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L'Algérie nous présente l'exemple le plus frappant de ce phénomène d'affleurement sur le versant méridional de l'Atlas, au-dessous du col de la Mouzaïa (planche IX). Fltwieurs i\m, composés de fer spathique et de baryte sulfatée » contenant du cuivre gris disséminé , traversent, en œ point, des alternances marneuses peu consistantes. Les pluies ravinent sans cesse ces pentes argileu>es, et les filons, d'une désagrégation moins facile, forment des saillies ou affleurements très -prononcés. Ces saillies constituent des murailles linéaires, souvent élevées de quatre à cinq mètres , qui permettent à Tœil de suivre la marche des nions à travers le sol. On voit, dans la planche cijointe, les affleurements des deux filons parallèles, Aumalect Montpensier, poursuivre leur course au milieu des montagne:: et des ravins , des bois et des landes , et traverser les couches successives de la formation crétacée.
Au pied des attlourements , le sol est jonché de débris épai^, décomposés par le temps ainsi qu'une partie des dneurements eux-mêmes. Cette décomposition a donné les teintes jannes des oxydes do fer, et les teintes vertes et bleues des carbonates de cuivre aux diverses parties où dominaient ces éléments ; de telle sorte que le changement de la composition du sol s'annonce de loin à l'observateur, aussi bien que le changement de forme (]ui résulte de la présence des filons.
Los phénomènes d'affleurement sont rarement aussi prononcés , aussi nets que ceux qui sont représentés par la plai»cho IX. Les bois, la culture, suffisent pour les cacher, et souvent l'existence de filons de plusieurs kilomètres de longueur est à peine visible à la surface. C'est alors qu'il faut s*aider do tranchées artificielles pour les mettre en évidence et 1<* suivre dans leur course. Comme ceux qui ce livrent a IVtude des mines sont souvent appelés à faire des recherches do cette nature , nous reviendrons sur la méthode qui doit élr? suivie en pareil cas.
Le plan d'un filon étant bien déterminé, soit par l'étude de? affleurements, soit par des travaux superficiels, il convient de
Tattaquer par des travaux souterrains, c'est-à-dire de le joindre en profondeur par un puits ou par une galerie.
Si Ton croise un filon par un travail souterrain, il se manifeste un changement de composition limité par les lignes du toit et du mur.. Tel est, dans la planche VII, le filon Oottlober^ Morgen , près Freiberg , représenté au fond d'une galerie ; on peut de suite mesurer sa puissance, qui est de m. 0,45, son inclinaison, qui est de 80 degrés, et prendre sa direction dans la galerie.
Lorsque les filons s'enchevêtrent dans les roches du toit et du mur, comme le filon Peter (planche VIII), exemple pris également aux environs de Freiberg, les mesures de direction et d'inclinaison ne peuvent plus s'obtenir que par des lignes moyennes , résultant des observations que Ton a pu faire en suivant le filon sur une certaine longueur ; la régularité de Tallure d'un filon étant souvent dérangée, non-seulement par les ondulations du toit et du mur, mais encore par des bifurcations et des rameaux qui partent du plan principal et s'en écartent , plus ou moins.
Plusieurs filons parallèles sont souvent réunis de manière à former un faisceau ; c'est ce que les Allemands appellent un zug. Les divers éléments de ces faisceaux , tantôt se réunissent dans leur course, tantôt s'isolent et s'écartent de manière à embrasser une épaisseur de terrain considérable. Telle est l'allure ordinaire des filons aux environs de Clausthal et Zellerfeld, où la dissémination des fissures d'un même zug embrasse , sur certains points, une épaisseur de plus de cent mètres.
Quelques-uns de ces faisceaux de filons sont remarquables par leur régularité. On peut, sous ce rapport, citer, comme type , le faisceau des filons d'Obemhof et d'Holzappel , dans le Nassau. Un filon principal , dit filon de la Roche blanche, composé d'un axe quartzeux et de deux bandes de blende , est accompagné de deux filons de blende et de galène , l'un placé au toit et l'autre au mur ; les caractères de ces filons se maintiennent assez constamment pour qu'on ait pu les suivre
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et les exploiter sur plus de vingt kitomëtres de longueur. U
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figure 36 exprime , à l'échelle de ^ , les conditions ordinaires du faisceau exploité à Holzappel.
Considérés dans l'ensemble de leur allure, les filon« sont sujets à un grand nombre à'acciâenis et de variations de forme. Ils se renflent, se rétrécissent et sont même supprimés momentanément par dee étranglements complets ; souvent ils sont croisés par d'autres filons ou de simples fentes qui les interrompent et leur font subir des rejets; d'autres fois ila tkaagent eux-mêmes de place par des courbures, des inflexions inhérentes à leur nature ; dans certains terrains, ila sont neti et bien formés, tandis que dans d'autres ils se divisent et se ramifient.
Pour bien se rendre compte de c«s variations d'allure, il faut se reporter à l'origine des filons : or, la première condition qui détermine les détails de forme d'une fracture, ce que nous appelons son allure, c'est la nature minéraJogique et la structure des roches fracturées. Lors donc qu'un filon, traver-
sant des roches d'nne certaine nature, passera dans d'autres roches, différentes par leur composition et leur stracture, il changera nécessairement lui-même dans tous les détails de ses formes et dans l'ensemble de son allure. Dans des roches boraogènea qui se fracturent nettement comme les gneiss de Freiberg, les filons seront droits et réguliers ; dans des roches feuilletées comme les schistes d' Andreasberg , auHarz, les filons auront une allure ondulée et seront très-sujets aux ramifications. -
Ces variations d'allure sont trës-prononcées danà les filons de fer spathique cuprifère des environs de Tenès (Algérie) , qui traversent à la fois des grès et des argiles délitables.
Dans les grès , les filons sont assez bien rassemblés , tandis que, dans les argiles, les fissures se muUiplient et se disséminent i l'infini. Les filons y jettent à droite et à gauche une multitude de rameaux qui suivent souvent la stratification du terrain et semblent au premier abord de petites couches inter-
calées. Mais on reconnût, en même temps, que ces petites couches sont réunies entre elles par des veines qui coupent la