FORMATION TRACHYTIQUE
mes comme ceux qui se trouvent au sommet des cônes de ections : ils rappellent par leur disposition les cratères de iffel, et semblent indiquer qu'une vaste colonne de lave après tir percé le sol et s'être déversée sur les plateaux circonvoi- 8, se retira en laissant une dépression que les dernières ex* sions configurèrent en forme de cratère. PonMatloB traehytlqne. — La nature feldspathique des traites , leur variété , leurs formes massives , les tufs et conglorats dont ils sont accompagnés et avec lesquels ils alternent, ment à cette formation un tout autre aspect qu a la précéîte. En outre , les roches trachytiques affectent généralement e tendance à s'agglomérer pour constituer des groupes monpieux qui forment les parties les plus élevées des contrées
ils se trouvent ; disposition qui contraste avec celle des 3altes que nous avons vus tendre au contraire à se dissémir. Il en résulte un caractère de puissance et de continuité 9 distinctif pour la formation trachy tique. L'antériorité des trachytes aux basaltes est démontrée par
grand nombre de superpositions dans les contrées qui reninent le? deux formations , telles que la France centrale et
Siebengebirge. Les exceptions ne sont que des faits acientels résultant de la réappapition de roches trachyti- .es après les premières émissions de basaltes. Quant à leur e géognostique relativement à la série sédimentaire , on a igtemps regardé les émissions trachytiques comme anieures au terrain tertiaire, ainsi que cela a lieu dans la )ngrie ; mais les trachytes de la France centrale, qui recoumt et qui ont souvent disloqué les calcaires et les marnes d'eau ace de la formation supérieure , ceux des monts Euganéens, i ont traversé un calcaire grossier tertiaire, démontrent que
éruptions de cette formation se sont prolongées pendant [te la période tertiaire.
Les roches d'agrégation prennent une grande importance ns la formation trachytique, en vertu des érosions violentes prolongées que les roches directement émises du sol ont eu à
subir. Les plus anciens tufs et conglomérats alternent avec les trachytes successivement émis, tandis que les plus réoenis forment, autour des centres d'émission, une ceinture de plftteaux et de collines , qui annoncent longtemps d'avance la présence des trachytes en place.
Les divers modes d'éruption des laves trachytiques paraissent avoir été analogues à ceux que nous avons indiqués pour les basaltes anciens. Ces laves ont été injectées dans les fissures du sol , où elles se retrouvent sous forme de filons et de dykes ; arrivées à la surface, elles se sont épanchées sous forme de nappes, et surtout, en vertu de la fluidité pâteuse assez o^ dinaire aux roches trës-feldspathiques, elles se sont accumuléei au-dessus des orifices d'éruption en donnant naissance à de masses plus ou moins saillantes et surtout à des dômes, dont les dykes semblent en quelque sorte les racines.
Il n'est aucune formation ignée qui renferme autant de variélé» de roches que la formation trachytique, car, abstraction ftile de tout ce qui est roche d'agrégation, les trachytes, se présentent sous les aspects les plus divers. Aux variations illimitées de teitureet de couleur que peut offrir la pâte compacte, huileuse, scorifiée, noire, rouge, blanche, etc. , il faut ajouter celles qui penveat résulter de la grandeur et du nombre des cristaux de feldspath, de leur état vitreux, fritte, lithoïde, de leur association avec d'autres substances disséminées. Les obsidiennes et lesphonolites viennent encore augmenter la série des roches que l'on peut appeler les laves de la formation , bien que leurs formel massives aient souvent peu de rapport avec les formes de nappes et de coulées des laves modernes et basaltiques. Les roches vitreuses n'occupent en France que des gisements trèscirconscrits 5 mais les phonolites acquièrent un développement considérable et semblent , par leur âge postérieur aux trachytes et leur concentration dans des gisements particuliers , tendre à s'isoler en une sous -formation distincte.
Dans le centre de la France , le terrain trachytique forme les trois centres montagneux les plus élevés : le groupe du Cantal,
FORMATION TRAGflYTIQUE. 241
cdm des monts Dores et la chaîne du Vélay qui se termine, vers le and, par le-Mezenc. Ces trois centres montagneux résument tous les caractères de composition, de forme et de gisement que présente le terrain trachytique dans les autres contrées du globe.
Le groupe du Cantal est un cône irrégulier, surbaissé, évidé à son centre, dont la base, à peu près circulaire, occupe une surface qui a plus de 75 kilomètres de diamètre. Le groupe trachytique proprement dit occupe la partie centrale et se compose de montagnes élevées, d'où partent des contre-forts qui s'abaissent graduellement et se terminent par des plateaux plus ou moins inclinés. La hauteur absolue des montagnes centrales varie entre 1400 et 1800 mètres. Les trachytes, dont la puissance est de beaucoup inférieure à celle des roches d'agrégation avec lesquelles ils alternent, se présentent sous forme de couches, dont quelques-unes sont assez continues pour qu'on puisse les suivre pendant 600 mètres et plus, en masses isolées et en filons. A mesure que Ton s'éloigne du centre , ils deviennent moins puissants et les roches d'agrégation prennent un développement plus exclusif; mais leur nature se modifie, et l'on voit succéder aux tufs d'apparence homogène, aux conglomérats fortement agglutinés dans lesquels l'influence de l'action volcanique est souvent évidente , les roches tout à fait hétérogènes , les conglomérats de blocs trachytiques et basaltiques englobés dans un gravier ponceux. Les phonolites constituent plusieurs pics qui surgissent au-dessus des conglomérats trachytiques dans la dépression centrale du groupe , et dont le principal est le Puy-Griou. Ces pics phonolitiques , figure 29 , placés au centre des escarpements trachytiques qui encaissent les vallées principales, se présentent sous forme de pics élancés et sont considérés comme les roches dont l'éruption a déterminé la formation du cratère de soulèvement.
Le groupe des monts Dores est un cône moins vaste et moins régulier que celui du Cantal : il occupe un espace à peu près circulaire d'environ 20 kilomètres de diamètre. La masse tra-
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chytiquc qui constitue cette gibboeilé montagneuse est dW épaïa-ieur moyenne de 4 à 800 mètres elle est superposée s
un plakiu pruîulif dont la hauteur moyenne est d'environ 1000 mètres, ces.t un ensemble de plateaux sur lesqoeli ! e'élèvent des aspériti^s ordinairement formées par des trachj'lB massifs , tandis qiie les vallées et les déchirures qui les silloDnent et les séparent présentent des alternances de trachyles et ; de roches d'agrégation. Les masses les plus élevées sont disposées de même que dans le Cantal, suivant une crête demi-circulaire qui encaisse une vaste dépression qui forme la vallée des Bains. Le pic Sancy, point culminant de la crête de ce cratère de soulèvement, atteint une élévation de 1887 mètres : il p* raît lui-même le centre d'un système de dykes trachytiqna dont quelques-uns sont d'une puissance remarquable. Les pUtcaux sont recouverts par des couches très-continues de Irachytes, qui s'étendent au loin en nappes ou coulées.
Dans leCantal, les assises alternantes de trachyte.s et de roches conglomérées, qui constituent la masse principale du groupe
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sont sensiblement inclinées du centre à la circonférence, c'est-àdire suivant les pentes du cône. Dans les monts Dores, MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont ont constaté trois centres de relèvement des couches : le premier est la crête qui domine la vallée des Bains ; le deuxième , vers les grandes masses trachy tiques du Puy de la Tache ; le second est la dépression semi-circulaire au centre de laquelle se trouvent les pics phonolitiques de la Sanadoire , de la Tuilière et de la Malviale, dont les formes sont analogues à celles du Puy Griou dans le Cantal (fig. 29).
Sur le même plateau que les monts Dores , à une distance d'environ 12 kilomètres au nord de ses dernières pentes, la formation trachjrtique s'est prolongée suivant la direction déjà indiquée par la succession des deux groupes précédents, par des émissions de trachy tes -domites. Cette espèce de roche constitue quatre dômes arrondis; le Puy-de-Dôme, élevé de 1468 mètres , et les dômes beaucoup moins élevés du Sarcouy, du Clicrzou et du petit Suchet.
Ce nouveau centre trachy tique est remarquable non -seulement par l'émission exclusive des domites, mais surtout par la forme régulière et arrondie de leurs masses. Ces formes existent bien dans les monts Dores , mais point avec cette netteté de contours et cet isolement qui démontre que chacune de ces masses représente un point d'émission distinct, et indique le mode de formation par accumulation de roches très-pâteusos au-dessus des orifices d'éruption. Ces montagnes domitiques reproduisent, sous une petite échelle, les formes des grands cônes trachytiques des Andes Cordillères.
La chaîne Phonolitique du Vélay forme la limite orientale de la vallée de la Haute-Loire : c'est une zone formée de pics et de plateaux indépendants , tantôt interrompue , tantôt présentant des renflements qui , dans les groupes du Mégal et du Mézenc , atteignent jusqu'à 12 et 15 kilomètres de largeur; de telle sorte qu'on pourrait la considérer comme une série de centres d'actions éruptives, placés sur une même ligne, et rattachés les uns
Î50 TERRAINS ËRUPTIFS.
aux autres par des masses isolées. C'est ainsi que les groupes du Cantal , des monts Dores et les monts Domitiques se sont succédé sur une même ligne ; mais ce rapprochement est le seul à faire entre ces deux lignes trachytiques , dont la forme et la composition différent complètement. Vue de la vallée, la chaîne du Velay termine Thorizon par un long rideau bizarrement découpé : ce sont des pics aigus, de grosses montagnes arrondies ou terminées par des plateaux, escarpés sur toutes leurs faces , accumulées en plusieurs points, clair-semées dans d'autres. Les teintes sombres qui résultent de la nudité de ces montagnes , leurs formes hardies et variées , donnent à cette contrée une physionomie caractéristique. Si Ton pénètre dans rintérieur, on reconnaît que la chaîne se compose d'une série de masses isolées, tout à fait indépendantes et séparées par des vallées granitiques.
Le groupe principal est celui du Mézenc , qui forme la partie sud de la chaîne : c*est un système de pics et de plateaux qui s'élèvent graduellement jusqu'aux sommités centrales. Le point culminant, qui est en même temps celui de toute la chaîne, est formé par le pic du Mézenc, à 1774 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce groupe s'étend principalement vers le sud, et se termine par les montagnes du Béage et de la vallée de Sainte-Eulalie , où la Loire prend sa source. Le terrain basaltique y est développé sur une grande échelle. Le groupe du Mégal succède à celui du Mézenc. Le terrain trachytique y est plus continu, plus puissant, et n'est pas associé au terrain basaltique. Le point culminant est Testevoire, à 1447 mètres de hauteur. Ce groupe s'étend dans tous les sens par des pics excentriques très-éloignés. La chaîne se prolonge ensuite au nord par une série de grosses masses phonolitiques , dont les principales sont Eymerau, Gerbizon, Miaune et la Magdeleine , jusque par delà le défilé de Chamalières , par lequel la Loire s'échappe de la haute vallée.
Les phonolites constituent la presque totalité de la chdne, et l'étude des diverses masses qu'ils constituent, démontre qu'ils
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ont dû Caire éruption en un grand nombre de points , suivant une longue fissure dirigée du nord-nord-ouest au sud-sud-est, et qu'au-dessus de ces orifices la lave prit des formes très-diverses , suivant sa plus ou moins grande fluidité , le plus souvent 8*accumulant en dômes arrondis et en masses coniques, d'autres fois s'afiaissant et formant des masses aplaties et très-épaisses ; plus rarement, enfin, s'épanchant sous forme de nappe. L'émission de ces phonolites ne fut accompagnée d'aucune déjection ; ce qui les distingue des éruptions trachytiques des groupes précédents et justifie l'absence totale des conglomérats. Postérieurement à ces éruptions feldspathiques , les basaltes se firent jour en deux points de la chaîne (le Mézenc et la partie nord du Mégal); ils soulevèrent les phonolites , s'intercalèrent quelquefois entre eux, et s'épanchèrent à leur pied, en couvrant de leurs vastes nappes les intervalles qui séparaient les massed phonolitiques.
Dans un grand nombre de contrées, notamment sur les bords du Rhin, où elle forme le Siebengebirge , et dans la Hongrie la formation trachytique présente des caractères identiques à ceux que nous venons d'indiquer. En Amérique elle semble présenter un aspect particulier, en ce qu'elle est principalement représentée par d'immenses cônes superposés à la chaîne des Andes Cordillères.
Le Chimborazo, représenté planche II, est un de ces grands cônes trachytiques, dont le Puy-de-Dôme est en quelque sorte une réduction .
TerraiB porphyrlque,
La période des éruptions porphyriques qui correspond à peu près à la période secondaire est celle qui comprend les roches les plus variées.
Ces roches nombreuses se montrent en dykes ou masses comprises sous deux plans à peu près parallèles, qui coupent les roches stratifiées et paraissent des cassures remplies
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par des roches plus ou moins fluides; elles se montrent en masses éruplives, sorties par des centres d'émission en soolevant autour d'elles les roches préexistantes ; quelquefois, mais beaucoup plus rarement, elles ont coulé sur la surface du sol à la manière des laves, ou elles ont été injectées latéralement dans les plans de superposition des terrains sédimentaires. de manière à présenter elles-mêmes des apparences d'alternances stratifiées.
Chacune des contrées qui doivent les principaux traits de leurs formes et de leur composition aux éruptions porphyriques, est caractérisée par des roches spéciales et des phénomènes de gisement particuliers, de telle sorte, qu'en étudiant quelques-unes de ces contrées nous pouvons résumer les faits généraux que présente le terrain. Ces faits se rattachent toujours à trois ordres d'observations; la composition minéralogique des roches ; le gisement, c'est-à-dire les forme» sous lesquelles se présentent les masses; enfin les relations qu'elles ont avec les roches sédimentaires auxquelles elles sont postérieures ou antérieures , les bouleversements et les altérations métamorphiques qu'elles y ont déterminés.
Composition du terrain porphyrSqne. — Lies roches nombreuses qui se rapportent à ce terrain peuvent être considérées comme appartenant à deux catégories distinctes , les roches trappéennes etporphyriques.
Les roches trappéennes sont généralement de couleurs foncées, vertes ou noires et peu cristallines ; ce n'est que par exception que les minéraux constituants s'isolent en cnstaux et déterminent une structure nettement porphyroïde. Elles ne contiennent pas de quartz libre, et comparées dans leur ensemble aux roches porphyriques . elles sont plus chargées de bases terreuses et par conséquent moins riches en silice. Les silicates de magnésie, de chaux et de protoxyde de fer, les caractérisent plutôt que les silicates alumineux qui leur sont seulement associés et subordonnés. Ces roches, suivant leurs caractères minéralogiques, ont reçu la dénomination de irappt,