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Indostan,
Afin de mettre plus de clarté dans notre description topographique de cette vaste contrée, nous la diviserons er einq régions, orientale, occidentale, septentrionale, centrale, et méridionale. Chacune de ces régions sera l’objet d’une section particulière : une sixième section contiendra la description de Ceylan et des petites îles qui dépendent gégraphiquement de cette partie du continent asiatique
SECTION 1re, — Région orientale.
Cette région comprend les provinces qui appartiennent à la présidence de Calcutta. Cette présidence constitue en réalité un vaste em: pire qui s’étend sur tous les pays qu’arrosent le Gange e: la Djumna, «1 embrasse les territoires du Bengale, du Béhar, de Bénarès, d’Aoudh, d’Allahabad, d’Agra, de Delhi et de l’Orissa. On évalue à 220,000 milles anglais carrés la surface totale de ces pays, et leur population à 40 millions d’àmes. Dans cette présidence, la justice est distribuée par 40 cours inftrieures établies dans les villes principales, par 6 cours d’appel et par une cour suprême qui réside à Calcutta.
Le Bengale proprement dit, est une plaine d’alluvion qu’entrecoupent les nombreuses branches du Gange et du Brahmapoutre. Le sol est entièrement composé de sable et d'argile ; on ne trouve pas un rocher, pas même une pierre, jusqu’à 150 lieues au dessus de l'embouchure du Gange. Pendant la saison des pluies, c’est-à-dire de juin à septem-
bre, tout le pays est inondé. Aussi la quantité de riz qu'on y récolte estelle immense- La canne à sucre y prospère également; mais les autres produits de TInde y réussissent moins bien que dans les provinces supérieures. La navigation qui a lieu sur le cours du Gange occupe près de 300,000 individus. Les barques innombrables qui le sitlonnent
sont principalement chargées de riz et de sel pour l’approvisionnement des villes de l’intérieur.
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Le Gange, en se jetant dans la mer par huit larges bras, donne naissance à un labyrinthe de courants et de criques, à travers lesquels la navigation est difficile et même dangereuse. Les terres qu’entrecoupent ces innombrables canaux n’ont jamais été soumises à une culture régulière : elles forment un vaste désert, couvert d’épaisses forêts. Elles contiennent aussi des marais salants qui donnent une prodigieuse quantité de sel. Les principaux bras par lesquels le fleuve se décharge dans la mer, paraissent avoir éprouvé, dans le cours des siècles, de nombreuses modifications : aujourd’hui, le seul qui soit navigable pour les gros navires est le bras le plus occidental, auquel on donne le nom d'Hougly.
C’est sur la rive gauche de cette branche, à 30 lieues de la mer, que s'élève Calcutta, la capitale de l'empire britannique dans l’Inde. Quelques misérables cabanes dans un marais boisé, voilà ce qu'était Calcutta en 4696, époque où Aurengzeb permit aux Anglais d’y établir une factorerie et d’y construire un fort pour la protéger. En 1757, lorsque la ville fut prise par le soubab Surajah Doulah, elle ne comptait encore que 70 maisons anglaises. Mais lord Clive, devenu maître du Bengale, érigea Calcutta en capitale de cette province, et y fit construire une citadelle, appelée fort William, qui a coûté 50 millions : cette citadelle est trèsforte; mais il faut au moins 10,000 hommes pour la défendre. Depuis lors, la prospérité de Calcutta a été sans cesse en croissant, et à ceile heure on évalue sa population à 600,000 habitants. Aux environs, la population est également très-pressée; car, dans un rayon de 8 lieues, on pense qu’elle dépasse 2 millions. La ville anglaise ou faubourg appelée Chaourindji, se compose de 4,500 maisons. Quoique bâtie en briques, cette ville offre un aspect grandiose. Les maisons sont belles et revêtues à l'extérieur d’une couche de plâtre; elles sont toutes isolées les unes des autres. Le voyageur qui remonte le fleuve est frappé de la multitude d’élégantes villas qui s'élèvent aux environs. La Ville Noire, habitée par les indigenes, est beaucoup plus considérable que le quartier des Européens : mais elle consiste généralement en misérables chaumières d'argile et de bambous. Le palais du gouvernement qu’habite le gouverneur général de l’Inde, est un édifice remarquable par sa beauté et par son étendue : il a coûté des sommes immenses. L'hôtel des 1ouanes occupe l’emplacement de l’ancien fort bâti par les Anglais