TOSCANE
le contact des masses serpentinenses auxquelles ils sont subordonnés. En examinant de loin certains massifs serpentineux, dont les flancs ont été dénudés , Tœil saisit avec assez de précision , d'après le mouvement des jnasses rocheuses et leur structure en grand , quelles sont les lignes de séparation des roches soulevantes et des roches soulevées ; en s'approchant ensuite on reconnaît que les lignes de contact ainsi pressenties laissent toujours les gabbros avec les roches statifiées.
L'étude des gabbros verts confirme cette classification du gabbro-rosso dans les roches de contact. La serpentine présente des caractères physiques tellement contrastants avec le gabbrorosso, que l'esprit admet difficilement cette dernière roche comme dérivant de la première ; le gabbro vert établit le passage. Cette roche est, en effet, stéaliteuse comme les serpentines, auxquelles elle est quelquefois soudée, tandis que, d'autre part, elle s'unit par des passages minéralogiques à des roches schisteuses évidemment stratifiées ; en même temps, elle passe aussi au gabbro-rosso , en se bariolant de parties rouges sporadiquest puis se chargeant de peroxyde de fer d'une manière générale. H nous est donc resté démontré que le gabbrorosso n'était qu'un gabbro vert de contact , qui avait subi des influences particulières , influences dont le résultat a été de surcharger la roche de fer olygiste, en la rendant en outre plus dure et plus cristalline.
Les minerais de cuivre et de fer qui forment le trait caractéristique de la chaîne métallifère, sont, en quelque sorte, parqués dans ces roches de contact, ou disséminés dans des arophibolites éruptives, qui sont elles-mêmes liées aux serpentines. Ainsi , les filons stéatiteux qui , le plus souvent, séparent les gabbros verts et rouges des masses serpentinenses, et qui d'autres fois parcourent ces gabbros parallèlement aux courbes du contact et semblent y accuser des clivages de stratification , contiennent souvent des minerais résultant des émanations qui doivent avoir immédiatement suivi les éruptions serpentinenses. Les amphibolites cuprifère^ et plonibi-
fbres de Campiglia sont des résultats différents d'actions analogues, isolées de serpentines, mais qui leur sont contemporaines. Les minerais de fer sont dans le même cas ; le gîte de Rio, dans Tîle d'Elbe, est un g^te de contact placé entre les gabbros et les schistes altérés, et subordonné aux masses serpentineuses de Sainte-Catherine ; le ^teéruptif de Calamita, avec ses yénites et ses amphibolites, est, comme ceux du Campigliese, un produit plus direct de l'action souterraine. Enfin, nous venons d'indiquer que nous considérions le fer oljrgiste, dont les gabbros et les terrains stratifiés sont si souvent imbibés vers les contacts serpentineux , comme résultant des mêmes émanations métalUfères.
Beaucoup de faits analogues ont été signalés pour les serpentines de divers pays de mines. Ainsi, à Reichenstein, dans la Silésie prussienne, la serpentine contient du mispickel en telle quantité, qu'on y « établi une exploitation spéciale. Cette 8e^ pentine constitue un dyke de 10 à 80 mètres de .puissance qui traverse les gneiss ; le mispickel est englobé dans la masse éraptive, tantôt en amas elUpsoïdaux, tantôt en veines cristallines; quelquefois il est disséminé dans la pâte serpentineuse sous -iorme de petits cristaux, et donne à la roche un aspect porphyroide. Accidentellement on trouve avec le mispickel, du fer oxydulé, des pyrites de fer et de la blende.
Cuba. — Les gîtes cuprifères de Santiago de Cuba, qui ne fournissent pas moins de 40 000 tonneaux de minerais de cuivre par année , au titre moyen de 16 pour 100 , c'est-à-dire plus de 6000 tonnes de cuivre métallique, paraissent dans des condi* tiens de gisement analogues à ceux de la Toscane. Ce sont des gîtes de contact subordonnés à des masses de grunsteins et de serpentines. Les principales exploitations sont situées à six lieues de Santiago de Cuba, autour de la petite ville de Cobre, bâtie pour le service des mines, et qui compte déjà cinq à six mille habitants. Le pays est fortement accidenté; le transport des minerais à la mer était très-coûteux avant l'établissement du chemin de fer qui suit la vallée du Rio-del*Cobre, et dont 1h