ROCHES ARGILEUSES
bancs appelés roches et lambourdes sont d'un tissu moins serré et semi-compacte, et les assises inférieures fournissent den moellons ou calcaires grossiers et terreux.
Les véritables variétés terreuses sont appelées craies, La craie blanche, avec laquelle se fabrique le blanc d'Espagne, est un type du calcaire pur et terreux. La craie tuf au, exploitée dans la Touraine et dans le Nord, est une variété remarquable» facile à couper et à tailler au sortir de la carrière , et qui ao» quiert, en se desséchante Tair, une consistance suffisante pour composer une bonne pierre de construction.
Les marnes, mélanges de calcaire et d'argile, sont des roches tendres, plus ou moins délayables, qui réunissent les carao* tères minéralogiques des deux éléments.
Roehes argllevses. — Les argiles sont des silicates d'alu-^ mine, généralement impurs, qui présentent des caractères trèsdifférents suivant leur position géognostique.
Les argiles anciennes sont indélayables dans Teau, indélitables à Tair, et présentent une structure feuilletée ; à cet état elles constituent ce que Ton appelle le schiste argileux, dont l'ardoise est la variété la plus complète dans ses caractères.
Les schistes argileux sont de couleurs variées , le plus souvent d'un gris bleuâtre, violacé ou verdâtre ; il en existe également de bruns, de rougeâtres et de noirs. Souvent surchargés de quartz et de mica en particules à peine discernables, ils semblent être le produit sédimentaire le plus léger, résultant de l'érosion et de la décomposition des roches granitiques. Ces roches sont généralement stratifiées en bancs de peu d'épaisseur et très -feuilletées parallèlement à leur plan de stratification. Elles sont quelquefois à feuillets contournés.
Les schistes argileux sont tendres , faciles à rayer et à casser, lorsqu'ils ne sont pas surchargés de quartz.
Après les schistes argileux, viennent les argiles schisteuses, roches analogues mais qui se délitent par une exposition plus ou moins longue à l'action de l'eau ou de l'air humide.
Les argiles proprement dites sont des roches tendres et
déiayables dans Teau, avec laquelle elles font ane pâte facile à mouler, à étirer et à façonner. Soumises à la calcination. elles deviennent dures et indélitables , propriété qui a donné naissance aux arts céramiques. Les argiles sont colorées en jaune ou en rouge, en gris verdâtre ou noirâtre ; on les classe d'après leur pureté et leur aptitude à donner des produits plus ou moins parfaits.
he kaolin ou terre à porcelaine est l'argile la plus pure. Il est blanc, souvent mélangé de quartz dont il faut le débarrasser par le lavage, et provient généralement de Taltération des feldspaths. Cette argile est infusible et donne , par la calcination, des porcelaines dures et translucides.
U argile plastique, lorsqu'elle est pure, est également blanche, mais, généralement plus hydratée que le kaolin (elle contient de 12 à 14 pour 100 d'eau) ; elle donne , après calcination, une faïence opaque qui n'a ni«la dureté ni la translucrdité de la porcelaine. Lorsque la pureté des argiles est altérée par le mélange d'autres bases que l'alumine, telles que les oxydes de fer, la magnésie, la chaux, etc., elles deviennent fusibles, tandis que celles qui sont pures sont réfractaires. On peut donc distinguer dans la série des argiles plastiques: les argiles blanches ou terres à faïence ; les argiles grises simplement colorées par un peu de carbone, parmi lesqiielles on trouve les argiles réfractaires pour les usages métalluigiques; les argiles fortement colorées qui, bien que très-plastiques, ne peuvent fournir que des poteries rouges et des briques fusibles à des températures plus ou moins élevées ; enfin, les simples terres à briques qui forment le dernier degré de l'échelle. Les dépôts limoneux dans lesquels le principe argileux est mélangé d'autres roches divisées , sont en général propres à fournir des briques communes.
Les argiles smeciiques, ou terres à foulon , sont beaucoup plus hydratées que les argiles plastiques (elles contiennent 22 pour 100 d'eau). Lors même qu'elles sont assez pures, elles ne sont que faiblement plastiques ; leur pâte est courte ,
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peu cohérente, et ne laisse, apH;s la calcînation, qu'un r^ sidu poreux et sans consistance. Ces argilea , qui ont la propriété d'absorber tes corps gras , ont pu être employées à quelques usages manufacturiers, tels que le décatissage des draps.
■•ekes d'Ncrécatl*B. — Les roches d'agrégation , produites par l'agglomération des débris de toutes les roches préexistantes, forment la classe la plus nombreuse et la plus variée de toutes les roches sédimentaires. Leur caractère général est d-'être composées d'éléments hétérogènes, parmi lesquels on peut distinguer la nature des roches agglomérées lorsque les fragments sont assez gros. L'échantillon figure 15
est un exemple dans lequel se trouvent agglomérés des fragments de granités, de divers porphyres et de quartz.
Ces roches reçoivent des noms différents suivant la nature ou la grosseur des éléments qui les constituent. Ainsi, l'on donne exclusivement la dénomination de grauwackes, aux premiers dépôts, composés des débris des roches les plus anciennes, tels que granités, gneiss, quartz, feldspath» et micas. Dans les granwackes composées de gros fragments , on peut distinguer non-seulement la nature mais souvent la provenance des élé-
ments qui s'y trouvent. Dans les grauwackes fines les éléments quartzeux dominent généralement, en vertu de leur résistance plus longue à la décomposition et à l'érosion; ce sont souvent des grès quartzeux micacés. Lorsque les éléments argileux provenant de la décomposition des feldspaths se mélangent en proportion considérable aux éléments quartzeux, il en résulte des grauwackes schisteuses passant progressivement aux schistes argileux.
Cette distinction dans les caractères minéralogiques des roches d'agrégation, d'après la grosseur de leurs éléments, se reproduit dans toutes les périodes et autour de tous les groupes montagneux formés par des roches éruptives.
Les dépôts inférieurs et les plus rapprochés des montagnes qui fournissaient les matériaux aux actions sédimentaires, sont formés des éléments les plus volumineux , et comprennent des blocs considérables : on les appelle conglomérais. Après ces conglomérats viennent des couches dont les éléments, plus petits, sont tantôt composés de fragments anguleux qui constituent des bî'èches , tantôt de fragments roulés et arrondis, qui constituent des poudingues. Lorsque les éléments n'ont plus , en majeure 'partie , que la grosseur de pois et de grains de millet , ce sont des grès , dans lesquels dominent généralement les grains quartzeux que leur dureté a préservés ; puis, lorsque l^s éléments deviennent encore plus fins, ces grès se chargent d'argiles diversement colorées , et passent aux grès schisteux ou psammites.
Dans les terrains anciens, les limons argileux produits parles derniers dépôts des eaux sédimentaires sont représentés par des schistes, tantôt indélayables comme le schiste argileux, tantôt délitables à l'air comme les argiles schisteuses; dans les terrains plus modernes, ce sont de véritables argiles, délayables et faisant pâte avec l'eau comme les argiles plastiques ou smectiques.
Les roches d'agrégation sont les plus variables de toutes par leur coloration, leur composition, leur dureté ou leur in-
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cohérence ; mais elles empruntent la plus grande partie de leurs caractères à ceux des masses minérales dont elles sont, en quelque sorte , les émanations sédimentaires.
Ainsi les grauwackes rappellent tous les caractères des ro* dies anciennes; les conglomérats et grès bouillers, variétés de grauwackes, sont formés des débris des bassins graniti* ques au fond desquels ils sont stratifiés et principalement de quartz. Autour des massifs montagneux , dans la composition desquels les porpbyres jouent un rôle important , se trouvent les conglomérats porphyriques et les grès rouges ferrugineux ; autour des montagnes serpentineuses, les * conglomérats ophioli tiques ; enfin, autour des massifs volcaniques, les conglomérats, les brèches et les tufs trachy tiques ou basaltiques forment en quelque sorte une ceinture sédimentaire.
C'est d*après la même loi que les sables et cailloux roulés d'une vallée résument la composition des massifs montagneux auxquels ils ont été arrachés.
Caraetères de la stratification. — Si les roches sédimen* taires sont déjà nettement caractérisées par la composition que nous venons de définir , ^Hes ne le sont pas moins par leurs formes stratifiées.
La stratification n'est pas seulement la disposition sous forme de couches , elle se trouve encore indiquée par une multitude de circonstances. Toutes les variations de couleur, de structure, de dureté que présente une couche, ont lieu suivant des plans parallèles aux plans supérieurs et inférieurs qui la limitent. Ce caractère est tellement prononcé» que lorsqu'on exploite , pour des usages de construction , des roches calcaires ou quartzeuses , les maçons et appareilleurs reconnaissent au premier coup d'œil le lit de carrière de ces roches, c'est-à-dire le sens de leur stratification, et superposent les blocs suivant ce sens, sachant bien qu'ils présenteront ainsi plus de stabilité et plus de résistance.
Lorsqu'il aborde une carrière ouverte dans des roches stratifiées, l'observateur saisit d'un même coup d'œil ses caractères
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minéralogiques et sa stratification. Il sait que cette roche présentera des clivages dans le sens de cette stratification. S*il cherche un fossile, une impression végétale, c'est dans un de ces clivages qu'il devra le rencontrer ; si ce fossile a des dimensions un peu grandes, il sera couché sur son plan de dépôt suivant les lois de la pesanteur, c'est-à-dire les plus grands axes à peu près parallèles à ce plan ; il en sera de même des galets ovoïdes ou plats, qui, n'ayant pu se déposer sur champ ou se tenir sur leur grand axe , se seront placés à plat comme ils se placent encore sur les bords de la mer.
En examinant les couches superposées et alternantes mises à nu par une excavation, on voit encore que les couches inférieures sont nécessairement plus anciennes que celles qui les recouvrent ; que dans une même assise , dans un même banc, les parties inférieures du mur sont antérieures aux parties supérieures du toit, de telle sorte qu'un fragment clivé dans un de ces bancs, représente une époque particulière, souvent caractérisée par un lit de coquilles, de plantes fossiles on par tout autre indice particulier qui peut résulter des variations minéralogiques de la roche. *
Nous avons précédemment examiné le phénomène de la sédimentation dans les détails des dépôts qui en sont résultés, jetons un coup d'œil sur son ensemble.
Le siég(3 principal des dépôts sédimentaires, c'est la masse des eaux de la mer qui couvre aujourd'hui les trois quarts de la surface du globe. Il n'y a aucune raison de penser qu'à aucune époque géologique , cette masse ait embrassé un espace plus restreint; il est probable, au contraire, que l'espace recouvert par les eaux marines était plus considérable dans les premières périodes, et que les terres émergées ont été toujours s'accroissant et se compliquant dans leur structure par des soulèvements successifs.
A toutes les époques géologiques, les eaux et, par conséquent, les dépôts sédimentaires, ont donc couvert plus des trois quarts de la surface terrestre.