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paraissent avoir appartenu à un temple de Vénus. La ville aciuelie n’occupe qu’une portion de lenceinte de la ville ancienne : une partie des murailles de celle-ci est de construction cyclopéenne. Le seul objet remarquable que nous présente encore Corinthe, c’est la fameuse citadelle appelée dans l’antiquité Acrocorinthe. Elle est située au sommet d’un rocher où l’on n'arrive que par un chemin étroit et escarpé, et à une élévation de plus de 300 mètres. C’est une position d’une grande force militaire et que l’on a nommée le Gibraltar du Péloponèse. Les Vénitiens y avaient fait d'immenses travaux de fortification. Dans le voisinage de Corinthe, nous nommerons les villages de Kechries, l’ancienne Cenchrea, de Leuchée où Leuchœæum et d’Hexamilia. Le port du premier, situé sur le golfe d'Athènes, et celui du second situé surle golfe de Corinthe ou de Lépante, servaient à Corinthe pour faire le commerce avec lorient et avec l'occident. Hexamnilia est intéressant par les ruines du temple de Neptune et du Stade où se célébraient les jeux isthmiques. A peu de distance au nord-ouest de Corinthe, nous citerons encore le misérable village de Busilica qui occupe l’emplacement de Sicyone, capitale du plus ancien royaume de la Grèce. De tous les monuments qui décoraient cette cité voluptueuse et célèbre par les arts, il ne reste qu: des vestiges du Stade, dont les assises sont de construction cyclopéenne, et le théâtre. Ce dernier est assez bien conservé, Clarke le regarde comme l’édifice de ce genre le plus remarquable que possède la Grèce, soit par l’harmonie de ses proportions, soit par la beauté du travail, soit pour ses dimensions et l’aspect magnifique qu'il présente.
L’Argolide forme une longue péninsule située à la droite de l’isthme et parallèle à celle de l’Attique. Elle est traversée par une chaîne de hautes montagnes, et présente de vastes plaines fertiles ainsi que des vallées délicieuses couvertes de champs eulivés ou remplies de myrtes, d’arbustes fleuris et d'arbres : chacune de ces vallées semble isolée de tout le reste du monde. Les bergers qui errent dans les montagnes font encore entendre leurs chalumeaux de roseaux, comme dans l’âge poétique de la Grèce. Les villes de l’Argolide sont au nombre des plus anciennes cités helléniques, et leurs monuments qui portent l'empreinte du style égyptien ou dorique, sont plus remarquables par leur grandeur colossale que par leur élégance.
Mycènes, Argos et Tyrinthe sont les plus célèbres parmi les villes de
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cette région. Mycènes, près du misérable village de Karvathy, nous offre encore des constructions qui datent des temps héroïques. Son Acropole, la plus ancienne peut-être qui existe, a bravé la puissance du temps. Ses murs, composés d’énormes masses de pierre non taillées mais admirablement ajustées ensemble sans ciment ni mortier, suivent toutes les sinuosités du rocher qui leur sert de base. On y entre par la porte des L'ons, ainsi nommée d’une sculpture qui représente une colonne entre deux lions : c’est par cette porte que sortit Agamemnon, le roi des rois, pour se rendre au siége de Troie. Un autre monument, plus curieux encore, est celui que le savant Clarke croit être le tombeau d’Agamemnon. Ce monument n’est pas moins remarquable par ses dimensions que par son mode de construction. L’architrave qui surmonte la porte d’entrée, consiste en une masse de brèche qui a 8 mètres 22 centimètres de lone gueur sur 5 mètres 18 centimètres de largeur et 45 centimètres d’épaisseur. Cet édifice singulier porte dans le pays le nom de trésor d’Atrée, Mycènes fut détruite 568 ans avantJ .-C. Argos, dont la fondation 1emonte à 18 siècles et demi avant notre ère, ne renferme qu’un petit nombre d’antiquités. Le docteur Clarke découvrit ici, parmi les ruines d’un temple, l’un de ces passages secrets au moyen desquels les prétres allaient se cacher sous l’autel pour faire parler leur dieu et rendre des oracles. Argos est encore aujourd'hui une ville de 8,000 âmes ene viron, qui doit sa prospérité à la fertilité de son territnire. A quelque distance au sud de la ville, on voit encore le fameux marais de Lerne, exhalant ses miasmes délétères comme au temps d’Hercule. Les ruines de Tyrinthe présentent une masse encore plus formidable que celles de Mycènes et paraissent remonter à une antiquité encore plus éloignée. Les seules qui subsistent actuellement sont les murs de l’Acropole qui renferme un espace d'environ 240 mètres sur 53 : ils or.i de 6 à 7 inètres 60 centimètres d'épaisseur et 43 mètres de hauteur. Ces murailles, construites de la même manière que celles de Mycènes, existaient déjà à l’époque d'Homère qui les a célébrées. C’est à Tyrinthe, suivant la fable, qu'Hercule naquit et fut élevé.
Nauplie ou Nauplia, dont le nom défiguré par les Vénitiens est devenu Napoli de Romante, est située au fond du golfe d’Argos, et possède tout ce qui lui est nécessaire pour s'élever au rang d’une grande et forte place maritime. Elle est bâtie sur un promontoire long et étroit, et en=
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tourée de hauteurs imprenables. Une forte citadelle a été construite par les Vénitiens sur le rocher de Palamède : on y monte par uu passage couvert de 500 marches taillées dans le roc. Le port, quoique sa profondeur ait diminué, est encore le meilleur et le plus sûr de la Morée. L'intérieur de la ville est des plus tristes. Les rues sont, comme du temps de Pausanias, étroites, sombres et malpropres. Nauplie a été, pendant quelque temps, la capitale de la Grèce. Elle est le siége d’un commerce assez actif, en vins, huiles et éponges. On lui accorde 416,000 habitants. L’Argolide renferme encore quelques autres endroits qui méritent d'être mentionnés. L'ancienne Epidaurus n’est à cette heure qu'un gros villag” appelé Pithavri. La vallée dans laquelle il est situé est étroite, mais belle et fertile. À quelques milles de distance on trouve le bois vénéré par les anciens comme le lieu de la naissauce d’Esculape. On y découvre encore quelques vestiges des temples de Diane, de Vénus et de plusieurs autres édifices. Le théâtre est dans un assez bon état de conservation ; et, quoique habité aujourd'hui par des lièvres, des perdrix et des tourterelles, il justifie la description de Pausanias, qui le représente comme l’un des plus beaux de la Grèce. Damale, petit village insignifiant, est bâti sur l’emplacement de l'antique Trézène, dont il reste fort peu de débris : mais il y a encore de nombreuses églises qui, nonobstant leur état de ruines, attestent l'importance qu'avait acquise cette ville sous la domination vénitienne.
Le plateau de l’ancienne Arcadie occupe le centre de la Morée à l’ouest de l’Argolide. Cette contrée, cé 4 par les poëtes bucoliques, est traversée et bordée par les chaînes e.carpées du Hénale et du Lycée. En beaucoup d’endroits, elle est stérile et marécageuse. L'hiver est assez vif dans les vallées des montagnes; mais, au printemps et dans l'été, tandis que les plaines basses sont brûlées par les rayons du soleil, on y jouit d'une fraîcheur dé'icieuse, De nombreux ruisseaux descendent des montagnes, fertilisent les vallées et vont se réunir pour donner naissance à l’Alphée, aujourd’hui le Rofia. La vigne y croit en abondance. Comme dans l’antiquité, de nombreux troupeaux paissent dans les vallées et sur les flancs des montagnes.
Tripolitza, capitale de la province, est situé dans la partie orientale du plateau, au pied du mont Ménale et dans une région que les anciens attribuaient pour résidence à l’Hiver. C'est une ville irrégulière, som-
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GRECE. 451 bre, malpropre, composée de misérables habitations semées çà et là au milieu des décombres qu'ont amoncelées alternativement la fureur des Turcs ct celle des Grecs. La population de cette ville, qui s'élevait à 45,000 âmes avant l'insurrection, ne paraît pas dépasser le tiers de ce nombre. Les autres villes de l’Arcadie nous offrent peu de vestiges de leur antique splendeur. Linano, misérable assemblage de huttes d’argile, occupe l'emplacement de la fière Mégalopolis que le héros thébain avait élevée au rang de capitale militaire du Péloponèse. On voit en= core quelques restes de son théâtre qui passait pour le plus grand de toute la Grèce. Pouqueville chercha en vain les ruines de Mantinée, cé lébre par ses huit temples et par la grande bataille où Épaminondas expira au sein de la victoire. Sir A. Gell a découvert, dans une plaine marécageuse, les restes de son enceinte de murailles que baignait l'O phis et la trace de quelques-unes de ses rues. Le sol de Tégée, près de Tripolitza, est jonché de fragments antiques. Des fouilles bien dirigées mettraient sans doute au jour de précieux débris de sculpture. Orchomène occupait une forte situation au sommet d’une colline escare pée, au pied de laquelle on trouve un mistrable village. Caritène et Die mizana, Où les Grecs avaient fondé une école qui avait acquis dans le pays quelque répr'tation, sont îes principales villes de l’intérieur de la Morée. Léontari ou Londari, petite ville, située sur une colline à l’extrése mité du mont Taygèle, n’est guère qu'un amas de ruines. Sur la côte on remarque la petite ville d’Arcadia, florissante par son petit port et son commerce. Malgré le nom qu’elle porte, elle n’est point ancienne et ne possède aucun monument antique. En remontant la jolie petite rivière d’Arcadia, et en traversant l’agréable village de Sideru-Castro, on rencontre les restes de Phigalée, ville jadis importante, dont l’enceinte de murailles est encore apparente. À peu de distance, on admire le temple d’Apollon Epicurius, l'édifice antique le mieux conservé de la Morée. Ce temple, tout en marbre, était réputé le plus magnifique du Péloponèse après celui de Tégée. Il était bâti dans la situation la plus romantique que l’on puisse imaginer, sur le sommet d’une colline, entouré de vieux arbres et dans une solitude complète. Les sculptures qui décoraient ia frise intérieure et qui représentaient les combats des centaures et des Lapithes ainsi que celui des Amazones, sont aujour-
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d’hui déposées au Musée Britannique dont elles font un des plus précieux ornements.
La côte nord et nord-ouest de la Morée, qui comprend les anciens territoires de l’Achaïe et de l'Elide, forme en général une vaste plaine remarquabie par sa fertilité. Elle produit les meilleurs vins de la Grèce et une quantité immense de ces raisins dits de Corinthe. L'ancienne Elide nous présente encore quelques vestiges de deux villes fameuses, Élis et Olympie. Personne n’ignore de quelle renommée jouissaient dans toute la Grèce les jeux qui se célébraient tous les cinq ans à Olympie en l’honneur de Jupiter Olympien. Les nombreux écifices qui ornaient cette cité illustre ont été si complétement détruits que plusieurs voyageurs en ont vainement cherché les restes. Le savant Dodwell parvint à reconnaître l'emplacement du fameux temple de Jupiter et en déterra quelques fragments de colonnes supérieures, par leurs dimensions, à celles du Parthénon. Les archéologues français qui faisaient partie de l'expédition de Morée, y ont fait de précieuses découvertes et ont rapporté au Musée du Louvre plusieurs magnifiques bas-reliefs ayant appartenu à ce superbe édifice. Parmi les villes modernes de l'Elide, nous ne citerons que Pyrgos et Gastouni. La première est située dans un territoire malsain, près de l’embouchure de l’Alphée, qui favorise son commerce d'exportation de produits agricoles. La seconde, sur les bords de la rivière du même nom, doit sa prospérité à la fertilité de son territoire.
Dans l’Achale, nous remarquons Patras, qui, avant l'insurrection, était une ville très-laide, très-malpropre, mais l’une des plus commerçantes de la Grèce. Comme elle était fortifiée, elle est restée entre {es mains des Turcs pendant presque toute la durée de la guerre. Elle a été complétement ruinée, mais elle se relève peu à peu et se rebâtit sur un plan régulier. La bonté de sa situation et la fertilité des campagnes qui l’environnent, lui assurent un avenir de prospérité. À deux lieues et demie au nord-est de Patras, s'élève le Chdteau de Morée, important par ses fortifications. Ayant en face de lui, sur le point le plus resserré du golfe de Lépante, une autre forteresse appelée le Chdteau de Roumélie, il commande le passage du golfe, nommé les Petites Dardanelles. La petite ville de Vostitzs occupe l'emplacement de l’ancienne Ægium. Dans
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