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FORMATION OU GRÈS BIGARRÉ

guère quelques centaines de mètres, et les moyennes indiquées par M. de la Bêche sont de 90 mètres pour le grès bigarré ; 90 mètres pour le Muschelkalk , et 150 mètres pour les marnes irisées. La formation qui est la plus sujette ^à se resserrer , est celle du Muschelkalk ; il est même des cas, notamment en Angleterre, où elle n*est pas représentée.

Lorsque le muschelkalk est ainsi supprimé, les couches supérieures du grès bigarré étant marneuses et de couleurs variées, se rapprochent d'une manière très-prononcée des caractères des marnes irisées ; ces deux formations se lient et se fondent en une seule , que les Anglais ont désignée sous le nom de new red-sand-stone and red mari. Si Ton supprimait les assises du Muschelkalk en beaucoup de points de la Lorraine et de l'Allemagne, où les parties supérieures du grès bigarré sont analogues aux marnes irisées, la stratification étant d'ailleurs concordante , le même phénomène de fusion en une seule formation se reproduirait.

Les formations du trias ont de l'importance surtout par les nombreux gisements de g}^se et de sel gemme qui s'y trouvent intercalés et qui semblent les caractériser. Il s'en faut que l'on puisse regarder ces deux substances comme leur propriété exclusive , mais la position du gypse et du sel dans les marnes irisées de nos départements de l'Est, la reproduction de ces substances avec les mêmes circonstances de gisement dans les grès bigarrés de l'Angleterre et dans le Muschelkalk de la Souabe, justifient l'intérêt que l'on a toujours attaché à ce terrain.

Formation da gréa bigarré. — Les grès bigarrés sont généralement quartzeux, à grains fins, solides, rouges, verdâtres ou blancs-jaunâtres; ils renferment des paillettes de mica, tantôt rares et irrégulièrement disséminées , tantôt abondantes et placées dans des plans parallèles à la stratification de manière à déterminer une structure fissile.

La structure de ces grès est presque massive dans les parties inférieures, qui fournissent de très-belles pierres de taille; la

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partie moyenne de la formation se compose de couches plits minces et à grains plus fins qui sont souvent exploitées pour meules ii aiguiser; dans les parties supérieures, on eti trouve de très-fissiles , que Ton emploie comme dalles et même comme pierres tégulaires.

Ces couches fissiles supérieures perdent souvent leur consistance et passent à une argile terreuse, bigarrée, qui contient accidentellement des masses de gypse ; elles affectent les teitites rouges qui dominent dans les assises inférieures, mais, pltis souvent que ces derniferes, elles présentent des taches d'un gris bleuâtre, lesquelles deviennent même assez grandes et assez abondantes pour former la couleur dominante. Enfin, ces grès supérieurs alternent avec des couches minces de calcaire marneux et de dolomie, qui sont de plus en plus rapprochées à mesure que Ton s'élève, et finissent par remplacer le grès; on entre alors dans la formation du muschelkalk.

Les fossiles végétaux sont assez communs dans les grès fissiles, on y a même trouvé des indices de lignites. M. Brongniart les rapporte presque tous au genre calamités. Les coquilles sont moins répandues ; dans les carrières de Domptai! on a cependant trouvé plusieurs bancs qui en sont pétris. Les principales sont des plagiostomes , des mélanies , des mytiles, des trigonies , des modioles , des avicules, etc.

Le grès bigarré se montre sur presque tout le pourtour des Vosges , 011 il forme des proéminences arrondies au pied des montagnes de grès vosgien. Il y a seulement quelques localités , telles que les environs de Plombières et de Sarrebruck, où le grès des Vosges, n'atteignant qu'une faible hauteur, est recouvert par le grès bigarré. Plusieurs vallées sont creusées dans presque toute l'épaisseur de cette formation , de sorte que Ton peut y étudier avec beaucoup de détail les variations de ses caractères.

Dans la contrée de Plombières et de Bourbonnè-les-Bains , le grès bigarré se montre immédiatement au-dessus du terrain de transition, et, en partie, sur le grès des Vosges. Les assises

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infërieures sont très-épaisses et presque massives , à grains fins , gris rougeâtre. Elles renferment des noyaux aplatis d'ar* gile bleuâtre ou blanchâtre , couchés dans le sens de la stratification » et quelquefois des galets de quartz analogues à ceux dU grès des Vosges , dont ils paraissent provenir; mais, outre qué ces galets sont moins nombreux que datis le grès des Vosges , le grès bigarré renferme en même temps des empreintes végétales qui servent à le distinguer. Les couches moyennes sont à grains fins, un peu schisteuses, bleues, jaunes ou rouge amarante; les couches supérieures sont micacées, très-fissiles, à feuillets quelquefois contournés, souvent peu consistantes ; entre Bains et Fontenois elles deviennent tout à fait terreuses et passent à des argiles que Ton emploie pour faire des briques.

Les grès bigarrés se montrent avec des caractères différents sur un grand nombre de points du périmètre du plateau central.

Dans la partie centrale du département de l'Aveyron, et à la jonction des départements de la Corrèze et de la Dordogne à Brives, la roche dominante est un grès rougeâtre, souvent à graiûs fins , qui contient des nodules de marne : il repose tantôt sur le granité, tantôt sur le terrain houiller. Quand il recouvre le granité , les couches inférieures sont composées de gros galets provenant du terrain sous-jacent, englobés dans une pâte ferrugineuse que Ton exploite quelquefois comme minerai. A une certaine distance des terrains anciens, le grès reprend ses caractères ordinaires , mais il y a en quelque sorte passage entre ces terrains et les grès inférieurs par la présence de grains feldspathiques. Les couches supérieures affectent des couleurs plus claires et sont plus schisteuses; elles passent à des marnes rouges, maculées de vert, qui sont associées à des couches de calcaire magnésifère et contiennent quelquefois du gypse.

Ces grès bigarrés, qui existent non-seulement sur les pentes des Ce venues et des montagnes de TAveyron, mais se retrouvent sur la pente des Pyrénées, présentent accidentellement des

veinules de cuivre carbonate vert et bleu, de cuivre oxydnlé, de baryte sulfatée. On rapporte également au grës bigarré beaucoup de gisements d'arkoses ou grès feldspathiques situés aodessus des terrains granitiques sur le périmètre du plateau central.

Formation du muaclielkalk. — Sous cette dénomination de muschelkalk ou calcaire coquiller du trias , on désigne un calcaire généralement compacte, grisâtre ou gris bleuâtre, à cassure conchoïde lorsqu'il ne contient pas un grand nombre de coquilles, inégale lorsqu'il en est comme pétri.

Ces calcaires sont souvent magnésifères ; ils le sont même quelquefois au point de présenter à l'analyse une composition identique à celle deladolomie, et pourtant leurs caractères minéralogiques différent, même dans ce dernier cas, des caractères qui lui sont assignés. Lorsqu'ils sont ainsi très-magnésifères, ils ne contiennent plus de fossiles. De véritables dolomies se trouvent vers le contact du muschelkalk avec le grès bigarré, tandis que les assises supérieures contiennent des marnes schisteuses grisâtres, qu'on voit, à niesure qu'on s'élève , prendre des teintes verdâtres plus prononcées , devenir moins schisteuses, se charger de taches rouges et passer amsi aux marnes irisées.

Les débris de coquilles sont très-abondants dans les calcaires de cette formation, comme l'indique sa dénomination. Les plus répandues sont : des térébratules, des mytiles, des ammonites, des encrines. des avicules, des plagiostomes , etc.

Autour des Vosges , une ligne courbe , qui traverse la contrée de Plombières et Bourbonne-les-Bains , se trouve bordée vers le sud-ouest de sa convexité par une suite de collines calcaires, assez escarpées, qui foi ment les bords d*un plateau presque horizontal. Cette série de collines calcaires court vers Epinal et Luxeuil , de telle sorte que le plateau , dont elles constituent la tranche, forme une ceinture autour de l'angle sud-ouest des Vosges.

Le calcaire de ces collines est en général gris de fumée, corn-

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pacte, à cassure conchoïde; il repose sur le grès bigarré, en stratification concordante, bien que des failles aient quelquefois déterminé des dispositions qui semblent anomales. La dolomie que nous avons indiquée vers le contact des deux formations , n'existe pas dans cette région ; mais les couches supérieures du grès bigarré étant marneuses, et les couches inférieures du muscheikalk étant sableuses et schistoïdes, il y a passage entre les deux formations.

Les variations des calcaires muschelkalk, bien qu'assez multipliées lorsqu'on en détaille les assises, n*ont cependant lieu que dans un cercle assez circonscrit. Les teintes jaunâtres qu'ils affectent assez fréquemment, paraissent résulter en grande partie de leur exposition à Tair, car on voit des blocs ainsi colorés présenter dans l'intérieur des teintes grises ou bleuâtres ; d'autres sont criblés de petites taches vertes. Les assises supérieures sont en général terreuses, et passent à des marnes grises, jaunâtres, verdâtres et même noires. Ces marnes sont schisteuses et contiennent des calcaires compactes comme ceux qu'elles recouvrent, tantôt en couches alternantes, tantôt en nodules accolés, dont les saillies déterminent des surfaces mamelonnées. En beaucoup de points elles sont traversées dans tous les sens par une foule de veines spathiques , qui restent en saillie lorsque la roche se décompose ; enfin elles contiennent de petites plaques de grès blanc ou ferrugineux, dont on trouve beaucoup de fragments à la surface du sol.

Ejitre Lunéville et Domptail, les couches de deux à cinq décimètres d'épaisseur de calcaires compactes , gris ou gris verdâtre , esquilleux et quelquefois terreux , sont séparées par de petites plaques marneuses , dont la destruction facile met à découvert de nombreux fossiles, adhérents aux parties solides. Dans l'intérieur de la roche compacte les coquilles ne sont pas toujours déterminables ; elles se reconnaissent à la surface des cassures, soit par des lignes courbes et brillantes, soit parce que le calcaire, qui a pris leur place, n'est pas de la même teinte que celui qui forme la roche. Certaines assises pétries I. Il

i6î TERRAINS SECONDAIRES.

d'une multitude de coquilles , la plupart brisées et couchéei dans le sens delà stratification, sont de véritables lumacbelles; d'autres présentent en certains points des coquilles dont le test a été détruit et remplacé par une matière ocreuse. On y a auisi trouvé des ossements de sauriens et de tortues.

Dans la vallée du Rhin le passage des grès bigarrés au muschelkalk, se produit par l'alternance des grès avec dei couches de dolomie, qui s'isolent ensuite et conduisent aox calcaires compactes et coquillers. Ces calcaires sont en coqches de 2 à 3 décimètres, divisées par des fissures verticales souvent remplies de calcaire cristallin ou stalactitique. On y distingue des parties cristallines qui paraissent substituées i des débris fossiles. En s'élevant dans la formation, ces calcaires compactes alternent avec des variétés un peu terreuses, puis passent à des marnes schisteuses, et à des argiles ver« dâtres qui forment les assises tout à fait supérieures. Quelques-unes de ces assises marneuses contiennent des calcaires compactes et noduleux.

Dans le Wurtemberg la formation du muschelkalk qui contient le sel gemme et le gypse , qui , dans l'Est de la France, semblent la propriété exclusive des marnes irisées.

Le muschelkalk du Wurtemberg est divisé en quatre assises distinctes. L'assise inférieure est un calcaire à couches onduleuses et courbées, gris foncé et passant, comme le musdielkalk des Vosges, au gris jaunâtre dans les parties qui sont exposées à l'air. Ce calcaire contient des veines et de petits bancs de gypse ; il alterne dans sa partie inférieure avec des marnes sableuses et passe ainsi au grès bigarré, dont la partie supérieure est marneuse. Au-dessus de cette assise se trouve l'assise salifère composée d'alternances calcaires, marneuses et argileuses qui renferment des bancs subordonnés de gypse avec des amas de sel gemme. Les calcaires et les marnes sont généralement de couleurs foncées, bitumineux et fétides; ils contiennent quelquefois des lits de silex. L'argile est également grise ou brune, mais tachée et veinée de verdâtre, de bleuâtre

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