‹ Géologie de la région de Field, Colombie-Britannique et Alberta [microforme]Chapitre 58 sur 111 · MÉTAMORPHISME DE CONTACT · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHISME DE CONTACT

Endomorphe.

L'effet interne du métamorphisme sur le massif igné est très faible. Il ne semble Pas y avoir eu de radiation calorifique rapide ni intense du magma pendantsa périodede refroidissement. Dans les parties plus minces du laccolithe vers le nord, et surtout dans le bras nord-ouest de la masse, l'effet a été plus grand. Il semble que la roche ignée a une tendance générale à devenir plus porphyritique sur les bords du filon-couche, tandis qu’au centre la roche semble plus grossièrement cristalline, et il y a des phases pegmatites en plus grande abondance. Une telle texture est le résultat d’une perte rapide de chaleur sur les bords. Cependant nous devons remarquer que cet effet n'est clairement en évidence sur le terrain, surtout parce que la roche dans cette partie de la masse présente une remarquable hétérogénéité de texture et de composition.

Cette partie du massif igné qui forme les bords mince du laccolithe s'est refroidie rapidement en venant en contact avec les sédime..ts environnants de sorte qu’elle n’a pas eu le temps de se différencier par un enfoncement des minéraux plus lourds et un montage des minéraux plus légers, comme on le voit dans les parties plus épaisses du laccolithe.

Au microscope, cet effet endomorphe est exprimé surtout par l'introduction de la chaux dans la roche ignée intrusive. Nous avons déjà signalé que le feldspath dans le faciès de contact, surtout à la base du laccolithe, devient beaucoup plus calcique que celui du type normal de syénite néphélinique. On croit que la majeure partie de la chaux a été empruntée aux calcaires du contact. On trouve souvent de la calcite dans les roches du bord du laccolithe. Elle n'est pas toujours un minéral secondaire, mais on la trouve sous la forme de grains arrondis ou anguleux, et quelquefois elle est complètement incluse

dans d’autres éléments ou elle occupe les interstices entre ceux-ci. Ceci fait croire que le minéral est étranger au magma, et qu'elle a été empruntée aux calcaires sédimentaires qui forment l’enveloppe de la masse ignée. Les contacts du complexe quand ils affleurent, sont assez nets et bien définis. Dans certains cas ou des fragments de roche de Contact ont été partiellement fondu ar le magma il est difficile de dire où la roche ignée finit et ou la roche étrangère commence.

Exomorphe.

L'effet externe de l'intrusion est beaucoup plus considérable que l'effet interne, mais nn ne peut pas dire que dans l’un ou l'autre cas le métamorphisme ait été très intense. Les roches sédimentaires au voisinage immédiat du contact on été fortement métamorphisées. Cette altération est plus grande au Contact et va en diminuant à une faible distance de ce contact. La zone de métamorphisme de contact dans les sédiments qui recouvrent le laccolithe n'est pas bien définie et on ne peut pas la distinguer facilement. Elle varie de quelques pieds à plusieurs centaines de pieds de largeur, avec une largeur maxima de 700 pieds. Le métamorphisme sur les assisses de la base du laccolithe est peu sensible relativement à celui du toit.

Au contact supérieur, entre la roche ignée et le calcaire bleu d’au-dessus, il Y à Souvent une couche de corne verte dure, dense, de couleur brun rougeâtre dont la largeur varie depuis quelques pieds jusqu'à 350 pieds. Cette corne verte était originellement une couche de schiste argileux ou de calcaire argilacé qui a été si fortement métamorphisé que la roche a perdu toute apparence de clivage, mais on peut encore reconnaître Ja stratification au moyen de zones dans cette roche sédimentaire récente ou porcélainique.

Le contact supérieur entre la corne verte et le calcaire est toujours concordant et bien net quand il affleure, mais celui entre la corne verte et la roche ignée est très irrégulier, Sur le terrain cette couche a en quelques endroits plus de 300 pieds d'épaisseur, tandis qu'ailleurs elle n’a que 10 pieds, ou, comme c'est souvent le cas elle est absente et la roche ignée est en contact avec le calcaire bleu. C'est un fait remarquable que la

en pr

zone de métamorphisme a une largeur variable: en quelques endroits l’altération a été intense, et ailleurs le métamorphisme est presque négligeable. C<- faits semblent montrer que les éléments constituants plus «queux du magma étaient plus concentrés en certaines régions.

Le magma à produit un effet beaucoup plus considérable sur les couches argilacées de la formation Goodsir que sur le calcaire de la formation Ottertail, Ce fait est bien en évidence au pic Sentry et au mont Goodsir, Ces schistes argilleux ont subi une cuisson intense qui les a transformés en corne verte très dense et 2n roches stratifiées cherteuses qui se brisent en blocs rectangulaires. Ces couches de la base du mont Goodsir ont une apparence lithologique bien différente de celle de. 11êmes couches qui affleurent à la montagne Striped sur le côté opposé de la vallée et plus loin encore de la masse ignée.

Aux endroits où la roche ignée est en contact avec le calcaire la composition de la roche marmorisée dépend de la composition originelle du calcaire. Si la roche au contact était un calcaire pur, il se forme un marbre finement cristallin, mais, comme c'est fréquemment le cas, aux endroits ou le calcaire était impur, la roche métamorphisée contient en outre de la calcite, de la trémolite, du diopside, du grenat, de l’épidote, et de la wollastonite. En d’autres endroits, le calcaire a été légèrement altéré par l'intrusion de cette masse riche en alcalis. La corne verte a une densité de 2:901. Au microscope la corne verte est formée d’une masse cryptocristalline de quartz, de feldspath, de biotite, et de clinozoïsite. La biotite est abondante en plaques d’un brun foncé, fortement pléochroïques qui ont en moyenne environ 0:01 mm. de diamètre. Plusieurs des plus grandes plaques sont en partie ou en entier incolores, ce qui suppose qu'il y a eu un lavage de la matière colorante. Un arrangement sub-parallèle des particuies de biotite montre qu'il y a en un mouvement constant des solutions venant de la roche intrusive. La clinozoïsite est abondante, elle parait incolore, ou vert pale, son indice de réfraction est élevé et sa double réfraction basse. Le quartz et le feldspath sont finement granulaires et ils sont quelquefois abondants. La perovskite et l'épidote sont des éléments accessoires communs, indiquant

la magnétite, la muscovite, le zircon, et un minéral incolore,

mal terminé qui correspond à la description de l'oxyde de zirconium, la baddeleyite.

Xénclithes.

Le long du Contact supérieur de ce laccolithe il y à quelques gros blocs anguleux de corne verte Ou de calcaire de la Couverture, englobés dans la roche ignée. I- plus gros xénolithes que nous ayons vu, À l'exception d'un su, avait environ 100 pieds de diamètre. Quelquefois ces blocs sont assez rapprochés de la roche mère d'ou ‘ ont été arrachés, ou quelquefois ils sont assez éloignés du Atact. Nous avons trouvé tous ces blocs, sauf un, dans une zone de 200 Pieds du contact. Sur la carte on peut voir un fragment de calcaire qui affleure sur le versant Ouest de la vallée de la rivière Ice et au sud de Ja montagne Garnet. Ce bloc lenticulaire a une longueur de 3 de mille, il a

magma pendant qu'il Pénétrait de force dans cette Partie de la chambre laccolithique. Les plus Petits xénolithes ont aussi été arrachés au Couvercle par la roche intrusive, Quelques-uns d'entre eux ont été séparés en d’autres plus petits. Ils ont généralement un Contour anguleux, mais ils ont aussi des arêtes

est commune dans la zone de contact d’un batholithe, mais elle

Plusieurs géologues soutiennent le Phénomène du broyage au contact et l'origine des xénolithes. Ce fait a été fortement soutenu par R. A. Daly dans sa théorie de l'intrusion batho-

lithique.! Dans cette publication il a signalé que les xénolithes

! Mécanisme de l'intrusion ignée, A.J.S. Vol. 26, 1908, p. 22.

dans un laccolithe ont plus vraisemblablement été ‘“‘arrachés des murs par la friction du magma en mouvement."

Les xénolithes dans le laccolithe de la rivière Ice sont entièrement métamorphisés et ils sont gris foncés ou gris verdâtres sur la surface fraîche avec des bandes foncées de vésuvianite, de grenat, ou de diopside. Ce zonage représente la stratification originelle de la roche.

Au microscope, on voit que les xénolithes sont formés d'une grande variété de minéraux tels que ceux que l'on trouve dans les roches de contact métamorphique. Parmi ceux-ci on peut mentionner la calcite, la scapolite, le diopside, la vésuvianite, le grenat, l'énidote, la trémolite, la wollastonite, la forstérite, la pennine, 1a clinozoïsite, le périclase, la brucite, le sphène, la biotite, la muscovite, l'ægyrine, le feldspath, la néphéline, la sodalite, la cancrinite, le quartz, etc.

Nous avons examiné au microscope plusieurs plaques minces de ces sédiments métamorphisés; il semble que ces roches de contact furent saturées de solutions venant du massif igné et qu'il y a eu apport de matière de la part de la roche englobante. Dans le cas de quelques petits fragments il n’est pas possible de distinguer entre une roche ignée et une roche sédimentaire métamorphisée, car nous trouvons les mêmes minéraux dans les deux. Le feldspath dans les xénolithes est le même que celui que l’on trouve dans la roche ignée. On trouve la néphéline et la sodalite dans des fragments de roche plus calcaire, et elles sont absentes dans les roches plus siliceuses. Le titane nécessaire à la formation du sphène, qui est abondant dans quelques échantillons, dérive de la roche ignée.

Dans une roche, le sphène forme de grands cristaux pæcilitiques ayant 8 à 12 mm de diamètre. Les divers fragments détachés d’un cristal sont orientés de la même manière entre les nicols croisés. La vésuvianite se présente toujours en zones associée au grenat. Ces deux minéraux se ressemblent beaucoup à l'oeil nu, mais sous le microscope la vésuvianite se présente sous la forme subhèdre ou anhèdre, sa double réfraction est faible, et elle présente quelquefois une structure zonée.

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