IG CITES MÉTALLIFÈRES
ment do filon. Cette proposition se trouve encore démontr»^ par la coupe (fig. 43), où le même filon de fer spallûqueet de baryte avait ét^ înconteEtablement fracturé lorsque le cuivre gris est venu ajouter ane nouvelle zone rub&nëe au filon, en suivant dans son allure les inflexions déterminées par la fracture.
Si l'on se reporte actuellement à la structure générale des éléments quiremplissent les I filonsetsil'onn'ou' blie pas que les parties stériles et les ! parties riches de ces filons forment des zones ou colonnes; successives de 10 à40 mètres de continuité, et que ces diverses parties paraissent conBerver leur composition en profondeur, on comprendra toute la réalité de l'assimilation des filons métallifères à des fractures passées à l'état de solfatares. Des phénom&nes se sont ainsi frayé des routes diverses dans une direction donnée, ont produit des substances nouvelles et altéré les substances préexistantes par des actions lentes et prolongées ; intercalant . par des actions ascensionnelles , des minéraux spéciaux et rubanés , aux minéraux déjà dus m\ actions précédentes.
Sans entrer dans le détail des phénomènes et des réactioD>
chimiques qui ont pu avoir lieu dans les filons, il est évident que, dans beaucoup de circonstances, les eaux , à Tétat liquide ou à Tétat de vapeur, ont dû mêler leur action à celle des agents purement ignés. Il y a beaucoup de ces exemples de génération mixte.
L'origine des substances métallifères recevra des développements nouveaux de l'étude des gîtes vréguliers, gîtes qui sont liés d'une manière plus intime avec les roches ignées et les phénomènes du métamorphisme.
Gâtes irrégoUers I veines» filons et amas de eontaet.
Les gites irréguliers échappent, en quelque sorte, à toute définition de formes ; ils se présentent en veines qui ne diffèrent des filons que par l'irrégularité de leur allure , par la disposition confuse et la nature des minéraux constituants ; en amds de toutes dimensions, couchés ou debout relativement à la stra« tification du terrain encaissant; en stocwerks, c'est-à-dire en veinules, nœuds, ou particules isolées , qui imprègnent des portions de terrains ; enfin en portions de couclies qui ont subi des altérations métamorphiques.
Cette irrégularité serait un obstacle absolu à l'étude , si la position et même l'allure de ces gîtes , tout irrégulière qu'elle est, n'était assujettie à des lois générales. Or, ces gîtes sont essentiellement liés, dans toutes les circonstances de leur gisement et de leur composition, à la nature des roches encaissantes ; les données de la science sont donc encore plus utiles à leur exploration et à leur exploitation que dans le cas des filons.
Les gîtes irréguliers sont dans des conditions précisément inverses de celles qui ont été reconnues pour les filons ; ils ont des formes indéfinies , tandis que les filons suivent , sous ce rapport, des lois très -précises : ils dépendent des roches encaissantes , tandis que les filons traversent presque indifiTéremment toutes les roches préexistantes, ignées ou stratifiées.
316 GITES MÉTALLIFÈRES.
ment du filon. Cette proposition ae trouve encore démontrtSe par la coupe (fig. 43), où le même filon de fer spalhiqaeet de baryte avait été înconteetablement fracturé lorsque le cuivre gris est venu ajouter une nouvelle zone mb&née aufilon.eneuÏTant dans son allure les inflexions déterminées par la fracture.
Si l'on se reporte actuellement à la structure généraledes éléments qui remplissent les filonsetsi l'onn'oublie pas que lesparties stériles et les partiesrichesdece^ filons forment àe»
zones on colonnes successives de 10 à 40 mètres de continuité, et que ces diverses parties paraissent conserver leur composition en profondeur, on comprendra toute la réalité de l'assimilation des filons métallifères à des fractures passées à l'état de solfatares. Des phénomènes se sont ainsi frayé des routes diverses dans une direction donnée, ont produit des substances nouvelles et altéré les substances préexistantes par des actions lentes et prolongées ; intercalant , par des actions ascensionnelles , dos minéraux spéciaux et rubanés , aux minéraux déjà dus au:' actions précédentes.
Sans entrer dans le détail des phénomènes et des réactions
Fig. i3.
chimiques qui ont pu avoir lieu dans les filons, il est évident que, dans beaucoup de circonstances, les eaux, à l'état liquide ou à Tétat de vapeur , ont dû mêler leur action à celle des agents purement ignés. Il y a beaucoup de ces exemples de génération mixte.
L'origine des substances métallifères recevra des développements nouveaux de Tétude des gîtes vréguliers, gîtes qui sont liés d'une manière plus intime avec les roches ignées et les phénomènes du métamorphisme.
Gâtes irrégoUers i veines» filons et amas de eontaet.
Les gites irréguliers échappent, en quelque sorte, à toute définition de formes ; ils se présentent en veines qui ne diffèrent des filons que par l'irrégularité de leur allure , par la disposition confuse et la nature des minéraux constituants ; en amas de toutes dimensions, couchés ou debout relativement à la stra« tification du terrain encaissant; en stocwerks, c'est-à-dire en veinules, nœuds, ou particules isolées , qui imprègnent des portions de terrains ; enfin en portions de couc/ies qui ont subi des altérations métamorphiques.
Cette irrégularité serait un obstacle absolu à l'étude , si la position et même l'allure de ces gîtes , tout irrégulière qu'elle est , n'était assujettie à des lois générales. Or , ces gîtes sont essentiellement liés, dans toutes les circonstances de leur gisement et de leur composition, à la nature des roches encaissantes ; les données de la science sont donc encore plus utiles à leur exploration et à leur exploitation que dans le cas des filons.
Les gîtes irréguliers sont dans des conditions précisément inverses de celles qui ont été reconnues pour les filons ; ils ont des formes indéfinies , tandis que les filons suivent , sous ce rapport, des lois très -précises : ils dépendent des roches encaissantes, tandis que les filons traversent presque indifi*éremment toutes les roches préexistantes, ignées ou stratifiées.
3M GITES KfiTALUFfeRES.
neux, les calcaires aux dolomies , et ces éléments formait des brèches où le minerai joue le rôle de ciment.
La cbaine métallifère de la Toscane contient de nombreux gîtes cuprifères, dans lesquels les caractères des filons de contact sont exprimés avec une précision telle que ces gjtes peuvent être également considérés comme de véritables types.
Dans cette chaîne , dont les serpentines ont déterminé les principaux accidents , le terrain crétacé est fréquemment dans un état d'altération métamorphique très-prononcé. On adonné le nom de gabbros à des roches rouges et verdstres qui forment des zones de contact autour des masses aerpentineuses, et c'est dans ces gabbros que se tiennent la plupart des filons cuprifères. Ces filons sont ainsi subordonnés aux serpentities , d'abord par leur gisement dans les roches métamorphiqaas et suivant les plans de contact , et en second lieu par laor composition , qui est de serpentine friable et altérée. C'est daui ce fwnpbssagemagnJriwqiie sont disséminés lMp]fittt( cuivreuses et les wén»
panatdiés, en nm— itn gnons plus ou nKâMUfeosdants , plus on mofats volumineux.
Un des caradèns les [ plussingulio^deOMfloM y irréguliers cuprifères, «W \ que leur pnisaanoe , qn eit I presque nulle aux affleure- I ments, 20 à 30 œntimi- I très, par exemple , ae renfle I rapidement en profondeur, H dépasse plusieurs mëtm , V et atteint quelquefois une "*■ " épaisseur totale de IS mi-
tres. Ce sont donc des masses cunéiformes, qui
avoir été insérées suivant les contacts ondalés des roches éniptivea et des roches métamorphiques.
La coupe figure 44, faîte dans la partie sapérieure da g^te célèbre de Monte-Catini , peut donner idée de sa forme. Outre la disposition cunéiforme qui constitue le caractère le plus Baillant ^ cette coupe , on remarquera une loi intéressante de distribution du minerai. Le toit eut régulier dans sa forme et son inclinaison ; mais le mur présente des anfractaositéa multipliées , et c'est dans ces aofractuosités que se troarent les principales accumulations de cuivre panaché.
Ainsi, le minerai {a) existe principalement vers le mât du filon, et le plus souvent il est rassemblé dans ses anfraotuoaitéiï de manière à donner lieu à des concentrations remarquables
Il arrive quelquefois par un changement aubit dans l'allnre de ces filons, géné- I ralcmentinclindsà45 I degrés, mais trbi-on- « duleux, que je toit I devient le mur et ré- I ciproquement. Cette I disposition est indi- L quée par la coupe 6- ' gure45.D'BprèBcette [ disposition, le minela ) se trouve à la fois vers le mur dans ^^ " la partie supérieure,
et vsn le toit dans la parUe inf^neora du filon , qui d'aillsan, par une inflexion inverse , ne tarde pas à reprendra le régime ordinaire de son inclinaison.
Lee concentrations de minerai atteignent en certains point* des dimensions considérables. Elles prennent alors la forme de masses lenticulaires dont les surfaces ondulées font varier l'épaisseur de 0»,10 k 2-,20, et dont la direction, soutenue
334 GITES HÊTALUFËftfcS.
i»aiiE> aucune interruption sur une longueur de 15à 20 mètres, atteint un développement encore supérieur, soivant l'incUnaîeon. Dans ce" parties, le minerai forme de véritables salbaodes continues , parallèles au toit et au mur, et présente le &il remarquable d'une accumuLi-' tion de minerai pur qui , sur un point récemment exploité, a dépassé 300 mètres cubes.
L'expérience de l'exploitation a indiqué comme règles , 1' que le minerai allait toujours en augmentant de proportion à mesure que B travaux se sont approfondis lesrognonsdevenantpli»
' fréquentsetplusgros.leacon- : centrations plus iroportautet, la nature même du minenî devenant plus riche ; 2^ que ia croisements ou plutôt les \à- I furcalioiiB du filon principtl I étiient généralement les points es plus riches.
Dans levoisinage des granj des masses de minerai, laserpentine friable, qui constitue le remplissage du filon, et imprégnée de particules ik minerai de telle sorte qu'en la divisant et en la soumettant a des lavages, on ubtient outre le minerai ordinaire, d»
'''' '^ schlicksd'untitreassezélew-
L'tillure générale du filon en direction est de l'est à l'ouest.
mais elle est soumise à des courbes fréquentes. La coupe fig. 46 , faite hmnzonlalement en un point de son développement, met en évidence plusieurs des conditions précitées de bifurcation , de renflement et de distribution du minerai accumulé vers les parois , surtout vers les points où il existe des ramifications.
Si Ton cherche à déduire quelques condosions théoriques des faits qui viennent d'être exposés, ooTest conduit à considérer le filon de Monte-Catini comme une fracture produite dans les gabbros, et probablement en relation avec les masses serpentineuses qui doivent exister dans les profondeurs du sol. Cette fracture a été remplie de fragments et de détritus appartenant aux serpentines et aux gabbros , et suivant toute probabilité , les minerais postérieurs aux serpentines proviennent d'émanations qui ont eu lieu à la suite des éruptions , à travers les évents ainsi préparés. L'effet des émanations métallifères a été de concentrer des masses 'de minerais, principalement suivant les plans du toit et du mur, et de pénétrer les serpentines friables de particules qui , obéissant aux lois de l'affinité, se sont réunies en noyaux globulif ormes et lenticulaires.
Ce gîte est un exemple de ces grandes accumulations métallifères dont les affleurements sont presque nuls, et qui sont en quelque sorte fermés à la surface.
Les gîtes qui se rapportent à ce type sont très-fréquents dans la chaîne métallifère de la Toscane, mais leur allure en chapelet et la dissémination variable du minerai dans les gangues magnésiennes en rend la recherche assez difficile. Ainsi, la mine du Terricio a présenté , dans un filon de nature analogue, des blocs de dimensions considérables, mais sans qu'on y ait trouvé assez de suite et de régularité pour établir une exploitation. La coupe ci-après, fig. 47, qui représente le fond d'une galerie, exprime bien les circonstances de gisement du filon vers le contact des gabbros et de l'alberèse (calcaire à nummulites) stratifié ; elle met en évidence l'isolement d'un
3» GITES HtitAUlFtilES.
bloc de cuivre pjritenx an milieu de« argiles et^titenees qui rempli ssBÎtntle filon.
D'après les cnractères des ^tes de minerais de fer et de cuivre que nous venons de décrire , on voit que les gîtes de contact consistent en filons puissants et îrréguliers , qui paraissent principalement subordonnés à certaines roches ëruptives, fcldspathiques ou magnésiennes de la période porphyrique.
Dans certains cas, les relations de position restent ince^ taines et éloignées, ce dont le gîte du Rammelsbei^, au Han, nous fournira un exemple.
Le Rammelsberg est une montagne haute de 360 at-
très, composée de schistes argileux de transition; elle domine la ville de Goslar. Dans œs ediistes, et suivant leur plan de stratiâcation , se trouve contenu un gîte puissant de minerai qui affleure vers le tiers de la hauteur do Rammelsberg.
1a puissance du gtte va jusqu'à 60 mètres, tandis que sa plus grande longueur en direction n'est que de 600 mëtrea au plus. Ce gtte s'amincit, suivant sa direction , de manibre & présenter en coupe horizontale une forme lenticulaire ; il ee perd dans les plana de stratification du terrain schisteux. Cette longueur de direction diminue en profondeur, ainsi que la puissance du g^; à 260 mètres de profondeur, la direction n'est
plus que de 260 mètres, et la puissance reste au-dessous de 10 mètres, fig. 48.
Le gîte du Rammelsberg n'est pas absolument concordant avec la stratification des couches. Vers la profondeur de 120 mètres , il y a une bifurcation dite branche du toit [b] , qui coupe nettement cette stratification , l'inclinaison du mur de cette branche n'étant plus que de 24°, tandis que l'inclinaison générale du gîte [a, c] et des thonschiefer est de 50 à 60". L'ensemble du terrain est trèa-fïssuré, et l'on voit en plusieurs points, se détacher du gîte, des petites veines de minerai qui traversent le terrain encaissant suivant une direction presque
328 GITES MÉTALLIFÈRES.
perpendiculaire à celle de la masse principale. Enfin , la puissance diminue graduellement à mesure que Ton s'approfondit, et Topinion générale est que ce gîte a la forme d'un amas qui, dans le sens de la profondeur, doit se terminer en coin, comme cela a lieu dans le sens de la direction.
Ce gîte n'est pas moins spécial par sa composition que par sa forme; il est entièrement composé de minerais très-compactes et massifs , presque sans mélange d'aucune des gangues qui accompagnent ordinairement les substances métallifères.
Ces minerais sont : 1^ une pyrite grise compacte , composée d'un mélange intime de galène , pyrite de fer, pyrite cuivreuse et blende ; 2° une pyrite de fer, jaune, compacte, contenant en mélange intime 18 à 20 pour 100 de pyrite cuivreuse. La mine grise plombifère se trouve principalement au mur et du côté de l'ouest, tandis que la mine jaune cuprifère domine au toit et . du côté de l'est.
Vers le toit et le mur, les minerais empâtent des fragments de thonschiefer, et donnent naissance à une espèce de brèche à noyaux de schiste argileux , devenu dur et compacte, avec ciment pyriteux. Quelquefois même on trouve dans rintérieur du gîte des fragments de schiste : ils sont durcis , impr^és de quartz et entrecoupés par une multitude de petites veines métallifères. Il n'existe pas d'autres gangues que ces débris, si ce n'est accidentellement un peu de quartz et de barjrte sulfatée.
On remarque d'ailleurs que les variations de composition des minerais déterminent toujours des lignes parallèles au toit et au mur du gîte. Ces variations produites par le contact ou le mélange de quartz ou de débris , ont même souvent lieu d'une manière assez nette pour déterminer une structure rubanée très-prononcée. Enfin , quelques fissures sillonnent le gîte da toit au mur, et renferment des minéraux cristallins tels que les pyrites elles-mêmes, le cuivre natif, le quartz, la baryte sulfatée, le gypse et le calcaire; ces fissures s'arrêtent nettement au toit et au mur.
Ce gîte du Rammeisberg , si excentrique par ses caractères minéralogiques , par ses formes, et jusque par sa situation sur les limites géographiques du Harz , ne se rattache , d'une manière évidente, à aucune roche éruptive. Si cependant on examine la coupe intéressante que M. Hausmann a donnée à travers le Westberg, le Nordberg, le Steinberg et le Rammeisberg, on voit que les trois premiers points culminants sont déterminés par la sortie des masses amphiboliques qui ont suivi les plans redressés du terrain schisteux , et qu'au Rammeisberg , les minerais qui occupent dans le terrain une position analogue à celle des masses éruptives dans les autres montagnes du pays, ne paraissent en quelque sorte qu'un terme différent de l'influence des phénomènes ignés sur ces terrains redressés.
Parmi les filons de contact les plus célèbres , nous devons encore citer ceux des mines de mercure d' Almaden , en Espagne.
Le gîte d' Almaden se compose de trois filons-couches, parallèles, placés en quelque sorte côte à côte , et concordants avec la stratification onduleuse et inclinée des grès et des schistes siluriens qui les enclavent. Us sont en même temps concordants avec le plan de contact d'une roche métamorphique, diteFraylesca, qui forme une zone entre le terrain stratifié encaissant les filons, et les porphyres dioritiques.
Les trois filons, de 6 à 12 mètres de puissance , suivent les alternances stratifiées des grès et des schistes. Ces alternances ondulent dans le sens vertical comme dans le sens horizontal ; de telle sorte, que les coupes faites par les neuf étages d'exploitation donnent toujours des dispositions analogues, mais dans lesquelles les écartements des filons et leur puissance sont sujets à des variations plus ou moins grandes.
Les fossiles siluriens se trouvent dans des grès un peu supérieurs au faisceau des couches cinabrifères, et l'ensemble s'appuie sur la roche dite Fraylesca. Cette roche, dans laquelle est percé le puits principal ; est une grauwacke altérée , solide , et
330 GITES lieTALLIFfillES.
dans laquelle on reconnaît souvent les éléments arénacés ; son état métamorphique résulte évidemment du voisinage des masses dioritiques sur lesquelles elle repose» et qui sont visibles à plusieurs kilomètres de la mine.
Le cinabre , sublimé suivant le plan des couches du terrain dont l'inclinaison moyenne est de 80 degrés , s'est intercala dans les grès , et les a imbibés à tel point qu'on peut se procurer des échantillons plats, disposés dans le sens de la stratification , dont une face est à l'état de cinabre pur et cristallin , et l'autre face à l'état de grès à peine coloré, tandis que le milieu offre un passage entre ces deux compositions différentes.
Ces caractères de filons-couches , liés aux porph3rre8 , n'appartiennent pas exclusivement au gîte d'Almaden. Beaucoup des filons de la Sierra de Los-Santos en reproduisent les conditions principales, et , d'après M. Salazar, il en existe des exemples nombreux dans les environs de Linarës , Guadalcanal , etc.
Les filons de fer spathique , qui caractérisent certains pays de montagne comme le pays de Siegen (Prusse rhénane), ouïe massif du Canigou (Pyrénées) , ont beaucoup d'analogies avec le Rammeisberg. Ces gîtes offrent des passages fréquents des filons aux gîtes irrégiijiers.
L'exemple du Stahiberg est le plus célèbre que nous puissions choisir pour type.
Le gîte du Stahiberg est une masse de fer spathique connue sur une longueur en direction de 150 mètres. Dans sa plus grande épaisseur, ce gîte présente un amas continu et presque pur de* fer spathique, ayant 15 à 20 mètres de puissance; le toit et le mur sont bien détachés par des salbandes d'argile. Plus loin , la masse se divise en trois branches de 2 à 6 mètre« d'épaisseur qui se soudent à la grauwacke et s'y perdent en s'amincissant peu à peu. L'inclinaison de ces branches, dites branche du toit , branche du mur, et branche du milieu , est vers l'ouest, c'est-à-dire en sens inverse de celle de la masse
FILONS ET AMAS De CONTACT. 331
principale qui plonge à Y est. A sa naissance, du côté du sud , le gîte est , au contraire , coupé très-nettement par une faille stérile au delà de laquelle on a vainement cherché sa continua-* tion. La planche XIV, figure 1, exprime d'une manière précise les diverses conditions de gisement que nous venons d'indiquer ; c'est ime coupe horizontale passant par Tétage le mieux connu.
L'allure de ce gîte, dans sa partie régulière, l'avait d'abord fait r^farder comme un filon puissant, dont on devait retrouver la suite au delà de la faille considérée comme postérieure ; mais, les recherches inutiles qui ont été faites dans ce but, la manière dont le gîte coupant d'abord la stratification du terrain schisteux s'y conforme ensuite en s'y ramifiant, doivent modifier cette opinion. Le gîte du Stahlberg, connu maintenant sur une hauteur plus grande que sa direction, n'est, en réalité, qu'une de ces colonnes montantes de fond dont les gîtes irréguliers présentent de si fréquents exemples.
FiloB*. Amas émptifii. — Nous n'avons vu, jusqu'à présent, les gîtes irréguliers apparaître que comme conséquence subordonnée des roches ignées. Nous pourrions en multiplier les exemples sans ajouter aux traits généraux des phénomènes. Ainsi les gîtes liés au métamorphisme du gneiss comprennent les dix-neuf vingtièmes de ceux de la Scandinavie. Les célèbres amas d' Arendal , qui fournissent des minéraux si variés, ceux d'Uto, de Dannemora, de Gellivara, celui de Bastnaës, connu par la cérite et la gadolinite, sont tous subordonnés au gneiss. La plupart des gîtes de cette classe ne sont pas, d'ailleurs, isolés des roches éruptives. Les syénites quelquefois zirconiennes , les granités porphyroïdes et les pegmatites existent souvent dans leur voisinage et avec des positions de liaison géognostique qui ont été précisées par les observations de MM. Daubrée et Durocher.
Dans plusieurs cas , les roches amphiboliques de la Suède ont avec les minerais des rapports encore plus intimes , surtout avec le fer oxydulé. Ainsi , le Taberg est un des premiers
332 GITES MÉTALLIFÈRES.
exemples qui aient été cités de minerais évidemment crupUfs; Tamphibole y forme une protubérance au milieu des gneiss , et cette amphibole contient une quantité considérable de fer oxydulé, rassemblé en veines ou disséminé dans la masse.
Nous pouvons appuyer ce principe des minerais éruptifs sur quelques autres exemples. Ainsi les trapps de Kewena-Point, sur les bords méridionaux du lac supérieur, ainsi que ceux du palatinat renferment souvent du cuivre natif. Le trapp métallifère du lac supérieur contient des veines de datholite qui renferment du cuivre métallique en écailles, de la prehnite qui est dans le même cas, enfin de Tanalcime, de la laumonite et du spath calcaire. Ces minéraux accidentels du trapp sont d'autant plus remarquables que nous avons eu déjà occasion de les citer dans les diorites d'Andreasberg. M. Élie de Beaumont, en donnant connaissance de ces faits, a rappelé que le platine natif a été trouvé dans un trapp de Choco , et qu'on Ta également rencontré dans les diorites de l'Oural avec tous ses annexes , tels que Tiridium , le palladium , etc. , ce qui semblerait indiquer positivement l'existence des métaux natifs dans l'intérieur du globe.
Nulle parties relations du contact des gîtes métallifères avec les roches éruptives ne se trouvent plus nettement exprimées que dans certaines parties de l'Italie.
L'île d'Elbe , célèbre de tout temps par ses mines de fer, comprend deux groupes de terrains très-distincts. Le Monte-Campana , centre de la partie occidentale , est un groupe conique de montagnes composées presque entièrement de roches feldspathiques qui ont traversé les terrains sédimentaires. On n'a pu encore observer aucune liaison entre ces roches granitiques et porphyriques et les gîtes métallifères; tout le groupe du Monte- Campana paraît stérile en minerais.
Les gîtes métallifères de l'île d'Elbe sont tous concentrés avec les serpentines dans la partie orientale. Les roches sédimentaires de cette partie de l'île sont métamorphiques , mais le métamorphisme y affecte un caractère particulier, remarqua-
FILONS £T AMAS ERUPTIFS. 333
ble par la fréquence du gabbrorosso et par les mélanges des diverses -roches avec les principes serpentineux , mélanges qui constiUiàit* dés .marbres analogues aux marbres campan des Pyrénées i'eit- surtout des gabbros argileux, verts ou rougeâtrès, à^Btrocfure glanduleuse. Cette concordance géographique des serjjielitines et des gîtes métallifères résulte d'ailleurs d*une concordaiice' encore plus prononcée dans le gisement.
Le puissant . filon de fer oligiste exploité près de Rio est compris' entre les couches schisteuses relevées sur les flancs des montagnes de Sainte-Catherine (planche XVII) ; or tout ce groupe est-Compôsé de itiassesserpentineuses, de telle sorte que ce gîte poissant doit être considéré comme un véritable gîte de contact. La nature essentiellement cristalline des minerais, leur enchevêtrenôent dans lés diverses couches métamorphisées du terrain .encaissant, éveillent l'idée de sublimations métallifères prolongées àtràvers ces couches, et Tétude des détails démontre d'ailleurs que ces sublimations ont eu lieu sous l'influence d'une chaleur et d'une pression considérables.
En effet; lés garigues varient avec les roches en contact : elles sont de quartz cristallin dans les schistes quartzeux; dans les couches calcaires elles sont composés d'amphibole et d'yénite. Les roches encaissantes elles-mêmes ont donc évidemment fourni une partie des éléments qui forment ces gangues; or ces déplacements moléculaires, l'état cristallin des couches dont l'âge est jurassique ou crétacé , constituent un ensemble de phénomènes qui n'a pu se produire que sous une influence ignée très-énergique.
L'amas de fer oxydulé et d'hématite du mont Calamita ne laisse aucun doute à cet égard. Cet amas, bien plus puissant que celui de Rio, est enclavé dans une des principales montagnes de la. même partie de l'île. La montagne de Calamita a été produite pc^ le soulèvement des roches stratifiées dont la charnière de rotation est la vallée qui sépare Porto-Longone de Capoliveii; de telle sorte qu'elle présente du côté de la mer la coupe des couches soulevées. Au cap Calamita, qui forme la
331 tilTËS MÉTALLIFÈRES.
saillie la plus avancée , le gîte présente un caractère dédaîf exprimé par la vue ci-jointe (planche XVIII).
La masse principale est composée de fer oxydolé et d'héouh tite ; tout le couronnement des escarpements présente une lérie de calcaircR et de schistes cristallins stratifiés. Au contact di minerai et des roches stratifiées , on remarque sortout une co«che de dolomie blanche , grenue , dont les caractères trandiéi expriment de la manière la plus complète les perturbations de la stratification. Cette couche, courbée en voûte » forme un immense arceau de plus de 100 mètres de hauteur.
La disposition du terrain ne permet pas de douter que ki minerais de fer n'aient réellement joué le rôle de radies ■oole' vantes , et que les faits multipliés de métamorphisme que prt» sentent les roches stratifiées ne soient également dus ans ph^ nombnes d'émanation qui ont accompagné leur sortie. AÏmt la couche la plus apparente et qui contraste le mieux avec les ro* ches soulevantes, est précisément la couche calcaire qui estea contact avec elles et supporte les couches schisteuses qui ht» ment le haut de Tescarpement. Cette couche calcaire est dnn* gée, sur presque tous les points de son développement, en di^ lomic saccharoïde, compacte ou grenue : accidentellement» os peut y remarquer, dans les fissures, le fer oxydulé à l'état cristallin et des infiltrations cuivreuses qui la colorent en vert; enfin, le contact de cette roche soulevée et de la masse ferrugineuse soulevante présente des magmas d'amphibole et d'yénite, évidemment produits par des réactions de contact.
Si l'on étudie la composition de cet amas, enfoncé comme un coin dans les strates calcaires et schisteux, et révélant, sur tout son pourtour, des phénomènes détaillés de fracture et de métamorphisme , on voit que toute la masse centrale eit composée de fer oxydulé très-compacte et très-dur. En quelques points , ce fer oxydulé , mélangé d'hématite brune , forme des magmas, de véritables brèches, avec les fragments anguleux des rochesbrisées et altérées. Souvent aussi l'existence de paissantes masses calcaires ou schisteuses dissoutes dans le minerai