LOUK
Amorphozoaires
Rhizopodes
Poljpiers
Éehinodermes
Annélides
Crustacés
. / Brachiopodes
» | Lamellibranches.
J j Gastéropodes
— ( Céphalopodes . ..
Poissons
Reptiles
1. The Palœontographical Society. Londres, avec 29 planches. De nombreuses additions ont été faites aux chiffres de ce tableau, comme on le verra ci-après.
514 SYSTÈME PERMIEN
Ce tableau montre, comme on devait s’y attendre, que les espèces communes à deux régions sont d’autant moins nombreuses que ces régions sont plus éloignées l'une de l’autre et que ce sont les polypiers, les brachiopodes et les lamellibranches qui ont la plus grande extension horizontale ou géographique.
France. — Le système permien est représenté dans l'est de la France par deux assises puissantes, constituant une partie du massif des Vosges, se prolongeant au nord par la Hart et circonscrivant le bassin houiller de Saarbruck. L’inférieure, de 120 à 150 mètres de puissance, repose souvent sur les roches granitiques de la chaîne et comprend des grès rouges, des poudingues et des argilolithes ou argiles rouges endurcies; c’est le véritable représentant du rolhe todt Liegende de l’Allemagne, dans lequel on a seulement trouvé quelques empreintes végétales peu déterminables et des troncs silicifiés. L’assise supérieure, qui atteint jusqu’à 400 mètres d’épaisseur et généralement connue sous le nom de grès des Vosges, est un grès feldspathique renfermant de 1 nombreux câilloux roulés de quartz blanc laiteux, compacte ou micacé, n’ayant aussi présenté que peu d’empreintes de plantes. *
Ce système, décrit en 1827, par M. Élie de Beaumont et rapporté à son véritable niveau, s’observe également dans l’Odenwald et dans la Forét-Noire, formant avec les Vosges, comme dit le savant auteur, deux massifs montagneux symétriques, terminés en face; l’un de l’autre par deux longues falaises parallèles, entre lesquelles coule le Hhin de Bâle à Mayence, disposition due à des failles qui ont abaissé le sol de la plaine qui les sépare.
En 1840, Rozet avait aussi placé sur le même horizon certaines arkoses ou grès du Maçonnais et du Beaujolais, et ce rapprochement fut confirmé plus tard par la découverte de plantes fossiles (conifères du genre Walchia }, dans les grès qui recouvrent les dépôts bouillers du Creuzot et de Blanzy.
SYSTÈME PERMIEN
Les schistes bitumineux à poissons de Muse, d’Igornay, de Saint-Léger, etc., dans le bassin d’Autun, avaient été rapportés au zechstein. Mais la détermination de ces poissons {Palœoniscus Blainvillei, Voltzii et anguslus , Amblypterus latus, Pygop terris Bonnardi), des restes d'un reptile remarquable découvert récemment par M. Frossard, et qui serait, suivant M. Gaudry, l’ Archcgosaurus latirostris, Jordan, un lehthyodoruliles paraissant provenir du Pleuracanthus Icrvissimus, de nombreux coprolites de diverses grosseurs ainsi que les empreintes de plantes semblent devoir les faire réunir aux dépôts houillers sous-jacents'. Des roches permiennes avaient été indiquées aussi par E. Richard, en 1837, dans la forêt de la Serre, au nord de Dôle, où M. Coquand a signalé depuis des empreintes de Walchia Schlotheimi et hypnoidcs avec des restes de reptile saurien, peut-être de Prolorosauriis Speneri?
Les schistes à empreintes végétales de Lodève (Hérault), placés d'abord dans le trias, mais dont les plantes avaient inspiré des doutes à M. Ad. Brongniart qui y voyait un passage de la flore houillère à celle de la période du grès bigarré, ont été rapportés par M. Coquand au système dont nous nous occupons. Les plantes, déterminées par M. Ad. Brongniart, comprennent 13 espèces de fougères, 1 astérophyllitée et 5 conifères du genre Walchia. Un reptile saurien, Aphelosaurtts lutevensis , Gerv., y a été découvert en 1859. Au sud de ce point, M. Fournet a pu rapporter au même niveau des roches dolomitiques renfermant plusieurs des empreintes de * Lodève, plus une espèce ayant son analogue dans la Thuringe et une autre en Russie. On peut en outre distinguer dans ce
1 Ce reptile serait ainsi le plus ancien qui ait été jusqu'il présent signalé en France, et les plantes que M. Ad. Brongniart a bien voulu examiner sont : Pecopteris arborescens, Xeuropteris tenuifalia1 Sphenopteris crassinervia, Nœggeralhia ou P ordailes, Cyclbcarpus inlermedius, Walchia piniformis, espèces que M. Goeppcrt cite toutes dans la flore permienne, mais qui le sont également dans la flore houillère à l'exception du Sphenopteris crassinervia.
SYSTÈME PERMIEN
pays, comme l'a fait remarquer M. de Rouville, une assise inférieure représentant le grès rouge ou rolhe todt Uegende, et une supérieure le zechstein.
Dans la région pyrénéenne et dans toute la péninsule ibérique, le système permien semble manquer jusqu'à présent, les poudingues et les grès rouges sans fossiles de la base du trias en Espagne n’ayant encore présenté aucun caractère assez prononcé pour qu’on les en séparât, sauf peut-être ceux du sud de la province de Guenca. 11 en est de même, en Italie, dans la région des Alpes et l’Allemagne méridionale; aussi passerons-nous de suite à la partie centrale de l’Europe, où nous avons déjà vu que ses divers membres avaient été l’objet de nombreux travaux vers le milieu et la fin du xvm° siècle.
Allemagne centrale. — Sur les pentes du Thuringerwald, dit sir R. Murchison, le système permien se sépare nettement des dépôts plus anciens comme des plus récents. Les roches carbonifères, discordantes par rapport à celles qui les recouvrent, ont été déposées pendant une période de tranquillité, tandis que celles qui leur ont succédé l'ont été dans un temps de perturbations occasionnées par l’arrivée des roches ignées et le transport violent de matériaux arrachés aux couches antérieures. C’est au commencement de l’ère permienne que s'élevèrent les porphyres rouges qui atteignent les sommets de la chaîne centrale (l’Inselsberg et le Schnee-Kopf, de 100à mètres d’altitude). Les principales éruptions se manifestèrent 'du S.-E. au N.-O., masquant ainsi l'ancienne direction des roches schisteuses qui couraient N.-E., S.-O., et déterminant la ligne de partage des eaux dirigée S.-E., N.-O., ou perpendiculairement aux crêtes précédentes. Ces porphyres supportent les couches permiennes, des deux côtés de la chaîne.
A l’extrémité nord du Thuringerwald, autour d'Eisenach, toute la série se développe sur une épaisseur d’environ 1200 mètres, comme le prouvent des soudages poussés jusqu'à
SYSTÈME PERMIEN
près de 800. La coupe de cette petite région, faite en 1858 par M. Murchison, met en évidence la disposition générale de ses divers éléments constituants, depuis longtemps classiques parmi les géologues du pays, d’ailleurs plus minéralogistes que stratigraphes. Nous reproduirons cette coupe en abrégeant les détails qui présentent de haut en bas :
1° Couches minces de calcaire fétide [SlinkUein ) avec gypse sur d'autres points;
2° Calcaire magnésien en bancs épais ( Zechstein ) ;
o° Schistes cuivreux noirs avec poissons fossiles ( Kupferschiefer );
ll° Conglomérats de granité, à fragments anguleux d'origine inconnue, et litsd'argile sableuse, rouge foncé, portant le château de Wartburg, 150 mètres. A l'est et à l'ouest vient un conglomérat gris { weiss Liegende), se liant à l'assise sous-jacente par une terre verte cuivreuse; quelques calcaires avec des fossiles du zeclistein, se voient aux environs de Géra;
.7° Grès et argile rouge foncé, 75 mètres;
G" Conglomérat quarlzeux avec fragments anguleux do quartz dans une pâle rouge, des fragments de micaschistes de roches schisteuses, de porphyre ancien, etc.. 200 mètres;
7“ Roche rouge, partie supérieure du rolhe todl Liegende.
Ici, comme dans toute cette partie de l’Allenjagne, les dernières assises du zechstein sont surmontées< d’une manière concordante, par un grès et une argile rouge, calcarifère par places, passant vers le haut à un grès rouge en dalles, rapporté au grès bigarré par les géologues du pays, mais que M. Murchison réunit au zechstein parce qu’en Russie c’est précisément dans les mêmes grès et les conglomérats recouvrant les calcaires avec fossiles du zechstein, que se trouvent les plantes et les reptiles ( Protorosnurus ) identiques avec les espèces du grès rouge de l’Allemagne ( rothc todt Liegende) placé au-dessous du calcaire. Ces dernières assises n’ont d'ailleurs jamais présenté de formes organiques du trias. La puissance de la formation est en outre très-variable, car, à quelques milles à l'ouest d’Iiisenach où les porphyres dominent, elle n’est plus que de 60 mètres, ce qui n’empêche
SVSTfcME PERMIEN.
pas d’y reconnaître distinctement tous les éléments de la série
précédente.
Sur le pourtour du Ilarz, dirigé, 0. -N. -0., E.-S.-E. ou presque perpendiculairement à l’alignement des poches anciennes, les couches permiennes sont comparables à celles du Thuringerwald et de la contrée située à l’ouest, mais elles y présentent quelques circonstances particulières. Ainsi la puissance des grès rouges inférieurs est très-variable, et la partie supérieure du zechstein est plus fréquemment composée de masses gypseuses d’une grande épaisseur. A Frankenhausen, des sondages poussés jusqu’à 350 mètres pour atteindre les roches salifères n’ont presque traversé que des gypses, alternant avec des lits subordonnés argileux et calcaires. Ici comme dans la steppe des Kirghiz au sud-est d’Orenbourg, les roches salifères et gypseuses sont comprises dans le système permien. La présence de ces substances comme les masses de dolomies caverneuses seraient, suivant l’auteur, le résultat d’actions métamorphiques.
En Saxe, les environs de Dresde montrent bien aussi la composition du système permien inférieur recouvrant transgressivempnt les dépôts de houille. D’après les recherches de MM. Geinitz-et Gutbier, plus de 00 espèces de plantes ont été observées dans les couches permiennes de Zwickau ; àO sont exclusivement de cette période, et plusieurs sont identiques avec celles qui, en Russie, sont au-dessus de l’horizon du zechstein.
Dans un mémoire subséquent (1803), M. Murchisou a de nouveau insisté sur la discordance du grès rouge et des dépôts carbonifères dans le nord-est delà Bohème, où sa partie inférieure atteint près de 700 mètres d’épaisseur. Elle est composée d’alternances de grès, de sables, de marnes, d’argiles bitumineuses, de schistes cuprifères, de calcaires et de conglomérats, avec des porphyres et d’autres roches ignées intercalées. Ici il n’ÿ a (point au-dessus de couches du zechstein avec coquilles marines, de sorte qu’on peut douter
Digitiz
SYSTÈME PERMIEN
si ces dépôts ne sont pas d’eau douce. M. Geinitz 1 mentionne, dans ce groupe inférieur de la Bohème, de la Saxe et de la Russie, 9 genres et il espèces de reptiles sauriens, tandis qu’il n’y en a que 2 dans les schistes cuivreux, puis 4 genres de poissons comprenant 12 espèces, dont 9 Palœoniscus, lesquels paraissent peu difïérer des 7 espèces signalées dans les schistes cuivreux du nord de l'Allemagne.
Dans leur ensemble les roches permiennes de l’Allemagne différeraient, par leurs divisions pétrographiques, de celles que nous décrirons plus à l’est en Russie. Elles montrent un beaucoup plus grand développement des assises rouges et élastiques inférieures, et ne renferment pas, dans les supérieures au-dessus du zechstein, les nombreuses plantes fossiles et les reptiles qui caractérisent les couches correspondantes de l’est. D’un autre côté, on trouve, au-dessous du zechstein de l’Allemagne, beaucoup de plantes qui en Russie sont dans des couches rouges placées au-dessus de cet horizon , de sorte que les divers termes de la série sont rattachés les uns aux autres par les caractères paléophytologiques.
Les formations permienne et triasique sont parfaitement concordantes; elles ne montrent point entre elles ces interruptions stratigraphiques signalées entre les groupes carbonifères inférieur et supérieur, ni entre ce dernier et les premiers dépôts permiens; néanmoins, leurs flores et leurs faunes respectives sont entièrement différentes. L’organisme permien représente les dernières manifestations des types anciens, l’organisme du trias, des types complètement nouveaux.
Ruuîe. — On a vu que, dès 1841, M. Murchison et ses collaborateurs, MM. de Yerneuil et de Eeyserling, avaient proposé de réunir sous le nom de système permien un grand ensemble de marnes rouges, de sables et de grès s’appuyant au pied du versant occidental de l’Oural, et particulièrement
). Dyas oder Zechstein format ion , otc., 1801-02.
SYSTÈME PEU MIEN
développé clans les gouvernements de Perm, d’Orenbourg, de kazan, de ÎSijni-Novogorod, de Yaroslaw, de Kostroma, de Viatka et de Vologda, région deux fois aussi grande que la surface de la France. Ces premiers aperçus, ainsi que le parallélisme proposé avec lesdépôts du centre de l'Allemagne et de l’ouest de l’Europe dont nous venons de parler, ont été développés dans le grand ouvrage de ces savants sur la Géologie de la Russie; et depuis, l’un d’eux, M. Murchison, après plusieurs autres voyages, ayant repris ce sujet, eut occasion de le traiter aussi dans son dernier ouvrage, Siluria, auquel nous emprunterons ce qui suit.
Malgré la variété d’aspect et de composition des couches permiennes de la Russie, comprenant des grès, des psammites, des marnes, des conglomérats et des calcaires avec de grandes masses de gypse et des roches salifères, des minerais de cuivre et parfois du soufre, l’ensemble ou le caractère général des types d’animaux et de végétaux est le même dans la vaste étendue qu’occupent ces dépôts limités et supportés, à l’est, à l’ouest et au nord, par la série carbonifère.
Sur les bords de la kama, non loin de sa jonction avec le Volga, les grès rouges cuivreux avec des empreintes de plantes sont sous la masse principale de calcaires et recouverts par des marnes; mais le long de l’Oural les calcaires gypseux semblent en former la base, suivis par le grès rouge cuivreux, les sables, les marnes et les lits de cailloux, si développés autour de Perm. Les calcaires en général, renfermant les amas de gypse, dominent vers le bas. Des eaux salées sourdent en divers endroits; quelques-unes pourraient provenir du vieux grès rouge dévonien; mais dans la steppe méridionale d'Orenbourg, des assises salifères qui affleurent à la surface appartiennent certainement au système dont nous parlons. Celui-ci a pris part aux mouvements dirigés N., S. qui ont affecté les assises carbonifères le long du pied occidental de l’Oural.
SYSTEME PERMIEN. 52 f
Si des montagnes de Gurmaya on marche à l’O. perpendiculairement à la direction de cette chaîne, on trouve à partir des roches siluriennes, puis dévoniennes : 1° le calcaire carbonifère avec ses grands Productifs et d’autres fossiles, qui passe vers le haut à des sables avec des traces de charbon; 2" le système permien, composé de grès et de psammites, de calcaire en bancs avec les fossiles du zechstein de l’Allemagne, associés avec des gypses, des marnes, etc.; 3“ des grès rouges avec minerai de cuivre (carbonates vert ou malachite et bleu, azurite) et de nombreuses plantes; A” des conglomérats et des grès avec des débris de reptiles. Sur d’autres points les relations de ces diverses roches sont différentes.
Flore. — La flore et la faune permiennes se rattachent à l’organisme du terrain de transition; car, bien que les espèces soient en grande partie distinctes de celles de la période carbonifère, la somme des rapports généraux est remarquable, lorsqu’on songe à l’énergie et à l’étendue des phénomènes physiques qui se sont produits à la fin des dépôts houillers.
Dans les lies- Britanniques les plantes permiennes sont peu significatives; on a vu quelles étaient les conclusions déduites de celles trouvées dans quelques parties de la France. lin Saxe, les grès et les conglomérats de Swickau ont, comme on l’a dit, présenté 60 espèces 4onl quelques-unes sont carbonifères,, les plus caractéristiques étant les Sp/icnoplcris crosa et lobula et le Calamites gigas. lin Russie, ces espèces se trouvent surtout au-dessus du calcaire; en Saxe, c’est dans les couches inférieures. Les tiges silicifiées de fougères (Psaronites) sont très-fréquentes dans les couches rouges de l’Allemagne. Aucun des genres permiens de Russie (Neuropteris, Udonlopteris, Lrpidodendron, Sphenopteris, X a' g g (rrat liia) ne se continue dans le trias au-dessus, malgré la concordance parfaite des couches, et les végétaux nous confirment ce que nous avaient montré les animaux, savoir : que les types se continuent malgré les dislocations, quel-
SïSTfeME PERMIEN.
que importantes qu’elles soient, et cessent malgré la concordance des couches, prouvant ainsi l’indépendance absolue des deux ordres de phénomènes.
M. Gœppert, dans un travail plus récent, mentionne dans les couches permiennes de l’Allemagne et de la Russie 182 espèces, dont 169 se trouvent dans le grès rouge et le conglomérat inférieur seul ( rothe todt Liegendé). La comparaison des deux pays l’amène à la conclusion déjà exprimée, savoir: ' l’analogie de la flore de l’Allemagne , placée au-dessous du zechstein, avec celle de la Russie, placée au-dessus. D’ailleurs cette assise calcaire subordonnée a une si faible importance, relativement au laps de temps qu’elle représente, qu’à priori on pouvait juger qu’il en serait ainsi.
Partout cette flore est composée des mêmes genres et des mêmes familles que celle qui l’avait précédée. Les fougères et les Calamites y dominent également et 8 0/0 des espèces seraient identiques de part et d’autre. Les Psaronites seules sont propres aux couches permiennes, et la Voltzia heterophylla aurait seule aussi vécu jusqu’à l’ère triasique. Ainsi, les vues exprimées d’abord par M. Ad. Brongniart sont confirmées par les études ultérieures de MM. Gœppert et Morris, savoir : que cette flore marque la fin de l’époque de transition et se trouve complètement séparée de tous les végétaux de l’époque secondaire.
Faune. — La plupart des restes d’animaux du système permien montrent aussi une grande analogie avec leurs congénères carbonifères. Les listes, données d’abord par M. de Verneuil, renfermaient 166 espèces; par suite des recherches de MM. Geinitz et de Schauroth en Allemagne, King et Howse en Angleterre, leur nombre s’élève à 230 environ, tandis que la période carbonifère en a présenté plus de 1000. Les rhizopodes et les petits crustacés ne sont pas éloignés des espèces carbonifères ; les bryozoaires et les polypiers sont des types anciens ( Polycœlia , Fenestella reliformis, Srynorladia rirgula). Les crinoïdes sont rares; une espèce de Cidaris est
SYSTEME PERMIEN
la première du type des vrais oursins, les Archœocidaris plus anciens ayant été rapportés à un autre ordre par quelques auteurs-
Les mollusques brachiopodes montrent beaucoup de Produel us voisins, mais différents de ceux de la période précédente. Les P. hprridus et Cancrini , les plus répandus en Angleterre et en Allemagne, ont été trouvés au Spitzberg avec les Spirifer undnlalus et cristalus. l)e ces derniers, l’un, le S. undnlalus, est le plus caractéristique de la formation ; l’autre, le 5. crislatus , serait également carbonifère. Les Orlhis seraient représentés par une seule espèce (O. pelurgonala) qui parait devoir constituer un nouveau genre, et par d’autres formes : Slrophalosia , king, {Orthol/iri.r , Gein. Aidostegcs, Ilelmerscn). 2 ou 3 Térébratules sont fort communes, entre autres la T. elongalu , très-voisine d'une espèce carbonifère. Les Pentamères ont aussi leurs analogues dans les Cumerophoria qui s'en rapprochent par les caractères intérieurs pour disparaître complètement ensuite, alors que régnent les vraies Térébratules et les Rhyncbonelles. Des 17 espèces de brachiopodes d’Angleterre, 15 se retrouvent en Allemagne, et 7 s’étendent jusqu’à l’extrémité nord-est de la Russie.
Les autres coquilles bivalves n’ont encore offert que 53 espèces au lieu de 288 dans la période carbonifère. Les Modioles {\I. Pullasi et seplifera) sont les plus caractéristiques. Les Srhizodus ( Axinus ) obscurus et truncatus sont communs aux deux extrémités de l’Europe et le S. rossicus est propre à la Russie. Les Avicules ne sont pas moins répandues. U A. speluncaria de l'ouest a été retrouvée aux environs d’Arkangel, tandis que les A. keratophuga et imliqua sont propres à l'Allemagne et que l’j4. kasanenais se trouve plus exclusivement à l’est.
Les gastéropodes sont rares ; on en compte seulement 21 espèces, toutes petites, nouvelles, sauf 3 qui sont communes à la période précédente, où l’on en connaît 225. Le
SYSTÈME PEHMIEN.
Nautilu» Freislebeni représente seul les 160 espèces de céphalopodes carbonifères {Gonialites , Amitilus , Orlhoceralites).
Les trilobiles, qui diminuaient graduellement depuis la période silurienne, sont complètement éteints de ce côté de l’.\tlantique; mais les types qui, dans la faune actuelle, s’en rapprochent le plus et qui déjà se montraient dans les dépôts houillers, sont représentés par une grande espèce propre à la Russie, le Limulus oculatus. 6 espèces de l’ordre des ostracodes sont, suivant M. de Keyserling, très-répandues et très-caractéristiques de toute la formation de ce dernier pays.
Parmi les poissons, 53 espèces ont été déterminées ; toutes sont hitêrocerques, caractère qui semble disparaître dans les dépôts secondaires et tertiaires et qui dans nos mers se retrouve seulement chez les Squales et les Esturgeons. Le Platysomus sirintus , les P a liront srus, Pygopterus, Galaarnthus , Pleurnrnnthus , Acanthodvs , Acrolrpis et Platysomus sont les types dominants de l’ère permienne en Angleterre, en Allemagne et en Russie, types qui vivaient déjàjvendant la période carbonifère où ils étaient représentés par des espèces différentes.
Enfin, suivant les observations de M. R. Owen, les reptiles tels que les Protorosaurus de la Thuringe appartiennent à un ordre plus élevé que les Archegosnurm carbonifères, qui, comme on l’a dit, se rapprochent des batraciens et des poissons sauroïdes. Ils ont été placés près des Monitors actuels et avaient probablement des habitudes aquatiques. Le Rhopalodon de la Russie, le Thecodonlosaurtis et le Pulœosaurus de Bristol appartiennent aussi à la même famille de sauriens, tout en ressemblant au Cladyodon et au llrlodon du trias. Ces reptiles ont les dents des thécodontes, les vertèbres subbiconcaves, les côtes à double jointure, les os des jambes bien développés, les extrémités onguiculées montrant une organisation aussi élevée que les Teleosaurus jurassiques. Par les trois vertèbres du sacrum, ils se rapprochent des dino-
SYSTÈME PERMIEN
sauriens. Le Labyrinthodon Bucklandi provient (les environs de Kenilworth (Warwickshire), et le Zygosaurus lucim des calcaires permiens de la Russie, comparé d’abord au Crocodile, pourrait peut-être avec plus de raison se rapprocher des Labyrinthodon. Enfin le Meiosaurut tiralensis du même pays, ÏOsleophorus Romeri et le Phanerosuurus Naumanni, du grès rouge de l’Allemagne, sont encore venus augmenter récemment la faune erpétologique de cette période.
Spîtzberg. — On a vu ( anti \ p. A 8 A) que des roches rapportées récemment des lies du Spitzberg et particulièrement des environs de Bell-Sound avaient été d’après leurs fossiles regardées comme carbonifères, opinion d’ailleurs émise depuis longtemps par M. Eug. Robert; mais les fossiles recueillis par ce dernier voyageur ayant été classés comme permiens par M. de Koninck, il doit rester quelque doute sur la présence de l'une des deux formations dans ce pays1. Ce qu’il y a de particulier, c’est que quelques-unes de ces formes semblent très-voisines de formes observées en Australie et dans la terre de Van-Diemen, vers le pôle opposé de la terre.
La distribution actuellement connue du système permien nous le montre donc, d’après les fossiles recueillis, comme un ensemble de dépôts des régions du nord.
A«îe. Inde. — Des auteurs récents, entre autres M. Oldham, ont pensé que les grandes assises de grès et de calcaires qui dans l’Inde renferment des dépôts de charbon et de nombreuses empreintes de plantes, regardées d’abord comme jurassiques puis comme triasiques, pourraient représenter dans cette vaste région la période permienne.
Amérique du Nord. — La présence du système permien n’a pas encore été signalée dans le reste de l'ancien continent ni en Afrique; mais l’Amérique du Nord dont les caractères géo-
1. Ces espèce» sont: Productus horridus, Cancrini, Leplayi , Roberlianus , Spin fer alahis ! undulatus Sow.), cristatus. Orlhis, voisin de l’O. umbraculum, Terebratula Schlotheimi, Fenestella, voisine de la F. anceps, un Senoptira, voisin des S. lamaniensis et oral a, Pleurolotnaria Vemeuili, Ptcten Getniltianus.
SYSTÈME PERMIEN
logiques nous offrent si souvent la contre-partie de ceux de l’Europe, quoique sur une plus vaste échelle, ne manque pas de ce dernier terme de la série de transition. 11 se trouve, jusqu’à présent du moins, dit M. Dana, dans la portion occidentale du bassin du Mississipi, particulièrement dans le Kansas et dans quelques parties du versant oriental des montagnes Rocheuses. Il recouvre, à stratification concordante, la série carbonifère (groupe houiller), et leur séparation paraît même être assez difficile à tracer. Dans le Nebraska et le Kansas, il affleure sur la limite occidentale de la région carbonifère; une bande est dirigée de Nebraska-City vers le sud ; d’autres affleurements existent sur divers points, et M. Shumard le signale dans les montagnes du Guadalupe (Nouveau-Mexique). Il ne semble pas qu’aucune division ait encore pu être établie dans l’ensemble des couches qui la composent et qui sont des calcaires, des grès rouges, verdâtres, des marnes et des argiles grises. Les bancs de gypse, les conglomérats et les calcaires dominent par place.
MM. Swalow et Hawn estiment à *250 mètres son épaisseur totale. 80 mètres sont désignés comme permien supérieur et le reste comme permien inférieur. MM. Meek et Hayden rapportent cette dernière division et même une partie de la première au groupe houiller. Les calcaires sont marneux ou argileux, souvent magnésiens, ainsi que beaucoup d’autres plus anciens du même pays. M. Newberry, qui a parcouru cette région après ces deux géologues, semble admettre, avec eux, que les fossiles carbonifères de la partie inférieure de leur coupe se mêlent vers le haut avec les formes permiennes jusqu’à la base de l'assise n° 10 de cette coupe, laquelle contiendrait seulement des fossiles regardés en Europe comme caractérisant la faune permienne. Ce passage ou ce mélange, s’il existe, prouverait une fois de plus qu'aucune ligne de démarcation absolue ne peut être tracée entre les deux formations dans ces contrées de l’ouest.
Le dépôt de toutes ces roches s’effectua pendant une
SYSTÈME PERMIEN
grande période où prévalurent les mêmes conditions physiques générales. Quelques circonstances orographiques particulières occasionnèrent les différences observées entre les dépôts contemporains des rives de la Kansas et du Petit- Colorado ; mais, de part et d’autre, les couches sont complètement concordantes avec les roches anciennes au-dessous et' avec les roches crétacées au-dessus. Il semble que dans ces vastes régions qui bordent les montagnes Rocheuses et le bassin oriental du Mississipi , les relations des roches dénotent une ère de tranquillité plus. longue qu’en aucune des parties du globe étudiées jusqu’ici. En Europe, nous avons vu la ligne de séparation entre les systèmes permien et carbonifère souvent peu prononcée, sauf en Allemagne ; dans le Kansas, suivant M. Newberry, elle n’existerait pas du tout.
M. i. Marcou, qui, en 1853, a parcouru de l’E. àl’O. toute cette partie du Nouveau- Mexique, a donné en 1859 un tableau que nous reproduirons en ce qu’il a d’essentiel pour montrer la succession des couches que l’auteur rapporte au trias et au système permien. Les désignations de Keuper, Muschelkalk et Bunter-Sadstein , ne sont encore justifiées d’ailleurs par la présence d’aucun type d’animaux ni de végétaux caractéristiques de ces horizons en Europe.
a. Marnes panachées (base du mont de la Pyramide, et pied nord du Llano
Bstacado) . 154
b. Grès gris-blanchâtre, souvent rose et mémo rouge, à structure massive
( Rocky-Dalle-Creek, Laguna Colorada, Dry-river, collines sableuses des bords de la Canadienne, de l'Arkansas, de U Platto, etc.) Ces deux assises représenteraient pour l'auteur le groupe de marnes irisées ( Keuprr ) 304
c. Gypse blanc avec des dolomies, des argiles rouges subordonnées et des
argiles salifères vors le haut (San Antonio, Nouveau -Mexique, rio ruerco do l’Ouest, Lithodemlron-Creek ) , bois fossiles siliceux trèsabondants { Arauearites et Pinites ). Ce serait pour M. Marcou l'équivalent du muschelkalk .
d. Argile rouge vermillon, alternant avec dos grès tnarneux rouges, tachés
de vert (bords de Valnut-Creek, rive droite du rio Colorado-Chiquito).
Cette division, comparée au grès bigarré de l’Europe (Hunier Sandslcin), repose d'une manière concordante sur les couches permiennes des rives de la Canadienne et du rio Colorado-Chiquito, ot est discordante dans le Kansas. , . , , 608
SYSTÈME PERMIEN
Mètre».
e. Calcaire celluleux, dolomilique, alternant avec des marnes rouges, bleues et blanches, et avec dos conglomérats (Monotis radia lis, M. variabilis,
Mytilus permianus, Backewellia antiqua , Schizodus rossicus, Xaulilus jienniunus, Produel us lxplayi,P. Cancrini, Ter ebr ulula elongala,e te.). Smoky-hill-Fork, dans le Kansas, la sierra de Guadalupe et Canon Diablo (Nouveau-Mexique ) 91
f. Calcaire blanchâtre, dolomilique avec grès, argile, schiste, conglomérat ot charbon subordonnés (, { rchœocidaris Verneuitiana, Produelus semifeli ïculalus, P. Calhounianus, P. Nortooodii, Monolis speluncariu ,
Peclen Clevlandicus, Ixda kazanensis, Loxonema fasciata, MacroeUei lut spiratus, etc.). Council-Grove, vallée de la Kansas, près du fort Riley, comté de Lasalle, Illinois, etc 21
Ce système parait être tantôt concordant, tantôt discordant par rapport au système carbonifère sous-jacent '.
La flore permienne de ce pays n’a encore fourni aucun document; la faune, en la restreignant aux assises supé-- Heures, ne présente qu’un petit nombre de mollusques bivalves outre ceux que nous venons de citer ( Monolis Haïrai, M. ronrara, Baketoellia parca, Solea? permianus, Myalina prraitenuata , Murrhisoaia subungulala? Plcurophorus subruncalus, Orlhoceralites Kickapooense , Cyrloceras dorsal um). Le Monolis Halli et deux ou trois autres espèces se trouvent à la fois dans les couches supérieures et inférieures, et, dans ces dernières, M. Swallow compte 75 espèces dont 1/5 se retrouveraient dans les véritables couches carbonifères placées dessous. Ces 10 espèces, comme on pouvait s’y attendre, sont celles qui ont à la fois la plus grande extension géographique et stratigraphique. Le système permien de l'Amérique du Nord est donc, jusqu’à présent, tout à fait rudimentaire, et nous n'y voyons encore représentés ni les poissons, ni les reptiles qui, dans l’ancien continent, forment un de ses caractères paléozoologiques les plus importants, ni les plantes qui, en Russie, en Saxe et en France, le caractérisent également.
Épaisseur et origine de» roche». — M. Dana * termine SOU
exposition du terrain de transition de l’Amérique septentrio-
t. Plus tard (18ü4), M. J. Marcou a cru reconnaître dans le Nebraska de» représentants du grès rouge ( rolhe toilt Liegeiide) et du zerhstciu de l'Allemagne. ‘2. toc. eit., p. 377*386
SYSTÈME PERMIEN
nale par des considérations dont nous croyons utile de reproduire ce qui suit.
Dans ce pays les différents systèmes atteignent les épaisseurs maximum suivantes :
Système permien Î50 mètres.
— carbonifère ">560
— dévonien 4380
— silurien 6700'
Total. . . . 16890 mètres.
La plus grande épaisseur de tout le terrain se trouve dans’ la région des Apalaches où elle est de 16,600 mètres, et de plus, chaque groupe en particulier, depuis le grès de Potsdam jusqu’aux dernières assises carbonifères, y acquiert aussi son plus grand développement. Dans le bassin intérieur ou du Mississipi, la puissance n’est souvent que le sixième ou le dixième de celle-ci, circonstance qui parait être générale pour les dépôts sédimentaires de toutes les époques, lorsqu’on les compare dans les régions montagneuses et dans les plaines.
Quant à leur origine, M. Dana remarque que les grès, les argiles et les conglomérats proviennent de l’altération et de la désagrégation des roches préexistantes, par les actions combinées de l'atmosphère, des eaux douces et de celles de la mer; les calcaires ont été formés, probablement sans exception, par le carbonate de chaux provenant des parties solides des animaux marins, comme ceux des îles de polypiers de nos jours ; les hornstones ou pierres siliceuses auraient également une origine organique. La formation des roches calcaires est très-lente, ainsi qu’on peut en juger par ce qui se passe de nos jours, et l’on peut estimer qu’une couche de 0“ .10 de cette substance demande autant de temps
1 . On a vu {anti, p. 407) qu’en Angleterre les dépôts correspondants atteignaient une épaisseur de plus de 8000 mètres.
SYSTEM K PERMIEN
qu’une couche de im (Ht à 3'" 20 de sable, d’argile ou de conglomérat. Suivant ces données, et en évaluant dans chaque système l’épaisseur relative des diverses roches séditnentaires, arénacées, argileuses et élastiques d’une part avec celle des calcaires de l’autre, on trouve que l’ère silurienne inférieure a dû être quatre fois aussi longue que la supérieure, ou même cinq fois d’après un autre mode d’évaluation, et que la durée de toute la période silurienne a été trois ou quatre fois plus longue que celle de chacune des suivantes. Si, maintenant, on applique à ces grands systèmes de couches les calculs déduits plus haut des seuls dépôts houillers de la Nouvelle-Écosse {unlê, p. 496), on reconnaîtra qu'aucune expression numérique ne saurait donner une idée de l’immensité des temps que ces systèmes représentent.
Amérique du Sud. — Dans les Andes de la Bolivie, M. D. Forbes rapporte, soit à la formation triasique, soit à la formation permienne, mais plus particulièrement à celte dernière, un ensemble de grès rouges et jaunes, de marnes salifères et gvp3euses, d’argiles, de gypses, de grès cuprifères et de conglomérats rouges, fréquemment dérangés par des éruptions dioritiques, et qui s'étend à travers le Pérou, la Bolivie et le Chili. Plus anciennes que les couches jurassiques, ces roches reposent, à stratification discordante, sur les roches dévoniennes, et leur épaisseur totale ne dépasse pas 1800 mètres. Comme dans les couches permiennes de l’Europe avec lesquelles celles-ci ont la plus grande ressemblance, les sources salées sont très- fréquentes, et les grès cuprifères représenteraient ceux de la Ilussie, du Thuringerwald et du Harz; il n’y a pas jusqu’à la présence du vanadium, qui ne soit encore une analogie avec les schistes cuivreux de la Thuringe. Aucun débris d’animaux n’a jusqu’à présent été observé dans ce système complexe des Andes, et les seules traces de végétaux sont des troncs silicifiés de conifères indéterminables. Ces faits ont été confirmés par M. B. A. Philippi dans le désert d’Atacama.
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