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population de cette Île est d'environ 40,000 âm-:5s. L'ilot de Therosia,
voisin de Santorin, a conservé son nom antique. No, appelée Jos par
les anciens, possède des ports commodes et des pilotes habiles, Skino
produit le meilleur froment de l’Archipel. Elle est aussi renommée
pour ses figues qui lui ont valu, dans l'antiquité, le nom de Sykinos.
La petite Île de Polycandro, jadis Polegandros, est une masse de rochers qui n’a de curieux que sa belle grotte que nous avons mentionnée plus haut. Milo, anciennement Melos, dont nous avons signalé la constitution volcanique, est rendue malsaine par les vapeurs sulfureuses que son sol laisse échapper de toutes par's. Néanmoins elle abonde en froment, coton, melons et coloquintes. Elle a un excellent port qui offre à son entrée des rochers basaltiques. Cette île est intéressante par ses antiquie tés. On y voit des galeries souterraines qui paraissent être les restes d’un ancienlabyrinthe ou plutôt encore d’une nécropole. Elle possède en outre des restes de constructions cyclopéennes, ainsi que les débris d’un temple de Vénus. C’est dans cette Île qu’a été découverte, il y a vingt-cinq ans environ, la fameuse statue de Vénus, dite Venus Victriæ ou de Milo, qui doit être rangée au premier rang des chefs-d’œuvre de la sculpture grecque, et qui fait le plus bel ornement du musée des antiques de Paris. Kimoli, l’ancienne Cimolus, est appelée aussi l’Aryentière à cause de ses mines de plomb argentifère. On y trouve une espèce d'argile à foulon qui a reçu le nom de ferre cimolée. Cette île offre les mêmes caractères volcaniques que Milo : nous dirons la même chose des deux îlots voisins, appelés Anti-Milo et Polino, jadis Polyægos.
En tournant vers l’Attique, nous trouvons d’abord la fertile Siphanto ou Siphaos des anciens, qui, riche de ses fruits, néglige ses mines. Les habitants fabriquent des chapeaux de paille estimés. Serpho, anciennement Seriphos, est hérissée de rochers, mais abondante en mines de fer. Son aspect avait donné lieu à cette fable mythologique, d’après laquelle la tête de Méduse aurait tout pétrifié dans cette île, jusqu'aux habitants, L'ilot de Serpho-Poulo est sans intérêt, Thermia, l’ancienne Cythnos, est fertile en orge et en figues. Son nom moderne lui vient de ses sources chaudes. Zéa, la Céos de l'antiquité, quoique diminuée par les tremblements de terre, possède encore un port excellent. Cette île a fourni à l’histoire l’un de ses plus précieux monuments; nous voulons parler de
ces inscriptions sur des tables de marbre, connues sous le nom de chronique de Paros où de marbres d'Arundel. Ce monument unique est déposé dans la bibliothèque d'Oxford. L'ile Longue où Macronisi, jadis appelée Helène, termine la chaîne des Cyclades vers l'extrémité sud-est de l’Attique.
SECT. 3°. — République des {les Ioniennes.
Nous avons parcouru l'Archipel. Quelques autres îles se rattachent encore au continent de l’ancienne Grèce. Ce sont celles qu’on a réunies dans un État particulier, protégé ou pour mieux dire gouverné par l'Angleterre, qui le classe parmi les possessions britanniques. Cet État est désigné sous le nom de République des Sept Iles Ioniennes. Cette partie de la Grèce, après avoir été arrachée aux Ottomans par les Vénitiens, a passé par les mains des Français et des Russes, pour tomber enfin au pouvoir de la Grande-Bretagne, qui, grâce à cette possession, domine la mer Adriatique et Archipel.
Placées, à l'exception d’une seule, dans la mer Ionienne des anciens, à l’ouest de la péninsule orientale, soumises à l'influence des zéphirs doux et pluvieux, ces îles jouissent d’un long printemps et d’étés modérés. Toutefois les vents y amènent des changements subits. Le sol est généralement rocailleux et aride; mais là où il se trouve un peu de terre, les oliviers, les orangers, les citronniers, les figuiers y étalent sans interruption leurs fruits, leurs fleurs et leur feuillage. On fait dans plusieurs endroits la vendange quatre fois l’année, et l’on cueille des giroflées et des roses en abondance au cœur de l'hiver. |
Corfou, l’ancienne Corcyre, la plus septentrionale de ces îles, en est en même temps la plus grande et la plus importante. Elle est traversée par une chaîne de montagnes qui s'étend du nord au midi, et dont le sommet, nommé San-Stephano, ne dépasse guère 460 mètres. Elle a environ 15 lieues de longueur sur 7 dans sa plus grande largeur, et renferme au delà de 70,000 âmes. Nulle part l'olivier ne devient plus beau, mais l’huile est âcre. Cette île fut longtemps considérée comme le boulevard de l'Italie contre les Tures. La capitale de l'île et de la République porte aussi le nom de Corfou, et occupe l'emplacement de l'antique ville de Corcyre, sur un promontoire de la côle orientale. Cette ville n'offre de
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