BAVIÈRE, WURTEMBERG, COHOURG, AUTRICHE ET HONGRIE
La Bavière septentrionale, le Wurtemberg et le duché de Cobourg ont fourni à la paléontologie, pendant le cours du
t . Depuis la publication de notre Précis sur l'hisloire de la paléontologie stratigraphique, M. Studor a donné un travail excellent et complet sur ce sujet en ce qui regarde la Suisse et les Alpes, travail auquel nous ne pouvons que renvoyer le lecteur.
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Xviii* siècle, un contingent d'iconographie plus considérable encore que la Suisse, et la seule ville de Nuremberg a vu publier dans ses murs plus de planches de fossiles qu’aucune des ‘grandes cités de l’Europe.
J. Bauhin, J. Jacob et Ferd. Bnjer. — Après la description
des coquilles recueillies aux environs des bains de Boll par J. Bauhin, après E. Camerarius qui croyait encore que les fossiles étaient le résultat de forces germinatives répandues dans les roches par la nature, nous voyons en 1712 J. -Jacob Bajer publier son Oryrtogrnphia .X or ira ou description succincte des corps organisés fossiles du territoire de Nuremberg. L’auteur y traite méthodiquement et dans des chapitres séparés, comme on le ferait aujourd'hui, des divers sujets qui se rapportent à la géologie de son pays et plus particulièrement aux fossiles, ayant soin d’ert distinguer les corps qui n’ont que l’apparence de formes organiques et ne sont, comme on dit, que des luii ou jru.r de la nature. Il distingue également des corps eux -mêmes leurs moules et leurs empreintes, mentionne surtout les Béleronitcs et les cornes d’Ammon, qu’il rapproche des Nautiles. Le Supplément, publié vingt-deux ans après, contient, outre (le nouvelles planches, des catalogues de sa bibliothèque et de ses collections de minéraux, de roches et de fossiles, et une édition donnée par son fi’s en 1757 ajoute encore de nombreux matériaux aux précédents. On n’aurait rien publié depuis, sur ce pays, que l’œuvre des Bajer nous donnerait une idée très-satisfaisante de sa faune jurassique, depuis le lias jusqu’au calcaire de Portland, et il n’y a aucune autre partie de l’Europe dont on aurait pu en dire autant à cette époque. Cependant, quoique les couches soient très-régulières, bien suivies, faciles à distinguer les unes des autres par leurs caractères pétrographiques, l’idée qu’il pouvait exister un rapport entre leur position relative et leurs fossiles particuliers n’est pas venue aux naturalistes dont nous venons de parler.
Auteur, dîvera. — David Spleiss décrivit, au commence-
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ment du siècle (1701), les nombreux ossements de mammifères fossiles découverts dans les dépôts de transport peu anciens des environs de Canstadt, non loin de Stuttgard, et J. Sam. Cari démontra, par leur composition chimique, leur origine organique encore contestée. F. Gemlin, J. -S. Schroter, Job. Purruker etôrœfenhahn, liauder et plusieurs autres ajoutèrent encore aux recherches des Bajer, et Nuremberg vitparaître, de 1755 à 1778, le plus grand ouvrage qui ait encore été publié sur le sujet qui nous occupe, celui de G. Wolfgang Knorr, intitulé : Lapides diluvii. universnlis testes, formant A volumes in-folio, avec 275 planches. 11 dessina , grava et coloria celles-ci avec beaucoup de soin et d’exactitude, mais le texte qui les accompagne, travail d’un mérite remarquable, est dû à J.-Ern.-Em. Walch.
G. w. Knorr et E.-Em. Walch. — Le premier volume traite d’abord d’une multitude de détails fort instructifs sur les divers caractères des pétrifications, détails qui annoncent une observation aussi attentive que judicieuse . puis des modifications de diverses sortes qu elles ont éprouvées et de leurs causes probables. Dans chaque volume, Walch, en s'occupant d’une division zoologique , en reprend l’historique avec la plus vaste érudition, avec une simplicité, une bonne foi et une absence de tout sentiment personnel qui font singulièrement estimer l’auteur. C’est ainsi que l’on peut encore consulter aujourd'hui fort utilement la classification des crustacés et tout ce qui s’y rapporte dans le vol. 1, l’histoire de la classification des échinodermes dans le vol. Il, celle des grands mammifères dans le vol. 111 , celle des poissons {ib,), des diverses sortes de dents ou Glossopitres qui en proviennent (vol. Il), des Bélemnites {ib.), et le chapitre des trilobites (vol. IV), où Walch, après avoir fait l'historique de ces corps, les désigne sous ce nom, en disant : « Nous lui « donnerons la dénomination la moins étudiée en la nommant « une trilobile. Les trois lobes du dos et de la queue sont des « caractères par lesquels ce corps se distingue de tous les
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<■ autres, et, comme ces caractères sont visibles, nous les « jugeons convenables, etc. » La description qui suit est très-complète et incomparablement supérieure à tout ce qui avait été dit jusque-là sur ces animaux, qui ont joué un si grand rôle dans les faunes les plus anciennes du globe.
Dans cet ouvrage, le manque de méthode qui vient de la ■manière dont les planches avaient été faites et que Walch comprenait très-bien, est racheté par des tables systématiques qui permettent de retrouver facilement tout ce qui se rapporte à un sujet donné.
Ainsi, non-seulement les planches de l’immense travail de Walch et Knorr nous représentent presque tout ce qui était connu alors sur les fossiles ou les pétrifications du règne végétal, comme du règne animal, mais encore le texte renferme tous les documents bibliographiques et historiques qui s’y rapportent; il reproduit, avec un luxe prodigieux de citations précises, exactes et complètes, tous les faits, toutes les idées, les opinions, les théories ou systèmes émis depuis l’antiquité jusqu’en 1778. C’est donc un véritable monument, expression fidèle de la science du temps, monument dont on doit recommander l’étude à quiconque s’occupe sérieusement de paléontologie générale; il y trouvera, sans aucun doute, des enseignements précieux de plus d’une sorte.
Etper, Rotcnraaiier, etc. — Quelques autres naturalistes ont encore apporté des documents pour la paléontologie de cette partie de l’Allemagne méridionale. Ainsi, en 1774, Esper décrit les cavernes à ossements du Margraviat de Bayreuth, et particulièrement celle de Gailenreuth, où l’abondance extraordinaire des restes d’une grande espèce d’Ours, avec quelques autres provenant de l’Hyène et d’un Felis ont, plus tard, provoqué les recherches de J.-C. Rosenmiiller. En 1795 et 1804, ce dernier a publié deux mémoires sur ce sujet, traité encore après lui par Hunter, Sœmmering, Goldfuss, G. Cuvier et W. Buckland.
Duché de Cobourg. — J.-Scb. Albrecht , J.-C.-M. Rcinecke. —
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Plus au nord, J.-Seb. Albrecht a signalé les pétrifications des deux règnes observées dans le duché de Cobourg, et J.-C.-M. Reinecke, dans son travail sur les Nautiles et les Argonautes, vulgairement appelés cornes d’Ammon, a fait connaître la distribution de ces fossiles dans les diverses couches de ce pays. 11 en décrit quarante espèces, toutes fort bien représentées dans quinze planches , les meilleures peutêtre que l’on ait encore données de ces coquilles.
Les divers ouvrages publiés sur les fossiles de la Bavière, du Wurtemberg et du duché de Cobourg nous font donc connaître particulièrement les faunes que nous appellerions aujourd’hui quaternaire, jurassique et du muschelkalk, mais sans que leurs rapports avec l'âge des couches qui les renferment paraissent avoir été soupçonnés.*
H«m électorale. — Des recherches faites dans une autre direction étaient concentrées sur les produits ignés de la Hesse, particulièrement des groupes montagneux du Rliônegebirge, du Volgelsgebirge et du Thuringerwald. Ce sont celles de Raspe1, de Reiss*, de Beclier*, de Heller*, de Voigt®, de Jacob et llolP, de Sartorius7 et de beaucoup d’autres auteurs plus récents.
Autriche. — Quelques publications relatives au règne minéral de l’Autriche n’eurent guère d’inlluence sur le développement de la géologie dans ce pays. Tels sont : l’Essai sur
1. On some Herman volcanos. Londres. 1716. Ces observations sont relatives au groupe du lluhirhtwald , près Cassel.
2. Beobacht. ùber einige Hessische Gebirgsgegende Berlin, 1790.
3. Veber Xassauische Gegende, 1780. L’auteur y donne des détails sur les porphyres associés au schiste argileux des environs de Dillenbourg.
4. Sur le Ilhilngcbirge. Müll's Annal, der Berg, und Huttenkunde, vol. I.
5. Sur le même sujet. Beschreibung des Hochslifls fuld, 1783. — Mineralogisrhen Beisen «on Weimar uber den Thuringerwald, Bhdngebirge. etc. 2 vol. In— 8°, 1802. — Basaltes de la Hesse f Klein miner. Srhriftm , Weimar, 1802).
6. Der Thuringerwald fur Beisende gesrhilderl. 2 vol.. Gotha, 1807-1812. L'auteur y décrit les basaltes du côté sud-ouest de Thuringerwald.
7. Die Basait «on Eisenach, 1802. On y trouve la première mention des dykes curieux de cette localité. — Voy. aussi Geognostische Benbarhtungen. Eisenach, 1823. — Nachtrag, 1823, mémoires sur le même sujet.
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l’histoire minéralogique de l'Autriche , publié par StüU, en 1783; son Manuel de minéralogie, contenant une oryctographie de l’Autriche inférieure; les merveilles de la nature en Autriche, par Sartori ; le voyage en Autriche, en Tyrol et en Dalmatie, par E--F. Germar; un court exposé de la minéralogie du Steyermark, par Anker; plus tard, les observations minéralogiques sur les environs de Vienne, par Rasoumowski, etc. Quant à Y Essai sur la constitution physique du bassin de Vienne , par Constant Prévost, il doit être regardé comme un des premiers jalons que la géologie moderne ait posés dans le bassin du Danube. Nous nous eu occuperons donc en traitant du terrain tertiaire de ce pays.
Hongrie. — Brückmann, P. Hayen, Wollgnad. — Si 110US
continuons à nous avancer vers l’est, nous trouverons qu’en Hongrie, Fr. -Fin. Brückmann, dans ses Lettres de voyage , a décrit quelques pierres figurées de ce pays, et le premier reconnut les vrais caractères des os fossiles de l’Ours des cavernes, ligures par J. l’aterson Hayen dès 1672, comme provenant des cavernes des Carpathes, et d’autres mentionnés en Transylvanie, par Wollgnad.
j.-e. et Léop. de Fîchtci. — J.-E. de Fichtel, dans son rapport sur les pétrifications des principautés comprises dans les Siebenbiirgen , indique avec soin toutes les localités où il a recueilli des fossiles, particulièrement dans le bassin de la Maros, dans la vallée de la Deva, etc. Parmi les corps qu’il ligure et que l’on trouve aussi dans l’ouvrage de Walch et Knorr, sont deux espèces de grandes Huîtres, les plus caractéristiques, l'une de la formation tertiaire moyenne, l’autre de la formation inférieure, dans une grande partie de l’Europe méridionale et en Asie. Le Traité des pétrifications de la Transylvanie, publié aussi à Nuremberg en 1780, peut encore être consulté utilement aujourd'hui.
Léop. de Fichtel et J. -Cor. de Moll, marchant sur les traces de Beccari, de Plancus et de Soldarji, ont décrit et fort bien représenté, sous les noms génériques de Nautilus et
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d’ Argonautes , plusieurs espèces de Nummulites et d'autres * coquilles microscopiques vivantes et fossiles.
J.-J. FerUer, Ctuiiua, Frentel, Oeliua. etc. — J. -J. Fei'ber a publié ses recherches sur les montagnes et les mines de la Hongrie, D. Frenzel, un Index des pierres précieuses, des fossiles et des pétrifications des environs de Chemnitz; Clusius, dans son Nomendalor Pminoniru », rattache les Numismalesaux légendes historiques du roi Ladislas, et G. -F. Delius, d’après l’examen des Carpathes, qui étaient les plus hautes montagnes qu’il eût observées, croyait que toutes les grandes chaînes du globe, et le noyau même de jiotre planète, devaient être composés de roches calcaires. Le voyage minéralogique et géologique en Hongrie, exécuté par l!eudant, en 1818, et publié en 1822, rentre, comme le mémoire de G. Prévost, dont nous parlions tout à l’heure, dans le domaine de la science moderne.
La Hongrie et les provinces qui l’avoisinent sont une des parties de l’Europe où les phénomènes ignés des divers âges se sont manifestés avec le plus d’intensité, et, connue les exploitations des mines y ont donné lieu à des travaux considérables, on conçoit que les roches pyrogènes y ont été l’objet de recherches et de descriptions particulières. Aussi trouvet-on de nombreux documents sur- ce sujet dans les publications de Frid'valazky *, de Scopoli*, de BoniI. * 3 4 5, sur le Bannat et Terneswar, de Fichtel*, de Ferber6, de Bredetzki6, de Buchholz7 8, de Townson*, d’Esmark9, qui regardait les trachytes de ce pays comme ayant une origine aqueuse,
I. Mineralogiamagni principatus Transylvaniœ Clawliop., 1767.
*i. Cristallographia Uungarica, 1770.