CONGLOMÉRAT DE ROZEL
Le cong-lomérat ou poudingue constitue la partie extrême de Tile au nord-est. Il s'étend depuis Archirondel jusqu'à l'est de Boulay Bay. C'est une bande de quatre kilomètres de long- sur un au moins de larg-e, en moyenne. 11 a , de plus , laissé une longue traînée dans les porphyres, suivant la vallée du fief de Rozel. Vers l'intérieur des terres, il s'appuie partout sur le porphyre pétrosiliceux, et quoique les couches de dépôt soient peu apparentes, on les distingue cependant assez, pour voir qu'elles plongent de 30 à 35 degrés vers le nord-est (2). Le point le plus commode pour les observer est à Test de Boulav Bav , entre la Têtedes Hougues et l'Étaquerel. Elles sont également assez visibles un peu plus au nord, à la Tour de Rozel, ou encore, dans le chemin qui descend des Gandins à la baie de Sainte-Catherine. Partout, du reste, dans cette formation, on reconnaît assez facilement que les grands axes des galets sont, à chaque niveau, situés dans un même plan.
Les galets sont de toute grosseur, depuis le grain de
(1) Dans les environs de Rozel, cette roche est connue sous le nom de Bréba, terme dont l'origine m'est inconnue: peut-être devrait-on le rattacher à un mot breton, braea, qui signifie broyer.
(2) The eonglomerate behind and ncar S. Catherine's harbour dips about 30" E.-N.-E. (Ansted).
sable jusqu'au bloc d'un demi-mètre cube (1). Ces derniers, détachés les uns des autres, se voient en assez grand nombre sur les plages un peu étendues. Ils proviennent de la destruction du conglomérat par les vagues; car tandis que les minces cailloux ont été usés ou dispersés, les blocs, descendant toujours à mesure que leurs assises s'écroulent, restent étalés sur la grève ou accumulés au pied des falaises. Ce sont, pour la plupart, des blocs granitiques; les porphyres pétrosiliceux et les chloritoschistes ne manquent pas non plus dans le conglomérat; mais ce qui constitue, au moins pour les dix-neuf vingtièmes , la masse, soit des galets, soit du ciment, ce sont les débris roulés du schiste cambrien. Les éléments gros ou petits prennent ordinairement, î\ la surface de séparation entre eux et le ciment, une teinte ferrugineuse ; mais si l'on casse le caillou , on voit reparaître la teinte verte des schistes naturels et plus souvent la couleur violacée des schistes durcis. Le ciment est précisément ce que donnerait aujourd'hui sous la meule le schiste broyé de Bellozane Valley, mêlé avec un peu de poussière des porphyres pétrosiliceux. Les traînées, en petites couches, de matière rose violacé n'y sont qu'accidentelles.
(1) Une pièce remarquable provenant, in'a-l-on dit, du conglomérat, est conservée à l'entréodc la digue de Sainte-Catherine. C'est une sphère granitique de 0'",90 de diamètre et du poids de 1,000 kilogrammes environ. Elle s'est trouvée au contact d'un porphyre lamellaire, comme il s'en rencontre au Jardin d'Olivct : les écailles collées à sa surface en sont la preuve.