DE LA
Tableau historique et moral de l’Inde,
La preuve historique :le la haute antiquité de la civilisation indienne, la plus forte, la plus décisive, c’est l'identité du système religieux et politique desIndiens aux siècles d'Alexandre et des Ptolémée, avec celui que nous offre l’Indostan moderne. La division par castes, institution essentielle et fondamentale, existait déjà. Pouvait-elle exister sans la religion de Brahma, sans les lois de Manou? Les circonstances les plus extraordinaires et les plus bizarres prouvent que l’ensemble des superstitions hindoues existait déjà au siècle d’Alexandre. Les Macédoniens y trouvèrent toutes les espèces les plus remarquables de fakirs, ou religieux, qui ont frappé les yeux étonnés des voyageurs modernes.
Les Bayadères, attachées au service des temples, existaient déjà; teurs inspecteurs les rassemblaient au son retentissant d’un instrament d’airain, et la coutume qui livrait à la lubricité publique ces victimes de la superstition est vaguement retracée par un des compagnons d’Alexandre. L'usage qui condamne les veuves à s’immoler sur le tombeau de leurs époux, ainsi que l'emploi des anneaux d'ivoire, des parasols et des babouches de cuir blanc, distinguaient les Indiens avant le commencement de l'ère vulgaire.
ill. i
Les institutions religieuses et politiques de l'Indostan moderne pa= ‘aissent donc avoir existé, quant à leur essence, un millier d'années avant Jésus-Christ. Elles avaient déjà donné naissance à de nombreux abus, à des superstitions extravagantes ; mais dans la grossièreté même des emblemes allégoriques sous lesquels on désignait les attributs des divinités, la religion indienne portait avec elle la preuve incontestable d’une origine très-reculée.
Mais tout en admettant que les Indous sont une des nations les plus anciennes du globe, il faut nous garantir des exagérations de certains écrivains, Aucun monument indien authentique ne remonte au delà du siècle de Moïse. Leurs tables astronomiques ont été calculées en rétrogradant, ainsi que l’a démontré Laplace ; et le Surya-Siddhanta, leur plus ancien traité d'astronomie, ne peutavoir été composé qu’il y a environ huit cents ans. Le plus ancien de tous les écrits sacrés des Indiens, les Védas, à en juger d’aprés le calendrier qui s’y trouve annexé, et d’après la position du colure des solstices que ce calendrier indique, peuvent remonter à 3,200 ans, époque rapprochée de celle de Moïse. La réunion de ce peuple, depuis environ 3,000 ans, sous les mêmes croyances, les mêmes lois, les mêmes institutions, présente un phénomène d’autant plus rare, que son pays natal a été envahi par un grand nombre de hordes étrangères, attirées par le sol fertile et le caractère trop peu belliqueux des indigènes, La population de l’Indostan se compose donc de deux classes distinctes.
Les nations de l’Inde descendent ou des anciens habitants de ce pays, ou de peuples d’origine étrangère. Ceux-ci sont désignés par les véritables Indiens sous le nom de Milytch, mot qui signifie presque autant que la dénomination de barbare chez les Grecs et les Romains. Le nombre de ces peuples se monte au delà de 30, si l’on y comprend les peuplades nomades qui ont cherché un refuge dans les montagnes et les déserts. Nous nous contenterons de nommer les Tatares et Mongols, les Afghans ou Patanes, dont les Rohtllas sont une branche, fes Béloutchis, qui paraissent être venus anciennement de l'Arabie, les Malais, les Perses et paruculièrement les Guébres, les Arabes, les Juifs noirs et blancs ; sur la côte de Malabar, les Portugais noirs, descendants d’un mélange d’Européens et d'Indous, et tres-répandus sur les côtes du Décan et dans le Bengale. On a essayé d’estimer le nombre de ces étran-
noderne palier d'années le nombreux ièretè même attributs des ncontestable
ions Îles plus de certains nte au delà calculées en u-Siddhanta, 086 qu'il y a ts sacrés des | trouve analendrier inie de celle 3,000 ans, institutions, s natal a été irées par le , La populates,
s de ce pays, ir les véritasque autant is. Le nomnd les peuagnes et les
Mongols, les Béloutchis,
Malais, les
uifs noirs et
idants d’un
s côtes du
e ces étran-
gers, et on n’a peut-être pas été trop loin en l’évaluant à 10,001,000,
Les véritables indigènes du pays, ce sont les Indous. Cette race, qui s’étendait autrefois sur l'Inde entière, occupe encore les plus belles et les plus vastes parties de ce pays. Des nations indoues se sunt mêlées aux nations venues de létranger, et en ont adopté la religion et les mœurs, en tout ou en partie. Dans cette catégorie, on distingue ies 4ssamiens et les Chingalais, probablement Indous d'origine, du moins en grande partie, mais chez qui la doctrine de Bouddha ou quelque mélange étranger aura produit une différence sensible, Les Sikhs ne sont également séparés des Indous que par une croyance nouvelle et les institutions qu'elle a fait naître, Les Laquediviens, les Maldiviens, les Batniens, les Ghikers, et plusieurs autres divisions locales d’anciens Imdous, ont perdu la pureté de leur sang en se mêlant avec des Arabes et des Persans qui les ont engagés sous les drapeaux de Mahomet, La religion musulmane compte encore de nombreux adhérents parmi les colonies étrangères, tous désignés sous le nom général de Af0ors ou Maures, mis en usage par les Portugais,
Il y a enfin des peuplades indoues qui, sans se confondre avec les peuples étrangers, ont dégénéré de leur caractère primitif dans les retraites qu'ils ont choisies au milieu des montagnes et des forêts, mais qui conservent encore les traces de leur origine. Tels sont les Coucis, les Népalens, les Gônds, les Bhyls, les Kallis, et quelques autres de ces peuplades, que leur situation ou leur manière de vivre sépare de la masse civilisée de leurs compatriotes. Quelques-unes de ces tribus ont peut-être une origine très-ancienne, et même antérieure à la civilisation des autres Indous. Déjà Hérodote nous parle d’une tribu des Padæi, qui non-sculement mangeaient la viande crue, trait qui caractérise des chasseurs sauvages, mais qui même tuaient, pour les dévorer, leurs parents épuisés par l’âge ct les infirmités, ce qui ne peut être que le résultat d’une espèce de loi ou de dogme. Cette affreuse coutume se retrouve aujourd’hui chez les Bhinderwas, tribu de Gônds qui habitent les montagnes d'Omerkantak dans le Gundwana. Ils croient que c’est une action agréable à Kali et un acte de miséricorde envers leurs parents que de les tuer et de les manger lorsqu'ils sont ou trop vieux ou aitaqués d’une maladie regardée comme incurable, Suivant Le lieutenant Prendegast, qui visita cette peuplade en 1820, cet horrible festin est partagé par tous
à CHAPITRE TREIZIÈME.
les parents et amis qu’on a soin d'inviter pour la fête. Les Brddahs, dans Le de Ceylan, sont aussi accusés d’anthropophagic par le voyageur Kuvx. Les Pouranas parent d’une tribu également anthropophage qui vivait dans les forêts de l’Indostan, et qui portait le nom sanscrit de Vyada, nom qui, dans l’ancien langage, signifie les tourmentants, les cannibales, mais qu’on prend aujourd'hui dans le sens de chasseur.
Les Indous appartiennent, comme nous l'avons dit ailleurs, à la premiere variété de l'espèce humaine. Les formes de leur crâne, les traits de leur visage, les proportions de leurs membres, tout les rapproche des nations européennes, plus encore que des Persans et des Arabes; mais leur peau, presque noire dans le midi de la péninsule, n'arrive pas, même dans les montagnes septentrionales, à la blancheur et à l’incarnat européen; elle conserve toujours une teinte olivâtre.
Les langues que parlent les diverses peuplades indoues forment une des familles de langues les plus répandues; leur type le plus ancien, c’est le sanscrit, langue morte dans laquelle sont écrits tous les anciens livres indiens. Le sanscrit se rapproche, tant par ses mots que par ses formes, du zend, du persan, du grec, du latin, du teutonique ou ancien allemand, du gothique et de l’islandais. Ces traits de parenté surprennent autant par la ressemblance la plus manifeste que par leur étrrnante dissémination. Telle forme du verbe sanscrit se retrouve presque identiquement dans le latin; telle autre ne se reconnaît que dans la langue grecque. Des racines qui n’existent point dans les dialectes allemands connus sont communes au sanscrit et à l’islandais, langues séparées par un quart de la circonférence du globe. Ces restes d'un vocabulaire et d’une grammaire commune à tant de nations semblent prouver ou qu’elles descendent d’une souche aujourd’hui perdue, ou qu’à une époque reculée elles ont eu des rapports de voisinage, aussi difficiles à concevoir qu’impossibles à nier. Le sanscrit s’écrit avec 52 lettres, dont plusieurs ne peuvent se rendre par nos caructèrès; on y emploie quelques milliers de signes d’abréviations syllabiques. Harmonieuse et grave par le mélange des voyelles et des consonnes, riche en termes, libre dans sa marche, possédant un grand nombre de conjugaisons, de temps, de cas, de particules, cette langue peut se comparer aux langues mères les plus parfaites ct les plus polies.
Le pracrit, ou la langue uduucie, est parlé par les femmes dans le
dr:
les
sur
l’a éta
tam
car
lo:
re
es Brddahs, dans jar le veyageur thropophage qui nom sanscrit de purmentants, les ens de chasseur.
illeurs, à la precrâne, les traits it les rapproche et des Arabes; ninsule, n’arrive incheur et à l’invâtre.
ndoues forment type le plus anrits tous les anar ses mots que 1, du teutonique raits de parenté ste que par leur crit se retrouve e reconnaît que dans les dialecl’islandais, lanlobe. Ces restes de nations semujourd’hui per-
ts de voisinage,
scrit s'écrit avec Caractérès ; on
abiques. Har-
Jnsounes, riche
ombre de con-
le peut se com
Jolies.
aimes dans le
Ye
drame de Sakontala: tandis que les hommes parlent sanscrit. On peut comprendre sous cette dénomination tous les dialectes vulgaires, dont le savant Colebrooke pense avoir déterminé les dix souches principales : savoir : 4° le soraswata, parlé anciennemeu dans le Pundijab, sur les bords d’une rivière de ce nom ; 2 le canyacubja ou le dialecte de Kanodje, souche de l’hindi moderne d’où est venu, par mélange aver l'arabe. l’indostany ; 3° le gaura ou le dialecte de Bengale, dont Gaur était la capitale; 4° le marthila, parlé dans le Tirhout, vers le Népaul, peu différent du précédent; 5° l’ufcala, dans la province d'Orissa; Ge le tamla où tamoul, langage du pays de Dravira proprement dit, ou de la péninsule au sud du Krichna ; 7° le maharashtra où mahratte, qui, outre d’autres mélanges, contient des mots d’une langue inconnue; 8 le carnataca, parlé dans l’ancien pays du même nom ; 9° le telinga, anciennement nommé calinga, usité dans le Telingana; et 40° le gurjara, on le dialecte du Guzerate. Ces langues doivent avoir appartenu à autant de nations distinguées par leur civilisation; mais l’énumération des dialectes n’est pas complète; le pundjabi et le langage de madurah ne sont pas les seuis dialectes qu’on peut y ajouter.
On indique encore le magadha comme une ancienne langue de l’Indostan; c’est le dialecte ancien de Béhar, où naquit Bouddha. Les pritres de ce prophète déifié paraissent l’avoir parlé, et c’est presque indubitablement la langue pali ou bali des Ceylanais et des Birmans. Le païsachi, qui paraît identique avec l’apabransha, est, selon les uns, un jargon créé par les poëtes, et qu’ils ont mis dans la bouche des étrangers; selon les autres, ce serait le langage des tribus des montagnes, sorties d’une origine différente de celle des Indous; circonstance qui fait vivement désirer aux historiens et aux géographes des éclaircisse= ments ultérieurs.
La nation indoue est encore divisée, comme dans l'antiquité, en quatre castes ou dchadi; chacune a des priviléges, des fonctions et des lois particulières; plus la caste est élevée, plus les restrictions sont multipliées et les prérogatives honorables ; la quatrieme caste a le moins de lois à suivre, mais aussi elle a peu de considération et de droits. Chacun. reste invariablement dans la caste où il est né et en pratique les devoirs, sans jamais pouvoir s'élever à une caste supérieure, quels que soient son mérite et son génie. Les peines les plus cruelles attendent celui qui
Ag
nr ele os
A Done TI TT
voudrait se soustraire même aux règles les plus absurdes que lui prescrit la loi de sa caste. L’Indou sacrifie apathiquement sa santé et sa vie même à ce point d'honneur. Un Brahmane de Calcutta, tourmenté | d’une grave maladie, se fait exposer sur les bords du Gang ; il y passe quelques heures en contemplation et en prières; sans signe de vie, il | attend que la haute marée vienne l’entraîner dans les flots sacrés, et | lui donner la mort la plus sainte que son imagination puisse lui promettre, Mais une compagnie d’Anglais passe en bâteau près du lieu de cette scène; l'humanité de l’un d’eux est émue à l'aspect d’un homme qu’il croit victime de quelque accident; il fait approcher le bateau, y entraîne le Brahmane, le rappelle à la vie, et l'amène ensuite à Calcutta, Aussitôt les autres Brahmanes le déclarent infime, déchu de sa caste, et indigne qu'aucun Indou lui parle; en vain l'Anglais prouve-t-il par témoins que lui seul est coupable, puisqu'il l'avait trouvé sans connaissance ; la loi de Manou est inflexible ; il a bu avec un étranger, il en a reçu des aliments; ce crime lui fait perdre, selon les lois, tous ses moyens de subsistance ; il est frappé de mort civile; mais les tribunaux anglais ordennent à celui qui lui avait sauvé la vie de lui fournir des aliments. Abandonné de tous les sens, poursuivi de marques de mépris et d'indignation, le malheureux Brahmane traîne pendant trois ans «ue existence misérable; enfin une maladie nouvelle lui inspire le désir
de se donner la mort, et son bienfaiteur, dont la bourse est épuisée, se bre garde bien de s’y opposer. Ce trait authentique peint mieux que cent on remarques l'excessive intolérance des Indous dans l'observation des de lois des castes. Un code civil et religieux à la fois règle scrupuleuse- aus ment toutes les distinctions entre les castes, et prescrit le devoir de Lin chacune d’elles, Ce code est en vigueur depuis des milliers de siècles, o et jamais les Indous n’ont songé à en modifier la rigueur, ee
La caste la plus noble est celle des Brahmanes, c’est-à-dire des prêtres, De savants, jurisconsultes et fonctionnaires. Ils portent des vêtements par- pe ticuliers, s’abstiennent de toute nourriture animale, à l’exception de D
celle qui est offerte dans les sacrifices, et jouissent de grands priviléges; de par exemple, de ne jamais subir de punitions corporelles, de lire et d'expliquer les livres sacrés, d’être les seuls conseillers des princes. fl tu
ya des Brahmanes vishnouvites, qui se consacrent au culte de Vishnou, et des chivenites, qui adorent exclusivement le dieu Chiva. Ils ont encore
des que lui sa santé et sa a, tourmenté ze ; il y passe me de vie, il ots sacrés, et uisse lui proès du lieu de d’un homme le bateau, y te à Calcutta, a de sa caste, rouve-t-il par Sans connaisnger, il en a lois, tous ses les tribunaux ii fournir des es de mépris int trois ans spire le désir t épuisée, se
eux que cent servation des
scrupuleuse-
le devoir de
s de siècles,
> des prêtres, tements parexception de s priviléges; s, de lire et es princes. Il de Vishnou, ls ont encore
ASIE : INDCSTAN. ri
diverses classes qu'it carcourent depuis l'enfance jusqu'àla vieillesse. Les Wanaprasta hab. .:t la solitude etse livrent à la contemplation. Les Sanyassi, parvenus à une sainteté parfaite, ne vivent que d'aumôûnes, De ces deux classes sont sorties d'innombrables sectes de fanatiques, ces Djogis ou pénitents qui croient plaire à la Divinité en se mutilant le corps de mille manières bizarres, en bravant les atteintes du feu et l'intempere des saisons; ces Pandaris qui colportent dévotement l’image des parties réunies des deux sexes; ces Beraghis qu’on peut considérer comme un ordre de moines et de religieuses consacrés au dicu Krishna et à son amante Rada, dont ils célèbrent l'histoire par des chants accompagnés du bruit des cymbales. Quelques Brahmanes affectent une philosophie hardie ; les Pashandia nient l'existence des dieux, et les Sarwagina celle d'une providence spéciale. Les Brahmanes, respectables par leur science et leurs vertus, forment le plus petitnombre; la plupart de ces prêtres et sages héréditaires se livrent à l'ambition, à l'intrigue, aux voluptés; leur caractère, avili par des traits d'avarice, de bassesse, de cruauté, n’a inspiré que le mépris aux voyageurs les plus dignes de foi.
La seconde caste est celle des Cschatryas, c’est-à-dire des enfants des rois, parce qu'ils se regardent comme les descendants des anciens rois indiens ; c’est dans cette caste que doivent être nés tous les princes et grands vassaux, à moins qu'ils ne soient de la première. Les Cschatryas sont destinés à l'élat militaire ; ils sont soldats nés. A cet effet, les lois de leur caste leur défendent de contracter des mariages légitimes; mais aussi ils jouissent de grands priviléges, dont le premier est de pouvoir aspirer au trône. Dans le centre de l’Indostan, on leur donne le nom de Rajepoutes ou Radchapoutes, c'est-à-dire fils de princes ; on y donne en général le titre de Radja où Raïah à tous les chefs ou seigneurs. Dans le Déear, les chefs des Natrs sont des chevaliers de cette noble caste. L’apathie et la faiblesse des autres Indous ecèdent, chez cette caste, la place à une vaieur féroce, à une ambition barhare, rarement rachetée par de véritables vertus.
La troisième caste est celle des Vaisyas. Ses fonctions sont l’agriculture, le jardinage, l'éducation du bétail et le commerce des productionc de la terre et des objets manufacturés; son principal privilége esi \exemption de toutes les chaiges militaires. Cependant, depuis que les
princes indiens entretiennent des armées mercenaires, ils s’y enrôlent en grand nambre. Les Mahrattes sont généralement de cette caste. Lorsque les Vaisyas se livrent au commerce, surtout dans les pays étrangers ils portent ie nom de Banians.
La quatrième caste comprend les Soudras, c’est-à-dire les artisans et les ouvriers. Elle est suhdivisée en un grand nombre de maîtrises ou compagnies.
Les descendants de ceux parmi les Indous, qui, par des mariages illicites, ont dérogé aux droits de ces quatre castes ou classes nobles, sont compris dans les divisions ignobles et méprisées, appelées Burren- Sunker où Warna-Sankra, espèces de castes mixtes; elles vivent à l'abri d’une sorte d'amnistie locale, mais elles n’osent communiquer avec aucun individu des classes nobles. Encore au-dessous de ces castes hâtardes, on voit les malheureux Parties, que les Indous ont rejetés de leur société, et qui par conséquent sont obligés de vivre dans les licux solitaires, de marquer leurs fontaines par un entourage d’os d'animaux, et de se livrer aux occupations les plus dégoûtantes. En revancheils peuvent manger àe tout et entrer au service des Européens. Il ya parmi eux des subdivisions, iclles que les Harris, les Moukoas ou pêcheurs, et autres,
Laconstitution des Indous est fondée sur le brahmanisme, religion qui admet l’existence d’une triple divinité, Brahma, Vishnou, Siva ou Chiva, et d’une foule de divinités inférieures. Brahma, quoique le plus éminent en dignité, n’a point de temples et on ne lui offre aucun culte. Vischnou est le membre le plus actif de la triade; ses neuf incarnations passées constituent les époques principales dans la mythologie indoue. A ces occasions, il a paru sous les formes d'homme, de sanglier, de lion, de tortue, etc., pour rendre des oracles, détruire des géants, et délivrer la terre des maux qui l'opprimaient. Dans deux de ses incarnations, il parut comme Rama et Krischna, noms qui ont presque sup planté celui de Vischnou. Les aventures amoureuses qui ont signalé son exisicnce comme Krischna, ont fourni de nomhreux textes à la féconde imagination des poëtes de l'Inde. La dixièrne incarnation de Vischnou aura lieu dans 90,000 ans. De même que l'on donne à Vischnou les titres de conservateur et de sauveur, on donne à Siva celui de destructeur, En tant, que dieu de la destruction, Siva
a une bituel être d
ls s’y enrôlent e cette caste.
dans les pays
les artisans et maîtrises ou
des mariages lasses nobles, belées Burrenivent à l'abri niquer avec es castes hint rejetés de ans les licux le d’os d’anis. En revan- Européens. Il S Moukoas ou
religion qui tva ou Chiva, plus éminent culte. Vischrnations paslogie indoue.
sanglier, de les géants, et de ses incarrESqUE sup | ont signalé t textes à la incarnation l'on donne , On donne uction, Siva
a une classe nombreuse d'adorateurs particuliers. On le représente habituellementi sous l'aspect le plus effrayant; ‘a le figure comme un être d’une taille gigantesque, les yeux enflammés. assis sur un taureau, et avec des serpents suspendus à ses oreilles en guise d’ornements. Ses guerres avec les dieux et l’extermination des géants forment les principaux événements de son histoire qui comprend aussi quelques aventures singulièrement licencieuses. Certaines cérémonies de son culte présentent également ce caractère.
Parmi les divinités inférieures, la plus éminente est Zndra qui porte le titre de « Roi du ciel. » Mais pour conserver son rang, Indra est obligé de lutter continuellement contre les Asouras et les Raksasas, les géants ou Titans de l'Inde. On adore encore Kartikeya, le dieu de la guerre: Sourya, le soleil; Pavana, le dieu des vents; Varouna, le dieu des eaux; Yama, le saint roi qui juge les morts. Ce dernier est représenté sous la figure d’un homme vert, vêtu de rouge, et d’un aspect terrible. Djaggernât où Djaggannatha, considéré comme divinité terrestre, est célébre par la multitude des pèlerins qui accourent visiter son temple et par le culte affreux qu'on lui rend. Les fleuves de l’Inde sont aussi regardés comme des divinités, surtout le Gange dont les eaux, suivant les Indous, descendent du ciel et possèdent la vertu d'effacer tous les péchés. Certains animaux mêrne, particuhièrement la vache et le singe, sont, comme nous l'avons dit plus haut, l’objet d’un culte ou au moins d'une vénération superstitieuse. Ainsi, c’est faire une œuvre pie que de dépenser de grosses sommes pour marier des singes.
L’abstinence de toute chair et le respect que les Indous-ont pour les animaux en général, sont la conséquence de leur croyance à la doctrine de la métempsychose ou de la transmigration des âmes. Dans cesystème, les animaux sont censés être animés par les âmes humaines qui ont revêtu le corps d'une brute en expiation de leurs péchés. Le temps de leur châtiment expiré, ces imes reprendront leur premicr état. Quant aux hommes justes, quant aux fidèles serviteurs de Brahma, il existe pour leur récompense plusieurs cieux différents, tous briliants d’or et de pierres précieuses, arrosés par des fleuves limpides, et où se trou vent réunis tous les genres de plaisirs et de voluptés.
Les observances religieuses des Indous ne sont pas plus faites que
Icur mythologie pour donner une haute idée de leur sagesse. La fureur ut, pl
pour les pèlerinages est universelle. Les grandes fêtes qui se célèbrent à Hurdwar et à Djaggernât-Pouri attirent des centaines de milliers de pèlerins. Qui ne connaît la procession de l’idole de Djaggernât dont le char pesant écrase sous ses roues les fanatiques qr', en s’y précipitant, croieut trouver à la fois la mort la plus glorieuse et une éternelle félicité. Un autre mode de suicide religieux consiste à se noyer dans les eaux saintes des fleuves, principalement dans celles du Gange et à l'ile de Sagar. Les parents sacrifiaient quelquefois leurs enfants au Gange ou à quelque autre divinité afin de se la rendre propice. Mais aujourd’hui, le fanatisme a un peu diminué; nul ne se dévoue plus à l’honneur d'être écrasé, et le gouvernement anglais a pu interdire le sacrifice des enfants sans exciter le moindre murmure. Il y a d’autres fêtes indiennes où règne le tumulte, où préside la licence, et où l’impudique Lingam est promené aux yeux de la multitude prosternée. Les ablutions et les lustrations forment une partie principale du culte brahmanique ; les images des divinités sont lavées solennellement dans les fleuves et dans les étangs sacrés. Le feu joue aussi un grand rôle dans les sacrifices des Indous.
Le spectacle le plus pénible pour l’Européen, car il dénote une véritable aliénation mentale, est celui qu’offrent les Fakirs ou Djogis. Les uns vivent quarante ans dans une cage de fer; les autres se chargent de chaînes pesantes. Celui-ci tient constamment les poings fermés pour que les ongles, en croissant, entrent dans ses chairs et finissent par percer la main d’outre en outre; celui-là se tient pendu à un arbre, jusqu’à ce que ses bras privés de vie se desséchent et perdent le Jeu de leurs articulations. Les uns font le vœu de se tenir constamment debout, les autres de se coucher sur un lit à pointes de fer. Il en cest qui regardent fixement le soleil à en devenir aveugles. On a vu de ces misérables insensés se faire enterrer jusqu’au cou, et n'avoir que le jeu des paupières pour se défendre contre les oiscaux de praie. Ce n’est pas toujours une monomanie religieuse qui pousse un Indou à se soumettre à de pareilles tortures. La vanité et l’avidité sont aussi des mobiles puissants : car l’admiration des dévots se traduit souvent par
‘ d’abondantes aumônes.
L'Inde est couverte de temples : nous en décrirons plusieurs vraiment remarquables par leur splendeur et leur magnificence : mais ces édi=
fices
nes, À peut b 2,500.
un édi mesq dans sa stat d’argi Au marq Leur Devéc ceptéc facult ple a tout à duire d’abo faveu Le com Visch leurs tive d'ur irré tabl ren aus de no set br
qui se célèbrent s de milliers de aggernât dont le s’y précipitant, ne éternelle félinoyer dans les Gange et à l’île nfants au Gange e. Mais aujoure plus à l’honterdire le sacria d’autres fêtes et où l’impudiprosternée. Les icipale du culte nellement dans un grand rôle
énote une véri- OU Djogis. Les res se chargent gs fermés pour et finissent par du à un arbre, perdent le Jeu * Conslamment fer. [l en cst )n à vu de ces n'avoir que le proie. Ce n’est dou à se souussi des mosouvent par
urs vraiment nais ces édi=
fices merveilleux sont tous l’œuvre de l'antiquité. Les temples modernes, au contraire, ne méritent l'attention sous aucun rapport. On en peut bâtir un pour 500 francs, et les plus grands ne coûtent pas plus de 2,500. Les riches Indous cherchent à se distinguer, non pas en éleva un édifice magnifique, mais en construisant un grand nombre / mesquines pagodes : ainsi une dame pieuse a fait bâtir 108 dans une plaine aux environs de Burdwan. Chaque temple Où
sa statue d’or, d'argent, ou à défaut, une figure de cuivre, de b@t ,:
d'argile.
Au nombre des personnes attachées au service des temples, marque les Devédassis, c’est-à-dire en sanscrit les servantes dela divinité, Leur nom de Bayadères vient du Portugais Balleideras ou danseuses. Les Devédassis sont prises dans toutes les castes, la classe des Parias exceptée. Quelquefois cette vocation est obligatoire, d’autres fois elle est facultative. Une jeune fille destinée à cette profession doit venir au temple avant d’être nubile. On lui apprend à lire, à écrire, à chanter et surtout à danser. La Bayadère apprend tout cela pour plaire et pour séduire; car tel est son métier. Il faut qu’elle plaise aux Brahmancs d’abord, ses possesseurs de droit, puis au public, à qui elle vendra ses faveurs au profit des Brahmanes.
Le caractère exclusiviste qui est essentiel au Brahmanisme n’a pas complétement empêché la formation des sectes distinctes. Ainsi les Vischnouvites et les Sivites, diffèrent dans l’objet de leur culte et dans leurs cérémonies religieuses. Les discussions entre les deux sectes relativement à la prééminence de leurs cultes respectifs sont quelquefois d'une extrême violence. Les Vischnouvites mènent une vie errante et irrégulière, à peu près comme les Bohémiens. Les Djainas, sont de véritables hérétiques. Au lieu d'adorer un ètre suprême unique, ils adorent des mortels élevés au rang de dieux ; mais leur vie est régulière et austère. Les Boudhistes ne sont aujourd’hui répandus que dans le nord de l’Indostan et dans l'île de Ceylan ; nous parlerons de leur culte quand nous décrirons le Thibet. Le Nanékisme est professé par ies Sikhs. Les sectateurs du Mahométisme sont nombreux dans les diverses parties de l'Inde. Quant au Judaïsme et au Christianisme, ils ne comptent qu'un nombre imperceptible de croyants, et ils font d'ailleurs peu de progrès. Les mariages chez les Indous se contractent pour les filles entre 7 et
eSémin?