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lui. des progrès de la géologie, vol. IV, p. 80. I8ôü

2. La faune de ce groupe comprend 4 reptiles [Prolemys, Polyplychodon, Plesiosaurus. Iguanodon), V poissons, 19 mollusques céphalopodes, 21 gastéro-

FORMATION CRÉTACÉE

Gauit. — Autant le groupe dont nous venons de parler est complexe par la nature de ses roches et la distribution des fossiles, autant celui des argiles marneuses bleues qui lui succède et désigné sous le nom local de guult ou galt est simple et constant sous ces deux rapports. Les caractères de sa faune se maintiennent également sur de grandes étendues de pays et servent de repères pour classer les dépôts plus anciens et plus récents. Cependant le long des côtes du Yorkshire et jusqu’à celles du Norfolk, le groupe très-atténué n’offre qu’une craie marneuse rougeâtre avec Belemnitet minirnus, l’un des fossiles les plus caractéristiques de cet horizon.

Partout ailleurs, dans le Cambridgeshire et jusque dans le Wiltshire, le gault se montre sous sa forme d’argile bleue ou de marne gris bleuâtre, plus ou moins sableuse, atteignant 40 mètres d’épaisseur à Folkstone, l’une des localités les plus riches en fossiles bien conservés, particulièrement des crustacés brachiures, des coquilles de céphalopodes, d’univalves et de bivalves, etc. 1

Grè. »ert «upérieur. — La base du second groupe, désignée en Angleterre sous le nom de grés vert supérieur, parait manquer dans les comtés du nord-est et n’avoir une importance réelle que dans ceux du sud et du sud-est. Au pied de l’escarpement de craie qui circonscrit la vallée de Weald et à Folkstone, où l’on voit nettement sa superposition au gault, son épaisseur ne dépasse pas 10 mètres. C’est un sable inar-

podes, f4 acéphales dlmyaires, 33 monomyaircs, 10 brachiopodes, 9 échinides, mai» très-peu d'animaux des autres classes.

1. On n'y cite point de reptiles; il y a quelques poissons, dos crustacés [Notopocorystes, des ostracodes et des cirrhipèdes), 10 céphalopodes, dont 20 Ammonites, 18 gastéropodes, 20 acéphales, quelques polypiers et rhizopodes. Les espèces dominantes sont : Ammonites auritus, tautus, splendens, lubercnlatus, llelemnites minimus, attenuatus, llamites ornatus, rompressus, intermedrus, rot imitas, tennis, Dentalium ellipticum, Natica canaliculata, Rostellaria carinata, Solarium conoideum, omatum, Nucula ovata, pectinata, bivirgata, etc.

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neux friable ou une marne à points verts plus ou moins solide. A Merstham (Surrev), il constitue une pierre tendre {fire stone) très-recherchée pour certaines constructions. Aux environs de Farnham (Sussex), des nodules de phosphate de chaux, retrouvés ensuite sur une multitude de points, au même niveau, ont été utilisés pour l’agriculture. Dans l’île de Wight et dans le Wiltshire, particulièrement autour de Warminster, cet étage, de 20 à 26 mètres d’épaisseur, est à l’état de grès marneux avec grains verts, renfermant des silex cornés ou chéris en bancs suivis ou en nodules disséminés dans la masse. Dans ce dernier comté, les fossiles sont surtout de nombreuxsponf'hires(Siphoiria,/lallirhoa Polypothecia, etc.), des radiaires échinides, des ostracées, les Pectcn quadricostatus, obliquus , asper, etc.

Craie gri*e ou marneuse et craie blanche. — Le reste du Se-

cond groupe comprend, en Angleterre, la craie grise ou craie marneuse, puis la craie inférieure, que recouvre la craie blanche proprement dite avec ou sans silex. Ces dénominations indiquent suffisamment les caractères des roches, depuis les falaises du cap Flamborough (Yorksliire) jusqu’à celles de l’Ile de Wight, pour qu’il ne soit pas nécessaire de nous y arrêter davantage. Les silex en rognons s’observent à divers niveaux avec des caractères un peu différents. Les grains verts de silicate de fer sont plus ou moins répandus dans les assises qui succèdent au grès vert et où se trouvent particulièrement les Ammonites rhotomagensis , Manlelli , lewesicnsis et varions, les Turrilites costatus et tuberculatus, le Scaphites œqualis, le Nautilus elegans et des Hamites. Plus haut vient Y Inoceramus myliloides , et la craie blanche renferme surtout V Inoceramus cordiformis, les Terebratula plient ilis, octoplicala, carnea, le Spondylus spinosus, YOstrea vesicularis, le Min-aster cor-anguinum , l’ Ananchytes oraia, le Galeriles albogalerus, le Marsupiles ornatus, etc. '

I. On doit signaler dans la craie inférieure t‘2 reptile» (Pteroiiactylus compressiruslris, Cuvier i , giganleue et 1 indiit., Ilaphinsaurut subulidens, Poly-

FORMATION CRÉTACÉE

L’épaisseur de ces diverses assises de la craie du premier et du second groupe peut s’apprécier facilement dans les falaises. Ainsi elle est de 250 mètres entre Deal et Folkstone, de 163 mètres au cap Beachy où elle est incomplète, de 396 mètres aux deux extrémités de l’ile de Wight.

Si l’on compare les faunes des divers groupes, on remarquera que, dans l’état actuel de nos connaissances, ce sont les animaux inférieurs (rhizopodes, spongiaires, radiaires, bryozoaires, mollusques, monomyaires et brachiopodes) qui, avec les poissons, élèvent le cbilTre de la faune de la craie blanche (316 espèces), tandis que dans le quatrième groupe, où il y a 300 espèces, c’est l’inverse, les mollusques dimvaires, les gastéropodes, les céphalopodes y étant très-répandus. Les faunes des groupes intermédiaires présentent à peu près le même nombre d’espèces (112 et 109), mais les éléments sont différents. Ainsi les spongiaires et les bryozoaires du grès vert supérieur manquent dans le gault; les radiaires échinides, nombreux dans la craie marneuse et glauconieuse, sont rares aussi dans le gault. Les céphalopodes (Nautiles, Ammonites, Hamites, Turrilites, Scaphites) de cette même craie, où les espèces sont de grande taille et caractérisent bien le second groupe, manquent presque dans la craie blanche au-dessus, tandis que d’autres espèces des mêmes , genres (Ammonites, Hamites), beaucoup plus nombreuses encore, mais toutes comparativement petites, caractérisent le troisième. Excepté dans le gault et le grès vert supérieur, les reptiles présentent des types assez variés dans les autres termes de la série. Le tableau général de cette faune, que nous établîmes il y a quinze ans, oontenait environ 1000

pt ycfulon continuas, interruptus, Ichthyosaurus campylodon, Plesiosaurus Bernardi, conslrictus, Dolichosaurus longicollis, Chelnne Benstedi); dans la craie blanche un Plesiosaurus, le Mosasaurus Qraeilis, le Leiodon anceps, le Conio sauras crassidens, la Chelone Camperi; puis 83 espèces do poissons, quelques crustacés et annèlides, des mollusques, surtout des monomyaires et des brachiopodes, beaucoup de bryozoaires (45 espèces), d’échinides (25), de stellérides (22), de rliizopodes (89) et damorphozoaires (70).

FORMAT ION CRÉTACÉE. 597

espèces et le nombre de celles qui sont communes aux cinq groupes pris deux à deux varie de 12 à 20.

Belgique. — La ligne de partage des eaux qui se rendent dans la .Manche et de celles qui se jettent dans la mer du Nord, ligne que nous avons désignée en 1845 sous le ndhi d 'axe de l’Artois et dirigée à l’O. 34° N., ne constitue pas seulement une disposition hydrographique importante, mais elle sert encore à indiquer les parties du sol immergé pendant les époques secondaire et tertiaire. A partir de cette ligne, qu’un coup d’œil jeté sur une carte montre placée sur le prolongement infléchi au S:-E. de l’axe de la vallée de Weald et du Baslioulonais, on trouve, au nord, des couches crétacées qui manquent au sud ou qui y affectent des caractères très-différents. Cet axe se prolonge à l’E. par la ligne de partage sinueuse des eaux de la Sambre, de l’Oise et de la Marne, au midi de laquelle les assises crétacées se montrent avec l’aspect que nous leur trouvons dans tout le bassin de la Seine dont elles font géologiquement partie. La portion du bassin de la Meuse comprise entre Namur et la vallée de la Roër offre encore un ensemble de dépôts crétacés dont les plus anciens diffèrent aussi beaucoup de ceux du bassin de l’Escaut1 2.

Les couches du bassin de la Meuse s’étendent, de l’O. à l’E., des environs de Jodoigne à Aix-la-Chapelle, occupant une surface allongée, à contours irréguliers, et souvent recouvertes par des sédiments tertiaires ou quaternaires. Elles?' reposent transgressivement, soit sur les divers termes du système carbonifère, soit sur des roches plus anciennes, étant les seuls représentants de toute l’époque secondaire dans cette petite région. Elles ont donné lieu à beaucoup de discussions que nous avons rappelées*, et nous nous bornerons à dire ici que X liage de la rraie blanche comprend, de bas en

1. Les lignes de rivage, sinueuses alors comme de nos jours, expliquent la présence de certains rudiments du gault par exemple, sur quelques pointjj, un peu ap delà des limites générales que nous venons de tracer.

2. fiist, des progrès de la néologie, vol. IV, p. 14*2. 1851,

rORMATlO.N CRÉTACÉE.

haut : 1° les sables d’Aix avec des argiles subordonnées ayant de 80 à 100 mètres d’épaisseur, dans lesquels M. Debey a signalé 85 espèces de plantes, particulièrement des algues et des fougères ou cryptogames acrogènes, et a fait remarquer le petit rtbmbre des cycadées; *2° trois assises de sables verts de 10 à 12 mètres, la seconde renfermant des moules cylindriques (gyroliles) et des argiles smectiques, la plus élevée une craie glauconieuse, le tout surmonté par la marne crayeuse avec ou sans silex noirs de la llesbaye. L 'étage de la craie supérieure qui lui succède comprend la brèche du Lusberg près d’Aix, la pierre à chaux avec polypiers de Wetshau et de Kunraed, puis le calcaire jaune sableux de la montagne de Saint-l'ierre près MaCstricht, roche dans laquelle d’immenses et innombrables galeries d’exploitation ont été pratiquées de temps immémorial et qui constitue le type de l'étage. Dans cette colline et celles des environs de Fauquemont, etc., il se divise, dans sa hauteur, qui est d’environ 30 mètres, en un certain nombre de petites couches caractérisées, les unes par l’abondance des bryozoaires, les autres par celle du Ditrupu ou Dentalium Mosœ , ou bien encore par l'accumulation des gastéropodes.

Les recherches incessantes des paléontologistes, celles de MM. deBinkhorstet Bosquet, entre autres, ont contribué à faire connaître la richesse de sa faune. Sur environ 900 espèces mentionnées et réparties dans plus de 231 genres, on remarque A reptiles, dont le Mosusaurus Ilo/fmanni, décrit plus haut (p. 99), 28 espèces de poissons, 0 crustacés (macroures et brachyures) dont le Mesotylus ( Pagurus ) Faujasii, et 83 ostracodes; parmi les mollusques, 19 espèces de céphalopodes, entre autres la Rclemnitella mueronata , les Naulilus Dckayi et danicus, la Baeulites Faujasii, une Hamite, une Scaphite et 6 Ammonites, puis 160- gastéropodes, 35 brachiopodes, 115 bivalves lamellibranches, comprenant 6 rudistes, 28(1 bryozoaires , 17 Serpules, A3 radiaires échinides, 5 crinoïdes, 33 polypiers, 13 amorphozoaires et 39 rhizopodes.

FORMATION CRÉTACÉE

Malgré la présence de beaucoup de coquilles qui manifestent déjà les caractères de types tertiaires, on voit que la persistance des Bélemnites, de quelques céphalopodes à cloisons persillées et desrudistes dénote encore une faune secondaire. D’un aptre côté, 51 espèces descendant jusqu’aux sables d’Aix relient toutes les couches de ce pays, lesquelles ne s’abaissent pas au-dessous du premier groupe ou de la craie blanche.

Sur le plan nord de l’axe de l’Artois que sillonnent l’Escaut et ses affluents , la formation qui nous occupe est presque toujours recouverte par dessables tertiaires et quaternaires et repose sur les roches carbonifères. Outre la craie supérieure et la craie blanche, le second groupe au-dessous y est représenté par des marnes et des glaises (dièves), par un poudingue (■ tourtia ), et par des grè3, des argiles et des sables, rudiments du gault (Bracquegnies).

Ce poudingue calcaréo-sableux, ferrugineux avec des grains verts et de petits cailloux de silex, n’a que 0m,ô0 à 5 mètres d’épaisseur. 11 recouvre les roches anciennes dans les départements du Pas-de-Calais, du Nord et dans la partie de la Belgique qui est contiguë. Les fossiles très-nombreux dénotent une faune antérieure à celles du bassin de la Meuse. Les Ammonites rhotomagensis, varions et Mantelli, le Nautilus elegans, le Turrilitcs costatas, le Scaphiles œqualis , le Cardium hillanum, le Pecten asper et YExogyra columba , indiquent la base du second groupe avec des caractères particuliers que nous avons fait ressortir, tels que la variété des formes de brachiopodes, de Trochus, de Turbo et de Pleurotomaires.

Les marnes sableuses et argileuses [diètes, fortes-toises, etc.) qui viennent au-dessus, depuis les environs de Tournai jusqu’à llirson, montrent aussi par leurs fossiles qu’elles représentent ‘la partie moyenne et supérieure du second groupe, comme la craie blanche qui leur succède, la base du premier. Quant à la craie supérieure, elle paraît sur une faible épaisseur dans le vallon de Ciplv au sud de

FORMATION CRÉTACÉE

Mons, à Cuesmes, etc.,' non moins riche en fossiles que dans les collines des environs de Maastricht et à Folx-les-Caves. Sur ces divers points on reconnaît qu’elle s’est déposée dans des dépressions de la craie blanche et dans des golfes ouverts au nord.

France. — La formation crétacée occupe en France des surfaces qui se coordonnent avec les principaux bassins hydrographiques, tels que ceux de la Seine, de la Loire, de la Garonne et du Rhône, s’appuyant, sur leur pourtour, contre les couches jurassiques et les pentes inférieures des régions montagneuses. Mais elle présente dans ces divers bassins des différences très-prononcées quant au nombre des termes qui la composent et à leurs caractères minéralogiques et paléontologiques. Esquissons rapidement ces différences en commençant par le nord et à partir de l’axe de l’Artois, que nous venons de voir limiter les dépôts de la Belgique.

Lorsqu’on suit sur une carte géologique de notre pays les contours extérieurs de la zone crétacée à son contact avec les couches jurassiques supérieures, depuis les Ardennes jusqu’en Normandie, on est porté à ne voir dans ce quadrilatère irrégulier, dont le quatrième côté est formé par le littoral de la Manche, qu’un seul bassin dont les anciens rivages étaient continus et sur le pourtour duquel on doit retrouver les mêmes couches. Mais, de même que nous avons vu la ligné de l’Artois en rapport avec la différence des dépôts en Belgique, de même une seconde ligne de partage ou hydrographique parallèle, s’étendant du département de l’Orne dans celui de la Nièvre et que nous avons appelée axe du Merlerault , sépare le bassin de la Seine de celui de la Loire et se trouve en rapport avec les différences des couches situées au sud et au nord, dans l’un et l’autre de ces bassins.

Boum de ia Seine. — Ce n’est que 'dans les Ardennes, la Champagne, la Bourgogne et le Nivernais, sur les limites est et sud-est du bassin de la Seine, que nous retrouvons les représentants des groupes crétacés de l’Angleterre qui occu-

FORMATION CRÉTACÉE

pent la partie opposée ou nord-ouest du golfe. Au sud et au sud-ouest de l'axe du Merlerault, dans le bassin de la Loire, comme au nord dans celui de l’Artois, les groupes inférieurs manquent, et les supérieurs affectent des caractères plus ou moins différents de ceux du bassin de la Seine.

Dans la partie orientale de ce dernier, des environs de Bar-le-Duc à Auxerre, le groupe le plus ancien, qui occupe une surface assez restreinte, comprend les sous-divisions suivantes dont la plus basse correspondrait au groupe wealdien.

. r , e | 1* Sahltt* verts et ferrugineux pouvant Atro réunis au gault.

1 KTA06. j Argiles à Plicatules. [Exogyra sinuula.)

, 3* Argiles rouges, minerai de fer oolithique. sables et ar-

. » giles bigarrées, grès ferrugineux et pietés.

i | 4° Argiles ostréennes et lumachelles. [Exogyra subphcala ,

[ (htrea Leymeriei.)

( 5 9 Calcaires néocomiens et marnes bleues.

„ ) ( Toxaster complanotus , Pema Mulleti , Exogyra

‘ J Conloni.)

\ Sable blanc, ferrugineux, et fer géodique.

L’assise n° û est celle dont la faune est la plus riche et qui, étudiée d’abord en Suisse, aux environs de Neufchâtel, a été désignée sous le nom d 'étage néocomien, appliqué ensuite à toute la série marine comprise entre le gault et les couches jurassiques supérieures’.

Le gault, le plus simple et le mieux caractérisé des quatre groupes, se montre au pied des falaises de Wissant (Bas- Boulonais), comme dans celles de Folkstone, en face, de l’autre côté du détroit, et rempli des mêmes fossiles pyriteux. Re-

1. Dans les départements de la Haute-Marne, do l’Aube et de l'Yonne les principaux fossiles de cette assise, décrits par MM. Leymerie et Cornuel, sont : parmi les mollusques : Ammonites asper ou radiatus, Saul dus pseudo-etegans, Plerocera Pelagi, Pleurutomarki neocomiensis, Satica lœvigata, Trigonia longae t cauduta, Gervillia anceps , Pectcn atamis et iiiterslriatus, Exoggra Couloni, Pema Mulleti, Carditm subhillanum, I en us vendoperana , Hicordeana et Cornueliana, Astarte Oeaunwnli et transversa, Panopœa neocomiensis. Pholadomga elongala , Terebratula suborbicularis , prœlonga et tamanndus: parmi les échinides : Sucleohtes Olfersu , Holaster l’Hardyi , Toxaster complanotus.

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paraissant ensuite aux environs de AVignéhies et d’Hirson (Aisne), il traverse les départements des Ardennes, de la Haute-Marne , de l'Aube , toujours accompagné des mêmes fossiles jusque sur la rive droite de l’Yonne. Dans le département de la Nièvre ceux-ci deviennent plus rares et cessent dans celui du Cher, un peu au delà du groupe néocomien, qui ne dépasse pas les environs de Sancerre. Le gault apparaît sur le pourtour du pays de Bray (Oise) et dans la falaise du cap la Hève près du Havre. Vers le centre môme du bassin ses argiles sableuses vertes forment la nappe aquifère qui alimente les puits de Grenelle et de Passy à 5A8 mètres au-dessous de la surface du sol, et, sur son pourtour, ceux de Troyes, de Rouen, à de moindres profondeurs, car les couches se relèvent toujours à mesure qu’elles se rapprochent de leurs anciens bords1.

La craie tuffeau, qui règne en dedans des groupes précédents, offre trois assises, la moyenne caractérisée comme toujours par ses nombreux céphalopodes (Nautiles, Hamites, Turrilites, Scaphites, Ammonites), la supérieure par Ylnorcramus mytiloides, quelques grandes Ammonites et par l’absence de Bélemnites. La craie blanche, semblable aussi à celle d’Angleterre, et présentant également, comme Fa fait voir M. Hébert, trois assises que leurs espèces particulières de Bélemnites, de Térébratnles et d’échinides, surtout d ’Ananrhytes et de Mirraster, peuvent aider à séparer, occupe ensuite le milieu du bassin et ses parties moyennes.

\. Les fossiles les plus couslants de ect horizon sont des coquilles de céphalopodes (Ammonite aurilus, Archiacianus, Hennetlianus, Hcwlanli, crislatns. denarius. denlatus, bicurvatus. Fittoni, inflntus, lautus. monde (mamiilatus), quercifotius, splendeur, tuberculatus, varicosus et Haulinianus ; Hamites atlenuatus, mtermedius, flexuosus, maximus, rot un dus, tenais: Xaulilus albensis, Clement inus ; ttetemnites minimus); puis des univalves ( Rostellaria carinata, costata et marginala, Solarium (jrnatum et conoideum, Dentalium ellipticum, Xaltca canal iculata ;; de» bitralves ( Inoceramus cnncentricus et sutcatus, Nucula peclinata et bieirgata, Trigonia almformis, Area ftbrosa et carinata , Venericardia tenuirasla Theiis mmor , et un petit polypier, le Trochociiathus conulus.

Digiti:

FORMATION CRÉTACÉE

Sur plusieurs points de son centre , aux environs de Paris, et dans les départements voisins de l’Oise et de la Marne, des dépôts marins, d’une structure particulière, renfermant des fossiles différents de ceux de la craie blanche, mais dont plusieurs sont identiques avec des espèces de la craie supérieure de Maastricht, sont généralement connus sous le nom de calcaire pisolithique. Ils sont peu continus, et semblent être les restes d’une assise déposée dans des dépressions locales de la craie sous-jacente, dénudée par places.

Ba»în de ta Loire. — Les deux versants du bassin de la Loire diffèrent, non-seulement de ce que nous venons de voir dans celui de la Seine, mais encore entre eux à plusieurs égards. Les groupes néocomien et du gault, avons-nous dit, s’atténuent vers l’extrémité sud-est de l’axe du Merlerault, dans le département de la Nièvre et cessent tout à fait dans celui du Cher. Sur tout le reste du périmètre, dans la Touraine, l’Anjou, le Maine et le Perche, les couches les plus basses de la formation qui recouvrent ordinairement les assises jurassiques sont celles que nous avons vues caractérisant l’étage moyen du second groupe dans le bassin de la Seine et en Angleterre, l’inférieur étant le plus souvent rudimentaire*.

Nous représenterons comme il suit la série crétacée du bassin de la Loire :

l«r uroupk* | Craie à silex.de Blois et du ch«Ueau de Vendôme.

i Craie jaune do Touraine (Spondylus truncotus et Ammonites potyopsis). Craie micacée (Bille, pie> re de Bourré ) — Ammonites papa iis, tewesiensis, peramptus, Terebratuta Boui'ijevisi.

Craie a I noce minus mytitoide», Ithynchonelia Cuvicri.

( Couches à entravées.

2* — < Sables et grès ferrugineux à Trigonios et Ammonites ccnomanensis.

( Craie glauconieuse à céphalopodes.

3* — | Argiles verte*, marne grise ot sables glauconieux.

I. Leurs fossiles sont : Ammonites tartans, Beaumont i, falcatus, et Mantell i. Turrihtes costatus, tuberculatus . Scaphites œquatis, Hamites armatus, Sautilus Inangutaris , elegans, AveUana cassis, Pecten asper, B ci as ter suborbtculans.

FORMATION CRÉTACÉE

Au-dessus de l’horizon si constant des céphalopodes, signalé par M. Triger et par M. Hébert, viennent des sables ferrugineux, quelques bancs calcaires ou de poudingue, formant dans le Perche et le Maine un second horizon parfaitement caractérisé par sa faune très-variée, et surtout par l’abondance des Trigonies dans les collines du Mans, de Ballon, de Saint-Calais, etc., et dont nous indiquons ci-dessous les principales espèces1. Vers le bas de cette assise, autour de Ballon, viennent un ou plusieurs bancs remplis d’Orbilolina roncava, et au-dessous une couche de marne sableuse grisâtre dont les fossiles rappellent plusieurs des espèces du grès vert du Devonshire ( Corbula striatula, Astarte formota , Macula obtusa, Area fibrosa , Massa. costellala , etc.).

Les sables et grès ferrugineux du Maine sont surmontés par une assise gris-verdâtre argilo-sableuse, plus constante encore et passant sous la vallée de la Loire, pour venir affleurer dans la Touraine et l’Anjou, le long des roches jurassiques lorsque manquent les autres termes de la série. Elle est surtout caractérisée par l'abondance des Oxtrea biauriculata et carinata, des Ex o gu r a columba (type) et (labcllata, d’où le nom de couches ii ostracâes que nous lui avons donné. Plus haut commencent les assises crétacées proprement dites, telles que la craie tuffeau à Inoceramus mytiloides qui passe à une autre de craie blanchâtre un peu sableuse, micacée, exploitée dans la vallée de la Loire, de l’Indre et du Cher sous le nom de Bille ou de pierre de Bourré, puisque assise également fort épaisse de craie jaunâtre, quelquefois à points verts,

1. Dents de Saurocephalus lanciformis, Otodus appendicukUus ; Ammonites cenomanensis, Strombus inornatus ( Pterodonta ), Terebratula biplicata, Rhyn chonella compressa, Terebratula Menardi, txogyra columba, var. minor et minima. Ostrea carinata, Pecten œquicostatus. elongatus, phaseolus, quinquec os la tus, Lima orna ta , simplex, Trigonia pennata, sulcataria. sinuosa, crenulata, dedalœa, spinosa, Mytilus lineatus, Corbis rotundata, Cyprina ligeriensis, oblonga, Arcopagia numismalis ; des crustacés, des Serpules, de nombreux bryozoaires; le Catopygus columbarius , le Csoniopygus Menardi, VArcluacia sandalina, parmi les échinides, puis quelques polypiers et des rhizopodos.

FORMATION CRÉTACÉE. 605

très -développée d’Amboise à Tours, Sainte-Maure, etc., caractérisée par une faune assez particulière'.

Vers l’est, de Chaumont à Blois et à Vendôme, une assise peu fossilifère, blanchâtre avec de nombreux silex, recouvre la précédente. Elle semble représenter l’assise la plus basse de la craie blanche, la seule qui passerait du bassin de la Seine dans celui de la Loire.

Bassin du sud-ouest. — La zone crétacée qui s'appuie sur le versant sud-ouest du plateau central suit une direction S.-E., N. -O. et elle est continue depuis la route de Souiilac à Cahors (Lot), jusqu à 1 ile d’Oléron, sur une longueur de 70 lieues et une largeur de 15. Les couches plongent au sud-ouest et se recouvrent dans cette direction à niveau décroissant. Les affleurements sont dirigés S.-E., N.-O., parallèlement à ceux de la formation jurassique, contre laquelle elles s’appuient. Nous y avons établi cinq étages désignés comme il suit:

I *r ÉTAOK.

| Calcaires jaunes supérieurs , comprenant ‘2 assises de rudistes.

| Craie grise, marneuse, glaueonieuse et micacée, avec Ammonites et divisée eu 2 assises.

1 Calcaires blancs ou jaunes, comprenant aussi 2 espèces de ru- 1 distes.

j Calcaire marneux gris-blanchâtre ou jaunâtre.

\ Calcaire marneux jaunâtre avec ostraeées et Ammonites.

/ Calcaires à Caprines.

! Sables et grès verts ou ferrugineux.

i Calcaires et grès avec rudistes , échinodermes nombreux et [ couches à Alvéolines.

| Argile pyriteusc et lignites.

Ne pouvant énumérer ici les nombreux fossiles de ces divisions et sous-divisions, nous nous bornerons à signaler d’abord l'absence de ceux qui caractérisaient la base du deuxième groupe que nous avions encore rencontrés dans le bassin de

1 . Rhynchonella vesperldio, diffonnis, Terebratula albensis.Exogyra columba (var. maxima), auricularis, Spondylus truncatus, spinosus, fimbriatus, Uma semisulcala , Dujardini, Arches, Trigonies, Cardium, Pholadomyes, Bourgueti crinus ellipticus, de nombreux échinidcs, des bryozoaires aussi très-communs et très-variés, des spongiaires, quelques espèces particulières d'Ammonites et un crustacé très-constant au contraire vers la base ( Calianassa Archiaci).

FORMATION CRÉTACÉE

la Loire, et à plus forte raison l'absence de tout ce qui est audessous; de sorte que pendant la moitié de l’ère crétacée cette surface a dû être émergée. Les argiles pvriteuses avec lignites de l’île d'Aix , qui se prolongent sur le continent, pourraient seules nous représenter un dépôt marécageux contemporain de cette partie inférieure, si toutefois elles ne sont pas plus anciennes. On remarquera ensuite la prédominance des roches calcaires dans toute la série, la fréquence du calcaire spatliique, l’absence ou la rareté au contraire de couches argileuses ou siliceuses d’une certaine importance, dans chaque étage, enfin, la persistance des caractères des bancs exploités sur de très-grandes étendues de pays. Ces divers étages acquièrent en outre leur plus grand développement sur des points très-différents, depuis la rive gauche de la Dordogne jusqu’à l’embouchure de la Charente, et leur plus grande épaisseur totale, qui paraît être dans le sud du département de la Dordogne, ne dépasserait pas 240 à 250 mètres.

Quant à la faune considérée en général, elle est des plus remarquables, si nous la comparons avec tout ce que nous avons vu jusqu’à présent. Kn effet, dans les Iles-Britanniques, la Belgique, les bassins de la Seine et de la Loire, les coquilles bivalves de la singulière famille des rudistes n'ont été signalées que très-rarement et d'une manière tout à fait sporadique; dans la zone sud-ouest, au contraire, elles sont accumulées en quantité prodigieuse à cinq niveaux différents dans la hauteur de la série, marquant par la distribution non-seulement des espèces, mais encore des genres, des horizons parfaitement distincts. C’est ainsi que M. Bayle, qui a fait une étude particulière de cette famille, signale à Sphérulites (S. foliarcus, Fleuriausi, triangularis , polyconilitcs) et h Caprines (C. adversa, coslatt i, striata } triangularis , Ichthyosarcolite ou Caprineile), les plus grandes du genre, dans l’étage inférieur ou mieux le quatrième ; les Sphœrulitcs ponsianus et Rraumonti , avec les Radiolitcs lumbricalis, angulosus et cornu-

FORMATION CRÉTACÉE

pastoris dans le troisième dont la partie supérieure, désignée sous le nom local de chaudron , est caractérisée par les Sphœrulites radio sus, Sauvagesi , les llippurites organisons et cornu vaccinum. Ici, où commencent les llippurites, les Caprines ne se montrent plus. Ce niveau est le plus remarquable de tous ceux que nous aurons à signaler, car nous le suivrons jusqu'en Asie.

Le premier étage où nous avions distingué deux assises offre également deux horizons de rudistes. L’un, où se trouve l’ Ostrea larva et une prodigieuse quantité d’O. rcsicularis, variété de celle de la craie blanche du Nord, renferme 3 Sphérulites et 5 Radiolites; l’autre, qui couronne la formation, 2 Sphérulites, 3 Radiolites et 2 Hippurites. Ces fossiles atteignent pour la plupart de grandes dimensions, forment des bancs presque à eux seuls et semblent avoir vécu fixés comme les Huîtres. Leur fréquence parait exclure la présence des céphalopodes à cloisons persillées, et réciproquement, là où abondent les Ammonites, etc., manquent les rudistes. *

Considérées sous d’autres rapports , les faunes des étages 2 et A ont beaucoup d’analogies avec certains niveaux du bassin de la Loire, et l’absence de Bôlemnites est un fait négatif commun aux deux régions qui prouve leur isolement de celles du nord.

Ayant essayé de donner ainsi une idée des caractères de la formation crétacée dans les pays où elle a servi de terme de comparaison, nous passerons plus rapidement sur ceux où elle a encore été reconnue jusqu’à présent, nous bornant à signaler les faits particuliers qui ajouteraient quelque chose à ce que nous savons déjà.

Région pyrénéenne. — Le long du versant nord des Pyrénées, la formation apparaît çà et là depuis la côte de Ridarl à l’ouest jusqu'aux rivages de la Méditerranée à l’est. Ce sont de nombreux lambeaux sortant de dessous les dépôts tertiaires et appartenant tantôt à l’horizon de la craie blanche ou de la craie tuffeau (Landes, Basses-Pyrénées), tantôt à la craie su-

FORMATION CRÉTACÉE

périeure (Haute-Garonne). Plus à l’est, dans le département de l’Ariége, reparaît ce niveau de rudistes caractérisé par les Hippuriles organisant, cornu vaccinum , etc. , auxquelles s’ajoutent d'autres espèces dans les Corbières. Dans les départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales nous avons aussi distingué quatre étages représentant sans doute les deux groupes supérieurs, tandis que les inférieurs, complètement discordants, comme partout, le long de la chaîne, montrent quelques rudiments du gault, puis un grand ensemble de calcaires compactes gris et de marnes noires très-redressés constituant presque toutes les hautes Corbières avec leurs appendices. Les Caprolines dans les calcaires compactes, puis, dans les marnes et les calcaires marneux qui les supportent, une grande quantité de fossiles dont l’association n’est pas habituelle, laissent encore planer quelque doute sur leur niveau absolu, quoique les formes de l’étage néocomien supérieur y dominent1.

" Bassin du Rhône. — Les couches crétacées bordent également le pied des Cévennes et s'étendent à l’est du Rhône dans une grande partie de la Provence et du Dauphiné pour y constituer de petites chaînes de montagnes dirigées généralement E., 0. On y retrouve, depuis les côtes de la Méditerranée, des représentants des quatre groupes et souvent de leurs sous-divisions. L’étage néocomien inférieur y peut être partagé en deux assises, comme nous l’avons indiqué, l’une plus basse, caractérisée aux environs d’Escragnolles et de Castellane, l’autre plus élevée, aux environs de Barrême.

Au-dessus vient l’étage très-puissant des calcaires géné-

1. Les fossiles les plus répandus dans ces calcaires marneux des Corbières et de la Clape placés au-dessous des calcaires compactes à Caprotines sont : dans l’ordre de leur plus grande fréquence : Orbitolina conoidea, Exogyra stnuala, Plicalula placunea, Ecliinospatagus Collegni ( Toxasler ). Pseudodiadema Malbosi, Terebi ulula sella, prwlonga, Mouloniana, lamarindus.Corbiscvrdiformis, Panopœa roslrala, Carteroni, neocomiensis, Avicula Sowerbyana, Gervillia anceps, Pholadomya elongala, Cardium Collaldinum, Peclen Uymeriei, inlerstrialus, Triyonia carinata, Nautihu llequieniantis. (Us Corbières, 1859.)

FORMATION CRKTAChF.

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