‹ Géologie du district miner de Franklin, Colombie Britannique [microforme]Chapitre 27 sur 85 · ÂGE DE LA TOPOGRAPHIE MÔRIE DE FRANKLIN · texte numérisé non relu

ÂGE DE LA TOPOGRAPHIE MÔRIE DE FRANKLIN

Afin de placer avec certitude la topographie du plateau de Franklin dans l’une ou l'autre périodes d'érosion qui constituent l'histoire géologique de cette région, il sera nécessaire d'attaquer le problème sous sa face quantitative. J'étudierai d'abord la somme relative d'érosion qui a précédé le soulèvement régional, comparée à celle qui a suivi ce souièvement.

Dans le but de déterminer la somme d'érosion qui a précédé le soulèvement régional, on doit nécessairement procéder à refaire la topographie prétrachytique. Ce n'est pas une tâche facile, à cause surtout de la nature erratique de la structure du conglomérat et du grès en tant d'endroits: dans la période de déposition subséquente, les sédiments des premiers temps du Tertiaire avaient été assujettis à un mouvement orogénique local, qui les avait soulevés et leur avait imprimé un plongement régional dans une direction légèrement nord-est. Toutefois on a remarqué que le grès plonge presque constamment sous le trachyte —<ce qui semblerait indiquer: (1) qu'un intervalle d'érosion s'est placé entre les deux formations: (2) que des montagnes et des vallées existaient sur cette surface d'érosion; et (3) que des coulées de lac sont venues par la suite combler les vallées (figure 4). Comme les couches laviques enveloppantes actuelles représentent les parties basales d'anciens épanchements de lave fort étendus qui ont comblé une dépression au moins de la primitive surface prétrachytique, il est certain que les étendues reliées entre elles, ou même qui y ont été incorporées, de même que les versants des vallées, y étaient plus élevés à l'époque où se produisirent les épanchements. Les hauteurs entre les nappes de lave se sont érodées jusqu'à former des vallées, et les nappes de lave sont devenues elles-mêmes des hauteurs.

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La formation: de larges vallées et de pentes affermies comme celles que l'on voit actuellement sur les surfaces élevées, est nécessairement le résultat d'une longue période de dénudation qui a commencé postérieurement aux intrusions trachytiques et qui a atteint son point culminant lors du soulèvement régional. On peut sans crainte ranger dans le Miocène les extrusions trachytiques, et cela pour les raisons que voici: (1) les grès et les tufs du début du Tertiaire dans Franklin ressemblent de très près par leurs caractères lithologiques à ceux du groupe Coldwater, du Plateau intérieur de la Colombie britannique, que, grâce à des preuves paléobotaniques, on a pu ranger dans l'Oligocène; (2) les perturbations de la croûte terrestre et l'intervalle d'érosion entre les roches sédimentaires et les roches volcaniques de Franklin ont une corrélation! avec un semblable mouvement de l'écorse terrestre et le cycle d'érosion de la région du Plateau intérieur, à la fin de la période Oligocène; (3) des laves trachytiques quelque peu semblables à celles de Franklin se rencontrent, d'après le Dr G. M. Dawson, dans le district de Kamloops, région du Plateau intérieur; et la pétrographie démontre que ces roches appartiennent à l'époque du Miocène.

On doit ensuite ajouter à la période du Miocène une période d'une grande durée si l'on veut atteindre la fin d'un cycle d'érosion capable de creuser des vallées là même où se trouvaient autrefois des chaînes de montagne, et de former des pentes abruptes stables comme celles que l'on y voit.

Maintenant que nous avons étudié la somme d’érosion qui s'est accomplie durant le cycle qui s'étend entre le Miocène et l'époque du soulèvement régional, nous allons nous occuper de la somme d'érosion qui s'est accomplie depuis le soulèvement, puisque, elle aussi, elle peut nous instruire sur l’âge de l’ancienne surface. Les vallées coupées à pic dans les surfaces des hautes régions représentent la somme d'érosion en question. Cette somme était pratiquement complète antérieurement à la période glaciaire, vu que l'érosion des glaces n'a fait que modifier très légèrement la forme des vallées préglaciaires. En conséquence,

la limite de durée, dans ce cas, pour la période récente d'érosion

1 Dawson (G. M.): Bull. Geol. Soc. of Am., vol. XII, 1901, pp. 89, 90.

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se trouve comprise entre le temps du soulèvement et la période glaciaire (Pleistocène).

Les diagrammes de la figure 4 nous montrent les diverses phases du développement de la surface actuelle de la région et les diverses quantités comparatives d'érosion auxquelles chaque phase a donné lieu. J'y fais voir deux vallées des premiers temps du Tertiaire. Aucune preuve concluante ne se trouve, dans la région cartographiée, à l'appui de cette manière de voir, bien que la nature topographique des terres élevées, à l’ouest de la vallée de Franklin, la laisse deviner. Il est évident, à la simple vue de ce dessin, que. pour arriver à la période du cycle d'érosion qui a vu s'effectuer !3 topographie de complète stabilité des lieux, il est besoin d'ajouter au Miocène une durée beaucoup plus grande que celle que l'on retranche du Pléistocène.

Conséquemment, il semble juste de conclure que le cycle d'érosion de Franklin s'étend à travers la majeure partie de la période Pliocène et que le grand mouvement de soulèvement régional se produisit vers la fin du Pliocène ou le commencement du Pléistocène.

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Diagrammes montrant les quantités proportionnéiles d'érosion avant et après le soulèvement.

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Figure 4.

DATES DES PRINCIPALES PÉRIODES D'ÉROSION DE LA RÉGION CARTOGRAPHIÉE DE FRANKLIN.

Introduction.

La détermination certaine des âges des surfaces d'érosion du Tertiaire est d'une importance majeure à cause de la portée qu'elles ont sur les études paléontologiques des faunes du Tertiaire et des flores de la partie orientale de l'Amérique, ainsi que de l'usage qu'on en fait pour arriver à mettre en corrélation l'histoire des roches ignées et les périodes de la déposition des minerais dans l'ouest des Cordillères. On trouvera aux chapitres IV et VIL, où nous traitons de la géologie générale et de la géologie économique, des exemples d'application de la physiographie à l'intrusion des roches ignées et à la déposition des minerais.

Le district de Franklin, grâce aux roches tertiaires qu'il contient, offre un champ exceptionnellement favorable pour l'étude de la physiographie et de la géologie de cette période géologique. Il s'y trouve des preuves de trois périodes d'érosion bien définies: la première s'est faite dans le Crétacé; la seconde durant un intervalle entre la période de bouleversement du Postoligocène et l'épanchement des laves du Miocène; enfin, la troisième, pendant la période piiocène. C'est dans cette dernière période de dénudation que s'est effectuée la topographie actuelle des hauts plateaux bien que les deux périodes précédentes aient jusqu'à un certain point influencé sur son développement.

Nous allons maintenant étudier les faits à l'appui de ces conclusions en rapport avec l'examen des lieux; quant à ce qui concerne la détermination de l'âge et la corrélation des diverses formations que nous allons passer en revue, nous renvoyons le lecteur au chapitre IV, dans equel il est question de géologie générale.

Cycle d'érosion du Crétacé.

J'ai trouvé que le conglomérat de l'Eocène repose directement sur le batholithe granodioritique jurassique du mont McKinley, ce qui indiquerait qu'il s'est fait une érosion suffisante pour déplacer totalement la couche recouvrant le batholithe. Que celui-ci se soit consolidé sous une épaisse couche rocheuse, la

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chose est démontrée par la nature de la minéralisation qui l'a produite dans les formations Paléozoiques subjacentes. Des gisements de minerais métamorphiques de contact, des dépôts d'oxyde de fer et des sulfures dans des gangues de silicate de chaux, se sont formés, ce qui indique des conditions de très grande profondeur, en même temps qu'une action pneumatolytique à l'époque de l'intrusion. Une grande épaisseur de la couche rocheuse enveloppante doit conséquemment avoir été déplacée pendant la période du Crétacé.

Cycle d'érosion du Postoligocène.

J'indique les faits suivants comme ayant influencé sur cette période d'érosion: (1) j'ai remarqué que les nappes de trachyte du Miocène reposent en concordance sur une surface d’érosion faiblement onduleuse, qui s'est établie sur des dépôts bouleversés de la première partie du Tertiaire (planche XVifl)}. Les dépôts du Tertiaire (Eocène-Oligocène) plongent d'une manière: constante vers le nord-est; cependant aux endroits où ies grès sont en contact avec le trachyte, ils plongent sous celui-ci. La carte géologique montre la position horizontale des laves du Miocène aux endroits où ces laves recouvrent les sédiments des premiers temps du Tertiaire, ceux-ci s'étendant même au-dessous du niveau de la surface de la vallée actuelle de la Kettle; (2) le porphyre à rhyolite que l'on trouve sur le mont M:“inley possède une texture grossière, ce que indique que c’est là la partie basale d'une nappe de lave autrefois très considérable, ou bien que c'est là le cratère lui-même. Dans un cas comme dans l'autre, ilest certain que l'érosion a déplacé une épaisseur considérable de cette nappe.

De ce qui précède, il est évident qu'un intervalle d'érosion s'est écoulé entre l'époque de bouleversement des sédiments du début du Tertiaire et l'épanchement des laves du Miocène. Il est bon de remarquer, toutefois, que nulle part dans cette région l'érosion n'a atteint la base des sédiments du début du Tertiaire, et qu'elle n'est en rien comparable à l'érosion qui s'est faite après de bouleversement de Laramide. Les laves du Miocène de Franklin reposent toujours sur les sédiments du début du Tertiaire.

On verra plus loin que cette période d'érosion est considérée

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comme ayant joué un rôle important dans l'histoire du Tertiaire de cette partie des Cordillères, par ce fait qu'elle est en grande partie responsable du déplacement par usure d'une partie considérable de la sédimentation durant les premiers temps du Tertiaire.

Cycle d'érosion du Pliocène.

J'ai étudié soigneusement, dans la section précédente, l'étendue et les résultats de la période d'érosion du Pliocène. Il me suffira conséquemment d'indiquer simplement ici que la topographie actuelle de cette région élevée est en grande partie le travail de ce dernier cycle d'érosion qui, à la suite des conditions spéciales de la région, a creusé des vallées aux endroits mêmes où se trouvaient autrefois les chaînes de montagnes.

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