‹ Géologie appliquéeChapitre 48 sur 100 · FORMATION DES MARNES IRISÉES · texte numérisé non relu

FORMATION DES MARNES IRISÉES

OU de rouge , et ayant le plus souvent une saveur salée. Le sel exploité en plusieurs points, forme des amas dont la pré^ sence est presque toujours accompagnée de renflements et de courbures des couches, comme s'ils n'avaient été intercalés qu'après coup ; ces amas contiennent aussi des gypses , tantôt terreux et grenus, tantôt purs et striés. Quant aux assises supérieures de la ^formation , leurs caractères se confondent avec ceux qui ont été précédemment indiqués dans l'Est de la France.

Formation des momeo Irisées. — La roche dominante de cette formation est une marne bigarrée de rouge lie de vin et de gris verdâtre ou bleuâtre , qui se désagrège en petits fragments polyédriques et ne présente aucune disposition schisteuse.

Cette marne alterne avec des marnes vertes, des argiles schisteuses noirâtres, des grès à grains fins et terreux, rougesamarantes ou gris-bleuâtres, avec des calcaires magnésifères et même des dolomies compactes ou celluleuses.

Les masses de sel qui s'y rencontrent souvent, sont rare* ment pures, elles sont ordinairement mélangées d'argile grise ou rouge. La saveur de l'argile, les sources salées que l'on en voit sortir, sont des indices de la présence fréquente du sel. Le gypse terreux et diversement coloré par les argiles, ou blanc, strié, cristallin et passant à l'anhydrite, se trouve aussi dans les marnes irisées en bancs, en veines, et même en amas, sans être accompagné du sel, dont cependant sa présence est trèssouvent un indice.

Les débris organiques sont rares dans cette formation : on y rencontre accidentellement des couches de grès et d'argile schisteuse , avec des empreintes végétales et môme des couches de carbone à l'état de lignite ou de houille qiaigre, qui donnent lieu à quelques exploitations. Dans les couches calcaires intercalées, on trouve quelquefois des débris de coquilles, analogues à celles du muschelkalk, notamment des térébratules et des plagiostomes.

Les marnes irisées forment autour de l'angle sud-ouest des Vosges une ceinture de collines parallèles à celles du muschelkalk et du grès bigarré. Ces collines, quelquefois couronnées par un grès qui appartient à la formation inférieure du terrain jurassique présentent la formation des marnes irisées dans toute son épaisseur. Des marnes feuilletées d'un gris jaunâtre, verdâtre ou noirâtre, forment la partie inférieure des marnes irisées ou la partie supérieure du muschelkalk. On rencontre ensuite des couches un peu contournées, de marnes très-argileuses . à peine effervescentes , d'un gris bleuâtre ou d'un rouge lie de vin, qui se délitent en petits fragments anguleux. On trouve dans ces marnes des rognons de gypse blanc, gris ou rose , compacte ou saccharoïde , des veines et de petits filons de gypse blanc, fibreux ; on y trouve aussi de petites plaques de grès silicéo-ferrugineux , qui, lorsque les marnes ont été délayées et emportées par les eaux, restent à la surface du sol , qui en est souvent jonché. Au-dessus de ces marnes , existe une couche de calcaire magnésifère compacte, grisâtre ou jaunâtre, sans fossiles, à cassure esquilleuse qui a ordinairement 2 ou 3 mètres de puissance ; elle est placée à peu près au milieu des marnes irisées, et comme elle conserve presque toujours cette position et ses caractères minéralogiques, elle présente dans toute la oontrée un horizon géognostique très-commode pour étudier les détails de la formation. Au-dessus de ce calcaire magnésifère, compacte et esquilleux , les marnes irisées , bleuâtres ou rougeâtres, non schistoïdes, reparaissent avec leurs mêmes caractères; elles contiennent en outre de petites couches de calcaire argileux. La partie supérieure de ces nouvelles marnes est composée de marnes vertes , qui renferment des couches subordonnées de grès quartzeux , et ces alternances arénacées conduisent au grès , Qvadersand^tein , qui forme la partie inférieure du lias.

En un grand nombre de points on trouve un peu au-dessous de l'assise calcaire qui subdivise les marnes irisées en deux

FORMATION 0£S MARNES IRISËES. 16j

parties, des marnes noires schisteuses, accompagnées d*un grès dur, micacé, bigarré de rouge et de bleuâtre. Ces schistes noirs renferment souvent une petite couche de houille exploitée à Noroy, à sept lieues nord-nord-est de Bourbonne-les- Bains, et sur quelques autres points.

Les marnes irisées contiennent du gypse dans presque toutes leurs positions ; quant au sel gemme il acquiert un très-grand développement dans la vallée de la Seille, où se trouvent les célèbres gîtes de Dieuze et de Vie. La Seille et ses affluents depuis sa source jusqu'à Pétoncourt, coulent dans les marnes irisées et c'est au-dessous des couches calcaires et des couches de grès quelquefois charbonneux , qui partagent la formation en deux étages, que Ton a découvert en 1819 les grandes masses de sel qui caractérisent cette formation dans presque tout Test de la France.

La vallée de la Seille , dans la partie qui traverse l'arrondissement de Château-Salins , a été explorée sur une longueur de 25000 mètres environ , depuis les environs de Dieuze jusqu'à Pétoncourt au delà de Vie. Suivant cette zone , dirigée à peu près est-ouest, huit puits et dix sondages ont rencontré les couches de sel au nombre de treize au maximum , dont l'ensemble représente à Dieuze une épaisseur totale de 68 mètres. Le terrain salifère s'annonce à la partie supérieure , par la présence du gypse que l'on trouve soit en petits lits stratifiés , soit en séries de nodules mamelonnés, soit en veines déliées qui pénètrent les marnes en tous sens. Ces gypses sont fibreux, compactes et cristallisés, souvent mélangés de nodules d'anhydrite. Un indice plus rapproché est l'argile ou plutôt la marne grise ou bleuâtre , salée , souvent pénétrée^ de sel rouge fibreux et de polyalithe, que l'on appelle sahtfwn. Le salzthon paraît contenir d'autant moins de parties effervescentes qu'il est plus près du sel; il renfermé une plus grande proportion d'anhydrite que de gypse.

Le sel gemme le plus ordinaire est d'un gris sale ou verdâtre, par suite de son mélange avec le salzthon ; viennent ensuite

TEURAINS SECONDAIRES.

le sel rouge , puis le sel blanc qui ne représente guère qu'un sixième de la masse totale. Toutes ces variétés sont clivables; mais les plans de clivage ont peu de continuité, ils s'entrecroisent dans tous les sens , et présentent tous les caractères d*une cristallisation rapide et confuse. Les modifications de pureté et de coloration sont d'ailleurs très-souvent séparées, suivant le sens do stratification, par des filets d'argile, dételle sorte que le sel est évidemment stratifié en couches régulière». M. Le Vallois , cjui a dirigé comme ingénieur les travaux souterrains de Vie et de Dieuze, ne paraît pas douter de la correspondances des couches do sel entre ces deux points , éloignés pourtant de j)lus de 15 000 mètres. Sans doute, l'identité d'épaisseur ne s'est pas maintenue avec exactitude (ce qui a lien mtMne lorsque les puits ne sont séparés que par 2 ou 3000 mètres), mais l'identité s'observe jusque dans les détails rainéralogiqucs des couches. A Dieuze comme à Vie, les premières couches, et surtout la troisième, sont caractérisées par la présence des nodules de polyalithe. Enfin, sous le rapport des épaisseurs, il est remarquable de voir la troisième couche identi(iue par 1rs caractères minéralogiques, primer, dans les deux cas, {)ar sa puissanct». Voici les coupes comparatives des puits (le Vie et de Dieuze.

I)IKU/K.

vie.

DILUZE.

Page 1