FORMATION DES MARNES IRISÉES
Mtde du sel est de 65 mètres , celle des argiles attenantes D'étant que de 33",70. ADieuze» l'épaisseur totale des 12 couches de sel est de 64"',60, c est-à-dire sensiblement identique à l'épaisseur totale des 12 couches connues à Vie. On connaît, m outre, une treizième couche de S*", 10 séparée de la douzième par 3"',40 de salzthon.
Les couches de sel découvertes sur une longueur est-ouest de i25 000 mètres environ , depuis le puits de Pétoncourt jusqu'au dernier puits de Dieuze, n'existent pas seulement dans cette direction. On les a retrouvées vers Abondange , à 10 000 mètres, au nord, de cette ligne, après avoir traversé 120 mètres de marnes stériles ; elles y présentaient les mêmes caractères. On les a également découvertes à Rozières-aux-Salines , ûtoé à 20 000 mètres sud-ouest de Vie.
Les marnes irisées de la vallée de la Seillc forment une espèce de golfe dans le muschelkalk et c'est dans l'intérieur de ce golfe que le sel gemme a acquis le développement considérable dont on ne confiait pas encore la limite inférieure. Ce gîte forme donc, comme certains gîtes houillers, im bassin subordonné au bassin principal. Quant aux faits géologiques qui peuvent avoir accumulé en ce point une si grande quantité de sel , ils restent inexpliqués. Une observation doit seulement être consignée : c'est que, parmi les diverses variétés de sel gemme, aucune ne contient d'iode.
La propriété salifère des marnes irisées ne se borne pas à la vallée de la Seille ; partout où cette formation affleure, dans les régions de l'est, entre les Vosges et le Jura, des sources salées et l'abondance du gypse annoncent que cette propriété est conservée, sinon au même degré, du moins d'une manière suffisante pour être productive.
Dans les recherches de cette nature , l'analogie avec les terrains explorés de Dieuze , les couches gypseuses exploitées en un grand nombre de points , enfin les sources salées , peuvent fournir de précieuses indications. La partie saliffere de la formation est partout inférieure à la couche de combustible située
dans les marnes irisées et exploitée à Gemonval, Gouhenans, Corcelles, Grozon, etc. Divers sondages entrepris avec ces données, et dans les localités où existaient des sources salées, ont rencontré le sel gemme. Ces gîtes n*ont pourtant ni la puissance ni la régularité de stratification de ceux du district de Dieuze; on pense quils forment des amas plutôt que des couches, à cause du peu de concordance que présentent les sondages les plus rapprochés.
Des obstacles difficiles à surmonter rendent d'ailleurs trèsdispendieux le foncement des puits dans les marnes irisées. Ces obstacles résultent des niveaux ou courants d*eau souterrains qui y circulent, et, comme le salzthon n'est pas complètement imperméable, les eaux font irruption dans les travaux, si on ne les surveille de très-près, et si on ne les contient par des serrements aussitôt qu'elles se montrent. Ces difficultés ont entravé les recherches de sel gemme , et conduisent à exploiter de préférence les sources salées.
Les marnes irisées présentent autour de la Forêt-Noire une identité frappante avec celles de la Lorraine et de 1* Alsace; elles sont visibles depuis Luxembourg jusque vers les limites du Jura , sur une ligne d'affleurements qui a plus de 75 lieues. Dans la Souabe , ce sont des marnes bigarrées de rouge, gris , bleuâtre , verdâtre et jaunâtre , qui , dans leurs parties supérieures, passent à des grès micacés, d'abord bigarrés, puis tendant à devenir blancs . homogènes , et conduisant ainsi au grès du lias. Dans leur partie inférieure les marnes irisées de la Souabe contiennent des amas de gj'pse grenu, saccharoïde ou fibreux, quelquefois pur, le plus souvent mélangé d'argile.
La lisière nord -ouest du Jura, depuis Vallenbourg, dans le canton de Baie, jusqu'à Villebois, sur le Rhône, au-dessus de Lyon , présente en un grand nombre do points les marnes irisées telles qu'elles se montrent autour des Vosges. On y retrouve au milieu, de la formation le calcaire magnésifère , compacte. esquilleux. Le gypse y est très -répandu , et les nombreuses
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sources salées , exploitées aux environs de Salins , sont dues très-probablement à des amas soas-jacents de sel gemme, analogues à ceux de Vie et de Dieuze.
A Northwich, près Liverpool, dans le Cheshire, le terrain salifère est composé d'alternances de marnes bariolées, grises, rouges et vertes, analogues à celles de la Lorraine, et se trouve placé au-dessus des couches du New-red-Sandstone , qui correspond à nos grès bigarrés.
Vingt-deux mines sont disséminées sur une surface d'environ 8 kilomètres de diamètre , et , dans toutes ces mines , les couches se correspondent assez exactement. Le terrain est traversé sur plus de 100 mètres d'épaisseur, et l'on y connaît deux couches de sel : la première de 20 mètres de puissance , et la seconde de près de 30 mètres; c'est en tout une puissance de 50 mètres. Celle des couches réunies de Vie et de Dieuze dépasse 60 mètres , mais elle est disséminée en 12 couches , ce qui est moins favorable aux travaux d'exploitation. Voici la coupe que présente une des mines de Northwich.
MitTM. MétvM.
Cmlcaîre marneux 5 Argilesableuseet gypsease très*
Argile ronge endurcie 3 50 aquifere 4 30
Marneargileuse rouge, micacée. 0 60 Marne argileuse 1 60
Marnerouge avec g^'pse fibreux. 2 60 Marnes bleues gypseuses. ... 8 30
Argile avec gypse.' 5 !'• couche de !^el 22
Marne argileuse micacée. ... 1 30 Salzthon , brun et rouge. ... 10
Argile avec gypxe 2 30 2* couche de sel. 30
Salzthon 5
Les terrains salifères de la France et de l'Angleterre sont complètement dépourvus de fossiles. Il semble donc que les conditions de développement du sel dans ces terrains ont été telles, qu'elles excluaient celui des êtres organiques.
Terrain Jnrasslquo.
Le terrain jurassique est parmi les terrains secondaires celui qui joue le rôle le plus essentiel dans le relief du sol de la France. Les contours de ses affleurements y dessinent les principaux bassins géologiques.
Au nord, ces affleurements tracent une vaste ellipse occupée par les dépôts crétacés et tertiaires, et dont Paris et Londres marquent les foyers. Cette enceinte, mouvementée par de nombreuses collines calcaires, se lie, vers le sud-est, aux montagnes du Jura qui ont donné leur nom à l'ensemble du terrain ; vers le sud-ouest elle forme le littoral du bassin crétacé et tertiaire de la Gironde et se contourne autour des saillies culminantes du plateau central.
Le terrain jurassique est formé de roches calcaires, d*argiles, de marnes y de dépôts arénacés siliceux, dont l'ensemble peut atteindre une puissance de 500 mètres , et qui paraît même sur quelques points dépasser 1000 mètres. Son extension et sa puissance ne sont pas les seules considérations qui le placent parmi les terrains les plus importants , c'est encore celui qui est le plus subdivisé , celui qui présente les variations minéralogiques et zoologiques les plus nombreuses et qui a donné lieu aux études les plus détaillées.
Cette instabilité des caractères du terrain jurassique parait quelquefois résulter d'altérations postérieures qu'il aurait éprouvées par suite des révolutions du globe, elle n'est d'ailleurs très-sensible que lorsque l'on compare des terrains très-éloi-^ gnés. Ainsi , toute cette vaste ceinture jurassique qui entoure le bassin de Londres et de Paris , et se prolonge dans le Jura, présente des caractères assez constants ; les modifications ne s'y produisent que graduellement et c'est seulement lorsqu'on poursuit ce terrain jusque vers les pentes des Alpes, que les caractères ordinaires sont effacés par un métamorphisme qui «emble avoir transformé toutes les roches.
Formation du Lias. — La formation du lias qui forme la base du terrain jurassique, est composée d'alternances argileuses, calcaires et arénacées siliceuses qui forment ordinairement trois étages distincts. Ijesgrès injérieurs^ \q calcaire lias ou calcaire à gryphées, et les marnes du lias.
L'étage arénacé inférieur est celui dont le développement est le moins régulier. On le rencontre en un grand nombre de points,