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FORMATION BASALTIQUE

d'éraption. Nous avons vu, en efiet, les produits lavîques tendre généralement à s'entasser autour d'un même orifice, par des éruptions intermittentes. ]>s basaltes semblent, au contraire, affecter une tendance continuelle à se disséminer. Les oriScea d'émission , liés uniquement par des relations de direction , sont éparpillés, de sorte que les matières émises ne cchistitnent point ces accumulations, et ces groupes montagneux qui représentent des éruptions puissantes et multipliées par un même orifice. Un cratëre basaltique présente quelquefois les traces de deux éruptions, très-raiement de trois , et la plupart do temps n'en a eu qu'une seule.

Un des caractères les plus frappants des basaltes, est leur structure souvent prismatique (fig. 25). Généralement la

ir^ZX-^-^?'~-~- structure d'une lave résulte des fis-

—^- ■ ~ sures de retrait formées par le refroidissement, et l'on doit prévoir que, s'il existe des lois qui déterminent la direction de ces fissures , elles auront plus régulièrement suivi leur marche et seront, par conséquent, plus faciles à constater dans une lave homogène et à grain très-fin, que dans toute autre.

Or, les laves basaltiques sont celles qui réunissent au plus haut degré ces deux conditions Aussi , les structures pnsmatique tabulaire, globulaire, qm ne sont qu ébauchées dans les laves modernes, apparaissent-elles avec une netteté toute caractéris-

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tiqtte dans les basaltes. Les colonifades prismatiques (fig. 26), vulgairement appelées chaussées ou pavés des géants, sont devenues célèbres dans toutes les contrées basaltiques ( France centrale, bords du Rhin, Hébrides, Islande, etc.).

Ces colonnades sont formées de prismes pseudo- régalien ayant généralement cinq et six pans et dont la disposition paraît perpendiculaire aux surfaces de refroidissement.

La France centrale présente deux séries d'émissions basalti* ques. D'une part celle du Vélay et du Vivarais ; de l'autre cdle de la Haute et Basse- Auvergne. Dans ces deux régions, les éruptions basaltiques ont eu lieu simultanément et parallèlement ; mais, dans le Vélay et le Vivarais , elles se sont sucoédi sur une échelle très-puissante , et pour ainsi dire sans aucune interruption , pendant toute la durée de la période , de sorte que cette formation peut être présentée comme le type le plus complet.

Cette formation type se compose de cinq systèmes distincts, réunis entre eux par des relations d^ position et d'attenanee géographique, de parallélisme, de composition minéralogiqne. Ce sont, en suivant l'ordre géognostique probable : 1" les volcans basaltiques modernes du bas Vivarais , placés au pied (k la fracture de soulèvement du sol primitif; fracture qui sépai* nettement le bas et le haut Vivarais par un relèvement escarpé de plusieurs centaines de mètres; 2* la chaîne occidentale dn Vélay, qui limite la vallée de la Haute-Loire à l'ouest, et la sépare de la haute vallée de l'Allier, depuis Pradelles jusqu'à . Paulhaguet; S"* la chaîne intermédiaire, parallèle à la précé^^j dente, qui traverse le bassin elliptique de la Haute-Loire et ea forme le grand axe depuis les volcans de Bauzon et du Pal jusqu'à celui de Bar, près Allègre ; 4° la chaîne des Coyrons, dirigée du sud-est au nord-ouest, depuis les sommités de l'Escrinet jusqu'à Rochemaure et Montelimart sur le Rhône ; 5* la chaîne orientale du Vélay, parallèle à la chaîne occidentale, et principalement composée de roches appartenant à la formation trachytique, mais dans laquelle se trouvent beaucoup de basai-

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», les plus anciens de la contrée et qui se lient à ceux des 'oyrons.

Lorsque Ton a successivement étudié ces cinq systèmes bailtiques , beaucoup d'éléments de classification se présentent aur distinguer les relations géognostiques de chacun. 1® La >inposition, qui, depuis les basaltes les plus anciens jusii'aux plus modernes , se montre assujettie à des lois de raoifications graduelles ; 2® les formes extérieures, qui annoncent es modes d'émission très-différents, la configuration des mas- » basaltiques étant également assujettie à une série de nioifications, qui permettent de reconnaître leur âge relatif; 3^ la osition de ces masses relativement aux vallées principales et DX cours d'eaux actuels, et les altérations qu'ont pu subir, de ipart des agents atmosphériques, leurs configurations priuHives.

Dans la formation qui nous occupe, et en général dans toutes Itt contrées' basaltiques , on peut distinguer au moins quatre wuiétés de basaltes compactes : 1** le basalte porphyroide, ^ pâte de basalte noir et compacte , parsemé de cristaux de (yroxène et renfermant généralement du péridot très-disséminé : ^ basalte est remarquable par sa dureté et sa ténacité (sauf * cas de décomposition), il est rarement buUeux ou scoîfié : 2° le basalte tarioliiique , caractérisé par les petits H>jraux ou particules de chaux carbonatée ou de substances antiques dont il est criblé ; la pâte basaltique est plus ou Iknns compacte, plus ou moins grenue, quelquefois rougeâtre; |P le basalte feldspaihique , essentiellement homogène, dur, loace, gris, peu péridotique et passant souvent aux roches ikbpathiques par une texture finement écailleuse; 4® le basalte froxénique, basalte très-noir, beaucoup plus cristallin que le recèdent, souvent cellulaire et bulleux comme les laves mo- >mes, abondant en péridot disséminé et en noyaux d'olivine. lues dolérites sont rares en France et pourraient constituer le cinquième variété de lave basaltique, que l'on pourrait bigner sous la dénomination de basalte cristallin. On doit 1. 16

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ajouter encore à celte série de roches basaltiques les vackea. dont Torigine paraît souvent analogue.

Les substances disséminées dans ces roches sont assez nombreuses ; ce sont le péridot , le pyroxène , le feldspath , l'amphibole, le fer titane, la chabasie, la néphéline, la mésotype, la chaux carbonatée , l'arragonite.

Ceux qui n'observeraient que les basaltes de la France seraient certainement conduits à regarder le péridot comme principe constituant et essentiel de cette roche. Il y abonde disséminé en petits fragments vitreux et cristallins, d* un vert plus ou moiiw foncé (Laussone), quelquefois même en cristaux très -bien formés ; il se trouve en outre en noyaux arrondis d'olivine, d'une teinte plus claire que le péridot disséminé, et dont le diamiiff varie depuis un centimètre jusqu'à plusieurs décimètres; enfin, au volcan de Bar, près Allègre, qui a rejeté une grande quantitf de ces noyaux d'olivinc, on trouve en outre des fragments de péridot vert sombre, vitreux, translucide, homogène et susoe^ tible d'être taillé. La cassure des noyaux d'olivine est ordinairement granulaire. Les grains, d'un vert clair, sont mélangé» d'autres grains également vitreux, d'un vert bouteille : parli décomposition , ce péridot s'irise, devient rouge , et perd souvent toute consistance.

Les formes des masses basaltiques conduisent généralement à reconnaître leur mode d'émission.

Les volcans basaltiques du bas Vivarais se présentent absolument dans les mêmes conditions que les volcans laviques,!. ce n'est que les laves vomies sont des basaltes. Ces lavei occupé les lits des cours d'eau actuels, qui s'en sont creusétf nouveaux entre le basalte et le granité; ce sont les escarpemeoii verticaux résultant de ces érosions qui offrent des colonnadei si belles et si variées. Les orifices d'émission, auxquels * arrive en suivant les coulées, présentent la forme de cônes i cratères plus ou moins élevés. Les scories, les pozzolanes, te cendres qui les constituent, sont identiques aux déjection* laviques, et d'après la conservation parfaite de ces cratères, 3

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ible qu'on ne serait pas étonné de voir les feux souterrains frayer de nouveau un passage.

Toute la partie occidentale de la vallée de la Haute-Loire sente des phénomènes analogues. Une centaine de cônes à tères, ou de soufflures volcaniques, sont alignés dans le sens cette vallée et ont déversé, dans toute la longueur de la ine, des laves trës-pérido tiques, qui se superposent et alter* t avec des bancs de déjections libres ou légèrement aggluti- B. On remarque dans ce district que les coulées ne se prêtent plus sous forme de bandes longues et étroites partant cratères , mais couvrent tout le sol d*un manteau épais , 8 qu'on puisse souvent constater aucune relation avec les tères et sans qu'on puisse mSme reconnaître si ce manteau altique est composé de plusieurs laves ou d'une seule érup* 1. Les laves et surtout les déjections de ce district ont souit éprouvé une décomposition qui indique qu'elles sont plus iennes que celles du bas Vivarais : la même conclusion alte des érosions profondes qu'ont subies les masses les s puissantes partout où elles ont été sur le passage des eaux. Dans la partie orientale du Vélay et dans les Coyrons, les actères extérieurs sont encore différents : ce sont des masses altiques isolées que leur structure et leur position indijnt, non pas comme des restes de coulées morcelées, mais ime amoncelées au-dessus de fissures d'éruption, telles que roche rouge près du Puy (fig. 27); d'autres fois, ce sont Tastes plateaux plus ou moins découpés par les eaux, recouverts de basaltes qui ne se rattachent à aucun cra-

>n remarque dans cette contrée une quantité considérable dykes ou filons qui ont pénétré le sol et subi des dégradais plus ou moins prononcées. Souvent les dykes ne sont B représentés que par des masses alignées sur une même ure, dispositions fréquentes, dont les trois dykes de Rocheare, sur les bords du Rhône, sont un exemple (fig. 28). Quelques dépressions cratériformes (lac de Saint-Front,

U* TERRAIKS ÉAUPTIFS.

de Freycinet , cic.) , creusées dans les plateaux et enriroim

de scories dceompciiies peu\ ent être regardées comme des W trcs d'émissions; mais c*s cratères n'ont évidemment pu"

Fip. 18. Dska di RtirbimatiTt,

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