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publié en commun par M. de Verneuil et par nous en 1842, avaient été regardés comme siluriens supérieurs, ont été depuis remontés dans le système dévonien dont ils constituent actuellement les assises inférieures, ainsi que le montre le tableau général ( anti , p. 380).
D’après cette classification, adoptée par sir H. Murchison et justifiée par les études stratigraphiques de M. de Dechen, comme par les études paléontologiques de MM. Sandberger et Roemer pour les provinces rhénanes et celles de M. de Koninck pour la Belgique, le groupe dévonien inférieur des bords du Rhin comprend des schistes, des grès et des roches quartzeuses subordonnées. Ces roches s’élèvent de dessous toutes les autres en plis nombreux, dans les escarpements qui bordent le Rhin, entre Coblentz et Caub. On y observe des [dans de clivage très-prononcés, et les fossiles suivants les caractérisent : Spirifer macropterus et speciosus, Terebratula Archiaci , Orthis circulant, LepUrna plicata, ('/tourtes semiradiata, parmi les brachiopodes, puis parmi les trilobites les Phacops laciniatuslCryphams id.) et latifrons, deux espèces d ’ Homalonotus à épines, et le Plcurodictyum problematicum, corps de classe incertaine, qui n’en est pas moins un guide précieux. Les schistes-ardoises de Wissenbach, avec leurs coquilles pvritisées ( Orthocrratites gracile , Goniulitcs compressas), recouvrent les grès précédents dont ils renferment plusieurs espèces. Ces roches s’étendent dans les provinces de la rive gauche du Rhin arrosées par la Moselle, la Lieser et l’Ahr. Suivant M. de Koninck, les couches correspondantes de la Belgique renfermeraient 23 espèces communes avec les précédentes, un assez grand nombre aussi avec celles du Devonshire, mais aucune n’aurait son analogue dans le système silurien supérieur. C’est d'ailleurs un des plus vastes horizons géologiques connus, car nous le retrouverons dans l’hémisphère austral caractérisé par les mêmes types.
Le second groupe comprend des schistes, des grès et des amandes calcaires qui , dominant par places , occupent des
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étendues considérables sur la rive droite du Rhin, d’Elberfeld à Iserlohn, apparaissent à Paffrath et à Refrath, près de Cologne, et représentent le calcaire principal de l’Eifel. Sur la rive gauche, les schistes qui passent aussi sous ce dernier calcaire sont caractérisés par la Calceola sandalina , le Cryphœus (Pleuracanthus) punctatus, le C.stellifer, les Spirifer cuit rijugatm, speciosus et heleroclitus communs à cette région et au Devonshire. Le calcaire de l’Eifel est d'ailleurs l’assise qui donne au système dévonien de ce pays son principal caractère. Iæ Strygoccphalus Burtini représente son horizon sur la rive droite du Rhin, aux environs de Bensberg, et les autres fossiles, l Incites gryphus, Davidsonia Vemeuili, Spirifer undi férus et lœvicosta, Megalodon citadin tus, Lutina proaria, Murchisonia bilineata, Cyathophyllum cespitosum, Favosites polymorphus , Heliolites piriformis , sont fréquents partout.
Dans l’Eifel comme dans le Harz, dit M. llurchison, on a trouvé des débris de poissons ( Coccosteus , etc.) qui, de même qu’en Russie, servent à placer ces roches au niveau de la partie moyenne du vieux grès rouge d’ Angleterre. Ce groupe se lie d’ailleurs au précédent par la présence du P/iacops lut if rom, du Cryphœus punctatus, des Spirifer spcciosus et adtrijugatus, etc. Il se continue avec le même caractère eu Belgique, où il comprend aussi des poudingues. Il correspond aux calcaires de Bradley, de Babbacombe, de Newton-Bushel , de Plyrnouth (Devonshire).
Le groupe dévonien supérieur est fort compliqué dans les provinces rhénanes, et ses quatre ou cinq assises ont reçu des noms particuliers. Dans le duché de Nassau, près de \Veilburg, des strates de roches ignées, produits d’éruptions sousmarines contemporaines ( Schaulslein ), alternent avec les bancs calcaires. Sur la limite nord de la Westphalie, où toute la série s’enfonce à stratification concordante sous le système carbonifère, cette partie supérieure est bien caractérisée. Ainsi, au-dessus des calcaires à Strygocéphales viennent des
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schistes et des calcaires avec Goniatiles relrorxus qui n’ont pas moins de 300 mètres d’épaisseur, puis des schistes rouges à Cypridina xerrato-xtriata et des calcaires noduleux de 60 mètres d’épaisseur, dont les cavités lui ont fait donner le nom de Krammmzcl - stein. L’assise calcaire sableuse avec Spirifcr I ’crncnili (S. disjunctm) termine la série dévonienne sur les bords du Rhin comme en Relgique. Dans ce dernier pays, les Clvmènes , les Goniatites, le Daridsoniu Verneuili, l’ Aricula i\ tpi uni, VOrthis Dumonti , la Ithynchonclla cuboïdes, le Cardium palmntum , le Receptaculites .\eptuni, y sont très-répandus, et la dernière assise qui borde les bassins houillers est formée de schistes vert olive et bruns avec des calcaires dolomitiques présentant à Manches. Rhines, Huy, Verviers, etc., les fossiles des calcaires de Ferques (Bas-Boulonnais), de Barnstaple, de Pilton, de Baggy-l’oint (Devonshire).
On conçoit que dans cette région, où manque le groupe silurien supérieur, il n’v ait aucun passage zoologique indiqué dans les couches dévoniennes les plus basses; mais, eu égard à la distribution des fossiles, le système dévonien des bords du Rhin et de la Belgique, dont plus de 450 espèces ont été déterminées, est la contre-partie de celui du Devonshire.
Chaîne du Han. — Dans le Harz , où nous avons vu les couches siluriennes supérieures bien caractérisées, la colline de Rammelsberg près de Goslar. présente la base du système dévonien (grès à Spin' fer), tandis que les calcaires et les minerais de fer d’KIbingerode. d’Abtenau, etc., appartiennent au groupe moyen auquel succèdent le supérieur et des assises schisteuses, peut-être même la base du système carbonifère, les dislocations que les strates de ce massif ont éprouvées à plusieurs reprises rendent d’ailleurs leur détermination chronologique fort difficile.
Dans la Thuringe, la Saxe, la Franconie et quelques pays voisins, le système dévonien, quoique bien étudié, ne présente pas de divisions aussi nettement caractérisées qu'à
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l’ouest, et, malgré la richesse de sa faune que les recherches du comte de Munster ont fait connaître, ne nous y arrêteronsnous pas, et passerons-nous de suite à l’examen de ses caractères plus à l'est.
Russie. — MM. .Murchison, de Verneuil et de Keyserling ont fait remarquer que la vaste étendue occupée par le système dévonien dans le nord de la Russie résultait de la trèsfaible inclinaison de ses couches et de ce quelles ont été très-rarement dérangées. Elles constituent la plus grande partie des collines du Valdaï, occupant une large zone qui se prolonge au N.-E. jusqu’aux rivages de la mer Blanche, au S. -O. dans la Courlande, au delà de Mittau, et qui se recourbe presque à angle droit au S.-E. jusqu'à Voroneje, pour former uue sorte de dôme autour d’Orel. Considérés dans leur ensemble, ces dépôts recouvrent les roches siluriennes supérieures de l’Esthonie , les inférieures dans l’ingrie, et ils sont fréquemment surmontés, à stratification concordante, par les couches carbonifères auxquelles ils passent depuis les bords du lac Onéga jusqu’aux côtes de la mer Blanche.
Indépendamment de beaucoup de mollusques , communs dans les couches dévoniennes de l'Europe occidentale et qu'on retrouve dans celles de la Russie , ce ; dernières sont surtout caractérisées par l'abondance des poissons, dont un grand nombre reparaissent aussi dans les assises moyennes et supérieures du vieux grès rouge de l’Écosse. Les recherches de. .VI. Pander y ont fait retrouver les Coccostcus si caractéristiques et si remarquables, les Osteolcpis, les Diploplerus et les Dipterm des dalles de Caithness; et, si l’on y ajoute ceux qu'avaient déjà déterminés et décrits M. Agassiz et M. Owen ( Astcroicpix , C’Ii/ptosleus, liolhriolepis, Jloloptychius nobili sx îmus. Dnidrodus xtrigatiis, Cricodus, Plerichthys, etc.), tous déjà connus dans la jiartie moyenne du groupe des îles Britanniques, on acquiert la preuve de la contemporanéité des dépôts dans ces parties opposées de l'Europe.
Il y a de plus ici une certaine concordance entre les carac-
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tères pétrographiques des roches et la" répartition des fossiles. Ainsi les restes de mollusques abondent surtout dans les bancs calcaires subordonnés aux marnes et aux sables qui renferment les poissons, et, lorsqu’on suit les couches, des provinces baltiques vers Arkangel , les calcaires s’hmincissent , puis disparaissent, et le groupe, dans cette direction, n’est plus représenté que par les marnes et les sables. Or, dans les îles Britanniques , l’existence des poissons se lie également au caractère arénacé des roches.
Bien que le système dévonien de la Russie ne représente que les deux divisions supérieures de celui de l’ouest, MM. Rutorga et Bander y ont établi trois coupes locales : l’ inférieure, composée de grès et d’argiles schisteuses, avec de nombreux poissons, découverts par M. Asmus aux environs de Dorpat et de Tellen, et qui sont ceux de Caithness et d’Elgin; les coquilles y sont rares, sauf les Lingules; la moyenne, comprenant des calcaires, des dolomies, des argiles schisteuses, occupe de grandes surfaces remplies de coquilles et de poissons (Produrlus productoides , Tercbratula lironica, Spirifcr Archiaci, S. Anosoffi, Holoptychim nobilissimus, etc.); la supérieure enfin présente des sables rouges et des marnes quelquefois vertes, avec des Holoptychim aussi et d’autres poissons. Les bancs calcaires ne sont d’ailleurs qu’un accident local dans une puissante série arénacée et marneuse.
Le système dévonien qui, suivant les études des savants auteurs de la Géologie de la Russie d'Europe , forme une bande étroite comprise entre les systèmes silurien et carbonifère du (lanc occidental de l’Oural, depuis le parallèle d'Orenbourg jusque vers la source de la Petchora, se prolonge au N.-N.-O., d’après M. de Keyserling, en suivant la chaîne des monts Timans jusqu’à la mer Glaciale, et des fos<iles qui le caractérisent ont été trouvés jusque dans la Nouvelle- Zemble.
Turquie. — Nous passerons naturellement de l’F.urope en Asie en signalant, sur les deux rives du Bosphore, des roches
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qui, regardées d’abord comme siluriennes, ont été rapportées ensuite à la partie inférieure du système qui nous occupe. Les fossiles recueillis par M. P. de TchihatchelTen 1849 et les nouvelles études de ce savant en 1803 1 ne permettent plus d’en douter.
A l’exception des roches trachytiques situées à l’embouchure septentrionale du détroit, le système dévonien occupe complètement ses bords, et s’étend en outre du cap Touzla, sur la côte asiatique, à Boghaz-Kevi, au milieu de la Thrace. Les roches sont particulièrement des calcaires de teinte foncée et des schistes argileux plus ou moins redressés. M. de Verneuii s, qui en a étudié les fossiles, y a reconnu une quarantaine d’espèces, dont les suivantes, les plus répandues, sont aussi communes dans le groupe inférieur des bords du Rhin, de l’ouest de la France et en Espagne : Homulonotu» Gcrvillei, Tercbratulu Guerangeri , Spirifer macropterus , S.subsperiosus, S. Daromti, Atrypa relicularit, Orlhis Gervillei , O. orbicularis , Chonetcs sarcinulata, C. Boblayei, Pleurodictyum problematirum , Tentucuiites orna tus.
Asie. — En Asie Mineure deux autres lambeaux dévoniens ont été découverts par M. de Tchihatchell : l'un sur la côte de la Cilicie, entre Sélefké et Kaléderé, est composé de calcaires noirs, souvent cristallins, fortement redressés, remplis de Spirifer Verneuili et marropterux j l’autre, dans l’Anti-Taurus, à l’est de Kaïsaria, est composé de schistes argileux et de calcaires qui ont présenté, entre autres fossiles, les Spirifer Pellico , Srminoi, Trigrri, Archiari, YOrthis striutula, les Productus subaculcatus et Murchisonianm , et un Cyuthophylluru , qui ont fait penser à M. de Verneuil que ces roches pouvaient représenter ici le groupe supérieur du système.
Dans un travail stratigraphique accompagné d’une carte géologique et de coupes qui semblent avoir été faites avec