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Il n'y a pas de doute que les vallées de formation récente au-dessous du niveau des hauts plateaux constituent les tracés du mouvement maximum de la glace durant la période d'érosion glaciaire des Cordillères; cependant l'érosion glaciaire des vallées paraît avoir été beaucoup plus intense que celle que peut accomplir une simple couche de glace. Bien plus, les glaciers de vallées qui ont coïncidé avec la disparitition des glaciers des Cordillères se fussent trouvés envabhis par des débris de toute sorte, affaiblis, et conséquemment moins capables d'une vigoureuse érosion de vallées que les glaciers progressifs de la seconde période. L'érosion glaciaire que l'on remarque dans les vallées est pour le moins tout aussi forte que celle qui s'accomplit dans les régions alpestres,
Avec le retrait des glaciers des hauts sommets des Cordillères, les glaciers se confineront aux dépressions les plus élevées rencontrées dans les chaînes de montagne et dans les vallées situées entre ces chaînes, où ils se rencontrent grâce à d'immenses champs de névé. Si l'on en juge par la distribution actuelle des blocs erratiques et des argiles à blocaux, la disparitition des glaciers à dû laisser une quantité énorme de matériaux divers sur les pentes les plus élevées et situées au-dessus du niveau de la couche de glace. Ce qui fait que, avec l'expansion de la glace pendant la seconde période d'érosion glaciaire, alors que la tête des vallées principales était soumise à une vigoureuse dénudation, de très grandes moraines, à la fois latérales et terminales, ont dû nécessairement se former. En outre, les cours d'eau occasionnés par la fonte des glaces transportaient avec eux d'immenses quantités de débris qui ont formé une épaisse couche alluvionnaire Dans le ravin de Twin Creek, dont le bassin d'écoulement des eaux est petit et en forme d'éventail, se trouvent dans une série de petits contreforts aplanis, des restes bien conservés de ce qui a été tout probablement une moraine latérale déposée subséquemment à la marche maxima de ce glacier de vallée plus récent. La inoraine a pu se former d'une f:;on assez semblable à celle de certaines moraines latérales que Penck! décrit, spécialement aux endroits où le corps principal du glacier a poussé des
Penck (A.) Die Alpen im Eiszeitalter.
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prolongements dans les vallées tributaires. Toutefois il ne se trouve aucune preuve de la poussée glaciaire dans le cas de ces petits contreforts à terrasses.
Il est important de remarquer que les glaciers de vallée, tout comme les rivières, ont une action d'usure plus facile, lorsque dans leur marche, ils suivent la direction de la granulation rocheuse de la région qu'ils traversent. On en voit un exemple frappant dans la vallée du creek Franklin, où se trouvent une allure transversale en forme de V en bas de son tributaire Ouest et une allure longitudinale en forme d'U en haut de ce cours d'eau (planche 1). Dans sa course longitudinale la vallée ne suit pas seulement l'allure régionale des lignes principales de jointement de la stratification ou des formations rocheuses, mais de plus une ligne de contact sur une certaine distance. D'autre part, dans sa course transversale, une vallée s'est frayée son chemin à travers les greenstones les plus résistantes et à travers plusieurs dykes de porphyre (page 28) en même temps qu'à travers la formation de Gloucester. Dans le cas de la vallée du creek Gloucester ce caractère n'est pas aussi marqué, pour la raison (1) que le cours transversal de la vallée forme jointement avec celui de la branche principale de la North Fork par un angle plus faible et (2) que le glacier de la vallée de Gloucester doit avoir été plus considérable que celui du creek Franklin, à cause de son bassin plus large et des caractères plus tranchés de la glaciation de la vallée.
Dans la phase de décroissance de la période glaciaire, aux conditions de la forte glaciation succedèrent celles des hautes eaux, pour la raison qu'à la précipitation normale de l'époque vint s'ajouter la précipitation accumulée dans les neiges et les glaces des phases précédentes. Avec la fonte des glaciers et leur mouvement de recul, de vastes quantités de débris en suspens dans les glaces retrouvèrent leur liberté. Les cours d'eau continuèrent à être surchargés de ces débris et la période alluvionnaire se prolongea jusque dans la période des hautes eaux. En face du retrait complet de la glace ou de sa limitation aux simples cirques glaciaires, les régions dénudées par la forte érosion précédente ne purent plis fournir aux cours d'eau que peu de matières alluvionnaires. Ce qui fait que les cours d’eau,
souffrant d''ine très grande réduction dans la quantité de débris reçus, mais conservant presque tout eur volume, durent cesser leur action de dégradation et accepter les pentes établies, ou bien ils se mirent à miner les dépôts alluvionnaires primitifs, comme ce dut être le cas pour le creek de Franklin et la rivière Kettle.
Sans les variations climatériques subséquentes, il n'y aurait eu qu'un seul cycle de dénudation et aucune formation de terrasses, si ce n'est celles occasionnées par les déplacements normaux des rivages des cours d'eau. Ce n'est pas ce qui s'est produit dans le district de Franklin, pour la raison que les changements périodiques de climat dans la période postglaciaire ont occasionné des phases peu étendues de sédimentation et de dénudation. On attribue ces oscillations climatériques à la présence, de chaque côté de la vallée de Franklin, non loin de sa jonction avec la vallée du cours principal de la rivière Kettle, d'une série de terraces en gradins diminuant en largeur, mais se multipliant et se rapprochant en gagnant l'embouchure de la rivière (planche IV). Ce sont en général les terrasses les plus rapprochées du cours d'eau qui laissent voir les graviers les plus grossiers.
On explique, conséquemment, les terraces de la rivière dans cette région, et les attribuant (1) à une phase plus considérable de déposition et de dénudation contemporaines de la glaciation de la vallée, glaciation dont elles dépendent; et (2) à des phases subséquentes moindres de déposition et de dénudation dépendant des variations climatériques.
C'es : à l'entrée de la vallée du creek Franklin que ce caractère de fc mation des terrasses se remarque davantage. Cette étroite et abrupte partie de la dépression de la vallée, avec l'allure transversale qu'elle affecte, s’est trouvée à constituer un endroit favorable pour l'accumulation des matières entraînées par les eaux; elles y ont là une épaisseur d'une centaine de pieds. On pourrait en outre expliquer le fort développement des terraces très bien conservées de l'entrée de la vailée de Franklin par le fait que le glacier de la vallée de la rivière Kettle bloquant l’entrée de la vallée de Franklin, il s'y est produit une accumu-
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L'étendue d'un glacier de vallée dépend nécessairement de la capacité du bassin qui l'englobe aussi bien que de la précipitation et de la température. Un petit glacier tributaire peut aller se fondre dans un glacier de plus grande importance pendant la durée d'une période glaciaire; mais s'il se fait une amélioration dans le climat, un bassin peu considérable ne pourra pas produire suffisamment de neige pour permettre à son glacier d’atteindre le glacier principal. Il en résulte une séparation entre les deux glaciers et leur retrait graduel le long de la vallée.
Ainsi l'on peut concevoir que le petit glacier de Franklin, nourri par un bassin relativement moindre, puisse s'être détaché d'un glacier plus considérable de la vallée de la riviere Kettle. Ce dernier aurait alors constitué comme un barrage qui aurait permis l'accumulation des matériaux provenant de la fonte du premier et entraînés par les eaux.
Formation des gorges post glaciaires.
Le groupe de formes topographiques les plus récentes sont les gorges Postglaciaires, ravins profonds, et parois tributaires surplombantes actuellement encore dans une phase peu avancée de développement. Ces formes se sont développées d'une manière plus marquée le long du cours du creek Franklin, dont le lit actuel longe des gorges tortueuses à murailles escarpées taillées dans le fond d’une vallée plus large. Ses tributaires, de simples ruisseaux, sont restés très élevés au-dessus du niveau du cours d’eau principal et y viennent tomber au moyen d’une série de chutes (d'une hauteur de 35 pieds environ). La différence de niveau de quelques-uns de ces petits tributaires comparée aux cours principal du creek Franklin provient du fait que ce dernier a profondément creusé son lit dans des porportions qui doivent se rattacher à des différences dans l'érosion glaciaire. Le Franklin s'est taillé son lit, non seulement dans les couches alluvionnaires d'un déplacement facile, mais encore dans des couches rocheuses très résistantes en certains endroits.
La photographie (planche V) prise sur le creek Franklin en bas de la vallée principale, a pour but de montrer la profondeur
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(approximativement 100 pieds) de la gorge creusée pendant la période postglaciaire. La forma:ion rocheuse que l' voit est le conglomérat de la rivière Kettle.