ÉTATS INDÉPENDANTS
Seindia 4 + + + + + + + + + + : 4,000,000 Sikhs + + + + + + + + + + + 3,000,006 Népaul + 4 + + + ee + + + + 2,069,006 Cachemire et autres districts soumis aux Sikhs 1,000,000 TE RO ST 1,000,000
Les revenus de l'Inde anglaise se sont élevés, pour l’année 1834-35,
à la somme de 347,719,100 francs; les charges se sont élevées à 361,802,850 franes, dont 54,071,700 pour les intérêts de la dette. Ainsi, le déficit a été de 14,083,750 francs.
* La conquête et la domination d’un pays aussi vaste et aussi peuplé que l'Inde par une nation aussi éloignée et aussi inférieure en population qu'est l'Angleterre par rapport à l’Inde, est un spectacle unique dans les annales de l’histoire. Cependant la soumission est complète, et depuis une trentaine d'années, généralement pacifique. Ce phénomène tient à des circonstances qu'il serait trop long d’énumérer, La plus essentielle sans contredit est cette passivité caractéristique de l'indou qui fait qu’il accepte tous les jougs, pourvu qu’on ne fasse pas violence à sa foi et qu’on respecte ses anciennes coutumes. Le nombre d’Européens qui suflit à maiutenir la domination anglaise ne dépasse pas 30,000. Mais il faut ajouter à ce chiffre une armée d'environ 250,000 sepoys ou cipayes, c’est-à-dire de soldats indous, come mandés par des officiers anglais.
Dans le principe, le gouvernement anglais a été un véritable fléau pour lanation indoue. Les aventuriers militaires qui furent d’abord chargés de l'administration du pays, ne se proposèrent qu’un seul but, celui de s'enrichir le plus promptement possible. Leurs exactions furent telles que des multitudes de cultivateurs abandonnèrent les territoires de la Compagnie et que de vastes contrées, naguère couvertes de riches moissons, furent transformées en djungles et devinrent la demeure des bêtes féroces. Mais depuis le commencement du siècle, l'Angleterre a fait de louables efforts pour changer un état de hoses aussi déplorable. Aujourd’hui surtout, un esprit plus libéral préside à l'administration de l'Inde britannique, et l'Angleterre en re-
cueille les fruits. La masse de la population indoue vit plus heureuse et Mile 4
plus tranquille que sous ses princes indigènes L'agriculture s’y déve. loppe, la richesse augmente, et les charges imposées au pays en devien: nent plus légères. L'arbitraire à fait place à la loi; ct la justice est égale pour tous.
Quelle sera la durée de cet étrange empire? c’est Ià uge question à laquelle il est bien diflicile de répondre, Quelques personnes se figurent qu'un beau jour, toute la nation indoue se lévera pour réclamer son indépendance nationale, et pour rétablir le trône des monarques indiens. Mais c’est là une vis on tout à fait chimérique. Les idées de patrie et d'indépendance sont tout à fait étrangères aux Indous. Le sol. dat indien se bat pour gagner sa paie ou dans l'espoir du pillage; il défendra celui dont il mange le pain, et par conséquent le gouvernement anglais, contre ses amis ct sa famille elle-même. Lorsque les cipayes se sont livrés à quelque acte d’insubordination, c’est toujours une question de paie qui en a été l'occasion.
Le fanatisme religieux, a la vérité, pourrait jusqu’à un certain point tenir lieu de sentiment national. Il faut avouer que l'esprit de prostlytisme qui anime le clergé anglican et surtout les méthodistes, à parfois causé quelques désordres : mais le gouvernement anglais a eu la prudence de modérer leur zèle trop ardent. L'expérience de ces derniers temps a démontré que pour faire pénétrer le christianisme parmi les populations indiennes, l'action des missionnaires catholiques est plus efficace que celle des ministres méthodiques et anglicans. Le gouvernement anglais a eu la bonne foi de le reconnaître, et il a compris qu'il était de son intérêt de favoriser cette action civilisatrice ou, du moins, de ne pas l’entraver. A l’aide de la protection accordée à nos missionnaires par ce gouvernement, la lumière commence à se répandre et à pénétrer dans les esprits, les préjugés s’affaiblissent, et les obstacles insurmontables qu'avait opposés jusqu’à présent la distinction des castes ne sont plus unebarrière que l’on ne puisse espérer de voir disparaître.
Le véritable danger pour la domination anglaise dans l'Inde, réside ailleurs. Un voyageur anglais, lord Valentia, signale comme une cause prochaine de décadence, l'accroissement rapide et étonnant de I: caste des métis, descendants de pères européens et de mères indiennes, caste déjà fort arrogante au Bengale, et qui semble prétendre à de grands droits politiques. Un voyageur français, Victor Jacquemont, pense que
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l'Inde aura à peu près le sort de l'Amérique du nord. 1 croit que les Européens fixés au Bengale, et surtout les officiers européens de 1 -mée, tentcront de secouer le joug de la métrepole. Ces causes sont graves en effet : mais on ne songe pas à une chose; c'est que le gouvernement anglais est entré dans la voie de la liberté commerciale, et que ce seul fait implique la transformation volontaire et successive de son système colonial. Il comprend qu’une colonie ne vaut que comme débouché, ct, en ce sens, peu lui importe de posséder ou de ne pas posséder le pays avec iuquel l'Angleterre fait ses échanges. Quant à nous, hous sommes convaincus que la Grande-Bretagne prendra elle-même l'initiative de l'émancipation progressive de ses colonies. Le système colonial est condamné par la science; la pratique démontrera que le commerce avec un pays libre est plus avantageux que le commerce avec un pays occupé, car il donne autant de bénéfices, et il n'a pas les mêmes charges à supporter. L'indostan deviendra donc un pays couvert de colons européens mêlés avec les indigènes, se gouvernant lui même, sous l'influence prépondérante des premiers, et commerçant avec toutes les nations du globe,