FORMATION ALLUVIALE
naître à que] point elles appartenaient , lors même qu'ils se trouvent dans les positions les plus anomales.
C'est que les inégalités d'un monde encore jeune n'étaient pas taillées pour une hydrographie régulière et paisible. Les ena s'accumulaient dans les dépressions , s'étageaient sur les flancs de tous les centres de soulèvement ; puis , lorsque leur érosion et leur pression rompaient leurs digues , lorsque les commotions souterraines leur ouvraient des issues , ces eaux se ruaient en transportant les débris des roches placées sur leur passage , et laissaient comme monuments de ce passage nonseulement les dépôts alluviens , mais le sillonnement du sol , l'âargissement des irrégularités primitives , c'est-à-dire les val- Ite principales et l'introduction à l'hydrographie actuelle. [^ Les tourbes appartiennent généralement à la période allu* I viale et sont la dernière expression des phénomènes qui ont !- intercalé descombustibles fossiles dans presque tous les dépôts a^dimentaires. Elles forment des couches tantôt superficielles, teitôt recouvertes par des sables et des liràons alluviens, et se • trouvent principalement dans les vallées qui ont à la fois une grande section et peu de pente. Elles sont aussi très-develop- P^ dans les régions planes du littoral des mers , dans les deltas et les lagunes. On y distingue la tourbe mousseuse formée par la décomposition de végétaux herbacés, et la tourbe feuil« l^qui comprend des débris de grands végétaux. La puissance ^ ces couches peut atteindre plusieurs mètres et leurs alternances se répéter plusieurs fois avec les sables et les limons. Lorsque les courants diluviens ont agi sur des roches qui contenaient des gemmes, des minerais métallifères, ou des métaux natifs, ces courants ont effectué un lavage dont l'homme a tiré parti. En effet, les pierres gemmes (diamants, saphirs, q>inelles, topazes, zircons, cymophanes....), étant plus dures que la plus grande partie des roches, ont pu résister à la trituration, de sorte qu'on peut aujourd'hui les exploiter par le lavage. Les minerais métallifères ont généralement moins résisté , parce que ce sont des substances aigres et qui ont peu
Uf TERRAINS TERTIAIRES PT ALLUVIENS.
de ténacité ; aussi , bien que les gisements détruits aient p être très-considérables , les débris n'en sont exploitables qii pour certaines espèces d'une dureté exceptionnelle telles qu l'oxyde d'étain, et surtout lorsque les allumions ont été pi broyées et n'ont pas subi un transport très*éloigné. h métaux natifs, au contraire, en vertu de leur malléabilité et < leur ténacité, ont pu résister à des frottements qui ont anév bien d'autres minéraux ; l'or et le platine sont dans ce cas.
C'est la destruction des puissantes masses quartzeuses i montagnes du Brésil qui paraît avoir produit les riches aU vions aurifères et gemmifères qui couvrent les grandes yaU et les plateaux peu élevés de la partie septentriomile da Çrél Ce^ alluvions, qui se retrouvent en Colombie, renferment à fois l'or, le platine, le palladiuip e];les diamants. En Califim elles contiennent avec l'or, du fer titane; des saphirs . i cymophanes et des zircons. En Europe, les alluvions de bsi coup de cours d'eau contiennent des paillettes d'or, notamm celles du Rhône, de l' Arriége, du Rhin, etc.
Les alluvions qui couvrent les pentes des monts Altaï et< l'Oural sont exploitées pour l'or et le platine , dont oa trouvé de fort grosses pépites, et récemment on y a signalé présence des diamants. Parmi les limons et les sables fiBrrng neux de ces alluvions, on remarque souvent des galets de trs| et de diorites, dont le gisement est très-bien connu dans 1 deux chaînes et qui paraissent renfermer au moins le plfttiil
Ces alluvions aurifères et gemmifères rentrent, sous le ri^^ du gisement, dans la classe générale; elles n'ont d'intérêt q par les substances particulières qu'elles renferment et dont ril ne représentent pas le véritable gisement géognostiqne , piM qu'elles les ont arrachées à des roches en place. Mais l'hoflii ne pourrait aller chercher, la plupart du temps , l'or dana k guangues de quartz et le platine dans les griihstein ; l'action i eaux, en effectuant le bocardage et un premier lavage, a ren exploitables des substances qu'il n'aurait pu s^ns ell^ se p curer en quantité assez considérable.
!• fér 4*AUovipii. — On comprend sous cette dé-
nominaiion des minerais de fer bydroxydé qui se trouvent dis-
«ëroinés dans des couches argileuses , marneuses ou sablonneu-
tn, très-rapprochées de la surface. Quelques-unes de ces
eoQches ont été considérées comme tertiaires , la plupart
appartiennent réellement à la période alluviale.
Le bassin argileuse qui recouvre le terrain jurassique dans IflBerry contient, notamment dans la vallée du Cher, des cou- «hes très-chargées de pisolites de fer bydroxydé , dont la proportion varie d'un dixième à un tiers. Ces pisolites sont tantôt ilittéminées dans la masse, tantôt réunies et agglutinées par un Mnt ferrugineux ou calcaire ; d'autres fois ce sont au con- Mk des grains quartzeux, des nodules argileux réunis par un ;. cûient d*hydroxyde assez abondant pour que la masse puisse I itm exploitée. Une partie des minerais superficiels du Niver- ), >iis, du Bourbonnais, du Bas^Rhin, sont, comme les minerais ■ da jBerry, attribués à Tépoque tertiaire ; mais il est trèsdifficile de les distinguer des minerais alluviens, car, près de ^ gites tertiaires, on trouve des gîtes alluviens provenant des Diêmes éléments remaniés. Cette distinction présente d'ailleurs P^ d'importance.
Les minerais alluviens sont, de beaucoup, les plus répandus ^ ceux qui alimentent le plus grand nombre d'usines. Ils comprennent d'abord les minerais des formations précédentes , et ^rtQut ceux du terrain jurassique ,^ transportés et remaniés par les eaux diluviennes ; ils comprennent encore beaucoup de gîtes de fer bydroxydé pisiforme, géodique, etc..., qui paraissent avoir été formés sur les points qu'ils occupent par des sources minérales.
Le fer bydroxydé alluvien se distingue des minerais hydroxydés de la formation oolitique par la grosseur généralement plus grande des grains , et surtout par l'absence de stratification. Dans beaucoup de cas, le minerai n'est que le ciment qui lie des corps hétérogènes : telles sont les brèches à ossements diluviens qui sont quelquefois assez ferrugineuses pour
iu
TERIUINS TBRTIAIBB8 ET ALLUTIEIia.
être traitées. La fréquence des principes femginenz daule* brèches alluviales est d'ailleurs un iait remarquable ; eu nonseulement les brèches à ossements accumulées dans les caTOnn présentent ce caractère, mais il a été trës-eouvent obaené dans les alluvions aurifères et gemmifères des Indes et it l'Amérique méridionale.
11 est difficile d'assigner aucune loi de gisement aux minenis d'alluvion , mais leur position superficielle en rend la rechente facile. LesmineraisremaniéssetrouventsouventdanB les mènMi contrées que les minerais intercalés , et les maîtres de for;ga n'établissent aucune distinction entre les minerais alluvieni et les minerais jurassiques ou tertiaires superficiels. Les minenis remaniés se distinguent assez facilement , en ce qae les géodci et les concrétions y sont brisées ; on y rencontre des i» BÎles antérieurs à l'époque alluvienne, défigurés, roulés, m^ langés de coquilles diluviennes et d'ossements de mammif^. Enfin, on les voit reposer indistinctement sur tous les temini. à des niveaux variables , couvrant les pentes , remplissant àt» dépressions , des anfractuosités , sans lignes de stratiBcatim bien déterminées.
La ligure 24 met n é den e une forme très-fréquente dns
les minerais alluviens que l'on trouve ainsi déposées dans les fentes et les anfrartuosités des roches préexistantes, et sans re«
MINERAIS DE FER D*ALLUVION. f|S
ations déterminées avec les dépôts alluviens ordinaires. D*au* très {oÎB, aa contraire, le minerai, disséminé dans des couches Duumeases ou sableuses , forme des couches régulières qui semblent faire partie intégrante du terrain alluvien quoiqu'elles n'en aient pas la continuité.
Les districts où les minerais de fer alluviens se montrent sur h plus vaste échelle de développement et où ils ont donné auennce au plus grand nombre d'usines, sont , en France (voir U carte à la fin du volume) :
1* Celui qui, vers la frontière, est compris entre la Sambre ÀkMoselle, et dont les minerais alimentent les fourneaux des Aidâmes, de la Meuse et de la Moselle. Ce sont des hydroxydes tt grains arrondis , en rognons , en géodes et en plaquettes , dittéininés dans les sables qui recouvrent le terrain jurassique ; hi gîtes de Saint-Pancré et d'Aumetz fournissent des minerais de qualité supérieure.
2* La plupart des gîtes du Bas-Rhin, qui consistent en argiles ^etbles alluviens contenant -des fers carbonates en décomposition et des minerais tertiaires remaniés.
3^ Une partie des minerais superficiels du Jura , disséminés ^ les plateaux, sur les pentes et dans les pentes du calcaire, ^'origine alluviale de ces gîtes est démontrée par la présence ^ débris organiques qui caractérisent cette époque ; les mi- ^^9, souvent accumulés dans les cavernes , ont comme elles «forme de longs boyaux sinueux, ayant en moyenne 10 à 13 mètres carrés de section transversale et présentant, dans le ttis de la stratification, des séries de renflements et d'étran^ lements ; ils sont souvent mis en rapport avec la surface du A par des cheminées ou colonnes verticales de minerai ayant i 8 mètres de section, orifices qui ont probablement servi à s remplir.
4* Les minerais ooUtiques disséminés dans les marnes surficielles des environs de Châtillon-sur-Seîne , et quelques les à pisolites et géodes du Nivernais. 5* A cette époque appartiennent encore tous les hydroxydes
2i6 TERRAINS TERTIAIRES ET ALLUVIENS.
en fragments . en masses compactes fibreuses , mamelonnées disséminées dans les argiles superficielles de la Charente» del Dordogne , de Lot-et-Garonne, du Lot et de Tam-et-Garonnc représentant le groupe des minerais du Périgord. Ces minerai alimentent exclusivement toutes les forges du pays. Les explo tations sont ordinairement à ciel ouvert et descendent jusqu' 20 mètres de profondeur; les minerais obtenus sont assc riches et d*assez bonne qualité pour être traités par la méthoci catalane.
6® Les sables alluviens des Landes , qui contiennent de petit gîtes très-nombreux d'hydroxydes en grains libres ou agglatmf par un ciment de même nature ; ces grains forment , par kl réunion , des rognons , des plaques mamelonnées , disséminéfl dans les sables. On a remarqué qu'au milieu des aggioroért tions de ces hydroxydes tout à fait superficiels, on trouvait tiii fréquemment des débris végétaux qui paraissent avoir étik centre des précipitations. Des minerais analogues et cloisojmfi pénètrent les parties argileuses des landes. Enfin , auniessoQi de cette formation sableuse si récente , se trouve la couch argileuse qui retient les eaux dans les landes et qui est pénétrée elle-même en beaucoup de points d'hydroxyde de ferenpl»' quelles, géodes, etc. Tous ces minerais sont exploités, etafr mentent un assez grand nombre de hauts fourneaux.
On voit, en résumé, que l'époque alluviale fut marquée, * France, par la génération d'une grande quantité d'hydroxydBi de fer. Sans doute , bon nombre de gîtes , surtout dans les ri gions du Jura, du Bas-Rhin, de la Côte-d'Or, doivent leur eé stence au remaniement de gîtes préexistants ; mais, cependiii la majeure partie doit être attribuée à l'action de sources eoi temporaines. Le tiers environ des hauts fourneaux de FnD< est alimenté par les minerais alluviens*
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