‹ Géologie appliquéeChapitre 72 sur 100 · COMPOSITION ET STRUCTURE INTÉRIEURE DES FILONS · texte numérisé non relu

COMPOSITION ET STRUCTURE INTÉRIEURE DES FILONS

irconstanoe de leur génération ; circonstance inhérente à leur rigine et qui 8*est constamment produite lorsque rien ne s*y si opposé.

Les exemples représentés par la planche VIII expriment trèsîen les deux cas de la structure symétrique des filons. Dans le Ion Neubofihunger-Flachen (fig. 2), cette structure est indiquée ar des salbandes régulières et des lignes qui les suivent même ans les ];amifications. Dans le filon Peter, fig. 1, elle est troulée par des roches du toit et du mur et par des enchevêtrements, lais elle se reconnaît encore en prenant pour axes les lignes oires qui représentent les vides ou druses cristallines du centre.

La structure rubanée symétrique des filons est d'ailleurs la onséquence de la nature cristalline des«gangues et des mineftia qui les remplissent ; non-seulement elle est troublée toutes m fois qu'il y a remplissage par des matériaux tombés des arois ou de la surface , mais elle n'existe jamais pour les Ions remplis mécaniquement par des argiles, grès, brèches m conglomérats.

Les minéraux cristallins échappent, on effet, aux lois qui réissent la sédimentation. Si Ton étudie les dispositions que •rennent des cristaux quelconques lorsque l'on fait cristalliser es substances , soit par voie humide, soit par voie sèche, on econnait que ces cristaux se fixent sur les parois verticales ou iclinées des cristallisoirs ou des cheminées de sublimation et 'accroissent suivant des plans parallèles à ces parois. Il en est 'e même pour les filons , et , soit que les matières cristallines [ni les remplissent aient été produites par sublimation ou par irécipitation , il est naturel de les trouver disposés en zones uccessives à partir du toit et du mur.

Il est d'ailleurs évident qu'il ne faut pas donner à ces lois de tructure une extension absolue. Les diverses parties d'un nême filon ont pu être soumises à des influences différentes [ni en ont fait varier la composition ; les ondulations des paois, la différence de leur position relativement aux éléments [e remplissage, constituent encore des éléments nombreux d'ir- I. 18

274 GITES MÉTALLIFÈRES.

régularité. Mais ces variations ne portent aucune atteinte aux règles de la structure , pas plus que les perturbations provoquées par les agents de remplissage mécanique ; TolMervation des plus petits détails vient à l'appui de cette hjrpothèae du remplissage normal par des plans d'accroissement à paitir do sal bandes. Ainsi M. Daubuisson, après une étude des filoM de Freiberg, écrivait : •« Lorsque les matières ont membre vm grande tendance à se former en cristaux, soit parfaits, soit inparfaits (quartz hyalin, quartz améthysé, spath calcaire» etc.), on remarque (juo la pointe des cristaux de forme pyranûdak est toujours tournée vers Tiiitérieur du filon, le cristal étanti peu près perpendiculaire aux salbandes. Chaque couche pieDd en conséquence, sur c^lle de ses faces tournée du coté de k nlbande, l'empreinte des cristaux de la couche adjacente, tandis que les cristaux qu elle porte sur Tautre face semblent cnfbtcer leurs pointes dans la couche subséquente. Enfin les^cristMX des deux couches du milieu se présentant leurs somroetSi s'ah grènent les uns dans les autres et finissent par remplir k filon. »

Les filons ont donc des caractères spéciaux, non-sedement par leur composition , mais encore par le groupement et h structure des éléments constituants; enfin, ils en ont encore par les substances accidentelles qui s'y trouvent disséminées. Nou.^ ne pouvons cit(»r d'exemples plus frappant que celui des filons argentifères d'Andreasberg au Harz. L'argent antimonial, l'argent rouge, la galène et l'arsenic natif donnent un caractère prononcé aux minerais qui en sont extraits ; les gangues de spath calcaire à géodes cristallines, où se trouvent en outre dt^ zéolithes remarquables, telles que l'harmotome, la stilbite, l'analcime, etc. . . , constituent un second caractère non moins spécial. I^s minerais se trouvent principalement rassemblés en une zone centrale et forment dans les galeries et dans les ouvrages en gradins des rubans très-distincts. Cette zone , à laquelle la forme testacée de l'arsenic donne une structure ondulée, était très-développée au 33* étage du Samson (650 mètres

DSITION IT STRUCTURE INTERIEURE DES FILONS. ÏTff

fondeur}, eUe occupait le centre d'une bande de'spatii cal- [iii formait du filon.

figure 33 représente l'aspect de gradins renversés, taillés dans cette partie du fiion , et met en évidence l'apparence générale du rubanement, qui se manifeste même dans la manière dont les roches se brisent.

Koua avons dit que les filons métalhftres sont trèslouvent détachés du toit «t du mur par des salbandes argileuses qui les rendent d une exploitation plus facile que ceux qm sont adhérents aux épontes

Sans qu il j ait adhéi-ence I et sans qu il y ait isolement I de= gangues métallifères par I des salhandcs métallifères, I on trouve souvent tes épon- I tes des filons rayées par des I stries plus ou moins pro- 1 fondes ou même polies , et I présentant ce que les mineurs appellent des miroirs.

surfaces striées ou polies sont évidemment dues aux nents qu ont du éprouver les parois de la fracture. Leur ice supplée quelquefois aux salbandes et facilite l'abaomplet que les mineurs appellent le dépouillement du

itructure rubanée des minerais et des gangues ne peut pas rs être attribuée à des faits de cristallisation. Dans cerlas, elle résulte de ce que la fracture primitive a été sue-

ï-fi

CITES MÉTALUFËRES.

ce^sirement agrandie, de telle sorte que des plaques mioénilei ont ^té accoléeâ les unes aux autres par les actions qoi mnidiisaientlcs écartementâ successifs. Des observations qui dénantrcnt ct>s dt!taiU de formation ont été faites sor beaaeo^ de points, notamment à Kurprinlz , en Saxe, ob r<m «sploUtll filon dont les ilruses et géodes cristallines ont éttf brkta) <t retrouve aujourd'hui k-s fragments de ces drnaea déplMli It soudéâ pur d'autres minéraux évidemment postérienrs A !■& location . Des faits de même nature ont ^të oonataUt dHM lu filons de la Sierra de Lo^-Santos en Andalousie, dsns kl flkv de .Mouzuïa et des environs de Tenës en Algérie.

La structure rubance des filons est très-souvent tranblleptr

le mélange des roches dlteit

. et du mur. Dans leaâitriets

Q métallifères du Tanmsat du

f Wester«'ald , sur le» lords

l 'la Rhin , les roclm da toit

I rt du mur forment pmqi»

I tuutleremplissagadnflloni

et te rubanement dîq«nût

R presque entièrement. On

D'en retrouve plusdelnce^

I qu'entre les divers BÛnenis,

D blende , galène et fo ipi-

I thique, lorsqu'ils t'iiolflil

sur des espaces un peu con-

siilérables.

Toutefois , il y a bean-

B coup de filons qui , bits

uniquement compote

I de gangues spéciales et de

S minerais , ne sont pa» n-

lianes. Ces filons portent le

cachet d'une grande uniW

d'origine ; et, tandis que kn filons rubanés donnent l'idée d'oM

IPOSITION ET 8TBUCTURI INTflIlEtJRE DES FILONS. S71

lion des matiëres constîtoantee , tontes ces matières semblent contemporaines dans les filons  stmc&re amygdalolde , où les minerais et les gangues forment des sphéroïdes à zones concentriques.

Le filon de Ventura, dans la Sierra- Morena (fig. 34), est un des exemples les mienx caractérisés qu'on puisse citer de cette structure. Un noyau de minerais sulfurés y est . par exemple , entouré de zones successives de spaths qui forment ce qu'on peut appeler le bain, et c'est Ip quartz qui forme les nodules , ainsi qu'on l'a observé dans quelques filons de fer spatbique du Danphiné.

Cette structure amygdalo'ide

& zones concentriques se trouve

exprimée d'une manière très-

, complète dans quelques filons

>^ spathiques du Westerwald ,

r, notamment dans celui d'Anx-

![ bach. On la retrouve en quel-

j' ques points du Harz , où la ga-

I lène, la blende et le braunspath

I se présentent groupés de la

aême manière.

Dans un grand nombre de

I cas, les filonsn' étant composés

I que d'une seule et même sub-

"' stance, de quartz par exemple.

Î78 G1T£S METALLIFERES.

ne présentent aucun trait particulier de structure , et ce n est plus que dans les parties métallifères qu*on peut observer quelques si^es caractéristiques.

Lorsqu'on veut figurer l'apparence d'un filon , on trace généralement une coupe de son plan par un plan perpendiculaire. C*est ainsi que la figure 35 représente un des filons de Mouzaïa, sur une hauteur d'environ 30 mètres. Dans cette coupe, due à l'ingénieur Pothier, le fer spathique est représenté par des hachures parallèles au toit et au mur ; la baryte sul&téepar des hachures horizontales ; et le cuivre gris , qui fait l'objet de l'exploitation, par des teintes noires. On voit ainsi que le rubanement, considéré sur une grande hauteiff, est beaucoup moins régulier que lorsqu'on le considère seulement sur le fond d'une des trois galeries indiquées. Cette coupe met aussi es évidence diverses circonstances de groupement des substances constituantes, sur lesquelles nous aurons occasion dererenir.

Lorsqu'une galerie vient à rencontrer un filon , deux cas peuvent se présenter, suivant les positions relatives du plsn du filon et du plan de la galerie.

Si le filon est rencontré par une galerie en direction on i peu près , et qu'il soit de moindre dimension que la galerie. il se dessinera sur le plan vertical du fond de la galerie, sous forme d'une bande inclinée , comme le filon dit Gotlob«f Morgen représenté par la figure 2 de la planche VII; ceseï*

une coupe du filon perpendiculaire à son plan. Si au contrait je filon a été croisé par une galerie de traverse , ce sera, a" fond de la galerie, une coupe du plan du filon incliné à -b par exemple, par un plan vertical. Alors la section du ^^ présentera une trace horizontale, et ce sera sur les p»^^ de droite et de gauche de la galerie qui aura traversé 1^ filons , qu'on pourra voir sa coupe dans l'autre sens ^ juger son inclinaison. Ainsi, les figures 1 et 2 de la p'*''' chc X , empruntées à l'ouvrage remarquable de M. ^ Veissembach , et qui font voir, sur des fonds de ^^ ries , des rencontres de filons, présentent les traces verticale*

S filons croiseurs et les traces horizontales des filons

fisês.

Pomes et allares des filons. — Nous avons défini les filons

nme des masses minérales comprises sous deux plans pa-

lèles qui coupent généralement le plan de stratification des

rains encaissants sous des angles quelconques, et quelquefois

vent ce plan.

A la surface, un filon se manifeste soit par des affleurements

itinus et linéaires , soit par des affleurements interrompus

i suivent une direction donnée et se rattachent à une même

ne droite ou légèrement ondulée.

Si Ton vient à excaver le sol et à pénétrer dans ses affleure-

*nts , on ne tardera pas à reconnaître que la placiue nunérale

i les constitue s'enfonce suivant une inclinaison déterminée.

y a, par conséquent, un toit ei un mur immédiatement re-

nnaissables.

La direction et Tinclinaison une fois constatées , on connaît

plan du filon ;«et Texpérience ayant démontré la continuité

' ce plan sur des espaces ordinairement considérables, il est

cile de déterminer la profondeur â laquelle on doit rencon-

5r un filon en un point donné du district qu'il traverse. On

ut égaleme]it, sur un versant quelconque, indiquer quels

it les travaux , puits ou galeries , qui doivent l'atteindre le

is promptement.

Les affleurements sont donc les premiers indices de l'exis •

>ce des filons, et si la composition des roches suffit pour

éler l'existence d'un gîte métallifère , la forme de leurs sail--

( n'est pas moins significative pour en indiquer les conditions

Unre.

\insi , dans un grand nombre de cas , les roches qui consti-

^t les filons sont plus dures et plus résistantes que les roches

^iiissantes. Il en est résulté que les agents atmosphériques,

dénudant et ravinant le sol , ont déchaussé les filons, et que

^X-ci forment des saillies plus ou moins prononcées, plus ou

^ins continues.

Page 1