‹ Géologie et paléontologieChapitre 148 sur 190 · TERRAIN · texte numérisé non relu

TERRAIN

QUATERNAIRE. — Elephas pHniigeuius, Ehinorei os ticltorhinus , Vr$u» npeltrus, llyatna spelœa.

Sable et gravier du Belvéder ( Dinothérium giganteum, Mastodon longirostrxs. Hhinoceros S ch Irienna chéri , A cerothnivm incLuvtnn, Nippotherium gracile f Sus pal (rocher us.)

Marnes supérieures (Tegel supérieur), dépôt d'eau saumâtre à Congeria . Mêlanopsit (Insersdorf) avec des mammifères de l'assise précédente.

Sables à Cerithium pictum. Topes gregarea, Errilia podolica.

Sables de G rund, etc. (Phoques, Dauphins, Chéloniens fluviatiles et palustres avec plantes).

Argile ( Tegel inférieur) de Baden, Voesiau (Faune de Tortone (Piémont), et de Saubrigues, bassin de la Garonne). — Calcaire de Leytha avec argiles subordonnées, bancs de bryozoaires et de Nullipores , fossiles de la colline de Turin, et, suivant M. Suess, des restes de mammifères représentant encore les espèces de l'assise supérieure.

Sables de Orusbach, Grund, Bbersdorf, etc., dont les coquilles rappellent celles des faluns de Léognan, près Bordeaux.

Sables de Korn, conglomérats de Lichersdorf avec Cardiuin anyulalum, Isocar dia sublransversa et plusieurs espèces des sables du Limbourg.

Dans le bel ouvrage qu’il publie sur les mollusques fossiles de ce bassin, M. Morriz Hôrnes a déjà donné 500 espèces de gastéropodes dont 100 auraient leurs analogues vivant dans la Méditerranée, 19 dans les mers qui entourent l’Angleterre, 31 dans les mers chaudes. C’est, avec les couches tertiaires de Castel-Arquato, de Modène et de la Toscane, que cette faune, prise dans son ensemble, a le plus d'analogie, après celle des Siebenbürgen dans le Banat, dont MM. de Hauer et Stache ont donné des listes particulières.

Turquie d'Europe et Gréot. — Sans nous arrêter au gisement de mammifères fossiles de lîaltavar, près d’Eisenburg, qui rappelle les couches supérieures de la formation moyenne * aux couches à Cériles, ni aux lignites avec Mastodonte, Anthracolherium, etc., de la Styrie, qui sont plus anciens, non plus qu’aux riches gisements de plantes et d’insectes de Radoboj, en Croatie, et à ceux de Parschlung, au nord deGrætz, nous passerons dans le bassin inférieur du Danube, où les vastes plaines de la Valachie, de la Moldavie et de la Bulgarie nous offriront le prolongement des assises à Cérites et des couches à Congeria de la Hongrie et des environs de Vienne. A deux milles au nord-est de Béni, dans la Bessarabie, nous

retrouvons même des restes de Mustodon arvernensis, d'Elephax meridionalix, etc., rappelant la faune supérieure de l’Europe occidentale. Au sud, le long des côtes de la mer de Marmara, des Dardanelles, de la mer Égée , sur le pourtour de la Grèce continentale et du Péloponèse, des dépôts lacustres souvent avec lignites et végétaux fossiles (Koumi, Oropo, (Eubée, Iliodrama), représentent la formation moyenne, et des couches marines la supérieure. Le gisement de Pikermi, récemment étudié par M. A. Gaudry, nous donne une idée de la population de l'Attique dans ces derniers temps de l’époque tertiaire, de cette multitude de carnassiers, de grands pachydermes (Mastodontes, Rhinocéros), d ’Hipparion et surtout de ruminants (Girafe, Antilopes, Helladolherium) parcourant les pentes de l’Hymète, du Pentélique et la plaine de Marathon'.

RuMîe méridionale. — L’absence de Nummulites et d’autres rhizopodes caractéristiques de la formation infériéure, au nord d’une ligne dirigée S.-E. N.-O., du pied dû Caucase au pied des Carpalhes, nous fait présumer que toutes les couches de la Russie méridionale, rapportées jusqü’à présent à cette formation, pourraient en réalité n’être que le prolongement de celles que nous avons indiquées dans le nord de l’Allemagne et la Pologne. Les quelques fossiles invoqués à l’appui de l'opinion contraire nous semblent encore insuffisants pour la justifier. Ainsi dans cette grande région la formation moyenne se composerait de deux étages principaux : l’un inférieur, comprenant au nord toutes les couches rapportées à la première période, l’autre supérieur, celles qui seraient au sud le prolongement des dépôts du bassin du Danube, de la Hongrie et de l’Autriche. Ces dernières sont surmontées, le long de la

1. Cette faune comprend I quadrumane, U carnivores, t rongeur, 1 édenté, 4 proboscidiena, 7 pachydermes, 15 ruminants, 5 oiseaux, 2 reptiles. Il n'y a point d’insectivores, d'ÉIéphant, de Cheval, de Bœuf, d'Hippopotaine, et la prédominance des carnassiers et des ruminants serait encore un caractère de U faune tertiaire supérieure.

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mer Noire, de la mer d’Azof et dans l’isthme qui sépare celleci de la Caspienne, comme dans une partie de la Crimée, de dépôts plus récents désignés sous le nom de calcaire des iteppen ou d'Odessa.

Ce calcaire est en grande partie composé de coquilles analogues à celles de la Caspienne actuelle, et qui sont des univalves d'eau douce, associées à des formes de Cardium et de Mi/tilus communes dans les eaux saumâtres et même dans les eaux douces de nos jours. Ce caractère de la faune qui persiste jusqu’en Asie prouve qu’avant l’époque quaternaire cette région, sensiblement horizontale, était déjà occupée par une mer intérieure d’eau à peine saumâtre dont la Caspienne et l’Aral ne sont que les faibles restes.

Cette grande extension superficielle des dépôts tertiaires récents de l'est de l’Europe et des parties contiguës de l’Asie, la simplicité et l’uniformité de leur composition, leur peu d’épaisseur comme le peu de variété de leurs faunes comparées à ce que nous a offert l'Europe occidentale, sont encore la continuation de ce contraste frappant que nous avions signalé entre les formations secondaires des deux régions.

§ 5. ASIE

Ane occidentale. — Formation inférieure. — En Continuant à

distinguer la formation inférieure tant que ses caractères peuvent nous guider, nous la trouvons, dans l’Asie occidentale, composée du groupe marin nummulitique reposant sur la craie Ou sur des roches plus anciennes. Comme l’Égypte, l’Asie Mineure est, depuis Strabon, la terre classique des Nummulites. Elles y ont été observées par la plupart des voyageurs modernes, mais ce n’est qu’à la suite des études de M. P. de Tchihatcheff, que les couches qui les renferment ont été placées à leur véritable niveau. Au-dessus viennent des grès rouges, des argiles et des amas de gypse très-constants aussi

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qui les accompagnent dans tous les accidents de leur stratification. Ces dépôts sont particulièrement développés au nord, dans la Bithynie, la Paphlagonie, la Galatie et le Pont, au sud dans la Pisidie, la Lycie, la Cilicie et la Cappadoce. Les nombreux fossiles que le savant voyageur a rapportés de ces diverses provinces et que nous avons décrits dans son grand ouvrage intitulé : Asie Mineure, font ressortir les analogies et les différences de cette faune avec celle de l'Europe occidentale.

Dans le Taurus méridional, la haute Syrie et le Liban, M. (îaillardot a constaté l’existence du groupe nummulitique. Il en est de môme du massif montagneux de l’Arménie au nord jusque dans le haut bassin d'Akhaltzikhé, au sud, autour de Maden, d’Arganah-Maden, de Kharput, de Jezirah et dans une partie du Kurdistan, régions visitées par MM. de Chan- Courtois, AinsvVorth, W. Smith, Hnmmaire de Hell et Abich. Partout les Nummuliles Hmnondi, intermedia, lœviguta, spira, perforata, si communes dans l’ouest de l’Europe, y ont été observées. Plus à l'est encore, au nord de Téhéran, Hoinfnaire de Hell a rencontré, dans la montagne de Khialanek, lès Nummuliles perforata , Ramondi , larigata, intermedia, et, au delà de l’axe central de l’Elbourz, de nouveaux calcaires à Nummulites occupent le versant de la chaîne qui borde lâ Caspienne. M. Loftus nous les montre encore formant une partie essentielle des montagnes de Zagros ou de Louristan qui se prolongent au S.-E. entre la Perse et le bassin de l’Euphrate jusqu’à Chiraz, au nord du golfe Persique, et se relient aux roches du même âge situées au delà, sur la côte de Mascate, puis dans t’Ile Masira, sur le littoral de l’Arabie, à Marbate, etc.* comme l’a observé M. J. Carter.

Mais les études de M. H. Abich sur le pourtour du massif de l’Arménie, particulièrement dans le bassin de l’Araxes, au pied sud-est de l’Ararat, et dans la vallée supérieure de l’Euphrate, ont fait voir en outre que les calcaires, les sables, les argiles, les grès rouges et les poudingues, avec des amas

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de gypse et de sel subordonnés, qui partout surmontent les couches nummulitiques avec une concordance parfaite et que l’on pouvait croire les équivalents du groupe lacustre de l’ouest, appartiennent par leur faune à la formation tertiaire moyenne, de sorte que cette discordance entre les deux formations, si frappante sur les flancs des Pyrénées, des Alpes, etc., n’est plus qu’un accident local qui disparaît lorsqu’on s’avance vers l’est.

Formations moyenne et supérieure. — Non-Seulement ici IpS

deux formations inférieures ne se distinguent plus par leur stratification, mais la moyenne et la supérieure cessent aussi, dans la partie orientale du bassin méditerranéen , de se distinguer nettement par leurs fossiles. En outre, la multiplicité des phénomènes ignés qui se sont produits dans l’Arménie, en Asie Mineure, dans quelques îles voisines et sur une multitude d’autres points pendant les périodes tertiaires récentes et quaternaire, a tellement modifié les reliefs.de toute cette région , accidenté les dépôts portés à 1500 et 1800 mètres d’altitude, que toute généralisation à leur égard serait difficilement comprise. Les couches tertiaires ne se coordonnent point, comme dans la plupart des autres contrées, aux bassins hydrographiques. Celles d’eau douce surtout, plus difficiles encore à classer dans de pareilles conditions que les sédiments marins, sont extrêmement développées dans les parties centrales et occidentales de l’Anatolie et dans plusieurs des îles qui la bordent.

Les dépôts marins observés par Ed. Forbes, M. Ch. Texier et surtout par M. P. de TchihatchefT dans la Carie, la Lycie et la Cilicie et dont les nombreux fossiles ont été étudiés et décrits par M. P. Fischer dans la Paléontologie de l'Asie Mineure , nous représentent bien l’horizon de la mollasse sur le pourtour de la Méditerranée, et les recherches de M. Alb. Gaudry dans l’île de Chypre confirment ces résultats*.

i, Voy. Hist. i les progrès de la géologie , vol. II, p. 945-909. 4R49.

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Asie méridionale. — Quoique les couches tertiaires occupent dans l’Inde des surfaces très-considérables, après le dépôt des plus anciennes, qui n’existent que dans certaines régions, les mers n’ont plus recouvert qu’une très-faible portion du domaine actuel des terres émergées, et cela dans le voisinage même des côtes, tandis que les sédiments d’eau douce, très- puissants le long des pentes de l’Himalaya, sont aussi fort étendus, quoique très-peu épais, dans les parties centrales de la péninsule.

Le groupe nummulitique constitue la plus grande partie ou du moins la mieux connue de la formation inférieure. 11 a été observé, de l’O. à l’E., sur une étendue de 25 à 26 degrés, depuis le Béloutchistan jusque dans le Bengale oriental, et sur 15 degrés, du S. au N., depuis l’embouchure de la Nerbuddah jusqu’aux montagnes qui entourent la haute vallée de Cachemire. Ses dépôts sont loin d’être continus dans tout cet espace et de présenter les mêmes caractères pétrographiques, la même composition et les mêmes fossiles, et, en nous occupant de décrire ceux de ces derniers qu’avaient recueillis dans leurs explorations MM. Vicary, Fleming, Oldbam, Strachey, Thomson et Hooker, nous avons pu caractériser un certain nombre de régions sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure1.

Ces dépôts sont complètement indépendants des roches crétacées qui ne se montrent guère dans leur voisinage, et réciproquement les quelques lambeaux de celles-ci que nous avons signalés dans l'Inde sont fort éloignés de tout terrain tertiaire de cet âge. Partout où le substratum des couches nummulitiques a été reconnu directement, il se composait de grès, d’argiles et de lits charbonneux subordonnés représentant ainsi le groupe inférieur de l’ouest de l'Europe et reposant sur des roches secondaires jurassiques ou plus anciennes.

t. Voy. aussi Esquisse générale des caractères physiques et géologiques de ‘Inde britannique, par G. B. Greenough, en U feuilles.

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Cependant on doit penser qu’une étude attentive du bassin inférieur de la Nerbuddah fera connaître des relations plus directes entre les couches crétacées de Bagh au nord dn fleuve et les couches nummulitiques des environs de Ruttunpoore au sud, comme on a vu que dans le Bengale oriental la craie paraissait supporter les couches tertiaires les plus basses.

Dans la Description des fossiles du groupe, nummulitique de l'Inde que nous avons publiée en commun avec J. Haime, nous avons reconnu 415 espèces, plus 50 variétés, en tout 405 formes distinctes réparties dans 116 genres, depuis les rhizopodes jusqu’aux reptiles. En faisant abstraction de 38 formes incomplètement déterminées à cause de l’état des échantillons, 330 avaient été rencontrées dans la première région, celle de l'ouest qui comprend le Béloutchistan, le Sinde, la province de Cutch et les collines qui bordent le cours inférieur de la Nerbuddah, puis 44 dans la seconde, celle du Pendjab, 40 dans la province de Simla, aux environs de Subathoo, 10 dans la province de Silhet, dans le Bengale oriental. Ce dernier chiffre n’est sans doute point en rapport avec le nombre des fossiles qui existent dans oette localité, mais exprime seulement le nombre de ceux que nous avions pu nous procurer. Quant à ceux des régions plus au nord, telles que les montagnes de Cachemire et celles que traversa M. Thomson en se rendant du Zanskar à la vallée supérieure de l’indus, où il recueillit des Nummulites et des Alvéoünes à une altitude supérieure à celle du sommet du Mont-Blanc, ils ne consistent encore qu’en rhizopodes de ces deux genres.

Un certain nombre d'espèces sont communes à ces diverses régions, d’autres, aux couches de la côte d'Arabie, à l’Asie occidentale, à l’Égypte, et 69 ou 1/6 aux dépôts correspondants de l’Europe. Parmi ces dernières, on remarque

t. Un vol. grand iu-4°, avec 30 plancbea. Pari», 1853-54.

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