‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 61 sur 72 · FRE · texte numérisé non relu

FRE

Trajan. Sur le mont Haloga ou Havalla, à 3 lieues au sud de Belgrade, un voyageur a trouvé des ruines remarquables, qu'il regarde comme celles d'une ville gothique.

En montant sur la terrasse de la moyenne Servio, Kruschevacz, que les Turcs nomment 4ladja-Hissar, avec un château où plusieurs souverains de la Servie ont résidé, marque la position la plus centrale du pays. Sur le même alignement nous voyons à l'oucst, Ousicza, villa commerçante de 6,000 habitants. A l'est, la forteresse de Nissa, patrie de Constantin, mais qui n'offre plus que des cabanes d’argile, extrèmement basses et couvertes de bardeaux. C’est la construction générale en Servie. Nissa ne renferme que 4,000 âmes. Les villes situées sur lo cours supérieur de la Morava orientale et de ses affluents, sont presque inconnues.

La Servie, depuis le traité conclu entre les Servieus et la Porte, garanti par la Russie et confirmé par celui d’Andriuople, constitue un État indépendant, qui n’est tenu de payer à la Turquie qu’un tribut fixe de deux millions de piastres équivalant à 460,000 francs. Le gouvernement du pays peut être considéré comme une monarchie héréditaire et constitutionnelle. Le Code servien est une imitation des Codes français.

Nous allons traverser le Danube pour examiner la Valachie. Les Valaques sont les descendants des anciens Gètes ou Daces, mêlés avec les nombreuses colonies romaines que Trajan établit dans la Dacie, lorsque le pays fut réduit en province romaine. Les Daces étaient eux-mêmes une nation slavonne. C’est ce que démontre d’une façon irréfragablo l'étude de la langue valaque. Le valaque actuel s’est formé à la manière

du français, de l'italien et de l’espagnol. Par son harmonie, sa grâce et sa richesse, cette langue ne déshonore pas ses autres sœurs, filles, comme elle, du latin. Le peuple, né d’un mélange aussi mémorable, s'appelle lui-même Roumani ou Romain : cependant il n’est connu de ses voisins, Turcs, Bulgares et Albanais, que sous le nom de Vlach.

Répandue en Bulgarie, en Grèce, en Hongrie et en Transylvanie, ls nation valaque représente un total de 3 à 4 millioas. Sujets du royaume de Bulgarie et de celui de Hongrie, ifs s’érigèrent, en 4290, en État indépendant. Vers 4330, une de leurs colonies occupa la Moldavie. Mais, malgré l'appui que la Hongrie et {a Pologne portaient à ces petits Etats,

) toire an

leur exis!

Mohacz, € sance ott néanmci grecs et payer ut troupes :

fortes. M d'un côt infortun.

gne du c des arm tiennes € double e boyards | uns pou elle conc

A étaient ]

le tablea podars q

Aujou est nom dans le t dépenda appartic tique sol La Vala modiqu

Il fau de beau de calan se livren fruits dé peuvent un peu

le Belgrade, un le comme celles

(ruschevacz, que Plusieurs souvelus centrale du t, Ousicza, ville de Nissa, patrie argile, extrèmetion générale en s situées sur lo its, sont presquo

et la Porte, gale, constitue un qu'un tribut fixe cs. Le gouverne.

ie héréditaire et des Codes fran-

Valachie. Les Va- , mêlés avec les la Dacie, lorsque aient eux-mêmes 1çon irréfragablo rmé à la manière monie, sa gràce res sœurs, filles, ussi mémorable, est connu de ses de Vlach.

| Transylvanie, ls ujets du royaume 1290, en État ina Moldavie. Mais, à ces petits Etats,

EUROPE : PÉNINSULE ORIENTAE. M

leur existence n’acquit jamais de solidité, etla malheureuse bataille de Mohacz, en 1526, les obligea de se soumettre définitivement à la puissance ottomane, Les Turcs leur lassèrent leur organisation intérieure ; néanmoins ils obligèrent les despotes ou hospodars (c'étaient les titres grecs et slavons des princes) à se reconnaître vassaux de la Porte, à payer un tribut annuel ainsi qu’un droit d’investiture, à fournir des troupes auxiliaires et à recevoir garnison turque dans plusieurs places fortes. Mais la position géographique de la Dacie, entre l’empire ottoman d'un côté, la Hongrie, la Pologne et la Russie de l’autre, attira sur cet infortuné paysun fléau particulier, À chaque commencement de campagne du côté du nord, la Valachie et la Moldavie devinrent le rendez-vous des armées ottomanes. Celles-ci étaient-elles battues, les légions chrétiennes envahissaient ces provinces ; il fallait fournir des vivres à ce double essaim de sauterelles dévorantes. Ce n’est pas tout encore : les boyards ou seigneurs, soit valaques, soit moldaves, prenaient parti les uns pour la Porte, les autres pour la puissance chrétienne. La paix était elle conclue, les résultats nécessaires de ces mouvements intérieurs

à étaient l’exil, les confiscations et les massacres. Nous ne tracerons pas , P

le tableau déplorable de la situation de la Dacie sous le régime des hospodars que la Porte lui envoyait; car tout cela est maintenant de l’his-

1 toire ancienne.

Aujourd’hui, la Valachie jouit d’un état un peu plus stable. L'hospodar est nommé à vie et ne peut être révoqué que pour des causes spécifiées dans le traité d’Andrinople. L'administration intérieure du pays est indépendante à la fois de la Turquie et de la Russie. Le pouvoir législatif appartient à l’assemblée des boyards ; mais ce gouvernement aristouratique songe fort peu à améliorer le sort de la masse de la popuiation. La Valachie n’est tenue envers la Porte ottomane qu’au paiement d’un modique tribut égal à celui que paie la Servie.

11 faut que les paysans valaques et moldaves soient une race douée de beaucoup de patience, pour avoir pu se maintenir au milieu de tant de calamités. On les peint comme des hommes doux et religieux ; ils ne selivrent ni à l’ivrognerie niaux crimes; mais, étant bien certains queles fruits de leur travail ne leur resteront pas, ils travaillent le moins qu'ils peuvent : le lait de leurs vaches, la chair de leurs porcs, un peu de maïs, un peu de mauvaise bière, une casaque de laine, voilà tous leurs be-

Fa F<

ae CHAPITRE VING'-QUATRIÈME. H soins ; s’ils les ont satisfaits, peu leur importe qu’un voyageur européen Ë

se moque de leurs cabanes en branches d'arbres, ou de ces espèces de grands paniers où ils gardent leur blé pour ne pas se donner la peine de bâtir des granges; on y mettrait un impôt. Les paysans valaques ! pensent qu'il vaut mieux danser au son de la cornemuse sur les !

bords d’un lac paisible, couronné d’ormes, de frênes et de tilleuls, Leur pays est un si beau désert, qu’ils croiraient le gâter par la culture.

Les paysans ne sont plus pourtant légalement les serfs des boyaras ; le prince Constantin Maurocordato abolit la servitude en 4735 ; et, pour indemniser ceux-ci, il assigna à chacun d’eux un nombre de paysans tributaires, nommés socotelniki, et qui doivent payer à leur maitre 20 piastres par an, ou faire des corvées pour cette somme. Il ya une classe de paysans tout à fait libres de leurs personnes, ce sont les poluiniki, ou nouveaux colons venus de la Bulgarie, de Servie, et même des provinces autrichiennes.

Les terres des boyards et celles du clergé ne paient aucune contribution légale. Le clergé possède le tiers du pays, et le métropolitain a 400,000 piastres de revenu. Les siéges épiscopaux et les abbayes sont un objet de vente presque publique pour le compte de l’hospodar, qui même rançonne de temps à autre les monastères les plus riches. Le clergé de la Valachie et de la Moldavie conserve des pratiques superstitieuses, qui donnent une triste idée de ses lumières. Un voyageur assure, entre autres exemples, qu’on exhume encore les restes des morts au bout de sept ans, et que si le cadavre n’cst pas alors dans un état complet de dissolution, le clergé voit dans le mort un damné. Je crois méme un vampire. La famille fait alors faire des prières expiatoires, qui rapportent beaucoup d’argent aux popes. Il n’existe pas de véritable bourgeoisie dans ce pays. Les arts mécaniques sont à peu près inconnus, ou exercés par les troupes vagabondes de Bohémiens. Le haut commerce de Bucharest est dans les mains des Arméniens. Les enfants d’Israël, quoique habituellement roués de coups de bâton par les paysans, perséverent avec le louable zèle qu’on leur connaît à exploiter le commerce de détail.

La nature semble pourtant attendre à bras ouverts l'industrie humaine ; elle a prodigué à peu de régions autant de bienfaits. Le plus

beau fleu vinces ; chie autt VAsie pat des Karp:

| nir du pc

nacent le la lalovit p'immen

1 où fournr

couvrent îles du D fournisse le pares marbre Butchez < minéral chie. Il:

des min L'Aluta Bohémi dela Ti ploite q donne 1 deux n qu'auc:

ques, compte chevau forêts ( excelle vins p« quelqu a dans du pay uées, s

peur européen ces espèces de onner la peine sans valaques muse sur les | et de tilleuls, ter par la cul.

fs des boyards ; 41735 ; et, pour bre de paysans à leur maitre Il ya une classe es poluiniki, ou e des provinces

cune contribu-

étropolitain a abbayes sont un lhospodar, qui s plus riches, des pratiques ières. Un voyae les restes des S alors dans un un damné. Je prières expian'existe pas de sont à peu près Bohémiens. Le \rméniens. Les s de bâton par * connaît à ex-

l'industrie hunfaits, Le plus

beau fleuve de l’Europe baigne la frontière méridionale de ces provinces ; il ouvre un débouché à la fertile Hongrie, à toute la monarchie autrichienne ; il présente unie communication entre l'Europe et VAsie par la mer Noire. D'autres belles rivières descendent du sommet des Karpathes pour se jeter dans le Danube ; elles ne servent qu’à fournir du poisson dans le carême : abandonnées à elles-mêmes, elles menacent les bords que, mieux réglées, elles pourraient fertiliser. L’Aluta, la lalovitza, l’Ardschis, ne sont naviguées que par des bateaux plats. D'immenses marais empestent la partie basse de la Valachie. Les forêts,

{ où fourmillent les plus beaux chênes à côté de hètres, de pins, de sapins, 1 couvrent non-seulement les montagnes, mais encore plusieurs grandes d îles du Danube. Au lieu de servir à la construction des floites, elles ne

fournissent que du bois pour paver les rues et même les chemins ; car le paresse et l'ignorance ne savent pas remuer les blocs de granit et de marbre que présente la chaîne des Karpathes. Le sommet du mont Butchez s'élève à plus de 6,000 pieds d’élévation, et toutes les richesses minérales de la Transylvanie paraissent commencer à la haute Valachie. Il y a eu des mines de cuivre exploitées à Baya di Rama, ainsi que des mines de fer dans le district de Gcïsy, entre autres près Zigarescht. L’Aluta et d’autres rivières roulent des paillettes d’or. recueillies par les Bohémiens, et qui indiquent l’existence de mines aussi riches que celles dela Transylvanie ; mais personne ne pense à les rechercher. On n’exploite que les carrières de sel, parmi lesquelles celle d’Okna Teleaga donne 150,000 quintaux par an. Le climat, malgré deux mois d'hiver et deux mois de chaleurs excessives, offre une température plus douce qu'aucun pays limitrophe. Les pâturages, remplis de plantes aromatiques, nourrissent même les troupeaux des provinces voisines. On compte 2 millions et demi de moutons, de trois variétés; on exporte des chevaux et des bœufs. Les champs de maïs, de froment et d'orge; les forêts de pommiers, de pruniers, de cerisiers; les melons et les choux, excellents quoique énormes, attestent la qualité productive du sol. Les vins pétillent souvent d’un feu généreux et pourraient, moyennant quelques soins, égaler ceux des fameux vignobles de la Hongrie. I n’y a dans la Valachie qu’un cinquième du sol en culture. La production du pays en céréales et en hbestiaux pourrait donc doubler en peu d’anuées, sans grands efforts de travail et d'intelligence.

414 CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME. k

L’estimable auteur des Lettres sur la Turquie, Ubicini, porte à 2,600,000! &ms la population de la principauté. Cette population pourrait, sousune Ù bonne administration, s’accroître avec une très-grande rapidité; car les! k indigènes se marient de bonne heure et ont beaucoup d'enfants : c est ï

la nisère qui fait périr la population au berceau.

Les villes seront bientôt décrites ; car, au fond, il n’y en a qu’une seule, celle où l’hospodar tient sa cour. Changez la résidence, la ville tombe en ruines. C’est ce qui est arrivé à Ardschis, simple bourg auquel ilrcsie encore le vain nom de Kurtea (la cour), et une superbe église avec des colonnes de marbre, réputée la plus belle de la Valachie; à Busco, que son évêché et ses foires soutiennent au :ang d’une petite ville de 4,000 âmes; enfin, à Tergowist, dont les grandes maisons, les palais et les remparts tombent en ruines, et qui, de 30,000 habitants, est réduite à 5,000, malgré sa position salhibre et délicieuse.

Aujourd’hui, c’est Bucharest, ou plus exactemen: Boukorest, sur la Dombovitza, qui est la capitale de la principauté, C’es' un immense village de 70,000 habitants, où quelques beaux et grands couvents, le; tours nombreuses de près de cent églises grecques, se perdent parmi des jardins fleuris, des bosquets odorants, des promenades délicieuses. Cette capitale est charmante à voir de loin ; mais à l’intérieur l'aspect

est bien diliérent. Les rues, quoique droites et larges, ne sont point 1

pavées ; quelques-unes présentent simplement un plancher en madricrs sous lequel on a creusé des canaux pour recevoir les immondices. Les

maisons sont, pour la plupart, construites en bois. Les hôtels les plus }

somptueux sont décorés de colonnes élégantes et de frontons couveris de bas-reliefs ; mais ces colonnes sont du bois peint, et ces frontous

en sont que du plâtre. La ville esi sans industrie, cependant la pré-

sence de l'hospodar et des boyards y entretient un commerce assez acür.

Ces derniers passent leur temps à se promener en carrosse, à jouer, à faire la cour au prince, et à assister tantôt à la comédie allemande, ‘tantôt à l’opéra italien. Quelques-uns d'entre eux forment des bibliothèques assez jolies, et s'efforcent d’imiter les seigneurs russes dans les dehors de la civilisation. On parle dans la haute société le turc, le grec moderne, l'italien, et surtout le français, Les dames, qu’il est du bon ton de délaisser, jouissent d'une grande liberté, et, au dire du prince

de Ligne suivant

personne veut se l'ordre c

| leuse fac | mariage

| lumières 1 les établi À pouvons

publique,

À d'histoire

téraire.

Quelq

À charest | 1 6,000 ho 1 men

Ploy .:", dises qu le biturm bourgad avoir pe ravagée:

marqua] de Brail nissaires ment dé Dans Widin, 1 de 8,00 situatiot commet regarde Sévère.

Les di tance; (

; EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. LA5 orte à 2,600,000! de Ligne, ont des manières charmantes avec les étrangers. Les mariages, burrait, sousune \ suivant Wilkinson, se font ici sans aucun égard pour les conveuances à rapidité; car les! personnelles. On offre les demoiselles, comme par licitation, à celui qui ) d'enfants : cest} : “’ut Se contenter de la dot la moins considérable ; c’est encore dans : | l'ordre commun des choses : mais ce qui ne l’est pas, c’est la scanda-

n’y en a qu'une | USE facilité avec laquelle on obtient des divorces ou des nullités de ésidence, la ville : mariage dans le seul intérêt pécuniaire des familles. Le progrès des ile bourg auquel | | lumières sera seul capabie de modifier les mœurs : malheureusement e superbe église les établissements d'instruction publique sont encore fort rares. Nous ne e la Valachie; à { POUVONS citer à Bucharest que le lycée avec 300 élèves, la bibliotheque ang d’une petite publique, qui se compose seulement de 7 à 8,000 volumes, le musée des maisons, les d'histoire naturelle, bien peu considérable encore, et la société litde 30,000 habi- À (raire.

délicieuse. Quelques endroits méritent encore d’être nommés. En partant de Bu- Boukorest, sur la À charest pour la Moldavie, nous arrivons par Busco à Fockschani, ville de un immense vil. 4 6000 habitants, avec beaucoup d’églises et de beaux vignobles. Directeds couvents, le, @ men -‘d, nous trouvons dans un pays montagneux, maistrès-peuplé, e perdent parmi M Poy -', «vec une grande foire de laine; et Kimpina, dépôt des marchanades délicieuses. 1 dises qui viennent de Cronstadt en Transylvanie, Nou loin de ce bourg, ntérieur l'aspect A le bitume sourdit en abondance de la terre. Au nord-ouest, Kimpolany, s, ne sont point @ bourgade très-ctendue en longueur, conserve sesimmunités, même après avoir perdu ses fabriques et son commerce. Les plaines sur le Danube, ravagées par tant de guerres, n'offrent guère d’autre ville valaque remarquable que Slobodzic sur la Ialovitza. Les remparts de Giurgewo et de Brailow, jadis forteresses turques d’où sortaient des troupes de janissaires pour piller les champs et enlever les troupeaux, sont actuellement démolis.

Dans la Valachie occidentale, qui est placée sous le canon ture de | Widin, nous devons remarquer Krayowa, régulièrement bâtie et peuplée arrosse, à jouer, de 8,000 habitants, en partie négociants et artisans; Izlas, qui, par sa rédie allemande, situation à l'embouchure de l’Aluta, semble destinée à devenir tres- 64 ment des biblio- M tommerçante ; et Kimpul-Severinulici, village avec une vieille tour qu’on regarde comme un reste du pont jeté sur le Danube par l’empereur Sévère.

Les défilés entre la Valachie et la Transylvanie ont une grande impor tance; chemins commerciaux pour la monarchie autrichienne, ils en

her en madricrs 4 immondices. Les 1 es hôtels les plus rontons couverts , et ces frontous ependant la précommerce assez

s russes dans les ë le ture, le grec qu’il est du bon u dire du prince

sont aussi des points de défense militaire. Les principaux sont celui de! Botza, celui de la Tour-Rouge, d’où commence le chemin carolinien :!

celui de Torzburg et celui de Vulcan ou Wolkan.

La Moldavie, aujourd’hui bornée par: le Pruth, grande rivière tributaire du Danube, est la province la plus septentrionale de l'empire otteman, et s’avance entre les possessions russes et autrichiennes, comme ui promontoire entre deux mers prêtes à l’engloutir. C’est le penchant oriental des Karpatbss de Transylvanie ; mais l’intérieur ne forme en général qu’une grande plaine sillonnée par le Pruthet le Sereth, dont les berges présentent l’aspect de collines.

Les hivers sont souvent très-rudes en Moldavie. Les étés y sont très.

chauds ; le raisin est mûr à la fin de juillet, et la vendange se fait à 1/4

fin de septembre. La Moldavie est sujette à des tremblements fréquents, mais jamais violents. Elle possède des mines de toute espèce, mais on négiige leur exploitation. Le sel abonde ; {es salines d’Oxna en produi-

sent un million et demi ue quintaux. On trouve des sources sulfureuses ? auprès de Grossescht, et sur le chemin de Baken et Roman auprès du 4

Séreth. La rivière de Bistritza roule du sable d’or, et le canton de Niamz contient une source minérale ferrugineuse.

On cultive en Moldavie plus de froment ct d’orge que de seigle ; l'onÀ

ne donne que de l’orge aux chevaux. On sème aussi beaucour de

millet. Autrefois on ne cultivait presque que le blé sarrasin ; mais en! 4710, le prince Nicolas Maurocordato y introlluisit la culture du maïs!

{popschoi, en langue moldave). De l’un et de l’autre de ces grains, on fait, comme en Valachic et en Servie, une espèce de bouillie appelée mamatiga, Qui forme la principale nourriture des gens de campagne. La culture des légumes et des arbres fruitiers n’y est pas très-avancée; c'est le solanum melongena, r* l’hibiscus esculentus, dont on fait le plus de cas. Les melons y abondent. Le vin peut être regardé comme une des

principales productions naturelles du peys; on en exporte ane grande} quantité en Pologne et en Russie. Le meilleur est celui d’Odokescht,f

après lequel vient celui de Kotuar, qui ressemble beaucoup au champagoc. On fait aussi du vermouth avec ur raisin rouge-noir et des eaux-de-vie. ,

La Moldavie ne manque ni de bonnes prairies ni de vastes forèts, surtout ce chènes et de frènes, dont les fruits servent de nourriture à

une g à l’éd 4 à 5 dérab mou Les gliers, et de1 les m:

faucor coûten qui, pe surtou La p que pt Choczi actuell:

chani, regard des foi ont to sit, Pre nomme Servie.

donne couver quelqu pain q et où l’ bouilli à l’entr niks, O ouverts qui ne Qu'on j buubie

1x sont celui de!

emin carolinien :!

rivière tributaire mpire otltuman, comme ui propenchant orienorme en général , dont les berges

étés y sont très.

lange se fait à h !

ments fréquents, espèce, mais on Oïxna en produi-

urces sulfureuses !

oman auprès du !

canton de Niamz

e de seigle ; l'on ssi beaucour de sarrasin ; Mais en!

à culture du maïs!

de ces grains, on e bouillie appelée de campagne. Li as très-avuncée;

on fait le plus de comme une dès kporte une grande elui d’Odokescht, aucoup au chamrouge-noir et des

i de vastes forêts, t de nourriture à

EUROPE : PÉNINSULE GiiENTALE, 7 une grande quantité de porcs. Les Moldaves mettent beaucoup de soin à l'éducation des chevaux. Il y a plusieurs boyards qui ont des haras de 4 à 500 jiinents. La Moldavie exporte tous les ans une quantité considérable de bêtes à cornes. Il y a entre autres beaucoup dé chèvres et de moutons. Wolf évalue le uombre de ces derniers à 3,248,000.

Lesforêts recèlent non-seulement une quantité énorme de cerfs, de sangliers, de chamois et delièvres, mais aussi d'ours, de loups, de renards et de martres, dont les peaux forment une branche de commerce. Dans les maisons aisées, on nourrit des pintades et des paons, ainsi que des faucons. Les Moldaves ont aussi une grande quantité d’abeilles qui leur coûtent peu de soin. La Moldavie est souvent infestée de sautcrelles qui, pendant une année entière, s’arrêtent sur les campagnes et ravagent surtout les champs de maïi.

La partie à l'orient du Pruth, cédée aux Russes, ne renfermait presque pas de villes moldaves ; c’étaient les trois forteresses turques de Choczim, de Bender et d’Ismail, que la Russie désirait, Dans les limites actuelles de la Moldavie, nous remarquerons, dans 12 haut pays, Botuschani, ville très-commerçante de 4,000 habitants; Dorohoë ou Dorogoïé, regardée comme le chef-lieu de la haute Moldavie; Piatra, qui a aussi des foires marchandes ; Niamts, avec un monastere de 500 kalogeri’s, qui ont toujours sauvé une image miraculeuse de la Vierge en argent massit. Pres Roman, su: le Sereth, on voit les ruines d’une ville siavoune, nommée Semendrowa on Saint-André, comme l’ancienne capitale de la Servie. La description que fait Wolf d’une de ces petites villes ne donne pas grande envie d'y séjourner. Des baraques faites de bois recouvert de boue, des jardins mal cultivés, des rues couvertes de fange, quelques boutiques malpropres, des fours dans lesquels on ne cuit le pain qu’à moitié, enfin, une vaste hôtellerie où les insectes fourmillent et où l'on n’a pour toute nourriture que du mauvais vin, et de cetle bouillie appelée mamaliga : tels sont les objets qui frappent ie voyageur à l'entrée d’une bourgade moldave. Les habitations même des ésprauniks, ou receveurs, annoncent la plus grande misère, ayant des toits ouverts à tous les vents, des fenêtres de papier, de mauvaises portes qui ne ferment pas, et étant entourées de mares et de tas de fumier. Qu'on juge, d’après cela, de l’état des maisons habitées par les contribuabies |

# | , Al

ss CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME.

La capitale a cependant le droit de nous arrêter un instant. Située dans une plaine riante et fertile, au pied d’une colline q.: s’élève en pente douce, Zassy offre dans son intérieur un séjour malsain, à cause des miasmes qu’exhalent les égouts qui traverseni toutes les rues, et {a riviès > Bokloui, qui est plutôt une longue série d’étangs marécageux. Malg ;"° beauté des environs d’Iassy, les habitants n’ont aucune maison âc plaisance. Les 5,000 maisons d’Iassy sont bâties sans la moindre régularité ; il y en a à peine 200 en maçonnerie, et 50 qui aient plus que le rez-de-chaussée. L'ancienne Cour des Princes, que l’on dit avoir été construite par les Romains sous Trajan, était autrefois l’édifice le plus vaste et le plus considérable de la ville; mais consumé par le feu, en 1783, il n’a point été rétabli depuis. Le seul monument remarquable qu’elle possède aujourd’hui est l’église des Trois Saints. Iassy est aussi pauvre que Bucharest en établissements d'instruction publique. Nous citerons néanmoins le collége, qui renferme une bibliothèque et un cabinet d'histoire naturelle, et la société littéraire et scientifique. On dit aussi qu'il s’y trouve trois imprimeries.

Le luxe des habitants d’Tassy se manifeste plutôt dans leurs vêtements que dans leurs repas. La femme d’un boyard riche, lorsqu’elle est bien parée, porte pour plus de 20 à 30,000 piastres en bijoux et en perles, sans compter les pelleteries dont elle se rcuvre. Les équipages des riches sont on ne peut pas plus misérables. On voit r«rement des vins fins de l'étranger sur leur table ; mais depuis que leurs relations avoc la Russie sont augmentées, on fait beaucoup usage du punch. Tout le pays, et surtout la capitale, fourmille de mendiants de toute espèce.

Galacz, ville de 7,000 habitants fixés, est le principal centre du commerce de la Moldavie et de la Valachie. Le port, qui peut recevoir des bâtiments de 300 tonneaux, est toujours rempli de pavillons russes, autrichiens et ottomans. Ce serait l’Alexandrie du Danube, si ces trois grands empires pouvaient établir entre eux une paix stable, ou s'ils avaient la politique de créer sur le bas Danube un royaume intermédiaire. Les Valaques exportent à la vérité une gande partie de leurs productions, soit en Transylvanie à travers les montagnes, soit au por! de Varna; mais les importations pour l’une et l’autre principauté se font par Galacz. Les Juifs circoncis et ces autres Juifs qui s’appellent Grecs, y apportent des draps de laine, des soieries, des pelleteries ; mais

ie vrai SOUS grave aroma Dén

de ses daves grossic gens d sujets, t vind bustes pléant livrogi tous ce croyab l’adoles d’une v jours c du peu Molday ractère La p mais, de fan Molia (Ounyd

zigeund Ce que à à la francs

ant. Située

: s’élève en ain, à cause ès rues, et {a arécageux.

ucune mais la moindre i aient plus ’on dit avoir is l'édifice le é par le feu, remarquable assy est aussi iblique. Nous que et un Cae. On dit aussi

urs vêtements qu’elle est bien et en perles, ages des riches es vins fins de avoc la Russie out te pays, ei èce.

“entre du comut recevoir des ons russes, aube, si ces trois stable, ou s'ils aume intermépartie de leurs es, soit au port principauté se

qui s'appellent velleteries ; mais

EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. 419 ie vrai enfant d'Israël se réserve les bijouter.es. Le Kusse, très-juif aussi sous une apparence un peu sauvage, y vend ses cuirs et ses tabacs. Le grave musulman y apporte du beau maroquin, des épiceries et des aromates.

Démétrius Kantemir a déjà décrié « l’orgueil, Pavarice, l'ignorance » de ses sujets et compatriotes. Le consul Wolf ne présente pas les Moldaves sous un point de vue plus favorable. Quoique exempts de vices grossiers et malgré leur politesse hospitalière envers les étrangers, les gens de la classe supérieure se montrent hautains et durs envers leurs sujets, fins et rusés partout où il s’agit de leur avantage, très-méfiants it vindicatifs, et plus jaloux que les Turcs eux-mêmes. Des hommes robustes et bien faits, pleins d'intelligence, aptes à tous les métiers, suppléant par leur adresse à l'absence de manufactures, mais abrutis par l'ivrognerie et par un penchant déréglé pour l’autre sexe ; par-dessus tous ces vices, une paresse, une insouciance, un esprit de routine incroyables ; des femmes belles et fortes, très-gaies et très-aimables dans l’adolescence, portant dans l’état de mariage les marques prématurées d’une vie laborieuse, sans joie et sans espoir, des mères de famille toujours courhées vers la terre comme esclaves; voilà le portrait que trace du peuple moldave un Hongrois observateur, le comte Karaczaï. Les Moldaves ne sont qu’une branche des Valaques, dont ils offrent les caractères physiques, et dont ils parlent la langue,

La population totale du pays s'élève à plus de 4,40€,000 individus : mais, outre les Moldoweny propres, le pays renferme beaucoup de fanniles valaques veñues de la Hongrie et de la Transylvanie. Le Moldave, qui se croit au-dessus de ces Valaques, les appelle Ounyaraines (Oungarény). Le chiffre ci-dessus comprend également la population aigeune OU bohémienne,

Ce que nous avons dit du gouvernement de la Valachie s’applique aussi à celui de la Moldavie. Le tribut que cette dernière paie à la Porte ne dépasse pas un aillion de piastres, soit 230,000 francs,

Le

SECT. 3°. — Tableau politique de l'Empire ottoman. donn En esquissant le tableau de l’Empire ottoman, nous ne perdrons pas

notre temps, comme le font encore la plupart des géographes, à décrire ds des choses et des institutions qui n’ont plus d’existence, et qui désormais p’intéressent que l’his'oire. Sous les règnes de deux sultans rètormateurs, Mahmoud, qui mé, :te le nom de Grand certainement à aussi juste

titre que le czar Pierre Ier, et Abdul-Medjid, qui coritinue si sagement et Eure siglorieusement sa tâche, l’empire a subi dans son organisation des changements profonds. Nous devons donc exposer brièvement non les institutions surannées de la Turquie du xvu siècle, mais celles de la Tur-

quie actuelle, de l’Empire ottoman régénéré. Pour cela, nous avons ne

sous les yeux un guide excellent, nous voulons parler du remarquable M Gars.

ouvrage que vient de publier M. A. Ubicini, sous le titre modeste de ARMÉN I Lettres sur la Turquie, C’est à lui que nous emprunterons la plupart des Se détails qui vont suivre. À Anuces.

Les possessions territoriales de la Porte Ottomans s’étendent dans les Æ surns, trois parties de l’ancien continent, entre 43° et 46° long. E, et 48 et2 | PARTS lat, N. Files présentent une surface d’environ 121,000 lieues carrées, et Æ Dauses.

un développement de côtes de plus de 4,100 lieues sur cinq mers diffé- | an rentes, la mer Noire, la Méditerranée, lAdriatique, la mer Rouge et le golfe Persique. La population totale de l’Empire, en y comprenani les

provinces tributaires, est de 35,350,000 habitants. Elle se réduit à Calc 26,550,000, si l’on retranche les provinces tributaires. présen

Thrace. . . . . . 1,800,000 Bulgarie, . . . . . 4,000,000 Islamisme Bosnie et Herzegovine. . 1,400,0°0 Eglise gré 1e, ] Roumélie, . . . . . 2,600,000 | Église c T : R DE È 15,500 8 VAGUE: D'RMADER CREME Jess: 5 4 nie 7e 700,000 500008 Judaisme Valachie . 2,600,000 1 ; Moldavie . 1,400,000 5,000,0C0 Serbie. . 1,000,000 Asie mineure.. . . +. 10,700,000 Nous Syrie, Mésopotamie, Kur- , Tonquin D'Asi ES ! de l'E quix D'As15 (Anadoli) distan, . à . . 4,420,000 [1510508000 E Arabie. , . + . . 900,000 des Tut Égypte. , . + . + 2,000,000 ! grands ArRIQUE (Gharb),. ss : ; 3,800,000 ie QUE (Gharb) ten Fez. Tunis, . . 1,800,000 j ?

———— Hucl,

Jd5320,000

à perdrons pas phes, à décrire qui désormais ltans rètormant à aussi juste si sagement et sation des channt non les instiiles de la Turla, nous avons lu remarquable tre modeste de s la plupart des

endent dans les , E, et 48° et 2° eues carrées, et cinq mers difféner Rouge et le comprenani les Elle se réduit à

men

Le classemeut de cette population, envisagée sous le rapport des races, donne les chiffres ci-dessous :

Races, En Europe. En Asie, En Afrique, Totaus. TURCS-OsMANLIS. . . , , . 1,100,000 10,700,000 .. 11,800,000

Bulgares. . , 4,000,000

Serbes, , 1,000,000

Raïas ottomans. 500,000

Bosniaques . , 1,000,000

Herzovingiens, SLAVES Lo. ou 7,200,000 CE CP 7200,000

Pipéri.

Hazes. . , 300,000

Vaskovikis. .

Biclopawlskis,.

ROUMAINS. . 4 . . + + + 4,000,000 .., 0 6 4,000,000 ALBANAISS + e + + + + + 1,500,000 Se .… 4,500,000 GRECS. . . . . . . . . . . 1,000,000 1,000,000 ... 2,00,000 ARMÉNIENS, 0 + + + + + + + 400,000 2,000,000 .. 2,459,000 JUIFSS Te ire 4 6: re Meme re 70,000 100,000 6 170,000

TARTARES, « + … + + … 230,000 . ei ARABES: 5.59 4 es à à Se lé à diet

de 230,000 900,000 3,800,000 4,700,000

SéRRe û Maronites. , , ce) 210,000 210.600 © Jacobites. , . 70,000 . LR HOE HT CHALDÉENS, iGtribus, « + , + + ... 25,000 ... 25,000 Druses. oO D ne 6 0e à à ee PCI 25,000 + 25,000 KURDES. 4 . + + + + + + + + 1,000,000 … 1,000,000 TURCOMAMS. © + + + + + + + ss 99,000 .…. 90,061 dd D

Calculée d’après les différentes religions, la population de l’Empire présente les proportions suivantes :

Religions, En Europe, En Asie, En Afrique, Tctaux, Islamisme, , « + + + + + + + 3,800,000 12,950,000 3,800,000 20,550,000 Eglise grecque. + , + + + + + + 11,370,000 2,360,000 ... 13,730,000 Église catholique. « + + + + + « 260,000 640,000 Lu 900,000 Judaisme. . 4 + + + + + + 70,000 100,000 "6 170,000 35,350,000

Nous avons déjà parlé des principales races qui forment la population de l’Empire; il nous reste à parler de la race dominaate, de la famille des Tures-Osmanlis. On s'accorde à les représenter comme des hommes grands, bien faits, robustes, d’une physionomie rude, mais souvent ucble, ayant le teint légèrement basané et les cheveux souvent plus

bruns que noirs. La gravité naturelle de leu" maintien est augmentée par l’ampleur des habits, par la coiffure imposante des turbans, et par ls grandeur des moustaches ; ce dernier ornement leur est sacré comme à toutes les nations asiatiques. Rien dans leur extérieur ne rappelle cette origine mongole que leurs historiens leu: attribuent, et qui est véritablement la leur. Ce changement avantageux doit être attribué au mélange incessant du sang européen.

La langue turque est encore une preuve certaine de l’origine tartare de la nation. Elle est au fond identique avec le dialecte parlé dans cette partie de l’empire chinois, qui porte encore le nom de Turkestan. Toutefois, la langue parlée à Constantinople et dans les grandes villes diffère, sous deux rapports, de l’ancien turc, appelé aussi turc oriental, Il s’y est introduit, sous l'influence de la religion et de la culture lité. raire, une foule de mots ei de tours tirés de la riche langue arabe et de l’idiome élégant des Persan: modernes. Ensuite, sous l'influence de laf civilisation européenne et du contact perpétuel des Grecs et des Italiens, le caractère vocal de la langue turque s’est considérablement adouci, à ce point qu’à cette heure il n'existe pas une seule langue européenne,

sans même en excepter l'italienne, qui soit plus harmonieuse et dont li prononciation soit plus douce.

Mais c’est surtout par le côté moral que la race turque se distingu avantageusement parmi les nations européennes. La sobriété, la pa tience, la probité et l’amour du prochain, voilà des vertus familière: i tous 1es Osmanlis, ainsi que l’atteste l’unanimité des voyageurs. Leu nourriture frugale est presque entièrement composée de végétaux l’abstinence du vin est universelle, ainsi que le prescrit le Koran. La pa uence chez eux est une douce et calmie résignation à la volonté de Die

Si cette résignation offre un obstacle à l’essor énergique de Pactiri

individuelle, en revanche, elle empêche cet abattement démoralisate

qui, chez nous, enlève à l’homme tout sentiment de dignité, et lui rar même la conscience du bien et du mal. La probité turque est lou même par les écrivains les plus prévenus contre la nation. Si pari sard on entend parler d’un voi, ei le cas est rare, on peut être ass qu’il n’a pas été commis par un individu de race turque. Les négocii turcs ne connaissent pas la banqueroute, genre d’industrie si répat parmi les nations les plus civilisées, telles ce la France ct la Gran

est augmentée urbans, et par t sacré comme e rappelle cette

qui est véritattribué au mt-

’origine tartare parlé dans celte urkestan. Touandes villes difssi turc oriental, !

e la cuiture litté :

angue arabe et de l'influence de laf cs et des Italiens, lement adouci, à ague européenne, onieuse et dont

rque se distingu a sobriété, la pa vertus familières s voyageurs. Leu osée de végétaux rit le Koran. La pa la volonté de Die rgique de l’activi ent démoralisate dignité, et lui rat ité turque est lou a nation. Si par h on peut être as que. Les négocitl industrie si r'épal France et la Gran

EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. [CA Bretagne. Ce respect pour la loi, dont l'Angleterre est si fière, est plus grand encore en Turquie ; on ne peut s’en faire une idée que lorsqu'on a vécu dans ce pays ; la contrebande, par exemple, y est inconaue. La charité est un sentiment qui n’abandonne jamais l’Osmanli. Elle se révèle sous deux formes, l'hospitalité et l’aumône. L’hospitalité à l'égard de l'étranger est grave et cérémonieuse, mais elle est sincère. Partout on rencontre des khans ou karwanseraïs, fondés par des dons privés, où l’on loge gratis les voyageurs et les artisans. L’aumône, qui est un précepnte religieux obligatoire, s’étend à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui ont besoin. Le riche, qui fait l’aumône, n’en tire point vanité; le pauvre qui la reçoit n’en est point humilié. Si Dieu l'avait voulu, en effet, les rôles seraient intervertis. La pauvreté, les imperfections ou les difformités physiques n’engendrent jamais ni la honte de soi, ni le mépris d’autrui. Aussi voit-on partout en Turquie les infirmes, les idiots, les fous être l’objet d’une sollicitude, on pourrait dire d’une vénération constante et générale, « Il n’y a point de pauvres en Turquie, dit le savant économiste Blanqui, non pas parce que tout le monde y est pauvre, mais parce que partout on tend aux malheueux une main secourable. »

Cet esprit de charité s’applique aux animaux eux-mêmes. Dans les villes turques, les troupes de chiens errants sont nourris par la piété des musulmans. A Constantinople, on voit des individus, appelés djiguerdjr, de djiguer (foie), qui parcourent les rues en portant sur l’épaule une longue perche d’où pendent des lambeaux de foie et de mou qui attirent autour d’eux une multitude de chats et de chiens affamés. De bonnes âmes leur achètent leur marchandise et la distribuent à ces pauvres animaux, dont la charité musulmane se reprocherait l'abandon comme une offense envers Dieu. Dans le port de Constantinople, les barques chargées de grains sont visitées par des nuées de pigeons qui viennent prendre la dime des biens que Dieu a donnés aux croyants ; et l’on se garderait de les chasser. Des oiseaux aquatiques peuplent les hords du canal de Constantinople ; leurs nids sont respectés même par les enfants, qui, dans d’autres contrées, les poursuivent avec une ardeur si cruelle. Les Turcs étendent cette bienveillance jusqu'aux arbres. Un préjugé utile et aimable défend à un propriétaire cupide de priver la ville ou les campagnes d’un ombrage agréable et salutaire. Les riches

se font gloire d’embellir les promenades publiques, soit par des fontaines, soit par des lieux de repos, deux objets rendus indispensables par la fréquence des ablutions et des prières qu'ordonne la religion musulmane.

En résumé, la nation turque, envisagée du côté moral. est incontestablement supérieure à tous les peuples du monde, quel que soit le degré de civilisation auquel ces derniers se vantent d’être parvenus. Les habitudes extérieures des Turcs correspondent à leurs mœurs simples et religieuses. Ils aiment le silence, l'habitation tranquille, les jardins romantiques et solitaires. Ils ont en horreur l’agitation de nos sociétés, nos amusements bruyants, notre vie toujours affairée et tumultueuse. La distraction la plus habituelle du citadin est d’aller se reposer sur les coussins d’un café, où il savoure son moka, fume son tabac de Syrie, ct regarde amoureusement couler l’eau; car ces établissements sont situés de préférence sur les bords des fleuves et des ruisseaux. Quant au cultivateur, il vit heureux, malgré sa pauvreté. En effet, il n'est pauvre qu’en tant qu’il manque d’argent ; mais il est riche parce qu'il possède les choses nécessaires à la vie, et parce qu’il sait se contenter de peu, sans rien désirer au delà.

La polygamie et l'esclavage sont loin d’être en Turquie ce que l’on s’imagine vulgairement. Les exemples de polygamie sont extrêmement rares en Turquie. L'obligation que la loi impose au mari «le doter ses femmes, d’assigner à chacune d’elles une habitation particuliere, ou du moins un appartement spécial, et de pourvoir à leur entretien, sans aucune distinction entre elles, est tellement onéreuse, que la trèsgrande majorité des simples particuliers sont obligés de se contenter d’une seule femme. Quant aux ministres et aux principaux fonctionnaires que leur fortune et les émoluments de leurs places mettraient en état de suffire à l'entretien de plusieurs femmes, la plupart affectent de n'en épouser qu’une seule, afin de se rapprocher par là des coutumes européennes. « Considérée dans son intérieur, dit Ubicini, la femme n'est pas seulement libre de sa personne, elle est souveraine absolue dans le #arem qu’elle habite avec ses enfants ct ses esclaves : elle élève les uns, commande aux autres, reçoit les visites qu’il lui plaît en fait de femmes, et, en fait d'hommes, tous ses parents et ceux de son mari aux degrés prohibés pour le mariage; son mari même est obiigé de

s'arrêter à en ce mo) née, soit P mais voile Comme m ses enfant riage, cet encore ne fréquente:

les égards pense de € L'esclav qu'une $C dans l’ant rique dui d'une dot mœurs vo teur que t clave est € même est maître lui sol COM S'il est l'a traire eût six à sept dans leK s'il a refu continue on le con promenei peut ajo quent des le manq petit péc ou la pié la vie de

ar des fonlispensables eligion mu-

st incontesque soit le rvenus. Les curs simples , les jardins os sociétés, umultueuse, poser sur les de Syrie, ct ssont situés uant au culn'est pauvre u'il possède nter de peu,

» ce que l'on extrèmement de doter ses uliere, ou du itretien, sans que la trèsse contenter Lux fonctiones mettraient part affectent des coutumes ai, la femme raine absolue es : elle élève i plaît en fait x de son mari est obiigé de

EUROPE : PÉNINSULE ORIENTALE. 129 s'arrêter à la porte du harem, s'il apprend que d'autres femmes visitent en ce moment la sienne. Elle sort de même à toute heure de la journée, soit pour la promenade, soit pour rendre les visites qu’elle a reçues, mais voilée et accompagnée de ses domestiques et de ses esclaves. Comme mère, elle a le droit exclusif de garder, de nourrir et d'élever ses enfants, garçons ou filles; celles-ci jusqu'au moment de leur ma- : riage, ceux-là jusqu'au jour de leur admission aux écoles publiques : encore ne quittent-ils le harem qu’°ux heures pendant lesquelles ils fréquentent le mekteb, Les caresses de ses enfants, l'affection la plus vive, les égards dont elle est l’objet de la part de son mari sont la récompense de ces soins, dont elle ne se départit jamais. »

L'esclavage dans l'Orient, et surtout chez les Turc:, n’est, en fait, qu'une sorte de domesticité. Il diffère complétement de ce qu'il était dans l'antiquité et de ce que nous voyons dans certains Etats de l’Aintrique du nord. Les dispositions de la loi, relativement à l'esclavage, sout d'une douceur extrême : elles protégent l’esclave avec efficacité, et Les mœurs vont bien au delà des prescriptions légales. « En réalité, dit l’auteur que nous venons de citer, voici ce qui est dans la pratiqu:: : L'’esclave est assimilé en tout point aux autres domestiques; sa condition mème est préférable. Comme il est délaissé, qu'il n’a pas de famille, son maître lui témoigne plus d’égards. I lui dit « Mon fils » en Jui parlant; son commandement n’a rien de dur; il ne cherche jamais à l’humilier. S'il est l’esclave et lui le maître, c’est que Dieu l’a voulu ; mais le contraire eût pu tout aussi bien arriver. Jeune, il l’envoie aux écoles ; après six à sept ans de service, il le marie et l’affranchit, suivant qu’il est écrit dans le Koran. L’esclave est soigné dansses maladies, et s’il devient vieux, s'il a refusé, ce qui arrive souvent, la liberté qui ‘ri était offerte, pour continuer à vivre sous le toît de son maître, ilest di:;usé detout travail; on le considère comme étant de la famille, et sa seule occupation est de promener et de faire jouer les enfants, qui :’appellent baba (père). On peut ajouter que la générosité habituelle des patrons et l'usage si fréquent des bakchis en Turquie compensent amplement, pour les esclaves, le manque d'un salaire fixe. Ils se trouvent ainsi bientôt à la tête d’un petit pécule avec lequel ils sont libres de se racheter, si la bienfaisance ou la piété du maître n’y a pas pourvu d'avance; car tout est piétié dans la vie des Osniaulis. »

Ce qui précède a démontré que la polygamie et l’esclavage ne peuvent être considérés comme des obstacles sérieux aux progrès de la Turquie dans les voies de la civilisation moderne. L’islamisme, tel que l’enseigne le Koran, n’est pas non plus un obstacle aux réformes que nécessite la situation de l'empire ottoman au milieu des puissances européennes, Le fanatisme turc a été fort exagéré par certains voyageurs, et, aujourd’hui que le gouvernement donne l’exemple de la tolérance, il est singulièrement dirainué. On prétend encore que le fatalisme ou la doctrine de la prédestination condamne la nation à l’immobilité; cela

pourrait être si l’homme ne suivait jamais d’autre règle que la logique, :

Mais si le dogme de la prédestination absolue admis par certaines sectes

protestantes, si les dogmes de la toute-prescience divine et de la grâce : acceptés par tous les catholiques n’ont pas arrêté les progrès des peu- !

ples chrétiens, n’ont empêché ni le développement de la culture intellectuelle, ni celui des arts, ni celui de l’industrie et du bien-être, pourquoi voudrait-on que la nation turque, déja douée, comme nous l'avons

vu, de siremarquables qualités, fît exception à la loi générale de l’huma-{ nité ? Une des causes, à notre avis, qui doit faire bien augurer du succès! des réformes entreprises jusqu’à ce jour, ou projetées pour un avenir plus ou moins prochain, c’est qu’il n'existe, en Turquie, aucune espcel d’anstocratie ; or, les castes aristocratiques ont partout et toujours it)

l'obstacle formidable à tout progrès, sous quelque forme qu’il se pré-

sentât. La seule famille noble de l'empire est celle d'Osman, dont le:

descendants occupent encore le trône.

Les Turcs donnent à leur souverain le titre de Padischah, qu’on à traduit par Grand-Seigneur, et que nous désignons communénemt pa

le nom de sultan, quoique ce dernier soit simplement l’équivatent dul

terme de monsieur, dont nous nous gratifions mutuellement dans toute nos relations publiques ou privées. Le sultan ne jouit pas d’une au torité illimitée : car il existe au-dessus de lui une loi suprême qu'il né saurait ni enfreindre ni violer impunément, le Koran et la tradition, lo qui l’oblige aussi rigoureusement que le dernier des musulmans. Il n4 peut même, sans risques, toucher aux institutions consacrées par ul long usage et par les préjugés de la nation. Le sultan commande armées, rend la justice, perçoit les impôts, dirige les différentes bran ches de l’administration ; en un mot, il jouit de toutes les prérogative

attril Iles de « cette parti Quai des encc velle

age ne peuvent ès de la Turquie el que l'enseigne que nécessite la es européennes, urs, et, aujourrance, il est sinisme ou la docmmobilité ; cela

e que la logique,

ar certaines sectes 4

ine et de la grâce .

progrès des peu-

e la culture intel- :

bien-être, pour.

mme nous l’avons

nérale de l’huma. | augurer du succès!

s pour un avenir

ie, aucune espicel ut et toujours tél

jrme qu’il se pré-

d'Osman, dont le:

Padischah, qu’on à ommunénemt pa nt l'équivalent à ement dans toutes Juit pas d’une au | suprême qu'il né et la tradition, lo musulmans. Il n4 onsacrées par ul an commande le différentes bran s les prérogatives

attribuées au pouvoir exécutif dans les monarchies constitutionnelles. Il est vrai qu’il n’existe pas à côté de lui de corps spécialement chargé de contrôler ses actes : mais il est responsable, et l’histoire pronve que cette responsabilité est souvent effective. L'autorité législative ne lui appartient pas; la loi préexiste au sultan ; elle est censée avoir tout réglé, Quand il innove, le souverain a grand soin de rechercher les précédents, de s’étayer sur la lettre de la loi elle-même ; il se borne à l’interpréter, encore faut-il que l'opinion publique accepte l'interprétation nouvelle.

Ce qui a longtemps fait croire à l’Europe que le gouvernement ottoman était le type du despotisme, ce sont certains faits historiques trèsvrais, mais fort mal appréciés. « Ces meurtres, dit Ubicini, ces empoisonnements, ces confiscations dont parle l’histoire, sur qui frappent-ils? Sur des vizrs, des pachas, des employés du sérail, des ulémas même, des ministres du sultan ou des agents de son autorité; jamais, ou presque jamais, sur de simples sujets, même raïas. C’est que le pouvoir du Grand-Seigneur sur ses ministres était celui d’un maître à l’égard de ses esclaves, et lui donnait le droit de disposer, à son gré, de leur vie et de leurs biens, tandis que les autres Osmanlis ne pouvaient être condamnés que par les tribunaux, d’après les lois existantes, Cette diffé. rence venait de la coutume qui exista longtemps chez les sultans de ne choisir leurs ministres que parmi les Itch-Oglans ou pages élevés dans le sérail, et qui étaient réellement leurs esclaves : ce qui fit considérer comme tels, par la suite, tous ceux qui parvinrent à occuper les premiers emplois dans l’armée et dans l’administration. »

Le sultan ne réunit nullement en sa personne les deux pouvoirs spirituel et temporel. C’est encore là une erreur grave. Le pouvoir spirituel n’existe pas dans l'Islam, en dehors ni au delà de Mohammed ou Mahomet. Les premiers kalifes, dont les sultans sont les vrais représentants en vertu de la renonciation formelle que Mohammed XII, dernier rejeton de la famille des Abassides, fit de la dignitè et des insignes du kalifat en faveur du sultan Sélim, devenu maître de l'Égypte en 4547, ne possédaient eux-mêmes, quoi que

l'on ait dit, que la puissance temporelle. A l'origine, il est vrai, les kalifes récitaient la prière publique le vendredi, et prêchaient

le peuple dans les mosquées ; mais ils n’avaient, en ceci, d’autre droit que celui appartenant à tout Musuiman. Car, d’après le texte formel de la loi, « iln’y a pas de sacerdoce dans l'Islam, »

Ceci nous amène à parler de l’uléma, ou du corps des docteurs de la loi. Le nom d’uléma, qui signifie savant, lettré, fut donné aux hommes qui se vouaient à l’étude du Koran, ou parole de Dieu, et des hadis, ou paroles du prophète. La nécessilé de recourir à leurs lumières dans toutes les circonstances douteuses de la vic civile et religieuse des Musulmans leur acquit une influence et une autorité considérables. Cette autorité devint plus grande encore lorsque les califes, complétement absorbés par l’administration temporelle de leur vaste empire, se déchargèrent sur les ulémas du soin d'interpréter la loi, d’accomplir les cérémonies du culte et de rendre la justice , et surtout lorsque le chef des ulémas, appelé Scheik-el. Islam, fut investi du sceau sacré, et armé du terrible fetva.

« L'origine de ce fetva, qui joue un si grand rôle dans l’histoire mahométane, remonte aux premiers temps du kalifat. Les successeurs de Mohammed étaient dans l'usage, pour enchaîner l’obéissance de leurs sujets et assurer la prompte exécution de leurs desseins, de donner la sanction de la religion aux principaux actes de leur gouvernement, en y apposant le sceau sacré. Sous l'empire de cet emblème révéré, les Musulmans marchaient au combat pour soutenir l’honneur de la foi ou s'assurer la palme du martyre. Dans la suite, lorsque les souverains de l'Islam se furent démis d’une partie de leurs attributions, ce fut le Scheik-ei-Islam qui fut chargé de rendre l’ordonnance sacrée ( felva) qui déclarait les actes émanés du pouvoir politique conformes au Koran ci obligatoires pour tous les fidèles ; privilége insignifiant dans l’origine, mais dans lequel l’uléma ne tarca pas à entrevoir le germe de sa future puissance, En effet , tant que des princes guerriers furent à la tête de l'empire, le sultan dictant les oracles du mufti , l'influence de celui-ci fut à peine possible ; et, jusqu’au temps de Murad IV, il ne paraît pas que le sacerdoce eût essuyé de résistance sérieuse. Mais à partir du règne de ce prince, les choses changèrent de face. Ce qui n’avait été primitivement qu’un ressort politique dans les mains du souverain, devintune loi fondamentale de f'Etat; l'uléma fit une opposition systématique au gouvernement, et lon vit des muftis, non-seulement refuser

le fetva sonne

Le cc ciaire c la bran (inars longue s’attrib dont le:

service

Le g comme aulocr:

superf taire, U est ten civiles pas la :

trône} le plus Abd-ul Abd-ul

Le st miuist Sadri-a le gra autres butions emploi raphe exécul minal el-islan du gra de la j clergé

j, d’autre droit le texte foram, »

s des docteurs fut donné aux role de Dieu, de recourir à es de la vie > influence et grande encore istration temlémas du soin e et de rendre pelé Scheik-el.

> fetva.

l’histoire masuccesseurs de sance de leurs , de donner la -ouvernement, me révéré, les neur de la foi les souverains ions, ec fut le rée ( fetva) qui es au Koran ce!

dans l’origine, ne de sa future nt à la tête de ace de celui-ci 1 ne paraît pas is à partir du qui n'avait été souverain, deposition systélementrefuscr

le fetva aux hattis-schérifs impériaux, mais encore s'attaquer à la personne même du souverain. »

Le corps des ulémas se partage en deux branches, la branche judiciaire composée des interprètes de la loi (muftis) et des juges (cadis), et la branche religieuse, à laquelle appartiennent les ministres du culte (inars). A l’origine , les deux fonctions furent confondues ; mais à la longue, une scission s’opéra, les cadis formérent un corps séparé qui s’attribua la jouissance des emplois judiciaires, à l’exclusion des imans, dont les fonctions furent exclusivement restreintes à la prédication et au service de la mosquée,

Le gouvernement de la Turquie n'est donc point une théocratie, comme on l’a si souvent répété. Il n’est point non plus un despotisrne autocratique, comme ont pu le faire supposer à des observateurs superficiels certains faits mal interprétés. C’est une monarchie héréditaire, tempérée par des institutions antiques, des usages que le pouvoir est tenu de respecter, et surtout par un code entier de iois à la fois civiles et religicuses. L'hérédité, dans la maison d’Othman, n’effecte pas la même forme que dans les autres monarchies européennes. Le trône passe, non pas au fils aîné du souverain régnant, mais au prince le plus âgé de la famille impériale. Ainsi, quoique le sultan actuel, Abd-ul-Medjid, ait plusieurs fils, l'héritier présomptif est son frère Abd-ul-Azis.

Le sultan gouverne habituellement par l'intermédiaire d’un premier mivistre, que nous appelons le grand vizir, mais que les Tues nomment Sadri-azem où grand portefaix de l'empire. Comme l'indique ce titre, le grand vizir est, pour ainsi dire, l’alter ego du souverain, tous les autres ministres sont placés sous sa dépendance, chacun dans ses attributions spéciales. Il préside le conseil privé, nomme à la plupart des emplois, commande les armées en personne ou par ses délégués, paraphe Ja minute de toute ordonnance. En un mot, il exerce le pouvoir exécutif, comme délégué et au nom du sultan. Quoique occupant nominalement le même rang dans la hiérarchie, le grand mufti où scheikel-islam a cessé d’être le rival, nun-seulement du sultan, mais encore du grand vizir. Il ne remplit plus aujourd’hui que les fonctions de chef de la justice, de l'instruction publique (sauf certaines exceptions), et du clergé. C’est en sa qualité d’organc spécial de la loi et du clergé qu'il

est investi du droit de légaliser toute ordonnance, tout acte émané de l'autorité souveraine et d’y apposer le sceau sacré. Mais ce fetva, naguère encore si redoutable, n’est plus guère à cette heure, comme le fait observer Ubicini, qu’une formalité judiciaire assez semblable à l’enregistrement des édits royaux par nos anciens parlements.

Après le sadr'-azem et le scheik-el-islam viennent, dans la hiérarchie administrative, les ministres d'État, au nombre de dix, et décnrés du titre de muschirs (:onseillers du souverain), qui, avec eux et assistés en outre de deux fonctionnaires de l’ordre supérieur, forment le Conseil privé. Ce conseil délibère sur toutes les mesures d'intérêt général. Ses décisions sont soumises à l'approbation du sultan, et revêtues du fetva qui leur donne force de loi. Au-dessous de ce grand conseil de gouvernement, se trouvent dix conseils spéciaux. Celui qui tient le premier rang parmi ces conseils est investi à la fois des fonctions de conseil d’État, de cour de cassation et de haute-cour de justice : il a /e titre de Conseil supréme. Les neuf autres conseils ont, dans leurs attributions, l'instruction publique, la vérification des comptes de finances, l’agriculture, les mines, l'artillerie, la marine, les fabriques militaires et la police. En dehors de ces conseils se place le Divan ou Chancellerie d’État, qui comprend la généralité des emplois supérieurs et inférieurs, connus sous le nom de kalemiié ou emplois de la plume. Voilà pour l’administration centraie; passons à l'administration provinciale.

Le territoire de l’empire est divisé en eyalets ou gouvernements généraux, qui se subdivisent en livas, provinces. Les livas se partagent euxmêmes en cazas, districts, dont chacun comprend un plus ou moins grand nombre de nahiyés, villages ou communes. La Turquie d'Europe compte 44 eyalets, 42 livas et 376 cazas; la Turquie d’Asie, 47 eyalets, 83 livas ct 858 cazas; l’Afrique, 3 eyalets et 86 cazas. IL ne nous paraît pas inutile de donner la nomenclature de ces eyalets et de ces livas.

Page 1