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GRÈCE. 457 en fruits. Ses montagnes, riches en sources sont couvertes d’arbousiers, Elle renferme les deux petites villes d’Arna et d’Andros. Une partie de ses habitants vont servir comme domestiques dans les maisons curopéennes établies à Constantinople et dans les grandes villes du Levant. Tyne, l’ancienne Ténos, est une des iies les plus agréables et les plus im= portantes de l'archipel. Elle produit de la soie, des figues, des oranges, du vin, mais pas assez de blé pour ses 30,000 habitants. Un grand nombre d’entre eux vont dans les villes du Levant gagner leur vie en exerçant diverses professions utiles. La petite ville de Tynos ou Borgo, est le chef-lieu de l’île. Myconi, jadis appelée Myconos, est habitée par une population presque tout entière vouée au commerce maritime. L’humide et froide Syra, la Syros de l’antiquité, ne laisse pas d’être fertile en blé, orge, figues et coton. Elle renferme une ville de même nom, qu’on appelle aussi Hermopolis , qui est l’une des cités les plus importantes de la Grèce par sa population évaluée à 30,000 âmes , son port et son commerce. La ville est bâtie en amphithéâtre sur une colline conique au sommet de laquelle s’élève la cathédrale. Elle offre ainsi l’aspect d’un pain de sucre couvert de maisons. Le port de Syra est le point de relâche des bâtiments à vapeur français, qui font le service postal du Levant. On attribue à cette île une population d’environ 40,000 habitants. La petite Île de Ghioura, anciennement Gyaros, au nord de Syra, n’a rien d’intéressant. Entre Syra, Tyne et Myconi, nous remarquerons les deux petites îles de Rhenea et de Délos. La première est la plus considérable des deux , et bien des auteurs la confondent avec la seconde, On n’y trouve rien d’intéressant. A l’est de Rhenea, Délos élance son stérile sommet, couronné du mont Cynthus, qui n’est qu'un bloc de granit où brillent des parcelles de tale noirâtres et luisantes. Cette Île, si ré vérée dans l'antiquité corame le lieu de la naissance d’Apollon et de Diane, cette île qui rassemblait jadis la Grèce entière aux fêtes d’Apollon, n’est aujourd’hui habitée que par des lapins et quelques chèvres avec leurs bergers. Les débris de son fameux temple ont servi aux Turcs de carrière de marbre, pour fabriquer ces petites colonnes surmontées d’un turban qu’ils placent sur les tombeaux.
Naxia, la Naxos de l’antiquité, est la plus grande des Cyclades; cependant sa population ne paraît pas dépasser 42,000 âmes. L’ile est parsemée de hautes montagnes à base schisteuse ou granitique. Le marbre
blanc etla pierre calcaire durerenosent partout sur le schiste, 11 descend
de ces montagnes un grand nombre de sources qui arrosent et ferti-
lisent les plaines. Les produits de l’ile sont les vins, le blé, l'orge,
l'huile, les oranges, citrons, pêches et figues, le fromage qu’elle exporto
à Constantinople, le coton, le miel et la vire. La récolte des vins fut si abondante uné année qu’on fut obligé d'en verser dans la citerne des
Capucines. La ville de Naæie n’a que 4,000 habitants; elle manque d’un port et même d’une bonne rade. Naxos était jadis célèbre par le culte de Bacchus; on y voit encore le portique d’un temple consacré à ce dicu. À l’ouest de Naxos, dont elle n’est séparée que par un étroit canal, on trouve Paros, si célèbre par ses marbres statuaires. En examinant ces carrières abandonnéss aujourd'hui, on voit avec quel soin et quel ménagement les anciens exploitaient ces carrières précieuses. Le marbre pentélique était aussi beau que le marbre de Paros, mais il ne possédait pas comme celui-ci la faculté d'acquérir plus de dureté par son exposition à l'air. C’est cette propriété qui fit préférer ce dernier pour les grands ouvrages d'art de l’antiquité. Cette petite île a2,000 habitants, un sol aride que la rosée fertilise, et le meilleur port de l’archipel. Antiparos, jadis appelée Olearos, est remarquable par sa fameuse grotte, décrite par Tournefort et dont nous avons déjà parlé. Raclia, anciennement Dyonisa, au sud de Naxos, Stenosa, appelée par les anciens Drepanos, à l’est de la même île, sont de très-petites îles dénuées d'intérêt. Il en est de même de l’ancienne Schinussa et de l’ancienne Coraæia, aujourd'hui Karos, et de quelques autresilots. L'Île d’Æmorgo, plus considérable, a de riches vignobles. On y voit un monastère, où l'on ne parvient qu’au moyen d’échelles. Stampalia, nommée Astypalea par les anciens, renferme de beaux vergers. Elle a d'excellents plongeurs qui s'occupent de la pêche des éponges. Le cèdre et le lentisque couvrent les rochers de cette île et de la précédente; mais toutes deux sont dépourvues de ports. Au sud-ouest de Stampalia, Nanphi, l’ancienne Anaphia, abonde en oignons et en perdrix. On y remarque les débris d’un temple antique consacré à Apollon.
Plus à l’ouest, nous retrouvons Santorin, l’ancienne Théra, dont le volcan sous-marin nous a déjà occupé. Loin d’être un amas de pierres ponce, cette Île est fertile en orge, en vin fort et spiritueux qui a la couleur de celui du Rhin, en coton que l’on ne replante pas tous les