A AIE
qu'il y a 17 rhizopodes ou plus de la moitié du total des espèces de cette classe, puis 11 polypiers ou 5/8, et que les autres classes sont représentées par des proportions plus faibles, 1/7, 1/8, 1/10; de sorte que le nombre des espèces qui se trouvent dans les dépôts du même âge du centre de l’Asie et de l'ouest de l’Europe décroît à mesure qu’elles appartiennent à des animaux plus élevés, ce qui est parfaitement conforme à ce que l’on connaît de la persistance relative des types dans l’espace et dans le temps.
On sait en outre aujourd’hui, que ce vaste horizon géologique s’étend encore plus loin et que des roches nummulitiques ont été reconnues au Japon, aux îles Philippines et dans celle de Bornéo'.
Si quelques-unes des couches marines qui surmontent Ips assises nummulitiques proprement dites dans la partie sud de la région occidentale de l’Inde peuvent appartenir à la formation moyenne, les dépôts lacustres qui occupent de grandes surfaces dans l'Inde centrale, au midi de la Nerbuddah, puis entre le fiodavery et le Tapty, quoique peu épais, dérangés par l’arrivée des roches trappéennes, appartiendraient encore à la formation inférieure. Les nombreuses Palndines, les Valvées, les Succinées, les Limnées, les Physes, dont une pourrait être prise pour la P. giguntea , de Rilly, près Reims, les Unio, etc., n’ont nulle part leurs analogues dans la faune actuelle.
Dans le bassin de l’Indus, en général, les dépôts de sables, de grès et de conglomérats à ossements, qui partout surmontent les couches marines, marquent une ère nouvelle bien distincte de l’ère nummulitique. Les collines Sewalik, qu’ils constituent, longent le pied de l’Himalaya, en formant une bordure continue, quelquefois séparée de la chaîne par des vallées longitudinales parallèles. Toutes les couches, qui se maintiennent entre 600, 750 et même 1000 mètres d’altitude,
1. Quart. Joum. geol. soc. of London, vol. XIX, p. 32 et Mo des notfcès. i803.
TERRAIN TERTIAIRE
plongent au N.-E., ou vers la chaîne elle-même; elles présentent leurs tranches ou leurs pentes abruptes à la plaine du (lange, disposition anormale en apparence, mais que nous retrouvons dans toutes les grandes chaînes du globe. De nombreuses failles parallèles à la direction ont en outre accidenté ce puissant système de dépôts d’eau douce.
La partie de ces collines située entre le Gange et la Jumna a fourni une prodigieuse quantité de restes de vertébrés aux études ostéologiques de MM.Cautley et Falconer dont la publication, malheureusement interrompue par la fin prématurée de ces deux savants, n’a pas encore permis d’apprécier toute la richesse de la faune de grands mammifères qui peuplait alors cette région. Des associations d’espèces et surtout de genres peu compatibles avec ce que nous connaissons de leur succession dans les autres parties du globe, peuvent être attribuées aux accidents stratigraphiques dont nous venons de parler, qui auront fait confondre ou réunir des fossiles de couches d'âge différent. Des restes de ces mêmes faunes de vertébrés ont été recueillis aussi à l'est dans le bassin inférieur de l'Irawadi, dans le royaume des Birmans, et, à l'ouest, dans l'île de Périm, dans le golfe de Cambave, de sorte qu’alors comme aujourd'hui la môme faune s’étendait de la partie orientale dq golfe du Bengale, à 1700 kilomètres vers le N. -O., au pied de l’ Himalaya, et de là dans tout le bassin moyen et inférieur de l’Indus.
Cette faune, prise dans son ensemble et encore bien imparfaitement connue, est une des plus extraordinaires qui aient jamais peuplé la terre par la variété, le nombre et le développement des animaux de grande taille, par les types particuliers au pays qui y sont encore représentés, par les modifications d’autres marquant le passage entre des genres que l’on croyait séparés, par le nombre prodigieux des formes se rattachant à un même type, et le tableau ci-joint, qui en résume les éléments, peut justifier l'intérêt qui s’v rattache.
ASIE
ÎSemnopithecus nubhimalayanus (de la taille de l'OranR-outang).
2 autres espèces plus petites.
Une quatrième plus grande que l'Orang-outang.
m l Nyœnarctos sivalensis.
2 I Canin.
5 i Viverra, indèt. (Bengale).
*j j Hyana sivalente.
3 I F élis cri statu.
a ose. Mus. plusieurs espèces.
(Elephas (Stecodon) Clifflii , bombi - j front, ennemi, insitjm* (Loxodon), planifrons ( Elasmodon ) , hysu- } ÿ < diicvs, namadicus.
2 j Mastodon [Tetra lophodan) perimen - | 2 F sis* latidens, sivalensis.
*■ \ Dinothérium indicum.
j f Rhinocéros platyrhinus , palœindi- S - I eus, sivalensis, 1 indét.
2 5 1 Aeerotherium péri mente.
S : { Tapir.
= j J Uifiparion anlelopinutn.
2 | F Equus sivalensis, namtidtcus , pu - + \ lœnus .
. f Hip/topolamus (à six incisives Exaj 2 1 protodon), sivalensis, nomad uns, ! 5 ivavaticus; (à 1 incisives Treta- 2 m ] protodon) dissimilis.
2 5 ] Sus ynjanleus, ht/sudricus, sivalenû ë 1 sis (llippalijfus).
a Chaltcolherium siralense.
* \ Merycopotamus dissimilis.
f Came lus sivalensis, antiauus.
I ( amelnparda lis sivalensis, a (finis.
£ I Helladotheiium.
5 r Sivutherium tjignnleum .
2 ’t llramalheriitm prrimense.
5 J Cerfs, plusieurs espèces.
* F Antilopes, plusieurs espèces.
Itanife, plusieurs espèces.
I i l Colossocheh s Allas.
I .5 | Emys , voisine do VE. tectum I ^ j vivante, et plusieurs autres k i 5 ■ espèces.
j t Crocodilus, voisin du C. bipor- S I calas vivant.
5 < Oavial . voisin de celui du f j Gange, crassidens.
£ \ Crocodilus Cliftii.
De ces 29 genres de mammifères, comprenant sans doute plus de 00 espèces, 8 sont éteints, 3 sont propres au pays, 13 sont encore représentés dans la nature actuelle, soit dans l’Inde, soit dans les autres parties du globe.
Quant à l’assise ferrugineuse désignée sous le nom local de latérite et sous celui de gris lulèritiqiie, d’une épaisseur de 00 à 70 mètres, toujours sans fossiles et surmontée seulement de dépôts quaternaires, sa composition, comme la diversité des roches sur lesquelles elle repose, ne jette aucune lumière sur son âge ni sur son origine. Plus ancienne que le regur et le kimker, elle est cependant plus récente que les grandes nappes trappéennes quelle recouvre.
Ainsi le terrain tertiaire de l’Inde nous offre, dans sa formation inférieure, les plus grandes analogies avec celui de l’Asie occidentale et de l’Europe, tandis que ce»que nous pouvons rapporter aux formations moyenne et supérieure y présente des différences plus prononcées avec celles de ce dernier pays.
La portion nord du continent africain qui borde le bassin méditerranéen, depuis le golfe de Suez jusqu’au détroit de Gibraltar, offre la contre-partie des dépôts tertiaires que nous avons étudiés sur son périmètre européen et asiatique. Les formations inférieure, moyenne et supérieure sont développées, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, depuis l’Égypte, l’Algérie et le Maroc jusque sur les côtes de l'Atlantique, avec les caractères que nous connaissons déjà. 11 serait donc superflu de nous y arrêter, et ce que nous avons dit ailleurs sur ce sujet pourra être consulté, comme ce qui se rapporte aux autres parties du même continent et aux îles qui en dépendent*.
Mais nous devons signaler ici le singulier caractère de la partie centrale et australe du continent qui, comme lè fait remarquer sir R. Murchison, n’a encore présenté aucun dépôt tertiaire marin ni de transport quaternaire aux hardis et savants voyageurs qui l’ont sillonnée. Cette immense surface aurait été émergée, peut-être avant le gris à Dirynodon ( anlè , p. 549) et même les dépôts houillera plus anciens qui n’ont partout ofTert que des organismes terrestres, et elle serait ainsi un exemple de stabilité probablement unique sur la terre, car les phénomènes volcaniques n'y ont pas été observés non plus.
§ 7. AMÉRIQUE
Amérique du Nord. — Le terrain tertiaire de l’Amérique du Nord montre une disposition générale différente de celle que nous lui avons reconnue dans l'ancien continent, mais
1. Histoire des progrès de la géologie, vol. II, p. ‘297-1015, et III, p. ‘203-213.
AMÉRIQUE
d’accord avec celle des autres terrains et qui est la conséquence de la simplicité des grands caractères orographiques et hydrographiques du pays. Nous ne le voyons plus en effet sur la côte orientale des États-Unis, en rapport avec les bassins des principaux cours d’eau qui descendent des Apalaches et découpé de mille manières, suivant les reliefs du sol ; il occupe au contraire une zone ou bande continue le long de la mer, depuis le cap Cod (Massachusetts) jusqu’à la pointe méridionale de la Floride, se prolongeant ensuite vers l’O., en circonscrivant le golfe du Mexique. La largeur de la zone augmente du N. au S., et elle atteint AO et même 60 lieues dans cette dernière direction.
Dans le New-Jersey et une partie de la Virginie, comme dans les États d’Alabama, du Mississipi, de l’Arkansas, de la Louisiane, du Texas, et, plus au nord, dans la région du Missouri, le terrain tertiaire, partout horizontal, recouvre la formation crétacée; mais, dans le Maryland, une partie de la Virginie, les deux Carolines et la Géorgie, il repose immédiatement sur la limite sud-est des roches primaires et granitiques, sans dépasser pour cela 160 mètres d’altitude.
Nous avons exposé en détail les recherches dont ces dépôts ont été l’objet jusqu’en 18A01 ; mais des travaux ultérieurs ont beaucoup augmenté nos connaissances à leur égard. Exclusivement marins, d’eau saumâtre ou tout à fait d’eau douce, ils occupent des régions distinctes sans présenter d’alternances. Ainsi ceux d’origine marine bordent l’Atlantique à l'est, le golfe du Mexique au sud et les côtes du Pacifique dans la Californie et l’Orégon à l’ouest; ceux d’eaux saumâtres s’observent dans la partie supérieure du cours du Missouri, dans les bassins de la rivière Plate et de la rivière Blanche (White river), contrée de Nebraska; enfin de grande dépôts d’eau douce, quelquefois désignés sous le nom de formation des lignites, s’étendent sur les plateaux ou pentes occidentales
\. Hist. des progrès delà géologie, vol. II, p. 1016.
TEHRA1N TERTIAIRE.
des montagnes Rocheuses au nord et au sud du Missouri supérieur. Le tableau suivant représente l’ensemble de la série tertiaire du nord de l’Amérique.
Mètre».
Étages de Sunter et Üarlinyton (Caroline), argiles, sables, limon, fossiles peu nombreux.
— Haut Missouri; hassinde 1a Niubrara, etc. (Nebraska). .
1. Sables bruns ou gris foncé avec Mastodonte et Éléphant; 2. sable et gravier; 3. grès blanc-jaunâtre; 4. sable gris-verdâtre avec nombreux ossements do mammifères; 5. marne arénacéc, rouge, jaunâtre; 6. grès gris calcarifère avec coquille* lïuviatiles et terrestres. , , .
de Yorkstown (Virginie), argilo à Turriletla allicostaia , Cythtrea Suyana, sables à iS'ucula liiuatula ; couches a Crrpidula costnln ; sables ferrugineux et grès. Couches à diatomacées de Rit hemond et de West-Point.
sur les côtes du Pacifique; sables et argiles de .’OO* d'épaisseur. Couches à diatomarces de 15 mètres. Poissons assez nombreux, Carrharodon meynlodon, Haleines, Dauphins, Phoques, dans le haut Missouri, bassins «le Win te river, etc. (Nebraska). I. Grès grossiers, conglomérat et bancs calcaires (Rhinocé-
ros, etc.) 30 à 60
2. Grès brun-jaunâtre, concrétions silicéo-calcairea, grès dur
à grain tin. 25 espèces de mammifères, coquilles fluvia-
tiles et terrestres 105 à 120
3. Sable calcaire jaunâtre très-fiu ; concrétions calcaires ; ar-
giles et grès calcanfères alternants vers le bas. 7 espèces de mammifères 15 à 25
4. Grès argilo-calcairo passant vers le bas à une argile grise,
puis à une couche argilo-calcairo remplie d’ossements;
22 espèces do mammifères et une tortue ....... 25 à 30