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SCHISTE MÉTAMORPHIQUE

t'iiiployée par Transon pour désig-ner tous les schistes iiiétamorphiques de Jersey, plus de dix ans avant ([n'Ansted les quali6èt àe claystone porphyries.

Spilite.

Parmi les spilites elles-mêmes, on peut distinguer plusieurs variétés : les unes, à pâte verdàtre, sont parsemées de cristaux de feldspath rectangulaires, atteignant parfois deux centimètres de longueur. A première vue, on se croirait en présence d'un mélaphyre, et cette manière de voir paraîtrait être confirmée par la subordination bien connue des mélaphyres et des porphyres pétrosiliceux. Mais il a été reconnu que les cristaux sont de l'orthose et non (lu labrador, et qu'ils sont remplis de particules de calcite. D'autres sont violacées, et les cristaux très nombreux ressemblent à des mouchetures. Enfin il en est qui, avec la teinte noire ou un peu verdàtre, sont plus ou moins marquées de cristaux blancs de calcite spathique, de grains quartzeux et de cavités remplies d'argile ferrugineuse. Ces dernières particularités se rencontrent du reste, à divers degrés, dans toutes ces roches qui, toutes aussi, peuvent se trouver dans la iiM III' (arrière, comme il arrive par exemple à Homestead, sur la droite en remontant la vallée des Vaux.

Exposée à l'air, la pâte des spilites se désagrège aisément; elle prend une teinte de rouille, et parfois la disparition de la calcite, et l'oxydation de la pyrite

constituent une surface criblée de vacuoles. Les longs cristaux verdâtres de feldspath ne disparaissent pas : mais ils se kaolinisent et laissent le fond de la roche tachetée de bâtonnet gris-blancs d'une argile k peu près pure. On peut le voir en particulier à l'entrée du chemin de la Trinité au-dessus de Town Mill. Dans une carrière de Water Lane près d'Impérial Hôtel, les traits grisâtres sont souvent remplacés par de larges taches diffuses, provenant de cristaux plus enchevêtrés et moins régulièrement délimités, ou bien encore vus dans le sens de leur largeur.

Lesspilites sont particulièrement développées autour deSaint-Hélier. Elles forment le Mont de l'Ouest, affleurent à l'entrée des chemins de la Trinité et de Saint- Sauveur, et se retrouvent encore plus haut dans les deux vallées auprès des moulins d'Augres et de Grandval. Elles donnent une petite pointe au-dessus du Moulin-Blanc ou de la Reine , au nord de Grouville , ainsi qu'au-dessus de Gorey, près de la chapelle de secours. La côte septentrionale del'ileleur doit toute la grande pointe , comprise- entre Petit-Port et Havre-Gilfard , à l'exception de la partie intérieure de l'anse des Rouaux. où les schistes n'ont pas subi de métamorphisme. Enfin elles ont gardé une bande assez importante à l'ouest delà Crête dans Bonne-Nuit Ray. Laspilite est actuellement exploitée surtout pour l'empierrement des chemins, par exemple à People's Park et près du moulin de Grandval. C'est elle aussi qui a fourni, au moins en

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i:i;iii(l<' partie, les remblais du talus construit pour le i hcniin ilc fer, entre Cheapside et la Première-Tour, lue carrière d'exploitation est devenue un petit jardin t.riiié, au pied de la colline, en face d'Elizabeth Castle. Peut-être a-t-on pris aussi dans cette carrière les gros blocs de spîlite, qui, mêlés aux granités, forment le revêtement de la chaussée entre Fort d'Auvergne et la Pointe des Pas. Bon nombre de murs de clôture, dans la partie nord de Saint-Hélier, contiennent toutes les variétés de spilites, et il est aisé de voir qu'elles passent d'une manière insensible aux schistes primitifs. La carrière de Highland, à droite de la route de Saint-Sauveur, parait avoir, dans le passé, avec les carrières toujours en activité du Mont de l'Ouest, très largement contribué à ces constructions de moindre importance.

A quelle cause maintenant attribuer le changement (lesschistesenspilites. Etd'abord est-il bien sûr qu'elles ne sont pcis une roche d'éruption? De ce que j'ai ditjusqu'ici il me semble assez légitime de le conclure ; mais de plus j'ajoute cette remarque importante, que là où elles ne passent pas insensil^lement aux schistes, elles sont au moins en contact immédiat avec eux.

Transon pencherait à croire que l'apparition des granités de Fort-Régent aurait produit cette modification du dépôt sédimentaire. Pour moi, tout en reconnaissant que l'action des syénites et des granités n'a pas été complètement nulle, ce n'est pourtant pas

à ces roches que j'attribue le métamorphisme dont il s'agit. En maint endroit en effet les schistes sont non seulement pénétrés, mais encore enveloppés par les syénites et les granités, sans qu'il en résulte rien de comparable à nos roches cristalhnes. Par exemple, à Victoria Collège et aux carrières de Longue ville, le métamorphisme est presque nul, comparé à ce qui s'observe au bas de la vallée de Saint-Sauveur, où les granités ne se montrent pas; et des schistes situés entre les deux localités, comme ceux de Beaulieu et d'Impérial Hôtel, sont restés parfaitement intacts. Une enclave dans la syénite de Rouge Road se rapproche cependant des spilites caverneuses.

Dans la vallée qui remonte de Saint-Aubin à Greenville , le contact des granités et des granulites non seulement a durci les schistes, mais il a même fait disparaître leur schistosité; et malgré cela, on n'y voit aucun développement de la cristallinité qui distingue les spilites. Ces dernières roches ne se montrent point non plus dans les environs de l'Étacq, où les schistes ont été si fortement durcis par la présence des granités. Le seul endroit des régions de l'ouest où le schiste ait une certaine apparence de porphyre, est dans la descente des Barracks de Saint-Pierre à la baie de Saint-Ouen, Faut-il attribuer ce résultat aux granités du sud-ouest? Je ne le crois pas; car dans lintorvalle, au Mont de la Brune, le schiste reparait sans aucune altération.

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Les porphyres pëtrosiliceux me semblent au contraire avoir puissamment contribué aux changements survenus dans les schistes. Excepté au Mont de l'Ouest, et au bas de la vallée de Saint-Sauveur, c'est-à-dire aux deux endroits où les longs cristaux sont le plus développés , on peut constater partout le voisinage des porphyres et des roches métamorphiques. C'est ce quepreuve surabondamment la seule inspection de la carte géologique ; car dans cette recherche de la cause du métamorphisme, je ne sépare pas les spilites des porphyres argileux dont je parlerai tout à l'heure. La particularité des grands cristaux de feldspath me parait due tout entière à la diorite. Cette roche est en efTet très voisine de Saint-Hélier, puisqu'elle occupe toute la grève depuis Elizabeth Castle jusqu'à Samarès. Elle présente un petit affleurement auprès des spilites à longs cristaux du Moulin-Blanc. Si de cette dernière localité on passe àGorey, on voit encore la diorite pointer dans le chemin qui descend au village. J'avoue que le métamorphisme, produit par cette roche, n'a pu se transmettre depuis la Pointe des Pas jusqu'au bas de la vallée de Saint-Sauveur, par contact latéral; car il y a entre ces deux points, dans la région de la Pouquelaye, des schistes très bien conservés; mais c'est à l'action verticale et non horizontale que j'attribue les changements produits. Quelle que soit du reste la roche à laquelle on les rattache, il faudra bien s'arrêter, pour certains points, à ce mode de propagation. Par-

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fois, en effet, le passage du schiste naturel à la roche métamorphique est si brusque, et l'altération resserrée dans un espace si étroit, qu'on ne peut en rendre compte que par un dénivellement local , ou par une cheminée d'ascension des gaz chauds provenant des profondeurs. Cette transition brusque qui suppose une matière rejetée de l'intérieur, au moins à l'état pâteux, est manifeste au Mont de l'Ouest entre la maison carrée et People's Park; la spilite commençant dans la carrière au même niveau que les schistes, s'étend ensuite à leur surface. Le même phénomène s'offre à deux endroits du parc d'Impérial Hôtel. Mais le point de nie le plus remarquable pour la brusque transition du schiste naturel au schiste métamorphique, est, sans contredit, l'anse des Rouaux, à l'est delà Belle-Hougue. La roche primitive constitue la falaise déprimée du centre de la petite baie, tandis que les deux pointes avancées appartiennent au schiste altéré. Le plateau rocheux du fond , couvert seulement à mer haute , se partage en deux parties bien distinctes. — Cest d'abord un triangle de schiste primitif, à couleur sombre, appuyé par sa base sur le pied de la falaise centrale. Deux longues tranchées, partant des extrémités de la base et formant les côtés du triangle, le séparent neffcment de l'autre roche à teinte plus claire. Celle-ci fournit le reste de la partie basse, et elle relie ainsi les deux pointes dont elle n'est que le prolongement latéral à travers l'anse et en avant des schistes.

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Les fentes de séparation proviennent évidemment d'une faille de glissement élevant les spilites au-dessus des schistes. Les lèvres de la faille , légèrement séparées, ayant livré passage à la mer, elle a, sur 1 à 2 mètres de largeur et 3 mètres de profondeur, arraché ou plutôt usé le bord schisteux, reconuaissable au fond de la tranchée.

Une autre particularité de la pointe de la Belle-Hougue, c'est qu'à certaines places, elle semble passer à la diorite et plus souvent encore à la syénite. On pourra trouver ces deux roches dans une large tranchée , située immédiatement au-dessous du vallon qui donne accès à la grève. Elles y sont soit à l'état de blocs, soit formant les parois de la partie basse de la fente (1). La pointe entière en est d'ailleurs comme incrustée. La Belle-Hougue s'étendait évidemment bien plus au nord dans les temps anciens , et son soubassement se prolonge encore , à fleur d'eau , jusqu'à un demi-kilomètre. Serions-nous aux confins d'un massif syénitique emporté par la mer? Je n'oserais ni l'affirmer ni le nier, fl y a en effet une autre explication qui n'est pas dénuée de probabilité. Il est certain qu'à cette pointe, ïï s'est produit un épanchement granulitique ; une bande de cette roche, large de 6 mètres, se voit le long de la tranchée dont je viens de parler; on en trouve aussi de l'autre coté de la pointe, à la partie nord du

;i) Une grue avait été établie, à nii*cùte, pour monter le varech que chaque marée laisse dans cette fenic. On l'a retirée en 1885.

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gros rocher isolé à mer haute. Cette granuHte contient de la pyrite de fer; ce qu'on observe aussi dans les roches amphilioliques voisines. Peut-être toutes les particularités de métamorpliisme et de dislocation de cette localité se rattachent-elles à cette apparition de la g-ranulite.

Porphyre argileux.

Dans tout le plateau dont Five Oaks ou la Croix de Bois est le centre , et sur une bande qui s'étend de là vers l'est entre la Tour du Prince et le Boulivot, jusqu'à la vallée de l'asile des malades ou Ferme de Sa Majesté, les schistes métamorphiques, sans trancher nettement sur les spilites, s'en distinguent cependant par l'absence du carbonate de chaux , et par la grande quantité de pyrite de fer dont ils sont le plus souvent imprégnés.

La surface de cette roche est partout d'une teinte argilo-ferrugineuse ; mais les parties qui n'ont pas été exposées aux influences de l'atmosphère sont ordinairement bleuâtres, et la pâte, presque pétrosiliceuse, est parsemée de cristaux diffus d'un feldspath vert pâle. La pyrite ne s'y est développée que secondairement ; car elle y forme des traînées plutôt qu'elle n'est mélangée à la masse.

La décomposition a pénétré à une grande profondeur. Dernièrement on en pouvait suivre les progrès dans une tranchée rafraîchie de la vallée de Saint-Sau-

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veur, à la porte de Grand val Mill. La surface était une argile assez pure, mais elle a passé, après quelques semaines d'exposition à Tair, à une teinte d'ocre et de rouille ; plus bas , la pierre , à demi décomposée , est divisée en fragments, et la pluie, pénétrant dans les interstices, s'est d'abord attaquée aux arêtes pour les émousser. En gagnant peu à peu, elle a formé comme des globules de toute grosseur jusqu'à trois décimètres de diamètre. C'est en particulier sur ces globules qu'on reconnaît l'action de l'atmosphère ; on y trouve depuis l'argile blanc-jaunàtre de Five Oaks , à la périphérie , jusqu'au porphyre bleu avec sa pyrite grise , au centre.

Plusieurs globules plus ou moins soudés entre eux, sont enveloppés par la pâte argileuse et présentent ici et là comme des masses agglomérées. A première vue , on se croirait sur une ancienne plage à cailloux roulés : une matière pâteuse les aurait réunis et il en serait résulté un tuf: mais il n'en est évidemment rien. Ces globules de décomposition se voient aussi dans une autre tranchée de la même roche , près du Moulin de Bas, au-dessous de la Trinité, ainsi qu'en remontant vers Saint-Sauveur, au sortir de la petite vallée qui passe sous Saint-Manelier Free School.

Les caractères de l'argile , à la Croix de Bois , me font croire qu'elle n'a pas d'autre origine que la décomposition de ce porphyre bleu plus ou moins reconnaissable dans les vallées environnantes. Une roche ex-

trêmement dure , se rattachant vraisemblablement an même terrain , mais dans laquelle le métamorphisme aurait été porté jusqu'à la fusion, s'est présentée dans la plus considérable des exploitations d'argile du plateau. La kaoHnisation n'a pu avancer dans cette bande, et malheureusement la nature de la pierre ne la rend pas propre à compenser la perte qui résulte de l'interruption de la masse argileuse.

Le porphyre bleu a été employé, sous forme de petits blocs rectangulaires, à la construction d'une ou deux grandes maisons de ces parages. Il se voit aussi dans les piliers de la petite entrée de Victoria Collège , à la partie basse du parc. Sa teinte est assez agréable, quand la cassure est fraîche ; mais bientôt elle se ternit et prend une couleur de rouille. Du reste l'abondance de la pyrite dont cette roche est chargée doit y entretenir l'humidité, et, selon toute apparence, la masse en deviendra caverneuse par suite de l'oxydation du fer.

Pour ne pas multiplier sans profit les subdivisions des terrains , je rattache à ce nom de porphyres argileux toutes les roches qui, en dehors des spilites, proviennent du métamorphisme des schistes , et dont la texture porphyrique est plus ou moins accentuée. On les rencontre sur différents points de l'île, le plus souvent en relation immédiate avec les porphyres pétrosiliceux.

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