RELIEF DU SOL
de la Russie ; tels aussi que le Sahara de F Afrique et les Pampas de l'Amérique méridionale. Avec ces contrées peu accidentées contrastent déjà celles qui présentent des ondulations de quelques centaines de mètres, pays de larges vallées et de plateaux mouvementés par quelques collines, comme Ips Flandres, le nord de la France, le bassin de la Seine et la Normandie.
Le caractère montagneux se révèle par la multiplicité des cours d'eau. Quelquefois le sol présente une réunion de montagnes , presque égales entre elles , ne se rapportant pas bien clairement à aucun système central ou linéaire, et restant généralement au-dessous de mille mètres. Telle est la Bretagne, où les lignes de faîte ont un caractère sinueux et indécis et où les cours d'eau sont trop nombreux pour atteindre des volumes considérables.
Les parties les plus élevées prennent au contraire des caractères plus précis. Tantôt ce sont des groupes de montagnes^ comme les monts Dore, le Mezenc et le Cantal, qui dominent les accidents subordonnés du grand plateau central de la France, et autour desquels divergent , comme les rayons d'un cercle , les nombreux cours d'eau qui y prennent leur source. Le plus souvent, ce sont des chaînes de montagnes, dont les crêtes linéaires dominent les thalwegs des vallées principales ; telles sont les Alpes et les Pyrénées. Les grands fleuves suivent généralement par un parallélisme éloigné la direction de ces grandes crêtes culminantes , et coulent dans des vallées loii^ gitudinales qui reçoivent les eaux de toutes les vallées transversales.
Le relief de ces groupes et chaînes de montagnes atteint des hauteurs souvent considérables. Les groupes du centre de la France s'élèvent jusqu'à 1800 et 1900 mètres au-dessus du niveau des mers. Dans les Pyrénées et les Alpes, les sommités atteignent 4000 mètres et au delà , et dépassent la limite des neiges étemelles qui, pour ces latitudes, est entre 2200 et 2500 mètres. On sait que la hauteur de ces montagnes , les
li PHÉNOMÈNES SUPERFICIELS.
plus élevées de l'Europe , est bien loin d'égaler celle des sommités de la chaîne des Andes Cordillères dans l'Amérique méridionale , dont les cimes s'élèvent à plus de 7000 mètres , et celles de l'Hymalaya qui dépassent 8000 mètres.
Aetlon des eaux eoarantes. — Que l'on remonte actuellement le cours d'un grand fleuve , depuis son embouchure jusqu'aux montagnes élevées où ses artères extrêmes vont prendre leur source, et l'on observera une série de phénomènes relatifs à l'action érosive et sédimentaire des eaux.
Ces. phénomènes sont partout les mêmes et ne varient que dans les limites qui résultent de l'échelle plus ou moins grande sur laquelle agissent les eaux.
Les fleuves arrivent à la mer sur des pentes généralement très-faibles ; tantôt ils débouchent encaissés dans une large ouverture que l'on appelle un œstuaire , comme la Seine, de Quillebœuf à Ronfleur, et le Tage, de Lisbonne jusqu'à la mer; tantôt ils se divisent en plusieurs branches, sur un terrain formé par leurs propres atterrissements qui s'avancent dans la mer en formantce que l'on appelle un delta.
Dans les deux cas, le phénomène des dépôts abandonnés par les eaux est très-sensible.
Les œstuaires sont trop encaissés pour que la puissance sédimentaire du fleuve puisse les obstruer complètement ; les dépôts s'y font sur les côtés et comblent les anfractuosités latérales. Les deltas se forment dans les contrées planes , qui coupent le plan horizontal des mers sous des angles très-aigus et s'enfoncent presque insensiblement sous des mers peu profondes ; les dépôts s'y accumulent partout où passent les eaux du fleuve ; lorsque ce fleuve élevé sur ses propres sédiments vient à rompre ses digues , il se répand dans les plaines et suit un autre lit, qui ne tarde pas à s'envaser et à s'exhausser comme le précédent. Par la succession de ces envasements et de ces changements de direction, les fleuves se divisent, dans les deltas, en rameaux divergents, de manière à former un triangle ayant pour base la ligne littorale comprise entre les embou*