer parmi les nuages. Slavons d’origine et parlant un dialecte servien, les Monténégrins se sont unis à l’Église servienne et russe. Leurs montagnes escarpées, mais riches en pâturages aromatiques, nourrissent d'excellents mcntons et d’autres bestiaux, objets d'exportation ; les vallées {produisent du vin, mais peu de blé. | |
La partie ottomane de la Da!matie a porté successivement les noms de royaume de Rama, et de duché de Suint-Saba, d’où sont venues, dans les traductions bosniaque et turqur, les dénominations de hertsegovina (le duché), et hersek (le duc). Cette partie est inaccessible aux voyageurs dans ses extrémités nord-est, où la rivière Moraca arrose sa vallée solitaire. On connaît micux le bassin calcaire et fertile de Trébigne ou Tribunia, ville sortifiée, de 9,000 habitants, la plupart anciens Serbes, passés au mahométisme, ct si fanatiques qu’ils obligent l'évêque catholique de la ville à demeurer à Raguse. Le canton de Popovo, fertile en vin, en blé et en huile, est, comme celui de Trébéigne, sans issue pour les Ÿ &1
eaux : la rivière de Trebinitza, après avoir reçu celle de Kliutch, se jette dass celle de Popovo, ou plutôt elle prend ce nom et semble se diriger vers la Narenta; mais, arrêtée par les montagnes, elle se perd dans un petit lac ou gouffre souterrain. En remontant les bords de la Narenta, où les marais répandent un air pestilentiel, nous trouvons la ville florissante, mais peu fortifiée, de Mostar, qui compte 10,000 habitants, ct qui fabrique des lames à la façon de Damas; elle tire son nom du pont de pierre d’une seule arche de 300 pieds d’ouverture sur lequel on passe la Narenta. Dans le haut pays ou le plateau sans écoulement, que nous avons décrit, Livno ou Hliuno, ville de 4,000 âmes, entourée de remparts et de fossés, et appuyée de trois châteaux forts, garde la principale entrée de la Bosnie. Rien n’égale la défiance des garnisons turco-bosniaques sur cette frontière, Tous les chemins, outre leurs difficultés naturelles, sont hérissés de tours retranchées, qu’on nomme kulla’s. Partout des abattis d'arbres; des restes de routes dépavées ; des coups de carabine en guise de salut; c’est ainsi qu’on arrive en Bosnie.
La Bosnie est arrosée par un grand nombre de rivières qui, en coulant
vers la Save, la divisent en autant de vallées étroites; lorsque ces val- !
lées s’élargissent, des collines peu élevées en occupent une partie. Ce: terres, malgré l’apathie des habitants, sont d’une grande fertilité, prin-
cipalement le long de la Drina, de la Verbagna, et de la Korovitza. Les sommets rocailleux des montagnes sont parfuinés d’herbes aro- À matiques. Les bords de la Save sont couverts de marais très-étendus. |
Dans la partie septentrionale, les cerisiers, les pruniers, les poiriers, les pommiers, les noyers, les cognassiers, les noisetiers, ornent des vergers plantés sans symétrie : les contrées méridionales possèdent encore de:
pêchers, des abricotiers, des figuiers, des amandiers. On ne fait du vin qu |
‘e long de la Drina. Les chrétiens et les Turcs du pays suppléent au manque de vin, par le slivovitza ou eau-de-vie de prunes : aussi tout le terrain aux environs des villages est-il garni de pruniers. On tire des poires un jus doux et épais comme du miel, nommé pekmes. Les principales productions en grains sont le blé, le maïs et l’orge. La Bosnie produit peu d'avoine; mais les habitants cultivent beaicoup de millet, qui entre dans la composition de leur pain, et dont ils font un cas particulier. Ik prétendent que ce grain se conserve plus longtemps qu'aucun aulr, et ils en font le principal approvisionnement de leurs forteresses.
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nir en Bosnie tous o grand Les sable « lieues « mines bitants une fou monta aux mi tées av:
sinage villages trouve, Mais ce ce mor ses no Foinitza existe ul Quoiq n'en a preuve.
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Quoique la Bosnie soit proportionnellement plus peuplée que les au tres provinces de la Turquie d'Europe, le nombre de ses habitants pourrait être trois ou quatre fois plus cousidérable. Aussi n’y a-t-il de cultivé que le fond des meilleures vallées et le pied des coteaux; le reste est occupé par de magnifiques forêts. Le chêne, l’orme, le frêne, le hêtre, le peuplier, le charme, l’érable, le bouleau, le tremble garnissent les parties les moins élevées des montagnes : le sapin, l’if, le mélèze en couronnent les cimes. Une grande marine y trouverait de quoi se fournir en mâts et en planches. Les superbes prairies et pâturages de la Bosnie nourrissent une bonne race de bœufs et de chevaux. Les rioutons ont en partie les cornes tournées en spirale, et leur laine est un grand article d'exportation.
Les mines, dont ce pays abonde, peuvent devenir une source intarissable de richesses. C'était probablement au village de Slanitza, à deux lieues et demie de Traunick, que les Romains exploitaient ces fameuses mines d’or attribuées à la Dalmatie. On voit les excavauons dont les habitants, par superstition, n’osent approcher. La tradition, confirmée par une foule d'indices, désigne comme renfermant des mines d’or plusieurs montagnes situées à peu de distance de Zvornick et de Varech. Quant aux mines d'argent, on en connaît un grand nombre qui étaient exploitées avant l’arrivée des Turcs. Les principales se trouvaient dans le voisinage de Rama (autrement Prézos), de Foïnitza, et de plusieurs villes et villages nommés pour cette raison Sreberno, Srebernik et Srebernitza. On trouve, près le couvent de Kressevo, un minerai contenant du nf-argent. Mais ce qui a toujours contribué à la richesse de la Bosnie, ce qui dans ce moment même est devenu sa principale branche d'industrie, ce sont ses nomb:euses mines de fer. Les plus considérables sont près de Foinitza et de Kressevo. Elles occupent plus de 2,000 ouvriers. Il existe une mine de plomb auprès d’Olovo, entre Kladaïn et Varech.
Quoique le sel soit un des objets d'importation en Bosnie, la nature ven a pas entièrement privé ce pays. Les puits de Touzla en sont la preuve. L'eau de ces puits, évaporée dans de grandes chaudières, donne pour sédiment un sel blanc de la meilleure qualité ; mais sa rareté et son prix, très-élevé en comparaison du sel ordinaire, le laissent seulement à la portée des gens aisés, Non loin de Tartchin, il y a aussi des mines de sel gemme, mais elles ne sont pas exploitées.
Le climat est très-varié, à raison de la différence de niveau ; tandis que les fertiles plaines situées le long de la Drina jouissent d’un hiver assez doux, la Croatie et la partie montagneuse de la Bosnie éprouvent des froids rigoureux. Les montagnes donnent naissance à des sources sans nombre ; on ne fait pas une demi-lieue sans voir couler un ruisseau ou jaillir une source : dans les montagnes on en voit à chaque cent pas. La Drina, limite orientale du pays; la Bosna, qui, en la traversant par le milieu, lui donne son nom ; la Verbaz, qui arrose les parties orisntales, ont le lit assez profond dans une grande partie de leur cours pour porter des bateaux de 1,000 quintaux de charge. L'Unna, qui fait en partie la limite entre la Croatie autrichienne et la Croatie turco-bosniaque, est semée de bas-fonds. Ces rivières se jettent toutes les quatre dans la Save.
La Bosnie est comme hérissée de villes fortifiées, et on y compte en outre 24 forteresses proprement dites et 19 châteaux forts, tous restes du moyen âge. Serajèvo où Bosna-Seraï est la capitale du pays. Un amas de jardins, de minarets, de tours, de bastions, le tout dominé par des montagnes hoisées et baignées par la Hiliaska qui s’unit à la Bosna, tel est l’aspect de cette grande ville, peuplée de 60,000 habitants, dont un tiers suivent le rit grec. Les forts de la ville haute, ou le grad, sont flanqués chacun de quatre tours, mais de petites dimensions ; si cependant les murs ont deux tuises d'épaisseur, ils ne seraient pas facilement entamés. Les fabriques d'armes et d’orfévrerie, ainsi que les caravanes
du commerce pour Constantinople, placent Bosna-Seraï très-haut parmi | les villes industrielles de la Turquie. En allant à l’ouest, nous trouvons |
sur la Laschva, affluent de la Bosna, Traunik, ville de 8,000 âmes, dont la citadelle est la résidence du gouverneur de la province, auquel
la Porte donne le vain titre de visir de Hongrie. Les petites villes |
de Wradouk et de Maglaï, sur la Bosna, ont des citadell:s trèsfortes.
Dans le bassin du Verbaz ou Verbitza, on remarque Jaïcza, petite ville |
de 2,000 âmes, jadis résidence des rois cathoi,ues de Bosnie, et encore importante par sa citadelle et sa fabrique de nitre. Plus bas, au confluent de la Bania, on trouve Bantalouka, ville de commerce, qui renferme, y compris la citadelle, pres d” 4,000 maisons. La place est entourée de très-fortes redoutes. Près de la moitié de la population
race sd
est usin Su rêtèr Bebir franç fleuv ont ce retrai La route on mi cas d' vres c 80,00€ nies, i outre, semé perso sité pol contre vasion La n man, 0 des ide et deve ottoma ne les pichas Turcs comnid ellémi Musul
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EUROPE : PÉNINSUBE ORIENTALE. 405
est chrétienne. Il y a dans les environs beaucoup de mines, forges et usines,
Sur l’Unna, les petites forteresses de Bihacz, de Novi, de Dubieza, arrétèrent encore, en 1789, les Autricuiens. Sur la Save, on remarque Bebir ou Gradiska la turque, place fortifiée, en 1774, par des ingénieurs français. Le bassin de la Drina nous présente, en remontant le cours du fleuve, Zwornick, avec 10,000 habitants, et de vieilles foriifications, qui ont cependant arrêté les Serviens. Plus haut, Vischegrad, avec son pont retranche, leur a également résisté avec succès.
La Bosnie est un pays qu’il ne serait pas facile de conquérir. Les routes sont généralement mauvaises, et il y en a peu sur lesquelles on puisse transporter du canon et des voitures. Les Turcs, en cas d’attaque, ramasseraient dans leurs places fortes tous les vivres qui se trouvent dans le pays; enfin, on peut facilement lever 80,000 combattants, sur lesquels, toutes les garnisons etant fournies, il reste 5,000 hommes disponibles pour tenir la campagne. En outre, la nature du terrain, rempli de défilés, de cavernes, de bois épais, semé de kulla’s ou tours fortifiées et de vieux châteaux; la bravoure personnelle des Bosniaques, uès qu’ils combattent chez eux ; la nécessité pour la puissance assaillante de protéger üne immense frontière contre les incursions des troupes légères bosniaques; tout fait de l’invasion de ce boulevard de l’empire une entreprise périlleuse.
La nation bosniaque, quoique en majorité attachée au culte musulman, diffère entièrement des Turcs-Osmanlis sous le rapport des mœurs, des idees, des intérêts; c’est une nation restée féodale dans son intérieur, et devenue, par la force des circonstances, alliée-vassale de l’ampire ottoman. Elle est plus indépendante de Constantinople aue la Hongrie
ne l’est, de Vienne; ses plaintes sont des arrêts de destitution pour ies pachas. La langue bosniaque, dialecte du servien, domine et place les Turcs dans la situation d'étrangers. Les Turcs regardent les Bosniaques comme des demi-infidèles, qu’il faut surveiller et ménager. Les vices elléminés, la corruption, la vénalité, ont fait peu de progrès parmi les musulmans de la Bosnie, descenda. ts de guerriers et de chevaliers d’une race septentrionale. Cruels envers le sujet, impitoyables envers l’ennemi, du moins ils ne s’avilissent jamais. Ce qui les retient dans à barbarie, c’est leur isolement intellectuel de l’Europe Les Bosniaques du
rit grec demeurant ile long de la Drina et de la Save, ceux du rit catholique, disséininés le long du Verbaz, de Jaïcza à Banialouka, et sur la frontière de l’Hertzegovine, conservent les superstitions, l'ignorance, le despotisme ecclésiastique du moyen âge. Esclaves de leur clergé, ils n’excitent que la pitié de leurs compatriotes musulmans.
En suivant à travers les contrées mal connues et très-froides situées au delà de la Drina, l’Itinéraire de Bosnie en Macédoine, par H. de Pouqueville, on arrive à Novi-Bazar, en turc Jéni-Bazar, ville populeuse, dont le territoire forme la Rascie, pays qui diffère beaucoup de la Bosnie par le climat et les productions; car, quoique son sol paraisse très-élevé audessus du niveau de la mer, elie donne des vins pleins de feu, et le buffle y remplace le bœuf. Les habitants sont Serbes d'origine et en grande partie Grecs de culte.
C’est ici le lieu de parler des îles que la Porte possède encore dans V'Archipel. Depuis la création impolitique du royaume de Grèce, elles se trouvent réduites à un bien petit nombre.
Sur les côtes de la Thrace, nous trouvons Thasso, Samothraki, Limno et Imbro. La première, qui est la Thasos des Grecs, n’est remarquable que par ses excellents vignobles et ses belles carrières de marbre, qui ont cessé d’être exploitées. La seconde est l’ancienne Samothrace, si renommée dans l'antiquité par le culte mystérieux des dieux Cabires, culte auquel les plus grands personnages s’empressaient de se faire initier. Limno ou Stalimène, anciennement Lemnos, est l’île la plus considérablc de ce groupe, et renferme une population de 8,000 âmes. Elle était jadis fameuse par son labyrinthe, où l’on remarquait 150 colonnes qui, selon Pline, se mouvaient aisément sur leurs pivots, malgre leurs énormes dimensions. La petite ville de Lemno, avec un bon port et 4,000 habitants, est le chef-lieu de l'île. La terre sigillée de Lemnos a complétement perdu sa célébrité. Imbro, appelée Imbros par les anciens Grecs, et aujourd’hui Imbrouz par les Turcs, était, comme Samothrace, consacrée aux dieux Cabires. Elle est couverte de bois, de chèvres, d’abeilles et de villages modestes.
La grande et belle île de Candie, qui limite l’Archipel au sud, est également restée sous la domination ottomane. Les Turcs l’appelleni Kryte, nom qui rappelle celui de l’ancienne Crète. Une chaîne de hautes montagnes traverse l’ile dans toute sa longueur de l’est à l’ouest. A peu
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EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. 407 près au centre s’élèvo le mont Pss :réti, l’ancien Ida, qui a environ 7,200 pieds de hauteur, C’est un groupe de montagnes entassées l’une sur l’autre presque en forme p”….nidale, Ainsi les premières assises offrent un climat tempéré, des forêts superbes, des pâturages et des coteaux émaillés de fleurs, tandis que les vents mugissent autour des cimes arides, où, en plusieurs endroits exposés au nord, la neige se conserve toute l’année. La partie qui regarde le nord possède des forêts où dominent l’érable ou le chêne vert ; les flancs, tournés au midi, sont couverts d’arbousiers, d’andrachné, de cistes et d’alaternes : les cèdres, les pins et les cyprès en ornent le front à l’orient; du côté de L'occident, la montagne, taillée à pic, ne présente que des rochers qu'ii est impossibie d’escalader. La chaleur est tempérée, durant l'été, comme dans toutes les îles de l’Archipel, par le vent nommé enbat, qui souffle du nord au sud depuis le matin jusqu’au soir. Les rivières de la Crète ne sor.t que des torrents grossis. La côte du nord est plus sinueuse que celle du sud; celle-ci n’offre presque aucun endroit où l'on puisse mouiller en sûreté. Les vallées et les plaines de île sont extrêmement fertiles, mais une partie seulement est cultivée. Elle produit des vins estimés, des fruits exquis, des cannes à sucre, des grains, de l'huile. On en tire de la soie, de la laine et du miel délicieux. Il s'y fait de trèsbeau sel; enfin, il s’y trouve toutes sortes d’animaux privés et point de féroces.
La ville et le port de Candie contiennent environ 10 à 12,000 Turcs et 2 à 3,000 Grecs. Les fortifications construites par les Vénitiens y ont été bien entretenues, mais les maisons qu’ils avaient bâties sont tombées en ruines. On remarque cependant le palais qu’habite le pacha. Canuiie est la résidence de l’archevèque de Gortync. Rhetymo, bâtie sur les ruines de Vancience Rithymne, n’a guère que 5 à 6,000 habitants, moitié Grecs, moitié Turcs. La Canée, appelée ania par les Turcs, est l’ancienne Cydonia des Grecs. Elle est entourée d’une forte muraille et d’un large fossé. Sa population, évaluée à 12,000 âmes, se partage à peu près également entre les Grecs et les Turcs. Le petit port de la Canée est le plus fréquenté de l'île. Les Turcs qui habitent la Crète sont remarquables par leur beauté et ieurs mœurs patriarcales. Les Abdiotes, qui sont un reste des anciens Sarrasins, occupent une vingtaine de villages au sud de l'Ida, et forment une population d’environ 4,000 individus vivant
dans une sorte d'indépendance. Il en est de même des Sphakiotes, qu’on prétend être les descendants des anciens Crétois. Du port de Sphakia, qui est leur chef-lieu, ils font un petit commerce, et se livrent partois à la piraterie. Pasteurs, agriculteurs, artisans, marins, ce sont les plus industrieux et les plus belliqueux habitants de l’île.
SECT. 2°, — Provinces médiates de l’empire ottoman. — Servie, Valachie et Moldavie.
La Servie ou Serbie ressemble à la Bosnie sous la plupart des rapports physiques. Seulement, vers le midi, les montagnes laissent place à quelques plaines et vallées plus ouvertes et plus tempérées. Les montagnes du milieu de la province forment un groupe considérable et en apparence très-élevé, qui termine le plateau de la haute Servie ou de l’ancienne Dardanie, Au nord de ce groupe, deux grandes vallées venant, l'une de l’est, depuis Nissa, l’autre de l’ouest, depuis Ousicza, se rencontrent près de Kruschevacz; cette remarquable contrée peut être considérée comme la moyenne Servie. Dans lune des vallées coule la Morava crientale, et dans l'autre la Morava occidentale, qui reçoit sa principale masse d’eau de l’Ibar, Les deux Morava unies, en tournant droit au nord, traversent la chaîne de Kaplau, au pied de laquelle s’étend la basse Servie, jadis nommée Banat de Mazovie. Une branche de montagnes qui hérisse le pays au nord de Timok, tire son nom des Haïduks, ou brigands, qui en occupent peut-être encore les arides sommets et les cavernes multipliées.
Les vastes forêts de la Servie abondent en pins et en chênes ; elles fourmillent d'ours, de lynx et de loups. Les lièvres, qui pendant l'hiver se couvrent d’un poil long et doux, fournissent une excellente fourrure. Les vignobles produisent des vins excellents; le froment, le maïs, le millet, viennent en abondance ; on exporte du tabac, du lin et du chanvre. Les fruits du midi manquent ici, mais les bois de pommiers e‘ de cerisiers couvreut des districts entiers. On tire peu de parti des richesses minérales du pays. Les mines d’argent près Nova -Berda, et celles de fer près Saphina, sont les plus connues.
Les Serbes ou Serviens, race vigoureuse et be'le, parlent un des dialectes slaves les plus doux. Leurs chants nationaux, remplis de grâce,
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EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. 409 de naïveté et souvent de poésie. célèbrent leurs anciennes guerres conve les musulmans, les miracles de leurs saints, les aventures du prince Marc, mais renferment aussi beaucoup de traditions bosniaques, dalmates et albanaises. Fille de l'Église grecqué orientale, celle de Servie ‘est pourtant donné un chef particulier, l'archevêque de Semendria, sous le titre de primet de Servie. Plus industrieux que leurs frères de Bosnie, les Serbes n’ont guère moins de bravoure. Déjà ils recherchent l'instruction, et ils écrivent dans leur belle langue. Comme celle-ci est presque identique avec le russe, ils envoient leurs enfants étudier dansles universités de la Russie. Les femmes, douées de beaucoup de charmes,
dde sensibilité et d’exaltation, commencent à apprendre les arts agréa-
bles de l’Europe. On évalue la population de la principauté à un million
Aihabitants.
Semendria, que les indigènes nomment Smedreno, et plus correctement Sent-Andreia (Saint-André), la capitale de la principauté de Serbie, est située au confluent de la Jessova et du Danube. Elle est fortifiée et possde 42 à 45,000 habitants. Belgrade, dont le nom est célèbre dans les annales de ia guerre, est la ville la mieux bâtie et la plus importante du pays. La forteresse proprement dite domine du haut d’un rocher la ville d'eau, entourée de murailles, et qui s'étend le long du Danube, la ville des Rai!zes, ou le quartier des Serviens, située à l’ouest sur la Save, et encore quelques faubourgs. Tout cet ensemble renferme 30,000 habitants, parmi lesquels il y a aussi des Juifs et des Arméniens. Belgrade a des fabriques d'armes, d’étoffes de soie et de coton, et des tannerics, Elle fait un commerce considérable, car elle est l’entrepôt principal entre l’Allem: zne et la Hongrie d’un côté, Constantinople et Salonique de l’autre. Sa forteresse, cui jusqu’à ces derniers temps était commandée par un gouverneur turc, vient d’être placée sous le commandement direct du prince de Serbie. Schabacz et Hassan-Palanka, avec des eaux minérales, sont deux petites villes fortifiées, situées la première sur la Save, la seconde au sud de Semendria. Ces forteresses sont moins importantes que celle d’Orsova, dans une île du Danube, à l'extrémité nord-est de la Servie. Au-dessus d’Orsova, le Danube, resserré entre des rochers, roule ses eaux en tourbillons écumeux à travers le défilé de Demir-Kapou ; au-dessous, les restes de piliers debout dans la rivière marquent, près de Kladova. l'emplacement du fameux pont de V Le
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