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GRÈCE, 453 l'intérieur, Calavrita, malgré son peu d'importance, est lé chef-lieu d’une éparchie.
La pertie méridionale de la Morée présente trois péninsules formées par les golfes de Messénie ou de Coron et de Laoonte ou de Kolokythsa, qui sont presque parallèles. Les trois péninsules portent les noms de Afes= sénie, de Maïne ou Magne et de Zaccountia où Laconto,
La Messénie, longtemps opprimée sous le joug de fa de Sparte jusqu’à l’époque où Epaminondas l'affranchit, renferme peu de monue ments antiques. Le seul endroit qui en présente d'importants est le petit village de Mavromathi, bâti sur le site qu’occupait l'antique Messène, au pied du mont Ithome. Parmi ces débris, on remarque surtout la grande porte d'Arcadia, le plus magnifique monument de ce genre que possède la Grèce. Les villes modernes les plus intéressantes de la Messénie sont situées sur la côte. Navarin est importante par ses fortifications et par son port, l’un des meilleurs de la Morte, C'est dans sa vaste baie, formécen partie par la netiteile de Sphagia, ancionnementSphactérie, que la flotte turco-égyptienne fut détruite, en 1827, par les flottes combinées de la France, de l'Angleterre et de la Russie, Modon, l’ancienne Méthone, et Coron, qui est bâtie sur ou près de l'emplacement de la Corone d'Epaminondas, sont deux petites villes fortiflées avec des rades médiocres. Androussa et Calamata, au pied de coteaux fleuris, sont les endroits les plus importants de intérieur, Vers l'extrémité sud-ouest de la presqu'île, nous devons citer les deux flots de Sapienza et de Ca brera.
La péninsule du Maïne est presque entièrement remplie par les nome breuses ramifications du Taygète, qui, s'élèvent par degrés et atteignent une hauteur de près de 2,000 mètres. Ces montagnes se composent de rochers généralement nus et stériles. Cette région de difficile accès est habitée par une race qui, si elle ne descend pas directement des anciens Spartiates, a du moins hérité de leur esprit belliqueux, Les Maïnotes ont toujours été le boulevard de la Grèce pendant la guerro, et son fléau pendant la paix. Accoutumés dès l'enfance à manier les armes, ils étaient toujours prêts à s’aller mesurer avec les Turcs, et, quand ils ne pouvaient atteindre ceux-ci, à aller piller leurs voisins. Avant ct pendant la guerre de l'indépendance, les Maïnotes éteient distribués dans une centaine de villages, gouvernés par sept ou huit capitani, qui res-
semblaient assez aux chefs de clans écossais, à l’époque de la plus complète indépendance de ceux-ci. Ces montagnards ont les vertus et les défauts des peuples que la civilisation n’a pas encore conquis. Ils ne veulent se soumettre à aucune autorité régulière ; souvent des discussions ensanglantent leurs chaumières. Implacables dans leurs haines et dans leurs vengeances, ils n’abjurent les unes et les autres qu'à la voix des vieillards les plus respectables de leur tribu. L’étranger qui se confie à leur hospitalité la trouve sans bornes, et peut parcourir le pays entier en toute sécurité. Les femmes qui sont grandes, robustes et d'une beauté remarquable, sont beaucoup mieux traitées que dans le reste de la Grèce. En revanche, elles se distinguent par leur fidélité conjugale, par leur économie e! leur amour du travail. Non contentes de déployer les qualités propres à leur sexe, elles veulent parfois rivaliser les vertus de l’autre : on en a vu marcher à la tête de bandes armes et combattre avec la plus grande intrépidité. Les productions de ce pelié pays et les principaux objets de son commerce, sont l’huile, le seigle, le miel, la cire, la vallonnée, la noix de galle, le coton, le kermès, les cuirs bruts et les laines. L'agriculture a fait depuis quelque temps de très-grands progrès. Les ports du Magne, capables de recevoir les plus grands vaisseaux, sont destinés à acquérir un haut degré de splendeur. Vers le cap Matapan, le Tœnarium des anciens, qui forme l’extrémité sud de la péninsule, habitent les Cacovouniotes, pirates sanguinaires qui n4 respirent que le pillage et le meurtre, et qui ne doivent pas être confondus avec des Maïnotes.
Le Magne ne renferme guère que des villages. Dolus, dans l’intérieurs est le plus grand de tous ; on pretend qu’il compte 500 maisons. Marathonisi a acquis quelque importance par son port et son commerce.
La troisième péninsule, avons-nous dit, porte le nom de Zaccounia, corruption évidente de Laconia. Au fond du golfe par lequel elle est formée, on trouve l'embouchure de l’Eurotas, si souvent chanté par les poëtes, mais appelé aujourd’hui Vasili-Potomos ou fleuve royal. En le remontant une dizaine de licues, on rencontre un misérable village nommé Mapoula, près duquel se voient les débris de la fameuse Sparte. Mais ces ruines n’appartiennent point à l’époque où la cité de Lycurgue obéissait à ses lois austères et dorninait sur la Grèce. Tous ces restes datent de la période de la domination romaine, et sont des monuments de
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GRÈCE. 455 l'esclavage de l’antique Lacédémone. Cependant, un petit édifice, con struit en partie @. briques , pourrait bien être le tombeau de l’un de ses anciens rois. À une lieue à l’ouest des ruines de Sparte, la ville moderne de Mistra ou Misitra s’élève en amphithéètre sur les flancs d’une vaste colline, au pied du mont Pentadactylon, l'ancien Taygète. A la voir de loin, on la prendrait pour la capitale d'un grand État, plutôt que pour le chef-lieu des vallées désertes de la Laconie. Mais quand on y est entré, toute illusion cesse. On n'y trouve que des rues étroites, tortueuses et sales, et l’on n’y voit aucun édifice ancien ou moderne qui mérite l'attention. La population de Mistra est estimée à 8 ou 10,000 âmes. La seule ville de la Laconic digne d’être citée après la capitale, est Monembasie, appelée aussi Napoli de Malvoisie, sur la côte est de la péninsule laconique. Quoique petite, elle est importante par ses fortifications, son port et son commerce. Elle exporte surtout, en assez grande quantité, le vin renommé que produit son territoire. A peu de distance au nord, se trouvent les ruines d'Epidaurus-Limera , fameuse par son temple d’Esculape. La petite Île de Servi forme, vers l'extrémité sud-ouest de la péninsule laconique, la baie de Valica.
Nous allons maintenant nous lancer sur cette mer formée d'iles, où mille canaux resplendissants réfléchissent l’image des rochers blanchàtres, des coteaux verdoyants, des noirs écueils et des vignobles qui s’élèvent en terrasses. C’est encore le riant coup d'œil chanté par Virgile , mais Horace, aujourd'hui, averlirait son vaisseau de craindre plutôt les pirates que les vents et les écucils.
C’est sur les côtes même de l’Attique que nous trouvons Colouri, que l’histoire appellera éternellement Salamine, si célèb:: r'1r cette mémorable bataille navale où Thémistocle dispersa la flotte innombrable de Xercès. Au sud de Salamine, on remarque l’île d'Enghia ou d’Egine, qui jadis fitombrage aux Athéniens, et qui donne aujourd’hui son nom au golfe qui baigne la côte sud-ouest de l’Attique. La petite ville d’Egine est intéressante par ses débris antiques, surtout par les restes du temple de Vénus et de Jupiter Panhellenius, Les trois îles d’Hydra, de Spetzia et de Paros, sont situées vers la côte de l’Argolide. Hydra, l’Aristera des anciens, n’est qu'une masse de rochers où l’on trouve à peine un bouquet d'arbres. Mais cette île, presque inconnue dans l'antiquité, a joué un grand rôle dans ces dernières années. Ses habitants industrieux et