‹ Géologie du district miner de Franklin, Colombie Britannique [microforme]Chapitre 33 sur 85 · JURASSIQUE · texte numérisé non relu

JURASSIQUE

BATHOLITHE GRANODIORITIQUE.

Caractères généraux.

Le: ‘he j.1 sont groupées sous ce titre comprennent les roches ‘r1:.ves granulaires variant par la composition depuis la syénite et le granite jusqu’à la diorite y inclus un peu d'hornblercite. Pour la description détaillée, voir le chapitre V page 107. Ces rc: h:5 sont plus ou moins altérées par le métamorphisme dynamique, et quelques unes d'entreelles passent au gnei s. Il existe une transition graduelle depuis le type moyen, qui est une granodiorite grise, aux autres variétés moins communes. La chose est vraie à une exception près, et cette exception est dans le cas d'une hornblendite que l'on trouve éparse à deux endroits, savoir, l'un du côté occidental du creek Franklin et comme lisière

basique atteignant un contact principal, et l'autre à l'ouest des prairies de Beaver, comme “schlieren’” dans la granodiorite. Dans le premier cas, l'hornblendite paraît s'être séparée et consolidée sur le bord du batholithe. Alors, apparemment, elle se serait brisée et aurait été injectée par le magma acide (planche X). Des inclusions angulaires d'anciennes roches se rencontrent à l'intérieur du batholithe dans l'angle sud-est de ce district.

Distribution.

Ainsi qu'on le voit sur la carte qui accompagne ce rapport, les roches de ce groupe sont bien répandues à travers toute la région, mais c'est surtout Sur les bords du rectangle qu'elles ont leur meilleur développement. Là elles laissent voir par leurs rapports de contact avec les anciennes formations, qu'elles font toutes partie d'un simple batholithe en forme de dôme, sur lequel repose toute cette région. L'érosion a rapidement déplacé les roches recouvrant ce batholithe et a mis à nu la plus grande partie de la granodiorite injectée.

En certains endroits, particulièrement sur le mont McKinley, des apophyses paraissent s'être détachées du batholithe pour pénétrer dans les roches subjacentes, ce qui a donné lieu à un métamorphisme intense.

Les dykes aplitiques sont très communs et traversent la granodiorite dans les zones de contact. Les rt ches qui composent ce batholithe se distinguent aisément des monzonites et des syénites récentes appartenant à un groupe alkalin de la période tertiaire, qui se rencontre dans ce.ce région. Les roches de ce groupe alkalin sont comparativement bien conservées et ne laissent pas vo commes les roches du batholithe les traces profondes de métamorphisme, ! ‘en qu'elles aient été soumises au bouleversement qui à produit ies montagnes Ga district. Bien plus, les roches batholithiques offrent une couleur dominante d'un gris pâle et forment un étrange contraste avec les roches intrusives du Tertiaire, de couleur sombre. Des roches intrusives plus récentes ont profondément affecté la granodiorite, ainsi quon peut le voir par l'action pneumatolytique le long des parois de fracture dans la granodiorite, d'où sont résultées les veines de l'épidote verte qui a apparue plus tard. D'autre part les roches

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intrusives du Tertiaire contiennent rarement de cette épidote. Les surfaces de la granodiorite soumises à l’action de l'épidote conservent les stries glaciaires les plus parfaites.

Rapports de structure.

STRUCTURE INTERNE. Les roches qui composent le batholithe ont eu généralement à supporter des pressions diférencielles durant la période orogénique et ont été exposées à des bouleversements et à des épanchements qui ont produit des structures gnéissiques. La chose se voit surtout dans les angles nord-ouest et sud-ouest du rectangle, où la foliation plonge N. 39° O. C'est là la direction moyenne du plissemeni et de l'affaissement des roches dans ce district. Aux endroits où la granodiorite est circonscrite par les greenstones les plus résistants et les quartzites siliceuses de la série paléozoïque, elle a cédé à la violence dynamique, principalement par fracassement et cisaillement, sans prendre la structure gneissique.

On pourrait conclure de ces faits que, à l'époque du mouvement orogénique principal, le batholithe se trouvait dans la zone combinée de l'affaissement et du fractionnement. Les parties de la masse toute à fait à l'intérieur du batholithe paraissent avoir cédé plus rapidement aux violences régionales, par l'état pâteux de la roche qui a produit le gneiss, tandis que les parties isolées de la masse principale est bien à l'interieur de la couverture paléoz0ïque résistante qui se trouvait dans la zone de fracture, semblent avoir cédé à la pression et au cissillement. Toutes les parties qui se montrent actuellement sous forme d'affleurements se trouvaient essentiellement à la même profondeur, ce qui fait que les effets ci-dessus doivent Ctre attribués à des différences dans la nature des masses rocheuses qui entouraient la granodiorite. Le cisaillement de la granodiorite a été un facteur important dans sa minéralisation (page 195, chapitre VII, Géologie économique).

Figure 5. Diaclases dans la granodiorite jurassique

Un structure secondaire à l'intérieur du batholite se présente sous la forme de lignes de jointement allant dans deux ou trois directions, le principal groupe de ces lignes ayant une allure du nord-ouest au sud-ouest avec un rapide plongement généralement du nord-est au sud-ouest. Les plus anciens groupes de lignes de jointement se sont par la suite complètement resoudés, la cimentation s'étend accomplie soms l'action pneumatolytique en même temps probablement que les intrusions ignées du Tertaire. L'action pneumatolytique a suivi certains systèmes, de jointement dans le granodiorite, produisant des veines d'épidote vert pâle qui atteint en certains endroits jusqu'à trois pouces de largeur. Ce caractère s'observe aisément dans la couverture rocheuse granodioritique sur le côté concave du chonolithe syénitique (figure 5).

STRUCTURE EXTERNE. Rapports avec les formations plus anciennes.. Des apophyses du batholithe se sont injectées dans la couverture rocheuse paléozoïque; les unes et les autres ont subséquemment suivi le mouvement régional, et il en est résulté un système local de failles et de dykes ainsi qu'un certain métamorphisme.

Cependant, les roches du groupe de Franklin avaient déjà reçu leur principal plissement avant l'invasion du batholithe et l'intrusion des apophyses. Cela se voit au caractère régulier des contacts, qui plongent surtout en s'éloigrant de la masse princi-

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pale de la granodiorite, vers l'ancienne couverture rocheuse. Les contacts de la granodiorite traversent les anciennes roches paléozoïques, indépendemment de leur structure, et offrent des iignes de frontière brusques et bien définies; rien n'indique qu'ils ont été soumis aux mouvements orogéniques qui ont plissé et transtormé les anciennes roches.

L'intrusion de prolongements provenant du batholithe et l'intense métamorphisme de la couverture rocheuse se firent probablement à de grandes profondeurs, sous une pression hydrostatique énorme, occasionnée par le poids de l'immense épaisseur des matières qui les recouvraient.

Le métamorphisme de contact le plus intense s'est produit dans la formation de marbre de Gloucester où, par l'expulsion de COL et la substitution de SiO», les carbonates se sont changés en silicates avec production de minéraux, tels que le grenat l'épidote, la trémolite, le diopside, etc. Ce métamorphisme de contact de grande profondeur et de grande étendue offre un contraste frappant avec le métamorphisme de contact produit par les roches granulaires injectées non loin de la surface; ce dernier laisse voir une action intense dans la région du contact immédiat, mais n'affecte pas les roches au delà d'une zone de quelques pieds d'épaisseur (page 91, formation de shonkinite syénitique)

De petits blocs détachés foriaant partie du groupe de Franklin se rencontrent sur le versant occidental du creek Franklin. Is consistent en roches éruptives altérées dont les contacts avec la granodiorite ne se sont pas toujours très bien définis, à moins que ce ne soit un contact de surface, comme dans la figure 14D.

Rapports avec les formations plus récentes. Sur !: mont McKinley, les porphyres À rhyolite de la première partie du Tertiaire et la formation grès grossier et conglomérat se trouvent les uns et les autres À recouvrir le batholithe granodioritique Un tel rapport démontre que l'ancien toit du batholithe a dû être soumis, pendant la période du Prétertiaire, à une dénudation suffisamment longue pour complètement déplacer cette couverture et laisser à nu les roches sous-jacentes.

La présence de plusieurs dvkes de porphyre à pulaskite caractérise le contact de la formation tertiaire sous-jacente ave le batholithe. Les dykes de porphyres à pulaskite sont plu

récents que l’une et l'autre de ces formations; partout ailleurs dans la région, on les trouve traversant toutes le, formations, à l'exception des ‘lvkes de lamprophyre. Ils former't ici et là des taches irrégulière. vu un placage de couleur rosée sur la surface supérieure du batholithe.

Le contact de la granodiorite avec la monzonite du Tertiaire se fait en dessous d'une dépression remplie d'alluvion, qui se dirige vers le nord à partir de la propriété de Royal Tinto; on peut aussi l'observer au sud de cette propriété, mais là, la monzonite apparaît comme un bloc qui a pénétré dans la granodiorite plus ancienne.

On a pu étudier sur le claim de Mountain Lion, contigu à l'ouest au claim de Gloucester, un splendide affleurement du contact entre la syénite alcaline du Tertiaire et la granodiorite du Jurassique Un métasomatisme de contact avec passage de feldspath et développement d'hornblende secondaire s'est étendu iusqu'à, au moins, 10 pieds du contact actuel et apparaît plus intense dans le voisinage de la svénite.

En dessous de la propriété de Little, sur le côté oriental de l'embranchement est de la North Fork de la vallée de la rivière Kettle, la granodiorite est traversée par un dyke de lamprophyre (microdiorite augitique) ainsi que par plusieurs porphyres syénitiques

Sur le claim de Crystal Copper, ur prolongement court et étroit de l'intrusion de syénite alcaline sous-jacente a pénétré la couverture rocheuse granodioritique.

Mode d'origine.

Les rapports du complexe granodioritique sont tels, qu'ils mènent à la conclusion que c'est un batholithe qui a atteint la croûte süptrieure, principalement par voie ‘‘d'abatage”” magmatiques, dans lequel les fragments du toit ont été broyés et déplacés, le magma s'élevant de lui-même pour remplir les espaces laissées libres.

Voici l'énumération des traits saillants qui découlent du mode d'origine de ce batholithe tel que je viens de le décrire:

(1) Distribution de grande étendue. La masse granodioritique n'a pas seulement un très fort développement dans la

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région elle-même, mais elle s'étend sur des milles dans le pays avoisinant.

(2) Pa nature du plongement de ses contacts avec les anciennes formations. Partout où ils forment affleurement sur les versants des profondes valées, les contacts de la granodiorite avec les anciennes formations plongent toujours à partir de la masse principale granitique, se dirigeant vers les anciennes formations envahies, ce qui indique l'agrandissement du complexe igné, à raison de la profondeur.

(3) L'absence complète de rapports entre les lignes structurales de la formation envahie et la forme du massif intrusif, comme ceia se voit dans les vallées de Franklin et de Kettle.

(4) La présence de débris isolés de toit des roches pal ozoiques à l'intérieur de la granodiorite à l'ouest du creek Franklin.

(5) En général, le haut degré d'homogénéité dans la composition et la texture des roches qui composent les intrusions.

(6) La présence sur le mont McKinley de longues et étroites apophyses de la masse, ce qui indique, ainsi que l'a fuit remarquer Dalv!, une grande fluidité au moment de l'intrusion.

(7) L'abondance d'inclusions angulaires près des contacts

leur absence à l'intérieur. Le fait que le batholithe était ssez liquide et avait une force hydrostatique suffisante pour linjection des apophvses dans la couverture rocheuse subjacente, comme cela s'est produit à la mine MecKinley, avec apparition d'un métamorphisme de contact très intense, sembleut indiquer que l'intrusion s'est produite auprès d'un amas considérable de strates susjacentes, et que la relation avec sa surface ne s'est pas établie facilement. On n'a pas encore trouvé de lives que l'on puisse référer à la granodiorite de Nelson. La couvérture cependant se trouvait au-dessus de la zone du métamorphisme de vrandes profondeurs, ainsi que Findiquent la structure

de roches et l'absence totale du phénomène d'injecction près des contacts principaux.

Les objections qui s'élèvent contre l'origine laccolithique de ce batholithe sont: (1) Les surfaces de contact du batholithe

!Daly (R. A.): The Mechanics of Igneous Intrusion. Amer. Jour. of Sci. D vol. XV, pp. 269-298, vol. XVI, pp. 107-126 (1903).

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traversent les couches de stratification de la for mation envahie, mais ne sont pas contormes à la direction de ces couches, comme c'est le cas pour une ample intrusion laccolithique; (2) il n'y a pas trace de surface de fond de la masse granodioritique, pas plus que de fendillement, de la formation envahie, comme on devrait s'y attendre s'il y avait eu envahissement avec production d'une séparation de la couverture d'avec le fond, et d’un soulèvement de la couverture.

L'hypothèse de l'assimulation marginale nous est de plus interdite, par le fait que les contacts sont toujours brusques et distincte et qu'ils traversent selon tous les angles, tant les formations sédimentaires que les formations éruptives, € qui n'aurait pas eu lieu si l'assimilation par les bords s'était produite.

Si l'intrusion granitique était due à une simple intrusion active de la part du batholithe, on devrait s'attendre à ce que celui-ci ait pris la struct'ire des formations sus-jacentes, Ce qui n'est pas.

Âce et corrélation.

L'âge relatif du batholithe nous est connu, en ceci qu'il est plus jeune que les mouvement orogéniques qui ont plissé les formations de Franklin et de Gloucester, mouvements qui se sont produits probablement au déclin de la periode paléozoïque. D'autre part, le batholithe est plus ancien que Île conglomérat des premiers temps du Tertiaire. Cela limiterait l'âge de cette formation au Mésczoique: On sait par ses rapports de contact avec le conglomérat plus récent et le; formations de grès grossier —qui, ainsi que je l'ai noté, reposent directement sur la 2ra 10diorite, au mont McKinley et à autres endroits—qu'une longue période d'érosion à eu lieu après son intrusion et avant le commencement des temps du Tertiaire. Bien qu'on ignore d'une manière certaine l'épaisseur primitive de la couverture batholithique, le puissant affleurement granodioritique dû à l'érosion, pendant cette période, laisse supposer qu'il y à corrélation entre on invasion et les intrusions jurassiques.

Sur la carte de West Kootenay! on a indiqué la granodiorite

1 Comm. gtol. du Canada, Carte n° 792.

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de Franklin comme faisant partie du granite de Nelson lequel à cet endroit se range dans le Postjurassique. Le même batholithe s'étend dans la direction du sud jusqu’à entre le lac Christina et Grand Forks, où il prend davantage ia structure du gneiss: M. R. A. Daly qui en a fait la description! prétend que ce batholithe est par la structure et par la formation paralièle aux batholithes granodioritiques Remnell et Osoyoos de la région d'Okanagan?, lesquels il range dans le Jurassique. Il semble donc raisonnable de ranger le batholithe granodioritique de Franklin dans le Jurassique, ce qui le met en corrélation avec diverses autres

masses batholithiques semblables que l'on trouve dans les Cordillères.

ÉOCÈNE-OLIGOCÈNE.

FORMATION DE LA RIVIÈRE KETTLF, Aperçu général.

Grâce à la nature de ses sédiments et aux laves contemporaines qui sont distribuées à travers toutes la région, la formation Franklin de la rivière Kettle a conservé parfaitement l'historique

des conditions des premiers temps du Tertiaire dans cette partie des montagnes Columbia.

Distribution.

Des couches de laves protectrices sont en grandes parties la cause de ce merveilleux état d: conservation des débris de ce qui fut autrefois une formatior très étendue, laquelle, ainsi qu'on le verra plus loin, est d'origine continentale. Elle se prolonge en une forte lisière s'étendant du nord-est au sud-ouest depuis le monts Tenderloin jusqu'au mont McKinley et depuis les sommets de ces montagnes jusqu'au fond des vallées, où elle comble des dépressions encore plus profondes que celles d'aujourd'hui.

! Daly (KR. A.): Rapport de l'Astronome en chef, Ministère de i'Intérieur,

* Daly (R. A.): The Okanagan Batholith of the Cascade Mountain System: Bull. Geol. Soc. of Am., vol. VII, juillet, 1906, pp. 329-376.

Cette formation a étt sujette à l'érosion sur une largeur au moins deux milles dans l'ouest, laissant à nu la svénite du Miocène et la pyroxénite à shonkinite, qui formaient une couverture rocheuse à l'époque des intrusions alkalines.

Épaisseur.

La formation de la rivière Kettle est moins puissante en certains endroits de la région que dans d'autres endroits. Le maximum de puissance semble se produire aux environs du confluent du creck Franklin avec le tributaire est; à cet endroit, ce petit cours d'eau laisse voir une épaisseur d'environ 100 pieds de conglomérat. Ce n'est là cependant que la partie de la base d'une formation autrefois plus étendue et plus puissante. Sur le mont Franklin, la lave recouvre à peu près 500 pieds de grès grossier et de conglomérat. La différence dans l'épaisseur est due en partie à l'irrégularité de la déposition primitive, mais surtout aux eflets de l'érosion subséquente et à la direction du système de drainage des premiers teMpPsS du Tertiaire.

Structure.

La formation a été affectée par un plissement et un mode d'oscillation plus prononcées que ceux qui affectent les roches volcaniques qui les recourt nt. La violence de la poussée Intérieure parait en tt rtains cas avoir été locale, vu que, dans un affleurement, les strates occupent une pi Siticn horizontale, tandis que dans d'autres affleurements elles seat fortement inclinées.

Cependant, le longement dominant de 4 formation est en moven ru d'environ 43 degrés dans la direction du nord-est. En principe, le plongement à pr bablement varié depuis 30 degrés dans les matières les plus grossières jusqu'à deve pr imperceptible pour les sédiments les plus fins. Les sédiments ont été apparemment sujets à un mouvement d'ondulation et à une déformation con: sidérables suivies par une période d'érosion antérieure à l'envahissement des laves trachvtiques. Une discordance bien prononcée entre les deux formations en est l'indice. Des graviers fendillés provenant de la formation de la rivière Kettle, laquelle est formée des greenstones du groupe de Franklin, apparaissent dan la photographie prise de cette région (planche

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. renversées, se trouve (figure 6) dans les grès grossiers et les sables solidifiés de la formation de la rivière Kettle, tout particulière-

ment dans le voisinage des intrusions alcalines récentes.

Conditions de dépôt.

+ Dans le but d'en arriver à une conclusion quant à l'origine et au mode de déposition des sédiments des premiers temps du Tertiaire, nous considérerons d'abord brièvement les faits se rapportant au travail d'exploration.

- Les grès grossiers À arkose et les conglomérats plus fins de la formation sont de couleur blanche et grise et en yride partie formés de quartz limpide et de feldspath bien conse:vé, qui ne laissent voir que très peu le tamisage dû à l'action des eaux. En plusieurs endroits, ces grès grossiers Cat esse: iellcment la nature du rhyolite et on les trouve intercuiiés er : des couches de cette roche (planche XI B.) Or peut voir, ti plusieurs endroits où ces roches sont laissées à dévoucert les marques laissées par les courants et plus rarement les lignes de clapotement des eaux. Les parties sableuses et tufacées à grain plus fin contienneni,en un endroit, de vagues vestiges de végétation. Les parties à grain plus grossier cor tiennent des fragments fortement usés par l'eau, d'anciennes roches les plus résistantes, et passent par places, en un conglomérat hérérogène très grossier constitué de blocaux arrondis ou subangulaires de deux pieds et plus de diamèêtre, renfermés dans un ciment très compact.

L'affleurement laisse voir ici et là des traces d'une grossière stratification. Il contient des sédiments non parfaitement décomposés tels que des calcaires impurs passant du clair au sombre, des argilites et des conglomérats. Les blocaux sont surtout des roches sédimentaires et métamorphiques avec une faible proportion de granite gris.

1 Diller (J. S.): Educational Series of Rock Specimens: U.S. Geol. Surv., 1893, p. 316 (donne la description des graviers fendillés provenant du mont Siskiyou de la Californie septentrionale).

On n'a trouvé parmi eux aucun granite de Valhalla ni aucune roche: :!kalines actuellement si communes dans ce district. Il ne s'y rencontre que très peu de débris de quartz, ce qui indique une décomposition imparfaite de l'ancien sol; d'autre part, des cailloux bien arrondis à surface fortement oxydée et usée par le

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Figure 6. Faille normale à faible rejet, au-dessous de la surface d'érosion du Postoligocène, sur le mont Tenderloin, à l'ouest de la faille principale (coupe verticale).

temps pourraient bien représenter d'anciennes formations de conglomérat. Un bloc subanguleux de 2 pieds de diamètre, à l'intérieur du conglomérat près du pont qui traverse le creek Franklin, laisse voir tout un système de stries qui ressemblent beaucoup à l'action glaciaire. On en remarque aussi sur des cailloux et des graviers, dont quelques uns proviennent d'autres . endroits de la même formation. La photographie (planche XI A) montre le genre de facettes et de stries de quelques-uns de ces

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cailloux subangulaires. J'ai remarqué une grande similitude de caractères en comparant quelques-uns des cailloux de la formation de la rivière Kettle du district de Franklin avec la tillite locale des environs de New Haven, Connecticut. Cependant, les cailloux de cette tillite locale n'ont pas une aussi grande proportion de surfaces concaves bien développées, comme ceux de la formation de la rivière Kettle. Une étude comparative de la tillite d'origine glaciaire alpestre et de celle d'origine glaciaire continentale aiderait considérablement à résoudre ces problèmes de la sédimentation. Le district de Franklin est situé au dedans de la chaîne God, de Dawson! (faisant partie du système des monts Columbia), que cet auteur considère comme ayant été l'axe principal du mouvement orogénique des Cordilières du Canada.

D'après ces faits, on peut conclure que la topographie de la période qui a suivi le grand bouleversement de Laramide eut un caractère décidemment violent et alpestre; que le district de Franklin, alors comme aujourd'hui, occupait un bassin tectonique où dépression entre la chaîne des Caribou et la chaîne Granitique; et que cette dernière chaîne était en grande partie formée de roches sédimentaires et métamorphiques fortement plissées et broyés.

Le climat était probablement humide et froid, ce qu'indiquent les sédiments lixiviés blanchis par l'action du temps et les nuances grises avec présence de schistes charbonneux renfermant des débris de végétation?

Les conglomérats grossiers se déposèrent principalement lins des cônes alluvionnaires sur les bords du bassin. Ces matières furent entraînées des sommets accidentés où elles étaient sur les versants abruptes, ce qui fait que l'émiettement de la roche et sa désagrégation sous l'action de la gelée et de l'eau s'accomplirent avec une grande rapidité accumulant leurs sables sur les débris rocheux. Les versants des montagnes étaient probablement trop abruptes pour permettre la végétation, s'opposant ainsi à l'accumulation de l'humus pour accomplir la

1 Dawson (G. M.): Bull. Geol. Soc. of Am. XII, p. 61. 3 Barrell (J.): Climate and Terrestrial Deposits: Studies for Students, Jour. of Geol. vol. XVI, pp. 293-294 (1908).

totale décomposition de la roche. Sur les versants abruptes des montagnes, la rapidité du travail mécanique cache la décomposition rocheuse lors même qu'elle s'accomplit. Les roches des sommets, dans le voisinage de la neige et des glaces, sont probablement soumises à des températures qui tombent pendant la nuit au-dessous de la congélation, pour s'éléver pendant le jour au-dessus du point de la glace fondante. De tels changements de ‘température sont une des causes les plusefficaces de {a désagrégation du roc solide. A la suite de semblables conditions climatériques et physiographiques, il ne serait pas surprenant que l'on découvrit que des glaciers ont existé sur les hauts sommets de cette région et ont fourni leur part de matériaux pour combler le bassin au-dessous: c'est ce qui expliquerait les caractères glaciaires de quelques-uns des blocaux et des cailloux de la phase hétérogène dans la formation du conglomérat.

Un système de drainage était en voie de se développer à l'intérieur du bassin, mais à cause de la coulée de rhyolite qui vint l'envahir et de dépôts de tufs acides provenant du cratère du mont McKinley, tout auprès, ce système de drainage, ainsi que le fait voir la nature erratique des sédiments, s'est bientôt trouvé dans un état complet de désorganisation. Pendant des périodes assez considérables, certains endroits furent convertis en marais et en lacs dans lesquels les tufs acides se déposèrent en couches uniformément stratifiées. Il s'est développé une intense végétation tout autour de ces marais et de ces bas-fonds. Les couches de rhyolite ont puissamment contribué à la sédimentation des premiers temps du Tertiaire.

Sur le versant occidental du mont Tenderloin se voit une couche d'arkose à granulation uniforme, de quatre pieds d'épaisseur, entre d’autres stratifications; cette couche renferme quelques cailloux d'argilites et de quartzites épars, ce qui semblerait indiquer une sédimentation très rapide sous l'action d'eaux agitées, ou même tout probablement des roches entraînées par de la glace ou des troncs d'arbres flottants.

Corrélation.

On peut probablement établir la corrélation de la formation de la rivière Kettle du district de Franklin avec le groupe de

Coldwater (Oligocène ?) tel que décrit par le D: G. M. Dawson, et qui est située plus au sud-ouest et à certains autres endroits épars dans le district Boundary.?

Au point de vue lithologique les grès arkosiques et les tufs de Phoenix sont les mêmes que ceux de Franklin, mais la formation de Phoenic est dépourvue du conglomérat hétérogène trè: grossier que l'on trouve dans cette dernière région plus montagneuse. Là aussi ils sont antérieurs à la période des principales éruptions volcaniques, paraissant avoir été localement retournés et dénudés avant la période du Miocène. C'est avec quelque doute qu'on les a placés dans l'Oligocène.

L'âge et la corrélation que l'on assigne aux formationsdu début du Tertiaire de la Colombie britannique méridionale ont pour principale base une preuve paléobotanique; on a entièrement mis de côté la preuve physiographique, telle qu'elle se montre dans le district de Franklin. Cette formation est excessivement pauvre en débris organiques, et cela probablement à cause de la nature volcanique des matériaux qui la composent: il en est ainsi de plusieurs autres districts. Ajouté à l'isolement des endroits fossilifères connus, ce fait rend difficile la tâche de délimiter d'une manière satisfaisante les formations tertiaires de la Colombie britannique.

Le Dr D. P. Penhallow a dernièrement (1908) entreprit un travail élaboré des plantes de diverses localités recueillies par G. M. Dawson et Daly (1903-1905) et par Lambe (1906). Dans ce travail les localités sont indiquées comme formées de séries de lacs, dont plusieurs petits et parfois très éloignés de la formation principale, celle-ci étant très irrégulièrement délimitée. Penhallow conclut en s'en rapportant à une preuve paléobotanique peu satisfaisante, que les couches de Kamloops (groupe de Coldwater), analogues au point de vue lithologique, à la formation de la rivière Kettle du district de Franklin, appartiennent pro-

! Dawson (G. M.): Rept., on Kamloops Map Sheet, Rapport Annuel, Com. géol. du Can. partie B, vol. VII, p. 68-71B.

?LeRoy (O.E.): Rapport sommaire. Phoenix Camp. Com. géol. du Canada, 1906, p. 67. Boundary Creek Map Sheet No. 828.

* Penhallow (D. P.): Rapport sur les plantes tertiaires de la Colombie britannique, Com. géol. du Canada, 1908.

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Figure 7. Montre la nature d laim Maple-

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bablement à l'Oligocène, que certainement elles ne sont pas du tout postérieures, mais qu’elles peuvent être antérieures à cette époque. Quant aux couches de Quesnel, d’après son é:: :e des spécimens qu'il a vus, il conclut en les rangeant dans i ;:ocène, avec une forte tendance à les rapporter au Laramie. Il ‘“‘range provisoirement dans le Miocène inférieur” les couches de Tranquille qui sont distinctes du groupe de Coldwater ainsi que le démontre Dawson dans son étude du district de Kamloops.

À titre d'essai je rangerai la formation de la rivière Kettle de Franklin dans la période Éocène-Oligocène entre le bouleversement de Laramide et l’époque des dislocations de la croûte terrestre à laquelle a succédé le cycle d’érosion qui précède la période de grande activité volcanique du Miocène, telle que le démontre la discordance qui, dans le district de Franklin, existe entre les deux formations du Tertiaire.

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