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râlement blancs, appelés calcaires à Charnu ou à Caprotina ammonia , à cause de la prédominance de ce fossile, et supportant les argiles et les marnes à Pliratulcs , dév eloppées particuliérement aux environs d’Apt (VaTicluse), comme les précédents aux environs d’Orgon , dans la petite chaîne des Alpines, et mieux encore dans le Dauphiné ; mais ces deux étages sont assez capricieux dans leur distribution. Le gault affecte les caractères de marnes glauconieuses avec, ses fossiles habituels, depuis les côtes de la Méditerranée jusque dans le massif de la Grande-Chartreuse, mais il manque sur un grand nombre de points intermédiaires. La craie tuffeau présente également deux divisions , la- plus basse caractérisée par les fossiles ordinaires dans le nord de la France et en Angleterre: enfin la craie blanche apparaît encore sur les limites du Dauphiné et de la Savoie avec la Belcmnifrlla mirronala , Y Anunrhylex ovula, l’ Inor cramas Curicri, le Pecten quadricostatus et des Mi cranter du nord.
Le niveau des rudistes du troisième étage de la zona» sud-ouest et des Pyrénées, qui appartient au second groupe de la formation (partie supérieure), ne semble pas s'éloigner beaucoup <j(e .la région méditerranéenne. Ces fossiles abondent dans une série de couches particulières aux Martigues (Bouches-du-Rhône), autour du Bcaussct (Var), etc. Depuis les * travaux de M. Élie de Beaumont pour la carte géologique de France, ce sont les études de MM. Matheron, Duval-Jouve, Coquand et Reynès pour la Provence, celles de MM. AHbin et Scipion Gras, et surtout oe M. Lory pour le Dauphiné, qui ont le plutj^ntribué à nous y faire connaître les modifications nombreuses des diverses assises crétacées.
SuiMe et Savoie. — En étendant ce coup d’œil à la Suisse et à la Savoie, d’une part sur les flancs et dans les vallées intérieures du Jura, de l’autre sur les pentes extérieures des Alpes qui lui sont opposées , nous retrouverons le prolongement de ces assises du bassin inférieur du Rhône avec des modifications dans les deux chaînes, comparables à celles que
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FORMATION CRfÎTACÉK.
nous a montrées la formation jurassique, toutes les couches crétacées ayant partagé les mouvements qui ont affecté les roches qui les supportent. Aux environs de Neufchàtel, dont les calcaire s jaunes et les marnes bleues avaient reçu, en 1836, de VI. de Montinollin, le nom de terrain néocomien, étendu depuis à tout le groupe, une division plus basse encore désignée récemment sous celui d 'étage valengien constituerait ici le premier terme marin de la formation. Composé de calcaires et de marnes d’environ AO à 50 mètres d’épaisseur, avec quelques fossiles particuliers, il n’a encore qu'une importance purement locale et recouvre immédiatement sur ce point les couches d’eau douce rapportées au groupe jurassique supérieur ou de Purbeck.
MM. Thurmann, Gressly, Studer et A. Favre ont apporté le tribut de leurs savantes recherches géologiques pour la connaissance de ces diverses roches, comme MM. Pictet, de Loriol, Campiche, Jaccard, W. A. Ooster, etc., pour celle de feurs fossHes.
Péninsule ibérique. — Ce que nous avons vu jusqu’ici nous offre les meilleurs termes de comparaison pour ce que nous avons à dire des dépôts du même âge dans le res U; de l’Europe. Nulle part en effet lesisédiments crétacés ne se montrent aussi variés que dans les Iles-Britanniques, la France et les pays voisins. Aussi ne doit-on pas s'attendre à retrouver ailleurs toutes ces séries d'étages et d'assises que nous avons décrites, et les quatre groupes mènres sont rarement réunis sur un point.
Au delà des Pyrénées la formation crétacée accompagne la formation jurassique, à l'ouest en Portugal, puis au nord et à l’est en Espagne. D. Sharpe l'a décrite occupant un espace considérable sur la rive droite du Tage, des environs de Lisbonne à Aveiro. 11 y a distingué 6 assises calcaires, arénacées et argileuses, dont la plus récente est caractérisée par des rudistes ( Splacrulites angeoides,rylindracen *, ponsianus, Hadiolites Saumgcsi, ventricosus) et d'autres fossiles, mais
FORMATION CRÉTACÉS
sans céphalopodes ni brachiopodes. Dans les assises plus basses semblent dominer encore des formes de la craie tulfeau, mais associées avec quelques autres qui peuvent faire douter de l’exactitude des déterminations.
Au sud comme au nord des Pyrénées, c'est aux études de Dufrénov que l’on doit la première séparation des dépôts crétacés en deux étages, l’un colorié en jaune sur la carte de la France et qui doit être rapporté au terrain tertiaire inférieur, l’autre en vert qui appartient réellement à la période qui nous occupe. Plusieurs géologues s’en sont également occupés; mais des recherches plus suivies de M. E. de Verneuil nous avons pu déduire que, sur le versant septentrional de la chaîne cantabrique, la formation se composait de trois séries de couches ou étages assez bien caractérisés par leurs roches et leurs fossiles. Les groupes du gault et néocomien y manquent comme dans la zone sud-ouest de la France et le bassin de la Loire, de sorte que. malgré l’épaisseuf de ces trois divisions évaluée à 700 ou 800 mètres, on ne trouverait encore représentés par leurs fossiles que deux des étages du Périgord, de l’Angoumois et de la Saintonge, le second et le quatrième. Au midi de la chaîne, ai® contraire, dans la province de Léon, comme dans le haut Aragon, les fossiles semblent annoncer la base du second étage et sâns doute le troisième
Nous ne suivrons pas M. de Verneuil et ses collaborateurs dans l’énoncé des résultats qu’ils ont obtenus et que nous avons reproduits ailleurs*; nous rappellerons seulement que dans la Sierra-Mariola (royaume de Valence) il y a des couches néocotniennes caractérisées par des fîélemnites {dates {U. dilàtolus et subfusiformis ), le Nautilns neocomicmis, les Ammonites rtuliatns, Dumnsianus, neocomiensis, etc., la Te-
1. {Cycloliles elliptica, Hemiasler Fourneti , Cyphosoma Petamarrei. Piadema rtale, Uippuriles organisant, Rcquienianus , Exoggra auriculans et columba).
î. Ihst. des progrès de la géologie, vol. V, p. 20. 1853.
FORMATION CRÉTACÉE
rebratula prœlonga , le To.raxter complanatus, etc., surmontées par d’autres représentant la partie supérieure du même groupe. Sur les limites de l’Aragon et de la Catalogne, la province de Castillon de la Plana offre encore un grand développement des mômes dépôts, et il résulte de l’ensemble des faits observés que les sédiments crétacés occupent dans la péninsule deux régions distinctes : celle de l'ouest ou océanique, eottiprengmt les couches du Portugal et des Pyrénées où les deux groupe!', Supérieurs tout au plus seraient représentés, celle de l’est ou méditerranéenne, comprenant le groupe inférieur qui prend une assez grande extension et dont la puissance atteint probablement 600 à 700 mètres. Dans l'ile de Majorque, dont la composition géologique correspond bien à la partie de l’Espagne qui lui est opposée, les roches crétacées occupent près de la moitié de sa surface.
Italie et régions drs Alpes. — Si, après avoir constaté dans les Alpes-Maritimes les représentants des quatre groupes comme en Provence, nous remontons au N. -K., nous trouverons, dans le Milanais et les provinces Vénitiennes, une concordance générale dans la stratification , depuis le trias jusqu’au terrain tertiaire. Les assises de conglomérats, les brisures des strates, les éruptions de roches ignées, sont des circonstances locales et non en rapport avec le grand soulèvement final. L'étude seule des fossiles a pu d’ailleurs permettre de saisir les relations des diverses assises crétacées.
Ainsi les pajcaires du groupe inférieur désignés sous le nonvde bitmcone, dans les monts Euganécns, les environs de Schio, des Sette Comttni (Vicebtin), le Véronais, le Tyrol méridional, le Trévisan, leFrioul, le néllunais, ordinairement compactes, presque toujours blancs, quelquefois veinés de rouge ou de vert, avec des silex noirs ou blonds,. renferment les Bélemnites, les Ammonites, les To.rorerns , les Aptyrhwi, etc., du troisième étage néocomien de la Provence. Les assises les plus élevées ont offert l’ Hippuriles neocomicnsix. Dans les Sette Comuni un calcaire argileux blanchâtre a présenté des
FORMATION CRÉTACÉE
Hamites, les Ammonites Vellcdœ, uodosocostatus et Roissganus , pouvant indiquer un rudiment du gault.
Aux environs de Belluno, autour du lac de Santît-Croce et dans les hauteurs de l’Alpago, un calcaire bréchnîdo, dur, avec des cailloux et des fragments de coquilles spatnifiées renferme, d’après M: deZiguo, 10 espèces d’Hippuriles, entre autres les II. cornu-pasloris et organisant, l\ Sphérulites, dont 1 est le 5. pomianus , 2 Baculites, les Actaronella lavis et giganlea et Y Action omm. Trois de ces rudisles indiquent l’horizon du troisième étage de la craie du sud-ouest de la France, et le tout appartient au second groupe de la formation. Enfin, au-dessus et recouverts par les couches tertiaires nummulitiques, viennent un calcaire sableux rouge-brique et d’autres blanchâtres, argileux, caractérisés par Y Ananchytes ovula, les Inoeeramns Cuvieri et Lamarckii,' puis un calcaire schistoïde gris (sraglia) avec des empreintes de fucoïdes, des calcaires noirs bitumineux, le tout représentant la craie blanche du nord-ouest de. l’Europe. t .
L’Istrie, les provinces lllyriennes, l’Italie centrale et méridionale, la Sicile et la Sardaigne montrent aussi des roches de divers groupes, particulièrement les niveaux que marquent les rudistes1. Quant au versant nord des Alpes, on n’y trouve que de très-rares représentants du groupe néocomien, aucun équivalent bien authentique du gault, mais des lambeaux assez étendus et nombreux de couches variées, appartenant à une partie du second groupe et du premier, c’est-àdire à la craie tuileau et à la craie blanche et,sur un point au moins à la craie supérieure. MM. de Hauer, Hornes, Gzjzek, Beuss, Ehrlich, Peters, et surtout M. Gümbcl pour la Bavière, ont particulièrement contribué à nous éclairer sur ce sujet, et il semble que le versant de la chaîne si découpé et si bouleversé n’oflre pas un développement de couches comparable à celui des provinces Vénitiennes.