ITE8 MÉTALLIFÈRES
seur, tels que ceux d*Aadrea8berg et de Freiberg, sont souvent d'une exploitation plus avantageuse que les plus puissants, où les roches du toit et du mur forment presque toujours les gangues dominantes.
Comme tous les caractères des filons, les dimensions oft^t dans chaque district une certaine similitude. Ainsi , aux environs de Freiberg, la puissance d'un mètre est réellement une moyenne. Cette moyenne est de 0,50 pour les filons d'Andreasberg au Harz ; tandis que , pour ceux des environs de Clausthal et Zellerfeld, elle est de 5 à 8 mètres. Les filons de 2 mètres sont les plus fréquents dans le Westerwald, ainsi que dans le district métallifère de la Sierra-Morena ; enfin, le Cornwall nous ramène à la moyenne d'un mètre.
Relallous et groupement des IIIobs. — Il est très-rare qu'un filon soit isolé dans une contrée; il existera, par exemple, sinon d'autres filons de même espèce , au moins des filons stériles ou des filons caractérisés par d'autres minerais. Dès qu'il existe plusieurs filons, il y a nécessairement des relations entre eux. Considérés sous le rapport purement graphique, des filons peuvent être parallèles; s'ils ne sont pas parallèles, il peut .arriver qu'ils forment des croisements.
Examinons d'abord les faits qui résultent de la dernière by* pothèse, c'est-à-dire de là rencontre de deux filons.
Si nous supposons la rencontre de deux filons, il y aura un filon croiseur et un filon croisé ; de là, une distinction dans l'âge de formation ; le filon croiseur sera évidemment plus moderne que le filon croisé.
Un filon croiseur se distmgue facilement en ce qu'il n'éprouve dans sou allure aucune interruption ; le filon croisé , au contraire, présente une solution de continuité résultant de la rencontre même. Supposons en outre, et c'est le cas le plu9 ordinaire des filons, que le croiseur ait produit Mne/aille, c està-dire qu'il y ait eu déplacement relatif des deux parois de la cassure, il en résultera nécessairement un rejet, c'est-à-dire que^ même après avoir traversé l'épaisseur du croiseur i on ne
retrouvera pas le plan du filon croisé dans le prolongement naturel de la partie connue.
Les rejets sont, parmi les accidents des filons, ceux qui ont été le plus étudiés, parce que , dans l'exploitation , ils ont plus d'importance que tous les autres. Il est, en effet, peu de filons qui ne soient croisés dans leur parcours soit par des filons postérieurs plus ou moins puissants , soit par de simples fentes sans épaisseur que Ton appelle fileta. Il y a dans ce cas deux questions à résoudre : Quel est le sens du rejet ? Quel est son parcours, c'est-à-dire quelle est la différence de niveau des deux parties P «
On peut dire qu'il n'existe aucune règle absolue qui permette de répondre à ces deux questions, et pourtant, dans la plupart des pays de mines, l'étude pratique du phénomène conduit à des hypothèses très-probables. Schmidt a posé cette règle, que les rejets avaient toujours lieu comme si le toit du croiseur avait glissé sur son mur.
Cette hypothèse a été justifiée par des exemples nombreux ; elle se vérifie très-fréquemment dans les filons du Harz , et pourtant nous y trouvons aussi des exceptions assez multipliées. Ainsi, on distingue dans les mines d' Andreasberg des rejets suivant la théorie et des rejets contre la théorie. Dans ces derniers, c'est le toit du croiseur qui a remonté sur son mur.
Ces rejets contre la théorie, appartiennent presque tous à des failles postérieures à tous les filons métallifères ; ce sont les dernières fractures qui ont a£fecté la région des filons d' Andreasberg , elles n'ont ordinairement qu'une très-faible épaisseur, et sont complètement stériles. Ce qui rend ces failles trës-intéressantes , c'est que leur manifestation concorde toujours avec l'apparition dans le voisinage de masses éruptives arophiboliques qui ont pénétré les thonschiefer ^ et se sont insérées dans leurplan de stratification. Ces amphibolites sont donc postérieures à la fois aux filons et aux principales masses trappéennes de la contrée, qui, lorsqu'elles se trouvent sur la marche des filons, ont toujours été traversées par eux.
292 GITES MÏTALUFÈfŒS.
Dans beaucoup de mines on a trouvé que la théorie de Sc'hmidt concordait avec cet énoncé : que les rejets avaient lieu le plus souvent du côté de Tangle obtus. Mais cet énoncé est encore plus défectueux que le précédent , parce qu'il est sujet à plus d'exceptions.
En réalité, le seul guide certain qui puisse être indiqué, c'est l'étude des faits particuliers du champ de fracture où l'on se trouve, et surtout celle de la composition du terrain. Âpres avoir traversé un croiseur, une galerie pénètre dans les roches encaissantes , et l'étude locale permet alors de déterminer si ces roches encaissantes appartiennent au toit ou au mur du filon exploité.
Les figures 1 et 2 de la planche X, prises par le professe'ur Wcissembach dans les mines de Freiberg, représentent avec exactitude les diverses variations d'allure de filons déjà cités et des exemples intéressants de croisement.
Dans le premier cas (fig. 1), le filon Neuhofibanger-Flache, déjà représenté planche VIII, est coupé par le Christianer-Stehendegange, dont chaque ramification occasionne une dénivellation différente du filon croisé. Dans le second cas (fig. 2), le Gottlober-Morgengange , déjà représenté planche VU (fig. 2). est divisé en trois ramifications , et chacune de ces divisions rejette aussi le filon croisé dont la direction est à peu près perpendiculaire à la sienne. Pes rejets de même nature sont indiqués dans la galerie de Zinnwald planche VII (fig. 1).
La planche XXVI, qui représente la coupe d'un filon de Tenès en Algérie, indique l'existence de deux rejets; l'un, placé près des affleurements, et recoupé par le premier puits, présente une disposition contre la théorie, le second, au contraire, lui est conforme.
Ces exemples de croisements de petits filons se reproduisent d'une manière analogue pour les filons puissants; mais, dans ces cas, il est beaucoup plus difficile de reconnaître les détails du phénomène , car ils ne peuvent plus être mis en évidence parune seule section de galerie.
Il est rare qa'on puisse voir un phénomène de rejet autrement qu'en coupe dans l'intérieur des travaux souterrains. Les plans de surface où ces rejets se trouvent mis en évidence résultent du lever de ces travaux souterrains, et le phénomène est constaté par les opérations graphiques, plutôt qu'il ne se voit. Dans quelques circonstances, cependant, les affleurements peuvent fournir la vue de croisements et de rejets. L'exemple représenté planche XI est l'expression la plus évidente de ce phénomène.
Cet exemple est pris sur l'affleurement d'un des filons d'Obernhofdans le duché de Nassau. Un filon quarzeux, de 0'",50 à 0^,QÙ de puissance , contenant de la pyrite cuivreuse , est incliné à 70** ; il est coupé par un filet peu épais et peu incliné qui détermine un rejet d'une dizaine de mètres.
Deux filons qui se croisent présentent di?s différences prononoées dans leur composition en gangues et en minerais. Les fïlonB parallèles ont au contraire, sous le rapport de la composition, les relations les plus intimes. Il résulte de ce fait une véritable classification géognostique . car ce sont toujours les filons appartenant à un même type de composition et de direction qui seront croisés par des filons appartenant à un autre type» et qui croiseront les filons d'un troisième type.
Ces relations que présentent la direction et la composition dés filons., furent d'abord observées en Saxe et dans le Harz , où Wemer reconnut que les filons de même composition étaient parallèles entre eux, et que les filons de composition différente oonnieRt généralement dans des directions différentes. Ainsi, à Ebrenfiriedersdorff , des filons argentifères , dirigés nord-sud , ooi^)ent des filons d'étain dirigés est-ouest ; chacun de ces syitènies de composition comprend une série de filons dont les directions et les inclinaisons sont parallèles. Dans le Cornwttfl/on à reconnu neuf systèmes de filons distincts : deux systèmes de filons d'étain , un de porphyre , trois de cuivre , un de quartz et deux d'argile, dont Tordre géognostique et les diféetions ont été constatés.
GITES nSTALLIFEBES.
La planche XII représente le plan superficiel des prind filons du Comwall , et donne idée de ces croisements de d systèmes de filons parallèles entre eux. On voit que les 1 métallifères courant à peu près est-ouest sont coupés et n par des filons croiseurs courant nord-sud. Dans la mine dl Peawer (fig. 41 ), les filons d'étain sont coupés et rejeta
Flg.41.
les filons de cuivre ; et ces deux systèmes sont encore coi
et rejetés par les filons argileux croiseurs (cros&-courses) , sont les plus modernes.
En résumé, les faits qui ressortent de Texamen des disti de filons sont : que les filons formés à une même époque généralement une composition identique et sont parallè c'est-à-dire que, le sol ayant été d'abord fracturé dans une rection déterminée , ces fentes ont été remplies , qu'il s'en formé d'autres dans une nouvelle direction qui ont été coml par d'autres substances, lesquelles ont été suivies de nouv( fentes appartenant à un autre système , et ainsi de suite, phénomènes ont été signalés par Wemer, qui posait aini première base de la théorie des révolutions du globe de M. '. de Beaumont; théorie qui a mis en évidence le principe de rallélisme des accidents du globe terrestre.
Les filons , ainsi liés entre eux par des relations de di tion , doivent en effet présenter des rapports du même oi
•*»W«MnMVMiwanmiNAVt ^
avec les grands accidents du sol dont ils ne sont en quelque sorte que les détails. M. Élie de Beaumont a fait ressortifi dans plusieurs contrées , ces rapports , qui ne sont nulle part plus saillants que dans les Iles Britanniques. La chaîne Pen*» nine présente le parallélisme des crêtes montagneuses , des failles, des dykes et des filons sur une étendue considérable. Les Vosges, les chaînes de T Auvergne, les districts métallifères des Alpes, de la Saxe, de la Bohême, etc., confirment ces relations de parallélisme entre les fréquents accidents de la surface du globe et les divers systèmes de cassures qui en furent la conséquence. Il ne faut pas cependant généraliser ce principe. Par cela même que les filons ne sont que des faits de détail , leurs directions sont souvent complexes, mais il suffit de pouvoir établir les rapports de leur allure avec la configuration extérieure du sol , et surtout avec la nature des terrains traversés, pour déduire de ces principes une multitude de faits qui sont de la plus grande utilité pratique.
Dans les divers districts métallifères où les filons se trouvent rassemblés , ces filons ne sont pas en effet dispersés au hasard ; ils sont groupés dans certains espaces circonscrits que nous avons appelés champs de fracture. Ces champs de fracture sont généralement limités , soit par des roches d'une nature difïé-* rente de celles qui constituent le sol, soit par les lignes des accidents de la surface.
Le champ de firacture qui renferme les filons d'Andreasberg au Harz e8t,rexemple le plus intéressant qu'on puisse choisir. Le sol fracturé est formé d'alternances de schistes argileux , et de quelques couches de kieselschiefer. En outre, on y trouve intercalés de gros filons concordants , uniquement remplis de débris schisteux, et qui sont désignés sous la dénomination de ruschels : enfin, le sol est accidenté par des- roches dioritiques.
Si l'on jette les yeux sur la carte de ce champ de fracture (planche XIII), qui représente une coupe horizontale de tout le terrain à la profondeur de 100 lachters (200 mètres), on
296 GITES MÉTALLIFÈRES.
voit que les filons appartiennent à plusieurs époques. Les plus puissants , qui portent le nom de rutchels et sont concordants avec les schistes argileux, forment les limites du champ de fracture sillonné par les filons métallifères. Les deux mschels extrêmes n'ont pas d'ailleurs une position arbitraire; celle du nord , Neufanger-Ruschel , se trouve précisément à la séparation des grauwackes et des schistes argileux ; celle du sud, Eldellenter-Ruschel, marque, sur la plus grande partie de son parcours, la séparation des schistes argileux et des roches amphiboliques (grunsteins et diorites) qui les ont soûlevés. Le champ de fracture est ainsi limité par les clivages principaux du sol , au delà desquels le terrain change de nature.
Les filons métallifères appartiennent eux-mêmes à deux époques distinctes , bien qu'ils ne présentent pas de différences appréciables dans leur remplissage. Ainsi, le Samson, principal filon du district, coupe et rejette le Gnade-gottes et le Bergman-Trotter. Eln étudiant cette carte intéressante, due aux recherches assidues des ingénieurs du Harz , on voit comment les ruschels ont souvent fait dévier les filons; on voit, en outre, que les diorites, dont les masses principales sont antérieures aux filons, constituent cependant des masses intérieures qui sont traversées par eux , notamment à Andreaskreutzer. Ces diorites ont donc été produites par des éruptions successives; les filons et leur remplissage métallifère constituent, en quelque façon , un épisode particulier de cette période d'éruptions.
Le champ de fracture des environs d'Andreasberg présente, comme on le voit, une succession de fractures qui diffèrent entre elles par les conditions de leur formation, et en partie, par leur remplissage. Il y a des districts de filons qui ont un historique beaucoup plus compliqué. Les filons des environs de Joachimstall , par exemple, forment un groupe intéressant dont la petite carte (planche XIV, fig. 2), due aux recherches de M. Maier, exprime les principaux traits.
Ces filons sont concentrés dans un champ de fracture voisin
d'tme masse de granités et de porphyres qui domine le terrain schisteux ; ils se rapportent à deux directions très-distinctes , l'une nord-sud et l'autre est-ouest.
Les filons principaux de la direction nord-sud sont : Rothegang, Schweizer-gang, Rose- Jéricho , Evangelisten-gang, Hildebrand, etc. ; ceux de la direction est-ouest sont : Dorotheamorgen-gang, Seegen-gottes , Kiihgang, Andréas Jeirischer et Maurizi-gang.
Le parallélisme des filons appartenant aux deux directions est assez exactement suivi ; mais ces directions n'expriment pas réellement leur âge relatif, ainsi qu'on peut le voir par les divers cas d'intersection. Les filons est-ouest sont assez généralement les plus modernes, et cependant on peut admettre deux époques des filons nord-sud, l'une coupée et rejetée par les filons est-ouest, l'autre, au contraire, qui les coupe et les rejette.
Ces deux directions sont d'ailleurs accompagnées de dykes ^niptifs, appartenant à des roches très-distinctes. Ainsi, plusieurs filons nord-sud , tels que le Rothegang et le Schweizer . sont accompagnés de dykes porphyriques quartzifëres, qui suivent la même direction et se conforment même à certaines inflexions caractéristiques de leur allure. Ces dykes et les filons métallifères ont en outre la même inclinaison. Les filons estouest sont accompagnés de dykes basaltiques qui ont avec eux ^ relations analogues, et l'un d'eux, le Seegen-gottes, est un filon double, à la fois basaltique et métallifère.
M. Maier cite le Rothegang comme le filon qui présente b liaison la plus intime avec les porphyres. On voit, en ^t , d'après la carte qu'il en a donnée , que ce filon est accompagné par un dyke porphyrique qui court à peu près parallèlement , s'en éloigne quelquefois , et d'autres fois s'en rapproche au point de former une de ses épontes. Dans les parties les plus éloignées du porphyre, le filon est bien détaché; il n'a pas d'autre gangue que l'argile et pas d'autre minerai que le pechblende. Au contact du porphyre, cette gangue
208 GITES M£TALLIFËRES.
se pénfctro de quartz, passe au jaspe, le filon devient adhéra et Ton rencontre alors les divers minerais d'argent, qui « le principal objet des recherches à Joachimstall, ainsi que minerais de nickel, cobalt et de bismuth, qui caractérisent to cette partie de l'Erzgebirge. Ces relations , reproduites * I)lusieurs autres filons qui suivent la même direction, i amené à conclure que ces filons et les dykes porphyriqi devaient être >\ peu près contemporains.
Les filons est^ouest ont avec les basaltes des relationa remplissage qui semblent aussi démontrer une certaine àépi dance ; mais ici les rapports qui résultent de Tallure et du gr pement des filons avec les dykes basaltiques , sont encore p significatifs. •
Ces rapports sont établis par l'allure et la composition quelques-uns des filons les plus modernes. Le Seegen-gott< par exemple , est en partie rempli par un filon basaltique • suit la même marche. A la rencontre du filon Hildebrand basalte divisé en deux branches a été traversé , mais ce fi Hildebrand est coupé et même rejeté par le Seegen-gotb donc le Seegen-gottes est postérieur à THildebrand, postéri< lui-mêmn au basalte. L'ensemble de ce double filon du Seegv gottes est de même coupé et rejeté par le filon Saint-Jei rÉvangéliste. Donc si , dans ce champ de fracture , il y a < filons antérieurs aux basaltes, il y en a aussi qui leur sontp térieurs et suivent cependant la même direction.
Celui qui, de tous les champs de fracture sillonnés par < filons de diverses époques et de divers caractères, présente faits les plus nombreux et les plus classicjues est le distr de Freiberg. La carte (planche XV), réduite d'après celle M. de Beust, exprime les conditions» du gisement et de 1'^ lure de ces filons. On voit que Freiberg occupe à peu pr&« contre de ce vaste groupe de filons, qui s'étend à 8 kilomèt' au nord, 11 au midi, 3 au nord-ouest , et 4 au sud-est, co prenant ainsi une surface métallifère de 125 kilomètres car< Plus de 9()0 filons ont été reconnus sur cette étendue.
à UJPWNM
Il suffit d*un examen rapide de cette carte pour y reconnaître le phénomène du groupement des filons en plusieurs catégories caractérisées par des directions parallèles. Ces catégories principales sont au nombre de trois :
V Les filons principaux Siehende, dirigés sur 3 heures de la boussole, et développés principalement vers l'ouest du district ; d'après l'opinion de M. de Beust, ces filons se prolongent probablement dans les collines de Halsbach^Conradsdorf, Falkenberg. Naundorf, etc., où ils présenteraient un champ vaste et encore peu exploré ;
2^ Les filons Floche , qui se rattachent à la direction de 12 heures, forment deux faisceaux principaux ou zug qui coupent les filons Stehende ; un de ces faisceaux court de Drei* Kreutzen à Striegis, l'autre est plus au nord, entre Freiberg et la vallée de la Mulde ;
3** Une troisième direction principale comprend les filons Spat dirigés sur 9 heures, qui sont représentés presque dans toute l'étendue des filons de 3 heures , depuis Langenau jusqu'à Falkenberg , mais principalement accumulés vers Halsbriick, où se trouvé le Halsbruckner-Spat, le filon le plus puissant de toute la contrée ; cette direction coupe généralement les deux précédentes ;
4** Enfin, quelques filons se rapportent à une quatrième direction, Morgen, qui marche vers 6 heures.
En réalité, les deux directions de 3 heures et de 9 heures comprennent tous les filons les plus importants et les plus riches de la contrée. Les mines les plus productives se trouvent dans les filons de 3 heures , notamment dans le quartier d'Himmelfahrt, Abraham Seegen-gottes et Herzog Auguste, etc.. Comparativement aux filons du Harz , les filons des environs de Freiberg présentent , comme particularité importante, l'existence de plusieurs formations bien distinctes et d'époques différentes.
Si l'on compare, en effet, sous le rapport de la Coiuposition , l'ensemble des filons qui se rapportent aux quatre direc-
lions citées , on reconnaîtra que ces directions sont générale* ment caractérisées par des différences notables. Ainsi, la direction de 3 heures présente , avec des gangues exclusivement quartzeuses , des galènes pauvres , cristallisées ou à larges facettes; dans la direction de 12 heures , les minerais sont plus riches en argent , le quartz est mélangé de spath calcaire et de sulfate de baryte ; enfin , les filons de 9 heures ^ surtout du côté de Halsbriick , sont caractérisés par l'abondance du sulfate de baryte , et par la présence du falherz qui se mêle à la galène.
Cependant la distinction de l'âge des filons d'après leur direction n'a rien d'absolu dans les détails ; elle est même sujette à des exceptions tellement nettes et répétées , que les géologues de Freiberg ont préféré distinguer les filons d'après leur composition ; ces caractères offrant , à leur avis , des éléments plus certains de classification.
C'est ainsi qu'Herder a classé tous les filons suivant les groupements des minerais et des gangues , et fait cinq divisions qui , à partir des plus anciennes , sont :
1® Kiesige blei/of^mafion , galène contenant de | à 6 loths d'argent, blende, arséniate de fer, pyrite de fer, pyrite cuivreuse, cuivre gris, argent antimonié sulfuré rare; gangues quartzeuses. Ces filons , au nombre de 287, appartiennent aux directions Stehende et Morgen,
2* Edle hieifarmation , galène contenant 6 loths et plus , blende , pyrite de fer contenant de 1 à 3 loths , argent rouge , argent natif, antimoine sulfuré , fer olygiste , manganèse carbonate ; gangues quartzeuses , avec chaux carbonatée et sulfate de baryte. Ces filons , au nombre de 330, appartiennent aux directions Floche , Stehende et Morgen,
3« Edle qvarz formation. Argent rouge, arséniate de fer, mispickel argentifère, argent natif, galène très-argentifère, manganèse carbonate, gangues de quartz, chaux carbonatée, chaux fluatée. 119 filons des diverses directions appartiennent à cette classe.
4"* Baryiisrhe bleiforniation , galène pauvre, plomb phos-
phaté , pyrite de fer, blende brune , cuivre gris , pyrite cuivreuse, argent rouge, arsenic natif, réalgar, cobalt gris, fer olygiste. Gangues de baryte sulfatée et de spath fluor. Cette classe comprend 134 filons , qui se rapportent presque tous à la direction Spat.
5° Kupfer formation , comprenant des filons à gangues de quartz souvent améthisé , avec cuivre pyriteux , pyrite de fer, cuivre carbonate, etc.
On voit que cette classification d'Herder est établie sur des distinctions très-subtiles , puisque les quatre premières classes ne différent guère que par les gangues, le titre en argent et par Tordre suivant lequel les minerais sont énumérés , ordre qui est celui de leur importance dans les filons. La cinquième division est tout à fait arbitraire , et ne comprend en réalité que des filons qui font partie des catégories précédentes. M. de Weissembach , mieux éclairé par le développement des travaux , a établi les quatre classes des filons en appuyant les distinctions sur les gangues plus que sur les minerais. Ces quatre classes, dont on trouvera facilement les rapports avec les catégories précédemment établies soit par les directions soit par les divisions minéralogiques d'Herder,- sont :
1® Filons quartzeux, avec pyrite de fer, blende, galène, mîspickel : contenance d'argent, médiocre.
2® Filons de Braunspath (chaux carbonatée ferrifère) avec les mêmes minerais que précédemment, mais avec un titre d'argent plus élevé.
y Filons avec fer oxydé , fer carbonate , spath fluor, sulfate de baryte ; généralement moins métallifères que les deux classes précédentes. Ces filons traversent quelquefois leZechstein.
4" Filons à gangues calcaires, contenant quelquefois des minorais assez riches; ils se sont trouvés accidentellement dans les terrains jurassiques.
Ces classifications d'après la composition prouvent que les idées de Wemer, qui avaient eu pour point de départ précisément les filons de Saxe , sont loin de pouvoir être considérées
comme absolues , et qu elles doivent être applianéee non comme des règles pratiques, mais seulement comme .^ probabilités. Ramenées à cette valeur, les lois qui régissent l'histoire des filons sont d'ailleurs dans les conditions de toutes les lois géo« logiques, et surtout de celles qui s'appliquent aux terrains ignés , avec lesquels les gîtes métallifères sont en connexion constante. Le seul fait de 900 filons existant dans un même district, rapportés à quatre directions constantes, et soumis à des lois de composition qui indiquent leur âge , est déjà bien remarquable. Il est encore hors de doute qu*ily a un ordre de succession parmi ces quatre directions ; mais , dans un terrain tourmenté par tant de causes de fracture, il s'est produit nécessairement ce que nous avons précédemment signalé à Andreasberg : le terrain sollicité à se fracturer suivant une direction détermimée , s'est en même temps fendu suivant des directions croisées; les conditions locales de résistance ayant modifié les tendances incontestables des efforts souterrains dont l'effet s'est borné dès lors à faire dominer une direction.
De la dlslrlballon et de l*orlglne des mlMerals dams les filous. — D'après ce que nous venons de dire sur la composition des filons, leur allure, leurs relations et leur groupement, on voit que les divers minerais se trouvent classés dans dea filons distincts. Ainsi, il y a des filons dans lesquels domine l'oxyde d'étain ; d'autres sont caractérisés par les divers minerais euprifëres ; d'autres par la galène et la blende ; d'autres par le sulfure d'antimoine; d'autres par les minerais d'argent, etc. Ces divers filons se sont succédé dans un certain ordre , et, bien que, sous ce rapport, les faits ne soient pas les mêmes dans lés divers districts, il en est quelques-uns qui paraissent constants : telle est, par exemple, l'ancienneté des filons d'étain comparativement à tous les autres.
Les divers minerais qui forment, dans les filons, la partie la plus caractéristique et la plus précieuse, n'y sont pas disséminés d'une manière constante et uniforme, tl y a des parties riches I d'autres pauvres, d'autres tout à fait stériles.
On peut cou|idérer la composition des filons suivant des coupes vertiUi.» t i ou bien suivant des coupes horizontales ; en d*autres termes, suivant leur inclinaison ou leur direction» Dans le premier cas , il y a une constance assez remarquable dans les gangues et les minerais, ainsi que dans la structure ; tandis que, dans le second, les caractères ne se maintiennent que pendant des intervalles variables en longueur, mais générar lement peu soutenus. Ici les exemples abondent, et c'est pour cela que les exploitations sont en général très-nettement limi'tées en direction, tandis qu'elles s'étendent toujours en profondeur.
Les concentrations métallifères ont, dans les filons du Harz^ une position bien caractérisée. Dans les filons de Clausthfd (planche XVI), tant que les filons sont simples dans leur allure, les roches du toit et du mur dominent dans le remplissage, et il y a peu de chance d'enrichissement; mais, lorsque les filons se divisent de manière à embrasser une grande épaisseur de terrain dans leurs ramifications complexes, les matières métallifères prennent plus d'importance. Que l'on jette les yeux sur la carte de ces filons , et les parties ramifiées de Burgstadter et du Rosenhofer zug frapperont immédiatement par la multiplicité de leurs réseaux. Or, ces portions ramifiées où il y a accroissement de puissance totale et dissémination des filons, sont , en même temps , les plus remarquables par la richesse en galène argentifère.
Un fait analogue se reproduit dans les filons d'Andreasberg qui sont très-sujets à se ramifier latéralement ; ces points divisés et contournés dans leur allure sont en même temps les plus ri^ ches. Dans la ramification du Samson (représentée fig. 39), et qui avait 14 du 16 mètres en direction , et 15 ou 16 dans le sens de l'inclinaison, on a trouvé une veine d'argent rouge dont Tabatage a donné un produit de 500 000 francs.
L'étude générale des filons du Harz à donc permis de poser ce principe : que toutes les dispositions de fractures qui ont facilité le remplissage par l'écroulement des épontes, sbnt c^n-
304 GITES MËTALLIFËEES.
traires au développement des minerais, et que, réciproquement, ce développement a été favorisé par toutes les circonstances qui pouvaient maintenir pendant longtemps les vides intérieur des fractures.
Le filon de Veta-Grande, près Zacatecas, au Mexique, fournit un exemple frappant de la concentration fréquente des minerais les plus riches sur les points de la puissance maximum. Ce filon est exploité par 21 mines sur 2760 mètres de longueur , et sur une profondeur de 3 à 400 mètres ; l'exploitation a été surtout fructueuse dans les mines de Gallega et de Cerro-di-Milanese , où le filon atteint une puissance de 8 à 12 mètres, soit par un simple renflement, soit par une bifurcation en quatre branches ; elle a été arrêtée , au contraire , en direction comme en profondeur , par des rétrécissements soutenus qui réduisaient la puissance à0"',90 à 1°',20, dimensions auxquelles l'abatage cessait de donner des bénéfices.
Le célèbre filon de la Veta-Madre, exploité sur une longueur de 12000 mètres en direction, n*a présenté une richesse remarquable que sur environ 2600 mètres. Sur beaucoup de points, on a observé des changements de minerais : ainsi, la pyrite cuivreuse était remplacée par de la blende et de la galène , de telle sorte que le filon semblait composé de zones verticales accolées, et de composition différente. Ces transformations suivant la direction résultent naturellement du mode de formation des filons ; quant aux transformations dans le sens de l'inclinaison, elles semblent devoir être attribuées à des causes différentes.
En effet, dans un grand nombre de filons on a remarqué une différence complète entre les caractères minéralogiques des parties supérieures et ceux des parties situées à une profondeur considérable. Ainsi, les filons de Sainte-Marie-aux-Mines furent célèbres lors de l'exploitation des parties situées au-dessus des vallées principales; on y trouvait de l'argent natif en masses souvent considérables ; le minerai était également plus argenti*
fère et plus facile à abattre qu'il ne l'a été ensuite lorsque les travaux devinrent plus profonds. Les variations de ce genre ont été attribuées à la faculté condensatrice que devaient posséder au plus haut degré les parties supérieures d'une cassure, comparativement aux parties profondes ; les émanations métallifères devaient s'y fixer de préférence, de même que dans les portions renflées ou bifurquées, parce que la vitesse de leur courant était ralentie et la température diminuée ; mais ces variations de richesse suivant l'inclinaison peuvent encore résulter d'un autre ordre de faits. Ainsi, dans la plupart des filons américains, les minerais d*argent sont disséminés vers les parties voisines des affleurements dans des terres ocreuses, peu résistantes, présentant tous les caractères des filons décomposés, dits filons pourris ; les minerais y sont à l'état natif, à l'état de chlorure et de sulfure. Ces minerais, avantageux à exploiter malgré leur faible teneur, parce qu'ils sont faciles à abattre , ont reçu les noms de colorados au Mexique, et de pacos au Pérou; le minerai y est à peine perceptible à l'œil, mais facile à recueillir par l'amalgamation. En profondeur, on ne trouve plus, dans plusieurs de ces mines, que des pyrites de fer disséminées dans des gangues dures et résistantes; ces minerais [los negros], à la fois plus coûteux à abattre et à traiter, sont rarement extraits avec bénéfice.
Si l'on étudie la répartition des minerais suivant les diverses sections des filons , on .voit que le minerai y est disposé en veines, en veinules, en petits amas, en rognons, en grains, en paillettes et en cristaux; ces diverses formes sont d'ailleurs subordonnées au rubanement par zones doubles et symétriques, pour les filons où cette disposition est visible. Ainsi , tantôt le minerai formera des veines continues suivant le plan du filon , soit presque pur ou isolé par des salbandes particulières et distinctes ; tantôt il sera tout à fait disséminé dans les gangues. Les cristaux se trouvent surtout dans les parties cariées et caverneuses de la rociie ; ils présentent presque toujours des formes cristallines particulières dans un même filon ; de
306 GITES MÉTALLlFtRBS.
telle sorte que , dans les collections , on peut souvent reconnaître la provenance de beaucoup d'échantillons. On peut dire d'ailleurs que , sous toutes ces formes , la présence du minerai tend à constituer des zones distinctes , soit qu'il existe seulement vers les salbandes ^ soit qu'il se trouve rassemblé dans Taxe du filon et forme en quelque sorte un filon dans un autre.
La distribution des minerais dans les filons mérite d'autant plus d'être étudiée que, lorsqu'on parle d'un filon de galène, de cuivre gris, d'un mètre de puissance, on s'imagine généralement que la galène ou le cuivre gris ont réellement un mètre d'épaisseur. 11 n'en est rien cependant, car les minerais jouent toujours un rôle très -secondaire dans les filons.
Que l'on se reporte à la figure 35 (page 277) qui représente une coupe sur une hauteur de plus de 30 mètres du filon d' Aumak en Algérie, et l'on reconnaîtra que le cuivre gris (teinté en noir) n'y est réellement que disséminé en très-faible quantité , coniparativemeot à la barjrte sulfatée ou au fer spathique. Dans la figure 39 (page 286) qui représente la disposition d'un des pli» riches chuitiers du Samson , dans le district d'Andreasberg, l'argent rouge ne forme, au centre, qu'un filet de 12 à 16 oen* timètres d'épaisseur ; encore l'arsenic y est-il en quantité dominante , tandis que la chaux carbonatée et les roches du toit et du mur, mélangées de particules métallifères , constituent les parties latérales du filon.
Quelquefois , on rencontre dans les filons de belles aecQmulations métallifères, de deux, trois mètres d'épaisseur; mais alors la continuité est en raison inverse de la puissance, et ces renflements sont des anomalies que les filons réguliers présentent rarement. Dans un rubanement prononcé, une continuité en direction de vingt à trente mètres , eonunc celle des rubans métallifères d'Holzappel, est déjà «ne partiel' larité remarquable.
Dans les nombreux filons , ren^lis en partie par lee dékris du toit et du mur ou ^r des roches étrangères , le nmarv forme le plus souvent le cisient qui réunît ces parties hêi-
DISTRIBUTION PES MINE&4fS DANS LES FILONS. 307
rogènes , ainsi que nous ravon3 signalé pour quelques liions dtt Harz. I^s filons puissants, tel« que ceux de La Croix-aux- Mines , etc., sont ordinairement dans cette catégorie.
Souvent, les roches encaissantes semblent avoir exercé sur la composition des filons une influence notable. Cette influence parait se rattacher à deux ordres de faits différents ; les premiers purement mécaniques, les seconds chimiques.
Dans le premier cas se trouvent les exemples classiques des filons de galène du Derbyshire , traversant à la fois les cal* caires métallifères, les grès et les roches trappéennes qui se sont intercalées entre les couches de manière à présenter des alternances répétées ; les filons, larges et riches dans le calcaire, sont rétrécis, pauvres et souvent étranglés dans les grès et les trapps. A Andreasberg, on a souvent remarqué que les filons étaient plus riches et plus puissants dans les schistes que dans les kieselscbiefer. Ces exemples, qu'on pourrait multiplier, résultent évidemment des dimensions relaiives de la cassure dans les diverses roches traversées ; l'augmentation de ri« dbesae ou sa diminution ne sont que la conséquence des renflements ou des étranglements des filons. Cette différence relative des cassures s'explique par la différence d'élasticité des couches fracturées ; mais le fait n'en conserve pas moins tout son intérêt, et, dans toute contrée de composition très -variable, il pourra guider les travaux de redierches et d'exploitation et faire découvrir a priori les parties où les filons auront le plus de chance d'être riches et puissants.
n est des variations qui semblent attester réellement une influence directe de la roche encaissante sur la richesse du filon. Par exemple , à Kongsberg , en Norvège, des filons minces, à gangue de spath calcaire. Courent dans un terrain de gneiss et de schiste micacé amphibolique ; quelques-unes des <x>iidies schisteuses sont pénétrées de cuivre pyriteux, pyrite, galène et blende ; on les nomme falband. C'est seulement lorsqu'ils traversent ces falband , que les flloos contienneni
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l'argent natif et sulfuré, cristallisé ou filiforme, accompagnés de pyrites et de cuivre pyriteux ; cette loi de groupement a été constatée jusqu'à 565 mètres de profondeur.
Certains filons de Saxe et de Bohème , traversant des couches de schistes et des masses de porphyres, s'enrichissent dans ces dernières roches, tandis qu'ils deviennent stériles dans le schiste, sans qu'il y ait pourtant variation de puissance. D'ordinaire, on observe diverses circonstances, telles que l'adhérence du filon à la roche qui l'enrichit, la facilité de cette roche à se pénétrer elle-même des substances métalliques, qui porteraient à croire qu'il y a eu une affinité réelle entre elle et les émanations métallifères. Quelques filons de Joachimstal (planche XIV, fig. 2) semblent démontrer cette affinité.
Les filons du district de Freiberg sont beaucoup moins ramifiés que ceux du Harz. Leurs directions sont plus franches et leur allure plus régulière ; aussi n'a-t-on pas eu occasion de constater des concentrations de minerais dans les parties ramifiées et dilatées, comme dans les filons de Clausthal. La distribution des minerais n'est pas pour cela plus régulière : ainsi, les mines signalées il y a trente ans par M. Héron de Villefosse comme les plus productives , ne sont plus aujourd'hui dans les mêmes conditions ; l'exploitation s'est principalement soutenue par les produits de la mine d'Himmelfahrt, qui était alors de peu d'importance. Les filons de Freiberg offrent en effet des exemples de grandes variations dans leur composition. Dans ces plans métallifères qui se prolongent si loin , 1^ gangues dominent et souvent contiennent à peine quelques traces des métaux recherchés ; l'exploitation marche donc au hasard plus que partout ailleurs, sans qu'on ait pu fixer jusqu'à présent aucune règle ni trouver aucun moyen qui puisse servir de guide.
Les concentrations de minerais telles que celles qui sont actuellement connues à Himmelfahrt , paraissent cependant aflectionner une position spéciale , celle des croisements de filon:» d'un âge différent.
Cette concentration caractéristique des minerais dans les croisements ne peut être attribuée à un surcroît de puissance , car les deux filons ne sont pas contemporains ; on voit nettement «n filon croiseur et un filon croisé ; par conséquent, il y avait continuité du sol traversé lorsque la concentration de minerais s*est efiectuée. L'enrichissement a lieu, dans les mines d'Himmelfahrt, notamment aux croisements que subissent le Gottlober-Morgengange et T Abraham , par des directions presque perpendiculaires. Lies minerais se trouvent concentrés principalement suivant Taxe de ces croisements , et appartiennent aux croiseurs. Il est donc probable que la concentration a été ici le résultat de l'influence de la roche encaissante, et que les propriétés des gangues métallifères déjà existantes l'ont déterminée , de même que les falband de Kongsberg ont déterminé la concentration des minerais dans les seules parties des filons qui les traversent.
L'enrichissement des filons dans les croisements est aujourd'hui un fait constaté dans le district de Freiberg ; il existe non-seulement pour des filons considérés isolément, mais encore pour des faisceaux de filons ; les parties les plus métallifères de la contrée étant celles où se croisent les zugs de direction différente.
On voit, d'après ces exemples , qu'il existe dans chaque district métallifère des faits généraux qui guident dans la recherche des parties riches des filons. A ces faits généraux , basés sur les conditions de l'allure des filons et sur la nature des roches encaissantes, on peut en ajouter beaucoup d'autres basés sur la variation des gangues et sur les relations qui existent entre certaines d'entre elles et les minerais.
Dans presque tous les districts de filons , il y a affinité de telles gangues pour tel minerai, et répulsion de telles autres. Il en résulte que les gangues, telles que le quartz cristallin ou calcédonieux , la baryte sulfatée, le spath fluor, seront, dans certains cas , de précieux indices pour la recherche des minerais. D'autres fois, ce sera un autre minerai qui servira de gan-
n\o cites veTALLiF'ÊKi;!
gue à un autre plus précieux ; un fer oxydé ou ^rbonàté accompagnera des minerais de cuivre. Ces affinités ou cw» répulsions ne sont régies par aucune règle absolue ; tous les faits sont locaux , et nous nous bornerons à en citer un exemple.
Que l'on examine la carte des filons de Clausthal, planche XVI. Dans tous les filons qui sont situés vers le nord, et à mesure qu'on s'éloigne dans cette direction, limportance des gangues spathiques diminue et celle des gangues quartzeuses augmente ; le sulfate de baryte devient rare ; parmi les minerais, la galène se présente moins argentifère, et la proportion de blende mélangée augmente. Vers le sud, c'est au contraire la baryte sulfatée qui, parmi les gangues, prend plus d'importance aux dépens des carbonates; le quartz est éliminé, et, quant aux minerais , la blende disparaît tandis que la galène devient plus argentiRîPo.
Le filon central, qui forme, en quelque sorte, Taxe du système de fractures , peut être considéré comme un terme maym de composition ; les deux extrêmes étant situés, l'un vers Lauthontal , où les gangues sont souvent quartzeuses , et oîi la blonde est tellement abondante qu'elle élimine en certains points les galènes appauvries ; l'autre au Silbernaaler , dor.t certaines parties sont composées presque exclusivement de baryte sulfatée avec galène très-argentifère.
Cette loi de distribution générale des gangues et des minerais est sans doute sujette à beaucoup d'exceptions- locales, mais elle est frappante lorsqu'on considère l'ensemble du système. Elle indique d'ailleurs qu'il ne faut pas vouloir assujettir une même période de formation de filons à une grande unité de composition , car des variations ainsi exprimées sur des distances assez rapprochées deviendront beaucoup plus tranchées lorsque les points seront très-distants. Sous ce rapport, une période de génération métallifère ne peut être assimilée à une période d'éruption de roches ignées, dont l'identité est au contraire frappante sur des espaces considérables. C'est qu'anss
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iMfM^r.'
nous sommes autorisés à considérer les grandes éroÎMions dé roches ignées comme un phénomène unique , et presque instantané dans son ensemble, tandis que les filons appartiennent t suivant toute probabilité, à des phénomènes longs et complexes^ phénomènes de détail qui ont peut-être séparé les émissions diverses des périodes éruptives , comme les solfatares et les volcans actuels séparent la dernière révolution du globe de celle qui peut lui succéder un jour.
Uorigine souterraine des filons ressort ainsi de tous les points de vue sous lesquels on peut les considérer ; nous pouvons en outre la démontrer par des considérations gêné* raies.
Les substances métallifères, comme toute espèce de sub* stance minérale constituant l'écorce du globe , doivent se rap« porter nécessairement à un des deux principes générateurs ; l'un agissant du centre à la surface, et produisant les roches cristallines ; l'autre résultant de l'action superficielle des eaux, et produisant des roches stratifiées compactes ou terreuses. Si l'on cherche auquel de ces deux principes peuvent être rapportés les minerais et leurs gangues , on est irrésistiblement conduit , par les analogies minéralogiques , à attribuer les substances des filons au principe igné. La texture ordinairement cristalline des minerais, la structure symétrique des filons est contraire à toute idée d'action sédimentaire ; d'autre part, on ne trouve dans les terrains stratifiés aucune substance métaU lique, le fer exiîepté ; encore avons-nous vu qu'il devait être attribué à des causes locales, et provenait réellement d'in« fluences qui se sont manifestées du centre à la circonférence. Dans les terrains ignés, au contraire, il n'est pas rare de trou^ ver des minerais disséminés ou rassemblés , évidemment contemporains , et faisant partie intégrante des éruptions : le fer titane dans les basaltes , l'or et le platine dans certains porphyres , les substances cuprifères et le fer oxydulé dans des trapps et des serpentines , sont des preuves de la grande analogie du gisement des minerais avec celui des roches ignées.
342 GITES MËTALLIFÈRBS.
Les volcans brûlants viennent eux-mêmes à l'appui de cette opinion ; ils produisent presque tous des sublimations de fer oligiste ; le chlorure de cuivre , le réalgar furent à certaines époques trës-abondants dans le cratère du Vésuve.
Si Ton cherche à coordonner cette analogie avec les formes présentées par les gîtes métallifères, on trouve encore des concordances remarquables qui confirment ces premières données. En effet, l'hypothèse de fentes préexistantes est démontrée par le seul examen des filons : ainsi , outre qu'on les voit parcourir les terrains de composition et d'âge différents avec les détails de division conformes à cette hypothèse , séparant nettement les roches dures et compactes , se bifurquant dans les roches schisteuses , se changeant en une multitude de fissures dans les roches fendillées ; outre que ces brusques solutions de continuité dans les terrains stratifiés ne sauraient admettre aucune autre explication, on a vu que, dans le cas où divers filons viennent à se croiser, l'étude des lignes de stratification des terrains encaissants et des relations des filons entre eux conduisait précisément à cette hypothèse de fentes et de failles produites à des époques différentes.
L'origine de ces fentes et failles ne peut être attribuée qu'aux effets dynamiques de l'action expansive intérieure. Cette supposition est confirmée jusqu'à l'évidence par les relations qui existent entre les filons et les accidents du sol déterminés par cette action dynamique. Depuis les temps historiques , les tremblements de terre du nouveau monde ont produit de ces crevasses longitudinales que l'on peut suivre pendant plusieurs milles et dont la largeur va jusqu'à 3 et 4 mètres. Ces failles, souvent remplies par des débris, sont quelquefois très -profondes , et ont nécessité la construction des premiers ponts suspendus eu cordes et lianes : ce sont de véritables fentes a filons. Il y a donc eu, dans la plupart des cas, tout à la fois formation de fentes et établissement d'une communication entre ces fentes et l'action intérieure du globe.
Wemer regardait les fentes comme postérieures au dépôt des
roches , et causées , soit par le retrait de la masse en se desséchant et se consolidant, soit par les soulèvements et les affaissements du sol. Il pensait, en outre, que ces fentes avaient été remplies , de haut en bas , par des dissolutions , de nature variable , qui déposaient sur les parois de ces fentes les principes métalliques , tandis que les causes mécaniques extérieures contribuaient aussi à les remplir. Il expliquait la différence des matières constituantes par cette considération que , les eaux étant plus tranquilles dans ces fentes profondes qu*à la sur*face , les dépôts des filons devaient être purs et cristallins , et différents de ceux de la surface. Ces idées, adoptées par l'école de Freiberg, furent admises, aussi longtemps que des incertitudes encore plus grandes existèrent sur le mode de formation des terrains. Mais, lorsque l'étude des phénomènes actuels, lorsque les études minéralogiques permirent d'apprécier avec plus de certitude la composition de Técorce du globe et son mode de formation , on reconnut qu'une partie des hypothèses de Wemer étaient inconciliables avec les faits géognostiques. Comment supposer, en effet, que les eaux aient pu se charger de principes métalliques qui n'existaient pas à la surface? Si ces principes existaient, comment admettre qu'ils se soient uniquement déposés dans les filons, tandis qu'on n'en voit aucune trace dans les couches calcaires quartzeuses ou argileuses qui se déposaient à la même époque et dans les mêmes contrées? M. Daubuisson , élève de Wemer, et l'un des fondateurs de la science géognostique en France , fut le premier à signaler ces anomalies et à manifester ces doutes. « Lorsque je vois, disait-il , dans une contrée de 100 lieues d'étendue, composée uniquement de grès et de grauwackes , des filons de galène et de quartz bien cristallins ; lorsque, dans des montagnes d'une étendue aussi grande, et composée de gneiss , je trouve une multitude de filons d'argent et de spath , sans qu'il y ait le moindre indice de ces substances dans la masse des montagnes, il m'est bien difficile de concevoir que ces filons soient le produit d'une dissolution
31 i GITES MÉTALLIFÈRES.
qui , rouvrant toute la contrée , aurait pénétré dans les fentes et y aurait déposé les matières dont elle était chargée. N'anrait-elle donc déposé ces précipités que dans les fentes? ou bien aurait-elle déposé des masses de gneiss à la sur&ce du sol, et du spath argentifère dans les fentes? On conçoit qu'un précipité fait dans un lieu avec plus de tranquillité , puisse donner un produit plus cristallin , mais non qu'il puisse former un corps tout à fait différent : par exemple, du quartz , du feldspath et du mica dans un lieu , du plomb sulfuré et du sulfate de baryte dans un autre. »
En repoussant ainsi T origine des filons métallifères par Toie sédimentaire , on est forcément conduit à admettre qu'ils ont été produits par voie ignée, puisque ces deux modes d'origine sont les seuls pour toutes les roches. On ne peut cependmt poser en principe que les filons métallifères soient exdwÎTe* ment d*origine ignée, car on y trouve souvent, et entrés-grande abondance, des fragments du toit et du mur , des agrégats formés par les roches environnantes et dans lesquels l'action lies eaux est évidente. Souvent aussi les substances métsK lifères n'apparaissent dans un filon que conlme ciment des roches du toit et du mur ou d'autres débris fragmentaires venus d'en haut , de telle sorte , que l'ensemble du filon est une espèce de brèche hétérogène à double origine. Mais les substances métallifères, les gangues à la fois cristallines et GSractëristiques, telles que le sulfate de baryte, le spath fluor, le spath calcaire magnésifère, etc., ne peuvent résulter que d'une action dont le siège est placé au-dessous des couches solidifiées de l'écorce terrestre.
Le principe de l'origine souterraine des gangues spéciales et des minerais oxydés, sulfurés et carbonates , étant démontré, on peut chercher encore , dans les détails de structure et de composition des filons, quelles furent les circonstances de leur formation.
Si , par exemple , on étudie sous un point de vue général le mode de remplissage des filons, on sera porté à les considérer
DlSTniBDTlON DES HIKBftAIS DANS LES FILONB. 3(!t
comme éruptib en ce sens que les minéraux caractérietiquee de ce remplissage ont été évidemment produits par des émanations de bas en haut. Mais l'on trouve, en outre, dans la nature du remplissage et dans les phénomènes de structure, la ' preuve que les filons résultent de phénomènes prolongea et complexes.
Ainsi, l'intérieur des filons présente souvent des surfaces
striées on polies ,
. des miroirs qui
\ prouvent qu'il y a
eudes mouvements
et des écartemcnts
; successifs, he ni-
, banement résulte
' alors de la succès
■ sion des remplis-
es ; il y a eu
; des accroissements
^ latéraux , qui non-
; seulement ont ac-
^ colé des matières
E différentes lesunea
autres , mais
, en quelque
- sorte , feuilleté le
^'^' "■ terrain encaissant,
ainsi que le prouve la figure 42, prise dans une galerie des
mines de Mouzirïa.
Cette coupe de galerie , dans laquelle la baryte sulfatée est représentée par des hachures horizontales , le fer apathique par des hachures parallèles au toit et au mur, le cuivre gris par des teintes noires, et le terrain encaissant par des hachures obliques, montre les feuillets de ce terrain jusque dans l'in- . térieur du filon; ces lames de schistes ont été évidemment détachées et isolées par les actions successives de l'accroisse-
316 GITES HÉTALUFÊRES.
ment du Klon. Cette proposition se trouve encore diimontrce par la coupe (fig. 43), où le même filon de fer apathique et ^^^ de baryte avait été
t\ ^' \^HRMJilBlr incontestablement
fracturé lorsque le cuivre grisest venu ajouter une nouvelle zone rubanfe au filon, en suivant dans son allure les inflexions déterminées par la fracture.
Si l'on se re- I porte actuellement à la structure générale des éléments qui remplissent les filonsetsi l'on n'oublie pas que les par ties stériles et le^ I parties riches de ceâ ûlons forment des Fig' ". zones ou colorme»
successives de 10 à40 mètres de continuité, et que ces diverses parties paraissent conserver leur composition en profondeur, on comprendra toute la réalité de l'assimilation des filons métallifères à des fractures passées à l'état de solfatares. Dps phénomènes se sont ainsi frayé des routes diverses dans uni? direction donnée, ont produit des substances nouvelles etaU lériî les substances préexistantes par des actions lentes et prolongées ; intercalant , par des actions ascensionnelles , de^ minéraux spéciaux et rubanés , aux minéraux déjà dus au:' actions précédentes.
Sans entrer dans le détail des phénomènes et des réactions
chimiques qui ont pu avoir lieu dans les filons, il est évident que, dans beaucoup de circonstances, les eaux , à Tétat liquide ou à Tétat de vapeur, ont dû mêler leur action à celle des agents purement ignés. Il y a beaucoup de ces exemples de génération mixte.
L'origine des substances métallifères recevra des développements nouveaux de l'étude des gîtes irréguliers, gîtes qui sont liés d'une manière plus intime avec les roches ignées et les phénomènes du métamorphisme.
Gâtes irrégoUers i veines» filons et amas de eontaet .
Les gîtes irréguliet's échappent, en quelque sorte, à toute définition de formes ; ils se présentent en veines qui ne diffèrent des filons que par l'irrégularité de leur allure , par la disposition confuse et la nature des minéraux constituants ; en amas de toutes dimensions, couchés ou debout relativement à la stratification du terrain encaissant; en stocwerks, c'est-à-dire en veinules, nœuds, ou particules isolées , qui imprègnent des portions de terrains ; enfin en portions de couches qui ont subi des altérations métamorphiques.
Cette irrégularité serait un obstacle absolu à l'étude , si la position et même l'allure de ces gîtes , tout irrégulière qu'elle est, n'était assujettie à des lois générales. Or, ces gîtes sont essentiellement liés, dans toutes les circonstances de leur gisement et de leur composition, à la nature des roches encaissantes ; les données de la science sont donc encore plus utiles à leur exploration et à leur exploitation que dans le cas des filons.
Les gîtes irréguliers sont dans des conditions précisément inverses de celles qui ont été reconnues pour les filons ; ils ont des formes indéfinies , tandis que les filons suivent , sous ce rapport, des lois très -précises : ils dépendent des roches encaissantes , tandis que les filons traversent presque indifféremment toutes les roches préexistantes, ignées ou stratifiées.