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ACTION DES EAUX

est de former les bassins hydrographiques distincts dans lesquels tous les cours d'eau se rendent à un fleuve principal. Le tracé de toutes ces artères donne , en outre, une première idée des pentes de la contrée.

Les bassins hydrographiques sont encaissés dans leurs parties supérieures par les montagnes les plus élevées, tandis que leur partie inférieure est formée par un sol faiblement accidenté ou par 'des plaines basses dont le niveau s'incline insensiblement jusqu'à la mer. Un grand bassin hydrographique qui comprend toutes les eaux affluentes dans un fleuve principal , se subdivise lui-même en bassins hydrographiques secondaires; ce sont ceux des rivières affluentes, composés eux-mêmes de bassins latéraux qui contiennent les cours d*eau de troisième ordre. En suivant ainsi les subdivisions, on arrive aux premiers cours d'eau qui sillonnent les versants les plus élevés, et que Ton désigne sous la dénomination de torrents , à cause de la rapidité de leurs pentes et des inégalités du volume de leurs eaux.

Les cartes présentent ainsi deux sortes de lignes toujours essentielles à étudier. Les lignes d'eau qui indiquent les parties les plus basses des vallées, c'est-à-dire les lignes d'intersection de la partie inférieure des plans formés par les versants, c'est ce que Ton appelle les thalvwgs ; en second lieu , les lignes de faite ou lignes de partage des eaux , marquées d'une manière moins précise , mais faciles à tracer approximativement entre les cours d'eau qui suivent des directions opposées. Ces lignes de faîte, formées par l'intersection de la partie supérieure des versants, séparent les vallées dont les eaux marquent les thalwegs ; elles sont indiquées par les points culminants, et désignées sous les dénominations de lignes de faîte , crêtes ou arêtes de partage.

Les points culminants des lignes de faîte sont des observatoires naturels , du haut desquels on peut étudier le relief et la constitution géologique d'une contrée. Ils servent de points de repères pour la triangulation des cartes , c'est-à-dire

iO PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS.

pour l'établissement des points fixes, et Ton inscrit souvent à côté de la projection de leur configuration, leur altitude mesurée soit avec le baromètre soit avec les instruments géodésiques.

Les points les plus élevés d'une contrée se trouvent naturellement situés sur les lignes de faîte qui séparent les bassins hydrographiques principaux, c'est-à-dire ceux des plus grands fleuves,

Poftlllon des eols, — Pour passer d'une vallée dans une vallée voisine , comme pour passer d'un bassin hydrographique dans un autre , il faut traverser les lignes de faîte qui les séparent. Or, une ligne de faîte présente des points minimum, c'est-à-dire moins élevés que les autres. Ces dépressions sont ce que l'on appelle des cols.

Lorsqu'il s'agit de traverser une ligne de faîte très-élevée et dont les découpures sont très-prononcées, telles que celles des Pyrénées ou des Alpes, on reconnaît assez facilement les cols, car ils présentent de profondes échancrures. Les célèbres routes du mont Cenis, du Saint-Bernard, du Simplon, passent par les cols les plus praticables des grandes Alpes ; dans les Pyrénées. les ports de Gavarnie et du Passage sont des dépressions également très-prononcées. Mais lorsque les lignes de faîte sont peu saillantes et très-prolongées, comme celles qui séparent les bassins de la Loire et de la Seine, de la Loire et du Rhône sur une grande partie de leur contact , l'observation directe ne peut indiquer la position des dépressions, et il a fallu avoir recours à des opérations multipliées pour les déterminer. Cependant, comme la connaissance de ces cols est très-importante au point de vue du tracé des routes , des chemins de fer et des canaux, on a cherché à reconnaître leur situation d'après la disposition relative des thalwegs, et Ton est arrivé à réunir quelques observations importantes.

Un caractère essentiel que révèle l'étude des lignes de faîte, c'est que ces lignes ont la même pente générale que les thalwegs qu'elles encaissent.

POSITIO^i DS$ COLS. i 1

Il résulte de ce principe que Ton peut approximativement déterminer , dans un assez grand nombre de cas , la position des cols sur les lignes de faite.

Ainsi , que Ton suppose deux cours d'eau parallèles , coulant en sens inverse et prenant leur source en A et A'. Puisque le premier

• ^^^^- ^-iTlllifS.::'"'" *^ ^ cours d'eau prend sa

..^ , source en A, ce point A est voisin d'un point culminant, et puisqu'il coule ^'f^' '• dans le sens de la flèche,

sa ligne de faîte suit la même pente. Appliquant le même rair Bonnement au cours d'eau qui prend sa source en A' , on voit que la ligne défaite LF devra présenter une double pente vers le point â?, et, par conséquent» en joignant le point A au point A', la diagonale tracée devra couper la ligne de faîte en un point très-rapproché de la plus grande dépression , c'est-à-dire du col.

Lorsqu'un cours d'eau, après avoir suivi une direction déterminée, tourne brusquement pour en suivre une autre, c'est ordinairement parce que la ligne de faîte qui le domine se relève subitement et repousse le thalweg dans un autre sens. Ainsi, dans le cas de deux cours d'eau parallèles, et coulant en sens inverse, si l'on joint par une diagonale deux coudes en sens contraire supposés faits par ces deux cours d'eau , cette diagonale doit couper la ligne de faîte en un point rapproché d'un col.

Nous venons de supposer l'existence de deux cours d'eau parallèles et coulant en sens inverse ; supposons maintenant que deux cours d'eau parallèles coulent dans le même sens. U arrivera nécessairement un moment où cette direction parallèle cessera d'exister ; admettons que chacun des deux cours d'eau s'en écarte par deux coudes en sens contraire. (Fig. 2.) La ligne de faîte qui sépare les deux thalwegs inclinera dans le sens indiqué par la pente des cours d'eau; mais si la direction

(les deux cours d'eau a été changée , c'est qu'il y a eu un relèvement de cette ligne de faîte. En joignant les coudes des deux

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cours d'eau par une diagonale CC, on coupera donc la ligne de faîte LF, près de la rencontre des deux inclinaisons opposées que présente la ligne de faîte» et cette rencontre des deux inclinaisons opposées en x sera le point d'altitude minimum, c'est-à-dire le col.

La carte de France nous présente des exemples nombreux de l'application de ces principes.

Ainsi , pour le premier cas , nous pouvons citer le tracé du canal du Centre qui joint la Saône et la Loire, et celui du chemin de fer de Lyon à Saint-Étienne et Andresieux qui joint le Rhône à la Loire. Ces deux tracés passent par des dépressions indiquées par la divergence des thalwegs, conformément aux principes qui viennent d'être exposés comme applicables aux rivières parallèles sur une partie de leurs cours et coulant en sens inverse. Pour le second cas, nous citerons le canal du Midi , qui , de Toulouse à Carcassonne , joint les deux coudes en sens opposé de deux cours d'eau, d'abord parallèles et coulant dans le même sens, la Garonne et l'Aude.

Relief du sol. — L'étude des cartes conduit donc à apprécier, nonnseulement dans son ensemble mais encore dans tous ses détails, le relief d'une contrée. On y reconnaît facilement les pays de plaine tels que le nord de l'Europe comprenant le Danemark , la Prusse septentrionale et les vastes steppes

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